‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 49 sur 123 · GAL · texte numérisé non relu

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DES PAPES

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H va s*eQ rendre mattret il le voit s*ëchapper. Il De pouvait songer à résister à RouerC tiaiscard, aussi quitta-t-il la viJIe avec son antipape, et ils se rendirent à Civitta-Cas* tellaoa et de là à Sienne,

Le jour rnAme où il entrait dans cette dernière ville, Robert se trouvait, avec son armée, aux portes de Rome. Les Romains se défendirent contre lui, mais le parti pon* tiflcal lui ouvrit une des portes de la ville. Cétait le soir, dans les premiers jours du mois de mai lOSfc ; Robert y entra avec ses troupes indisciplinées et irritées de la résistance. La nuit fut horrible, tout fut livré au fer et au feu. Les Sarrasins de Sicile ne mirent pas de bornes à leur fureur, Llncendie se manifesta bientôt sur trois points différents de la ville, et en peu d'heures, les palais les plus somptueux , et la plupart des églises n'offraient plus qu'un monceau de cendres. Ceux des Romains, qui avaient échappé au massacre , furent emmenés en servitude. Robert délivra le Pape* le ramena au palais de Latran, et fit rentrer sous son obéissance les chAteaux et les villes des environs de Rome. Tel fut le dénoûment de cette longue scission entre Henri et Grégoire VU. Ce saint Pontife, abattu au souvenir des horreurs du sac de Rome, qu'il n'avait pu empêcher, résolut de

auittercette ville. Hais, avant de la quitter, tint un concile, le dixième et dernier de son pontificat. Il réitéra l'excommunication contre Guibert, Henri et leurs complices, et envoya en France des légats chargés de publier cette sentence et de rétablir la paix de J'Blglise. Il quitta ensuite Rome, s*arrèta

ânelque temps au Mont-Cassin et s'établit à alerne. Cependant la princesse Hathilde battit l'armée impériale qui voulait faire entrer de nouveau l'antitiape à Rome, et la mît en pleine déroute. A la suite de cette grande victoire les schismatiques rentrèrent en foule dans le sein de l'Eglise et y furent reçus par Anselme de Lucques.

Othon, évèque d'Ostie, ne rendit pasmoins de services à l'Eglise en Allemagne. Il y publia partout, selon l'ordre du Pape, la sentence d'excommunication contre Henri el Taotipape Guibert. Les Saxons en concluaient la déchéance de Henri. Mais les partisans de ce dernier attaquaient cette sentence comme anticanonique. Le légat convoqua un concile à Quedunbourg pour la semaiue de PAques. Tous les èvAques catholiaues s'empressèrent de s'y rendre. On produisit les décrets des Pères touchant la primauté du Saint-Siège, pour montrer que le jugement du Pape n'est pas sujet k révision et que personne ne peut juger après lui^ ce que tout le concile approuva et confirtna contre ceux qui contestaient la canon ici té de la sentence d'excomm^inication. On déclara nulles toutes les ordinations faites par les excommuniés, renouvelant aussi le décret sur l'incontinence des clercs et plu-> sieurs autres points de discipline. A la fin Ju ccDcile, on procéda k une cérémonie loIeBBflIe, réservée dans l'Eglise pour les

P rendes occasions. On alluma des cierges et on prononça l'anathème contre l'antipape Guibert, ses prétendus cardinaux et les évoques schismatiques d'Allemagne.*

Henri voulut opposer concile k concile.

