‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 51 sur 123 · COI · texte numérisé non relu

COI

HON

DES PAPES

noN

des trois cbapilreSt depuis soiiante-dix ans. Ce Pape mourut en 638, après avoir lena te Saint-Sié^e, 12 ans et 5 mois. Il fut enterré à Saint-Pierre, le 12 octobre 638, et le Saint- Siège Taqua plus de dix-buit mois. Le Pape Jean IV, écrivant à Constantin, empereur et successeur d'HéracliuSp fait une belle apologie du Pape Honorius 1*% dans laquelle on remarque le passaee suivant: Nous recevons im grand nombre aavis de diverses cités^ qui nous apprennent que tout VOccident est scan^ dalisipar les lettres que répand le patriarche Pyrrus^ enseignant des choset nouvelles contre la foi^ et prétendant tirer à son sentiment notre prédécesseur Honorius, quoiqu'il en ait été entièrement éloigné.

HONORIUS II.— Trois jours après la mort de Calîxte II, les cardinaux et les évéques s'assemblèrent à Saini*Jean de Latran et choisirent pour Pape, Tbibaud, cardinal prêtre de Sainte-Anastasie, qu'ils nommèrent Céleslia. Mais la faction de Robert Frangipane et de quelques laïques puissants proclamèrent de leur côté le cardinal Lambert, èvéque d'Ostie, sous le nom d*Honorius II, ce qui donna lieu à un grand tumulte. Cependant, Tbibaud se démit le jour même et tous consentirent à l'élection de Lambert. Toutefois, celui-ci reconnaissant qu'elle était peu canonique, se dépouilla sept jours après de toutes les marques de son pontiQcat. Les cardinaux touchés de cette humilité, et pour la paix de l*Egli$e, rectifièrent ce qu'il y avait eu de défectueux, le reconnurent de nouveau pour Souverain Pontife, et l'intronisèrent le 21 décembre 1124.

Le nouveau Pontife envoya partout des t<5gats pour réformer les abus et veiller au maintien de la discipline. Il conGrma la luissionque le Pape Callixte avait donnée è saint Othon, évoque de Bamberg, pour précber la foi dans la Poméranie, conquise depuis peu par Boleslas, duc de Pologne. Vers ce temps, le monastère de Cluny étant troublé par le schisme scandaleux de l'abbé Pons, le Pape le déposa comme usurpateur sacrilège et scbismalique, et assura è l'abbé Pierre le monastère de Cluny, avec tout ce «|oi en dépendait. Oderise, abbé du Hont- Cassin, ayant donné le même scandale, Honorius le cita à son tribunal. L'abbé refusa d'y venir, et le Pape, après avoir réitéré deux fois la citation, suivant les formes canoniques, prononça contre lui une sentence de déposition. L'abbé n'en tint aucun c'oaipte, et continua d'exercer ses.fonclions. Le Pape, justement irrité, Tex'communia publiquement avec tous ses fauteurs. Honorîus publia une bulle, en date du 16 février 1126, par laquelle il confirmait l'ordre de PréiDOUtré, avec les abbayes (]ui en dépendaient, sous la réserve de la juridiction des é roques diocésains. Honorius fut ensuite oblîRé ce se défendre contre Roger, comte rie Sicile, duc de Pouille et de Calabre, I tarée qu'il n'avait pu lui acccorder le titre «le duo. Roger irrite, flt ravager par les sei- >;;oenrs ses vassaux le territoire de Bénévejil. Honorius prétendait, avec raison, que

Rogner avait dû commencer par recevoir de lui ^investiture; mais Roger l'obligea à faiVe la paix aveclui.L'an 1130 , Honorius , étant tombé malade au palais de Latran , mourut le ik février de la môme année 1130, après avoir tenu le Saint-Siège cinq ans et oeux mois.

HONORIUS IIL — Cencio Savelli, Romain, fut élu le 18 juillet 1216, par les cardinaux assemblés, pour succéder à Innocent III. Il était cardinal-prétre et camérier de l'Eglise romaine; et comme, en cette qualité, il avait l'intendance des revenus de cette Eglise, il entreprit d'^en faire, sur les anciens Mémoires, un registre plus exact que l'on n'en avait fait jusqu'alors. Il intitula cet ouvrage le Livre des cens de l'Eglise romaine. Il composa aussi un Ordre au Cérémonial romain, qui est imprimé. Ceacit) prit le nom d'Honorius III.

Dès le lendemain de son sacre, il écrivit au roi de Jérusalem une lettre, où il lui apprend la mort du Pape, son prédécesseur, et son élection. 11 ajoute : Que cette perte ne vous décourage pas : je lui suis inférieur en mérite^ mais je ne lui cède pas en zèle pour délivrer la Terre-Sainte,

Honorius III eut le premier à lutter con« tre Frédéric II, ce pupille ingrat du Saint- Siège. Doux et patient, il semble placé entre deux combattants impérieux et inflexibles. Innocent III et Grégoire IX, comme pour montrer jusq[u'où pouvait aller la longanimité apostolique. 11 prêchait aux rois sa propre mansuétude; il épuisait soh trésor

f)Our fournir aux frais de la croisade. Il eut e bonheur de confirmer solennellement les trois grands ordres qui devaient, en quelque sorte, allumer un nouveau foyer de charité et de foi dans le cœur des peuples chrétiens : les Dominicains [12261, les Fran« ciscains [1223], et les Carmes [1226]. Malgré sa douceur, il se vit forcé de mettre une première fois au ban de l'Eglise Frédéric, en laissant h Grégoire l\ le soin de conii • nuer le combat.

Le Pape Honorius s'occupa avec une constante sollicitude des progrès de la foi dans la Prusse et la Livonie. Dès l'année 1218, il exhorta les évéques d'Allemagne à secourir les Chrétiens de ces provinces et à les défendre contre les idolâtres. Il écrivit quelque temps après aux abbés des ordres de Cluny et de Ctteaux, pour leur recommande> d'envoyer quelques-uns de leurs moines prêcher l'Evangile à ces Barbares. Il exhorta ensuite les Saxons et les autres

f)euple8 voisins à prendre les armes contre es païens, et leur accorda pour cette guerre l'indulgence de la croisade. Enfin, en 122b. il envoya l'évéque de Modène, en qualité de légat, pour diriger les missions et régler tout ce qui concernait les nouvelles Eglises du Nord.

Dès le commencement de son pontificat, il s'était employé, avec le zèle le plus ardent, pour presser le départ des croisés à la Terre-Sainte et pour terminer la guerre qui y mettait obstacle. André, roi de Hoa*

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grie« et Léopold, duc d'Autriche, partiren'. en 1217, aTéc un grand nombre de seigneurs et des troupes considérables. D*un autre côlé, Guillaume, comte de Hollande, et beaucoup do croisés allemands s'embarquèrent égale* ment.

Dès que le Pape Honorius eut appris la mort du roi Jean-sans-Terre, il crut devoir soutenir le jeune Henri conlre Louis, fils de Philippe*Auguste. Il écrivit, pour cet effet, h Tabbé de Cîleaux et à celui de Clairvaux, dont il savait que le crédit était grand à la cour de France, et les chargea: 1* d*aller trouver le roi, et de le supplier de remettre aux jeunes princes Toffense qu'ils pouvaient avoir reçue du roi leur père; 2* d'aller en Anijieierre pour parler au prince Louis, et le conjurer de cesser de persécuter ses pupilles; et s'il* ne se rendait à leurs exhortatations, de lui déclarer que lui, Honorius, appesantirait sa main de pontife sur ce prince. Celte lettre eut d'abord son effet. Louis abandonna le dessein qu'il avait de fi'emparer de la couronne d'Angleterre, et retourna en France; mais le roi son père ne voulut pas communiquer avec lui, tant il respectait les censures du Pape, dont son Gis avait été frappé. Ce prince en fut irrité; il retourna en Angleterre pour secourir la viJle de Lincoln , que les Anglais assiégeaient. Le légat était avec eux, et les encourageait contre les Frangais. Ceux-ci furent dféfaits et mis en fuite. Alors le prince Louis fit la paix, fut absous de l'excommunication par le légat, et retourna en France.

Quelques années après le Pape Honorius envoya au roi Henri un nonce cuargé d'une bulle où il parlait ainsi : Depuis très-long^ temps r Eglise de Rome est décriée et accusée d'avarice , à cause des présents qu'elle reçoit et des grandes sommes d'argent que l'on y exige pour l expédition des affaires, La cause de ce scandale est la pauvreté de cette même Egli» se, qui ne pourrait soutenir sa dignité, ni même avoir la subsistance nécessaire , sans le pecours de ses enfants. Or, nous avons trouvé un moyen de faire cesser ce scandale, si vous y voulez consentir; c'est que vous nous donniez deux prébendes de toutes les églises cathedra-les et te revenu de deux places dans chaque ministère. Maïs on dit au légat qu'on ne pouvait lui donner Je réponse, sans avoir consulté ceux qui étaient intéressés dans celte affaire.

Cependant le Pape sot lici lait depuis longtemps Frédéric, roi de Sicile, et déjà élu des Komains, d'aller au secours de la Terre-Sainte, et ce prince l'avait souvent promis; mais il trouvait toujours des prétextes pour différer. Jl voulut auparavant recevoir la couronne impériale, et il y était d'autant plus excité, qu'il n'avait plus de compétiteur, car l'empereur Othon était mort dès l'an 1218. Etant donc venu à Rome, il fut couronné par le Pape Hooorius dans l'église de Saint- Pierre, aveu Timpératrice Constance son épouse. Ensuite il reçut la croix , et renouvela publiquement le vœu qu'il avait fait d*aller à la Terre-Sainte.

Comme le Pape n'avait rien plus à cœur que l'affaire de la croisade, il travaillait de tous côtés à envoyerdusecoursaDamiette.il écrivit à l'archevêque de Rouen et à ses suffraganls d'envoyer par toute la province des prédicateurs pour exciter les croisés à prendre les armes. En Italie, il Qt son légat , pour cette entreprise, le cardinal Hugoiin, évéque d'Osiie, qu'il jugea propre à y exciter les peuples par son zèle et sa vie exemplaire.

La guerre contre les Albigeois fut aussi l'objet de la sollicitude particulière du Pape Honorius. Ces hérétiques, dont les progrès effrayants mettaient en péril la société tout entière, exerçaient leurs violences et leurs ravages dans tout le midi de la France. Le Pape écrivit, en 1217, aux docteurs de l'université de Paris pour tes exhorter à envoyer quelques-uns d'entre eux travaillera la conversion des hérétiques , promettant l'indulgence plénière à ceux qui feraient ce voyage. Quelque temps après il écrivit dans le même but au roi de France une lettre où il dit : Vous devez savoir que la puissance sécu" Hère est tenue de réprimer les rebelles par le glaive matériel, quand le glaive spirituel ne peut les retenir: que les princes doivent purger leurs terres de méchants, et^ que PEglise a droit de vous y contraindre. Vous devez donc, et pour votre gloire et pour votre salut, déli* vrer au plus tôt votre royaume de ces héréti^ ques (c'étaient les Albigeois) , de peur que les Catholiques ne perdent les terres qui leur restent en ces provinces, et que celles qui sont plus proches de vous ne soient infectées dThérésie.

Philippe-Auguste étant mort en 1222, Honorius écrivit une lettre dans le même sens au roi Louis YIII, qui lui succéda. Coimnc les princes chrétiens ,\u\ disait-il, sont ob/i-

Î^és de rendre compte à Dieu de la défense de 'Eglise leur Mère, vous devez être sensible-rnent affligé de voir les hérétiques attaquer insolemment la religion dans l'Albigeois, qui est sur rétendue de votre royaume. Ensuite il l'exhorte et le prie de se croiser contre les Albigeois. Afin que le roi de France tournât toutes ses forces contre ces hérétiques, il lui écrivit une seconde lettre, dans laquelle il lui recommande de ne pas attaquer les terres du roi d'Angleterre, au prttjudice du secours do la Terre-Sainte. Quonne nous dise point, ajoute-t-il, que ce nest pas à nou$ à prendre la défense de ce roi, en cette occasion, sous prétexte ffu'il s'agit de choses féodales, lia eié ditàjerémie qui était prêtre {Jerem. 1, 10) : « J« fai établi sur les peuples eï tes royaumes pour arracher et détruire, édifier et planter: » d'où il paraît qtiil appartient au Pape, qui tient le premier rang dans ie sa-^ cerdoce, d'arracher tout pécM mortel, ce qui ne peut se faire quelquefois sans réprimander les rebelles. Puis donc que Von croit que vous péchez manifestement contre le roi a Angleterre, nous que regarde la correction de tout péché, en auelle conscience pourrons-nous nous boucher tes oreilles à ses plaintes ? &est pourquoi, malgré tous vos refus, nous vous conjurons de restituer à ce prince les terres

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DES PAPES

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qu4 lÊOUt avez envahies $ur /iii\ el de cesser de ie mûUrailer^ eU;.

Honorias III introduisit Tusage d^accorder (les indulgences dans la canonisation des saints. Il conflrma la règle austère de Tordre des Trinitaires pour le rachat des captifs. Il mit k la charge des chapitres Tentretien d'un certain nombre de clercs dans les éco» les publiques 9 et institua la charge de maître du palais, pour récompenser Jean Colonni, qui attirait une foule immense à ses explications des épttres de saint Paul.

Toujours occupé de la croisade, il tomba nialade l'an 1327» et mourut le 18 mars, après avoir tenu le Saint-Siège 10 ans et 8 mois. Honorius marcha sur les traces d*Innoceat 111, en montrant toute la mansuétude d*un caractère vraiment évangéiique.

HONORIUS IV. — Jacques Savelli, nob.e romain , cardinal^diacre de Sainie-Marie, fut éla Pape à Pérouse, le 2 avril 1285, quatre jours après la mort de Martin IV. Il avait étudié plusieurs années dans Tuniversité de Paris, avait été chanoine de Châlons-sur- ^ larne, et fait cardinal par le Pape Urbain IT. 11 prit le nom d'Honorius IV. Il était ïuri incommodé de la goutte aux pieds et aux mains, en sorte qu*il ne pouvait célébrer la Messe qu*avec beaucoup de peine. Après son élection il alla aussitôt à Rome, où il fut sacré f et il écrivit sa lettre circulaire pour faire part k tous les| fidèlesi de SA promotion. Ensuite il publia une constitution pour retrancher les abus introduits laiis le royaume de Sicile, qui avaient causé a révolte qui eut lieu sous Martin IV, son prédécesseur : ce fut du consentement du

, louveau roi Charles II, qui se soumit mlièrement à ce que le Pape ordonnerait. 2n même tempsHonorius travailla à ramener

, es Siciliens à Tobéissance des Français. Il se oonlra plus indulgent que son prédécesseur lour lever les excommunications. Il ne tint e Saint-Siéi^e que 2 ans , et mourut à Rome, e 13 avril 1287, dans le palais qu'il avait fait lâtir près de Sainte-Sabine; il était sobre, lacifique, discret, sage, ne cherchant que le lien, et se faisant tout h tous. Après sa mort, e Saint-Siège vaqua plus de dix mois à cause Tune épidémie qui enleva plusieurs carditaux et obligea les autres è se séparer* Il Dt pour successeur Nicolas IV.

: HORMISDAS (Saint), cinquante-troisième

' ootifeetsuccesseurdesaintSjmmaque,était Is de Juste, né à Prusione en Campauie, et

' iacrede TERlise romaine. — Il fulélevé avec

>ia dans Tetude des lettres, et donna tant

' e preuves de sa vertu et de sa capacité dans

*s fonctions du ministère, qu'après la mort

a Pape Sjmmaque, le clergé et le peuple ro«

' lain le choisirent d'une commune voix pour

• élever sur le Saint-Siège, le 26 juillet 5H. es çiuMI fut installé, il écrivit aux Eglises

• Orient pour les exhorter a l'union, et pour fre rentrer dans la foi orthodoxe ceux que

. hérésie des eutychiens, divisés en diverses

: "anches, en tenait séparés. L'empereur

nastast^ le principal instrument des trou-

y es de ces Eglises, y protégeait particuliè-

rement les Acéphales, c'est-à-dire- ceux qui faisaient profession de ne reconnaître point . de chef, quoiqu'ils sui vissent Vhérésie cl!£utychès, et il persécutait les Catholiques avec plus de violence que jamais. Le nouveau Pape envoya aussi desiégals à Conslantinopie, avec une ample instruction qui commence ainsi : Quand vous arriverez en GrêcCy si les évéques tiennent au - devant de vouSy recevez - les avec le respect con" venable^ el s*ils vous préparent un logement^ ne le refusez pns^ de peur quil ne semble aux laxaues que vous ne voulez point de réunion. S*its vous prient de manger^ excusez-vouS'Cn honnétementy en disant : Priez Dieu aue nous communiquions auparavant à la table mystioue, el alors celle-ci nous sera plus agréable, Ne recevez point les autres choses qu'ils pourront vous offrir^ si ce n'est les voitures en cas de besoin; dites que vous ne manquez de rien... Lorsque vous serez à ConstantinoplCf prenez le logement que l'empereur aura ordonné, etf avant que de le voir, ne recevez personne que ceux qui seront zélés pour Vufu'on, mais avec une grande précaxiliony et pour vous instruire de ce qui se passe.

