‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 50 sur 123 · SC · texte numérisé non relu

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censures dont il est frappéi et liasse en Palestine, malgré la défense de Grégoire. Les lettres du Pape Ty avaient devancé, avec ordre du patriarche de Jérusalem de le dénoncer excommunié et parjure: ce qui fit que la plupart des Chrétiens de Syrie refusaient de lui obéir; mais d*au(res, parmi les Génois, les Pisans, les Vénitiens, moins sensibles à Tborreur qu'inspirait le seul mot d'excommunication, se tinrent unis à ce prince. Pour se venger, Frédéric appela à Rome les Franchipam, souleva le peuple, et on vint insulter le Pape jusc|ue dans Saint- Pierre, pendant la célébration des saints mystères, avec de grandes clameurs et des menaces si effrayantes, que le Pontife chercha par la fuite sa sûreté hors de Rome. Les lieutenants de Frédéric s'emparèrent des principales places de Rome, et firent irruption dans le patrimoine de Saint-Pierre , amenant des Sarrasins qui exercèrent des impiétés et des cruautés inouïes. Ce fut cette lutte qui donna naissance aux deux factions si connues depuis sous le nom de Guelfes et de Gibelins; les premiers tenant pour le Pape, et les seconcis pour l'empereur, sans qu on sache la vraie origine de ces dénominations bizarres. Frédéric se hâta d'entamer une négociation avec les deux soudans, et conclut avec eux une trêve de dix ans. Le principal article concernait la ville de Jérusalem, qui fut rendue aux Chrétiens, à la réserve du temple de Salomon. Ce dernier point déplut beaucoup au patriarche de Jérusalem. Peu de temps après, Frédéric s'embarqua pour l'Italie; mais le Pape, sur les plaintes de ce patriarche, et en foce des horribles forfaits exercés par les lieutenants et les armées de Frédéric, exécuta la menace qu'il avait faite de procéder contre ce prince plus rigoureusement. Il réitéra l'excommunication, et déclara absous de leur serment tous ceux q^ui lui avaient juré fidélité, parce gue, dîsait-il, personne ne doit garder fidélité à celui qui s'oppose à Dieu. ci à ses saints^ et qui foule aux pieds ses com^ ssÊandemenis. Cependant Frédéric, voyant une armée, sous le nom d'armée de l'Eglise, défendre avec vigueur les droits du Saint- Siège, songea à entrer en accommodement avec le Pape , en offrant de se soumettre €t en demandant l'absolution ; ce qui s*exéruta Tannée suivante [12301. 11 alla trouver Grégoire à Anagni. Lorsquil fut devant lui, il ôla son manteau, se mit à ses pieds, et reçut le baiser de paix. Ils mangèrent ensemble, et eurent une longue conversation ; mais cette paix fut rompue huit ans après. Vers te même temps [1228], Grégoire IX travailla au rétablissement de l'université de Paris, nui avait cessé ses leçons à l'occasion d'une émeute où les écoliers avaient été maltraités. Il donna une bulle en faveur de cette université, et conforme au règlement qu'elle avait demandé. Il écrivit au jeune roi saint Louis une lettre , où il l'exhorta k protéger les étudiants : Il est important^ lui ditil , pour votre honneur et pour votre salutf que tes éludes soient rétablies à Paris vomme au-

paravant. Il avait écrit aux professeurs , leur défendait d*expli9uer TEcriture sainte par la doctrine des philosophes, et leur ordonnait de suivre dans leurs explications, la tradition des saints Pères. Grégoire ayant fait composer un recueil de Décretales, adressa ce recueil h plusieurs universités. Il confirma, en 123dy Tuniversité de Toulouse , avec des privilèges semblables à ceux de Puniversité de Paris.

En 123<^, Grégoire, après les informations ordinaires, canonisa saint Dominique, fondateur des Frères prêcheurs. Déjà quatre ans auparavant il avait publié, le 29 septembre 1230, une bulle par laquelle il eipliquait divers points controversés de la règle desFrèrea mineurs. Il envoya aussi aux princes musulmans de longues instructions sur la religion chrétienne, dans lesquelles il les menaçait, s*ils ne se convertissaient, de soustraire è leur autorité les Chrétiensqui étaient dans leurs Etats. Il favorisa rétablissement des chevaliers teutoniques en Prusse; convertit par les missionnaires les Courlandais et le roi Lammecbin. Informé <\es abus qui régnaient en Hongrie, il chargea Tarchevèque de Trivonie de remédier k ces désordres. Il envoya, en 1234, des nonces et des missionnaires en Orient, pour essayer de rameniT TEglise grecque è robéissance du Saint-Siège. Vers le même temps il adressa une bulle h tous les évèques pour ta réforme des monastères.

Cependant les Romains s*étaient révoltés contre Grégoire, et ce Pape avait été contraint de sortir de Rome. Il se retira successivement è Spolette et à Anagni en 1232; mais enfin il écrivit h l'empereur Frédéric , pour le prier de venir promptement au secours de TEglise, sa Mère. L'empereur fomentait sous main la révolte des Romains, et ne laissait pas de promettre au Pape d'employer ses armes pour la protection de l'Eglise. Après tant de réconciliations feintes ou sincères ce prince rompit de nouveau avec le Souverain Pontife, h ToccasiondelaSardaigne qui appartenait au Saint-Siège par donation de Louis le Débonnaire et des autres empereurs. Grégoire revendiquait cette lie qui lui appartenait évidemment, de même que toutes les lies de la mer. L'empereur soutenait, au contraire, que Tllede Sardaigne avait antrefois appartenu k TEmpire , et qu*il avait fait serment de retirer tout ce qui en avait été démembré. Eu conséquence, il envoya Henri, son fils naturel , qui s*empara de la plus grande partie de l'Ile, et en fut déclaré roi. Le Pape, frustré dans ses droits, fit k l'empereur plusieurs munitions dans les formes; en sorte que Frédéric vit bien qu'il en arriverait aux censures ecclésiastiques. Pour le prévenir, il écrivit ainsi aux cardinaux : «Puisque vous êtes les successeurs des apôtres, et que vous entrez dans les conseils du Pape, il est étonnant que vous n'empêchiez point qu'il s'emporte jusqu'k vouloir tirer le glaive spirituel contre l'empereur romain et le protecteur de l'Eglise. Nou» vous prions de retenir ces mouvement» du

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Pape', qid yiennent plus de passion que de jostiee, afin de prévenir les scandales qui en seraient les suites. » Gomment Frédéric pou* Tait-il parler ainsi ? Ce prince dont le Pape avait protégé la personne et les droits pendant son enfance 9 è qui il avait conservé le rojraome d^ Sicile, qui Tarait fait élire em»pereur et qui Tavait lui^mftme couronné; ee prinee ingrat avait suborné les Romains pourchasser le Pape de son siège, avait laissé «ans pasteurs dix-neiif Eglises » en avait dépouillé d^autres, avait été un éternel obs- «cle à tout ce qu'on avait projeté en faveur de la Terre-Sainte, s'était emparé des territoires du Saint-Siège, et avait vomi les plus horribles blasphèmes contre le Christ, I Eueharisfie, la religion tout entière. Aussi Grégoire IX après avoir épuisé toutes les voies de conciliation, publia solennellement k Rome, le dimanche oes Rameaux, rexcom«< munication contre Frédéric, déclara ses su^ jets absous do serment de fidélité, et leur défendit de l'observer. L'empereur ayant aph pris cette nouvelle, écrivit aux Romains, el leur fit de grands reproches d'avoir souffert que le Pape lui fit une telle injure. En même temps le Pape écrivit une lettre circulaire à tous les évoques de la chrétienté , pour leur erdonner de publier tous les dimanches, au son des cloches, la sentence epnlre l'empereur. Cette lettre fut adressée aux rois et aux principaux seigneurs. FrédériOi de son côté, en écrivit une aux niè:nes princes, où il ex*' posa tous lés prétendus stjuets de plaintes «ftt*il avait contre Grégoire IX. Après avoir dit qu'il ne reconall point pour juge Grégoire IX, parce qu'il s'est toujours déclaré son euliemi, il coi^ure les cardinaux de ooavoquer un concile.

Après tant de scandaleux manifestes dont il inonilait tous les Etals chrétiens, l'empereur en vint aux effets, et fit publier un acte .de rupture ouverte dans le royaume de Sicile, comme le plus voisin de Rome, et le plus à craindre pour le Pape, il ordonnait iie ebasser tous les religieux, de dépouiller tout le clergé et de brûler toute personne de quelque condition, de quelque Agé , de quelque sexe qu'elle soit, qui aurait déféré k la sentence du Pape. Le Pontife répondit k ces actes atroces d'hostilité, eu envoyant des lé*liatt pleins de fermeté et de prudence pour encourager les peuples de Milan, de Ravenne et des autres villes d'Italie, soulevées contre Frédéric. Il publia une croisade con^ tre ce prince, et demanda des subsides en France et en Angleterre, sur les biens ecclésiastiques pour subvenir aux frais de cette guerre. Cependant Grégoire voulant tenter un dernier moyen d'éviter une lutte armée, résolut de convoquer un concile k Rome, et écrivit partout de& lettres par lesquelles il ordonnait aux évèquesde s'y trouver. LJempereur s'apposa k ce eonoile, et fl( répandre î>artaut une lettre anonyme, où étaient ex^pûsés tous les dangers que couraient ceux qui iraient k oa concile. Et en effet, l'armée navale de l'empereur ayant attaqué la Sotte des Génois^ sur laquelle bien des prélats cle

France, se rendant aux ordres du Pape, s'étaient embarqués, les Génois furent déftits, les prélata arrêtés , et eurent k souffrir des mauvais traitements. Il fallut que saint Louis écrivit k l'empereur, pour le prier de les mettre en liberté, ce qu'il accorda. Mais ee prince continua ses dj^vastations en Italie, faisant le dégât autour des villes qui ne voulaient pas le reeevoir. Il obligeait même les évAques de donner k titre de prêt, Tarsenterie de leurs églises ^ pour fournir aux frais de la guerre.

Au milieu de tant de dilBcttUés, Grégoire IX, travaillait avec un zèle ardent au succès de la croisade; défendait lesi Juifs contre les indignes violenees dont ils étaient victimes; travaillait sans relftclxe k l'extension du christianisme , ji)saqe dans les ré^ gions les pins éloignées du Nord ; canonisait saint François d'Assise ; approuvait l'ordre des Trinîtaires pour la rédemption des oap^ tifs ; en un a>ol veillait avec une incessante sollicitude k tous les besoins de relise, et Gela k l'Age de près de cent ans.

La guerre sa poursuivait toujours vive^ ment entr^ le Pape et t'em|>ereur; ce dernier s'avançait en personne yitn RQme,Q^ i| était appelé par l'indigne Jean Colonne* Il avait pris Tivoli, et portait le ravage ju.nque sous les murs de Rome, que plusieurs grands de la ville devaient lui livrer. Alors le Pape indiqua une prooessioQ générale où il se montra portant entre ses bras les chefs sa* erés des deux princes des apôtres^ A cette vue, l'enthousiasme des Romains se ranioie, et l'armée impériale est forcée de se retirer. Telle était la position de Rome, quand le Pape Grégoire IX , succombant au chagrin que lui causait la captivité des prélats W s étaient embarqués pour venir au oencîle, mourut le 31 aoûi 194l. Il él^it âgé d^ pris de cent ans, et avait tenu le Saiat^Siége 1^ ans et 5 mois.

GREGOIRE X. — Après la mort de Clément ly, les cardinaux qui étaient kViteH^e, ne purent s'entendre sur TélectiQu d*tin Pape. Cqmme leurs conlestaUorxs semblaieni ne devoir jamaia finJri saint BQnaventure» qui était cardinal, leur persuada de déférer la nomination du Pape k six de leurs vpufrères ; ee qu'ils firent par un compromis entre* les mains de ces six, auxquels ils dopnèrent le pouvoir d'éilire un Pape, et ceuxci élurent tousd'une seule voix, le t" sep* tembre 1371, Thibault, archevêque de Liég^ et de la famille de Visçonti. Il était alors k Acre, étant allé par dévotion visiter les lieux saints ; il y reçut la nouvelle qu'il avait été élu Pape. On lui écrivit aussitôt pour le conjurer de venir ipcessat^tq^nt i spn é\^^ tion causa beaucoup de joiQ aui: Chrétiens de la Terre-Sainte, dans l'espoir qu'il les se* oourraitpuissammeat.il pritlepom de Gré*

Çûre X« S'étant embarqué, il se rendit k iterbe, où était la cour de Rornei il s'appliqua d'alK)rd k Uquver le oioyen de secourir la Terre Saintequi él^Udans un état déplerable* Grégoire vint ensuite k Roni« ; il y fol

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DES PAPES

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sacré IeS7 mars 1278, et écrivit aussilOt après à tous les évoques pour la convocatKNi d*ua coDcile (général. 11 en niarquait priocipaieipent trois causes : le schisme dea Grecs, le mauvais élatdela Terre Sainte, le& vices et les erreurs qui se lUuUipliaieDldan^ TEgliae. Il fixait Touverture de ce concila au mois de ip«i 1374» et y invitait tous les prioeQSt chrétiens, même le roi d*Arm<^nip, 64 juauu'aui TarUres*. Afin de le céléi>rer avec |>li^ da fruits il appliqua tous ses soins è pacifier l'Italie et rAlleoiagne.

