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ion frère et quelque peu d'autres dans le palais de Lalran, les soldats de Guy et de Harozie ealrèrent, tuèrent Pierre aux yeux du Pape, le prirent lui-même» et le;mirent en prison, où il mourut quelque temps après» en mai 928. On dit quon Tétooffa en lui mettant un oreiller sur le visage. 11 avait tenu le Saint-Siège un peu plus de 14 aùs, et eut pour successeur Léon VL
JEAN Kl, cent vingt-sixième Pontife» contemporain de Tempereur Constantin Porphyrogénète et de Raoul» roi de France» fut élu le 20 mars 931. — Après la mort d'ElieQne VU, son prédécesseur» Marozie se servit du pouvoir absolu qu'elle avait k Rome avec Guy» marquis de Toscane» son époux» pour faire ordonner Pupe un de ses fils» nommé Jean» qu'elle avait eu du duc de Spolète et non de Sergius III» comme Ta* vanoe Luitprand. Outre le vice de sa naissance» il n était 4gé que d'environ 25 ans. Aussi n*eut-il aucune autorité ni aucun éclat; il faisait seulement les cérémonies de la religion.
Hugues» roi de Lombardie» qui avait épousé Marozie» après la mort de Guy»
croyant sa domination bien affi rmie» commença à mépriser les Romains» et particulièrement Albéric» fils de sa nouvelle épouse et dn marquis Adalbert. Celui-ci assembla les Romains» les excita si violemment contre Hugues et contre sa mère, qu'ils choisirent Albéric même pour leur chef« et allèrent aussitôt attaauer le château de Saint- Ange» pour ne pasaonner le temps à Hugyes d'assembler ses troupes. Hugues fut tellement épouvanté» qu'il se sauva par l'endroit où la forteresse joignait les murs de la ville. AlbériQ, ainsi mettre de Rome» tint enfermé dans le cbAteau Marozie» sa mère, et le Pape Jean» son frère. Au reste» Jean XI ne porta le nom de Pape qu'environ deux ans» sait qu il ne fût plus regardé comme tel depuis sa prison» soit qu'il fût mort dès Tan 933, auquel cas il y aurait eu trois ans de va^ cance : car Léon YII» son successeur, ne fut ordonné qu'en 936. « C'est pendant la captivité de Jean XI» » dit un auteur moderne» « jiar le fait d'Albéric plutôt que du Pape» lequel, au reste» ne lut jamais son mettre» dominé qu'il était par sa mère T)u par son frère» que des légats avaient été envoyés à Constantinopte» avec une lettre svnodîquç pour autoriser l'ordination du patriarche Théophylacle. On accorda même à celui-ci le pailium à perpétuité» quoique les patriaroheis et les autres prélats de l'Orient ne paraissent pas avoir reçu jusqu'alors cet insigne des Papes. Quoi qu'il en soit de ce qui se passait à Rome à cette triste époque» on s'en étonnera moins en considérant l'anarchie qui régnait partout ailleurs. Dans l'état de confusion où se trouvait la société» peut-on être surpris de ce que les petits tyrans, qui tour a tour se rendaient miilires de Rome» aient disposé du Saint-Siège à leur gré» pour y placer leurs enfants ou leurs créatures? Ne doilH)n pss plutôt admirer la Providence qui» au milieu de tant de
scandales» a conservé pur le dépôt de renseignement dans l'Eglise? .Car» dans les archives de cette époque si décriée»^ ou ne trouve aucun décret qiii soit contraire è la foi» ou aux mœurs» ou à la discipline générale. »
JEAN XII, cent trente et unième Pape et successeur d'Agapet II» fut élu en janvier 956. ^ Appelé Octavien avant son élection, Jean XII était fils du prince Albéric, qui était mort en 954'. Quoique clerc» il avait succédé en la dignité de son père et à son autorité dans Rome. Après la mort d'Agapel, les Romains l'excitèrent à le faire élire Pape» quoiqu'il ne fût Agé que de dix-huit ans au plus. Il prit le nom de Jean XII, et c'est le premier Pape qui ait changé de nom. Comme il avait joint cette dignité à la puissance temporelle» il assembla une armée, tant de ses troupes que des secours qu'il tira du duché de Spolète et piarcha contre Pandolse, prince de Capoue ; mais celui-ci lui résista, et l'obligea à retourner chez lui. Le Pape envoya ensuite demander la paix au prince de Capoue» qui l'accepta» et ils firent alliance.
Cependant Bérenger» qui s'était rendu mettre de Tltatie après la mort de Lothaire, son compétiteur» et fils de Hugues, se rendit de jour en jour plus odieux par le gouvernement tyrannique qu'il exerçait avec son fils Adalbert. Le Pape Jean XII» las de leurs violences» envoya en Allemagne deux légats
f)rier le roi Olnon de venir le délivrer de eur oppression. Ce |:)rince se rendit à la prière du Pape (962) ; il entra en Italie» où il ne trouva point de résistance; et après avoir passé l'hiver à Pavie, il marcha à Rome» où il fut reçu avec grande pompe, aux acclamations du clergé et du peuple. Le Pape Jean le couronna empereur avec l'onction sacrée» et lui fit serment sur le corps de saint Pierre» avec tous les habitants» de ne jamais renoncer ^ son obéissance, et de ne donner aucun secours à Bérenj^er ni À Adalbert. Othon, de son côté» rendu & l'Eglise romaine ce qui lui avait été ôté dans toute l'Italie. Il ilt au Pape de grands présents d'or et de pierreries» et confirma par un acte authentique les donations de Pe|)in et de Gharlemagne. En même temps» il obtint du Pape l'érection du Magdetvourg en métropole.
Mais Jean XII oublia bientôt le serment quMI avait fait è l'empereur» Othon ; il se réconcilia avec Adalbert» et lui promit de l'aider coQtre Othon. L'empereur fort surpris de cette nouvelle» envoya è Rome pour eu savoir la vérité. Les citoyens romains» si Ton en croit le continuateur de Luitprand, dirent tous d'une voix à ses envoyés que le Pape Jean haïssait l'empereur qui l'avait délivré d'Adalbert» et qu'il é(ai4 coupable de tous les scandales.
Othon ayant appris cette réponse des Romains» dit en parlant du Pape : « Il est jeune» il pourra se corriger par les exemples et les avis des gens de bien, p Cependant» après avoir passe l'été an siège de Montéfeltro» il vint à Rome» où la plupart des seigneurs
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DES PAPES
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I*kppelaient; ilss^étaient même saisis du cfiâ- (eauSaint-Paiil. Le Pape et Adalbert craignant sa veDue, s*enfuirent,«mportant une grande partie du trésor de Saint- Pierre. L'empereur entra donc h Rome, Tan 963, avec tous tes siens; les Romains lui promirent fidélité, et jurèrent de ne jamais élire un Pape sans son consentement.
Trois jours après, è la prière des évèques et du peuple» on tint un grand concile aans l'église deSaint-Pierre L'empereur j assista avec environ quatre cent dix évèaues, seize canlinsuxy plusieurs clercs de 1 Eglise romaine, plusieurs nobles de la ville et toute la milice. Quand on eut fait silence, l'empereur dit: c II serait bien séant au Pape Jean d'assister à un si vénérable concile. Ditesnous donc pourquoi il l'a évité? » Le concile répondit : « Nous sommes surpris que vous demandiez ce que personne n'i^^nore ; ses crimes sont si publics , qu'il n'use d'aucun détour pour les cacher. » L'empereur dit : n il faut proposer les accusations. »
Alors Pierre, cardinal, se levs, et exposa tous les chefs d accusations. C'étaient à peu près les mêmes que ceux que les citoyens romains avaient exposés aux envoyés de l'empereur. Comme ce prince faisait ({uolque difficulté d'ajouter foi à tous ces crimes, les évèques, le clergé et le peuple dé Rome attestèrent avec sériaient que Pierre n'avait dit que la vérité. Après cette première session, Tempereur écrivit au Pape Jean de venir se justifier, lui promettant avec serment une entière sûreté. « Etant venu h Rome , » Jit remfjereur dans sa lettre, «i pour faire ce ]ui serait agréable k Dieu, nous avens de* oandé aux évèques la cause de votre absence. Is vous reprochent des choses honteuses. rous, tant clercs que laïques, vous ont acrasë d'homicide, dô parjure, de sacrilège et lautres crimes. Nous vous prions donc de ^cnir vous justifier sur toutes ces choses. » je Pape Jean ayant lu cette lettre , répondit i^r écrit, s'adressant aux évèques: Nous zons oui dire que vous voulez faire un autre *ape ; si vous le faites^ je vous excommunie de ti pari de Dieu tout-puissant , et je vous ôte e pouvoir d*or donner personne t et même de tUbrer la Messe, Cette lettre fut lue dans la econde session du concile. On écrivit une econde lettre au Pape; mais ceux qui furent hargés de la porter ne purent point le trouer ; ce qui fut sans doute cause qu'on ne li iitîpas une troisième nionilion, selon les '^k'^?^* Alors le concile dit: «Pour un mal jssi extraordinaire que celui dont nous géiissoos, il faut un remède extraordinaire. I par ses mœurs corrompues il ne nuisait u à lui-même, on devrait le tolérer. Mais >ajbien son exemple en a-t-il perverti autres? Nous vous orions donc que ce ooslre soit chassé de l'Eglise de Rome , et j*on mette è sa place un nomme qui nous m ne boc exemple. »— «Nous y consentons, » t Tempereur, » et rien ne nous sera plus ;r^able. » On élut unanimement Léon , »mme d*un mérite connu, qui fut ordonné ipe^avec toutes les cérémoniesaccouturoéeSf
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au mois de décembre 968 , et on lui prêia le ( serment ordinaire. Il est connu sous le nom de Léon VIII ; mais on ne saurait le regarder comme Pape légitime, car il est visible que la déposition de Jean XII était nulle. L'assemblée réunie par les ordres d'Othon, outre l'irrégularité de ses procédures, n'avait évidemment aucun pouvoir de déposer un Pape, reconnu pour iégitii/ic par toute l'Eglise.
Pour être impartial, il est juste de dire que les accusations infâmes portées contre Jean XII furent contredites, du moins révoquées en doute, séance tenante, par Luitprand, évèque de Crémone; que l'accuséétant absent ne put se déft*ndre, et aue les Actes do ce concile ont été annulés. On peut donc rroini à quelques exagérations dans cette accumulation de scandales.