Etant présentés à l'empereur, rendez4ui nos lettres^ en disant : « Votre Père vous salue, priant Dieu tous les jours pour la prospérité de votre règne^ par les intercessions de saint Pierre et de saint Paul: afin que, comme il vous a donné le désir de le consulter, pour iunilé de V Eglise, il vous en donne la volonté parfaite. » Se lui parlez de rien avant quMl ait reçu vos lettres ; el, après quelles auront été lues, ajoutez : « Le Pape a aussi écrit à votre serviteur Vitalien, qui lui a envoyé des gens de sa part, avec votre permission, à ce

?m'il a écrit : mais le Pape a ordonné que les étires que nous lui portons ne lui soient rendues que par votre ordre. » Si Vempereur demande les lettres que nous envoyons à Vitalien, il faut répondre : « Le Pape ne nous /'a pas ordonné : mais, afin que vous connaissiez la simplicité de ces lettres, et quelles ne tendent qu'à vous porter à la réunion deVEglise, envoyez quelqu'un avec nous, en présence de qui on les lise. » S'il dit : •< Vous pouvez avoir encore d'autres ordres: » vous répondrez : « Dieu nous en garde, ce n'est pas notre coutume. Nous venrtns pour la causé de Dieu, et nous offenserions Dieu, Le Pape agit simplement et ne demande autre chose, sinon que Von n'altère point les constitutions des Pères, et que Von chasse de V Eglise les ftrréliques. Notre commission ne contient rien de plus. »

Si Vempereur dit : « C'est pour cela que f ai invité le Pape au concile, afin que, s'il y a quelque difficulté, elle soit terminée, » // faut répondre : « Nous en rendons grâces à Dieu ; mais le moyen de rétablir l'union entre la Eglises^ cest que vous observiez ce que vos prédécesseurs^ Marcien et Léon^ ont observé. ■ S'il demande ce que c'est, vous direz : « Que Von ne donne point atteinte au concile de Chalcédoine et à la lettre du Pape saint Léon. SU dit : « Nous recevons le concile de CM' cMoine et 1cm lettres du Pape Léon g ^

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vous lui rendrex grâce et lui baiserez la poitrine en disant : « Nous voyons maintenant que Dieu vous favorise: c'est la loi catholi* que, sans laguelle on ne peut être orthodoxe'.^ 3*t/ dit : « Les évéques sont catholiques et ne s*écartent point des maximes desPères^ y^^vous répondrez : « Pourquoi donc y a-t-il tant de division entre les Eglises de ces provinces ? » SUl dit : € Les évéques étaient en repos^ c'est le prédécesseur du Pape qui les a troublés par ses lettres ^T» vous direz: « Nous avons en main les lettres de Symmaque : si elles ne contiens nent autre chose que ce dont vous convenez, le concile de Chalcédoine, la lettre de saint Léon, et des exhortations pour les observer, que peut" on y trouver à reprendre ? » Ajoutez q ce discours des prières et des larmes, en cfisant : « Seigneur, regardez Dieu, mettez devant vos yeux son jugement. Les Pires qui ont fait ces décisions ont suivi la foi de saint Pierre, par laquelle l'Eglise a été bâtie, n

Si r empereur dit : « Eh bien, communiquez avec moi, puisque je reçois le concile de Chaicédoine et les lettres du Pape Léon, » Voiu répondrez : « Nous nous en réjouissons, et nous vous prions de réunir f Eglise ; que tous les évéques sachent votre intention, et que vous observez le concile et les lettres du Pape Léon. » S'il' demande en quel ordre cela se doit faire, vous répondrez : « Le Pape écrit à tous les évéqups en général. » Joignez-y vos lettres, déclarant que vous soutenez ce qu'enseigne le Siège apostolique ; alors on reconnaîtra ceux qui sont orthodoxes et ceux qui ne le sont pas. Le Pape est prêt à venir en personne, s'il est besoin, et ne refusera rien pour la réunion de l'Eglise. Si Vempereur dit : ff Cela va bien, cependant recevez l'évéque de cette ville, vous direz : « Seigneur, il s'agit de deux personnes , c'est-à-dire de Macéaonius et de Timothée, c'est une affaire particulière; il faut auparavant régler le général des évéques, et rétablir une communion universelle; ensuite on pourra mieux examiner l'affaire de ceux-ci ou des autres qui sont hors de leurs Eglises, t» Si l'empereur ait : « Vous parlez de Macédonius^ j'entends votre finesse, c'est un hérétique, il ne peut être rappelé en aucune manière, ^ vous répondrez : « Nous ne marquons personne en particulier , nous parlons pour l'intérêt de votre conscience et de votre réputation , afin que si Macédonius est hérétique on le connaisse, et qu'on ne dise pas qu'il est opprimé injustement. »

Si l'empereur dit : « Vévêque de cette ville reçoit le concile de Chalcédoine et les lettres du Pape Léon, » vous répondrez : « La cause en sera plus favorable; mais, puisque vous avez permis à Yitalien d'examiner ses affaires devant le Pape, laissez -les en leur entier. » Si r empereur dit : « Ma ville sera-t-elle sans évéque ?» Il faut répondre : a Jl y a plusieurs remèdes pour faire que vous ne soyez pas sans communion, en conservant la forme de jugements. On peut tenir en suspens la cause des autres évéques, et cependant, par provision, laisser en la place d'évéque dé Constanti-

nople celui qui s* accordera à votre confesiior de foi et aux décrets du Saint-Siège. »

L'instruction continue : Si on vous dormt des requêtes contre d'autres évéques, principaiement contre ceux qui anathématistnt h, concile de Chalcédoine et rejettent les Utirn de saint Léon, recevez les requêtes, mais réservez la cause du jugement du Saint-Siège, Si Tempereur promet tout, pourvu que nous venions enpersonne , il faut absolument envoyer auparavant sa lettre aans les provinces, et qu'un des vôtres accompagne ceux qu'il enverra, afin que tout le monde connaisse qu'il reçoit le concile de Chalcédoine et les lettres du Pape saint Léon : alors vous nous manderez de venir. De plus, c'est la coutume que tous les évéques sont présentés à l'empereur par t évéque de Constantinople. S'ils veulent s'en prévaloir pour vous obliger à voir Timothée, et (me vous le puissiez prévoir, vous direz : i le* ordres que le Pape nous a donnés portent que nous voyions Votre Clémence, sans aucun évéque, » et vous tiendrez ferme jusqu'à ce qu'il renonce à cette coutume. S'il ne veut pas, ou si, par adresse, on vous fait voir Timothée devant ^empereur, vous direz : « Que ïotre Piété nous fasse mettre en particulier, pour exposer notre charge. » S'il ordonne de le dire devant lui , vous répondrez : « Nous ne prétendons pas l'offenser , mais nous ne pouvons parler en sa présence ; » enfin ne j^roposez rien devant lui en quelque manière qus ce soit.

Tel le est l'instruction du Pape Hormisdasà ses cinq légats, la plus ancienne pièce de ce genre qui nous reste, où la prudence el|la charité éclatent également.^A u reste, il ncfaut pas s'étonner quede Pape prévoie si bien les réponses et les objections de l'empereur; il pouvait en être bien instruit par^ Patrice, envoyé d'Anastase, et par ceux de Vilalien. Après cette instruction, saint Hortnisdas ajoute que les évéques qui voudront seréu* nir doivent déclarer dans l'Eglise, devant le veuple, qu'ils reçoivent la foi de Chalcédoine, et les lettres de saint Léon contr) Eutychis, Nestorius, Dioscore et leurs seC' tateurs, Timothée, Eleure, Pierre et ceux qui sont en la même cause, anathématisant aussi Acace de Constantinople et Pierre dAntioche avec leurs compagnons. Us doivent l'écrire de leur main en présence de personnes choisies, suivant le formulaire tire \ des archives de l'Eglise romaine. Ceux qai ont été chassés de leurs Eglises étant en communion avec le Saint-Siège, doivent être rappelés avant toutes choses. Le Pape chargea ses légats d'une lettre pour J'erapereur, contenant en substance les mômes conditions pour la réunion des Eglises, el offre d'aller en personne au*concile pour un si grand bien, quoique la chose fût saus exempte. Cette lettre est du 11 août 515.

Comme on le voit, les mêmes conditions que le Pape Uormisdas demandait à rempereuret aux évéques d'Orient, avant qao de rien conclure sur le fait du concile que ce prince demandait, furent que Ton recul celui de Chalcédoine, avec lajettre du P'T^

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DES PAPES

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iaint Léon h Flavien, qu'on anatbématisftt

es hérétiques nesloriens et eulychiens; que

a cause des éTèques déposés et relégués fût

-eoTO/ée k Rome. Anaslase reçut les légats

lu Pape avec honneur, et parut disposé à

eiir accorder toutes leurs demandes, hors

;elle où Ton réclamait la condamnation

l'Acacede Constantinople, qui avait corn-

Hjsé VHénotique. Ceiie Hénotique ordonnait

*union des Catholiques avec les hérétiques.

.^Qmpereur écrivit au Pape pour le prier de

>as5er sur cet article, en faveur de la véné-

ation où était la mémoire d'Acace parmi le

peuple, et i)Our le bien de la paix. Hor-

nisdas récrivit à ce prince de maniôre qu'il

emblait ne point s'arrêter sur le fait d'Acace,

omme s'il en eût réservé les décisions au

oncile futur ; mais le sénat de Rome lui

cri vit qu*il n'y avait point de paix à espérer

ans la condamnation d'Acace. C'est à quoi

}s Orientaux ne voulurent jamais consentir.

»in$i les légats du Pape revinrent sans rien

lire.

En même temps qu'Ennodius, Fortunat t les autres légats du Pape étaient à Cousin tinoploy il y avait aussi plusieurs évèques ilhoHques d Illyrie. L'empereur Anastase t amener devanl lui les quatre principaux l Us condamna à l'exil. Pour plaire à l'emereur, Dorothée, évèque de Thessalonique, mbrassa la communion des schismatiques ; lais quarante évèques d'Illyrie et de Grèce étant assemblés, déclarèrent par écrit qu'ils » séparaient de lui, quoique leur métropotain» et envoyèrent è Rome pour demander communion du Pape Hormisdas. De tous ïs évèques d'Illyrie, nous n'avons les letes que de ceux de l'ancien Epireet de leur étro[iolitain Jean, évèque de Nicopolis, iccesseur d'Alcyson. Il y a d'abord la ttre synodale souscrite par huit évèques, )ur faire part au Pape de l'ordination de ^au ; puis une lettre particulière de Jean, 1 il déclare qu'il reçoit les quatre conciles (nérauXf et anatbématise Dioscore, Thiothée Eluro» Pierre Monge, Acace, Pierre Foulon, et reçoit les lettres de saint Léon, ^mandant au Pape de l'instruire plus amlement de cç qu'il doit faire.

Le Pape Hormisdas répondit à Jean de Ni- >poJi5,*et à son concile, que ceux qui veuni revenir à l'union, doivent condamner )mménacnt Nestorius, Eutychès et Acace; fst-à-dire, non-seulement les chefs, mais s sectateurs de l'hérésie, suivant le méolre qu'il leur envoie par Polion, sousacre de l*Eglise romaine, h qui il donna issi cette instruction :

Quand vaut serez arrivé à NicopoliSf et le Vétéque aura reçu nos lettres^ faites guil semble les évèques de la province ^ et leur ise souscrire le libelle joint à ces lettres, ïi dit qu'il est difficile de les assembler, quHl vote OTec vous des personnages à chaque ^^^^^finquils souscrivent envotreprésence, tous devez lire publiquement nos lettres. 1 31 lea évèques n* osent le faire , qu'ils les eni au moins à leur clergé. Laissez leur en rmijr, e/ rapportez-nous leurs souscrip-

tions^ et de Jean leur métropolitain^ sans vous arrêter sur les lieux^ à cause des artifices des ennemis. Ces lettres du Pape aux évèques d'Epire sont du mois de novembre 516.

Le Pape Hormisdas avait écrit Tannée précédenie, 515, à saint Avit, évèque devienne, pour lui faire part de la conversion des provinces de Dardani, d'Illyrie et de Thrace, et le*prémunir contre les artifices des schismatiques. Saint Avit savait aussi que le Pape avait envoyé Ennodius en Orient, et croyait qu'il y avait eu une seconde légation, surco qu'en effet elle était prête à partir. Pour en apprendre le succès , il envoya à Rome le prêtre Alexis et le diacre Venance, au nom de toute la province de Vienne, parce que les Grecs se vantaient d'être réconciliés avec l'Eglise romaine.

Le Pape répondit qu'il n'avait envoyé qu'une légation, et encore sans effet, parce que les Grecs ne désiraient la paix qu'en paroles. C'est, ajoute-t-il, la cause de mon silence; car que pourrais-je vom mander^ voyant quils persistent dans leur opiniâtreté? C'est pourquoi je vous avertis , et par vous , tous les évèques des Gaules^ de demeurer fermes dans la foi, et vous garder des artifices des séducteurs. Mais, afin que vous sachiez la dis^ position de ces contrées, plusieurs des Thraces, quoique persécutés, demeurent dans notre communion ; la Dardanie et VIllyrie, voisine de la Pannonie, nous ont demandé qu on leur ordonnât des évèques, et nous Vavons fait oà il a été nécessaire, Lévèque de NicopoUs , métropolitain d'Epire, s'est joint à notre corn-munion avec son concile. Nous sommes obli" gés d'envoyer une seconde légation , afin de ne rien omettre, pour rendre les schismatiques inexcusables. Joignez vos prières aux nôtres pour le succès. Nous vous envoyons les pièces qui vous feront connaître comment ceux de NicopoUs et de Dardanie se sont réunis, etc. Cette lettre de saint Hormisdas, est du 5 février 517. Il écrivit sur le même sujet à saint Césaire d'Arles. Dans cette lettre , le Pape parle d'une légation en Orient, qui doit être ta seconde , et témoigne en attendre encore le résultat. Celte lettre est du 6 septembre 51 S.

Peu de temps après sa lettre à saint Avit, le Pape Hormisdas, ne se rebutant point, envoya une seconde légation à Constantinople. Il en, chargea encore Ennodius de Pavie avec Péfégrin de Misène, et leur donna six lettres, avec le libelle ou formulaire de réunion des schismatiques, et dix-neuf copies de la protestation, qu'ils devaient faire répandre dans les villes, si on ne recevait pas leurs lettres. La première de ces lettres est adressée è Tempereur Anastase, que le Pape exhorte h exécuter ce qu'il a promis, lui déclarant qu'il ne suffit pas de condamner Nestorius et Eutychès, s'il ne condamne encore Acace, qui est cause que l'Eglise d'Alexandrie demeure dans le schisme, où le reste de l'Orient est depuis tombé. La seconde lettre est A Timotnée de Constantinople. Quoique intrus et excommunié, le Pape ne laisse pas de lui écrire, de le traiter d'évèque, pourl'ex*

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DICTIONNÂIRK

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horler à revenir à Tanion et à supplier Tempereur de )a procurer. Le Pape écriyit aussi aux évéques schismatiquesd^Orient, supposant que la plupart étaientdans la vraie foi, et leur représentant la nécessité de se déclarer,et de la professer courageusement. Il écrivit aux évoques orthodoxes, pour les consoler de leurs souffrances ; et en particulier à un év6que africain nommé Possessor, qui, étant banni de chez lui pour la foi par les Ariens, s*était retiré à Copstantinople, d*où il avait envoyé au Pape, par les premiers légats, sa confession de foi, et soutenait vigoureusement la cause orthodoxe. EnGn le Pape Hormisdas écrivit au peuple et aux moines de Conslantinople , pour les consoler et les encourager. Toutes ces lettres sont du même jour, 8 avril 517.

Les légats ne faisaient que partir lorsqii un diacre de Nicopolis arriva à Rome. Ce diacre présenta au Pape des lettres de Jean, évoque de Nicopolis, et du concile de sa province, par lesquelles il se plaignait que Dorothée» évèque de Thessalonique , excitait contre eux les juges ordinaires, et les officiers de Tempereur, les accablant de toutes sortes de mauvais traitements, étant irrité de ce que Jean ne lui avait pas donné avis de son ordination. « Il est vrai auMI eut dû le faire, » dit le concile, « suivant Vancien usage, qui donnait à Tévéque de Thessalonique juridiction sur toute Tlllyrie occidentale, comme vicaire du Saint-Siège ; mais Dorothée étant schismalique, et les évoques d*£pire Catholiques, ils ne pouvaient le reconnaître. » Ils demandaient toutefois au Pape Hormisdas la permission de lui écrire en cette occasion , suivant la coutume, pour se délivrer de la persécution.

Sur cet avis, le Pape envoya à ses légats quatre lettres, toutes datées du 12 avril 517. La première adressée à Tempereur Anastase, où il le prie de faire cesser la persécution contre ces évéques, aCn d'encourager les autres à se réunir comme eux. La seconde à Jean de Nicopolis et à son concile , où il les reprend fortement de la permission qu'ils lui avaient demandée d'écrire à Tévèque de Thessalonique , puisque, se soumettant è ce schismatique, c'était retourner au schisme qu'ils venaient de quitter, et y engagiir même le Pape qui communiquait avec eux. Il écrivit aussi à Dorothée et lui dit: fous auriez sujet de vous plaindre ^ si nous étions tous unis par la charité; on n'a pas négligé Tan^ cienne coutume, mais 07i a évité le schisme , et vous deviez le premier en montrer Vexempie. De quel front prétendez -vous con^ server le privilège que le Siaint-Siége vous a accordé, en ne suivant pas sa foi , et persécutant ceux qui s'y réunissent? Enfin le Pape saint Hormisdas écrit h ses légats et leur donne l'instruction sui vante :

Quand vous serez arrivés à Thessalonique^ rendez à Vévéque nos lettres , observant à son égard ce que nous vous avens enjoint touchant ceux qui ne communiquent point avec le Saint'

Siége^ Vous devez le presser fortement de fairt cesser la persécution contre VEglist de ivicopolis : lut représentant que V évèque , étant uvenu à la communion de V Eglise, n'a pu communiquer avec ceux qui n'y sont pas ; e<- çue 51 Dorothée veut y entrer ^ loin de révoquer ses privilèges^ nous en poursuivons avec {ut (a conservation. Si vous pouvez terminer l'affairs de Thessalonique f donnez en avis à révéqui de Nicopolis, Si Dorothée demeure obsiM^ vous poursuivrez Vaffaire auprès de l'empereur et lui direz : «5t vous n'arrêtez cettevexa* lion , t( semblera que Jean de Nicopolis la souffre^ pour être rentré dans la communion du Saint-Siège: et ceux qui s'attendent fue vous procurerez l'union^ commenceront à en douter... » Nous croyons expédient, ajoute le Pape, quevous rendiez publiées en divers lieux nos lettres à Vévéque de Thessalonique ^ et principalement dans $a ville; cela pourra arrêter la persécution et le corriger lui' même.