L'année suivante, il viqt à Lyon, avec saint Bonaventure,. qu*il avait élevé à la dignité de cardinal. Ce concile fut très-nombreui ; il s'y trouva cinq cents évoques , ^oixante^tdix abbés, ei mille autres prélats* Jl y avait aussi des ambassadeurs d'Allemagne, de France, d'Angleterre et de divers autres Etats catholiques, ceux des Grecs, des Tartare^ et le roi d'Aragon en personne, tirégoire ouvrit cette auRUSte assemblée le 7 mai 1274, dans 1 église Je Sainl-Jfean. Dans la première session, il fit un discours dans lequel il exposa les motifs de cette convocation. Dans la aeconde, il lut des lettres qui annou^aient le départ pour Rome, desam^ bassadeurs de l'empereur d'Orient au con^ rile. Ils arrivèrent dans Tintervalle de la troisième h la quatrième session. A cette (ûême époque, 4 janvier, le concile re^^ut joe ambassade plus étonnante encore. Ahsin ;rand kan des Tartares occideutaux, eu* b'oyait ses ambassadeurs i^ l'assemblée de *figlise chrétienne pour contracter avec elle une étroite alliance «outra les Wusulmaus. % la cinquième session, qui se tint le 16 juillet, 00 lui la constitution sur l'élection des f^apes, qui fut l'ouvrage de Grégoire IX, et [u\ publiée dans ce concile, m yoici la »uUsiance,

n Le Pape étaut mort dans la ville où il résidait a^ec se 90ur, les «'ordinaux présents attendront les absents pendant idii: outs seulement, après lesauels ils s'^ssem-. ileront dans le palais où logeait le Pape,^ 'I se contenteront chacua d un seul servi-^eur, clerc ou laïque, h leur choix ; ils loge- -ooi tous dans une oièiQe chambre, si^usi lucun^ séparation d« muraille ou de rileau^t ni autre issue que pour le lieu se^ rei : cette cliambre cooimyne sera tellement ermée d^ toutes parts, qu'on ne puisse y roirer ni en sprtiç. Personne ne pourra a^)irocher dea cardinaux, ni leur narter ei^ secret, si cq n*^at du consentement de tous e^ Mixlinaui; pr^sentSt et pour railaire de 'élection^ On ne poi^rra leur envoyer ni nessnges, ni écrits, le tout sous peine d'excommunication par le seul fait. Le conclave car c'est le nom de cette chambre commune tans le texte latin de cette constitution) a^ra outefois une fenêtre, par où l'on ()Ourrf :oma)odénieqt servir aux cardinaux la nourriture nécessaire, mais sans qu'on puisse rotrer par eftt^ fenêtre. Que si, ce qu'^ Dieu oe plaise, trots jours apr^s leur entrée laos le Gonclava, ils n'ont pas ençui:e élu do ("^P^t les oinq jours ^uivems. Ms se conten-

teront d'un seul plat, tant k dîner qu'k souper. Hais après les cinq jours, on ne leur donnera plus que du pain, du vin et de l'eau, jusqu'à ce que l'élection soit faîte. Pendant le conclave* ils ne recevront rien de la chambre apostolique, ni des autres revenus de r^gUse Romaine; ils ne se mêleront d*autre affaire que de l'élection, sinon en cas de péril ou d autres nécessités évidentes. $i quelqu'un des cardinaux n'entre point dans le conclave, ou en sort saos cause manili^ste de maladie, il n'y sera (xius admis, et on procédera sans lui a l'élection. S'il veut reatrer après être guéri, ou si d'autres absents surviennent après les dix jours, la chose étant en son entier, ils seront admis eu Tétat où Taffaîre se trou* vers. Lqs cardinaux ne feront entre eux aucune convention, ni serment, ni ne prendront aucun engagement, sous peine de nullité ; mais \ls procéderont h l'élection de bonne foi et sans passion, n'ayant en vue que Tutilité de TEglise.»

ensuite le Pape dit qu'à l'égard de la troisième cause de la convocation du concile qui était la réforme des mœurs, que si les prélats se corrig^eaieot, il ne serait pas nécessaire de faire des constitutions pour leur réformation ; qu'il s'étonnait que quelques-uns ()ui menaient une vie déréglée ne se corrigeassent point, et déclara que s'ils ne le faisaient,^ il le fera't lui-même aycQ beeucQup de sévérité, ajou* tant que les prélats étaient cause de la chute du monde entier. Enfin ri promit de remédier à plusieurs autres abus.

Grégoire X étant revenu en Italie, vint à Florence où 41 arriva le 10 décembre ; mais il ne voulut pas entrer dans la ville, parce qu'elle était interdite et les habitants ex« communies, pour n'avoir pas observé la paix qu'il avait faite eqtre les Guelfes et les Gibelins, lorsqu'il passa chez eux deux ans auparavaut. De Ik il vint à Ârrezzo; mais il y tomba malade, et mourut le 10 janvier 1276, après avoir ten^ji 1q 9aint-9ié^e quatre ans et deuil mois. Ce Pape est regardé comme saint dans cette contrée de l'Italie, mais il n'a pas été canonisé selon leé formes.

GRÉGOIRE XL — Dix jours après la mort d*Vrbain V, les cardinaux étant entrés en conclave, élurent dès le lendemsin, 30 décembre 1370, le cardinal de Beaufort. Son ▼rai nom était Pierre Roger; il était né dans le diocèse de Limoges, et neveu du Pape Clément VL II avait été fait cardinal par son oncle., avant l'Age de dix-huit ans ; il était d*un noble caractère, aimait Tétude, et s'était appliqué longtemps au droit civil et canonique.

Pierre Roger refusa longtemps le souverain pontificat, mais dut céder k la persévérance des cardinaux qui voulaient absolument donner k Urbain V un successeur si rropre à suivre les vues de ce saint Pontife. I n était que diacre du titre de Sainte-Marie la Neuve; on l'ordonna prêtre le ^janvier suivant, et le lendemain Teille d*s Itois,

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1371, il fut sacré et couronné. Il prit le nom* de Grégoire XI, et tint le Saint Siège sept ans et trois mois. Dès )a première année, il créa douze cardinaux, et neuf quatre ans après ; son règne fut glorieux. Ce Pape se rendit recommandable par la bonté de son caractère eï par sa science ; il s*occupa aussi de la destruction du schisme grec, et aianala le début de son pontificat par son zeie k conserver le dépôt de sa foi dans toute son intégrité. Il fit tous ses efforts

f>our procurer la paix- entre la France et 'Angleterre Jusqu'à retarder son départ pour la Ville éternelle, où il avait résolu de rétablir le Siège de Pierre. Il écrivit aux deux rois, et nomnia deux légats pour les réconcilier. Toujours attentit à défendre les privilèges de TEglise, il demanda qn*on abolit en France Tusage cruel qui défendait d'accorder aux justiciés la permission de faire la confe.ssion sacramentelle,' et de recevoir les consolations des prêtres et des religieux.

Sur la fin de l'an 1373, Edouard III, roi d'Angleterre, envoya des ambassadeurs au Pape pour le prier de surseoir aux réserves des bénéfices. d'Angleterre, qui vaquaient en cour de Rome, et de laisser au clergé la liberté des élections pour les évéchés, et aux métropolitains le droit de les confirmer. Le roi se plaignait encore d'être lésé sur plusieurs articles. D'après ces plaintes, le Pape Grégoire envoya en Angleterre dés nonces avec "une déclaration quils présentèrent au roi, portant, 1* que toutes les instances pendantes, soit en cour de Rome, soit en celle du roi d'Angleterre, touchant les bénéfices vacants en régale, demeuraient en suspens jusqu'à la Saint-Jean prochaine, après quoi elles pourraient être reprises et poursuivies ; S* que ceux qui possédaient des bénéfices en Angleterre par autorité du Pape, demeureraient en possession sans pouvoir être inquiétés.

En 1375,Grégoire XI publia une constitution datée du 29 mai, aun d'obliger les prélats è la résidence, qu'il n'avait cessé de leur recommander depuis qu'il occupait la chaire de Saint-Pierre. Il y est enjoint à tous les I)atriarcbes, archevêques, évêques, abbés et autres supérieurs monastijques, de se rendre sous deux mois àjeurs £gli>es ou à leurs lÀionastères, et d'y résider assidûment.

Cependant les Romains, ennuyés de voir les Papes tenir leur siège hors de Rome, envoyèrent è Grégoire une ambassade pour Texborter à venir tenir son siège h Rome, plutôt que de rester à Avisnon. Grégoire témoigna qu'il voulait satisfaire les Romains. Il en écrivit h Tempereur et aux autres souverains catholii^ues. Déjà son départ était fixé au mois de septembre de cette année 1375; mais le désir de concilier les rois de France et d'Angleterre l'engagea encore h le différer jusqu'à l'année suivante. Vers la fin d'août 1376, les Romains envoyèrent au Pape de nouveaux ambassadeurs pour le supplier de venir résider à Rome avec les cardinaux, lui représentant que depuis l'absence des Papes,

la ville avait été réduite k unn affreuse (lé« solation par les ^factionsdes Guelfes et des Gibelins; que le patrimoine de Saînt-Pitrre avait été pillé; qu une partie do l'Etat ecclésiastique était occupé par des seigneurs particuliers, qui en avaient fait leur domaine, et que l'autre partie était ravagée par la guerre que les Florentins faisaient au Saint- Siège. Grégoire, touché de ces raisons et persuadé par les continuelles sollicitations de sainte Catherine de Sienne, prit enfin la résolution de rétablir son siège è Rome«

Les cardinaux français en furent jfilchés, parce qu'ils craignaient les Romains; le roi de France Charles Y en était mécontent, parce gtril lui était commode d*avoir le Pape à Avignon. Il chargea même son frère Louis, duc d*Anjou, d'aller trouver le Pape pour le détourner de ce dessein; mais toutes ses rai-* sons furent inutiles. Avant son arrivée, trois cardinaux, qui étaient à Rome, firent une capitulation avec les Romains pour la sûreté du Pape: les Romains promirent de remettre au .Pape la pleine et libre seigneurie de Rome, sitôt qu'il serait arrivé à Ostie, et <]ue dès lors on remettrait au cardinal de Saint- Pierre la garde des portes, des ponts, des tours et toute la partie an delà du Tibre. Le Pape promit de son côté de conserver la compagnie des exécuteurs de justice et de les faire payer de leurs gages, à condition quiis lui prêteraient serment de fidélité.

Grégoire partit d'Avignon le 13 septembre 1376 et n'arriva à Rome qu'au mois de janvier de l'année suivante, s'étant arrêté en différentes villes où il avait passé. Il fit son entrée accompagné de treize cardinaux et d'un peuple innombrable. Il traversa la ville achevai, et vint h Saint-Pierre vers le soir. On l'y attendait avec quantité de flambeaux, et on alluma toutes les lampes de TEglise.

Mais quoique Grégoire eût été reçu à Rome avec de grandes démonstrations de joie, il fut pourtant trompé par les Romains, car ils n'accomplirent qu'une très-petite partie de ce qu'ils avaient promis par leur capitulation: les bannerets reprirent bientôt te gouvernement dont ils s'étaient désistés. Grégoire fut troublé et même effrayé de voir qu^ils méprisaient son autorité. Les Florentins, qui avaient déjà fait une ligue et avaient communiqué un esprit de révolte dans tous les esprits, se moquèrent des censures dont le Pape les avait frappés, et firent célébrer dans leurs terres fOliice divin, malgré l'interdit. Ces difficultés firent prendre à Grégoire le dessein de retourner en France. Mais la mélancolie où il tomba de jour en jour; jointe è une santé très-faible, lui causa une maladie, dont il mourut k Rome leS7 mars 1378 : il avait à peine <^7 ans.