Comme Othon avait renvoyé la plus grando partie de ses troupes, pour n'être pointa charge aux Romains, le Pape Jean excita, sous main, le peuple à la révolte, et l'empereur apprit qu'on en voulait à sa vie. H les prévint, et en fit exécuter à mort un grand nombre. Les Romains lui firent encore serment de fidélité; ensuite il alla àSpolète, leur ayant rendu leurs otages, ft la prière du Paçe Léon. Alors les partisans du Pape Jean le tirent revenir À Rome. Aussitôt on fit couper la main droite à Jean, cardinal-diacre; et k un autre officier de l'Eglise, la langue, le nez et les deux doigts. Après quoi Jean tint un concile dans l'église de Saint-Pierre, le 24 février 964, avec seize évèques d'Italie et deux prêtres -cardinaux. Jean XII ouvrit la première session en disant : Vous savez , mes chers frères , que j'ai été chassé de mon Siège pendant deux mois f par la violence de Fempereur. Cest pourquoi je vous demande si , selon les règles^ on peut appeler concile celui qui a été tenu dans mon Église , en mon absence^ le 4 décembre^ par Fempereur Othon^ avec ses archevêques et ses évèques ? Le concile répondit : « C'est une prostitution en faveur cfe Léon l'adultère et l'usurpateur. »
— Nous devons donc le condamner , dit le Pape. — « Nous le devons, » dit le concile, <( par Tautorité des Pères. » Le Pape le condamna , puis il dit : Les évèques ordonnés par nous ont' ils pu faire une ordination dans noire palais patriarcal? — « Non , » répondit le concile. — Le Pape reprit: Que jugez'vous de Licon , que nous avons sacré évéque^ il y a longtemps^ et qui dans notre palais a ordonné Léon^ officier de la cour et néophyte^ le faisant portier^ lecteur ^ acolyte, sous-diacre^ diacre et tout d'un coup prêtre; enfin il a osé le consacrer dans notre Siège apostolique^ sans aucune épreuve^ contre toutes les ordonnances des Pires. — Le concile dit : «( Il faut déposer Tordinateur et celui qui a été ordonné. » -— Le Pape dit : On ne sait oà il est caché,
— « Qu'on le cherche soigneusement, » dit le concile, « jusquà la troisième séance. Si on ne le trouve pas, qu*il soit condamné selon les canons. »
Le Pape ajouta : Que jugez-vous donc de ces deux évèques^ Benoit de Porto et Grégoire
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DiCTlONNAIRE
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d'AlbatUf qui ont prononcé les oraisom sur Vusurpateur? — Le concile répondit : «Qu'ils soient punis de même ; cependant nous los laissons à votre discrétion, jusqu'à la troisième séance. » — Qu*ordonnex-vou8 donc , dit le Pape, touchant Vusurpation de notre Siège? — Le concile: «Qu'il soit absolument condamné,afin que désormais aucun des officiers de la cour, des néophytes, des juges et des pénitents publics ne soit assez hardi pour aspirer au degré suprême de l'Eglise. • Alors le Pape Jean prononça la sentence contre Léon, ledéclarant déposé de tout honneur sacerdotal, et de toute fonction ecclésiastique ; avec menace d'anathème perpétuel, s'il continuait è en exercer aucune, ou s'efforçait de rentrer dans le Saint-Siège; et pareille menace contre ceux qui lui donneraient aide ou conseil. Le Pape ajouta : Que jugez^vous deceux gu'ila ordonnés? — Leconcile'répondit:«Qu'ils soient déposés. » Alors le Pape ordonna qu'ils entrassent revêtus de chasubles et d'étoles, et fit écrire par chacun d'eux sur un papier iMon pire n avait rien à lui , et ne m'a rien donné. Ainsi il les remit au rang qu'ils tenaient auparavant.
A la seconde session du concile, tenue le lendemain, le Pape dit que Ton avait cherché avec soin l'évêque Licon sans le trouver, et le concile ordonna que sa condamnation serait différée jusqu'à la troisième session. Alor& le Pape appela les deux évêques qui avaient ordonné Léon , Benoit de Porto et Grégoire d'Albane, et leur fit lire à chacun dans un papier: «Moi tel, du vivant de mon père» j'ai consacré à sa place Léon, officier àe la cour, néophyte et parjure, contre les ordonnances des Pères. »Puis leur jugement fut remise la troisième session. Le Pape ajouta : Que jugex^vous de ceux qui ont prêté de l'argent au néophyte , pour acheter la grâce de Dieu , qui ne se peut vendre?— Le concile dit :aSic*estun évêque,un prêtre ou un diacre, qu'il perde son rang; si €'est un moine ou un laïque, qu'il soitanathéinatisé. Quant aux abbés déi}endants du Pape, qui avaient assisté au concile précédent, on
que les moines, sous la même peine ^ demeurent aans les lieux où ils ont renoncé au siècle. Le concile l'ordonna.
A la troisième session le Pape prononça par contumace la sentence de déposition contre Licon, évêque d'Ostie, un des ordonnateurs de Léon, sans espérance de restitution, et remit en leur premier rang ceux que Léon avait ordonnés comme n'ayant rien reçu de lui ; alléguant l'exemple du Pape Etienne 111 contre ceux qui avaient été ordonnés par Constantin.
Jean XII ne survécut pas trois mois à ce concile. On dit qu'étant hors de Rome , pendant la nuit, il fat frappé dans les tempes; qu'il mourut huit jours après, le 14 mai 964, sans recevoir les sacrements. Il avait tenu le Saint-Siégtf huit ans et deux mois. Alors les Romains regardant comme nuls les serments
qu'ils avaient prêtés à l'empereur et à Léon VIII, élurent et firent ordonner Pape Benoit, diacre^cardinal, et lui promirent avec serment de ne jaiûais l'abandonner, et de le dé-* fendre contre l'empereur. On le nomma Benoît V.
JEAN XIII, cent trente-troisième Pape et successeur de Benoit V. —Après la mort de ce dernier , les Romains à qui Tempereur . Othon avait fait craindre la puissance de ses armes, n'osèrent procéder a l'élection d'un Pape sans son consentement. Ils lui envoyèrent des députés pour le prier de choisir le Pape au'il vouarait. L'empereur les reçut honorablement, et, content de la déférence des Romains, il leur permitde nommer à leur choix un sujet digne, pourvu que l'élection se fit en présence de Tevêque de Spire et de celui de Crémone, q^u'ii envoya à Rome en qualité de commissaires. On élut donc d'un commun consentement Jean, évêque de Narni,eton l'intronisa sur le Saint-Siège le 1" octobre 965. « Cet homme, » dit un écrivain moderne, « ne manquait pas de caractère. Il avait paru comme accusateur de Jean XII— Fojf. cePape;— mais il avait eu le bon esprit de circonscrire son accusation dans de sages limites; il ne l'avait accusé que de la violation des règles canoniques, et ensuite n'avait pas cesse de le reconnaître comme son cher légitime. Il appartenait d'ailleurs à cette partie du clergé qui avait conservé la pureté des mœurs et la vigueur de la discipline, au milieu de la corruption presque générale. Devenu Pape, il voulut remédier aux désordres ; mais sa prudence ne marcha pas de front avec sa fermeté ; il traita les Romains avec trop de hauteur ; ses ennemis profitèrent de celte faute pour donner la main aux adversaires des Allemands , et la révolte éclata. » Rofrède , comt^ de Campanie , et le préfet Pierre , aidé des chefs du peuple, l'arrêtèrent et l'enfermèrent au chAteau Sant-Ange , puis ils l'envoyèrent en Campanie, où il demeura onze mois. D'autres disent que les chefs du peuple romain, qui avaient toujours grande envie de reprendre l'autorité souveraine qu'ils avaient usurpée plus d'une fois, et de secouer le joug de l'empereur, voyant qu'ils ne pouvaient gagner le Pape, pour le faire entrer dans leur révolte, le chassèrent de Rome; de sorte qu'il fut obligé d'aller chercher un asile à Capoue , chez le comte Pandulfe, son ami. Celui-ci le reçut avec honneur, et trouva même le moyen de faire tuer dans Rome le comte Rofrède, que les Romains avaient pris pour chef.
Cependant l'empereur Othon vint en Italie vers la fin de l'année 966. AIoi^s les Romains, craignani Tarrivée de ce prince, rappelèrent le Pape Jean , et demandèrent pardon du passé à l'empereur; mais Othon, irrité de leur perfidie, si souvent réitérée, refusa de le leur accorder. Il fit prendre douce des premiers de la ville, qui avaient été lasaurteurs de l'expulsion du Pape. Quant à leur chef Pierre, préfet da Rome, il Tabandonna non à la vengeance du Pape, comme Ta du
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Fleary , mais aa peuple qui lui cmipa la barbe, et le fit pendre par les cheveux au cheval de GoQstantin , pour l*exposer en spectacle. Ensuite on le dépouilla, on le mit à rebours sur un âne qui avait une clochette au cou ; le patient portant une outre sur la léte et deux à ses cuisses; on le promena aîRsi par toute la ville, le fouettant et s'en jouant; on le mît ensuite en prison, où il demeura longtemps; enfin, on l'envoya audelà les monts. L'empereur fit déterrer les cendres du comte Roirède, qui avait fait arrêter le Pape^ les fit traîner par les boues ti jeter è la voirie.
C'est ainsi qu'Othon fil sentir aux Romains les effets de sa vengeance , pour punir leur infidélité. Après cette dure correction , la tranquillité régna enfin dans Rome. Jean XIII
[Profita de ce repos pour gouverner sagement *Ëglise, étendre et rétablir les relations du Saint-Siège et restaurer la discipline ecclésiastique. Il mourut en odeur de sainteté le 6 septembre 9Tâ, après un pontificat d'environ sept ans, emportant avec lui la consolation d'avoir contribué par ses légats à la conversion de la nation polonaise. Son succes«> ^ur fut Benoit VI. Selon Barontus, ce fut Jean Xlll qui introduisit dans l'Eglise la coutume de oénir les cloches.
JEAN XIV, cent trente-septième Pape et .successeur de Benoit VII, fut élu en novembre 983. — Il avait été chancelier de l'empereur Othon, puis évèque de Pavie, et, avant son élection, il se nommait Pierre; mais, par un témoignage de respect déjà donné au prince des apôtres, et qui passa depuis en usage parmi tous ses successeurs, il changea son nom en celui de Jean XIV. Son pontificat ne fut que de huit mois. L'antipape Françon ou Boniface VII, croyant qu'après la mort de l'empereur Othon et de Benoit, il lui serait facile de renverser le nouveau Pape dont l'autorité n'était pas encore bien affermie, revint de Constantinople, dans le dessein de se remettre sur le Siège. Comme il avait beaucoup d'argent, il se fit bientôt un grand nombre de créatures ; sa faction deirenue la plus puissante, Jean XIV fut arrêté et mis au cbAteau Saint*Angc, puis déposé ; ety au bout de quatre roots, il mourut de faim et de misère, le 30 août 9^h, L'usurpateur se maintint dans son intrusion environ sept mois, au bout desquels il mourut su^ bi tement,et tellement détesté parceui-mémes de son parti, qu'après sa mon on tratna son corps par les pieds, et on l'exposa tout nu dans la place publique, devant ta statue équestre de Constantin; on élut ensuite Joan XV.
J EAN XV, Romain de naissance, fut élu, L-omine nous venons de le dire, après la rvjorl de Jean XIV et de l'antipape Boniface VII.— 11 ne tint le Saint-Siège que quatre f iiois , et même, dit-on, ne fut pas sacré ; c**est pourquoi on ne le compte parmi les Fapes« que pour n'en pas déranger la suite. Son successeur fut Jean XVI.
JEAN XVI, cent trente-huitième Pape, fut élu 'e 25 avril 986. — Fils de Léon, depuis
prêtre, Jean XVI était Romain de naissance, savant et vertueux. Pendant tout le temps de son pontificat, qui ne fut pas paisible, il soutint avec vigueur les droits du Saint- Siège. Comme Crescentius, en qualité de consul, voulait être le mettre absolu dans Rome, Jean XVI craignant son humeur violente, se retira dans une des places de l'Eglise en Toscane, et envoya prier Othon 111 de venir, à l'exemple de son père, délivrer le Saint-Siège du tyran qui l'opprimait. Les Romains, qui appréhendaient 1 arrivée des Allemands, tâchèrent, par toutes sortes de soumissions, d'apaiser le Pape; Jean se laissa vaincre à leurs prières et re?intà Rome, où il fut reçu avec de grandes acclamations. Crescenlius prit le parti dé dissimuler, et n'osa pas troubler lé Pape dans ses fonctions.