Trois semaines après celui de Quediihbour^, il en ouvrit un k Mayence, où il n'jr eut m liberté, ni délibération, et où il força les évéques, au nombre de dix-sept, k prononcer la dépositon de Grégoire VU et k reconnaître l'antipape Guibert. Plusieurs ne signèrent même que par contrainte , car, dans le cœur, ils étaient pour Grégoire VIL Tous les autres évéques de l'obéissance de Henri, qui né voulurent point donner leur adhésion aux décrets de. ce conciliabule, furent déposés et remplacés par l'empereur. Pendant ce temps Grégoire VII vivait dans sa retraité de Salerne , se livrant k la contemplation des choses célestes, et cherchant sa consolation dans les Livres saints, et dans les annales de l'Eglise, ne négligeant pas d'ailleurs les soins de son ministère, ni la défense des droits ecclésiastiques.Il écrivit k Guillaumci roi d'Angleterre, pour l'exhorter k rendre la liberté k OJon , son frère utérin et évèque de Bayeux. H fit rétablir tous les ecclésiastiques bannis et privés de leurs dignités par Robert comte de Flandre. Mais d^k le Pape était malade : le sac do Rome avait altéré sa santé. Il souffrait facilement un attentat contre sa personne, mais le malheur des autres le trouvait inconsolable. Depuis le mois de janvier 1085, il ressentait une certaine faiblesse qui ne fit que s'augmenter jusqu'au mois de mai, époque où il ne put quitter le lit. Il appela alors autour de lui les cardinaux et les évéques

Sui lui étaient restés fidèles et l'avaient suivi, s se rangèrent autour de son lit, adressant k Dieu de ferventes prières, et le bénissant k la fois pour ses constants efforts et les grandes leçons qu'il avait données au monde. Met frira oien-^més^ dit le Pape, je compte mee travaux pour peu de ehoee : ce qui m*tnspirede la co$^ fiance^ c'est que foi toujours aimé la justice et kal l'iniquité. Gomme les assistants gémissaient sur leur triste situation après sa mort, Grégoire, étendant ses bras tourna les yeux versieciel, et leur ditavecuneangélique^ confiance : Je monterai là et je vous recommanderai avec instance à ce Dieu souverainement bon. . Consulté sur le choix de celui qu'il jugeait le plus digne de lui succéder en ce temps de calamités et d'épreuves, et d'être le soutien de rSglise contre l'aniipape, il désigna l'abbé Didier du Mont- Cassin, Otton, évé-

3ue d'Ostie, et Hugues de Die, archevêque e Lyon. Mais comme Otton et Hugues étaient éloignéSy il leur conseilla de choisir l'abbé Didier qui était présent. Les cardinaux agréèrent comme un acte testamentaire ce dernier désir du mourant. Les évéques demandant k Grégoire, s'il n'était (las disposé k user de quelque indulg[ence envers ceux qu*il avait excommuniés, il répondît: Excepté le prétendu roi Henri^ Fantipape Guibert et les principales personnes qui tes soutiennetsi par leurs conseils et leurs secours^ je donne

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Vàbtoïudùn A ma hfi/^diction à fètiir i^ué qui f^oient s&n'sliMièr àînfai ^péèM'éméht ce pouvoir fomtHevicùirmkà apôlteifainî Pierre et saint P'auL Après lés «¥oi^ encord €fitt*etenus tiè divers siijetis édifiMis, il «jotita : ft voue (Kfenâe^ ie Ul part de Dieu et par t^at^ôirité àèn sainte apôirtà Pierre et Paul, it rieoimaitre personne poMr Pape qui nVxrr Aé Au jDonotitf tiemenf i'ut¥èê teè éétt^te "des Pères. JComttiesa faiblessie s*^gm<en t'ait loujè«r^, sentant sa ftii s'^roehet*, il {M^ononça gM Dlé1no^aMe$ patates qM 1*%1stoire a retuëi1K«s comiïie éia'nt te rôs^roéde toute sa vie el ^ci{ furent les dern^rères : JTai aimé la ^Hihe et hai V^kinj^té; ^"*est pourquoi ie UHurs ^ e2tii. A ^s vaits \\f\ vénérable évi^ique lui 411 : SUjne^i roft# ne pomrez moulut en éatH, cur ta teionté de Ditu voué u âonné tes ptupk4 tnhMiagè rt tes Umites de la terre pour terme de juridiction. Mais &rô-