GREGOIRE XI L — Le 30 novembre 1406, les cardinaux élurent Conrario, cardinal, qui prit le nom de Grégoire XII. Il passait pour un homme d'une sainte vie et pour un rigide observateur des canons. Il ratifia d'abord l'acte qu'il avait signé en commun avec les autres cardinaux; il leur déclara qu'il tra* vaillerait à Textinction du schisme de loat

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son pouvoir; il écriTit au Pape Benoit XIII que« quoiqu*il crût son droit suret certain» qu*il se ferait un devoir deral)andonner pour la paix de la chrétienté. Il offrait de renoncer aa pontificat* si Benott renonçait au droit qo*il prétendait y avoir. Il écrivit dans les mêmes termes aux princes et aux évéques.

Le roi de France , instruit de l'état des choses 9 envova une ambassade aux deux Papes pour les sommer Tun et faulre de remplir Tengagement^qu'irs avaient contracté de céder le ponliOcat. Les ambassa* deurs se rendirent à Marseille , où Benoit était avec sa cour. Ils lui déclarèrent que, s'il ne renonçait pas au pontificat, lorsqu'il, en serait requis» la France et les autres pays cesseraient de le reconnaître.

Vers le même temps» les cardinaux des deux obédiences s'adressèrent au roi de France, pour Texhortor h concourir avec eux à la paix de TEglise. Les deux Papes qui virent qu'on commençait à prendre contre eux des résolutions fermes et vigoureuses , disputèrent le terrain avec une égale vivacité. Benoit répondit à cette dé* claration des ambassadeurs du roi, par une bulle qui défendait k toutes |)ersonneS| sous peine aexcommunication, de se soustraire a son obéissance. Dès que cette bulle eut paru, le roi convoqua une assemblée du clergé et de Tuniversité. Le docteur Courte* cuisse V fit un discours, dans lequel il releva rinjustice de cette bulle, et fit voir que Benoit méritait d*être dépouillé du |>oniiticat. Toutes les personnes sensées voyaient clairement dans la conduite des deux Papes» leur collision, et que, dans la crainte de perdre une dignité qui les flattait» ils travaillaient de concert a en perpétuer le par« tage. Ainsi le roi de France Charles VU publia une lettre, portant soustraction d*o« bddience aux deux Papes. Il envoya ordre ■o maréchal de Boucicaut qui résidait à tséaes, de faire arrêter Benoit, nui s*était retiré à Savone ; mais celui-ci se déroba aux poursuites du maréchal, et s'étant embar-* que, il passa en Catalogne, et alla établir sa c:our k Perpignan.

Grégoire, plus modéré, se contenta de publier des apologies qui n*eurent aucun slfeC. Ses cardinaux, de concert avec ceux )ui s'étaient transportés à Livourne, convojudrent un concile général (K)ur l'élection J'un nouveau Pape, et en indiquèrent Tourerture à Pise. Ce concile se tint le 25 mars t WM. Il s'y trouva vingt-deux cardinaux, un rès-jgrand nombre d'évéques et de prélats, es dépotés des principales universités, et es ambassadeurs de la plupart des princes le TEurope. L'assemblée fut une des plus injustes et des plus nombreuses qu'on eût 9 mais vu dans TËglise. Le concile confirma 'abord la soustraction d^obédience aux deux ^a{3e8. Dans la quinzième session, tenue '^ o juin, on publia la sentence qui déclarait *^em de Lune, dit Benott XIIl, et Ange onrario, dit Grégoire XII, notoirement ehismatiques, buteurs du schisme, hérétiuesp coupables de parjure, et d'avoir violé

leur serment» scandalisant toute TEglise par leur obstination, déchus de toute dignité, séparés de l'Eglise tpto faeto^ et il fut dé* fendu è tous les fidèles, sous peine d'excommunication de les reconnaître, ou de les favoriser. Dix jours après, les cardinaux entrèrent en Conclave, et le 26 du même mois, ils élurent unanimement le cardinal de Milan, qui prit le nom d'Alexandre V.

Grégoire par ses lettres aussi bien que par ses discours et ses œuvres avait paru quelque temps envisager sa place avec le plus complet détachement et le désir le plus sincère de rendre la paix à l'Eglise. Aussitôt après son élection, et avant la fin du con- » clave, il en ratifia tous les engagements. Il fit ponctuellement toutes les démarches et les avances promises ; il conjura les cardinaux de concourir avec lui h une pleine et prompte exécution. Dans ses entretiens privés, il ramenait h chaque instant la conversation sur cet objet. 11 ne s'étonnait d'aucune difficulté, pour procurer un si grand bien à la religion, fallût-il pour cela, au défaut de galères (c'est ainsi qu'il s'en exprimait), passer la mer sur la première chaloupe qui se rencontrerait, ou traverser è piecl les provinces et les royaumes, au cas que les voitures ou les chevaux vinssent h lux manquer. Mais bientôt par tergiversation, par faiblesse, par condescendance pour ceux qui l'entouraient, il se montra peu disposée toutes les démarches qui pouvaient mettre un terme au schisme. Cependant après la résolution solennelle du concile de Pise, il donna sa démission sans aucune difficulté et abdiqua volontairement le souverain pontificat dans la quatrième session du concile de Constance le i juillet U15. Chargé de ses pleins pouvoirs, le prince de Malatesta se plaça sur un trône préparé comme pour le Pape luimême, et lut au nom de Grégoire XII un acte de renonciation pure et simple, gui fut reçue et approuvée par le concile. Grégoire, après avoir été informé è Rimini de ce qui s était fait à Constance, assembla les cardinaux en consistoire, ratifia solennellement sa renonciation, et quitta sur-le-champ la tiare et toutes les marques de sa dignité. Il mourut deux ans après avec le titre de premier des cardinaux et de légat perpétuel de la Marche d'Ani'ône, que lui avait décerné le concile. Les six cardinaux qui lui restaient au moment de son abdication furent incorporés au Sacré Collège, et l'on confirma tout ce qu'il avait fait canoniquement dans son obédience.

GRÉGOIRE XIII. — Les cardinaux ne furent pas plutôt assemblés dans le conclave, que toutes les voix se réunirent bientôt pour le cardinal Charles Boncompa^no, qui fut élu Pape le ik mai 1572, et qui prit le nom de Grégoire XIU. 11 était né à Bologne au commencement du xvi* siècle. Il ref ut de ses parents une bonne éducation, et on rappliqua de bonne heure à l'étude, sous les meilleurs maîtres de ce temps-là. Il acquit de profondes connaissances dans le droit, et il reçut le degré de docteur è Tâge de dix^hoit

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AQS. Ka 1931t il lut en public )es InstituUi de Ju$tinien ; trois ans après^ it Çut fait pro* fesseur ordinairçdans rupirer^ité ^e Bolo* gne, et 11 en exerça les foQctrons pendant cinq ans. Etant en&uitç Tenu à 9.ome, il obtint les emplois (r&bréviatêur et de réfé' rendaire ; et sons Paul III, il assista au concile de Trente. De reiour à Rome, i) fut fiiU yicaire de Taviclrtçur 4e Ia chambre; sous Iule3 III, secrétaire a^QstoHqi^e, puis yinelégatdansle territoire de Rome. Paul tV le fit érAaue,, et Pie IV lyi doiinà le chapeau de caruinal du titre de Saint-Sixte. Après la niortdePieV*. il fut élev< sur le Saint-Siège, par le çr^dH ou cardinal 6^ GranveHe.

« Il chercha, » dit Ranî^ej. « nop-seulemen^ a atteindre mais a surpasser la sainteté de, Pie y. Pendant les premières années de son pontificat, il disait la ^fesse trois fors par semaine, et jaipais il ne néglig^ea de û dira le dimanche. Sa conduit^ était nos -seulement irréprochable, mais édifiante.

« Jamais Pape n*a rempli plus fidèlement

3ue €^régoire Xlll certains dereirs de sa ignité. Il tenait une liste exacte des homme» dd tous les pays propres à Tépiscopat.'à chaque proposition, il se montrait très-bien informé, voulant diriger avec un soin scru-

i mieux la nomination & ces importantes bnclions.

« Ayant tout, ii s^efforça de propager Yix\$r truciion ecclésiastique dans toute sa pureté. Il favorisa avec une générosité es traordinaire, le succès des collèges des Jésuitçs. 11 fit des dons coiisidérables à la maison de^ profès à Rome; il acheta des édifices, ferma des rues et consacra des revenus pour établir le collège comm^ nous le voyoqs encore aujourd'hui; il était disposé pour vingt salles dites auditoires. Oq a calculé que Tappui qu*il dounait à de nombreux jeunes genè pour faire leurs études lui a coûté deux millions. Combien devait encore lui coûter seulement les vingt-deux collèges qu'il avait fondés 1 »

Ce fut dans le commencement de son pontificat qu^arriva en France le massacre âe la 9aiqt-Barthélemy. On avait donné au Pape comme certain que c'était le résultat de ta conjuration des nugpenots, pour exterminer jusqu'aux derniers rejètoqs des descendants de sain( Louis, et proclaener le calvinisme en France. Voilà pourquoi il permit quçl-

Siea démonstrations. M^is doux par earoere, il avait une grande horreur de Teffusion du sang; et fit connaître, par ses discoursj qu'il jugeait avec h.çrreur les auteurs ép ce cruel massacre. La même année, il envoya dès légats dans toutes les courside l'Europe pour exhorter les princes k s'unir eoptre les Turcs. Il ordonna aux cardinaux de veiller à l'exécution des décrets du concile de Trente, surtout pour ce qui regardait la réfpripe des mœurs , et il recommanda aux évéques de ne conférer les saints ordres (j[u'k ceux dOQt la vie était édifiante; il ra-r tifia tous les engapcements de son prédécesseur, relativeaaent è la Ligue qui s^étail formée en France.

Dès le coipmencemeHt de l'an t57k, eè Pape fit de grands préparatifs pour Touverture du Jubilé qui devait se faire la veilla de Noël. 11 se rendit ce jour là k l'église de Saint-Pierre pour ouvrir une perte ouirée, et à laquelle on a donné le^ nom de Sainte. Il prit un marteau d'or, el en flrappa trois coups en disant oes mots du psaume cxvh: Ouvrez-moi le$ portée . âe la jÙMiice^ etc. Oo acheva d'abattre la maçonnerie. Ensuite la Pape se mit à genotfx devait cette porta,

3uon lava aveo l'eau bénile, et étant entri ans Tèglise avec le clergé^ il entonna la Ta 9eum. On dit qu'il y^ eut h Rome jusipi^ trois cent mille pèlerins pour gagner cette ^ indulgence. L'année suivante, te Pape confirtpa rétablissement do la congrégation de POratoire, d'où elle s*est ensuite répandes en France. Il fonda k Rome plusieurs collèges: un pour déjeunes Anglais qui avaient été obligés de quitter leur patrie afin de ceoserver leur foi , un autre pour les enfant» de la ville, un troisième pour les Allemands, un quatrième pour les Juifs néophytes, an cinquième pour les Grecs, un sixième pour les Maronites. 11 établit, en différents pays, jusqu'k vingt (tollégea et séminaires, il entreprit de reformer l'aneien ordre de Saint- Basile, qui s'était multiplié en Occident, et qui était tombé dans le relâchement. Il eot un grand différend avec lea Vénitiens au sujet de la visite générale des ecelésiastiques et des religieux, que Grégoire ava|l ordonnés |)ar toute l'Italie.

Mais de tous les éliablisseaienis utiles que ionda Grégoire Xiil, aucun n*a plus illustré son pontiticat que la réforme du calendrier. Il s'y était glissé des erreura si considéra'^ bleSf que la fêle de Pâques se serait irouvéa insensiblement au solstice d'été, au lieu de demeurer entre la pleine lune et le dernier quarriçr de la lune de mars. Cet ineonvét nie^t venait de ce que ranciea calcul ne s accordait pas entièreme.nt nveo le mouvement du soleil et de la lune. Depuis longtemps, les Paires et les évéqaes sentaient la nécessité de cette réforme. Grégoire Xlll l'entreprit. 11 assembla à Ronae les plus habiles mathématiciens de différeotes universilés pour les ftiire conférer ensemble : leurs sentiments furent partagés sur la manière de faire cette correction. Mais le Pape s'en tint à celui de Louis Lilio, médeoin et homme fort habile. Par un nouveau cycle d*épactes, réglé selon le nombre d'or, et accommodé à toute sorte de grandeurs de Tannèe solaire, Lilio montrait qu'on pouvait rétablir le calendrier de manière qu'il n'y faudrait plus toucl^er. On sait que ce que nous appelons le nombre d'or est le cycle de la lune, qui est de dix-neuf ans» paroe qu'on croit que la lune revient^ par rapport au soleil, au même point où elle était dix-neuf ans auparavant. Le Pape eomaïuniqua cette découverte aux princes chrétiens par une bulle au) ordonnait que la réibraie serait exécutée dès l'année suivantcL Ou rétablit donc Téquinoxe au 21 marsi, comme il était au temps du concile de Nicée» et «n rcLtraa-

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DES MPtES.