L'an 993, Jean XVI tint un concile oik saint Adalric fut mis au nombre des saints, vingt ans après sa mort. Ce fut peut-être dans ce même concile de Rome que le Pape cassa la déposition d'Arnoul, arcnevêque de Reims, qui avait été décrétée dans le concile tenu en cette ville, et l'ordination de Gerbert à la place d'Arnoul ; car il est certain que, l'ayant apprise, il trouva l'un et l'autre fort mauvais, et interdit tous les évoques qui y avaient eu part. Mais Gerbert ne crut pas devoir obéir à ce décret, et en écrivit à Se* guin, archevêque de Sens, en termes trèsvifs contre te Pape. Jean XVI envoya comme légat en France Léon, abbé de Saint-Alexis,
Kour terminer l'affaire de l'archevêque de eims. Ce légat indiqua de sa (lart un concile qui se tint à Mousson, dans le diocèse de Reims. Jean XVI mourut d'une fièvre violente, vers la fin d'avril 996, après dix ans de pontificat, et eut pour successeur Grégoire V.
Le caractère, la sagesse et le zèle de Jean XVI le placent à côté de Jean XIII. Il fit preuve de prudence et de fermeté dans l'affaire d'Arnoul de Reims, qu'Hugues Capet avait fait déposer. Il défendit avec courage la liberté et l'indépendance de l'Eglise, rétablit plusieurs fois la paix entre les princes chrétiens, et soutint la discipline ecclé** siastique. On ne lui reproche qu un excès de douceur, par lequel il recula devant des mesures de rigueur peut-être alors nécessaires.
JEAN XVII, antipape.— Crescentius ayant chassé de Rome Grégoire V—Foy Souverain- Pontife,*^ fitélirepour Souverain Pontife un Grec nommé Philagathe, qui prit le nom de Jean XVIl. Né à Rossane en Calabre, de basse condition,iI avaitembrassé la vie monastique» et obtint d'Othon III l'évêché de Plaisance. Elu Pape par l'affection de Crescentius, il fut excommunié par tous les évêques d'Italie, de France et d'Allemagne — voy, du reste ce que nous avons dit a ce sujet en parlant de GatooiRic V.
JEAN XVIIl (nommé avant son élection Liccon ou Lecco), cent quarante et unième Pape, et successeur de Sylvestre II, fut sacré le 13 juin 1003, quatre jours après son élee* tion, qui s'était faite avec unegrande unioiif
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et suivi d'applaodissemenis unanimes.— Selon Platine, il était d'une famille très-obscure. Comme il ne tint le Saint-Siège qu*en- YiroD 5 mois, Thistoire ne nous a rien conservé de son caractère, ni de ses actions. Il mourut le 30 octobre de la mtme année 1003, et fut enterré au monastère de Saint-Sabas. Le â6 décembre suivant, on élut, pour lui succéder, Jean XIX.
JEAN XIX, cent c|uarante-deuxième Pape, était Romain de naissance, et s*appelait Pbasian. — Elu le 26 décembre 1003, n'étant encore que prëlre du litre de Saint-Pierre, il changea son nom en celui de Jean XJX. Il tint le Saini-Siége 5 ans, et ne fit rien de mémorable. Vers la fin de mai 1009, il abdiqua la papauté,et embrassa la vie monastique, à l'abbaye de Saint-Paul de Rome, où il mourut le 19 juillet de la même année» Le 2 octobre suivant, on élut Sergius iV.
JEAN XX, cent quarante-cinquième Pape, évéque de Porto, selon quelques-uns, et simple laïque, selon d'autres, succéda h son frère Benoit III. — Il fut élevé sur le Saint- Sié{;e en 102fc, par ta faction et les largesses de son autre frère Albéric, comte de Toscanelle, et de ses autres parents, qui avaient alors le plus d'autorité dans Rome. « Ainsi, » dit M. Maimbourg, « la liberté des élections que l'empereur Henri avait rétablie, n'eut
f oint -lieu; et Ton vit par expérience que les lectionsqui s'étaient faites par l'autorité des empereurs, en leur présence ou en celle de leurs commissaires, avaient été beaucoup plus régulières, et avaient donné à l'Eglise des Papes incomparablement meilleurs que ceux qui se firent dans ces assemblées tumultueuses du peuple et du clergé de Rome, partagés en ditférentes factions, et surtout par le pouvoir absolu de ces petits tyrans, comtes et de marquis, qui mirent si souvent sur le Saint-Siège des sujets élus à force d'argent. »
« Au commencement de son pontificat, »
dit un auteur contemporain, «Eustalbe, patriarche de Constantinople, de concert avec l'empereur et le cierge, essaya de se faire <k>nûrmer le titre de patriarche universel. Des députés arrivèrent à Rome, chargés de riches présents, et l'or qu'ils répandaient commençait h produire son effet, lorsque le bruit se répandit qu'on allait accéder aux désirs du patriarche. » L'abbé Guillaume, de 2)\jon, écrivit au Pape une lettre très- vigoureuse pour le détourner de cette funeste condescendance ; d'autres représentations respectueuses vinrent d'ailleurs, et firent encore une fois avorter la tentative des Grecs. Les expressions de quelques-unes de ces représentations semblent avoir donné à réfléchir au Pape, car il parut sentir l'irrégularité de son élection, et il abdiqua avec 1 intention de se retirer dans la solitude, et de faire pénitence. Touché de cette généreuse jrésolution, lé clergé de Rome s'y opposa, et iui conféra ainsi un titre légitime.
CefulJeanXXqui, le jour de Pâques 1027, posa la couronne impériale sur la tète de Conrad, roi des Allemands, qui était venu à
Rome au secours du dernier Pape, chassé par les Romains à la fin de sa vie, c^t sur celle de la reine Giselle, épouse de Conrad. Sous le môme Pape vivait le fameux musicien Guy, moine d'Arèse, qui inventa la gamme et les six notes; il les prit des trois
Sremiers vers de l'hyrnne de saint Jean* âptiste. Ut queant Iaxis; car, par le moyen de ces notes, un entant apprit en peu de mois ce qu*un homme apprenait à peine en plusieurs années. Jean XX le fit venir à Rome et admira son invention comme un prodige. L'an 1033, quelques-uns des principaux de Rome conspirèrent contre ce Pape ; et, n'ayant pu exécuter le dessein qu'ils avaient de le tuer, ils le chassèrent de Rome ; mais Tempereur Conrad étant venu en cette ville, le rétablit et soumit tous les rebelles. Le Pape Jean mourut le 8 novembre de la mèmeannée, après avoir tenu le Saint-Siège 9 ans et 3 mois, et eut pour successeur Benoit IX.
JEAN XXI.— Après la mort d'Adrien Y»
les cardinaux ne voulaient pas s'assembler en conclave pour procéder à l'élection d'un successeur, sous prétexte que la constitution
four le conclave avait été suspendue par 1% ape Adrien ; mais les prélats et les officiers de la ville les y obligèrent. Se trouvant donc étroitement resserras, ils élurent, sans trop tarder, le 21 février 1276, Pierre Julien Portugais, cardinal, évoque de Tusculuon» qui prit le nom de Jean XXI. Julien était né à Lisbonne. Il avait étudié dans toutes les facultés, ce qui le faisait nommer clerc universel, selon le style du temps. Il était habile dans la médecine, et il en a laissé un traité sous le titre de Trésor des pauvres^ qui est même imprimé; il foivorisait les pauvres étudiants et leur donnait des bénéfices. Son premier soin fut de réprimer les séditions arrivées pendant la vacance du Saint-Siége.CePape se promettait une longue vie; mais comme il était dans une chambro neuve qu'il avait fait faire pour lui, près du palais de Viterbe, le bAtiment tomba et il mourut »ix jours après, le 16 mai 12T79 des blessures qu'il avait reçues. Après sa mort le Saint-Siége vaqua plus de six mois.
JEAN XXU. — Après la mort de Clément V, les cardinaux qui étaient à Cr* pentras, dans le Comté Venaissin , entrèrent en conclave an nombre de vingttrois, dans la maison épiscopale, pour procédera l'élection du successeur. Après y être resté quelque temps, sans pouvoir s'accorder, il survint une querelle entre leurs domestiques qui pillèrent les marchands.
On mit le feu à la ville, dont uno partie fut brûlée ; les cardinaux prirent la fuite, et ils furent deux ans sans se rassembler, les Italiens disant qu'il fallait aller à Rome, d'autres ailleurs.
Cependant un de ces derniers. Napoléon des iJrsins, écrivit une lettre très-forte au roi Philippe le Bel , dans laquelle il se plaignait cfe la conduite qu'avait tenue ClémentV. Il dépeignait l'état déplorable où se trouvaient l'Italie et la ville deHorae; ce qu'il
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aUribiiaii à la translation du Saint-Siège à Avignon. Le roi parut ému de cette lettre» ^t en écriTit une a deux des principaux cardinaux français, où ii les exhorta à s'as* sembler promptement à Lyon». pour l'élection d*un Pape, afin de prévenir les maux d'une double élection. Il employa même toute son autorité afin de les y obliger. Mais ce prince étant mort aussitôt après» Louis Ilulin« son fils atné, qui lui succéda, envoya Philippe», comte de Poitiers, son frère, dans le même but. Il y travailla près de six mois» et il vint k t>out de rassembler vingt trois cardi* naux à Lyon. Dans cet intervalle» étant devenu roi par la mort de son* frère» il les fit venir tous dans la maison des Frères prêcheurs» et leur déclara qu^its n'en sortiraient point qu'ils n'eussent éhi un Pape ; et après avoir mis des g^ardes pour les em^ pêcher de sortir» il revint à Paris.
Les cardinaux ayant été enfermés pendant quarante jours» élurent le 7 août 1316» Jacques d^uses» cardinal-évèqne de Porto. Il était né à Cahors de parents pauvres» s'était rendu habile» surtout en droit, par son esprit et sa grande application : il était de petite taille, mais avait beaucoup de courage. Il lut évoque de Fréjus pendant onze ans» ensuite transféré au siège d'Avi-
§non» et Clément Y le fit cardinal et évoque e Porto. Il prit h nom de Jean XXII et fut f:ouronné à Lyon dans l'église cathédrale. Il écrivit aux rois et aux évêgues une lettre circulaire» où il dit qu'il a hésité beaucoup à accepter une charge si terrible : ensuite il partit de Lyon et se retira à Avignon.
L*un des premiers actes qui marquèrent réiévation de Jean XXII fut une lettre » à jamais mémorable» adressée [1317] à tous les marquis, comtes» barons^ gentilshommes, aux podestats et capitaines^ aux communes» cor()orations et à tous les habitants de la Lombardie» de la Marche Trévisaae» de l'Etat de Venise» des patriarcats de Grade et d'Aquilée» et de l'archevêché de Gênes. (IUtnaldus» AnnaL ecclmaslicit ann. 1317.)
Lêi iribulations oui ont affligé vos vilUt et
V09 contrées f dit-i'» sont parvenues à nos
oreilles; nousaioons suies maux innombra--
Hes qu'elles ont soufferts ^ non-seulement de
ta part dis étrangers qui s'y font la guerre^
WMts encore dans ces guerres plus que civiles^
que se font entre eux les frères et les proches^
foulant aux pieds tous les droits de la nature.