Cette seconde légation n*eut pas plus de résultat que la première. L'empereur Anns* tase refusa le formulaire de réunion, ets'efforça de corrompre les légats par argeot; mais n'y ayant pu réussir, il les fit embarquer avec les préfets Héliodore et Démétrius, défendant de les laisser entrer dans aucune ville. Les légats ne laissèrent pas de répandre leurs dix-neiif protestations par des moines catholiques, qui les affichèrent dans toutes les villes. Mais les évoques qui les reçurent, craignant d'être accusés, les envoyèrent toutes è Constantinople. Alors Tempereur Anastase, fort irrité, écrivit au Pape, le 11 juillet 517, une lettre qui se lermine ainsi : «Nous ne croyons pas raisonnable de prier ceux qui rejettent opinitirément les prières ; car nous pouvons souffrir les injures et les .mépris, naais non pas les commandements. » Ensuite il congédiaenviron deux cents évéques réunis pour )e concile qu'il avait convoqué. Comme le sénat et le peuple .lui reprochaient son parjure, il ne rougilpasde répondre qu'il était Permis aux princes de aientir et de se par- , urer. Ainsi il conflrma le soupçon dej)uis ongtemps répandu au'il était infecté de la doctrine des manichéens. Dans cette niéaie lettre, Anastase se plaint au Pape Hormisdas de son inflexibilité. Bientôt après, il ordonna de chasser Eiie de Jérusalem, et Ton mita sa place un évèque nommé Jean, qui promettait d'embrasser Thérésie. Ce prince autorisa la persécution que les moines eutychiens de Syrie exercèrent contre les moines catholiques du pays. Il voulait même pousser les choses aux dernières extrémités, mais Dieu envoya saint Sabas et saint Théodore avec près de dix mille moines à Cons* tantinople, où ils présentèrent une requête ^ l'empereur, déclarant hautement leur attachement aux quatre conciles , disaot qu'ils les recevaient comme les quatre Eva^ giles. L'empereur ayant reçu celte requête., lut conseillé de se tenir en repos.

Les moines de Syrie envoyèrent au Pape Hormisdas une ample relation de la perse-

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DES PAPES

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nlion eierrée contre eux, dans laquelle ils 'expriment ainsi : « Comme nous allions, » isAient-ilSy « au monastère de Sainl-Siméon our la cause de1*Eglise, ces méchants nous nt dressé une ambuscade sur le chemin, et enant fondre sur nous, ont (ué trois cents inquante hommes des nôtres, et en ont lessé une foule d*autres; ils ont mftme tué, rès des autels, ceui qui s*y étaient réfu« lés; ils'ont brûlé les monastères, envoyant e nuit des gens séditieux et gagnés par rgent, qui ont enlevé le peu qu il y avait. ous serez instruit de tout par les mémoires ue vous rendront nos vénérables frères ean et Sergius. Nous les avions envoyés à ionslanlinople , espérant avoir raison de )us ces excès ; mais l'empereur, sans dai- Qerleur dire une parole, les a chassés hon^ eiisement, ce qui nous fait connaître au'il si lui-même auteur de ces maux. Nous ûus supplions donc, très-saint Père, de OQ)pâtir aux blessures du corps de TËglise, ont vous ôtes le chef, et de venger le méris de la foi, des canons et du concile, vous qui Dieu a donnôja puissance de lier et e délier.» Ils terminent leur lettre en ana« lémalisant Nestorius, Eutychès, Dioscore.

ierre Monge, Pierre le Foulon et Acace, icite requête est souscrite par plus de deux enis, tant abbés que prêtres et diacres. Le 'ape y fit réponse par une longue lettre aiée du 19 février 518, où il les exhorte à emeurer fermes dans la foi.

Vers la même époque, et, sur la demande e Jean, évêque de Tarragone, le Pape saint iormisdas écrivit une lettre aux évêques fEspagne, touchant l'observation de la dis* iplinc. 11 leur recommandn de faire les rdinalions des évêques suivant les canons; e fuir la simonie; et de ne pas ordonner ar faiblesse celui dont Télection serait tmoniaque; enfln, de tenir les conciles au loins une fois fan. Il accompagna cette îilrc d'une à Jean en particulier, où il loue OQzèle;;! le fait son vicaire en Espagne, ans préjudice des privilèges des mélropoitains. Ces deux lettres sont du 3 avril 517. ^e PapeHormisdas Qt vicaire du Saint-Siège ians les provinces de Bélique et de Lusitalie, Salusle, évèque de Séville, lui donnant e pouvoir d'assembler en concile les évêiues de ces provinces, quand il serait né« essaire, et de juger leurs différendSi à la barge de lui en faire part.

Malgré tous 1er efforts du Pape Hormisas, la paix ne fut rendue à 1 Eglise que ar la mort de l'empereur Anastase, qui fut dé de la foudre, le 8 juillet 518. Justin, son ucr^sseur, désirant la réunion de TEglise e CoDstantinople avec Rome, dont elle était éparée depuis trente quatre ans, écrivit ^our cet effet au Pape Uormisdas, lui faiant part de son élection. Dans cette lettre, atée du 1** août 518, Justin prie le Pape de oncourir aux désirs de Jean de Consiantiopie et des autres évêques, pour la réulon, et d'envoyer des évêques capables de s procurer. Une lettre du patriarche Jean, ui accompagnait celle-ci^ contenait sa dé-

claration qu*il recevait les quatre conciles généraux, et que le nom de saint Léon et celui d*Hormisdas avaient été mis dans les dyptiques. Le comte Justinien, neveu do Tempereur Justin, écrivit au Pa, e sur le même sujet, marquant qu'il u*y avait plus de difficulté que sur le nom d*Acace. Ces lettres furent apportées à Rome le 20 décembre de la même année 518, par Gratus, comte du consistoire. Saint Hormisdas, voyant les dispositions favorables de Temperéur, envoya à Constantinople une troi* bième légation composée de cinq personnes, Germain, évêque de Capoue, déjà envoyé dans ce but du temps de TempereurAnastase ; Jean , évêque d*ane autre église , Blaudus, prêtre, Félix et Bioscore, diacres. Il leur recommanda de ne rien reiftcber sur la condamnation d*Acace, et les chargea de

{Plusieurs lettres pour Tempereur Justin, 'impératrice Euphémie, le patriarche Jean de Constantinople, son archidiacre et son clergé; pour le comte Justinien, Celer et Patrice, deux des principaux de la cour ; le préfet du prétoire résidant à Thessalonique, où les légats devaient passer, et pour deux dames illustres, Anaslasie et Palmatia, qui, du temps de Tempereur Anastase, avaient été persécutées pour la foi. Saint Hormisdas donna encore aux légats une instruction à peu près semblable à celle delà première légation du temps de Tempercur Anastase, mais avec moins de précautions, parce qu*il savait que les choses avaient changé de face, et que Tempereur Justin désirait la paix sincèrement. Le Pape, dans cette ins* iruction, ordonne à ses légats de recevoir à leur communion les évêques qui souscriront le formulaire dont ils étaient porteurs, et qui commence ainsi :

Le commencement du salut est de garder la règle de la foi et de ne s*écarter en rien de la tradition des Pères» Kt parce que Jésus- Christ a dit (Matih. xvi, 18) : tu Tues Pierre^ r e/c, et quiï est impossible que ses promesses ne s'accomplissent pas, la doctrine catholique est toujours conservée inviolable et sans alté' ration dans le Siège apostolique. C'est pourguoi, ne voulant pas déchoir de cette foij ] anathématise tous les hérétiques, princxpa' lement Nestorius^ Eutychès, elc, e/, me conformant aux décisions du Siège apostolique^ f espère obtenir détre admis dans sa communion. Je promets de ne point réciter dans It saint sacrifice les noms de ceux qui sont sé^ parés de l'Eglise catholique et de la communion du Saint-Siège. Que si je viens à m' écarter de la profession que je viens de faire^ je me trouverai joint par mon propre jugement au nombre de c^ux que je viens de condamner. J'ai souscrit de ma main cette déclaration pour l'envayer au saint Pape de Rome,

Outre les hérétiques et leurs fauteurs nommément désignés, et parmi lesquels se trouvait en particulier le fameux Acace, Tanathème comprenait en général tons les sectateurs ou partisans des condamnés ; MaiSf dit le Pape Uormisdas dans Tinstructiofi qu'il donne à st$ légats, «î l'empereur

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ou Us évéqueSf conseniant à Vanalhitne (TAcace^ croient que Von doit laisser dans les diptyques les noms de ses successeurs^ parce que quelques-uns « comme Euphimius et Ma^ cédoniuSi ont été exilés pour la défense du concile de Chalcédoine, vous représenterez que vous ne pouvez rien ôter du formulaire qui contient les sectateurs des condamnés. Si vous ne pouvex dissuader V empereur de cette pré^ tention^ tenez- vous en au moins à ceci : qu^A^ cace étant nommément anathématisé^ on passe sous silence les noms de ses prédécesseurs ^ les effaçant des diptyques. Après cela vous rece^ vrez à votre communion lévéque de Constantin nople. Vous ferez lire devant le peuple le libelle que lui et les autres t que Dieu vous fera la grâce de recevoir^ auront donné; si cela ne se peut ^ vous le ferez lire au moins dans la salle secrète, en présence du clergé et des ab* bés. Ensuite vous prierez V empereur d envoyer ses lettres aux métropolitains avec celle de Vévéque de Constantinople pour leur faire savoir que cet évéque, ayant fait la profession de foi envoyée par le Saint-Siège^ a été reçu à sa communion^ et les exhorter à en faire autant. Si l'empereur y apporte quelque dif" ficulté^ Vévéque de Constantinople enverra des ordres aux provinciaux et aux autres métro^ politains^ pour leur déclarer ce quil aura fait en sa présence de ceux que vous enverrez de votre côté. Ce que vous exigerez de lui en toute manière^ afin que les plus éloignés en soient instruits.

L'empereur, le patriarche et les autres évéques acquiescèrent à toutes les demaa* des du Pape, témoignant que, s*ils lui passaient les choses qui leur semblaient dures ou contraires aux sentiments des Orientaui, c'était un sacriGce qu'ils voulaient faire à Dieu, pour la paix et la réunion des Eglises. Non-seulement le nom d'Acace fut retranché des diptyques, et conséquemment de la communion des fidèles, mais encore ceux d'Euphème et de Macédonins ses succèsiseurs, évoques orthodoxes d'ailleurs, mais qui avaient mieux aimé être séparés de l'Eglise romaine que de rien faire contre la mémoire d'Acace.

C'est ainsi que Hormisdas, par sa prudence et sa fermeté, rétablit l'autorité apostolique de l'E^liso romaine par tout l'Orienr. On a jugé diversement d'une conduite si entière et si inflexible que ce Pape voulut garder envers deux patriarches de Constantinople qui, quoique étant séparés de l'Eglise romaine, avaient vécu saintement et qui étaient morts pour la défense du concile de Chalcédoine. Hais enfin leur mémoire était un sujet de scandale pour les fidèles, du moins en Occident, et il était important qu'on sût que l'unité de l'Eglise a son centre au siège de saint Pierre. Cette réconciliation tant souhaitée entre les Eglises d'Orient et de Rome fut publiée dans Constantinople le jour de Pâques de l'an 519.

Dorothée, évèque de Tbessalonique , ne uut apprendre sans affliction cette réunion. Il calomnia les légats, et par là excita une émeute populaire dans laquelle plusieurs

légats furent grièvement blessés et beaucoup de Catholiques furent tués.

Le Pape Hormisdas ayant appris pard'au« très que ses légats ces lAcheuses nouyelles leur écrivit : Je ne me plains pas tant du peuple^ car it sera au pouvoir de l'empermde punir j comme il voudra^ l'injure faits'i ion règne et à des évéques catholiques. Hais ce oui nous regarde et a quoi vous devez travailler, c'est que personne ne se convertisse' $an» connaissance de cause^ ou ne se plaigne que U prince Vohlige à faire profession de foi^ tant en être persuade. Donc, puisque levéque dt Thessalonique n*a pas voulu recevoir voire instruction^ demandez que /'empereur rentoii à Rome pour recevoir celle du Saint-Siège, et avoir de nous la solution de ses doutes. Que sUl ne veut pas s'instruire^ il fait voir atec

?^uel esprit il résiste à l'ordre de Dieu et à 'exemple du prince. Il faut aussi fue ^emp^ reur nous envoie avec lui le prêtre Arislicu,.,

Cette lettre est du 13 octobre 519. Pea après, le Pape Hormisdas, ayant reçu de ses légats une ample jrelation de tout ce qui s'était passé au sujet de Dorothée, leur écrivit une autre lettre datée du 3 décembre 519, où il dit avoir appris que l'empereur a ordonné de faire venir Dorothée à Constanlinople ; il leur recommande de poursuivre sa déposition et d'cmpècher que Von ne metltt à sa place le prêtre Aristide. Dorothée fut mené par ordre de l'empereur àHéraclée, en attendant que l'on jugeflt l'affaire. Les légats du Pape demandèrentr suivant ses ordres, qu'il lût mené à Rome avec le prêtre Aristide.

Dans la crainte de paraître favoriser Thérésie des eutychiens, saint Hormisdas refusa d'approuver une proposition que lui soumirent quelques moines de la Scytbie,6( qui était conçue en ces termes : « Un de la Trinité a soulfertdans la chair, » quoiqu'elle présentât un sens orthodoxe, comme ie déclara plus tard un de ses successeurs, Jeanli. Le comte Justinien écrivit au Pape à ce sujet, disant que ces moines ne cherchaient qu'à troubler la paix des Eglises par des nouveautés et de vains discours; il le prie de les recevoir comme ils méritent, et de )es chasser bien loin. Dans une autre leitre, ayant apparemment mieux examiné la chose, Justinien prie le Pape de dé<;ider et de renvoyer ces moines ; puis il ajoute : « Ce n'est qu une dispute de mots, tous les Catholiques conviennent du même sens ; mais nous tiendrons pour doctrine catholique ce que vous aurez décidé. »

Le Pape saint Hormisdas répondit : /a< voulu renvoyer sur-le-champ les moines a« sujet desquels vous m'avez écrit; mats Ht prennent Dieu à témoin que^ sHls retournaienl à Constantinople , leur vie ne serait put e» sûreté sur les chemins. Ainsi je ne les ai pa^ fait chasser^ et j'ai cru devoir attendre le retour de mes légats pour savoir au vrai le sujti de leur dispute.

Cette lettre est du S septembre 519. Par une seconde lettre à Justinien» 1e i^ape de-

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DES PAf ES.

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lanJe que l'empereur envoie h Rome le lacrc Victor que les moines accusaient.

Il écrivit en même temps à ses légats qu*il i^eait h propos de déléguer cette cause à «vêque de Constanlinople afin qu'il entenî ks parties. Sur quoi le légal Dioscore ré- )niiit au Pape : < Cette proposition ne me ^plaisait pas; car qui sent sa conscience ?lle ne craint point d'être jugé. Vous m'a- •i mandé qu'ils ont donné une protestation )ar que les hérétiques ne se joignissent )iat à moi. Je ne sais qui sont ceux qu'ils ymoieBt hérétiques» sinon ceux qui reçoint le concile de Chalcédoine et que je itDme Catholiques. » Ensuite il raconte au ng tout ce qui s'était passé à Constantino-

bigutté dans la discipline^ ni porter prHudic$ à la religion. Le Pape Hormisdas semble ici marquer la censure de Gélase son prédécesseur, où les livres de Fauste de Riez sont notés comme apocryphes. 11 ajoute : Qu*on ne blâme pas ceux qui lisent ces sortes de /tvres^ mais ceux qui les suivent ^ puisqu^on s^en sert quelquefois pour réfuter les mêmes erreurs. Ainsi l'on voit que la censure des livres n'était que pour a vertrr les lecteurs de s'en défier« et non pour en interdire la lecture. Le Pape termine : QuantàceaueVEgtiseromaine,c^est'à ' dire V Eglise catholique^ suit et soutient tou* chant le libre arbitre et la grâce de Dieu^quoi* qu'on le puisse voir en divers écrits de saint Au^ gustin^ et principalement à Hilaire et àPros^

e^entre les' moines scythes et le diacre ptr^ toutefois il yen a des articles expris dans

du 15 oc- les archives de lEglise^ que je vous enverrai^

ictor. Cette lettre de Dioscore est bre 519.

Vers la même époque, le comte Justinien riyitau Pape. le priant instamment de lui voyer des reliques pour mettre dans une lise dédiée aux apôtres, et qu'il avait fait tir Le Pape lui en envoya des sanctuaires SaiDt*Pierreet de Saint-Paul, comme nous ppreod une de ses lettres, datée du 2 délubre de la même année 519. Possessor, èque africain, l'ayant consulté sur cette leslion : < Dn de la Trinité a été crucifié, » Pape, dans sa réponse, avant d'aborder Ue question, lui parle des moines de Scyle et les traite de faux moines, qui, sous éicite de religion, ne cherchaient qu'è safaire leur haine envenimée. Nous voulons^ •il, lt$ guérir par notre patience : mais ils U trop accoutumés aux disputes , trop \ourtux de nouveautés et trop attachés à irf opinions. Ils ne comptent point pour tholiques ceux ^ui suivent la tradition des reSf a moins qWxls ne se rendent à leur sen* imt. Us sont exercés à calomnier^ à médire à exciter des séditions. Nous n^avons pu retenir^ ni par les avertissements ^ ni par douceur, ni par Vautorité. Ils se sont pré"^ \(/s jusque danj rassemblée du peuple , ant auprès des statues des empereurs : et si peuple fidèle ne leur eût résisté, ils y au^ ien( txcité la division ; mais avec Vaide de eu il les a chassés. Nous tous écrivons ceci r occasion, de peur que, si par hasard ils ^t par delà, ils ne trompent ceux qui ne •ent pas comment ils se sont conduits à me.

(oili ce que le Pape Hormisdas dit des •ioes de Scytbie qui avaient soulevé cette csiioQ : il ne porte aucun jugement contre K et ne les frappe d'aucune censure; il ne looQce rien sur la proposition qu'ils souaicot, quoiqu'il semble incliner à la reje- . Puis, toujours dans la même lettre à ^sessor, il continue ainsi :

T^nt à ceux qui vous ont consulté sur les its d'uncertain Fauste, évéque gaulois (^3), auront cette réponse : Nous ne le recevons n/, et aucun de ceux que VEglise ne reçoit n; entre les Pires ne peut causer de Cam-'

si vous ne les avez pas et si vous le croyez né" eessaire. Cette lettre est du 13 août 520.