Sire Vli s^élait déjà ^levé plus hauC que les ftiles 'de eet hôrftagiD terrestre* il avait tendu, le dernier sou^nr. Citait )e 25 mal •1086. A avait tenu le trône pontifical douze ans UD ovots et trois jouts. Il fut enterré i Saierne. Il s^opéraplosieuris miracles sur soti totnbeeu^ Vers la fîft *du xyt* siècle* son nom fut Unsiri au Martyrologe ^ocuatta* çot M ordres de Grégoire xiil ; et Paul V, au ^commencement ^u xvfi* siècle^ permit au ekjBrpîtreite Sèlerne de 4*honorer eomme ufi saint, par un Office public. Enfin, Benoît XlUt nôn<4eulett3elit établit Iki fête de ce Pepe* mèfe même fit insérer pour eette fête, ilana le Bréviaire romain» un OiBce qui fit beaucoup de bruit en France» parce qu'on y canonisait la conduite de Grégoire vil k 4'égard du roi Henri iV. il r^ista^ dit ia légende de oelPape» 9 avecintrépidiléeux efforts impies de l'empereur flenri^etce princeétant tombé datas: le profond abtme des maux, il Je priva de la communion des fidèles et de son royaux mè» et il déchar^Eee les pe«plesqui lui étaient -soumis de la fidélité quMs lui avaient wrée.» Noue avons dû parler avec quelque étendue lie Grégoire Vil» non-seulement à cause de là grandeur incomparable de ce puissant Séntei mais aussi parce que ses actes ont d^nné lieu k une controverse ^ui dure en^ eort et dont nous ne pouvons nous dispenser de dire ici quelaues mots. Constatons d'abord un Aiit irrécusable . et qui résulte de toute l'histoire de ce Souverain Pontife. Jamais Grégoire Vil n*a pensé» comme on Ta eou vent répété» k disposer de tous les roy aumea. D'après la législation du moyen âge» il ae trouvait suzerain de ptoieurs princes, aea vassaux» et il n'exigea jamais d'eux que ee qu'exigeait de son vassal tout suzerain. Dans iajcrande question des investitures et sas démêlés avec Uenfi 1^» toute la question «e résumait i ces ternes fort simplet. Grégoire ap()roavait pariaitament que les ec- .^léaiasiiques rendisaent ibi et hommage au aou^verain pour les biens temporels qu^'ils tenaient de lui. Itais ce qu^il repôussaitavec ^rifiisoA et de tonte Téner^ie de son âme» c'est *MU rempereùfr eût '4e droit de donner j] iniFtstitiire par la crosse et rannéau» c^st-

&-dire en déan4ri ve de disposer isnl de tèut^s lea charges ecclésiastiques et de conférer h droit des paftteurs^évéqu0S9abt)és ou autres. Si Grégoire eût jamais pu consentir à cette aliénation des droits de l'Egli^» celle4ii disparaissait h IM^lstant, et rempereardevenait seni Pape^ cencite^ juge et àrbritre de teat. Un reste» les empereurs d'Allemagne no s'en cacAiaient pas ; ils vontaieàt être maîtres, aenvetiains et absolus danft i'figliae c(nsmB dan^ 4*Ëtat, et nommer 4es Papes et lés évdiques eomiM ils nomtfiaieht leara générauc ou leurs fonctionnairea. Ce fnt là léar pensée intinlke» teuk* idée constaiitei at un iimn* nie de lacon^ qui fut chapelain et aecrélaire de Henri IV et de aon Gis» et par Conséquent initié fc tottë leurs aecrets» nona révèle ainsi <^tle pensée : « L*6nipel-enr> ditHl» est la loi vivante t|ui commande aux rais; aons cette vivante loi sbnt tôuà les droits possiiaèes; c'est oetle kn qui les cUttâvi, hs délfe et les fie. L>empereur nst ié créateur de U loi» et ne doit pal y être tenu. S'il Is'y soumet c^est qa'il le veut bien. Toni ce qai lai }>laft devient un droit par là seul. Diett»^m lie el délie» l'a proposé à l'univers. La putssafnoe divine a partagé IVempire ave^ 4ui ; elle a donné -les cieux aux immortels» tout le reste à Temperenr. » Jamais» même aux temps les plus dégradants du paganisme, l'abàotutisme n'a nsé se formuler avec tant d'knpudenee. Dieu» dit-il» a partagé sa jouissance avec l'empereur. Il lui est permis de régner au fond des cieux» uiaia la terre et tout le genre humain ap^Mirlieiinent en toute propriété à un seul homme, (jui est la loi vivante» la source de tous droits» placé luimême en dehors et au-dessus de loua droits» créatear de la loi et n'étant tenu k se soumettre lui-même kaucttneloî. Certes» un tel langage tenu aprèfs mille «na de christianisme était le plus horrible des blasphèmes, et la néijation 4a plus absolue oon-seulemeot de l'Eglise» màh; de toute loi morale. Si tout homme» dans ses rapports avec 4es autres hommes comme avec, lui-même» est obligé de se conformer à Yk mora^le » et si le code de cette loi tM l'Évangile, tout homme» qu'il soit empereur ou roi» est donc tenu de se soumettre^ la loi morale àe l'Evangile sous peined^être regardé par la chrétienté comme eaclu de ia société fondée aur