LtB maisons se sont élevées contre les maisons ,
et les cités contre les cités^ et les populations
9€ sont divisées en factions rivales ; de là des
ruineSf des ravages^ des incendies^ la perte
dea biens et le péril des âmes.., Or^ pour ac*
eomplir ce devoir de pire que la sainte Ecri'
iure m*impose^ je vous en conjure^ mes fils
bienrMiméSf prenez garde que de tels excès
offensent DieUf portent préjudice au prochain^
froissent les innocents et Quelquefois appel-
ieni un juste cKdtiment sur les coupables. Les
auteurs de ces forfaits^ tes perturbateurs du
TepoM publie périssent misérablement^ ou bien
on les voit exilés, contraints d'abandonner
totU ce qui était à eux» pour avoir voulu en* vahir les richesses et les droits d^autrui. Mais ce qui est plus douloureux^ aux infor* tunes particulières s^ajoutent les calamités générales. Les iniquités de quelques-uns deviennent celles de tous^ et sur toiks retombe la peine: les partis en se disputant k pouvoir ^ épuisent leurs forces; et tandis que la concorde fait s^accroittre et prospérer les choses les plus humbles^ les plus grandes s'évanouissent^ quand ta discorde y met la main. Ainsi le Christ est divisé dans ses membres^ lut dont la gloire est d'à/voir réuni ce qui était séparé^ lui qui est le juge équitable^ fort et patientf il rendra aux superbes ce qui leur est dû. Carf s'ils ne retiennent à résipiscence^ voici ce qui les attend : le f3U de l enftr^ les ténè* bres extérieures^ les pleurs et les grincements de dentt éternels. En conséquence nous vous exhortons tous, nos fils bien-aimés^ par le sang dé rÀgneau sans taehe^ Jésus-Christ^ Hotre-Seigneur, qui^ du haut de la croix,pria pour ses- ennemis^ à rejeter loin de vous les armes meurtrières^ à déposer vos haines et vos épées, à dissoudre vos ligues hostiles^ et à confondre vos volontés dans Vaccord parfait d'un sincère amour.
Cette lettre éloquente» portée au delk des Alpes par un légat» chargé d'en exécuter les dispositions, lue solennellement dans toutds les chaires» était» à l'avènement de Jean XXII» com^ne la voix des anges à l'avènement de Jésus-Christ. Paix aux hommes de bonne vo' /oii^/.(Liic.ii»lb.) Maisle vicaire de Jésus* Christ ne pouvait» non plus que Itii» contrainles volontés mauvaises. Les populations» les cités» les familles ne surent point» en ce jour qui leur était donné, accepter ce qui aurait fait leur repos. L'Italie» incapable de former une nation, aurait pu constituer une eonfédération d'Etats régis par leurs lois et selon leurs mœurs locales» et réunis sous la médiation du souverain pontificat. Elle eût sans doute trouvé là le secret de son bonheur. Elle le méconnut. Les Papes durent renoncer h exercer une influence politique sur cette belle province de la chrétienté ; ils ne songèrent plus qu'au salut éternel des individus» puisque la société temporelle voulait périr.
Cette même année 1317» Jean XXII érigea le siège de Toulouse en archevêché» et lui donna pour suffragants l'évêché de Pamiers et quatre nouveaux sièges. Il fit aussi» dans les provinces de Bourses et de Bordeaux» six nouveaui évêchés, choisissant pour ces sièges épiscopaux» les monastères dont les abbés recevaient le titre d'évêques. L'année suivante» il divisa la province ae Tarragone» et érigea en archevêché le siège «le Sara» gosse» auquel il donna pour suffragants cinq des onze évêchés de ces provinces. Il érigea en métropole la ville de Sultanée» t)Atie par le grand khan des Tartares» et en nomma premier archevêque François de Pérouse» de Tordre <\es Frères prêcheurs» qui avaient fait de norQbreuses conversions dans cette province et dans les pays voisins. Il écrivit au khan des Tartares» pour l'exhorter à pro-
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léger les missionnaires, et à embrasser la religion chrétienne. Son zèle apostolique s'étendait dans tout TOrient : il écrivait en même temps au roi d'Arménie, aux évoques répandus dans ce vaste empire; et par ses soins, les missions s'étendaient avee succès jusqu'aux contrées les plus reculées de l'Asie. En Occident, il adressait, en 1317, deux teltres aux rois de France et de Napies, pour les rappeler k l'accomplissement de leurs devoirs ; donnait des conseils à Edouard 11, roi d'Angleterre ; et publiait le recueil de Clément V, son prédécesseur, connu sous le nom de Clémentines.
Plusieurs conjurations avaient été faites contre Jean XXlf , dès le commencement de son pontificat, et l'on avait tenté de l'empoisonner, ou de le faire périr avec quelquesuns de ses cardinaux. C'est ce qu'on voit par deux commissions qu'il donna en février et avril 1317. Gérard, évéque de Cabors, fut principalement un de ceux que l'on accusa. Jean XXII ût informer contre lui, outre c|ue les habitants de cette ville se plaignaient de sa conduite, et rendit, en 1318, une sentence qui exposa ses injustices et ses vices personnels , le déposa de toute dignité, et le condamna à une prison perpétuelle.
]>ans ce temps s'élablit l'usage universel de VAngeluSf que Jean XXII autorisa par une bulle du 13 octobre 1318, la confirmant par une autre du 13 mai 1327.
Isa division, qui existait depuis quelque temps déjà parmi les Frères mineurs, prit de telles proportions, qu'elle dût occui)er bientôt le Souverain Pontife avec les premiers docteurs, et devenir la cause de l'Eglise. Une partie dçs religieux de Saint- François prétendaient pratiquer la règle de leur maître dans toute sa rigueur, et étaient pour cette raison, appelés Frères spirituel;. Soixante-quatre d'entre eux vinrent trouver le Pape à Avignon pour demander justice. Mais, par les informations juridiques auxquelles ils furent tous soumis, on trouva qu'ils professaient des principes niant toute constitution hiérarchique. Ils soutenaient qu'il n'était permis de jurer en aucune rencontre ; que les prêtres, en péchant, perdent le pouvoir de consacrer; qu'il y a deux Eglises, l'une charnelle et opulente, gouvernée par le Pape et les évéques ; l'autre spirituelle et pauvre, composée d'eux-mêmes et de leurs sectateurs, qui seule a la puissance ecclésiastique. A furce d'exhortations et de menaces, on soumit la plupart de ces Frères. Mais quatre d'entre eux furent dégradés des saints ordres, puis abandonnés aux Juçes séculiers qui les firent brûler. La principale question dont il s'agissait, à ce sujet, était celle de la désappropriation absolue. Jean XXII avait publie, au mois d'avril 1317, la constitution Quorum» dam exigitt oïl il attribuait aux Franciscains le droit de garder dans leurs greniers les provisions nécessaires à leur usage. Le 30 décembre de la même année et Te 23 janvier de l'année suivante, il avait oublié deux
nouvelles bulles contre les Frères dits $fèntuels. De là une lon^e discussion poar savoir si les Franciscains pouvaient avoir 4 propriété des choses consommées par l'osage, ou si la règle de leur ordre ne tes obligeait pas, au contraire, à renoncera toute espèce de propriété, tant en coidd^ia qu'en particulier. Un des Frères spîhior* ou fratricelle, jugé à Narbonne, en i3it« donna pour sa justification l'exemple de k* sus-Christ et des apAtres, qui, disait-il, dV vaient eu la propriété de rien» ni en cm>> mun, ni en particulier. Bérenger Talon, ut des consolteurs, soutint çue cette pmposiiica était parfaitement catholique et conforme i .1 décision du Pape Nicolas UI «dans sa bd]>, Exiit qui seminat^ Le Pape, insCmil de ceui affaire, donna des ordres pour Caire eiaoïi* ner la question. Alors le chapitre générai «iri Frères mineurs, assemblé à Péroose, poblia, au mois de juin, une déclaration adrev sée à tous les fidèles, où l'on prononçait qct Jésus-Christ et les apAtres, modèles assure de perfection, n'avaient la propriété de qjiKi que ce soit, ni en commun, ni en partictlier, et que l'Eglise, qui ne peut se tromper l'avait ainsi décidé par la decrétale Exiit qu. ieminatf insérée dans le corps du droit canonique. Le générai souscrivit cette dédirvtion avec neuf provinciaux.
Jean XXII, espérant terminer ces dii^^^ sions, publia, au mois de décembre ItiX la bulle fameuse, commençant par ces &->.• Ad conditoremt où il établit que, dam '^ choses qui se consomment par l'usage. usage ne pouvait être séparé de la propn^:*. et qu'ainsi on ne devait pas supposer qoc . Pape Nicolas eût voulu, dans sa dé^'éule, tî réserver la propriété à l'Eglise rooiavM Por ces motifs^ ajoutait-il» non» arémmm^^m qu^à favenir V Eglise romaine n'aequerm mcuti droit de propriété ou autreg sur itâ Atn de cette nature. Bonnegrflce de Ber^az* chargé de la procuration de Tordre» en açpr j de cette constitution en plein consistoire fut mis en prison, où il demeara un an.
Quant è ce qui regardait la renoncLM. ? du Christ et de ses apôtres à toute esfèct^ . propriété, Jean XXil, après avoir Caii es? miner la question par les cardinaax, le«fi •savants évéques et les universités » ptkl . . en novembre 1323, une autre décréfale c«sr mençantpar ces mots Cum inter wawifc'«v, où il condamnait comme héréciqncs» .^ deux Dropositions suivantes : Tuoe^ f^^ ^sue-Cnritt et ses apôtres n'enl riêts m /« particulier^ ni en commun; Tautre. •»# J>sus^Christ et ses apôtres «'ataieur peslr ^* ■ d'user des choses quUlspossédaiemi^ im 4f • aliéner. Mais le général des FrancMca.-avec ses capitulants, après avoir repréjcs. la renonciation à toute propriété oolleeaKi^ -«
[)ersonnelle, comme le caractère propn a règle des Frères mineurs, soutint vfmrîtrément que c'était une hérésie de dire ^-r Jésus-Christ eût possédé quoi qne ce » - Alors Jean XXII publia, en novembre une troisième decrétale, Quia qui a pour objet de répondre i UtaU-y
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objections. Comme les Franciscains insis* iaîenc particulièrement sur ce que les décisioosduPape étaient contraires acellesde ses prédécesseurs t Jean s'efforça de prouver quIBonorius 111 , Grégoire IX, Innocent 1*' et Alexandre IV n'avaient point soutenu la doctrine qu'on leur prêtait, et qu'au contraire Alexandre IV avait déclaré que les Frères prêcheurs pouvaient avoir quelque chose en commun. Il y avait plus de difficultés à l*égard de la bulle, Exiit qui «emtno/, de Nicolas ill, qui représente la désappropriation de toutes choses, tant en commun qu en particulier, comme le caractère spécial de la pauvreté des Frères mineurs, tres-roéritoire et conforme è l'exemple de Jésus-Christ. Jean XXU, ne prétendant pas d'ailleurs faire unedéGnition de foi, dit que Nicolas III, en s'exprimant comme on vient de le voir, D'à pas voulu nier que le Christ ait possédé quelque chose, mais seulement qu'il renonçait Tolontairement à ce qu'il possédait, renonciation qui implique précisément par elle-même un droit de propriété, au moins en commun. Du reste, la bulle Ad eondito^ rem dh Jean XXII fut révoquée dans la suite l>ar Martin V, et la question est restée controversée, même parmi les théologiens.