Le patriarche Jean étant mort au commencement de cette même année 520, on élut à sa place Epiphane. Le légat Bioscore en donna aussitôt avis au Pape , qui se plaignit amicalement à Epiphane de ce qu'il tardait à lui écrire et lui envoyer des députés, suivant la coutume, ne faisant point de diificuUé de le prévenir. Epiphane y satisfit, et écrivit au Pape, déclarant qu*il avait été ordonné évoque de Constantinople par le choix de l'empereur et du consentement des évêques, des moines et du peuple; qu'il veut être uni au Saint-Sié^e, et v suivre la foi de saint Pierre, et gu'il condamne tous ceux dont le Pape a défendu de réciter les canons dans les diptyques. Celte lettre est du 17 septembre 520.

Le Pape saint Hormisdas était en peina depuis quelque temps de ses légats, doni l'empereur fui avait mandé le départ le 9 juillet.il apprit, le V octobre, que l'évoque Jean, l'un d'eia, était retenu par une longue maladie. Ils arrivèrent enfin dans les derniers jours de novembre, et avec eux les députés de Constantinople, apportant la lettre synodale des évêques qui avaient ordonné le patriarche Epiphane, et une seconde lettre de lui, où il représente au Pape l'attachement de plusieurs évêques à conserver dans les diptyques les noms de leurs évêques» l'exhortant à ne pas en' exiger la suppression avec trop de rigueur. Â celte lettre, Epiphane joint de nombreux et riches présents pour l'église de Saint-Pierre de Rome. Les mêmesdépulésapporlèrentauPapeunelettre de l'empereur, contenant les mêmes remontrances sur rattachement de certaines Eglises aux noms de leurs évêques , dans le Pont, l'Asie, et surtout en Orient. «Le clergé et le peuple de ces Eglises, » dit l'empereur, « ne peuvent être fléchis, ni par raison , ni ))ar menaces, pour abolir le nom des évêques qui ont été en réputation chez eux , el ils aiment mieux mourir que de les condamner morts. Nous croyons qu'il faut les traiter avec douceur, d'autant plus que votre pré-

»*»Poisessor deniandait au. Pape son avis surlesécrlis de cet étèiiue. (FtEuav., Ilist. eccl.,i. \ll|

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décesseur Anaslase a déclaré C(u*il suffisait , h ceux qui demandaienl la paix, de supprimer le nom d*Acace. » A cette lettre était jointe une requête présentée à l'empereur

Îyar les clercs» les abbés et les principaux aïques de Jérusalem, d*Antioclie et de la seconde Syrie, pour le prier de procurer Tunion parfaite des Enlises. Elle contenait leur profession de foi, recevant les quatre conciles, et condamnant les nestoriens et les eutjchiens. ,

£n réponse à toutes ces lettres, le Pape HormisJas en écrivit deux à Ëpiphane, dont l'une marque Tarrivée des légats et des présents pour Téglise de Saint-Pierre; Tautre, beaucoup plus ample, contient la résolution [du Pape sur 1 attachement de tant d'Eglises au nom de leurs évoques. Voui deveZf dit-îl, vous mettre à ma place^ et voui souvenir qu£ vous rendrez compte à Dieu de votre conduite. Vous nous déclarerez, par vos lettres, ceux qui vous seront unis de commu^ fiion, et par vous au Saint-Siège, y insérant les libelles qu'ils auront donnés. Ainsi pour^ront être absous Sévère et ses complices. Mais en usant d'I^umanité envers ceux qui se «oumeltent, rejetez ceux qui demeurent dans l'hé' résie, ou qui feignent d'être Catholiques, et ne sont d'accord avec nous que de paroles. Quant à ceux de Jérusalem, dont vous nous avez aussi écrit, ils doivent s'en tenir à ce que les Pires ont défini, particulièrement au con^ cile de Chalcédotne, Si donc ils désirent la communion du Saint-Siège, qu^ils nous envoietit fa profession de foi quils ont présentée à nos légats à Constantinople, ou qu'il vous la donnent pour nous la faire tenir.

En même temps In Pape Hormisdas écrivit à Tempereur Justin sur le même sujet, disant : Jl faut se garder de la subtilité de ceux qui ne font les difficiles que pour donner atteinte a ce qui est rétabli, et leur persévérance dans l'erreur ^.mpêche de les traiter aussi

doucement que daris les commencements

Enfin, fai écrit à Ëpiphane de recevoir ceux qu'il en jugera dignes en sa conscience, suivont la formule que je lui ai envoyée. Toutes ces lettres du Pape Hormisdas sont du même jour, vingt-six mars 521.

L*£^lise d'Orient n'était pas le seul objet des veilles et des travaux de ce saint Pape. Ses soins ne s*étendaient pas moins en Occident. Pour V conserver la loi et la discipline, il envoya d'excellentes instructions à saint Avit de Vienne, pour la Gaule Narbonnaise; à Jean de Tarragone, pour TEspagne cité« ricure, et à Sallusle de Sévillc, pour Tultérieure. 11 continua de servir TEglise jusqu'à la fin, avec une application infatigable. Outre les grandes qualités qu'il avait reçues de Dieu pour le gouvernement de l'Eglise, il avait aussi fait voir combien il avait à cœur sa sanctiGcaiion particulière.

Durant le temps de son Pontiûcal, il donna dans Rome de grands exemples de modeslie, de pénitence et de charité; il prit soin du culte extérieur de la religion, instruisit i« clergé dans la psalmodie, et construisit diverses é^jUses dans la ville. Après s*êlro

acquis une grande répQtaUooparlitt.ii t de sa vie, la sagesse et la prodeDce itr ^ quelle il gouverna l'Eglise peadaolb.*..i > et dix mois, ce saint Pape mourut le 6 1 . 523, nous laissant un grand oomtire <lt • très, dont quatre-vingts furent insérv» «- • la collection des condIe>. Sa oiéi&o;rt {, honorée le 6 août, et il eut |iour suac^^^- Jean I". Saint Hormisdas avait été tùjL dans le mariage avant d'entrer dans :r. ecclésiastique, et il eut un &ls,saimStT''. qui monta aussi sur la chaire de saint P *. r HYGIN (Saint}. — Ce Pape, le bui:-

3 ni succéda à saint t^ierre, était oruiu • 'Athènes, fils d'un philosophe, ei L .

l'an de Jésus-Christ 139, pour saccéaer .. Pape saint Télesphore, oui éuit Oi^-ij 5 janvier de la même année. L'Eglise;..sait alors de quelque'tranquillilé, soas I»:pereur Antonin , qui , sans aimer lesù.-r tiens, ne voulait pas cependant qu-( 4 persécutât [)Our cause de religion, h c mon, jaloux de cette espèce de paix, scï Cérdon pour la troubler par ses nouvea

* Cet hérésiarque vint de Svrie i Boxe l'an 140, et se mit aussitôt i répandre i. erreurs monstrueuses, qui furent tn^:

adoptées et propagées par Marciun. C la plupart des hérétiques de ce 5:

Cerdon soutenait que ce monde n'éi.. .

l'ouvrage d'un Dieu tout-puissant, &t«-t bon, non plus que la loi deHoise,«]L paraissait incomplète et trop riguure:- Conséquemment, il admettait deux pn;.

de toutes choses, l'un bon et l'autre m^ c'est à ce dernier qu'il attribuait la for&.* du monde et la loi de Moïse. L'autre, appelait le principe inconnu, était, sei^* • le père de Jésus-Christ; mais il n>«' ' point que le Fils de Dieu se fût réel>: revêtu de Thumanité, fût né d'une tït*. eût enduré véritablement les souSran v la mort; tout cela, disait*il, ne sV:'qu'en apparence. Il n'admettait point :i surrection des corps, mais seulemec; .*des Âmes ; il supposait par eonséquesi*celles-ci mouraient avec les corps* Il r^ tous les livres de l'Ancien Tesiaœe.î.

n'admettait du Nouveau que l'Evangl e»

saint Luc, encore en retranchait-il ur.f tie. Les mêmes erreurs furent ensuit.*^tenues par Marcion et par st^ disciples.

Plusieurs critiques prétendent qu'*' les deux principes, l'un absolumeo' l'autre mauvais par nature, Cerdon elU? en admettaient un troisième interme-^' qui était d'une nature raiite, etque '(• celui-ci que ces hérétiques attribuaie • création du monde et la I^islat»oo0' que. Mais, s'il est vrai que, suivant leur* nion, ce principe mixte, quoique coolie' lement en guerre avec le mauvais prio'/ aspire cependant, aussi bien que lui. implanter lEtre suprême, k souoetlrf hpropre empire tous les babitaots de li ^ ce principe mixte nous parait l)eaneoop • * méchant qu'il n'est bon. C'est un tmi^-^ ehancet/â, non*seulemenl de se révoisK .*'• tre le Dieu souverainement bon. ca^ '

INN

DES PAPES

vouloir sotislraire h son empire les hommes qu'H désire rendre heureux. Sui- ?ant les cerdoniens» le Dieu bon a envoyé Jésns-Christ, son Fils, sur la terre, pour déiniire Tempire du mauvais principe et celui dti principe mixte, et pour ramener i Dieu les Ames qu'ils ont séduites. Tous deux , discfil-iiSt se sont Ufués contre Jésus-Christ, ont siisci lé contre lui les Juifs pour le cruciGer et le mettre à mort; mais comme Jésus n'avait qu'un corps apparent, ils a*ont pu* y réussir qu^en apparence. Voilà donc le principe mif te, prétendu Dieu des Juifs, devenu aussi méchant que le mauvais principe ou le f»rince des ténèbres : ainsi, la supposition de ce principe intermédiaire ne remédie à rien ; ce n*est qu'une absurdité de plus.

Le Pape saint Hygin, à la vigilance duquel rteo n'échappait, sépara de la communion d«$ fidèles Cerdon , qui eut recours à ThyfK)crisie, et rétracta ses impiétés sans y re* fioocer dans son cœur, car il continua à dogfinaliser en secret. Saint Hygin n*eut pas plu- H été instruit de cette conduite , qu'il Tex* communia une seconde fois. Comme si ce Vûl pas été assez d'un tel fléau pour l'Efie Dieu, Valentin, piqué de ce qu'on ni^Hiit pas fait évoque, renouvela plusîeml^ûétés de Simon le Magicien, auxijue/les^m|g|^^es absurdités de son inreiUioQ, don^^^^^j^ville d'Alexandrie ; }i ensuite il se renH^Bome pour s'y faire le nouveaux disciplés^Asaint Pape essaya J abt>rd les voies de douce^pour le rame* ter k la vérité; mais cetteVwé envers un lovateur aussi opin*Atre qi^^isimulé, ne

produisit pas tout l'effet que Pon avait droit d^eii attendre; et comme il ne voulait pas se rétracter, saint Pie I'% successeur de saint Hygrn, fut contraint de recourir aux voies de rigueur, et de le chasser de l'Eglise, la première année de son pontiti<^at.

Ce Pape rangea le clergé h .son devoir, et défendit qu*on ne dédiât aucune église sans cérémonie et qu*on n^eu bâllt ni ruinât aucune sans la permission de Tévêque métropolitain. Il défendit qu*on employât h des usages profanes les matériaux des églises ruinées , mais voulut qu'on s*en servit pour bâtir d'autres églises ou des monastères. Il ordonna qu'il y aurait un parrain et une marraine au baptême des calécluimènes, (|ui serviraient de garants et de cautions envers Dieu et r£.;lise, pour les promesses faites nu baptême. Il ôta aux métropolitains le pouvoir de ju^er et do condamner un évéi|ue, s*il n'était jugé et condamné par la voix des autres suffragants. Il eut le bonheur de traiter avec saint Poljrear|>e, disciple de t'apAtre saint Jean, qui démasqua les hérésiarques !^farcion et Valentin. Il ordonna cinq prêtres, quinze diacres et six évéques.

Saint Hygin mourut le 11 janvier da Tan U3, après avoir occupé, pendant quatre ans, trois mois, quatre jours, la chaire de saint Pierre. Le Martyrologe romain lui donne le titre de martyr; cependant ou croit généralement que, s'il souffrit' pour Jésus - Christ, ce ne fîjt pas jusqu'à donner sa via et qu'il mourut en paix. Sa mémoire est ho- Borée lell janvier. Son corps fut enterri^ au Vatican et sa dignité conférée à Pie I**,

INNOCENT I*^ (Saint), quaijMème Pape, t;.it né en 360 à Albano, pdOTe Rome. — [lut choisi, k cause de sa^Fe vertu et de s capacité, pour succédj^eo 1 an 402, au ape saint Anastase. ^pre regarda bientôt oinncieun homme.destJpTpar Dieu pour con- )ier et fortifier son »lise dans les aillicons qui lui arrivère^Bsous son pontificat, ^ès te cominencemeni^Bon administration,

l'ut obligé de veiller^^b particulièrement^ jr son troupeau, de pk|^]ue les maj

inporels dont la ville ulB^^^

Italie se voyaient menacéesiM|^Mvrses

les ravages des Goths, qui avIIRit à leur te Alaric, ne jetassent les peuples dans le î^espoir. Il n'était pas moins touché des aux de r£glised*Orient, et employa tous ses lîïs à y remédier. Il ressentit unevivedou* ur de I a persécution que Tonexerça contre inl Jean Cbrysostome, patriarche de Consritiriof^le , le plus grand ornement qu'eût irs cemie Eglise ; car ce saint fut poursuivi r V*\iik|>ératrice£udoxie, femme d'Arcade, V^ar Tbeophi^e d'Alexandrie, chassé de son •^'c pour la seconde fois et relégué pour ne/ is revenir. Innocent reçut les députés que fil Chrjrsostoine lui envoya, et remit la déj ioa de cette affaire à un concile Mais bli

I>aCT10?f!f. DES PàPKS.

t6t après, connaissant la vérité, et convaincu de l'innocence de ce saint évêque, il lui écrivit pour l'encourager à souffrir l'injure qu'il avait reçue, par le témoignage de sa l)onne conscience.

Ensuite, ayant appris que les ennemis de saint Chrysostome exei-çaient une cruelle py^^ion, dans tout l'Orient, contre ceux Soignaient son parti, il en fut sensible- Fnt aBgé, et, ne pouvant plus dissimuler int d'^ftès, il décrivit à Tempereur Honori us iflit où se trouvaient les affaires de TK^Ii^vd'Orient, et pria ce prince d'en écrir^Vrempereur Arcade, son frère, pour obte^V de lui que l'on tint un concile à TheMonique, où les prélats d'Orient et ent pourraient plus facilement se Mais les ennemis de saint Cbrysoséureut le crédit de faire échouer cette lîiation, et les députés que le Pape Inno* avait envoyés pour porter sa lettre, après r reçu bien des mauvais traitements, fu-> t obligés de revenir en Italie. Saint Chrystome étant mort dans son exil, Innocent e voulut avoir aucune communication ni ommerce avec ceux qui refusaient de.mettre e nom de ce ccrand évêque dans les dyptiques.CesaintPape nes'occupa pasavec moins

UOR

IIOR

décesseur Anaslase a déclaré C(u*il suiBsait, à ceux qui demandaienl la paix, de supprimer le nom d*Acace. » A cette lettre était jointe une requête présentée à Tempcreur par les clercs, les abbés et les principaux laïques de Jérusalem, d'Antioclie et de la seconde Syrie, pour le prier de procurer Tunion parfaite des Eglises. Elle contenait leur profession de foi, recevant les quatre conciles, et condamnant les nestoriens et les eutjcbiens. i

En réponse à toutes ces lettres, le Pape Hormisdas en écrivit deux h Epipliane, dont Tune marque l'arrivée des ié;^ats et des présents pour Téglise de Saint-Pierre; Tautre, beaucoup plus ample, contient la résolution [du Pape sur rattachement de tant d'Eglises au nom de leurs évéques. Voui deveZf dit-ii, vous mettre à ma place^ et voui souvenir que vous rendrez compte à Dieu de votre conduite. Vous nous déclarerez, par vos lettres, ceux qui vous seront unis de commu'^ nton, et par vous au Saint-Siège, y insérant les libelles quUls auront donnés. Ainsi pour* ront être absous Sévère et ses complices. Mais en usant d'I^umanité envers ceux qui se sou* mettent, rejetez ceux qui demeurent dans Ihé' résie, ou qui feignent détre Catholiques, et ne sont d'accord avec nous que de paroles. Quant à ceux de Jérusalem, dont vous nous avez aussi écrit, ils doivent s'en tenir à ce que les Pires ont défini, particulièrement au conciledeChalcédoxne. Si donc ils désirent la com^ munion du Saint-Siège, quils nous envoient la profession de foi quils ont présentée à nos légats à Constantinople, ou qu'il vous la donnent pour nous la faire tenir.

En même temps In Pape Hormisdas écrivit à Tempereur Justin sur le même sujet, disant : Il faut se garder de la subtilité de ceux qui ne font les difficiles que pour donner at* teinte a ce qui est rétabli, et leur persévérance dans Verreur <mp/c/ie de les traiter aussi

doucement que dans les commencements

Enfin, fai écrit à Epiphane de recevoir ceux qu^il en jugera dignes en sa conscience, suivont la formule que ie lui ai envoyée. Toutes ces lettres du Pape Hormisdas sont du même jour, vingt-six mars 521.

L'Egalise d*Orieni n*ùlail pas le seul objet des veilles et des travaux de ce saint Pape. Ses soins ne s*étendaient pas moins en Occident. Pour v conserver la foi et la discipline, il envoya d'excellentes instructions à saint Avilde Vienne, pour la Gaule Narbonnaise; à Jean de Tarragone, pour TEspagne cité« Heure, et à Salluste de Sévillc, pour Tultérieure. Il continua de servir TEglisc jusqu'à la fin, avec une application infatigable. Outre les grandes qualités qu'il avait reçues de Dieu pour le gouvernement de l'Eglise, il avait aussi fait voir combien il avait à cœur ^ sanctiGcaiion particulière.