'Eglise qui. -

loi vivante» qui coa^mande aux empereurs comme aux rois» les cb&tie» les lie et les délie» principe de tout droit oui crée It loif parce qu elle s'y soumet elle-même et partage» on peut dire» Vempire nvec Dieu même» Centre et foyer de celte Eglise. ToiU la solution de cette question telle q\ie Tentenàail le moyen âgé» telle que nous de von) la eoinprendreaujourd^ui comoM dan^tous les tenipst telle qu'elle ressort non-seulètncnl de renseignement chrétien» mais ûi^nie dé U simple donnée de la loi nbomle.

£st-te à dire que les P^pe^ ont le droit ^ déposer à leur gré Ihs sbûterain^t Sùxx sans

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BES PAPES

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doule. Grégoire VU ni aucua de ses successeurs n*Q{il jaipais reibendiqué uki ptreil droit. Ils wk tr^^fA d*ex«ogimunicatu)n el d*aaAlhdn« oem qui , par l^rs CFio^es el leurs atteiUals oonlpe. l*£gli^ s^élaieak déjl^ placés ea révoUeoiiverieteor\ire ell«, el éUÛe^ sortis veloiiUirefifteel de soo sein. £io. soa cAié la législation eîvile^ ei politi<|iui con^i-. dérail oooiinek déctiu^ de. k»u( droit secjal ceux qui étaieot fçappé^. de çe| ae9t(;ièiiie et de cette eicooamvnicatiQn ; ea cooséquepoe le souireraiil a*ét«il pjus «^uverai(QtQ( comme le simple eîieyen perdiiit s^s «troiilç. dei cité. L*Allema|Qiie appli^M cette loi civile e^t po* li tique à Seeri IV. Il o*ya rien l> que de fort simple, et il Eaut Inouïe 1 ignorance c(es historiens pour Ven 6|re étonné un seul moment. Mais* dil-on» le droil vîvil et politique a changé k cet ésard» et4ujourd*hui les souvereins frappés oes foûdre^de rexconin^uqiçatlon, ne j^erdraieut pas pour cela leur çquronoe. C est-)^-dire au fond qcte l^s souveraios deteouii âbsQlus i\*ont plus d'autre juRe qu*eux-B|iémes. £q vain me dirç^- vous qii ils sont li^s par les lois constitutives qu'ils jurent d'observer ; c^r enfin, entre em» qui urélendent les avoir gardées et leuip peuple qMÎ pc^leudrait ai]\*ils. (es. 4ur«|ie9t viojées, qui s^ra juge? On a malbeufeu^e-. ment dérogé à la grande pe^idée^ de la légisn lalion du mojreii âge» et pour <^voir voi^lu délier le^^Çk^yerainsde loqle ôbMgftion ojiot raie, pour avojr voulu les rendre absolus, voilà qu'eu détiuitive ou les (i rendus cçmpr tables enversî \v\irs, peuples t^ux-méfues, oi| f>lu(6t ênvefs tov^t aiçte de (orce br^t^le qut |tarvienl à les itrappe^ et k les détrOn^r. \\s D*ont pas vQuf u po^r arbitre la (o^ luorale ei TEvaugile, ^tdés lors ils tpmbcqt ^éce^i^ir recneut sous rar()itri|ge de 1^ fqrçe.