Nous avons dû nous arrêter à cette question, et la traiter avec quel(iue étendue, nonspulement à cause de son importance, et des longues luttes auxquelles elle donna lieu au sein des ordres religieux, mais encore I arce que nous allons la voir bientôt reparaître dans les démêlés du Pape avec Louis de Bavière, et qu'elle fut pour ainsi dire toute la question de ce ^)ontiflcat. En parlant d*Aleiandre IV, — Voy. ce Pape,— nous avons déjà abordé cette grande question, que des historiens frivoles ont traitée de ridicule. En effet, il ne s'asit de rien de moins aue du problème fondamental de toute société. Les Franciscains prétendus spirituels, en affirmant que l'homme n'a qu'un simple usage de fait, et non aucun droit sur les choses nécessaires à l'entretien de la vie, niaient par là même le droit de l'existence terrestre, impossible sans ce droit. La papauté, et particulièrement Jean XXU, en s'élevant contre une telle prétention, ont donc sauvegardé les droits de la nature et de la vie corporelle, contre cette exagération de la destinée spirituelle de l'homme. D'un autre cêté, toute renonciation à la propriété soit collective, soit personnelle , n'est méritoire qu'autant qu elle est librement et volontairement consentie. Or on ne peut renoncer qu'à ce qu'on possède, et par conséquent 9 cette renonciation elle-même implique un droit préalable à la chose à laquelle on a renoncé. Ainsi se trouvent conciliées au fond les plus pures théories franciscaines 9t les décisions de Jean XXII, qui semblent les limiter. En effet, ce Pape s'accorde parfaitement avec les Frères mineurs, |)our reconnaître <^ue la renonciation à } toute propriété, soit en commun, soit en f particulier, est méritoire , sainte et con- > luiuic i l'exemple de Jé^u^-Christ et de 5cs
apôtres. Seulement il ne veut pas qu'on nie le droit préalable de possession, sans lequel cette renonciation est d'ailleurs impossible. Le reste de ses décrets n'est qu'une application disciplinaire de principes immuables en eux-mêmes, mais dont l'application varie selon les lieux, les temps et les circonstances, ainsî que le montrent les bulles de Nicolas III , de Jean XXU et de Martin V, qui, partant toutes des mêmes principes, les appliquent d'une manière différente. Au reste, cette question se rattache directement h la condamnation des écrits de Pierre Jean d*01ive, qui avait donné naissance à cette secte des prétendus spirituels. Disciple des Joachimites dont nous avons parlé ailleurs, Pierre-Jean d'Olive enseignait le rèsne du Saint-Esprit, accomplissant la plénitude de la perfection évangélique. Il fut condamné avec son Commentaire iur rApo-catypse. Les sectaires rêvaient pour Thumanité un nouvel ordre de choses exclusivement spirituelles qui semble nier toute vie terrestre. La conséquence nécessaire était la négation de toute propriété, comme de lout l'ordre des choses de la nature et de l'existence corporelle. Jean XXU défendit et sauva cet ordre sensible contre les exagérations d'un spiritualisme exclusif qui, en niant la matière, niait toute la destinée temporelle de l'humanité.
Tandis que le christianisme étendait au loin ses conquêtes jusqu'au fond de l'Orient, dans le centre de l'empire chrétien, tout se préparait aucontraire pour la ruine de l'ordre et de l'édiOcation publique. Depuis longtemps Tincendie couvait sous la cendre. Après la mort de Henri VU on avait choisi Frédéric 111, duc d'Autriche. Mais d'un autre côté, Louis de Bavière, frère de Rodolphe, ayant été aussi élu empereur par cinq électeurs, avait pris le titre de roi des Romains, sans attendre que le Pape eût examiné son élection, pour Tapprouver ou la rejeter, et s'était attribué radministration des droits de l'Empire. C'étaient là les griefs dont le Pape se plaignait, dans un Monitoire qu'il fit publier, et après leauel il excommunia Louis de Ravière. liais ce prince n'eut aucun égard à cette excommunication : il publia au contraire un Mémoire, où il se plaignait de la conduite du Pape et de ses prétentions. Ajoutons à cette querelle, l'éloignement du Pape de la ville de Rome, la division qui régnait entre les cités de !'!-> talie, les factions des Guelfes et des Gibelins, qui avaient alternativement l'avantage Tune sur l'autre, toutes ces causes produisirent les plus grands désordres. Ce n'était que guerres , pillages , et toutes sortes de crimes. A Recanati , dans la Marche d'Ancène, ou exerça toutes sortes d'horreurs. Le Pape voulut emplover les procédures contre les rebelles: il les lit citer devant l'inquisiteur; et comme ils ne comparurent pas, il les excommunia ; mais ils méprisèrent son excommunication. D'un autre côté, Louis de Bavière fomentait les tfoobl^ qui désolaient l'Italie : il faisait cOétrtr
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EMCTiONNAIllE
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devant lui TOffice diTio, et exeommania te Pape» qu'i] appelait par dérision, le Prêtre- Jean.
Contrairement h la constitution derEmpire, il y avait alors deux empereurs en Allemagne. Le droit pnblic et la coutume reconnaissaient à Jean XXII le pouvoir d'examiner réiection de Louis de ^Bavière, pour ra|>prouverou la rejeter. Mais ce prince, déclinant le jugement pontiQcal» avait pris, dès le premier jour, le titre de roi des Romains. Le Pontife s*étant déclaré contre lui, Louis demanda la convocation d*un concile général. Deux sursits lui furent successivement accordés, mais il n*en proQlait que pour exciter des révoltes contre le Pape. Sa mauvaise foi étant manifeste, et ses troupes faisant cause commune avec les ennemis de r£glise enItaKe» le Pape publia enfin contre lui, une première sentence qui lui accordait cependant encore un nouveau délai. Louis n*en profila que pour tenir une diète à Saxenhausen , oii il se déchatna contre le diefde r£glise; et, s'emportent contre lui aux plus violents outrages, le traitait dliérétioue manisfeste, au sujet de ses bulles .sur la question qui divisait les Frères mineurs. Depuis trois ans le Pape n'avait donné aucune suite à sa première sentence, quand Louis arriva à Trente, en janvier 1327, et y tint une diète, où il fit déclarer
Ïar quelques schismatiques de sa suite, ean XXil hérétique, indigne du pontificat, et fil serment d'aller jusqu'à Rome. A Milan, il se fît imposer la couronne de fer le 31 mai, institua des évéques pour des sièges qui n'étaient pas même vacants, s'empara dePise, le6 septembre, et s'avançait sur Home, afin d'y consommer le schisme. Réduit à se défendre dans ses derniers retrauchements, Jean XXil, porta, le 23 octobre 1327, contre celui que n'avaient fléchi ni les monitions ni les prières, ni la longanimité du Pape, une sentence par laquelle il déclara Louis convaincu d'fiérésie, et comme tel privé de toute dignité, de tous biens, de lous droits à TEmpire, et môme à l'héritage de ses pères.
Les Romains, irrités de l'absence du Pape et de sa cour, lui avaient envoyé des ambassadeurs pour le prier de venir résider à Rome, lui déclarant qu'autrement ils recevraient Louis de Bavière, en qualité de roi. Le Pape s*excusa sur les affaires preS' santés qui le retenaient à Avignon. Mais les Romains lui envoyèrent une seconde ambassade où ils lui disaient : « Nous supplions à genoux Votre Sainteté de venir sur-le-champ, visiter votre premier Siège, que vous paraissez avoir oublié; autrement nous vous protestons que nous serons excusables devant Dieu, s il arrive c|uelque accident funeste. » Le Pape écrivit aux Romains pour leur représenter les raisons qui l'empêchaient d'aller sitôt à Rome. Mais, dans le môme temps , Louis de Bavière faisait de
Î;rands progrès en Italie Après avoir pris a ville de Pise, il vint l Rome, oa il fut très-bien reçu ; el, le 17 janvier 1328, il fut
couronné empereur dans l'église de Saint- Pierre, avec sa femme , en grande cérémonie, par des évéques déposés. Il tiDtea<iail« une assemblée dans la place de Saint-Pierre, où il vint revêtu de la pourpre, la couronne en tête, le sceptre d'or è la main droite, et la pomme ou le globe à la gauche, et il y fit lire une sentence fort longue contre le Pape Jean XXII, dans laquelle il prétend que la révolte des peuples d'Italie venait de ce Pape, lequel avait amassé des trésors, sous prétexte de secourir la Terre-Sainte, tant par des exactions sur le clergé, que par lescoU lations simoniaques des béaéfîces, en sorte qu'on pouvait rappeler le précurseur de 1 Antéchrist; qu'il avait usurpé les deux puissances, l'impériale et la sacerdotale, que Jésus-Christ a défendu de confondre en disant à Pilale : Mon royaume n'est pas de ce monde [Joan. xvui, 36) ; que lui, empereur, étant chargé de la protection de l'Eglise, il doit venir au secours des cardinaux et des évoques qui n'ont pu jusqu'ici, par leurs remontrances, empêcher cet homme de détruire la discipline ecclésiastique, comme il fait en cassant les élections canoniques, afin d'exclure les bons suiets, etc. ; qu ainsi h la réquisition du clergé et du peuple romain, il dépose Jean XXil. En conséquence, il (it élire un antipape : ce fui Pierre Rainalle, né è Corbière dans l'Abruzze. 11 avait épousé, dans sa jeunesse, une femme du même lieu, et il l'avait ensuite quittée malgré elle, pour entrer dans l'ordre des Frères mineurs. Il passait pour vertueux et habile dans les atfaires. Et le jour de l'Ascension, l'empereur étant venu devant la place de Saint-Pierre, où tout le peuple s'était assemblé, il fit avancer Pierre de Corbière, et après un sermon que fit un Augustin, l'ancien évoque de Venise demanda à haute voix au peuple, s'il voulait pour Pape Pierre de Corbière, et le peuple , ayant ré*
1>ondu que oui , l'évêque lut le décret d'éection, et l'empereur nomma Nicolas V le nouveau Pape, lui donna l'anneau, Je revêtit de la chape, et, après l'avoir fait asseoir è sa droite, ils se levèrent et entrèrent avec pompe dans l'église où ron célébra solennellement la Messe , après laquelle ils allèrent au festin. Nous croyons inutile de montrer tout l'odieux et le ridicule de ces actes si visiblement schismatiques, et qui ressemblaient plutôt à des coups de théâtre, qu!à une déposition et à une élection sérieuses.
Tout paraissait devoiraffermir le schisme, mais les choses changèrent bientôt de face. Jean des Ursins, cardinal-légat, étant venu à Rome avec des troupes, Louis de Bavière ne se crut pas en sûreté, el s'éloigna de cette ville avec son antipape. On iil aussitôt h Rome des actes contre ce prince et contre Pierre de Corbière, et on brûla tous leurs actes. L'empereur se retira à Pise, où l'antipape le suivit avec les cardinaux qu'il avait créés, et fut reçu par les Pisans ; mais dès que le prince eut quitté Piso, Pierre en sortit aussi ^ et se retira dans un cb&teau è dix
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lieues de la tille. Dans le môme temps, les Romains et les Pisaos envoyèrent des ambassadeurs au Pape Jean XXII, pour le prier de leur pardonner leurs fautes » et de lever les censures; ce que le Pape leur accorda. Mais il travailla aussi à faire arrAter Pierre de Corbière. Celui-ci» averti , Bt écrire au Pape, pour lui demander pardon , ce qui lui fut accordé. Etant donc venu à Pise»il lit pubiiçiuement son abjuration, et reçut l'abso* lution de toutes les censures qu'il avait en-> courues. Il vint même à Avignon ; il parut en consistoire public devant le Pape et les cardinaui, cl, étant monté sur un écbafaud» revêtu de son habit de Frère mineur, uneeorJe au cou, il confessa sa faute, fondant en larmes. Ensuite étant descendu, il se iela aux genoux du Pape, qui le releva et rembrassa. Mais, pour s*assurer de sa personne et de la sincérité de sa conversion, fi le Qt renfermer dans une sorte de prison, où il était traité en ami, et gardé comme ennemi ; il y vécut trois ans , et mourut dans des sentiments de pénitence.