Durant le temps de son Pontificat, il donna dans Rome de grands exemples de modestie, de pénitence et de charité; il prit soin du culte extérieur de la religion, instruisit le clergé dans la psalmodie, et construisit diverses églises dans la ville. Après s'êlro

acquis une grande réputation par la UiU < de sa vie, la sagesse et la prudence avet |. quelle il gouverna l'Eglise pendant buu m et dix mois, ce saint Pape mourut le €kû* 523, nous laissant un grand nombre de .*v très, dont quatre-vingts furent insérées di t la collection des concile.^. Sa niémoire a: honorée le 6 août, et il eut |ioar luccessev Jean I". Saint Hormisdas avait été eOei.dans le mariage avant d'entrer dans Ici ecclésiastique, et il eut un fils, saint Si Té^. qui monta aussi sur la chaire de saint Ptem. HYGIN (Saint}. — Ce Pape, le buitir.-

3 ni succéda à saint Pierre, était ori^iDi.:t 'Athènes, fils d'un philosophe, el luii. l'an de Jésus-Christ 139, pour succéder i: Pape saint Télesphore, oui était mor:..- 5 janvier de la même année. L'Eglise jo;.^ sait alors de quelque'tranquillilé, sous !>£pereur Antonin , qui , sans aimer les ij^r tiens, ne voulait |)as cependant qu'on • persécutât [>our cause de religion. Le :• mon, jaloux de cette espèce de paix, sihc. Cérdon pour la troubler par %t% nouTei;'^ ' Cet hérésiarque vint de Svrie à Rome m> l'an 140, et se mit aussitôt i répandre c erreurs monstrueuses, qui furent en^u adoptées et propagées par Marcion. Coai la plupart des hérétiques de ce si6.' Cerdon soutenait que ce monde néiitf»

l'ouvrage d'un Dieu tout-puissant, si.'»' bon, non plus que la loi de Moïse, qb. paraissait incomplète et trop ri^ourea' Conséquemment, il admettait deux prioc:/. de toutes choses, l'un bon et l'autre mauvi^ c'est à ce dernier qu'il attribuait la forœi du monde et la loi de Moïse. L'autre. «appelait le principe inconnu, était, selon . le père de Jésus-Christ; mais il n'a*o.i point que le Fils de Dieti se fût réetiforevêtu de l'humanité, fût né d'une rier.eût enduré véritablement les souSraccc« la mort; tout cela, disait-il, nesest:

qu'en apparence. Il n'admettait point li > surrection des corps, mais seulement ce des Âmes ; il supposait par conséquent ;• celles-ci mouraient avec les corps. Il rejr;* tous les livres de l'Ancien TeslaoeM. <n'admettait du Nouveau que l'Evangiiesc : saint Luc, encore en relrancbait-il uDe;i-* tie. Les mêmes erreurs furent ensuite >•' tenues par Marcion et par ses disciples.

Plusieurs critiques prétendent qu'ocles deux principes, l'un absolumeni t l'autre mauvais par nature, Cerdon et tfi'^en admettaient un troisième intermed < qui était d'une nature mixte, et que r't>. celui-ci que ces hérétiques attribuaied * création du monde et la législation fv^ que. Mais, s'il est vrai que, suivant lear o* nion, ce principe mixte, quoique ooauow* lement en guerre avec le mauvais pnor..'' aspire cependant, aussi bien que lot, implanter 1 Etre suprême, k soumettre à m propre empire tous les habitants de la terr. ce principe mixte nous parait i>eaoeoop r ^ méchant qu'il n'est bon. C'est un trait de dr ehancet/if non-seulemeot de se révolter ^^ tre le Dieu souverainement Ik)o. oais -<

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»ES PAPES

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vouloir sotistmire h son empire les hommes qu*H désire rendre heureux. Sui- ▼ant les cerdoniens. le Dieu bon a envoyé Jésus-Christ, son Fils, sur la terre, pour dé* iniire Tempire du mauvais principe et celui lin principe mixte, et pour ramener i Dieu les Ames quMIs ont séduites. Tous deux , disent-ils, se sont ligués contre Jésus-Christ, ont suscité contre lui les Juifs pour le crucIGer et le mettre à mort; mais comme Jésus n*avait (ju*un corps apparent, ils n*ont pu'j réussir qu*en apparence. Voilà donc le principe mixte, prétendu Dieu des Juifs, devenu aussi méchant que le mauvais principe ou le firince des ténèbres : ainsi, la supposition de ce principe intermédiaire ne remédie à rien ; ce n'est qu'une absurdité de plus.

Le Pape saint Hygin, à la vigilance duquel rien n'échappait, sépara de la communion (les fidèles Cerdon , qui eut recours à Thyf locrisie, et rétracta ses impiétés sans y re* iioncer dans son cœur, car il continua à dogmatiser en secret. Saint Hygin n'eut pas plutôt été instruit de cette conduite, qu*il rexcommunia une seconde fois. Comme si ce n'eût pas été assez d'un tel fléau pour TE- ^1ise de Dieu, Valentin, piqué de ce qu'on no l'avait pas fait évèque, renouvela plusieurs impiétés de Simon le Magicien, auxquelles il joi[^nit des absurdités de son invention, dont il infecta la ville d'Alexandrie ; et ensuite il se rendit è Rome pour s'y faire de nouveaux disciples. Le saint Pape essaya d'abord les voies de douceur pour le rame* ner h ta vérité; n>ais cette bonté envers un novateur aussi opin*Atre que dissimulé, ne

produisit pas tout l'effet que Ton avait droit d'en altendre; et comine il ne voulait pas se rétracter, saint Pie I*', successeur de saint Hygîn, fut contraint de recourir aux voies de rigueur, et de le chasser de l'Eglise, la première année de son ponlifK^at.

Ce Pape rangea le clergé h son devoir, et défendit qu'on ne dédiât aucune église sans cérémonie et qu'on n'en bâllt ni ruinât aucune sans la permission de l'évêque métropolitain. Il défendit qu'on employât h des usages profanes les matériaux des églises ruinées , mais voulut qu'on s'en servit pour bâtir d'autres églises ou des monastères. Il ordonna qu*il y aurait un |>arrain et une marraine au baptême (\e$ calécluiniènos, qui serviraient de garants et de cautions envers Dieu et l'EzIise, pour les promesses faites nu baptême. Ifl ôta aux métropolitains le |K)uvoir lie juger et do condamner un évé^pie, s'il n'était jugé et condamné par la voix des autres suffragants. 11 eut le bonheur de traiter avec saint Polyearj>e, disciple de l'apôtre saint Joan, qui démasqua les hérésiarques &farcion et Valentin. Il ordonna cinq prêtres, quinze diacres et six évêques.

Saint Hygin mourut le 11 janvier da Tan ik% après avoir occupé, pendant quatre ans, trois mois, quatre jours, la chaire de saint Pierre. Le Martyrologe romain lui donne le titre de martyr; cependant ou croit généralement que, s'il souffrit* pour Jésus - Christ, ce ne fut pas jusqu'à donner sa via et qu'il mourut en paix. Sa mémoire est honorée leU janvier. Son corps fut enterré au Vatican et sa dignité conférée à Pie I**,

I?^NOCENT !•' (Saint), quarantième Pape, éti.it né en 360 à Albano, près de Rome. — II fui choisi, k cause de sa rare vertu et de sa capacité, pour succédei*, en 1 an 402, au Pape saint Anastase. On le rei<arda bientôt comme un homme.deslinépar Dieu pour consoler et fortiGer son Eglise dans les ailliclions qui lui arrivèrent sous son ponliQcal. Dès le commencement de son administration, il fut obligé de veiller plus particulièrement sur son troupeau, de peur que les maux tiMUDorels dont la ville de Rome et toute ri talie se voyaient menacées par les courses et les ravages des Goths, qui avaient à leur tête AlariCy ne jetassent les peuples dans le Jé^espoir. Il n'était pas moins touché des rnatixde r£glised'Orient,etemploya tousses liotiis è y remédier. 11 ressentit une vive douleur de I a persécution que l'onexerça contre saint JeanChrysostome, patriarche de Constantioopie, le plus grand ornement qu'eût alors cette Eglise ; car ce saint fut poursuivi |.ar fimpératriceEudoxie, femme d'Arcade, rt par Theophite d'Alexandrie, chassé de son ^ic^e pour la seconde fois et relégué pour ne \Aiis revenir* Innocent reçut les députés que saint Chrysostorae lui envoya, et remit la dé- L'i>ion de cette affaire à un (*oncile Mais bien*

DlCTIO?f!«. DES PàPKS.

t6t après, connaissant la vérité, et convaincu de l'innocence de ce saint évèque, il lui écrivit pour l'encourager à souffrir l'injure qu'il avait reçue, par le témoignage de sa tx)nne conscience.

Ensuite, ayant appris que les ennemis de saint Chrysostome exei-çaient une cruelle persécution, dans tout l'Orient, contre ceux qui soutenaient son parti, il en fut sensiblement affligé, et, ne pouvant plus dissimuler tant d'excès, il décrivit à Tempereur Honori us l'état oik se trouvaient les affaires de l'Eglise d'Orient, et pria ce prince d'en écrire à Tempereur Arcade, son frère, pour obtenir de lui que l'on tint un concile à Thessalonique, où les prélats d'Orient et d*Occident pourraient plus facilement se rendre. Mais les ennemis de saint Chrysostome eurent le crédit de faire échouer cette négociation, et les députés que le Papeinno* cent avait envoyés pour porter sa lettre, après avoir reçu bien des mauvais traitements, fu* rent obligés de revenir en Italie. Saint Chrysostome étant mort dans son exil. Innocent no voulut avoir aucune communication ni commerce avec ceux qui refusaient de.mettre le nom de ce (srand évoque dans les djfpti'* ques. Ce saintPapenes'occupa pas avec moins

INN

INN

desollicitucie des Eglises de l'Occident, par 4liTer$es lettres qu*il écrivit aux prélats pour Aire observée exactement tout ce qui se trouvait établi par la Iraditinn des anciens Pères. Elles font voir que les Eglises des Gaules cherchaient à régler leur conduite sur les canons et les décrets que suivait TEglise romaine, pour se conformer è sa discipline. Dans le même temps qu'innocent travaillait h rétablir Tordre et la régularité partout, Alarie, roidesGoths, ayant mis le siège devant Home, la réduisit aux dernières extrémités. A la famine se joignit la peste; et ces deux fléaux remplirent la ville de corps morts beaucoup plus que Tépéedes ennemis. On peut Juger quelle fut Taffliction du saint Pape : il fallut acheter la levée du siège par une somme imnaense d*or et d'argent. Alaric ayant reçu la somme nu'il avait demandée leva le siège. Mais ce barbare n'ayant pas voulu faire la paix avec l'empereur Honorius, dont il était mécontent, la ville de Rome demeura ainsi exposée aux maux qu'elle venait d'éloigner. Le sénat députa Innocent vers Alaric, et ensuite vers 1 empereur, pour engager ces deux princes à s*accorder : ces deux négociations furent infractueuses. Le Pape, prévoyant ce qui devait arriver à ta ville de Rome, s'arrêta è Ravenne, auprès d'Honorius. Bientôt il parut

3ue Dieu avait voulu retirer son serviteur 'une ville dont il allait permettre la ruine. En effet, Alaric remit le siège devant Rome, la prit l'an 410, et l'abandonna au pillage, à l'exception de l'ègii^e de Saint-Pier.'^e. L'année suivante elle fut encore ravagée par Atolfe, beau-frère d'Alaric.

Quand h*état de cette ville parut un peu plus tranquille, Innocent y revint, et causa, par son retour, une grande joie à son peui)le. .Ce saint pasteur leur apprit à faire un bon usage des maux qu'ils souffraient. Il s'en servit même pour détruire les restes de ridoUitrie^ engageant les fidèles à se montrer, dans leur adversité, plus patients que les païens. Ceux-ci, témoins du courage des Chrétiens dans la perle de leurs biens« demandaient à entrer dans une rchgion qui inspire Je mépris des choses temporelles. Au .bout de quelque temps la trar«quillité se rétablit dans Rome, et le saint Pape en profita pour y Caire fleurir la discipline et la régularisé.

Le Papesaint Innocent écrivit aux évèques d'Espagne, qui avaient tenu le concile de Tolède en kW. L'évèqueHilaire, qui y avait assisté, alla à Rome avec le prêtre Elpide, et se plaignit au Pape dece que la paixde l'Eglise était troublée, en Espagne, par le schisme et le mépris des canons. Ils lurent entendus dans rasseml)lée des prêtres de l'Eglise romaine, et on en dressa des actes. Le schisme venait des évêques de la province bétique et de la carthaginoise, qui s*étaient séparées des autres parce qu'ils avaient reçu à leur communion les évêques de Galice, qui, après avoir suivi les erreurs de Priscillien, les avaient abjurées; entre autres , Symphosius et Dittyonius, reçus au concile de Tolède.

Nonobslanl leur conversion, les évèqoos de la Bétique ne pouvaient se résoudre à leur pardonner, ni à ceux qui communiquaient avec eux. Quant à la discipline, Hilaire se plaignit de Rutin et de Mimicius, évèques qui avaient ordonné des évêques hors de leurs provinces, et sans le métropolitain, contre les canons de Nicée, et sans avoir égard à la volonté du peuple. Rufin luimême avait été ordonné contre les canons, après avoir postulé dans la place publique depuis son baptême : et on faisait le même reproche à Grégoire, évêque de Mérida. Ce fut donc sur ces plaintes que le Pape saint Innocent écrivit aux évê.|ues du concile d« Tolède, tenu quelque temps auparavant, pour les exhorter à la co'cordc et è l'observatioa des canons, particulièrement touchant les or* dinations, sur lesquelles il leur donne les mêmes règles queaans les autres décrélalcs. (Flkuat, Hist, eccL, t. IV.)

Mais revenons è TafFaire sî importante de saint Jean Chrysoslome, que nous avons sommairement expliijuée ei dont Fleury donne les détails suivants :

Le premier qui porta à Rome cette nouvelle fut un lecteur d'Alexandrie, qui vint avec des lettres de Théophile, portant que Jean avait été déposé. Le Pape Innocent tes ayant lues, fut surpris de 1» hauteur de Théophile, qui lui écrivait seul, sans expliquer les causes de la déposition, ni avec qui il l'avait faite: il demeura dansledmite, et ne fit point de réponse, ne voyant rien de solide en cette affaire. Alors un diacre de l'Ej^lise de Constantinople, nommé Eusèhe, qui se trouvait è Rome pour les affaires ecclésiastiques^ vint au Pape et lui préseau une requête, par laquelle il le priait d*2itendre un \yeii de temps, et qu'il verrait toute la conjuration découverte. En elTet trois jours après, il arriva quatre évêques du parti de saint Jean Chrysoslome, Pansophius de Pisidie, Papus de Syrie, DemeKius de Galatie, Eugène de Phry^ie, qui rendirent trois lettres, l'une de saint Chrysoslome ; Tautredesquaranteévêquesquicômmuni(|uaienl avec lui; la troisième de son clergé. Elles étaient loutes trois conformes^ et expliquaient ce qui était arrivé.

La lettre de saint Chrysoslonoe ci 'est adressée, suivant l'inscription^ qu^au Pape Innocent4 mais dans la suite du discours il parie comme à plusieurs, supposant sans doute qu^elle serait lue dans un concile, suivant la coutume; et il est remcirtfuè à la tin qiie l'on en avait envoyé autant à VeniTius évoque de Milan, et à Chroiiiace d'Aqnilée. Saint Chrysoslome j marq^ue d'abord, q«rflvec les quatre évêques qui ont été nommés, il avait envoyé deux diacres, Paul et Cyriaque. Il y raconte tonte la suite de l'affaire: les plaintes à l'empereur contre Théophile d'Alexandrie, son arrivée à Conslantinople, son éloignemewt de saint Chrysoslome.

a Au lieu de se JustiQer, » dit-il , ^ il me ût cîier moi-même devant son concile, où, sachant que je n'avais point de justice ùes/ôrer, je ne me présentai point ; et je reftwn*

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DES PAPES

IMN

trai qu*il n'avait point de juridiction sur moi. Il ne laissa pas de passer outre; je fus chassé par force de CoustaiHinople. L'empereur me rappela : je rentrai acoompagné de trenle évèijues. Théophile s'enfuît. A mon retour je priai l'empereur de faire as* sembler un concile 9 pour juger ne qui s'était passé,; mais je ne pus I obtenirt au contraire j'at encore été chassé.» Là il explique les violeoces commises la yeille de PA* ques, et représente les suites de cette persécution, et la division qu'elle causait dans tout l'Orient. • Je vous prie donc, » conclut*il| « d'écrire des lettres, où vous déclariez nul tout ce qui s*est fait contre moi, et oit vous oi'accorcllez votre .communion, comme vous avez fait ju«qu'ici, puisque je suis condamné sans être entendu» et que j'offre encore de me justifier devant un tribunal non

susfKîrl. »

Le Pape écrivit en effet des lettres en réponse à celles-ci, fiar lesquelles il conservait également sa communion à l'un et à l'autre parti. Il rejetait le prétendu jugement de Théophile » et disait qu'il fallait assembler un autre concile non sus|iect d Occidentaux et d'Orientaux, récusant pour jiMi-s, premièrement les amis, et ensuite les ennemis. Peu de jours après, un erètre de Th^*0{)hile nommé Pierre , avec fartyrius, diacre de Constantinople» arrivèrent à Rome, et remirent au Pape des lettres de Théophile, et quelques actes, par ie5(]ucls il paraissait que Jean avait été co!i- (iaiiiué par trente-six évèques, dont vin^tneuf étaient Egyptiens. C'étaient les actes du concile du Chesne. Le Pape Innocent les sjant lus, et voyant que les accusations n'étaient point considérables , et que Jean n'arai t point été présent, continua à blâmer rh^ophile d'avoir prononcé un jugement si ;év ère contre un absent, et lui répondit en tes termes : Mon frire Théophile^ nous vous \tnwnM dans notre communiont vom et notre Vére Jfon, comme noue voue wone d^à dé^ rlare dans de$ lettrée précédentes^ et noue voue forerons la même chose toutee lee foie (fue cous noue éerirex. Que si on examine légtti^ mtment tout ce qui s'est passé par collusion^ 7 esi impossible que noue quittions sans rcu'- ^on da communion de Jean. Si donc voue youe confiez à notre jugementy présentex-youe tu ci^ncile qui et tiendra Dieu aidant^ et eX" }liquex lee accusaiionef suivant lee eanone de ïicée : car l^Egliee romaine n* en connaît point Vautres. Il voulait marquer par là qu'il n'aait point d'égard k ceux d'Aotioche. Le *ape avant ainsi renvoyé les députés de liéopbiie, fit df's prières accompagnées de ifûiies, pour demander è Dieu de rétablir union dans l'Eglise.