Voilà donc où nous ont conduits ces clameurs insensées d^MU gallicanisme aveugle contre Grégoirçi VJl el s^s successeurs. Partisans effrontés du droit di'\v\n des rois contre le droit divin de l'Eglise et de Dieu , ils ont voulu déifierla royauté, dussent ils ébranler de leurs arguments étrange^ jusqu'à la chaire de saint Pierre. Eh bien, depuis ce temps, la rojauté n'ayant plus pour sanction et pour {imite la loi de l'Evangile, les f>euples se sont dit : Si l'homme est seul la oi ¥ivi(nte ft las turce de tout droit, comme chacun dç nous est bpmmé au n^^m^ titre que le plus {^rand des epipereursetdes princes, celui-ci n'a pas plus le droit d^ nous commander que nous le devoir de lui obéir. Quand la royauté n'était qu'une fonction chrétienne soumise comme chacun de nous à la loi de l'Eglise et du Christ, nous pouvions, nous devions nous incliqer devant elle, elle ét^it sainte et ipallâiiuable à ce t^tre. Mais si ce n'est plus que le bon plaisir, le caprice ou l'orgueil d'un homme, qous ne sommes tenus à rien, envers Iqi, puisqu'il H>st lui-même tenu à rien envers Pieu.

iiusi ont raisonné, ainsi devaient raisonner les peuples depuis qu'empereurs et rois Jins leur ambition. démesurée ont osé poursuivre de tant 4*outrages Grégoire VU et tous

les saints Pontifes qui ont continué sa t4ohe. La monarchie a vite couru sur 40a cMh clin. Bientôt l'Angleterre a fait rouler la tête d'un roi sous la baiche d*iin bourreau ; \^ Fiance a envoyé son monarque à l'échafoud, et. depuis, la Royauté ne se soutieiit presque pârlout q^u par un duel à outrance qe la force cpatre la force. Replacez au contraV^ lai soctëité politique sv^c cette KW\^d baçe cbrétienu^ qù l'avait assise la constitutiou du moye.ix 4ge, et dés lors tpus le^ pqUiVpirsifQjÇi,a,ux comme tb^s I^s acunmes ayant po^r unique et sonverai^ juge la loi chrétientie et TEglise, les sociétés sobt réédiQées jusque dans leurs fondements. Tel est le grand enseignement, la conclusion suprême qui ressort des leçons ((e rbistbirç» çtsiAT-tout de U longue cunlroverse à Uquella a dQi^né li,éu le'niagniOqqe poniiuvai de Grégoire VIL

G|lÉCiOtRE>VtlI,anlipape.-7oy.G6LAS|(II.

GRÉGÛIR^! Vlll, cent-soiiiaQte et ob^Ptf me Pap^ et successeur d'Urbain ili. — Ûéui jours après la mort de ce dernier, ou élut Pape le 25 oclobre 1187, Albert, natif de Béoévent, pfètre-cardinal, chancelier de TEgUse romaine, qui fut nommé Grégoire yiIK Il était savant et éloquent, d'une vie pure et ausiérCn et d'un grand zèle : mais il ne tint le siège qu'environ deui^ mois. Dans ce peu de temps il Qt tout son possible pouraniuier les tidèl^ à la délivrance de la Terre-Sainte, comme on voit par une de ses lettres, donnée ^ Ferrare, où il les exhorte à apaiser la colère de Dieu parla pénitence el les bonfies CBuvres,et leu^ protnet l'indulgence plér nière pour leurs péchés.