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cb^ iKMir.oet off«l« dix jours de suite de l'année i^. iiré^ire Xill ordonna que ce retranchemenl (eïlt dans le mois d^octobre. Ainsi le lendemain de la fête de saint François, qui est le quatrièiDe» fut le quinzième jonr au mois, au lieu du cinquième. C^est ce qui fit que réqulnoxe du printemps, qui tombait le onzième jour de mars, se trouva au YiuglHiiHème , comme il était au temps dû concile de Nicée. Le Papa voulut que cet équinoxe fftt (ixé à ce même jour, et ordonna, fiour cela, qu'il n'y aurait point d^aiiQ^e DÎsseuile chaque centième année. Oh sait que le bissexte est un jour intercalaire qae Von ajoute de quatre en quatre ans» pour accorder I annâe civile avec le cours du soleil. Jules César en fut Tlnventeur ( car, ajant observé que le soleil achevait son cours aniiùel en trois cent soixante-cinq jours et six heures ou environ, il fît ajouter un jour è chaque quairièoie année, à laquelle on doûiia le nôtn de bissexte, parce qu'on répétait deux fois le sixième jour avant les calendes (ou le pk*ëmier jour de tnars). On s^isperçut, avec le temps, qu'il y avait encore erreur dans le calendrier de Jules César, et que le bissexte ^ijoutnit onze mîmitès à la dut'ée du cours dû soleil, lesquelles étant rassemblées, faisaient Uh Jour eu cent trente-trois ans, et trois jours en quaife chants ans ou environ ; ce qui, Shti^ OOe tonzue suite, eût dérangé Tordre de^ saisons et a célébration de là fête de PAques. C'est ce oi engagea Grégoire XllI, par le conseil es plus habileii agronomes, à ordonner u'en quatre ans on feiraticherait trois jours e bissexte. Vincent laurier , Cliristophe ^favius et Ciecoùius, eurent la principale >art k celte réforme. Les ordres du Pa)ie fûeot suivis en Italie. En France, on eut dV »ortl quelque peine k Se soumettre ; mais nfin on se rendit k la raison, et le roi Heni 111 rendit tin arrêt qui ordonna qu'on reraticheraît dix jours dans le moi% de déeemre, et que du 9 de ce mois on passerait au D. Ce qu'il jr a de singulier, c est que les rotestants d'Allemagne et d'Angleterre , et M Grecs schismatiques» ne voulurent point eceToir le calendrier ^ uniquement parce a*il Tenait du Pape, quoiqu'ils convinssent aa cette rSfbrmre était nécessaire.

Grégoire apprit atec indignation les proïStalToos des baianrstes, opiniAtres contre t bulle deison saint prédécesseur. Dès le'SS nvî«r 11179, H iniblia une constitution eon- *aiativa de la bulle ex omnibu$ afflictiùni^ /a^qu^ilyin^éra tout entière. Il commit le .ToletpourobtenirdeBaïusunerélractation le c«lui-ci fit dans les termes les plus précis. L'mn ISn, Grégoire Xlll publia k Rome ire édition correcte du décret de Gratien, rac des notes savantes et des gloses. Dans toogtempson traraillait k corriger les raots m ce décret, parmi lesquels tkaîent s fausses décréta4es fabriquées par Isidore ercator, et qae i*auteor rapportait comme rtaines. L*aonée snitante, il donna plvr* eurs bulles, dans runedeaqoelles il amrématisa oeux cpii cofttrvtitmttraitnt à .c%

qui est contenu dans la bulle fftroma Dammù OM qui appelleraient du l^apeau eoncile gé* nêral.

Peu de temps avant ià môf t, fi jrecwt une ambassade de Temperenr du Japon, il logea les ambassadeurs au Collège romain; le lendemain, il leur donna audience en présence des cardinSui et des ^etgnevrs. Ils ftésentèrent au Pape lenrs lettres, aûe les ésuites avaient traduites et) imlien. ues lettres étaient remplies des eipressions les plus humbles et les plus respectueuses pour le Pape. On dit que Grégoire et ses cardinaux pleurèrent en entendant la lecture de ces lettres, et que t;e Pape répéta, en embrassant les ambassadeursfie cantique (Luc. II, 29):Nunc dimiiïisiservumtuufnfi^ominê^etc. Le 10 avril 1)S85, Gré{soire Xlll fut attaqué d*une espèce d*apopteiie. On appela les médecins, qui lut dirent qu'il était en grand danger. <c Puisqu'il ù*est plus temps de penser kuk affaires du monde, dit-i!, qu*on me donne mon crucifix, afin que je ne m'occupe plus que de lui. En adhevant ces paroles, il lit plusieurs signes de croix, et recommanda Son Ame k Dreu. On lui donna rextréme-oncftion, après laquelle il expira. Il fixait quatre-vingt-trois ans et trois mois, et avait occupé le Saint-Siège près de 13 ans. Ce Pontife avait de la science et de la modération. Il était d*nn génie doux, bienfaisant, charitable.

Dans toutes les conjonctures, le Pontife ae montra ce qu'il devait être, c'est-k*dire pacificateur habite et plein de nrodératioa. Grégoire XIII ne voulut pas non nlus perdre lesmiitsde la bataille litrée aux Mu^lmans en 1571, k Lépante, et qui avait eouYert de

floire les flottes chrétiennes sous saint Pie Y. I tiradonctout le parti passible pour Je bien de la religion des conséquences de cette bataille. Puis il se déclara hautement en faveur des Maronites , et les couvrit de la

f)rotection du catholicisme» proteciimi dent a France, oublieuse de ses anoiennes amitiés envers rOrient, semble ne pins vouloir, k cette befure, partager l'honneur avec ta religion. De plus» Grégoire Xlll se montra le soutien de ta tompagnie fondée par saint Ignace de Loyola. Il fit preuve d'ene sage et profonde politique dans ses déméiés avec l'empereur Rodolphe» et dans plesleurs affaires atec les rois de France, de Pologne et de Portugal ; «réa l'ordre de Saint-Esprit; dissipa ïes troubles qui s'éteientélevés parmi lesclietalrers de Malte; corrigea le Oa^f rologe; i totégea les gens de lettres; fit aolenneliement transporter au Vetiean les reliques de saint Grégoire de Nazianze;se montra constamment habile administrateur»

Pontife asagnanitne ^\ ^lein *s bonté, digne successeur, enfhi, de sawil Pierre. Il mourut comblé d'années» de vertus et de gloire» ai

il eut pour suecesaeerSJîta-Oo^nl*

GREGOiaB XIV.-^Après bien des débats qui occupèrent le conclave pendaot dau»

nois, le cardinal de Crémom fut élu le «déi^mbre 1590» et prit le nom de GréMke XIV. Il se nomaiait Nicolas Sfondiwe» était fié à

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Crémone, dont il devînt évèque dans la suilet et fut ait cardinal par Grégoire XIII,. Aussitôt quHI eut été élu, il fil donner mille écus à chacun des cardinaux, pour les dédommager des dépenses au*ils avaient faites pendant le conclave ; ils étaient au nombre de cinquante-deiu. Il fut couronné le 8 décembre par le cardinal d'Autriche, évèque de Constance. C'était un homme d'une extrême piété qui jeûnait deux fois par semaine, qui célébrait tous les jours la Messe, disait constamment les heures à genoux, et consacrait ensuite une heure à Saint-Bernard, son auteur favori, dont il notait avec soin les pensées qui le frappaient le plus vivement. Son Ame était d une innocence virginale, et Ton disait de lui qu'il possédait trop peu d'éléments terrestres. Il signala le commencement de son pontificat par des bienfaits, et secourut abondamment la ville, dans la disette que l'on souffrait depuis longtemps. Il favorisa les entreprises des ligueurs en France. Sollicité par le roi d'Espagne, il se déclara contre Henri IV ; il envoya un nonce chargé de deux monitoires contre ce prince qu'il déclara hérétique, per* aéciUeor de ll^lise, et privé de ses royaumes et de ses domaines.

Vous qui avez commencé dCune manière si digne aéloaes^ écrivait-il aux Parisiens, persévérez donc et ne vous arrêtez pas jusqu'à ee que vous soyez parvenus au terme de votre course. Inspiré par Dieu^ nous avons résolu de venir à votre aide. Nous vous adressons d'abord un secours en argent qui est même au delà de nos ressources; ensuite nous dé-puiêns en France notre nonce^ JLandrtano, chargé de ramener dans votre union tous ceux qui s'en sont séparés. Enfin nous vous envoyonsf quoique non sans une grande charge pour l^ Eglise, noire cher fils et neveu. Hercule S fondratOf duc de MontemarcianOf avec de la cavalerie et de Vinfanterie^ dans le but d'employer les armes pour votre défense. Mais dans le cas où ces secours seraient insuffisants^ nous vous en ferons passer de plus grands.

Toute la politique de Grégoire XIV est dans cette lettre. Elle eut un grand résullat. Cette déclaration elle-même, le renouvellement do Texcommunication de Henri IV qui accompagnait ce manifeste, et ensuite la sommation faite sous des peines sévères è tous les membres du clergé, à ta noblesse, «uxfonctionuaires de la justice et au tiers -état, de se séparer de Henri de Bourbon, sommation apportée en France par Landr>ano, produisit une profonde impression.

Il 7 avait du côté de Henri IV un grand nombre de Catholiques austères qui furent très-embarrassés par cette démarche décisive du chef de l'Eglise.

Lm autres mesures annoncées par le Pape 4ians sa lettre, et qu'il ne tarda pas à mettre À exécution, Grent espérer encore de plus grands succès. Il appuya les Parisiens par un secours mensuel de 1S,000 scudii et envoya le colonel Lusi en Suisse, pour y enrôler des troupes ; après avoir solennelle-

ment remis , dans l'éslise Sainte Marie* Majeure, l'éteifdard de l*£glise h son neveu Hercule, général de ses troupes , il le fit partir pour Milan où son armée devait so rassembler. Mais le pontificat de ce Pape fut très-court, et ne dura pas une année entière, Grégoire était depuis longtemps alla- Îué de la fièvre et tourmenté de. la gravelle. . la fin, il succomba à ses infirmités, et mourut à l'flge de 57 ans, n*ayant tenu le Sié^e que dix mois et dix jours. Ce Pape était d'une piété éminente, d'une chasteté angélique et d'une sobriété qui ne lui permit l'usage d'un peu de vin que dans la langueur de la vieillesse. Ce fut lui qui accorda le chapeau rouge aux cardinaux.

GRÉGOIRE XV. — Après la mort de Paul V, les cardinaux, au nombre de cinquante-deux, étant entrés dans le conclave, furent divisés en plusieurs foctions. Celle de Borghèse parut d abord si puissante, qu'on nedoutait point de l'élection de Campora. Mais celle des Ursins prit de si bonnes mesures pour l'exclusion de ce cardinal, qu'il se forma une sorte de ligue contre lui. A la fin, ils se réunirent le 9 février 162i« pour élire Ludovisio. Aussitôt il fut portée Saint- Pierre pour y recevoir l'adoration publique. Il (>rit le nom de Grégoire XV ; ce rape était de la maison de Ludovisio, l'une des plus illustres de Bolome : il se nommait Alexandre, et était né ran ioSk. Il fot instruit dans les belles-lettres chez les Jésuites, au collège allemand : il étudia les lois à Bologne, sa patrie. Etant retourné à Rome» le Pape Grégoire 'XIV, son compatriote, le créa collatéral du sénateur. Clément VIII le fit référendaire et juge des causes du vicaire, et dans tous €^s emplois, il montra une grande droiture* Il fut fait archevêque de Bologne, par Paul V, et nonce en Espagne ; ensuite, prêtre cardinal, et* enfin Pape, à l'Age de 67 ans. On loue sa politesse, sa candeur, sa piété et son inclination à faire du bien. Il n'occupa le Saint-Siège que deux ans et quelques mois, et néanmoins il fit plusieurs entreprises considérables. Il prescrivit une nouvelle forme d*élection pour les conclaves futurs, permettant que chaque cardinal pût donner secrètement son suffrage par voie de scrutin, et ainsi suivre les lumières et les mouvements de sa cons* cience ; au lieu qu'ils le donnaient auparavant publi(}uement; ce qui faisait qge les chefs des fanions en entraînaient plusieurs contre leur gré. 11 ordonna un Jubilé universel, pour implorer le secours de Dieu sur son gouvernement. Il canonisa sainte Thérèse, saint Ignace de Loyola, saint Fran-

Îois Xavier, saint Philippe de Néri, saint stdore agriculteur, et béatifia Albert le Grand. Il contribua avec beaucoup de zèle à la guerre que l'empereur et le roi de Pologne soutenaient ; le premier contre les hérétiques en Allemagne, et l'autre contre les Turcs. Ce fut lui aussi qui érigea Tévë* ché de Paris en métropole, et qui fonda !.< congrégation de la Propagande pour la foi. Le grand â^e de ce Pape Tobligea i se

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DES PAPES

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décharger en partie des affaires sur son oeveo Ladovico Ludorico quMI décora de la pourpre. Ludovico ne perdait jamais de vue les grands intérêts de 1 Eglise ; ses ennemis même s'accordent à lui reconnaître un vé« ritable talent, un esprit juste et droit, un courage tranquille et une grande habileté. Le gouvernement papal prit des mesures pour faire suivre de conversions les victoires remportées par les catholiques, pour justifier et consolider par le rétablissement de la reli^ gion, les conquêles qu'elle avait faites. Nous detom appliquer iouiei no$ pensées^ dit une des premièresinstructions de Grégoire XV, à iirer autant ^avantages que possible de cet heureux changement et de la situation victo^ rieuse de nos affaires. Résolution oui obtint le plasbrillant succès. Grégoire XV écrivit dans ce sens à l'empereur. Pendant ce temps la propagande réalisait les plus magnifiques résultats, et l'on sait quels services elle a rendus depuis, non-seulement au catholicisme mais à la science et à la civilisation.