Peu de temps après, arriva à Rome un rétre <Je Constantinople nommé Thcotecne, yi rendit au Pape des lettres d'un concile 'enviruo vingt-cinq évèques du parti de itnl Chrysostome, où ils mandaient qu'il vaii été chassé do Constantinople è main ruine, envoyé en exil k Gueuse, et réalise rû'ëe. Le Pape donna aussi k Theotecne des

lettres de communion pour Jean, et pour ceux de sa communion, l'exhortant avec lar*mes k prendre patience, parce qu*il ne pouvait le secourift k cause de quelques personnes puissantesqui s'y opposaient. Peu de temps après, vint en homme arlificieax, nommé Paterre, (|ui se disait ppètredel'E-

S lise de Constantinople, et.paraissait par ses iscours fort animé contre saint Jean Chrysostome. Il apportait des lettres d'Arsace,de Paul, d'Antioehus, de Cyrin, de Scvetîn, et de quelques autres «n petit nombre, qui accusaient Jean de l'incendie de l'église de Constantinople. Le clergé de Rome Jugea cette accusation fausse, parce que Jean,dans le concile célèbre des évèques de son parti, ne s'en était pas même défendu ; et le Papa Innocent ne crut pas ces lettres dignes de réponse.

Cependant Innocent écrivit k saint Chrysostome par le diacre Cyriaque une lettre de consolation. Il écrivit de même au clergé de Constantinople, soumis k Jean ; car il y en avait une |>artiequi reconnaissait Arsace. C'est la réponse aux lettres qu'il avait reçues d'eux par Germain et Cassîen; et il marque aussi que les évèques Démétrius, Cyriaque, Eulysius et Pallade étaient déjk venus k Rome. Dans cette lettre le Pape Innocent déplore les maux de TÇlghse de Constantinople, particulièrement l'intrusioa d'un évèque k la place d'un évèque vivant et innocent, au mépris des canons, déclarant Qu'il n'en connaît point d'autres que ceux ne Nicée, et que ceux que des hérétiques ont imposés , doivent être rejetés , conformément au conoitede Sardique, quand même ils seraient d'ailleurs raisonnables. Pour remède k tous ces mauz, il dit qu'un concile Qdcuméaique est nécessaire, et qu'il a déik dit depuis longtemps qu'il fallait l'assembler ; qu'en attendant, il faut prendre patience, et se confier en Dieu,

La même année 40ik, il écrivit k saint Vietrice évèque de Rouen une lettre décrétale, en réponse k la prière qu'il lui avait faite, de lui marquer les règles que suivait l'Eglise romaine sur divers points de discipline. Le Pa()e Innocent lui répond, non pour introduire ri^n de nouveau, mais pour conserver les anciennes traditions. Sa décrétale contient quatorze arlirles, assez semblaiilcs k ceux, de la décrétale du Pape Sirice k Himérius, la plupart sur les ordinations et la continence des clercs. Il y marque que le mariage contracté avant le baptême est compté pour rendre bigame, et par conséquent irréçulicir, celui qui en a contracté un autre depuis ; |>arce que le mariage n'est pas comme les péchés, oui sont effacés par le )}aptème. Il dit quune femme* qui du Tivant de son mari en a épousé un autre, n*est reçue k la pénitence qu'après la mort de l'un des deux, et que la même chose doit être observée k l'égard d'une vierge voilée,

?ui s'est mariée au préjudice de son vœu, 'est*k-dire que ces cas étaient de ceux od l'Eglise abandonnait les coupables k*la miséricorde do Dieu, sans leur accorder les

«nr

sacreroeùts. Ladécrétafe est datée du 15 février kOk.

Cependant les amis de saint Chr^^sostome agissaient toujours à Rome. Démétriusi év6* que de Pessinonte, y fit un second voyage, «près avoir parcouru l'Orient, et publié la «offlroumon de TEgHse romaine avec saint Chrjsosloroe» en mootrant les lettres du Pape saint Innocent» Démétrius rapportait des lettres des évèqaes de Carie, par lesquelles ils «mbrassaient la communion de sainlClirysostome, et des prêtres d'Antioche qui suivaient aussi reiemple de Rome» et se plaignaient de l'ordination de Porphyre, comme irré* gulière. Ensuite, ar rivèrent à Rome le prêtre JDomilieii, économe de l'Eglise deConstanti- Bople t et un prêtre de Nisibe , nommé Vallagas, «u Vologèse, qui présentèrent les plaintes des Eglises do Mésopotamie. Ces deux prêtres apportèrent è Rome les «êtes d'Optat, préfet de Constantinople» par cik l'on voyait que des femmes de qualité» de familles consulaires, et diaconesses de l'Eglise de Constautinople, comme Olymtilade et Pentadie, avaient été amenées nu* bliquement devant le préfet, pour les obliger h communiquer avec Arsace, uu è payer au fisc deux cents livres d*or. Il se trouva aussi è Rome des ascètes et des vierges, qui montraient leurs côtés déchirés» et les marques des coups de fouet sur les épaules.

Le Pape saint Innocent en fut touché, et écrivit à l'empereur Honorius, lui marquant en délaiMe contenu des lettres qu'il avait reçues. L'empereur ordonna oue Ton assemblât un concile, et Yiu'on lui rapportât ce qu'on aurait résolu. Les évêques d Italie s'assemblèrent, et prièrent l'empereur Honorius d'écrire è l'empereur Arcade, son frère , qu'il ordonnât de tenir un concile è Thessalonique, afin que les évêques d'Orient et d'Occident pussent aisément s*y trouver» et former une asseniblée parfaite, non par te nombre, mais par la qualité des suffrages» et rendre un jugement définitif. Honorius ayant reçu cet avis, manda au Pape d'envoyer cinq évêques, avec deux prêtres et un diacre de Rome, pour porter è son frère Arcade une lettre qu'il lui écrivait en ces termes :

« G*est la troisième fois que j'écris à votre clémence pour la prier de réparer ce qui s'est fait par cabale contre Jean, évêque de Constantinople; mais il me semble que mes lettres ont été sans effet. Je vous écris donc encore par ces évêques et ces prêtres, ayant fort à cœur la paix de l'Eglise, dont dépend celle de notre empire, alin qu'il vous plaise d'ordonner que les évêques d'Orient s assemblentè Thessalonique : car ceux de notre Occident ont choisi des hommes inébranlables contre la malice et l'imposture, et ont envoyé cint] évêques, deux prêtres et un diacre de la grande Eglise romaine. Recevez-les avec toute sorte d'honneur, afin que» ii on leur fait voir que l'évêque Jean a été chassé justement, ils me persuadent de renoncer à sa communion» ou qu'ils me dé-

tournent de celle des Orientaux, $1U h convainquent d'avoir agi par malice. O.

|)0ur les sentiments des Occidentaai ï u\ gard de Tévêque Jean, vous les verrez \t: ces deux lettres que j ai choisies entre toui^ celles qu'ils mont écrites, et qoi Tieti toutes les autres ; savoir celles de Vé^h\^ de Rome et de Tévêtiue d*Aqut(^. Mtts, /. vous prie surtout de faire trouver sa cu^* eile Théophile d'Alexandrie» même nuLr lui ; car on faccuse d'être le priocipa) i.teur de lous ces maux. »

Quoique la lettre marque cîng évè)u^.

ii n'en parait que quatre chargés de cci.députation , savoir : Emilius, évéqoe u Bénévent, Gaudence de Bresse» CylbégiusH Marien, dont on ne sait pas le sxéft, h étaient accompagnés des prêtres Valeonien et Boniface, et chargés des lettres ^ l'empereur Honorius, du Pape Innocent, • Chromace d'Aquilée» de Vénétios Vénerv de Milan, et des autres évêques dllah^ avec une instruction du concile de tout TOccideni. Ils prirent le chemin de Coostiab- DO[)le» par les voitures que fournissait i't> pereur, et furent accompagnés de quMr»

evê(jues orientaux» qui retournèreot r* eux; savoir : Cyriaque, Démétrius, PalltJ'''. Eulysius. L'instruction des députés \nrxi que Jean no devait point paraître en jo^'* ment, qu'il n'eût été auparavant rétJ. • dans son Eglise et dans la communion, hqu'il n'eût aucun sujet de refuser d'cni' ? au concile.

Vers le même temps, le Pape saint b»>* cent, étant consulté par saint Etupère,étr que de Toulouse» sur divers points dedbr* ptine» lui répondit |)ar une lettre dérrcu hur la continence des clercs, ii renvoie t -> décrétale de saint Sirice, donnée vingt ir* auparavant et veut que les diacres et '-^

Erêtres qui» ayant ignoré celte loi, aoru«:abité avec leurs femmes, gardent leur nu k la charge de vivre désormais dans la rustnence, et de ne pouvoir monter è un de.* plus élevé; mais pour ceux qui ont eu («<* naissance de la décrétale, il veutqoMs sotr déposés. Quant è ceux qui» après leur t^ttêiiie, ont toujours vécu dans i*incoaUnefir% et demandent la communion h la mort, sani Innocent dit que l'ancienne discipline «t<< plus sévère et qu'on leur accordait m^ ment la pénitence» et non la oommuoc^f : c'est^-dire, qu'on leur imposai! lafti • tence, et qu'on les abandonnait eosuile i < miséricorde de Dieu, sans leur donner r«> solution, ifatâ à préâtnt^ dit saint Innocfi' on leur accorde Vun et Fautre. Il rend ri son de cet adoucissement. Du temps qnf «^ persécutions étaient fréquentes, on evêi^' que la facilité d'être reçu h la commooiui, et l'assurance d*êire réconcilié» ne délia* net pas assez de la chute. Mais depuis ^^ l'Eglise est en paix» on a plus d'égard 1 ^ miséricorde divine et on n a pas voelo |<; raitre imiter la doreté des noratieos. Il «^ remarquable que la discipline était \Aus ?•vère sous les persécutions, et en géu^* qu'elle peut changer selon Its temps*

INN

DES PAPES

TNN

On «Soutail si les Chrétiens après leur b£p(ème pouvaienl exercer des jugements criiuinels, oo ménie donner des requêtes pour deruaeder une peine sanglaute. Saint lanoceat répond que» puisque la puissance publique, portant le glaive pour la vengeance des crîûies, est établie de Dieu, il est permis aux Clfrétiens dé fimplorer, et même do Texercer. Saint Aaibroise, étant consulté sur ce point, avait répondu de même. Le Pape saint Innocent déclare adultère ceux qui après lé divorce contractent un nouveau mariage, et les personnes qu'ils épouso'^t, en sorte que les uns et les autres doivent être exclus de la comunion des tidèles« Cesi que les divorces étaient punis par les lois civiles. Il marque que les hommes faisaient i»lus rarement pénitence pour adultère que hs femmes* quoique la religion chrétienne condamne également ce crime en fan et en Tautre, mais parce que les femmes accu* s lient plus rarement leurs maris, et que l'Eglise ne punit point les crimes cachés. A la tin de la décrétale , il publie le catalogue des livres sacrés, tel mie nous Ta vous aujour* d*hui, et marque quelques livres apocryphes et condamnés. La décrétale est datée du 20 février M5.

Porphyre, évêque d*Antioche, était mort, (*t avait eu pour successeur Alexaudre, qui avait |)assé sa vie dans les exercices de la l^rofe^sion monastique, pratiquant la pauvreté et toutes les vertus, et soutenant cet exemple par une grande éloquence. Il réunit (•ar ses puissantes exhortations le parti dos (Mjstatliiens , séparés depuis si longtem|>s Jes autres Catholiques, sous les évêques Paulin et £vagre, et célébra cette réunion t»ar une fête dont on n*avait point vu de i^eiiiblable. Car, étant accompagné do tous .••tix de sa communion, tant clercs que ai(|ues, il alla au lieu où les euslathiens «^naîeut leur assemblée, et les ayant trourés qui chantaient, il joignit à leurs voix t*l le des siens ; ils marchèrent tous ensemble vers la grande église, au travers de la tiace au bord de TAraxe.

Ce fut aussi saint Alexandre qui rétablit

e premier le nom de saint Jean Chrysôs-

r»rne dans les diptyques ecclésiastiques. Il

rciinnut pour évoques Elpide de Laoili<:ée

i Pappus , qui avaient toujours suivi le

arû de Jean, et leur rendit leurs Eglises

ins e&amen. Ensuite il envoya des députés

a Pape Innocent, pour lui faire |»art de ces

eureuses nouvelles, et lui demander sa

tniniuiiion. Le prêtre Cassien, disciple de

uni Jean Chrysostome, se trouvant alors è

iK*iic, suUicita la réponse; et lePape Innocent

rant examiné les pièces qu*Alexandre lui

rait envoyées et le rapport de ses députés,

rf>ri>uva en tout sa conduite, et lui on

•ri vit une lettre, qui fut souscrite par vingt

Ô4|ues d'Italie, et qui peulainsi passer pour

lo lettre synodale. Il écrivit aussi, en

(rticulier, à Alexandre une lettre d*amitié,

Mir lui témoigner combien sa députation

I Av«itt été agréable. 11 lui envoya de son

iû trois déi)UtéSy Paul prêtre, Nicolas dia-

cre, et Pierre sous-diacre; et Tinvita 5 lui écrire souvent, pour réparer la perte du passé. Innocent fit part de cette nouvelle ait prêtre Boniface, qui résidait en son nom à Constantinople, auprès deTempereur, eCqui fuldepuis Pape lui-même. Araoe, évêque de Bérée, un des chefs du parti contraire à» saint Chrysostome, revint aussi en cette oocasion, et écrivit au Pape, témoignant approuver tout ce qu'Alexandre avait fait ,. soit en recevant les clercs de Paulin et d*Evagre, soit en rétablissant les évê(|ues Elpide et Papous. Le Pape saint Innocent le renvoya è Alexandrie, pour examiner lasincérité de sa réunion, que le passé rendait suspecte, consentant de le recevoir à sa com« munion quand il aurait déclaré de sa bou* che ses sentiments è Alexandre.

La paix et la communion étant rétablies entre TEglise romaine et celle d*Antioche, le Pape saint Innocent écrivit à Alexandre une lettre décrétale, sur quelques points dediscipline, sur lesquels il Tavait consulté, pour remédier aux désordres introduits en Orient par les schismes et l'hérésie. Le premier chef est sur rautorilé de l'Ej^lise^ d'Antioche, qui, suivant le concile de Nicèe, 8*éiendait, non sur une province seulement, mais sur tout un diocèse: Ce qui lu¥ a été attribué f dit le Pape, nc»n tant pour im magnificence de taville^ queparce que c'est te premier eiége du premier de$ apôtree ; et elle ne le céderait point à Rome si ce n'était qu*eU^ n'a eu, qu*en passant^ cetui que Rome a possédé iusquà la fin; donc^ comme vous oraon' nez les métrofotitains par une autorité sin*^ gulUre^ f estime que vom ne devez point laisser ordonner les évêques sans votre per* mission. Vous enverrez vos lettres^ pourauto*riser Vordination de ceux qui sont éloignés ; et pour ceux qui soHproches^ vous les ferez, venir ^ si vous jugez à propos^ pour recevoir timpositiotide vos mains. Les évêques de Chy-^ pre gui, pour éviter ta tyrannie des ariens^ se sont mis en possession de faire leurs or^ dinationSf sans consulter personne^ doivent revenir à ^observation des canons , c'est^à'-* dipe dans la dépendance de l'évéque d'AntiO' che. L Eglise ne suit pas tous les changements, du gouvernement temporel. Ainsi une province divisée en deux^ ne doit pas avoir deurn métropoles ; mais il faut suivre Vancien usage. Les clercs des ariens ou des autres hérétiques^ qui reviennent à V Eglise^ ne doivent être admis à aucune fonction du sacerdoce ou du ministère ecclésiastique ; ear^ encore que leuv baptême soit valable^ il ne leur confère point la grâce : cest pourquoi leurs laïques ne sont reçus quavec rimposition des tnaîna, poui^ leur donner le Saint-Esprit. Le Pape saint Innocent ordonne à Alexandre d*Antioohede faire i art de ces choses aux évêques, ea leur faisant lire sa lettre, et, s*il se peut, en concile.

Dans un concile tenu à Cartuage en M6, les évêques, au nombre de soixante-huii, décidèrent que Véia^e et Géleslius devaient être anathématisés, s*ils n'anathématisaient très^clairemeut leurs erreors : alla

Cft7

DICTlONNAIflE

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sacreroeais. La décrétafe est dalée du 15 fé« vrier kOk»

Cependant les amis de saint Chry sostome agissaient toujours à Rome. Démétrius, év6* que de Pessinonte, y fit un second voyage, «près avoir parcouru l'Orient, et publié la «ommumon de TEglise romaine avec saint Chrysostome, en mootrant les lettres du Pape saint Innocent* Démétrius rapportait des Jet** très des évèques de Carie, par lesquelles ils «embrassaient la communion de saintCltrysostome, et des prêtres d'Antioche qui suivaient aussi l'eiemple de Rome, et se plaignaient de l'ordination de Porphyre, comme irré* gulière. Ensuite, ar rivèreiit à Rome le prêtre Demitien, économe de l'Eglise deConstanti* nople I et un prêtre de Nisibe , nommé Vallagas, «a Vologèse, qui présentèrent les plaintes des Eglises de Mésopotamie. Ces deux prêtres apportèrent è Rome les «êtes d'Optat, préfet de Constanti nople, par cik Ton voyait que iï^s femmes de qualité, de familles consulaires, et diaconesses de l'Eglise de Gonstautinople, comme Olymtilade et Pentadie, avaient été amenées p\ybliquemenl devant le préfet, pour les obliger h communiquer avec Arsace, uu h payer «u lise deux cents livres d*or. Il se trouva aussi à Rome des ascètes et des vierges, qui montraient leurs côtés déchirés, et Jes marques des coups de fouet sur les épaules.