Aimant à suivre l'exemple de Grésoife VU eq ce qui concerne sa disposition a ramenur les princes catholiques à la justice et à r^uité, €{régoirei VIU tenta de réconciliée les deui républiques de Gènes et do Pise. Il se rendit a Pi^e où il fut reçu avec çr{in(| honneur le 9 clécèmbre ; et, y ayant fait venir les premiers d'entre les Génois, il parif aux uns et aux autres avec tant de sagesse qu'ils commençaient à s'adoucir, et U pÂiK était en voie de conclusion, quand la fievfa le prit, 1 1 après avoir été malade très-peu df jours, il mourut le 16 décembre 1187 et eut pour successeur Clément 111.

GREGOIRE IX. — Le cardinal Bugolin, évèqïie d*Ostiê,fut élii 4'une commune voix le lendemain de la mort d'Honorius III, I9 mars 1227. K prit le nom de Grégoire IX. \l descendait des comtes de Seigm; il était ainsi proche parent du Pape Innocent lit. Grégoire était bien fait de sa personpe, avait beaucoup d'esprit, possédait te droit civil et canonique^ et menait une vie exemplair^. Il fut ami particulier de saint François d'As* sise, et protecteur des Frères mineurs, pour lesquels il fonda plusieurs monastères. Lés circonstances de son couronnement sont remarquables par la pompe et la maguincence dont il lut accompagné. Après avoir dit la Messe, il all«| au palais de Latran, tout couvert d or et de pierreries. Le jour d^ Pâques, il célébra la Ue^i^e sçleunellemeni à

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Saiote-Marie-Mineurç, et revint la couronne sur la tète. Le lundi, ayant dit la Messe à Saint-Pierre» il revint^ portant deux couronnes, monté sur un cne?al richement caparaçonné, environné de cardinaux vêtus de pourpre, et d'un clergé nombreux. Les rues étaient tendues des plus riches tapisseries, et parfumées de divers aromates. Le Pape chantait à haute voix Kyrie eleison et oes cantiques de joie, accompagnés du son des trompettes. Les juges et les officiers avaient des .habits couverts d*or, et des chapes de soie. Les Grecs et les Juifs chantaient les louanges du Pape» chacun dans leur langue. Un peuple innombrable marchait devant, portant des palmes et des fleurs. Le premier sénateur et le préfet de Rome étaient à pied aux côtés du Pape, tenant les rênes de son cheval; c*est ainsi qu'il fut conduit au palais de Latran.

Grégoire IX était un homme d'un génie vif et d'un grand caractère, plein de la haute idée que Grégoire Vil avait laissée par tradition è tous les Papes des prérojjatives de leur siège, et cartable comme lui de tout aouffrir pour la liberté et la gloire de l'E-

f^lise. Octogénaire au moment où il ceignit a tiare [1227], Grégoire montra, pendant ses quinze ans de rè^ne, la plus indomptable énergie, comme s'il avait rajeuni en devenant dépositaire de cette puissance déléguée par l'Eternel. Ce fut lui qui fut le protecteur et l'ami de sainte Elisabeth de Hongrie; il la rapprocha de saint François d'Assise, dont elle sut imiter les héroïques Tertus; il la protégea dans son veuvage et son abandon; et quand Dieu l'eut appelée à lui, il proclama ses droits à la perpétuelle vénération des fidèles, en l'inscrivant parmi les saints. Mais c'est dans tous les rangs qu'il était le protecteur universel des faibles et des opprimés; et tandis qu'il promettait son appui à la royale veuve de Thuringë, il étendait sa paternelle sollicitude sur les plus pauvres serfs des contrées les plus éloignées de la chrétienté, comme on le voit par sa lettre aux seigneurs polonais, où il leur re-