Jean XXII finit enfin par pacifier les Frères mineurs, par la condamnaSion de Michel de Césène, à laquelle adhéra tout Tordre. Il publia è ce sujet diverses autres bulles, entre autres celle qui condamne Mar- 'iilie Meinardin dePadoue , et Eccard de Pologne. Il s'occupait également de l'érecjon de nouveaux évèchés, principalement 'H Orient, travaillait à pacifier Tltalie, en oumettant le parti gibelin, et publiait en liéme temps la croisade.
Le jour de la Toussaint de Tan 1331, il fit iti sermon où il dit : A.a récompense dee (li'nls^ af)ant la venue de JéiUi-Chriei , éiaii r sein d* Abraham, Aprèâ aofi avènement , ea îMssion et $on ascension^ leur récompemejuS' u'au jour du jugement t est d'être $ouê iautel e Dieut c*e$t'à'dire^ sous la protection et la 7msotation de Jésus-Christ^ parée ^*alors s verront non-seulement son Aumuniitf, mata icore sa divinité^ comme elle est en elleéme. Cette opinion sur la vision dite béatique, fut une occasion de dispute. Deux is après, elle fut rejetée à Paris par la ftilié de théologie. Le Pape apprenant cette rci»iont fit à ce sujet une déclaration par 'Iij«Me il dit : (fue s'il avait enseigné quel» le €'hcse qui parût contraire à la foi , il le voguais. L'année suivante, les Bolonais jani que le Pape, après leur avoir promis venir demeurer à Bologueavecsa cour,et Taprès deux ans il ne venait pas, se ré- Uèreiil contre lui, tinrent enfermé le lét lie Lonibardio , dans le château qu'il lit fait bâtir, et voulaient le mettre à mort; uialtraitèrent le nonce du Pape et ses rtisans , en tuèrent quelques-uns, et miil le feu au palais épiscojial. Le Pape orina des informations, mais sa mort l'em- -fia de poursuivre cette afiaire.
>e sentant en dani^er, il fit son testament onL les cardinaux, et leur recommanda 4.\\s^; il révoqua toutes les réserves des \éi\ues au il avait faites, voulant qu'elles sent nulles du jour de sa mort, qui ar-
riva le f7 septembre 1334. Il avait 'vécu environ 90 ans, et tenu le Saint-Siège 18.
Anrès sa mort, on trouva dans le trésor de TEgiise k Avignon, en or monnayé, la valeur de 18 millions de Qorins et plus ; et en vaisselle, croix, couronnes, mitres et autres joyaux d'or et de pierres précieuses, la valeur de 7 millions. C*est du moins ce que rapporte Jean Villani, dont le témoignage est fort suspect. Le Pape Jean, dit encore villa-* ni, était sobre et dépensait peu pour sa personne. 11 se levait presque toutes les nuits pour dire son Office et pour étudier ; il disait la Messe presque tous les jours , donnait volontiers audiencei et avait l'esprit fort pénétrant.
JEAN XXIII. — Onze jours après la mort d'Alexandre Y, les cardinaux, au nombre de seize, entrèrent en conclave, et élurent Baithazar Cessa, qui prit le nom de Jean XXIII. Il étaitd'une fiimille noble de Naples, né avec de l'esprit, mais sans fortune. Il avait fait, dit-on, dans sa jeunesse, le métier de corsaire, qu'il abandonna bientôt, pour entrer dans l'état ecclésiastique. Ayant étudié à Bologne, où il fut reçu docteur en droit, il devint archidiacre de cette vlIFe, puis camérier du Pape. Boniface IX le fit cardinal, et lui donna la légation de Bologne. Il encourut plus tard la disgrâce d'Innocent VII et de Grégoire Xil. Jean XXill fut couronné à Bologne, et on fit à Rome de grandes réjouissances au sujet de son élection. Ladislas, roi de Naples, qui était resté mattre d'Ostie, voulut profiter de la conjoncture pour tenter une nouvelle entreprise sur Rome. Il choisit le moment où les Romains étaient occupés à célébrer l'exaltation du nouveau Pape, pour faire avancer une ar« mée de trois mille hommes d'infaiHerie et de cinq mille chevaux. Mais Paul des Drsins» averti de sa marche, sortit de Rome à la tète de quinze cents hommes, attaqua Ladislas et le défit. Dès ce moment Jean XXill ne ménagea plus ce prince; il le fit sommer de
tayer la rente de M,000 ducats qu*il devait l'Eglise. Ladislas rejeta cette sommation : il répondit qu'il ne devait rien à Baithazar Cossa, et qu'il ne connaissait point d'autre Pape que Grégoire XII. Quoiqu'il eût été sur le point de perdre sa couronne» il rétablit ses aflaires en peu de temps. 11 envoya une armée jusqu'aux portes de Rome, et en fit pousser le siège vivement; il gagna par argent les meilleurs généraux que le Pape avait h ses ordres, tel que Paul des Ursins, François Sforce, Florentin, de sorte que le Pape, se voyant en danger de tomber entro les mains de son ennemi, fut obligé de lui demander la paix, et lui envoya 5,000 florins pour l'engager â la conclure. Il reconnut Ladislas roi de Naples, au préjudice de Louis d'Anjou ; s'engagea à lui fournir des troupes contre Alphonse, roi d'Aragon» qui occupait la Sicile; et lui remit la rente de 40,000 ducats, le nommantgonfalonier de l'Eglise, avec une pension de 100,000 ducats. Ladislas, de son côté, reconnut Jean XXill pour vrai Pape, et promit d'abandonner le
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parti de Gr<^goire XII, qui se vil obligé de sortir des Etats de ce prince, et de se réfagierà Rimini.
Ladislas n*avait traité avec le Paoe que dans l'intention de le surprendre. Des qu'il sut que ce Pontife avait retiré ses meilleures troupes, il marcha sur Rome avec une forte arméej et y entra de nuit. Jean n'eut que le temps de monter achevai, et de se réfugier à Florence. Ladislas resta maître de Rome, et y commit mille cruautés. Hais, quelque temps après, é(ant tombé malade à Pérouse, il y mourut.
Cependant le temps approchait auquel Jean XXUl ne pouvait se dispenser de tenir un concile général ; car le concile de Pise en avait ordonné la convocation au b'out de trois ans. Il écrivit donc à l'empereur Sigismond, et, pour se le rendre favorable, il le laissa maître de choisir la ville qu'il voudrait, pour ia tenue du concile. Sigismond choisit Constance. Le Pape avait beaucoup de peine à se résoudre au départ: il craignait d'aller commettre son autorité dans une ville toute dévouée k l'empereur; il appréhendait encore plus d'être la victime des vues de paix et de réformation qui avaient donné lieu à la convocation du concile. Mais, comme il n'avait plus de prétextes pour reculer, il traita avec Frédéric, duc d'Auriche, qui lui promit de le défendre dans Constance en vers et contre tous. Après avoir pris toutes ses sûretés, il se renditen cette ville. Ce concile avait pour but principal d'opérer l'extinction du schisme, car il y avait alors trois Papes à la fois.
Le concile s'ouvrit le 5 novembre lUiih. On tint d'abord plusieurs congrégations auxquelles Jean XXIII n'assista point ; on y présenta une liste d'accusations les plus graves, et on résolut de le contraindre à céder le
{)ontiOcat. On lui proposa de donner une ormule de cession; il en donna deux consécutives, qui furent rejetées comme insuffisantes. On lui en présenta une troisième beaucoup plus précise, qu'il refusa d'abord d'accepter; mais on le menaça de procéder contre lui, en sorte qu'il fut contraint de se soumettre, et de notifier sa cession à toute la chrétienté par une bulle. Mais comme dans la congrégation suivante on proposa de donner un Pape è TEglise, sentant que le danger pressait, et pour ne pas essuyer en personne l'humiliation qui l'attendait, il sortit de nuit de Constance, déguisé, et se retira à Schafhouse, ville qui appartenait au duc d'Autriche. On fit de vains efforts pour l'obliger de revenir; il alla à Lauffemberg sur le Rhin, où il protesta contre tout ce qu'il avait promis à Constance. L'empereur voulut punir le duc d'Autriche qui avait favorisé I évasion du Pape; il fit marcher contre lui une armée,;qui s'empara de ses Etats. Jean XXIII, ne se croyant pas en sûreté, se réfugia à Fribourg en Brisgaw ; mais le due d'Autriche, pressé par les troupes de Sigismond, consentit k livrer Jean. Ce malheureux Pape n'ayant plus d'appui, fut arrêté à Fribourg par le burgravede Nuremberg, et conduit èKatolfcel, ville de Souabc. Pcn>
dant ce temps, le concile avait tw\mt ses sessions, et avait fait des sommatkMiui Pape de venir au concile pour se jusuCcr des accusations intentées contre lui. Dan^ dixième, après de nouvelles citations, ei faute d'avoir comparu, le conoile le déclin atteint et convaincu d'avoir scaBdalisé \'lgliseparses moBurs, d'avoir exercé pubquement la simonie en vendant les béeéftm et, comme tel, le suspendit de toutes m fonctions de Pape, avec défense à tout fbfit de lui obéir. On lui fit signifier celte httence;il la lut, s'humilia et la ratifia 4 q-. air triste et pénitent. Ensuite, il fut tnns'w à Heildelberg. Ce traitement sans égal à c
f;ard d'un Pontife qu'on avait regardé cotcu e Pontife légitime, et même sa déposiu •& ne furent pas généralement k beacoapp-^ applaudis. Sigismond, qui lui était redevi • de r£mpire, fut avec raison accusé d'iarv titude et de dureté odieuses. La cour .; France se montra fort mécontente de la ^' tence de déposition, et quand les dépotés 0 concile en portèrent la nouvelle au ro:. . leur répondit en plein conseil, qu'il troua fort étrange qu'on eut déposé de la sort« .- Pape reconnu pour légitime. Bien desd<< teurs furent de cet avis. Mais Gomme la XXIII donna spontanément un acte autlKtique de renonciation, toutes réclamau :>. cessèrent.
Nous rapporterons ce qui reste i dire it 1 vie de Jean XXIII, en parlant de celle de Vr* tin V. Disons un mot de ce qui couc^r- Grégoire XII et Benoit Xlll, afin d'es^^:). comment finit le schisme d'Oocideai. irgoire nfi voulut point essuyer ia hoote: « déposition en forme. Il envoya au M' Charles Malalesta, seigneur de Biminu ; muni d'un plein pouvoir de Grégoire* noiiça au pontificat en son nom. — ^ : Grégoire XII. — Le concile rendit grt^ Dieu de cette renonciation. On conser*.