Le Pape saint Innocent en fut touché, et écrivit h l'empereur Honorius, lui marquant en détail le contenu des lettres qu'il avait vécues. L'empereur ordonna oue Ton asseuiblflt un concile, et Yiu'on lui rapportât ce qu'on aurait résolu. Les évêques d Italie s'assemblèrent, et prièrent l'empereur Ho* aorius d'écrire è l'empereur Arcade, son frère , qu'il ordonnât de tenir un concile è Thessalonique, aûn que les évêques d'Orient et d'Occident pussent aisément s'y trouver, et former une assemblée parfaite, non par le nombre, mais par la qualité des suffrages, et rendre un jugement définitif. Honorius ayant reçu cet avis, manda au Pape d'envoyer cinq évêques, avec deux prêtres et un diacre de Rome, pour porter â son frère Arcade une lettre qu'il lui éc*rivait en ces termes :

« C'est la troisième fois que j'écris è votre clémence pour la prier de réparer ce qui s'est fait par cabale contre Jean, évêque de Constantinople; mais il me semble que mes lettres ont été sans effet. Je vous écris donc encore par ces évèques et ces prêtres, ayaut fort à cœur la paix de l'Eglise, dont dépend celle de notre empire, alin qu'il vous plaise d'ordonner que les évèques d'Orient s'assemblentà Thessalonique : car ceux de notre Occident ont choisi des hommes inébranlables contre ta malice et l'imposture, et ont envoyé cin(| évêques, deux prêtres et un diacre de la grande Eglise romaine. Recevez-les avec toute sorte d'honneur, afm que, ^i on leur fait voir que l'évèque Jean a été chassé justement, ils me persuadent de renoncer & sa communion, ou qu'ils me dé-

tournent de ceUe des Orientaux, s'ils les convainquent d'avoir agi par malice. Car, {>our les sentiments des Occidentaux à Té* gard de l'évèque Jean, vous les verrez par ces deux lettres que j*ai choisies entre routes celtes qu'ils m'ont écrites, et qui valent toutes les autres ; savoir celles de l'évèque de Rome et de l'évèque d'Aquil^e. Hais, je vous prie surtout de faire trouver au con* eile Théophile d'Alexandrie, même malgré lui ; car on Tarcuse d'être le principal auteur de lous ces maux. »

Quoique la letire marque cing évèques, il n*en parait que quatre charges de cette députation , savoir : Emilius, évèqoe de Bénévent, Gaudence de Bresse, Cythégiuset Marien, dont on ne sait pas le siège. Ils étaient accompagnés des prêtres Valenti* nien et Boniface, et charg&s des lettres de l'empereur Honorius, du Pape Innocent, de Chromace d'Aquilée, de Vénétius Vénérius de Milan, et des autres évêques d'Italie; avec une instruction du concile de tout TOccideni. Ils prirent le chemin de Constantinople, par les voitures que fournissait feinpereur, et furent accompagnés de quatre évêgues orientaux, qui retournèrent avec eux; savoir : Cyriaque, Démétrius, Palladeet Eulysius. L-'instruclion des députés portail que Jean ne devait point parailre en jugement, qu'il n'eût été auparavant rétahti dans son Eglise et dans la communion, aGii qu'il n'eût aucun sujet de refuser d'entrer au concile.

Vers le même temps, le Pape saint Innocent, étant consulté par saint Exupère, évé* que de Toulouse, sur divers points de discipline, lui répondit par une lettre décrétale. hur la continence des clercs, il renvoie à la décrétale de saint Sirice, doanée vingt aa$ auparavant et veut que les diacres et les

Eretres qui, ayant ignoré cette loi, auraient abitéavec leurs femmes, gardent leur rangt à la charge de vivre désormais dans la continence, et de ne pouvoir monter à un dégié plus élevé; mais pour ceux qui ont eu connaissance de la décrétale, il veut qu'ils soient déposés. Quant è ceux qui, après leur baptême, ont toujours vécu dans l'incontinence, et deooandent la communion à la mort, saint Innocent dit que l'ancienne discipline était plus sévère et qu*on leur accordait seule* ment la pénitence, et non la communion; c'est-à-dire, qu'on leur imposait la pénitence, et qu'on les abandonnait ensuite à la miséricorde de Dieu, sans leur donner l'absolution. Mais à présenij dit saint Innocent, on leur accorde Vun et Cauire. 11 rend raison de cet adoucissement: Du temps que les persécutions étaient fréquentes, on craignait que la facilité d'être reçu à la communion, et l'assurance d*êire réconcilié, ne détournftt pas assez de la chute. Mais depuis que l'Eglise est en i^aix, on a plus d'éganl à \\ miséricorde divine et on n a pas voulu paraître imiter la dureté des novatiens. 11 est remarquable que la discipline était plus sevère sous les persécutions, et en général^ qu*elle peut changer selon les temps.

INN

DES PAPES

TNN

On «Joutait si les Chrétiens après leur bcpième pouvaient exercer des jugements cfiiuineis, ou même donner des requèles

tiour demander nne peine sanglante. Saint anocent répond que, puisque la puissance publique, portant le glaive pour la vengeance des crimes, est établie de Dieu, il est permis aux Clfréliens de Tioiplorer, et même de lexercer. Saint Anibroise, étant consulté sur ce point, avait répondu de même. Le Pape saint Innocent déclare adultère ceux qui après le divorce contractent un nouveau inariagei et les personnes qu'ils épouscit, fîi sorte que les uns et les autres doivent être exclus de la comunion des fidèles. C est que les divorces étaient punis par les lois civiles. 11 marque que les hommes faisaient iilns rarement pénitence pour adultère (pie les femmesr quoique la religion chrétienne <!ondamne égaleiiient ce crime en Tiin et en rautre, mais parce que les femmes accu* s tient plus rarement leurs maris, et que i*£giise ne punit point les crimes cachés. A la tin de la décrétaie, il publie le catalogue des livres sacrés, tel que nous Ta vous aujour* d'hui, et marque quelques livres apocryphes et condamnés. La décrétaie est datée du 20 février U)5.

Porphyre, évêque d*Antioche, était mort, et avait eu pour successeur Aiexaudre, qui avaii liasse sa vie dans les exercices de la profession monastique, pratiquant la pauvreté et toutes les ver4us, et soutenant cet exemple par une grande éloquence. Il réunit par ses puissantes exhortations le parti des «Mislathiens , séparés depuis si longtemi'S «les autres Catholiques, sous les évêques Paulin el £vagro« et célébra cette réunion par une fêle dont on n'avait point vu de »efnbiable. Car, étant accom|>agné de tous c«-iix de sa communion , tant clercs que lait|ues, il alla au lieu où les eustathiens i«'naient leur assemblée, et les ayant trouvés qui chantaieni, il joignit k leurs voix relie des siens ; ils marchèrent tous ensemble vers la grande église, au travers de la \i\ace au t)ord de TAraxe.

Ce fut aussi saint Alexandre qui rétablit

le premier le nom de saint Jean Chrysôs-

touie dans les diptyques ecclésiastiques. Il

r(*o<»nnut (lour évoques Elpide de Lao<lii:ée

et Pappus , qui avaient toujours suivi le

parti île Jean, et leur rendit leurs Eglises

sans examen. Ensuite il envoya des députés

lo Pape Innocent, pour lui faire |tart de ces

iieureuses nouvelles, et lui demander sa

oriimunion. Le prêtre Cassien, disciple de

^ini Jean Chrysostome, se trouvant alors à

K<»:iie, soUicila la ré|»onsp; et le Pape Innocent

n anl examiné les pièces qu'Alexandre lui

ira il envoyées et le ra|>port de ses députés,

ififrouva en tout sa conduite, et lui en

i<ri \U une lettre, qui fut souscrite par vingt

:*v^ques d'Italie, et qui peutainsi passer pour

me lettre synodale. Il écrivit aussi, en

.frttculier, k Alexandre une lettre d'amitié,

•«Mir lui témoigner combien sa députation

m AVAÎt été agréable. Il lui envoya de son

ôi^ trois députés, Paul prêtre, Nicolas did*

cre, et Pierre sous-diacre; et l'invita h lut écrire souvent, pour réparer la perte du passé. Innocent Ht (Mirt de cette nouvelle au prêtre Boniface, qui résidait en son nom à Constantinople, auprès deTempereur, erqiii fut depuis Pape lui-même. Araoe, êvêquede Bérée, un des chefs du parti contraire à saint Chrysostome, revint aussi en cette oocasion, et écrivit au Pape, témoignant approuver tout ce qu'Alexandre avait fait ,. soit en recevant les clercs de Paulin et d'Evagre, soit en rétablissant les évêques Elpide et Pappus. Le Pape saint Innocent le renvoya è Alexandrie, pour examiner lasincérité de sa réunion, que le passé rendait suspecte, consentant de le recevoir à sa com-^ munion quand il aurait déclaré de sa bou<^ che ses sentiments è Alexandre.

La paix et la communion étant rétablies entre l'Eglise romaine et celle d'Antioche, le Pape saint Innocent écrivit à Alexandre une lettre décrétaie, sur quelques points dediscipline, sur lesquels li l'avait consulté, pour remédier aux désordres introduits en Orient par les schismes et l'hérésie. Le premier chef est sur l'autorité de l'Ej^lise^ d'Antioche, qui, suivant le concile de Nicée, s*éiendait, non sur nue province seulement, mais sur tout un diocèse : Ce qui lu¥ a été attribué^ dit le Pape, nc»n tant pour im magnificence de la ville ^ que parce quec*esi le premier siège du premier de$ apôîree ; et elle ne le céderait point à Rome si ce n'était qu'elle^ n'a en, qu^en passant^ celui que Rome a possédé iusquà la fin; donc^ comme vous oraon* nez les métrofolitains par une autorité sin--^ guliire^ f estime que vous ne devez point laisser oraonner les évêques sans votre per* mission. Vous enverrez vos lettres^ pour auto*riser l'ordination de ceux qui sont éloignés ; et pour ceux qui soniprocnes^ vous les ferez, venir^ si vous jugez à propos^ pour recevoir timpositiotide vos mains. Les évêques de Chy^ pre quin pour éviter la tyrannie des ariens^ se sont mis en possession de faire leurs or-dinations^ sans consulter personne^ doivent revenir à l'observation des canons , c'est-à'^ dire dans la dépendance de l évêque d*Antioche. L Eglise ne suit pas tous les changements^ du gouvernement temporel. Ainsi une province divisée en deux^ ne doit pas avoir denos métropoles ; mais il faut suivre l'ancien usage. Les clercs des ariens ou des autres hérétiques^ qui reviennent à V Eglise^ ne doivent être admis à aucune fonction du sacerdoce ou du ministère eccltstastique : ear^ encore que leur baptême soit valable^ il ne leur confère point la grâce : c'est pourquoi leurs laïques ne sont reçus qu'avec Cimposilion des tnama, poMK leur donner le Saint-Esprit. Le Pape saint Innocent ordonne à Alexandre d'Antioche de faire i art de ces choses aux évêques, eti leur faisant lire sa lettre, et, s'il se peut, eu concile.

Dans un concile tenu à Cartnage en M6, les évêques, au nombre de soiiante-buii, décidèrent que Pelade et Gélestius devaient être anaihématisés, s*ils iranathémalisaient trèSH^lairemeut leurs erceors : afin

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iDt€TIONNAlRE

it^iir

que la sonlence pr(»noncée contre eui étant eonnuet flt du moins revenir ceux qu'ils araient trompés, ou qu'ils pourraient troni« per k ravenîr, si elle ne les pouvait ramener eux-mêmes ; car un grand nombre de leurspartisans à forée de parler et de disputer, entraînaient Tes faibles et fatiguaient les plus fermes dans la foi.

Le eoncile jugea aussi à propos de faire pari de son jn^menl au Pape saint Innorent, alin d'y joindre l'autorité du Siège apostoiique ; d autant plus que les évè(pies d Afrique avaient ouï oire que Pelage avait (ies partisans k Rome, oit il avait vécu longtemps ; les uns étaient persuadés de sa doc* trine* et la plupart ne la croj^aient pas lelle qu'on te (lisait, principalement à cause du co»- «ilede Diospolis, où I on prétendait qu'il avait été alésons. Les évèques du concile de Carthage écrivirent donc au Pape une lettre synodale è laquelle ils joignirent les lettres de Héros et de Lazare, et Tes actes de ce dernier condle, qui contenaient celui de M2. Dansées lettres ils marquent les principales erreurs de Pelage, au'ils réfutent' sommairement par IfS autorités de TEcriture, et concluent ainsi : «Encore que Pelage et Céleslius désavouent cette doctrine, et les écrits produits i'outre eux, sans qu'on paisse les ccinvaincre de mensonge ; toutefois il faut anathématiser en général quiconque enseigne que la nature humaine lui peut suffire pour éviter le péché, et accomplir les commandements de Dieu. »

Vers le même temps il se tint, k MiJève, un concile des évèques de Numidie, au nombrede soixanteet un, dont les principaux étaient Silvain de Zumme, primat, Aurélius de Macommades, Atypius, saint Augustin, F^vère de Milève, Fortûnat de Cirlhe, Posaidius de Calame. Ces évèques avant appris ee qu'avaient fait ceux du concile de Carthage, écrivirent, k leur exemple^ au Pape saint Innocent, lu| demandant de même la condamualion de cette hérésie, qui était aujt adulte» la prière, et aux enfants le baptême.

Outre ces lettres synodales, saint Augustin en écrivit encore une au Pape saint Innocent, au nom de cinq évèques, dont il était )'un : les autres étaient Aurélius de Carthage, Alypius, Evadius et Possidius. C'était une lettre familière où ils expliquaieut plus au long toute l^aCTaire de Pelage, et demandaient que le Pape le fit venir a Rome, pour l'interroger exactement, et savoir quelle espèce de grêce il avouait, ou traiter avec lui la même chose par lettres* atio que, s*il reconnaissait la grêceque l'Eglise enseigne, il fût absous sans difficulté. Avec cotte lettre, les évèques envoyaient au Pape le livre de Pelage, que Timase et Jacques avaient envoyé k saint Augustin» et la réponse qu'il y avait faite.

Dans ce livre de Pelage, on avait marqué les endroits où il témoignait ne reconnaître point d'autre grflce que la nature, dans laquelle Dion nous a ciéés. La lettre (Contait : «S'il désavoue ce livre, ou ces passages, tuMis ne contestons pa^ quil les anathémalise» et qu'il confesse nettement la grâce

propre dés Cbrétiena. » Et enauile : «Qtraiti ses aii.is verront ce livre analhéinatisé, uonseulement par l'autorité des évèques callio. liques, et surtout par Votre Sainteté, uijiis par lui-même, nous ne croyons pas qu'ils osent encore parler contre la grftce di» Dieu. » Saint Augustin envoyait aussi an Pape la lettre qu'il avait écrite S Félage sur son apologie, qu'il avait reçue par le diacre Canes ; priant le Pape de la loi Um tenir, afin qu'il la \ùi plus volontiers. Ces triiis lettres, c*est-k-diro celles des eoaciles de Carthage et de Milève, et celle des cincf évèques, furent |H)rtées k Rome par unéfê^ que nommé Jules.

Le Pape snint Innocent écrivit aussi à lean de Jérusalem, au sujet des violences failes en Palestine i>ar une troupede péiagiens^. Ils attaquèrent saint Jérênie et les per^onnts pieuses- de l'un et l'autre sexe, dont il preitait soin. Il y on eut de tuées, et entre autres un diacre ; on brftia et on pilla les m(»naslères. Saint iérême se sauva k peine luimême dans une toar fortifiée. Les vierges saintes Eustocbie^ et saiiHe Paule, sa nièce, furent pillées et poursuivies; elles virent massacrer leurs gens, et se sauvèrent à peine. Elles d'en plaignirent, aussi bien que saint Jérôme, au Pape saint Innoceiit, sans toutefois nommer personne. Ce fut donc le sujet de sa lettre a Jea4i de Jérusalem, où il dit que l'auteur de ces violences n'est pas douteux; mais que Jean devait les emuèijlicr par ses soins, ou du uioins> après le mai arrivé, consoler et secourir les personnas aliligées ; et il l'avertit d en donner Tordre, s'il ne veut en répondre lui-mêine, su»v»nt les lois de l'Eglise. Il écrivit aussi k saint Jérême une lettre de consolation, où il dit que, si on {N)rte devant lui une accusation contre quelques personnes certaines, il donnera des juges, ou y pourvoira par quelque remède plus prompt. Cette lettre est remarquable pour mcmtrer l'autorité da Pape par toute l'Eglise. On croit que c«s lettres ne trouvèrent plus en vie Jean de Jérusalem, quand elles arrivèrent en Palestine ; vmt il mourut le 10 janvier kil. Il avait succédé à saint Cyrille, et tenu le sié^^e de Jérusalem

t>endant plus de trente ans. Sou successeur ut Prayle, dont les mœurs étaient conformes k son nom, qui en grec signilic doux. Il tint le siège treize ans.

Le Pape saint Innocent écrivit la uiëiuo année 416, la dernière de son pimlilicat, unç décrétale fameuse k Decentius» évêque d*£ugube, dans TOmbrie. 11 se plaint d'abord du mépris des traditions que TEglisa romaine a reçues de l'apêtre saint Pierre : Tuprincipaiement^ dil-il, quil est manifeste que perëonnt n*a constitué des Eglises dans Cltalît, les Gaules f les EspagneSf l* Afrique^ la Sicile tl les iles adjacentes , sinon ceux que Capàin saint Pierre ou ses successeurs ont éiabût évèques; et ensuite : l'ou^ êtes sans doute souvent venu à Rome; vous avez assisté aux et' semblées de notre Eglise^ et vous avez vu gud usage elle cbserief soit dans ta consécration des inyslires, soii dam les autres actions 9t*

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DES PAPES

INN

nrrAes : ce qui suffirait pour vo(re instruclion. On voit ici coiiiiueiit les év6i|iie.s appiTiiaiPtit 1.1 pratique des sacreiuenls, par l'ex oiple «t U tradition vivante.