En 16^, la maison palatine ayant succombé sous les armes impériales et bavaroises, le Pape aida l'empereur, dans le dessein qu'il avait d'abaisser cette puissante famille. En reconnaissance, Hazimilien, duc de fiavière, donna ê Grégoire XV la plus

grande partie de la riche bibliothèque des lecteurs palatins. Le savant Allalius fut envoyé de Rome pour y apporter ce précieux butin, et enrichir la bibliothèque du Vatican.

L'année suivante 1623, la cour de France forma une ligue contre la maison d'Autri- :be, pour obtenir la restitution de ce que es Espagnols, et l'archiduc Léopold avaient isurpô dans la Valteline. Les puissances liguées étaient le roi de France, les Vénitiens !l le duc de Savoie. Philippe III, roi d'Es- »Agne, pressa le Pape Grégoire XV de terminer le différend. On convint que la Val- 9line serait mise entre les mains du Pape, i5qu*à ce que l'affaire fût accommodée à la stisfaction des prétendants, et l'année suiaoie les Français s*en rendirent maîtres, à I sollicitation d'Urbain VIII.

Grégoire XV mourut le 8 juillet de la léme année 16S3. Il avait entretenu, autant a*îl lui avait été possible, l'abondance dans orne, en faisant venir du blé du dehors. Il imait à secourir les pauvres, et leur donail libéralement la nourriture et les habits >nt ils avaient besoin. Il avait un soin iriiculier des malades, et t&cbait de leur *ocQrer toute sorte de soulagements : il ait savant et composa divers ouvrages lire autres, les décisions de la Rote.

GRÉGOIRE XVL — Haur Capellari, né k L>llune, entre Cadore et Trévise, dans l'anen Etat vénitien, le 18 septembre 1765, >j>arleoail à une famille honorable et dont usieurs membres étaient exercé les fonc- >iis de la magistrature.

Entré de bonne heure dans la congréga- >n des Bénédictins Caroaldules, il s'y fit mamuer, non-seulement par une conduite emplaire, mais encore par de rapides

progrès dans l'étude des diverses branches de la science ecclésiastique. II s'adonna spécialement aux langues orientales, qu'il cultiva avec succès, et k la théologie qu'il fut bient6tappelékprofesserdans son monastère.

Ses supérieurs ne voulurent point que son talent demeurât enfoui. Sous ce titre: Le triomphe du Saint-Siège et de l'Eglise^ contre les attaques des novateurs battus par leurs propres armes^ le P. Capellari publia, en 1799, un ouvrage remarquable et qui restera. Le rapprochement de ce tilre et de cette date témoigne de Tinvincible foi de l'auteur ; on sait sous quel poids de calamités gémissait à ce moment TKglise catholique et de quels malheurs le Saint-Siéee allait élre frnppé. Mais le moine bénédictin ne pouvait se laisser préoccuper des nuages qui passent dans le ciel, ni oublier que le soleil T demeure immobile; il parlait donc de triomphe^ sans prendre garde aux orages. Ce livre, dirigé f)articulièrement contre les écrits de Tamburin de Pavie, le coryphée des jansénistes italiens, réfute du même coup la foule des écrivains français, qui, dans le dernier siècle et dans celui-ci, ont travaillé à propager et à ressusciter les doctrines des jansénistes parlementaires et du gallicanisme politique.

L auteur traite de la nature des gouvernements, établit l'immutabilité du gouvernement de l'Eglise, démontre que Jésus- Christ en a fait une monarchie, et donné, dans cette monarchie le souverain pouvoir au Pontife romain. Il fait voir que dans l'Eglise le pouvoir ne vient pas d'en bas, mais d*en haut, que le Pape le tient immédiatement de Dieu, au lieu de le recevoir de la multitude des fidèles, et que toute participation k ce pouvoir, que toute juridiction vient du Pape. S'élevant ensuite contre ' tous ceux qui, ne le sachant pas, trompeurs ou trompés, travaillent k déchirer la robe sans couture du Sauveur, k détruire l'unité de la foi, en plaçant le centre de cette unité dans les conciles pour l'ôter du Saint-Siéga où Jésus-Christ l'a mise, le P. Capellari montre la vanité de leur doctrine et prouve contre tous leurs sophismes l'infaillibilité du Souverain-Pontife.

Si le Souverain Pontife n'est pas infaillible, personne ne l'est dans l'Eglise, et le dépôt de la révélation demeure livré aux disputes des hommes. Avec le Souverain Pontife infaillible, on comprend l'infaillibilité des conciles qu'il convoque , qu'il préside par lui*méme ou par ses légats dont il approuve et confirme les décisions ; le concile et le Pape ne font alors qu'une seule et même personne morale, et les membres

Earticipent aux privilèges divins du chet lais avec un chef infirme et faillible, que peuvent être les membres, sinon infirmes et faillibles comme lui? Dailleurs les conciles ne sont point des assemblées permanentes, et leurs décisions ont besoin d'une autorité toujours et partout présente nui les interprète et qui les applique. L'Eglise a besoin pour l'interprétation et Tapplication

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de rÉcrilare :saiute, tiatretnëotabandotinèe à toutes les folies de lu raiàen Individuelle 9 d*ane autorité eitèrieare, vivatiteet yisible. Les décisions def( ôoti^sites àpproûrèès et ei conArmèespAf le Saint-Siège, sont comme l*Ëcritur^i inspiriès parle Saint-Esprit; mais comme l*EcritUf e , elles sont susceptibles d'interprétations et d*apptications di- Yerses : le droît de les interpréter, de les appliquer sera-t*i1 laissé à tous, et ne faudra* t*il pas une autorité pour elles comme pour TEcrilure? Cette autorité , où sera-l-elle , si le Souverain Pontife n*esi pas infaillible t

On ne peut voir dans la doctrine de rinfaillibilité du ^ape une simple et indifférente opinion : les théologiens de toutes les écoles (i*excepte, bien entendu^ rimperceotible minorïté que TEglise tolère, formée de ceui qui la combaftetit el qui sont incompé* lents pour la ^uatifler), les théologiens, disje, sVcordcnt à enseigner que celte doctrine tient à îaf^i; car c'est ainsi, ce tne semble, que Ton ^eut, eu bon ffan^is, rendre leur expression ^ Proxima fidei, D*où il suit que l'opinion contraire, quoique non hérétique, se rapproche de rhérësie, ii la grande joie de tous ceul au^attire ce voisinage. On ne peut donc s*elonner qu'e le sa- Tanl religieux qui devait un jour S'appeler Grégoire XVI ^ ait consacré ses premiers tfâvaot k la combattre.

L'ouvrage dont nou^ venons d'indiquer le s^jet ne fut pas te seul fruit de ses veilles. Membre de l Académie de la religion catholique « récemment fondée èRôine, le P. Gapellari y lisait, dès iBOl, le mémoire dont voici le titre : l.ei âivtrêes erreun qui ont aceompagné quelquefoig le consentement gé' nétnl sur l'existence de Dieu,, n'atténuent pas la forci de cet argument.

De semblables Mémoires furent présentés par ïui ie$ années suivantes : ii établissait, daas celui de i6Q^^que la loi naturelle près- «rt^ de rendre à Dieu un culte intérieur et ^extérieur que ton désigne sous le nom de religion; réfutant avec une invinoible puissance les sophiames de ces rationalistes, aeion leaqoefs les actes du culte extérieur ne sont pas des actes de religion.

£a 1807, le P. Gapellari âait un des oen- •eiirs en exercioe de rÀ«uidémie dont nous venons de |»arler; il devint» un (peu plus tard, professeur émérite en théologie, vice- ^rocoMur général des Camaldules M abbé du monastère de Saint-Ûrégoire , à Home. C'est dam l'église de ce monastère que «e iroiive la chapelle de Saint-André, où le oiartyre de ce saint apôtre est si admirablement peint daaa les fresques du Dominiquio at du Guide. Lorsque Pie VU fut enlevé de liome, les ordres religieux étant dispersés jpar la force » le P. abbé de Saint-Grégoire se ^fugîa avec quelques-uns de sas frères , k aon ancien monastère de Saint-Mi^el de Murano, près de la ville de ee dernier nom , dam rstat de Venise. L*abbé Traversi leur procura titi peu de sécurittii, en Tondant avec ^ui dans Je manastère , nn oollége dont il lui proviseur, dont le P. Zurla , depuis car-

dinal, était reuteur, et où hel^. Capellari enseigna. Au commencement dé lèii, te collège fui transporte k Padoue où \b professeur dut se rendre : c'est ïh qu'il apprit le retoor de Pie Vil à Rome, où il fut bienlûl appelé, ayant reçu la charge de procur^Qt génfinl des Camaldules.

Pie VII le nomma successivement timstAteur dans les sacrées congrégations de II11qnisitfon, de la Propagande, des Affaire ettraordinaires ecclésiastiques pour Texamen des évèques, pour la correction des livres de l'Eglise orientale. Il fut choisi pour vicaire

Eénéra) du P. Zurla dans la congrégation des amaldules , lorsque ce savant religieux tût créé cardinal.

Léon Xli, après Tatoir réservé tn petto , le 21 mars 1825, le proclama cftrdinal le 13 mhn 1S26, et loi donna le titre presbytérhl de Si^int-Calitte ; puis il le nomma préfet de la Propagande, poste difficile et dans leqaèl le cardinal Gapellari apprit à eonnattre lètàt des missions ciitholiqûes auxquelles Gr6-

f^oire XVI devait donner un si grand déveonpeâicnt dans tout Tunivers. Chargé de négocie^, en qualité de plénipotentiaire, ua concordat avec Tambassadeur des Pajs-Bas, M sut obtenir un traité qxii garantissait les droits de rCglise. Ce fut avec le mSme succès qu'il lr:tiita avec les attents des Etats-Unis, après les avoir amenés a mettre de côté des prétentions inacceptables.

Sous Pie VIII , le cardinal Gapellari est une grande part, comme préfet de la Propa-

fande , aux négociations dont le résultat fut émancipation des Arméniens catholiques de Constantinople.

Pie VU! mourut le 30 novembre 1830; le conclave s'ouvrit le U décembre , et le 8 fé« vrier 1831, après cinquante jours de conclave et soixante-quatre jours de vabance, après une exclusion donnée par l'Espagne an cardinal Giustiniaiii, le cardinal Capellari fut élu. Il prit le nom de Gré)^oire KM , eti mi* moire de Grégoire XV, fondateur de la Propagande.

Nous n'essayerons pas nafème de retracer les principaux événements de ce long el ta* borieux pontilicat ; ce serait, liiâme en abré-

feant beaucoup, un volume à écrire. Il suft de dire que^ comme souverain temporel, il introduisit dans ràdmiaistration de ses Etats de salutaires et réelles aniiélioratioQs; qu^il fonda ou encouragea la création d'un ^rand nombre d'établissements industriels et d'utilité publique ; q4ie les travaux magnifiques exécutés par ses ordres à Tivoli préservèrent les contrées voisines des ravages que l'Anio leur causait d^ui^ la ririne des vieilles cascades s -qu'il embellit komè at las

Erificipales villas de l'Etat èci4S&iasiiqtte ; que t capitale des beaux-arts Jui doit de nouveaux et magnifiques musées ^ entre autres le musée étrusque.