Grégoire le premier rang parmi les m naux, et Grégoire, satisfait de son Shr. dépouilla à Rimini de toutes les lDt^* de sa dignité ; il mourut le 18 octobrt U ' à Becanati , dans la Marche d*Ancùo*- • de quatre-vin^t-douze ans. Il aurait eu : Pape, s'il était parvenu au pontificat . des temps plus tranquilles : il était d\- " prit doux et modéré ; ses mœurs fureL lours très-pures, et il était bon Ihéd » Mais il montra peu de droiture, en élu^' conférence de Savone, où il était qoesacéder le pontificat. Cependant il eonsen: vrais amis dans sa disgrftce, et foi ; de ceux même qui lui étaient le plusses. La cession qu'il fit au concile de y tance lui rendit toute la considéraùoc • son opiniAireté lui avait fait perdre.
A regard de BonottXUI, comme il fusait de le résoudre à la cession, poe-*' ^ ~ disparaître toute ombre de scbisme» ^'<'reur Sigismond se rendit lui-mêinc à h gnan, et le fit sommer d'acquitter la '^-' qiu'il avait donnée de s'y rendre; * chercha d'abord à gagner du tem/«. ^ ^ sant diverses propositions; le pnt* *
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ploya toutes jes raisons possibles pour détermioer ce vieillard à céder le pontificat, mais il ne put rien obtenir. Sigismond retjuroaà Constance, où il arriva au mois de janvier ikil; il rendit compte au concile de toutceau*il avait fait pour fléchir TopiniA^ frété de Benoit. Alors le concile, après avoir fait faire k Benoit plusieurs citations, pro« nonca la sentence de déposition contre lui, par laquelle il le dégradai4 de toutes ses dignités, lui défendait de se regarder désor* mais comme Pape, et à tous les Chrétiens de lui obéir. Benoît alla ensuite établir sa résidence au château de Paniscole, près de Torlose, résolu de se porter pour Pape jus* qu*à la mort. Il y fut en quelque sorte oublié, et il ne mourut que dix ans après, et en 1424. Sa mort mit absolument fin au schisme qui durait depuis quarante-sept ans.
JUBILÉ. — Le Pape promulgue ordinairement un Jubilé (46) a Toccasion de son avènement, et pour appeler les bénédictions de Dieu sur son pontificat. Sixte Ouint, le premier, introduisit ce pieux usage qu*ont suivi ses successeurs. C'est le Souverain Pontife qui, à moins d'empêchements imprévus, ouvre ce Jubilé extraordinaire, dont les grâces doivent surtout retomber sur luimême. Il l'annonce par une constitution apostolique, et le commence par une procession, k laquelle il préside en mosette et en étole. D'autres processions, la visite d'égf i^es désignées, I accomplissement de certaines œuvres de piété etae pénitence, telles soiit le plus souvent les conditions auxiu elles sont attachées les grâces de ce Jubilé ie joyeux avènement, si Ton peut l'appeler iir asi.
Stfais ce Jubilé et les autres, que le SaintvS^'6 publie pareillement en des circonsances graves, pour demander à la misériorde divine les secours extraordinaires dont 'Kglise a besoin, diffèrent beaucoup du Jui\ù universel, promulgué tous les vinst-cinq nsy et n'ont m la même étendue, ni Te mèje éclat , ni lli même durée. Celui-ci s'apcl te le Jubiléde l'année $ainU (47), et ce n'est 11*3 lors, que la porte Mainte a ouvre sous la laia du Souverain Pontife.
L» Jubilé pour l'avénement d'un nouveau
(46) Selon saint Isidore (OH9. i, b), ;K6t/tf vient UD ai«H bëbrett qai sigoitte rémi$sion et repoi^ f romiU. 11 est dii aussi su chapitre 25 du Lévitique le, tous les cinquante ans, il y avsit pour tes Juifs ^€ année de rémiuion, peodsut Isquelle lis étaient Vancbis de tout impôt : les teiTes et maisons eiiees retournaient à leurs premiers maîtres, les Llave* recouvraieut la litwrté , etc. Celle année m autel une année de repo* : on laissait reposer terre, on ne la travaillait point, et toutes œuvres rttles étaient interdites; enfin cette année de reft et de rémission était annoncée par les prêtres aoo de la trompetu.
Oom Calmet, au lieu de faire venir jubilé de;o6W, mpetle, le dérive de jobil^ appeler, conduire, ce ^ retient an même, puisque c*ett au son de la inpelle que les prêtres de Taiicienne loi appeîiit es conduisaient les Juifs, ^'autres fvnt venir ;m6i7^ dc;ofra/, parce que, de
Pontife n*en est pas moins une srande grtce accordée aux Chrétiens; et qui ne ser&il ému, qui n'admirerait le magnifique spectacle qu'ils donnent à la terre et au ciel, lorsque , dispersés sur tous les points du
Îlobe , tant de millions d'hommes de tout ge, de tout sexe, de toute condition, élèvent vers Dieu leurs mains suppliantes pour ap-
Îieler sa bénédiction sur une même tète, sur a tête de celui qu'ils nomment tous d'une seule voix : leur chef, leur mettre et leur
Ïère. {Election et couronnement du Souverain 'ontife.)
JULES I" (Saint), trente-cinquième Pontife , était Romain de naissance et fils de Rustique. — Elevé dans le clergé de Rome, et bien connu par son savoir et sa piété, Jules 1" fut élu Pape Ie6 janvier 337, pour suocé'Jer à saint Marc. A peine avait-il pris en main le gouvernement de l'Eglise, que les ariens, dits eusébiens, à cause d'Eusebe de Nicomédie leur chef, lui envoyèrent des députés pour accuser saint Atlianase de divers crimes qu'ils lui imputaient faussement.
« Le chef de leur députation était, » dit M. Henrion, « un prêtre nommé Macaire, qu'ils avaient chargé de lettres adressées au Souverain Ponlife, contenant des accusations tant contre Athanase que contre Asclépas de Gaza et Marcel d'Ancyre. Il n'y eut sorte de ruse ni de mensonge que n'employât Macaire pour engager le Pape à communiquer par lettres avec Piste, que les eusébiens avaient ordonné évêque d Alexandrie^ arien sans ménagement , et dont tes partisans d'Eusèbe se servaient , selon leur méthode ordinaire, pour publier la doctrine qu'euxmêmes professaient plus secrètement. Il leur était facile de donner, à une si grande distance, l'idée qu'ils voulaient dé cet hérétique, tandis qu'il n'y avait personne pour les contredire.
« Mais le saint patriarche d'Alexandrie, qui n'avait ni moins d'activité que ses ennemis, ni moins d'habileté pour les affaires, envoya de son côté pour défendre sa cause à Rome. Bientdt cette nouvelle parvint à la connaissance des députés eusébiens , et ce fut un coup de foudre pour Macaire. Dans la crainte de se voir conibndu avec tant d'opprobre , il prévint Tarrivée des Egyptiens
même que le repos laissé à la terre lui rendait la fertilité, le jubilé fait germer dans les âmes toutes les vertus.
(47) Il a été question ailleurs de la Porte $ainl€ de Saint*Pierre et de Saint-Jean de Lairan ; ces deux basiliques et celles de Saint-Pierre hor$ des mun et de Sainte-llane-llajettre ont chacune, en eflTet, une porte de ce nom. On sait que la visite de ces quatre églises est ordinairement une des condi* tiens prescrites pour gagner le grand Jubilé. Les fidèles 7 entrent par une porte, soigneusement murée d*un Jubilé à Tautre, et qui , par conséquent, n*est ouverte que pendant Taniiée sainte , tous les vingt-einqans. C*est ie Pape qui ouvre et qui ferme la porte de Sainl-Pierie ; les trois autres le sont par les cardinaux , nommés pour cela légats a iaurt* Ce sont ces portes que, dans chacune des quatre basiliques, on uomiiiC la porte iainU,
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orUiodoxes, -el reparlit » tout malade qu*il était, sana nulle précaution» sans le moindre délai, sans sauver en aucune façon les apparences yis-à-vis du Pape, qui, dans ce moment même, l'attendait à son audience.
Ainsi les agents d'Athanase n'eurent aucune
Seine à persuader au Si)UYerain Pontife que iste était un des plus obstinés disciples d'Arius, excommunié d'abord par son év6que Alexandrei de sainte mémoire, et depuis par le concile deNicée. Ceux des eusébiens qui restaient à Rome ne purent démentir ces faits, et furent é($alement convaincus d'imposture, sur tous les chefs de leur accusation, dans une conférence publique à laquelle le Pape assista. Poussés vivement, ils ne virent jour à se tirer d'affaire, ou à gagner du temps, qu'en demandant un ooncile où comparût Athanase avec ses accusateurs. Le Pape Jules souscrivit k leur requête et convoqua un concile à Antioche.
« Toujours calomnié par les mêmes ariens^ saint Athanase se rendit à Rome.
4 II produisit au Souverain Pontife les attestations de quatre-vingts évoques d'E^yote, qui déposaient tout ce que l'on pouvait dire de plus convaincant en sa faveur. Mais dès qu'il fut personnellement connu, son mérî'e éclatant, sa manière de vivre sainte, sage et modeste , sa rare piété, toutes ses vertus, formèrent sa meilleure recommandation. On fut bienldt convaincu qu'il n'était odieux aux impies que parce au il leur était redoutable. Le saint Pape Jules sentit même pour Athanase , à son premier aspect, une bienveillance qui prévenait toutes les réflexions et une affection comme irrésistible. Dans toute la suite de sa vie, il rendit grAces k Dieu de lui avoir fait connaître un si digne évêque. Pour le saint patriarche, après qu'il eut mis son affaire en état, suivant les règles de la prudence chrétienne, il en abandonna le soin h la Providence.
« Athanase demeura dix-huit mois à Rome, en attendant inutilement ses accusateurs. Le Pape leur écrivit pour les presser de venir à un concile que leurs députés avaient demandé. Il leur Gxa un délai, au au bout duquel s'ils n'arrivaient avec de bonnes preuves, il ne pourrait plus douter de leur mauvaise foi ni de la faiblesse de leur cause. Mais ils étaient désespérés de savoir Athanase h Rome, où dès lors il n'y avait plus moyen pour eux d'intriguer d'autant plus que le souverain en était solidement cAlholique et no se mêlait des affaires de TËglise que pour la faire jouir de toute la liberté de l'Evangile. Rien ne s'y devait traiter que selon les canons, dans un concile oik il ne se trouverait ni tyran ni satellites pour imprimer la terreur et gêner les suffrages. Ainsi le témoignage de leur conscience empêcha ces fourbes de se présenter. Ils affectèrent des lenteurs et retinrent les porteurs des lettres pontificales audelà du temps assigné. Après quoi ils les renvoyèrent avec une confession de foi, toujours suivant leur méthode artificieuse , c'est-à-dire qui n'exprimait rien d'hérétique,
mais qui n'excluait pas formellement Thérésie par le terme de consubstantiel.
« Le concile ne laissa pas que de se tenir. Il s'y trouva plus de cinquante évêqnes, dont plusieurs de Thrace, de Syrie même, de Phénicie et de Palestine. Il y avait des prêtres d'Alexandrie, parfaitement instruits de ce qui touchait leur évêque. On discuta son affaire dans toutes l«s formes. Les noirceurs de la calomnie furent mises en évidence. On démontra que le concile de Tyr n'avait été qu'un brigandage , et le grand Athanase fut absous d^ne voix unanime. Le concile jugea aussi en faveur de plusieurs autres évêques persécutés par la faction des ariens. «C'est ainsi,» disent Socrate et Sozo- « mène, » que tous les évêques opprimés « avaient recours au Pape, et trouvaient « leur appui dans les prérogatives de son ff Siège, qui lui donnaient droit de prendre ff soin de toutes les Eglises. » (Heneion, Hiii. eccl.f 1. 1, p. ^58.)