Venant au fait partienticr, le Pape décide que Ton ne doit donner la paix qn*aprës la consécration des mystères, |Hjur montrer que le peuple f a consenti, et que l'action est ■<:lievée; que Ton ne doit réciter les noms lie ceux qui ont fait des offrandes, qu'après que le prêtre les a recommandés è Dieu par sa prière» cequ*il faut entendre du Mémento Jans le canon; que Ton ne doit point envoyer te serment aux Eglises de la camtagne. On ^ruit que ce serment était une partie de rEucharistie que Ton gardait après le sa- L-riticc, p3ur le mêler au sacriQce suivant, 'ornme un levain sacré, et une marque sensible que c*est toujours la même oblalion iu même corps de Jésus-Christ. Le Pape 'envoyait le dimanche par les titres de tome, c'est-à-dire dans les Eglises de la ûlle» dont les prêtres ne pouvaient pas s*as- •embler ce jour-là avec lui, à cause du peuîle qui leur était confié. Ils recevaient donc, >ar des acolytes, !e serment consacré par le .^ape, en si^ne de communion; mais on ne ^envoyait {las aux prêtres des cimetières iloi^^^nês, pour ne pas porter trop loin les acrements, et ces prêtres des cimetières v/iienl droit de les consacrer. Toutes noi tgliseSf dit le Pape, sont danslaviltef c'est* i-iiire qu'elle était tout son diocèse; aussi oyons-nous des évêques dans les petites 'il tes les plus proches de Rome, comme Osic, Prénestre, Tibur. On doit jeâner le sauedi de chaque semaine, comme le ven- Iredi; et ceâ deux jours on ne célèbre »oint les mystères, en mémoire de la* trisesse dans la^tuelle les apôtres les passèrent, rétait' la coutume de rE|;lise romaine. Les lutrcs ne jeûnaient que te samedi saint, de ous les samedis de Tannée. Ceux qui, après e ba^têmer deviennent possédés du démon, meuvent recevoir 1*1 m position des maios d'un urètre 011 d'un autre clerc, mats seulement ^# ordre de révêqtie. Les pénitents ne doivent recevoir rabsoiuti<m que le jeudi saint, liors le cas de nécessité. Il n'y avait que Vvéqueq4ji pât donner aux enfants le sceau *a«'.ré, c'est-à-dire le sacrement de conGrmlimi. Nous rapprenonsA'i^ ce Pape, notiletilement par ta coutume des Eglises^ mais mcore par l Ecriture sainte^ dans les Actes^ en a personne de saint Pierre et de saint Jean. Les prêtres peuvent bien faire aux baptisés ' ftnction du mêine^ pourvu quil soit consacré ifir Vévéque\ mais ils nen peuvent pas mar^ I itrr le front ; cela n'est permis quaux évéques^ ftiand ils donnent lé Saint-Esprit. L'onction les malades peut être faite par les prêtres , riJirafU CépUrede iapôtre saint Jacques^ et la maison en est^ que les autres occupations des ^véques ne leur permettent pas d'aller à tons >s malades : mais l'huile de cette onction doii Ure sacrée par févêque. Oh ne la donne point mr pénitents^ parce que cest un sacrement. \ oilà les deux sacrements de confirmation et ^'c&tréuie-onctiou bien établis daus cette

décrélate sur la tradition et l'Ecriture. Le Pafie ajoute à la fin : Quand vous viendrez ici, je pourrai vous dire te reste, qu'il n'était

Î)as permis décrire. Il avait déjàMJrt, en parant du saint sacrifice : Aprh totties les choses que je ne dois pas découvrir e^ en parlant de la contirmation : Je ne puîpdirj les paroles^ de peur que ie ne semble phuôt trahir les mystères qve repondre aune consultation. Tel était rncore alors» le secret inviolaide des mystères

Celte décrétale est datée du 19^de mars 416. Il y a plusieurs antres décrétâtes dh Pape saint Innocent à divers évêques d'Italie, dont on no sait pas le temps; une à Félix, évêquc de Nocera, touchant les ordinations, ou il déclare que la mutilation d*un doigt ou de quelque autre partie du corps, ne rend irrégulier que quand elle est volontaire, et non quand elle est arrivée par accident, comme en travaillant à la campagne ; qu'entre les laïques, ceux-là étaient irrégu* guUcrs, qui, depuis leur baptême, avaient porté des armes ou plaidé des causes, ou servi en quelque administration pnblicjue; et ceux que l'on appelait ctiria/e«, de peur qu'on ne les rappelât au service des villes^ ceux qui auraient entretenu une concubine; les' bigames, entre lesquels sont compris ceux qui ont épousé d3S veuves.

Dans deux autres lettres,. Tune à Maxime et Sévère , évêque dans la province des Brutiens, qui est la Calabre; l'autre à Agapet, Macédonius et Marien, évêques dans la Pouille , le Pape ordonne à ces évê«jues de faire venir devant eitx des clercs qui lui ont été dénoncés par quelque» particuliers, elde les déposer si les çeproches sont véritables. Mais Florentius, évêque- de Tibur, étant accusé d'entreprendre sur le territoire de son voisin, le Pape l'invite à venir à Rome après Pflques pour y faire juger ses prétentions ; c'est-à-dire qu'il cite à son concile cet évêque voisin, et renvoie les clercs plus éloignés aux évêques des lieux. Dans une autre décrétale, il décide qu'un second mariai^e, contracté pendant la captivité de la premier» femme, doit être déclaré nul, quand elle i%vient. Il y a trois décrétâtes adressées anr évêques de' Macédoine, à l'occasion des ordinations faites par Bonose, condamné sou» le Pape Sirice vers Tan 390. Le Pape saint Innocent reçut une lettre synodale de plus do vingt-trois évêques de Macédoine, dont les premiers étaient Rurus et Eusèbe, qui le consultaient sur divers points de discipline, touchant les ordinations, particulièrement C(*lles des hérétiques. Le Pajie .^aint Inmicent, dans sa réponse, étabtit d'abord pour maxime que les ordinations des hérétiques sont nulles, c'est-à-dire qu'elles doivent être sans eilét ; et ceux qu ils ont ordonnés ,. revenant à l'Eglise, ne doivent être comptés que pour laïques,, c^mme tous lés autre» pécheurs publics, pariée que l'ordination n'efface pas les crimes. Il prouve la maximo par la conduite d'Anysius do Thessaloniqufv et deux évêques de son temps, qui n'avaient rei;u ceu4i qui; B'fiose avait ordotméb que

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par dispense et pour éviter le scandale ; ce qui prouve que Tancienne règle apostolique y était contraire.

On prétendait que Bonose en avait ordonné plusieurs malgré eux. A quoi le Pape répond qu'on peut le croire de ceux gui après cette ordination se sont retirés aussitôt de sa communion, pour revenir à TEgiise. Mais qu*à l*'égard de ceux qui ne sont revenus qu*au bout d'uQ an ou d*un mois, on peut juger que» se sentant indignes de recevoir l'ordination légitime, ils se sont adressés à celui qui la donnait à tous venants, espérant conserver leur place dans TEglise catholique. Encore faut-il distinguer ceux qui n'ont fait aucune fonction, de ceux qui ont consacré et distribué les mystères, et célébré lesMessrs selon la coutume. Le Pape conclut, que ce

aui a été accordé h la nécessité du temps, ne oit point tirer à conséquence \h>ut la paix de l'Eglise, et établit cette maxime importante, que, quand un peuple entier a péché, on passe beaucoup de choses, parce qu'on ne peut punir tous les coupaliles. Cette décrétaie est datée du 13 décembre k\k. Le Pape saint Innocent étant à Ravenne pour les affaires du peuple romain, reçut une députation de quelques-uns, qui prétendaient avoir été ordonnés par Bonose avant sa condamnation ; et il écrivit à Marcien, évèque de Naïse, de les recevoir si leur exposé était véritable. Mais pour les sectateurs de Bonose, nommés aussi pholiniens, parce qu'ils niaient comme lui la divinité de Jésus-Christ, le Pape saint Innocent écrivit à Laurent, évèçiue de Segma,;de les chasser, comme on avait chassé de Rome leur chef nommé Marc, et d'empêcher qu'ils ne séduisissent les simples et les paysans. *

L'an 416, le 2 juin, le Pape saint Innocent écrivit à Aurélius, évoque de Carthage, une lettre sévère touchant les ordinations. Il se plaint que l'Eglise est traitée indignement en Afrique, et que l'on^ choisit les évèques si négligemment, que tes plaintes en sont publiques mémo dans les lettres des gouverneurs; que l'on rejette les clercs nourris dans la science et le service de l'Eglise, pour élever tout d'un coup au sacerdoce des honfmes embarrassés d'affaires, etdont les mœurs sont toutes séculières. Il prie Aurélius de l'aire lire sa lettre par toutes les Eglises d*Afrique, et d'y joindre celles des préfets, qu'il lui envoie. Ce désordre pouvait venir de la rareté des clercs, dont nous avons vu qu'Aurélius se plaignait lui-même en plein concile. Le Pape saint Innocent avant reçu les lettres synodales du concile de Milève, et la lettre familière des cinq évèques, y (it réponse par des lettres séparées, toutes trois de la mérne date, savoir, du 27 janvier 417 ; et révéque Jules, qui avait apporté les lettres des Africains , fui le porteur des réponses. Les deux premières, qui répondent aux deux lettres synodales, sont à peu près semblables. Le Pape y loue d'abord des évèques d'Afrique de ce que, suivant l'ancienne coutume, ils ont consulté le Saint-Siéffe, dont ils relèvent 1 autorité ei la dignité. Il établit som-

mairement la doctrine catholique sur la grtce, et condamne Pelage, Célestius, et leurs sectateurs, les déclarant séparés de la communion de TE^Iise, à la charge de tes y rerevoir s'ils renoncent â leurs erreurs.

Dans la troisième lettre, qui est la réponse aux cinq évèques, le Pape saint Innocent dit

3u'il ne peut ni assurer, ni niet, qu'il y ait es pélagiens à Rome ; parce que, s'il y en a, ils se cachent et ne sont \yàs aisés à découvrir dans une si grande multitude. II ajoute, parlant de Pelage : Nous ne pouvons croire qu'il ait hi justifié^ quoique quelques laïques nous aient apporté des actes par les-

Îuels il prétend avoir été absous. Mais nous outons de la vérité de ces actes^ parce quils ne nous ont point été envoyés de la part du concile^ et que nous n^avons reçu aucune let^ ire de ceux qui y ont assisté. Car si Pelage avait pu s'assurer de sa justification^ il nau^ rait pas manqué d'obliger ses juges à nous en faire part. Et dans ces actes' mêmes il ne s'est point justifié nettement^ et n'a cherché quà esquiver ou embrouiller. C'est pourquoi nous ne pouvons ni blâmer ni approuver ce jugement. Que si Pelage prétend n avoir rien à craindre, ce nest pas à nous à rappeler^ eest à lui plutôt à se presser de venir se faire absoudre. Car s*il est encore dans tes mêmes sentiments f quelques lettres qu*it reçoive^ il ne s'exposera jamais à notre jugement. Que s'il devait être appelé^ ce serait plutôt par ceux qui sont les plus proches. Nous avons lu eniiêrement le livre qu'on dit être de /cit, st qu4 tous nous avez envoyé. Nous y avons trouvé beaucoup de propositions contre la grâce de Dieu, beaucoup de blasphèmes ^ rien qui nous ait plUf et presque rien qui ne nous déplûi^ et qui ne doive être rejeté de tout le monde. Tel est le jugement du Pape saint Innocent sur la doctrine de Pélat^e.

Co saint Pape mourut peu de temps après, le 12 mars de la même année 417, flgé de cinquante-sept ans, après avoir tenu le Saint- Siège environ quinze ans. 11 dédia une église au nom de saint Gervais et de saint Protais» bâtie en vertu du testament et par la libéralité d*une femme illustre, noniniéc Vestiiie» par les soins d3S prêtres Ursicin et LéupariJ, et du diacre Libien. Saint Innocent r% qui eut pour successeur dans la chaire de saint Pierre, saint Zozime, est honoré le 28 juillet.

INNOCENT II. — Le jour môme de ta mort d'Honorius II, les cardinaux qui avaient eu le plus de part à la familicirité de ce Pape, voulant prévenir les trouides qui pouvaient arriver à l'élection d'un successeur, élurent Grégoire, cardinal de Saint- Ange, le nommèrent Innocent II, et le revêtirent des ornements pontificaux. Quelque bonne que fût leur intention, ils devaient prévoir et craindre les suites d'une précipitation si contraire aux règles. Les autres cardinaux, ayant su la mort du Pape, s'assemblèrent à Saint-Marc, et élurent Pierre de Léon, prêtre-cardinal, et le nommèrent Anaclet II. Ainsi il y eut un schisme.

Grégoire avait été moine à Saint-Jean de Latran, puis abbé d'un monastère de Saint-

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DES PAPES

JNN

Niroias. Il fut fait «cardinal -diacre par ic pape Urbain 11, et envoyé légal en France avec Pierre de Léon. En devenant cardinal, le commerce du grand inonde et ta faveur fies Souverains Pontifes ne lui avaient rim fait perdre de sa piété, de son détaihement, vii de sa modestie. Quoiaue sa pénf^tration *'i sa prudence Teussent lait ju;^er digne du poniificat longtemps avant qu*il y fût'élevé, fi s*op[)osa de tout son pouvoir à son éleva* lion, déchira la chape quand on la lui pré- ^•'nta, et tenta tous les moyens imaginables \^^ s'enfuir. Il fallut le retenir de force : on fi'obtint son consentement qu'en le menaçant d'excommunication, s'il le refusait plus fungtemps.

Pierre était fils de Pîrrre Léon, qui avait

^<i]ui$ dans Home beaucoup d'autorité et de

réputation. 11 avait servi si utilement l'Eglise

"tf^maine dans la queçeile des investitures,

u7r ses armes et par ses conseils, qu'il fut

-ail gouverneur du château Saint-An^c, et

il aroassa de grands biens et des dignités.

Pierre, son fils, ayant été destiné aux lettres,

n'fit en France, étudia à Paris, et, étant allé

i Cluny , y prit Thabit. Le pape Pascal H

le rappela à Rome, le fit cardinal, et, du

feinps (lu pape Calixte, il fut envoyé en

France avec Grégoire. Tels étaient les deux

;oucurrents

Du côté d'Innocent, on comptait dix-neuf cardinaux qui lui rendirent tout l'honneur \n*k \s purent, selon la circonstance du temps. ilais Anaclet avait de grandes richesses, tant, celles que son père avait laissées, que :eli «s qu'il avait acquises dans ses légations. Il g Jic^na donc par ses largesses le peuple de lioitfie et la pFupart des grands. Innocent et :eu n de son parti, voyant qu'Anaclet était e \pIus fort à Rome, se retirèrent dans les jiaisons fortifiées des Frangipane, où ils se iéfendirent quelque temps. Cependant l'éléque de Porto, chef des cardinaux d'Ana- Jet« écrivit à ceux d'Innocent une lettre Jans laquelle il leur représentait que ce [pétait pas dans un coin et dans le secret i|u*on élisait un Pape, et qu'on ne devait compter pour rien ce qu'ils avaient fait. Anaclet lui-même écrivit aussi de tous :ùtés pour se faire reconnaître Pape. Il envoya UQ léffat en France, et un à Constanttnople. 11 fut reconnu en Italie par Roger, lue de Calabre; mais il fut excommunié par ^aint Hugues, évëque de Grenoble. Le roi ie France, Louis le Gros, ayant appris ce lui 50 passait à Rome, indiqua un concile à l'.taïupes pour examiner lequel de ces deux l^apes avait été élu canoni(|uement. Saint Bernard fut appelé à ce concile; il y vint c^n tremblant, connaissant l'importance de

elle affaire. Le roi et les seigneurs convinrent de s'en rapporter à son avis, sur la itAute idée qu'ils avaient de ses lumières et Je sa sainteté. Le serviteur de Dieu, après ^voir examiné avec grand soin la forme de léieccion, le mérite des électeurs, la vie et '^ réputation de celui qui avait été élu le prcujie^'. déclara qu'Innocent devait être re-

connu Pape, et toute l'assemblée y applau* diL

Vers le même temps. Innocent, qui était parti de Rome avec les itardinaux de son parti, arriva en France, et vint à Cluny, oi^ les moines le retinrent onze iours. L'honorable réception au'on lui fit ians ce célèbre monastère lui nonna une grande autorité dans tout l'Occident. L'empereur Lolliaire s'attacha aussi à Innocent, de même que les rois d'Espagne et de Jérusalem. Saint Bernard allait de tous côtés pour éteindre le schisme, et détacher d'Anaclet ceux qui lui étaient favorables. C'est , disait-il , une maxime constante dans l'Eglise, qu'après une première élection, il ne peut y en ayoir une seconde. Supposé donc qu'il eût manqué quelque formalité à la première, fallail-il procéder à une autre élection, sans avoir auparavant examiné la première, et l'avoir cassée juridiquement ? Bien plus, ce jugement a été approuvé par les évoques les plus respectables de l'Eglise, par les hom« mes qui sont morts au monde, et par les plus saintes communautés.

Au reste. Innocent fut reçu dans tes monastères de France, avec la plus grande vé* nération. Lorsqu'il arriva à Saint-Denis, le célèbre abbé Suger alla au-devant de lui en procession avec la communauté. Ce Pope y fit une entrée magnificfue. Ceux de sa suite ' s'habillèrent è la romaine, et allaient à cheval deux à deux^ avec des manteaux. Le Pape était monté sur un clieval blanc, orué d'une riche housse. 11 avait sur la lëlc une tiare en broderie, avec un cercle d*or. Les barons, vassaux de l'abbaye, marchaient à pied, et servaient d*écuyers au Pape, menant son cheval par la bride. Les nobles venaient au-devant, suivis d'une multitude de peuple. Les Juifs mêmes étaient venus de Paris pour prendre part à cette cérémonie. Ils présentèrent au Pape le livre de la loi en rouleau et couvert d'un riche voile. Plaise au Tout- Puissant^ leur dit le Pape, d'ôter le voile de voi cœursl Etant arrivé dans l'église, il célébra solennellement la Messe; il alla ensuite, avec tout son cortège, dtner dans le clottre qui était tapissé. Ils mangèrent d'abord un agneau, étant couchés comme les anciens; le reste du repas se fit selon Tusage du temps. Le Pape continua de visiter les E;^lises de France, qui suppléèrent à ses besoins, parce qu'il ne pouvait rien tirer des Etats du Saint-Siége; ce qui leur fut une grande charge, car il menait avec lui une multitude de Romains. Sa réception à Clairvau\ fut différente de celle qu'on lui avait faite à Saint-Denis.

On lui témoigna une aOTeclion singulièr[>» mais avec une sim|)licité digne des habitants de cette. sainte vallée. Les moines élaieni vêtus pauvrement, portant une croix de bois et chantant modestement. Les évèciues et lo Pape lui-même no purent retenir leurs lar<» mes. Au milieu d*une allluence si capable do causer quelque dissipation, tous ces saints religieux avaient les yeux fixés à teire, sans que la curiuMié Ic^ leur lit lercr

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DICTIONNAIKE

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