Gomme évoque deltome^ il acbeû la re- •constru<;tion de la basilique de 6aint«¥attl hors les murs, si malheureusement dévorée ^r Tincandie • la décora avec ipleûdeur çt en cbnsacra ràutel.

DES PA1>E

GIl£

tfôO

Cumoie Souverain PonUfe, il eut le bonheur de décréler la canonisation de plusieurs saints, d*ériger dans les cinq parliea du monde, fuaran^a nouvelles églises, arcbe- Tôchés et évéchés , de préparer Térection de plusieurs autres, de donner à TAngleterre quatre nouveaux vicaires apostoliques, d'imprimer à la Propac;ation de la foi une impulsion nouvelle et de voir, sous cette impulsion, la prédication évangélique prendre, 5ur tous les points du globe» d'immenses développements. iPcréa soixante- quinze car" dinaux de la sainte Eglise romaine , et plus de cinqceniM évéques^ ont été institués par lui.

Le temps n*est pas venu d*apprécier les actes de Grégoire XVI, dans ses rapports avec les puissances temporelles ; le monde n*en connaît encore ni les causes premières, ni les derniers résultats; on ne sait point Ses raisons qui déterminèrent le Pontife en ces cinH)nstances ; on ne connaît point les obstacles qu*ii avait è vaincre, les ressources qui lui manquaient, et nous admirons la témérité de ceux qui, placés comme nous dans la foule, se permettent de juger ct.de condamner ce que, dans la position où la Providence les à placés, il leur est impossible de comprendre. Néanmoins, nous pouvons bien constater les résultats obtenus, les rapports rétablis entre le Saint-Siège et le Portugal, la fin de la lutte, si béroïquement soutenue par rarchevëquo de Cologne entre le cabinet de Berlin et r£glise,ct 1 audience mémorable demandée par Tempereur de Russie au Souverain Pontife.

Comme docteur suprême des Chrétiens, Grégoire XVi a frappé du claive de la parole apostolique et immole sur Tautel de la vérité de grandes et puissantes erreurs ; Tbar^ mésianisiiie en Allemagne, le lamennaisianisoaeen France; et ceux-là surtoiit doivent à sa mémoire une éternelle gratitude, qu'il a détournés des voies dangereuses où ils 5*aven(uraient. Sorti du cloître, Grégoire ^arda sur le trône pontifical la simplicité et Taustérité monastiques; il n'avait dans son palais, comme dans son monastère, qu'une paillasse pour couche ; après son élection, son maître d'hôtel demandant comment désormais serait servie sa table : Crois-tUf dit-il, que mon estomar ait changé?

Bon pour sa famille, il sut se préscrverde cet entraînement si nature], qui va trop souvent au delà des bornes de la convenance ou mèaie de le justice. Une de ses parentes, à Ja Teille de marier sa Qlle, aurait voulu que le Saint-Père célébrât le mariage : Eilea son ruréj répondit le Pontife, cela suffit. Unedéputation lui offrant pour son neveu, la place I le grand bailli de l'ordre de Malle, qui rend rinq mille écus romains, JT accepte avec plai' Ftr^ répliqua le Pape, mais pour le cardinal Odéscalcku

(4 1 ) Les fonctions de confesseur du Pape peuvent •cre remplies par lo it prélre técolier ou régiiliar ; •*ie Vil ft*est ionfltemps confessé à Tévéque & Por- »h jrr, sacriste. Le coii.fesseur entend debout la cou«

DlCTlONN. UES P4PBS.

Une humble xnorjta^u Vaijcan a couronné cette vie humble au sein des grandeurs : Je veux mourir en moine et non en souverainp disait Grégoire XVI, peu de jours avant d*expirer : Vo^lio morir da fraie, non da sovrano ; et il Ta fait comme il l'a dit. La mort ne Ta point surpris, car il était prêi, et la veille même, il avait reçu le pain des anges. Mais la mort a suu'pris %es serviteurs les plus dévoués, ils n'étaient point là quand elle est venue, et c*est, entouré de quelques simples prêtres, quil a reud^ son &me à Dieu.

Jusqu'au dimanche 31 mai, dit une lettre de Kome,-on n'avait pas d'inquiétudes se* rieuses au Vatican. Personne n'y songeait à prendre les mesures nécessaires pour administrer leç derniers sacrements à Sa Sainteté, tant on était loin de redouter une mort procliaine. Dans la nuit du samedi au dimanche 31, jour de la Pentecôte, le Saint-Père fit dire la Messe dans sa chambre, après minuit, afin de recevoir la sainte communion par dévotion, et non encore sous la forme du saint viatique. Le bruit se répandit,dans la journée, que le Pape était mieux; mais lo soir, l'oppression augmentait, et dans la nuit l'ordre fut envoyé aux plus célèbres médecins de Rome de se rendre au Vatican, le lendemain dans la matinée. La consultation eut lieu le lundi 1*' juin, à sept heures du matin. Mais le Saint-Père avait perdu connaissance dès cinq heures, et Ton avait à peine eu le temps de lui donner rexlrèmconction. Ni le sacriste, ni le cardinal grand pénitencier, ni le confesseur de Sa Sainteté, ni le cardinal Lambruschini, secrétaire d*£lat, premier cardinal de la création de Grégoire XVI, n'étaient présents.C'est lesous-sacriste, curé du Vatican, ç[ui lui donna i'extrêmeonction. Vers huit heures. Tordre fut envoyé par Son Eminence le cardinal-vicaire à tous les curés et supérieurs de communautés religieuses de faire dire la collecte pro Pontifice infirmo. Cet ordre fut porté, comme partout, à Téglise Saint-Grégoire où résidait le cardinal Bianchi, de l'ordre des Camaldules et confesseur de Grégoire XVI. (Vl). En ce moment, Son Eminence était & l'autel. Averti de réciter cette collecte qui ne se dit que lorsque le Pape est m extremis^ il fut saisi de surprise et de douleur. Après avoir achevé le saint sacritice dans la plus vive émotion, il se rendit au Vatican, où déjà il ne trouva plus que les restes inanimés du Père commun des fidèles, de son fils spirituel et de son frère dans la congrégation à laquelle il appartenait. Tous les généraux d ordre

3ui ont le privilège d'accorder certaines inulgences, arrivèrent également trop tard pour les conférer au Très-Saint Père.

Grégoire XVI mourut le 1" juin 1846, à neuf heures un quart du malin, aprèsquatrevin^ts ans, huit mois et quatorze jours de

léssion du Pontife, qni se tient i genoux; il omei, liaus ta f ;nnule éi lilMolution, les paroles qui au* noncent la rémission de toute peine caiiooique.

GRE

BICTIONNAIRB.

GRE

est

vie, après quinze ans* deux mois et TÎngtneuf jours de règne. (Voj. Election et couronnement du Souverain Pontife.)

Nous compléterons ce rapide abrégé de la vie de Grégoire XVI par une énumération des principales bulles et allocutions de son règne. Le 5 août 1831, il publia la constitulion SoUicitudo Eccletiarum^ où il déclare ne vouloir favoriser en rien les prétentions d*un prince quelconque en. traitant avec lui, proclamant ainsi le grand principe de Tindépendance de J*Eglise. Le 15 août 1832, dans l'encyclique Mirari vos^ les opinions émises par VAvenir et par Técole de Tabhé de Lamennais, sont signalées et flétries. Le 2 décembre de la même année, les lettres apostoliques Plura post susceptam annoncent une indulgence à l'instar du Jubilé général. Le 5 octobre 1833, est envoyé, à l'évoque de Renne; le bref Litteras accepimus^ au sujet de l'abbé de Lamennais. Ce bref est suivi de trois autres du 28 décembre de la même année, sur le même sujet. Le 18 février 1834, Sa Sainteté approuve et confirme {)ar un bref spécial la sociétédes prêtres de a Miséricorde. Le 25 juin de la mêipe année l'encyclique Singulari nos frappe le livre des Paroles aun croyant, et le 20 décembre suivant, un bref à Tévêque de Strasbourg, signare le danger des opinions alors soutenues par M. l'abbé Hautain. Le 26 septembre 1835 et le 7 janvier 1836, les ouvrages de Georges Her.nès sont condamnés et prohibés. Le 20 octobre 1837, un bref est envoyé aux Bénédictins de Solesme érigés en congrégation^'par Lettres apostoliques du 1" septembre précédent. Le 10 décembre de la même année et le 8 juillet 1839, Sa Sainteté prononce en consistoire secret une allocution sur les violences exercées contre les archevêques de Cologne et de Pausen ; le 22 juillet 18^2, l'allocution sur les affaires religieuses de Russie; et en 18U, il publie la lettre encyclique sur les sociétés bibliques. Mais le document, sans contredit, le plus remarquable de Grégoire XVI, au point de vue de la civilisation et de l'unité du genre humain, monument impérissable de la sollicitude du Souverain Pontife pour la partie la plus délaissée de l'humanité, sont ses Lettres apostoliques In supremo, en date du 3 décembre 1839, et qui prohibent la traite des nègres. Nous en donnerons ict le texte à cause de son importance. Grégoire XVI s'exprime ainsi :

Cest avec une profonde douleur ^ que nous le disonSf on a vu ^ même parmi des Chrétiens, des hommes quif honteusement aveuglés par le désir d'un gain sordide^ n'ont point hésité à réduire en servitude, sur des terres éloignées, les Indiens, les noirs et d'autres malheureuses races ; ou bien à aider à cet indigne forfait, en instituant et organi^ sant le trafic de ces infortunés qiu d'autres avaient chargés de chaînes. Un grand nombre de Pontifes romains, nos prédécesseurs de glorieuse mémoire, n'oublièrent point de ré* primander, selon toute retendue de leur charge, la conduite de ces hommes comme

opposée à leur salut et flétrissante pour h nom de Chrétien: car ils voyaient oienqus c'était là une des causes qui retenaient h plus fortement les nations infidèles dans leur mine contre la vraie religion.

C'est à cette fin que tendent les Lettres apoitoliques de Paul III, du 29 mat 1537, adressées au cardinal-archevêque de Tolède, som Fanneau du Pécheur, et d'autres lettres beaucoup plus amples d'Urbain TIII, du 22 orril 1639, adressées au collecteur des droits de la Chambre apostolique dans le Portugal, lettre où les plus graves reproches sont dirigés contre ceux aux osent réduire en esclavage les ha* bitants de l Inde occidentale ou méridionaie^ les vendre, les acheter, les échanger^ les donner, lés séparer de leurs femmes et de liurs enfants, les dépouiller de leurs biens, les emmener ou les envoyer en des lieux étrangers, ou les priver, de quelque manière que ce soit, du leur liberté, les retenir en servitude ou bien prêter aide, conseil, secours et faveur à ceux qui font ces choses, sous quelque couleur ou prétexte que ce soit ; ou encore prêcher, enseigner que cela est licite, et enfin y coopérer en quelque façon que ce puisse être ; Benoit XI V confirma depuis et renouvela ces prescriptions pontificales, déjà mentionnées, par de nouvelles Lettres apostoliques aux évéques du Brésil et de quelques autres régions , en date du 20 décembre 174*1, au moyen desquelles il excite, dans le même but^ la sollicitude de ces évéques.