{)roche, comme un détestable forfait, d'user a vie de leurs vassaux, rachetés et ennoblis par le sang de Jésus-Christ, è veiller sur des laucons ou des oiseaux de proie. Ami zélé dé la vraie science, il fonde l'université de Toulouse, et fait rétablir celle de Paris par saint Louis, non sans avoir sagement protesté contre l'envahissement de la philoso- {)hie profane dans la théologie. Dans la colection des Décrc^tales, il a la gloire de donner à l'Eglise son code, qui était alors aussi celui de la société tout entière. Digne neveu d'Innocent II], il sut unir toujours la justice et la fermeté; réconcilié avec Frédéric II, après l'avoir excommunié d'abord, il le soutint avec une noble impartialité contre la révolte de son fils Henri [1235], et même contre les exigences trop graudes des villes lombardes, qui étaient cependant les meilleur<îs alliées de l'Eglise [1237J. Quand plus tard cet empereur manque à ses plus solennelles promesses, et qu'il faut

une seconde fois l'excommunier, qu'il est beau de voir ce vieillard, presque centenaire, s'engager noblement dans une latte désespérée, tqpt en recommandant à l'armée de Jean de Brienne, oui marchait contre le

{)erfide empereur, la clémence, la douceur et e soin des prisonniers. Puis vaincu et abandonné de tous, assiégé dans Rome ()ar Frédéric ligué contre lui avec les Romains euimèmes, il retrouve dans ce moment terrible, et au sein de la faiblesse humaine, cette force qui n'appartient qu'aux choses divines : il fait tirer les reliques des saints apétres, les promène en procession à travers la ville, et demande aux Romains s'ils veulent voir

{>érir ce sacré dépôt qu'il ne peut plus dééndre sans eux. Aussitôt leur cœur est touché, ils jurent de mourir pour lui; l'empereur est repoussé, et l'Eglise délivrée

Grégoire ne se vit pas plutôt sur le trftne pontitical, qu'il pressa vivement le départ de Frédéric pour la Terre Sainte. Ce prince s'avança jusqu'à Brindes, avec l'armée des croisés, po.ur y faire son embarquement. Mais une maladie, disait-il, l'obligeait de différer son départ, et il s'arrêta àOtrante. C'était au mois d'août de l'année 1227, terme donné k l'empereur pour dernier délai, au delh duquel il avait consenti lui-même k être excommunié, s'il n'accomplissait pas son vœu de la croisade. Le 29 septembre suivant, le Pape, assisté des cardinaux, prononça une sentence d'excommunication contre Frédéric, avec menace de procéder plus rigoureusement contre lui, si sa contumace l'exigeait; et il en donna avis, par une lettre circulaire, à tous les prélats de la chrétienté. Frédéric, après avoir essayé inutilement de s'excuser sur le mauvais état de sa santé, écrivit è tous les princes pour se plaindre de Grégoire.

Les lettres que le Pape reçut des Chrétiens de Syrie, cfui lui peignaient vivement le tort que leur faisait la lenteur de Frédéric k accomplir son vœu pour la croisade, déterminèrent Grégoire k réitérer l'excommunication contre cet empereur. Il ^ joignit l'interdiction de tous les lieux où il ferait son séjour, avec menace, s'il persistait dans sa désobéissance, de le traiter en hérétique, c'est-k-dire , selon le droit religieux du temps, d' absoudre ses sujets du serment de fidélité. Grégoire en vint k cette extrémité, et excommunia Frédéric, non-seulement

t)our ne pas avoir passé en Terre Sainte, ni burni les troupes et l'argent qu'il avait (promis, mais encore pour avoir empêché 'archevêque de Tarante d'exercer ses fonctions; pour avoir dépouillé de leurs biens l^s Templiers et les Hospitaliers; pour atoir violé le traité fait entre lui et les seigneurs, dont l'Eglise romaine était caution ; pour avoir dépouillé de ses terres le comte Roger placé sous la protection du Saint-Siège; pour avoir refusé de rendre la liberté k sou fils injustement retenu en prison, et enfin pour avoir foulé aux pieds les lois de Dieu. A ces crimes, Frédéric en ajoutera bientôt de nouveaux encore. 11 brave ouvertement îef^

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