Longtemps auparavant , un autre de noi prédécesseurs plus ancien. Pie If, dont le pontificat vit l empire des Portugais s'étendre en Guinée et dans le pays des nègres, adresee des lettres, en date du 7 octobre ik6% à rêvé' que Ruro, prêt à partir pour ces contrées; dans ces lettres, il ne se bornait pas à donner au prélat les pouvoirs convenables pour exercer dans ces contrées le saint ministère avec le plus grand fruit, mais il y prenait occasion de blâmer tres-sévèrement les Chrétiens qui réduisaient les néophytes en esclavage l Enfin de nos jours. Pie VII, animé du même esprit de charité et de religion que ses prédécesseurs, interposa avec zèle ses bons offices auprès des hommes puissants pour faire cesser entièrement la traite des noirs parmi les Chrétiens. * Ces prescriptions et cette sollicitude de nos prédécesseurs n'ont pas peu servi, avec Faide de Dieu, à défendre les Indiens et les autres peuples que nous venons de citer, con» tre la barbarie des conquêtes et contre la cupidité des marchands chrétiens ; mais il s'en faut bien encore que le Saint-Siège puisse se réjouir du plein succès de ses efforts et de son zèle, puisque, si la traite des noirs a été en partie abolie, elle est encore exercée par un grand nombre de Chrétiens. Cest pourquoit désirant écarter un tel opprobre de toutes les contrées chrétiennes, après en avoir mûrement traité avec plusieurs de nos vénérables frères, les cardinaux de la sainte Eglise romaine, réunis en conseil^ suivant la traces de nos prédécesseurs, en vertu de l'a}$* torité apostolique, nous avertissons et admonestons avec forcCf dans le Seigneur ^ tous les

DES PAPES

Chrétiens, de quelque condition qu'Ut puissent être, et Irur enjoignons que nul n'ose à /avenir vexer injustement les Indiens^ les nègres ou autres hommes^ quels qu'ils soient f les dépouiller de leur bien ou les réduire en servitude^ ou prêter aide et faveur à ceux qui se l.vrent à de tels excès ^ ou exercer ce trafic inhumain par lequel les noirs^ comme s^ils n étaient pas des hommes^ mais de véritables et impurs animaux, réduits comme eux en ser^ vitude, sans aucune distinction contre les droits de la justice et de Vhumanilé, sont achetés, vendus et dévoués à souffrir les plus durs travaux, et à Voccasion duquel les dissentiments sont excités, des guerres presque incessantes fomentées chez les peuples par i'appdt du gain proposé aux premiers ravisseurs des nègres^

C'est pourquoi, en vertu de Cautorité apos^ tolique, nous réprouvons toutes les choses susdites, comme absolument indignes du nom chrétien; et par la même, autorité, nous prohibons absolument, et nous interdisons à tout ecclé" élastique ou laïque, d'oser soutenir comme permis ce commerce des noirs, sous quelque prétexte ou couleur que ce soit, ou de prêcher^ ou enseigner en public ou en particulier, de manière ou d'autre, quelque chose de contraire à ces Lettres apostoliques..,.

Donné à Rome, à Sainte- Marie-Majeure, sous le sceau du Pêcheur, le 3 novembre 1839, neuvième année de notre pontificat.

Signé : Louis» cardinal Lambruschinj.

GUIBERT dit CLEMENT III antipape [I081].^roy. Grégoire VII

HILAIRE ou HILARIUS (Saint), quaranlesiiième Pontife. — Fils de Crispin» et originaire de l*liede Sardaisne, saint Hilaire» étant venu à Romey y lut fait diacre. Il donna de si grandes preuves de sa «capacité, de sa vertu et de son zèle au Pape saint Léon, qui le choisit pour l'un des légats qu'il envoya en Orient, afin d'assister en son nom et en celui de tous les évoques de rOccident, au concile d'Ephèse, à l'occasion de l'hérésie d'Eutychès. Uilaire présenta au concile la lettre de saint Léon, dans la-

3ueile ce Pape expliquait, avec netteté, la octrine de l'incarnalion; mais Dioscore, évêgue d'A4exandrie, fauteur de la nouvelle hérésie, empêcha qu'elle ne fût lue; et soutenu des ministres de l'empereur Théodose, il changea cette assemblée en une sorte de brigandage, où Eutychès triompha. Hilaire s'opposa au nom du Pape à la sentence de Dioscore, mais la violence prévalut. On déposa les évéques catholiques qui marquèrent de la fermeté. Dioscore Gt arrêter saint Fla- Tien, évéque de Constantinople, ainsi que les légats. Le diacre Hilaire trouva le moyen de se sauver ; et après avoir couru risque de la vie, il arriva à Rome, où il informa saint Léon de tout ce qui s*était passé. Ce Pape étant ensuite décédé, personne ne fut jugé plus digne de remplir sa place que le diacre Hilairis. Il fut élu le 12 novembre 461, aux acclamations de tout le peuple romain, et se montra le successeur du zèle et de la vi&^ilance de son illustre prédécesseur saint I.^D. Il écrivit d'abord une lettre circulaire tM»ur condamner de nouveau Nestorius et Eatycbès, et il fit des règlements utiles pour la discipline de l'Eglise. Il ordonna que les clerr^ ne sortiraient point de leur province sans la permission de l'évèque diocésain , et que le concile provincial s'assemblerait tous les trois ans.

Dq nommé Hermès ayant été ordonné évét|ue de Bézières, les habitants ne voulurent pas le recevoir, parce qu*en effet sa vie passée le rendait indigne de l'épiscopat.

Irrité ae ce refus, i\ Gt en sorte de s'emparer de l'église de Narbonne ; ensuite lui et l'évèque de Bézières, portèrent leurs plaintes à Rome, au Pape Uilarius qui, en étant encore instruit par un diacre nommé Jean, écrivit

fremièrement à Léonce d'Arles, l'exhortant lui envoyer une relation du fait, souscrite de lui et des autres évêques, sur laquelle il pût interposer son Jugement. Cette lettre est du 3 novembre 462. On envoya des députés de part et d'autre, et deux évêques de Gaule, Fausteet Auxanius étant venus à Rome, assistèrent au concile que le Papo tint dans le mois de novembre, avec les évêques qui s'é* talent assemblés en grand nombre, et de diverses provinces, pour l'anniversaire de son ordination. L'affaire d'Hermès y fut ju^ée, et le Pape écrivit la décision du concile aux évêques des provinces do Vienne, de Lyon, de Narbonne et des Alpes Pennines. La lettre est du 3 décembre 462.

Elle porte que, pour le bien de la paix, Hermès demeurera évêque de Narbonne, mais à condition qu'il n'aura point le pouvoir d'ordonner les évêques , qui est transféré à Constanlius , évêque d'Uzès , comme le plus ancien de la pn^vince; mais, après la mort d'Hermès, le droit des ordinations reviendra à révèc|ue de Narbonne. Pour éviter de pareils inconvénients, on recommande aux évêques de Gaule, de tenir tous les ans un concile des provinces, où on pourra l'assemhier; apparemment à cause des hostilités, qui ne permettaient pas de les tenir partout régulièrement. Léonce, évêque d'Arles, doit marquer le lieu et le temps du concile par ses lettres aux métropolitains ; mais on doit consulter le Saint-Siège dans les affaires plus importantes, qui ne pourront être terminées au concile de la province. Les évêques ne doivent point sortir de leurs provinces, sans avoir des lettres de leur métropolitain ; et on cas de refus , ils s'adresseront à l'évèque d'Arles. Ils ne peuvent aliéner les terres de l'E.^lise que par l'autorilé du concile. Léonce s*ét'iitadresse au Pape,i.'Our redemander qoek

css

ques paroisses deTEglUe d*A ries, aliénées par saint Hilaire son prédéeesseur; mais le Pape en renvoie la connaissance auxévèques des Gaules.

On rapporta au Pape Hilarius que Mamert, évèc(ue de Vienne» avait ordonne un évëque à Die» malgré le peuple et par violence ; et il trouva, dans les archives de TEglise romaine, que cette Ëglise n*élait pas du nombre de celles qui dépendaient de Vienne. Car, suivant les règlements de saint Léon , elle n'en avait que quatre sous sa juridiction ; Valence, Tarantaise, Genève et Grenoble. Lo Pape Hilarius se plaignit à Léonce d*Arles de ne pas l'avoir averti de cette entreprise : Examinez, dit-il, cette affaire dans le concile quif selon nos ordres, doit s'assembler tous les ans, et où vous devez présider, faites y rendre compte à Mamert de sa conduite, et nous en instruirez par une lettre commune. Cette lettre est du 2 octobre 1^63, sous le consulat do Basile. Le Pape écrivit aussi aux évéques des provinces de Vienne, de Lyon, de Narbonne et des Alpes, par un évoque nommé Anloine : les exhortant h réprimer cette entreprise et les autres du même genre , et h tenir ^exactement les oonciles.

Antoine rapporta les réponses du concile de Gaule, composé de vingt évéques, comme il résulte de la lettre que le Pape leur écrivit le 2k février de l'année k&k. II dit que révéque de Vienne devait être déposé, avec celui de Die, qu'il avait ordonne contre les règles; toutefois, il en use plus modérément pour conserver la paix de l'Eglise, et charge l'évèque Véron, l'un d'entre eux, comme délégué du Saint-Siège, d'aller trouver Mamert de Vienne, pour radmonester de ne plus faire de telle entreprise, sous peine d'être privé de sa juridiction sur les quatre Eglises de sa province, qui sont attribuées à i'évéque d'Arles, il ordonne aussi que l'ordination de l'évèque de Die soit conlirmée par Léonce, évèque d'Arles, s'il le juge à propos.

Ascahc, é^vèque deTarragone, avec tous ses suffragants, écrivirent au Pape Hilarius,

Eour se plaindi^e de Silvain, évoque de Calaorre, à l'extrémité de la même province, qu'il avait ordonné un évêque que le peuple ne demandait point, et avait pris un prêtre d'un autre évêque, pour le faire évêque malgré lui. L'évêqtie de Saragosse s*en était plaint, et avait averti tous les évéques voisins de se séparer de ce schismalique : les évéques de la province de Tarragonepriaientdonc le Pape de leur prescrire ce qu*i 1$ en devaien t ordonner dans leur concile. Ils lui écrivirent ensuite sur une autre affaire: Nundinaire, évêque de Barcelone, avait déclaré, en mourant, qu'il désirait pour successeur Irénée , déjà évèque d'une autre ville, dépendant originairement de la même Eglise , à qui il laissait le bien qu*il avait. Les évéques de la province ayant égard à la volonté du défunt, avec le consentement du cler^^é et du peuple de Barcelone, et des plus considérables de la province, consentirent à la translation

d'irénée. Ils en demandèrent au Pape la confirmation.

Ces affaires furent examinées dans un concile tenu è Rome, le 17 novembre 465, dans la basilique de Sainte-Marie, à l'occasion del'anniversaire de Tordinationdu Pape. Il s'y trouva quarante-huit évoques , en comptant le Pape et deux Africains. Après le Pape, saint Maxime, de Turin, est nommé le premier, aussi était-il en réputation dès le temps de l'empereur Honorius. Il nous reste de lui plusieurs sermons. L'évèque de Porto n'est nommé que le cinquième ; il paraît que l'on suivit; Tordre de l'ordination. On fit, dans ce concile, cinq canons que le Pape publia, et que les autres évéques ap-

f>rouvèrent par leurs acclamations, sans dire eurs avis en particulier. Le quatrième canon porie qu'un évêque doit condamner luimême ce que lui ou ses prédécesseurs ont fait contre les rè^^les; mais que, s'il ne le fait pas, il sera cliAtié. Le cinquième a pour objet les évéques qui désignent en mourant leurs successeurs, prévenant ainsi et empêchant les élections légitimes.

Comme le Pape proposait ce règlemeùt à l'occasion de ce qui était arrivé à Barcelone, il fit lir^la lettre des évéques d'Espagne sur ce sujet ; et la lecture fut deux fois interrompue par les êvêques, qui so récrièrent contre cet abus de donner les évêchés comme par testament. On lut aussi l'autre lettre touchant les entreprises de Silvain. Après quelques acclamations, le Pape demanda les ^vis. Saint Maxime, de Turin, protesta qu il ne ferait jamais rien de ce qui était défendu par les canons ; et que quiconque le ferait devait en rendre compte au Saint-Siège, lugenuus d'Embrun fit la même protestation, et les autres l'imitèrent. Le Pape ordonna que les Actes du concile seraient publiés par les notaires, et en écrivit le résultât dans une Lettre décrétale , adressée à Ascagne et à tous les évéques de la pro* vince de Tarragone, et datée du 30 décembre de la même année 465. Le Pape y marque d'abord qu'il avait reçu des lettres des magistrats et des principaux citoyens de plusieurs villes d'Espagne, pour excuser la conduitede Silvain : ce qui fait que, vu la nécessité des temps, il pardonne le passé, pourvu qu'à l'avenir on observe les canons. Il ordonne donc, d'abord, que l'on ne consacrera aucun évêque sans le consentement du métrojiolitaîn. li défend les translations , veut que Irénée retourne à son Eglise, sous peine d'excommunication , et qu*Ascagne fasse élire parmi le clergé de Barcelone un évêque digne d*en remplir le siège, et le consacre, sans qu'à l'avenir on puisse regarder comme héréditaire l'épiscopat , qui n*esl conféré que par la grâce de Jésus-Christ. Il n'y aura jamais deux évéques dans une Eglise; on n'ordonnera ni bigames, ni pénitents, ni mutilés, ni gens sans lettres, quoique le peuple le demande. Le Pape penuel toutefois quu les évéques ordonnés à Tins^u d*Ascegne de* meurent évéques, s'ils n'ont aucun de ces . défauts. La nécessité des temps, qui sert de

BON

DES PAPES

HON

motifs pour user dindulgence i semble indiquer ToppressioD des Barbares» dont l'Espagne était remplie.

Ingenuus « évAque d'Embrun • métropole dos Alpes maritimes^ se plaignit au Pape Hilariusdeceque^dansleconciledeRometenuen 463, révéoue Auxonius avait obtenu, par surprise^quelapeavantageau préjudicede sa métropole. Le Pape écrivit aux évoques Léonce, Verran etVicturus;de prendre connaissance de ce différend , déclarant qu'il ne veut rien faire contre les canons ou contre les privi« léges des Eglises, ni favoriser Tambitioa des évoques, dont le ministère doit fructifier, non par l'étendue du pays, mais par Kacquisition des Ames. Il confirme ce que saint Léon avait ordonné touchant les deux villes de Cemele et de Nice, qui ne doivent avoir qu'un ^véque. Il résiliait alors à Cemele; ayant été ruinée, on Ta transféré à Nice.

Authemius avait auprès de lui un nommé Philotbé, hérétique Macédonien, qui, ap-

Suyé de sa faveur, voulait introduire à ome de nouvelles assemblées de diverses sectes. Le Pape Hilarius s'y opposa, pria l'empereur Antbemius , lui en parla pu- ^ hliquement à haute voix dans l.église de * Saint-Pierre, et l'obligea de promettre avec serment qu'il n'en serait rien. «^

Le Pape Hilarius mourut la môme année (67, le 17 septembre, après avoir. tenu leSaint- Sié^e cinq ans dix mois. Il bAtit plusieurs églises et leur fit des dons considérables. Il fonda trois oratoires dans le baptistère de la basilique de Constantin : un de Saint-Jean- Baptiste, un de Saint-Jean TEvangéliste, et un de la Sainte-Croix, où il mit du bois de la vraie croix, avec une croix d*or ornée de pierreries. Il fit aussi un oratoire de Saint- Etienne dans le même baplistère de Latran, et mit dans ce lieu deux bibliothèques. Il fit bAlir plusieurs monastères et fut enterré à Saint-Laurent, dans une voûte , près de saint Sixte.

HONORIUS I", soixante et onzième Pontife, et successeur jde Boniface V. — Après la oaort de ce dernier, le Saint-Siège vaqua six mois, et on élut, le 14^ mai 626, Honorius de Canipanie, fils de Pétrone*, consul.

Sous son pontificat, l'hérésie du mono- (héiisme, qui ne reconnaît qu'une seule volonté en Jésus-Christ, fit de grands maux à TEglise. Sergius, palriache de Constaniinoplei en est regardé comme le principal auteur. Cet homme favorisait en secret Thérésie des eulychiens, et, quoiqu'il reconnût publiquement deux natures en Jésus-Christ, il prétendait qu'on ne devait lui attribuer qu une seule opération et une volonté, laquelle, selon lui, était l'action et la volonté diYÎDe. Or, on ne pouvait soutenir cette opinion sans nier que Jésus-Christ fût véritabJeiuent homme, ce qui anéantissait le mys-

(^2) Le Pape, trompé par la manière équivoque Hool sergitts loi avait pré^enlé les faits, croyait qaHt s'agissait de deux volontés humaines, c*est-4Hlire ' t la double Im qui afOige notre malbeureaie nature qui certes éuit parfaiteroeut étrangère au Saa-

tère de l'Incarnation. Il fit entrer cette nouvelle doctrine dans l'esprit de l'empereur Héraclius, qui, à l'exemple de ses prédéces* sours, aimait à se mêler des afiaires de TEglise; il lui insinua que le moyen de recevoir les scbismatiques qui refusaient d'admettre le concile de Chalcédoine, était de leur faire avouer qu'il n'y a en Jésus-Christ

3u'une seule volonté. Il avait aussi infecté e cette hérésie Cyrus, patriarche d'Alexandrie. Ainsi ces deux patriarches d'Orient étant du même sentiment, on dressa l'article de la réunion. Les scbismatiques rentrèrent en foule* dans l'Eglise, sachant bien que reconnaître l'unité de volonté, c'était avouer Tunité de nature et soutenir l'eutycbiani^^me.

Sergius ne se contenta pas de répandra cette QOctrinc en Orient ; il essaya de gagner le Pape Honorius. Il lui écrivit une lettre si artificieuse qu'il capta son approbation. Il lui apprit, comme une excellente nouvelle, la réunion des scbismatiques à l'Eglise ; et le prévint contre le saint moine Sophrone, depuis évèque de Jérusalem, qui avait Dait tous ses efiTorts pour s'opposer aux progrès de l'hérésie naissante. Il lui dit que Cyrus avait montré è ce moine plusieurs passages des Pères, qui ne parlent que d'une opération ;

Su'après tout, il n'y avait rien è craindre ans cette occasion ; que la question d'une Où de deux volontés était obscure, et que Ton pouvait soutenir les deux sentiments ; que 1 on n'en avait parlé que pour gagner à Pieu un grand nombre d'âmes. Il explique ensuite de la manière la plus captieuse, la doctrine des opérations de Jésus-Christ.

Le Pape Honorius, séduit par les artifices du patriarche Sergius, lui répondit ainsi : Notu avons appris^ par voire lettre, qu*il y a eu quelques disputes et quelques questions de mots, introduites par le moine Sophrone^ contre notre frire Cyrus^ évique dÀlexan^ drie^ qui enseigne aux hérétiques convertis

Îu'il n'y a quune opération en Jésus-Christ: ^ue Sophrone étant venu vers vous^ a renoncé à ses plaintes par vos instructions, et vous les a demandées par écrit. Considérant la copie de cette lettre à Sophrone^ nous voyofu que votAs lui avez écrit avec beaucoup depré^ voyance et de circonspection: et nous vous louons d'avoir été cette nouveauté de paroles^ qui pouvait scandaliser les simples. Nous confessons une seule volonté en Jésus^Christ^ parce que la Divinité a pris notre nature telle quelle était avant ^'étre corrompue par le péchéf et non pas une nature viciée avec des penchants ou aes désirs contraires à la loi de l'esprit (^â). Nous ne voyons point que VE^ criture ni les conciles nous autorisent à enseigner une ou deux opérations : ou si quel" qu un a parlé ainsi pour s'accommoder à la faiblesse des intelligences^ on ne doit pas en

ve«ir. Légitime, s'il ae rapporte à riiomanité du Sauveur, exemple par son aagu»te association de la double loi de la chair et àeVeêprit qui noua dégrade, le mot de monotliélisme ne devient hétérodoxe que aUl a'appliqne la personne tbéandi Ique. .

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faire un dogme; car^ que Jésus-Christ soit un seul qui opère par la divinité et Vhumanitéf c'est une chose manifeste par toute l'Ecriture : mais de savoir st, à cause de la divinité et de Vhumanitéf on doit dire ou entendre une seule ou deux opérations, cest ce qui ne doit point nous importer^ et nous laissons cette (mestion de mots aux grammairiens. Nous devons rejeter ces expressions nouvel^ les^ qui sont un germe de scandale^ de peur que lea simples^ choqués des termes des deux opérations^ ne nous croient nestoriens^ ou qu'au contraire^ on ne nous regarde comme eutychiens si nous n'en admettons qu'une seule.

Cependant saint Soplirone, ayant été élevé sur le siège de Jérusalem, assembla un concile, et écrivit une IcKre synodale aux évoques des grands sièges. Il eipliqua clairement les dogmes catholiques sur la Trinité et sur l'incarnation, s*appiiquant è prouver Tunilé de personne contre Nestorius, et la distinction des natures contre Euty- Ghès ; il établit ensuite la doctrine de !*£g'ise sur les deux opérations et les deux volontés. Comme en Jésus-Christ» dit-il , chaque nature conserve sa propriété, ainsi chacune opère ce qui lui est propre; car on ttfi connaît les natures que par les opérations. Pour rendre plus sensible la distinction des opérations, il les rapporte en détail. Premièrement, I les opérations humaines.

Jésus-Christ natt comme nous, il est nourri de laitt il croit, il passe par les différents âges; il souffre la faim, la soif, la fatigue; car il était véritablement homme, avec un corps borné et déterminé à une certaine figure. Quand il était las, il s'asseyait; il sentait Ta douleur quand on le frappait, oomme au temps de sa Passion; il donnait, quand il voulait, è la nature humaine Toccasion de faire ou de souffrir ce (jui lui est propre, de peur que son incarnation ne parût un vain spectacle. Mais aucune de ses actions n'était involontaire, quoiqu'elle fût humaine et naturelle.

C'était un Dieu qui voulait bien ainsi souf^ frir par sa chair pour nous sauver. II était revêtu d'un corps passible, sujet è nos passions naturelles et innocentes, et il lui permettait d'agir et de souffrir selon sa nature. Quant aux or)érations divines, c'est, l"" sa conception miraculeuse, sa naissance pendant laquelle et après laquelle sa sainte Mère est demeurée vierge comme avant; les bergers avertis par une voix céleste qu'il laur était né un Sauveur, les mages attirés par une étoile, l'eau changée en vin, la guérison des malades et tous ses autres miracles, qui, quoique bien exécutés par le corps, sont les preuves de sa nature divine.

Cette lettre n'empôcha pas que le Pape Honorius, trompé parles artifices et les mensonges de Sergius, ne crût utile au bien de la paii: d'écrire à Cyrus, qu'il fallait rejeter pes vaines disputes de mots d'une ou de deux opérations, et ne point obscurcir la doctrine ie l'Ëglise, par les nuages de ces discussions, mais bannir de l'explication de

la foi ces^'mots nouvellement introduits. Il écrivit aussi une seconde lettre à Sergius de Constantinople, oti il disait : Ceux quiparlent ainsi ne simaqinent pas que^ suivant que l'on attribue à Jésus-Christ une ou deux natures, on reconnaît aussi une ou deux opé^ rations ; ce qui est tris-impertinent à dire ou à penser. J ai cru vous le devoir déclarer,, pour vous montrer la conformité de ma foi avec la vôtre , afin que nous soyons animés d*un même esprit. Nous avons aussi écrit à nos frères Cyrus et Sophrone, qu'ils n'insistent point sur ce nouveau terme d une ou de deux volontés ; mais qu'ils disent avec nous^ que c'est un seul Jésus -Christ^ qui en deux na^ tares opère ce qui est divin et ce qui est humain. Nous avons même averti ceux que Sophrone nous a envoyés^ de ne point parler à l avenir de deux opérations^ et ils ont promis très-expressément quils le feraient^ pourvu que Cyrus s'abstint aussi de parler d'une opération. Telle est la seconde lettre du Pape Honorius 1*' à Sergius, où il se déclare d'accord avec lui, et traite également l'expression de deux opérations et d'une seule de discussions inutiles. On voit par les citations que nous venons défaire, qu'Ho-, norius enseignait au fond la doctrine catholique isur les opérations propres è chacune des deux natures, et que s'il ne confessait qu'une seule volonté, c'était seulement en ce sens qu'il excluait deux volontés contraires, où, en d'autres termes, toute opposition de la volonté humaine è la prolonté divine, n Mais,» dit l'abbé Receveur, « il eut le tort grave de s'exprimer sur une question de foi dans un langage obscur, embarrassé, sujet à équivoque; d'improuver même comme une nouveauté dangereuse l'expression nette et précise du dogme catholique, et de favoriser l'hérésie en commandant le même silence aux partisans de l'erreur et aux défenseurs

oouf les

'ignorance deja langue grecque, l'empêchaient de

connaître exactement 1 importance ou l'objat

de la dispute et de prévoir les funestes con*

séquences de sa lettre. »

Vers le même temps, le Pape Honorius

ayant appris la conversion d'Ëdouin, roi de

Northumbre, lui écrivit pour l'exhorter k la

persévérance : il lui recommanda la lecture

des œuvres de saint Grégoire. Quant à ce

que tous nous avez demandé j «joute-t-it,

pour l'ordination de vos évéques^ nous vous

Raccordons volontiers^ et nous envoyons aux

deux métropolitains^ Honorius et Paulin^ à

chacun un pallium^ afin gue, quand Dieu re^

tirera fun aes deux^ l autre puisse lui donner

un successeur en vertu de cette lettre^ ayant

égard à la distance des lieux ^ c'est-à-dire

afin qu'il ne faille pas recourir à Rome. Le

Pape Honorius fit de grandes réparations à

plusieurs églises. 11 en bâtit plusieurs de

fond en comble, leur donna en argent plus

de trois mille livres romaines et renouvela

les vases de Saint-Pierre. Il réunit è TEglise^

Aquilée ettoule l'Istrie séparée par le schisti^e

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