Parmi ces évêques absous par le Pape Iules 1*% se trouvaient Asclepas de Gaza, Lucius d'Andrinople et Marcel d'Ancyre.
« Comme ce dernier, )» dit l'abbé Receveur, ff était accusé de sabellianisme, il remit au Pape, sur sa demande, une profession de foi où, se plaignant d'abord que ses ennemis eussent reiusé depuis quinze mois de venir à Rome; il les accuse de persister dans leurs anciennes erreurs, de ne pas reconnaître l'éternité du Verbe et de lui attribuer une hypostaie différente de celle du Père. Après quoi il ajoute que, pour lui, il croit en un seul Dieu, et en son Fils unique toujours coexistant au Père, dont il est la vertu, la sagesse et le véritable Verbe, qui est engendré sans commencement, qui n'a
F oint été créé et qui est inséparable du ère. 9 Le concile se montra satisfait de cette profession de foi et prononça le rétablissement de Marcel d'Ancyre et des autres évêques injustement déposés. Le Pape écrivit aux eusébiens pour leur notiGer ce jugement, et répondre aux vaines^excuses qu ils avaient alléguées, pour ne noint compiaraltre. Il leur reproche d'abord l'animosité, la présomption et la hauteur inconvenante qu'on remarquait dans leur lettre ; il fait voir l'injustice de leurs plaintes au sujet de la convocation d'un nouveau concile • en rappelant que leurs députés eux-mêmes l'avaient demandée, et que la règle établie par le concile de Nicée autorisait les appels légitimes et la révision du jugemeot ecclésiastique, afin d'offrir aux accusés des garanties contre les effets de la négligence ou de la passion. 11 leur oppose tout ce gui se fait depuis quelque temps par leurs intrigues en faveur des ariens, pour montrer combien ils tiennent peu compte eux-mômes' de la décision des conciles, et du Juge-» ment prononcé par toute l'E^^lise contre Jes hérétiques. Venant ensuite aux motifs qui avaient déterminé le concile à juger en laveur de saint Athanase et de Marcel d'Ancyre , il insiste sur les nombreux témoij^oages qui constataient leur innocence. Il dis-
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DES PAPES
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cale les griefs qaV>a leur reprochait » el ne manque pas de relever toutes les irrégularités, tootes les preuves d'injustices et de tiolence que Ton découvrait si visiblement dans les procédures et le jugement des eusébieos. Il blâme surtout fortement fordinatioQ de Grégoire» faite d'une manière si corilraire à toutes les régies de TEglise ; cor aprêi qu'il ve^Mii de convoquer un concile^ on ne devait pui^ dit il, en prétenir le iugementf el il ne fallait vai ordonner à ^niioche un évéque pour VSfflise d'Alexandrie eans la participation des évéqueâ d'Egypte^ ni le faire escorter par des soldats pour le mettre en possession, malgré le vmu du clergé et de tout le peuple catholique.,,. \ Eufin le Pape termine ainsi : Si vous avez de meilleurs renseignements sur ces faits^ pourquoi n'êtes» vous pas venus ici les proposer ^ et tes soutenir en face à des accusée qui se sont présentés de bonne grâce^ et qui se disent prêts à répondre à quiconque et sur quelque chef que ce soit? Il fattaitt ou ne pas pousser les affaires au moint où vous les avez conduites , ou ne pas aous décrier vous-mêmes^ en reculant avec une musiUanimité si suspecte ^ après vous être mvancés avec tant d* ostentation. Mais outre fiihanase et Marcel ^ que répondex-vous au fujet de cette multitude de prêtres et dévêques frrséeutéSf chassés^ tourmentés de toutes les «aniVreâ» et qui apportent ici de jour en jour ft nouvelle de vos violences , en y venant cher" ker un asile. O mes frères I les jugements de os Eglises s'écartent étrangement des règles ^e f Evangile 9 et prononcent des peines qui y »ft( inconnues, le bannissement et la mort. Si sfsjc que vous poursuivez étaient coupables, irvtme vous le dites, il fallait écrire à nous nms, afin que nous puissions porter de eon» fTM un jugement convenable. Car ce sont des yê^ites qui ont souffert tous ces maux, ainsi nr des Eglises distinguées auxquelles la foi a é prêchée de la bouche même des apôtres, ouâ deviez surtout porter à notre Eglise les 'rusûtions intentées contre l êvêque dAlexan'' '<e. Ne savez-vous pas que c'est la coutume r nous écrire d'abord, et que la décision doit nir d'ici, ifoif, sans nous avoir instruits^ après qu*on a fait ce qu'on avoulu^ on de* andt que nous le confirmions de notre suf» ige^ sans connaissance de cemse.
Dans cette lettre» Tun des plus précieux QnumODts de l'antiquité ecclésiastique, »n toit un témoignage remarquable de la idition de TE^jUse sur l'autorité du Saint* ége, et l'on en trouve aussi la preuve n$ rappel dus évèques déposés et dans la cisioQ rendue en leur laveur, décision le Socrate et Sozomène attribuent , non à utorité du concile de Rome, mais à celle i Pape lui-même.
Les persécutions et les violences des eusé- :ds dans TOrient, et notamment Télection in intrus, nommé Grégoire, sur le siège Alexandrie, dont ils avaient déclaré saint baaase déc^u, ajant alarmé le Pape Jules » il écrivit à l'empereur Constant, pour la iroeationd'un concile général. Geooncile ieumï en l'année 31^7, à Sardique* Le saint
Pape, ne pouvant s'y rendrOi députa Archidamus et Pbiioxène, qui, avec Tillustre Osius, représentèrent dignement le chef da l'Eglise. A ce concile Ton vit arriver, ai..* toutes les parties du monde chrétien, les dé()Ositaires fidèles et infidèles de la foi. Mais ceux-ci 9 qui n'étaient environ que quatre-vingts, craignant la supériorité du nombre et du talent des évèciues orthodoxes, se trouvant en outre hors d*état de diriger la discussion à leur fantaisie, et d'opprimer la liberté des votes comme ils l'avaient lait dans les conciliabules de Tyr, de Jérusalem et de Constantinople*; assurés que saint Atbanase, Marcel d'Ancyre el Asclepas de Gaza se justifieraient facilement des accusations dirigées contre eux, refusèrent de concourir aux travaux du concile.
^ ils sortirent iurtivement du palais où ils s^étaient enfermés, el se retirèrent àPhilippopolis ; là ils tinrent un conciliabule qu'ils nommèrent, pour surprendre les Catiioliques, le saint et général concile de Sardique. Dans cette réunion illicite, après s'être efforcés de flétrir la légitime assemblée par de noires calomnies, ils uoussèrent Taudace jusqu'à prononcer anathème contre le Pape Jules, Osius, son légat au concile de Sardiquu et saint Maximin ae Trêves.
Ainsi que nous l'avons dit, le saint Pape Jules envova deux légats au concile que le célèbre évéque de Gordoue présida en sou nom, avec autant de talent que o'énergie. il s'agissait de prononcer sur les imputations dont plusieurs évèques orthodoxes^ qui provoquèrent eux-mêmes leur iugemeut, étaient l'objet, et de réviser en quelque sorte les délibérations de Nicée.
« Le concile se déclara constitué le 22 mai de l'an 3^7. Les Pères employèrent d'abord la douceur pour attirer dans le sein de l'assemblée les évèques accusateurs ; vainement ils leur firent dire ensuite, que c'était se condamner eux-mêmes que de se tenir cachés. Enfin, ils leur écrivirent qu'ils eussent à se défendre des crimes dont ils étaient eux-mêmes accusés, et pour lesquels le concile allait juger. Alors, comme nous en avons fait mention, le sentiment de leur culpabilité, autant que la crainte d'un juste châtiment, jeta l'épouvante au milieu d eux, et ils quittèrent Sardique pendant la nuit. Les calomniateurs s'étant ainsi éloignés, Iti concile décida que, bien loin d^agiter les questions de la fui, on devait se rattacher d'un commun accord au symbole de Nicée. Cette assemblée admit saint Atbanase et les autres évèques que l'envie et la malice des eusébiens poursuivaient , à ;e laver des crimes inventés contre eux. La présence d'Arsène au concile témoigna l'innocence de &aint Atbanase, son prétendu assassin ; les dépositions les plus respectables prouvèrent aussi que le bris du calice et toutes les autres noirceurs dont on accusait le uêiue prélat, étaient autant d'impostures.
Avant de se dissoudre, les Pères du concile, écrivireal une circulaire à tous les évèques pour les orier de s'unir à eux, et do
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souscrire a leurs travaux. Dans cette lettre* J'faérésie d*Eusèbe est appelée Tbérésie arienne^ et il est déclaré « que tous ceux qui Mont morii par la per$écution des eusébiens^ <mi obtenu la couronne du martyre. » (Gau- THiBE, Abrégé des conciles généraux.)
Les eusébiens gardèrent rancune au Pape Jules de la sentence qu*il avait prononcée contre eux, par ses légats, au concile de Sardique. Ayant publié contre lui d'odieuses calomnies, ils Texcommunièrent. Ce fut ainsi que ce saint Pape eut la gloire de souffrir pour la justice et pour la vérité. Il continua de servir l'Eglise, jusqu'à ce que Dieu rappela au repos éternel, où il reçut la récompense de ses travaux, après quinze ans et deux mois de pontificat, le 12 avril de l'an 352. Outre la lettre aux eusébiens dont nous avons parlé, il nous reste de ce Pape une autre lettre adressée à Prosdocius et une troisième écrite à l'Eglise d'Alexandrie. t
JULES H. —Après la mort de Pie III le conclave s'étant assemblé, éluti le 31 octobre 1503, à l'unanimité, et dès le premier tour de scrutin, Julien de la Rovère, né dans un bourg près de Savone, d'un frère du Pape Sixte lY qui l'avait fait cardinal. Il fut successivement évoque de Carpentras, d'Albano, d'Ostie, de Bologne et d'Avignon. Il voulut être appelé Jules II.
« II devait être, » dit M. Audin, « le Moïse de l'Italie. Nous ne connaissons pas dans l'bistoire un homme prédestiné h porter une couronne, qui réunisse en lui, comme Jules II, toutes tes qualités qui font les erands rois. Trouvez dans sa vie un instant ou vous puissiez lire sur sa figure la passion qui agite son Âme. Il est impénétrable à l'œil comme à l'oreille, et cependant étranger à la dissimulation ; hardi à concevoir un projet, jamais imprudent quand il s'agit de l'exécuter ; sa détermination est prompte et toujours calculée. Il est patient dans l'infortune, courageux dans le danger, miséricordieuxdans la victoire. Vous pouvez rêver pour lui toutes sortes de grandeurs, il remplira toujours dignement les vues de la Providence. Si vous en faites un condottiere, à l'exemple de Sixte IV, son oncle, quand il lui donna le commandement des troupes pontificales contre les révoltés de l'Ombrie, il se battra valeureusement, et sera le père des soldats; si vous lui mettez dans la main le ciseau du sculpteur, il fera jaillir du marbre quelque figure ressemblant au David de Michel-Ange; si vous l'élevez à la royauté, il fera tout ce que, plus tard, Napoléon fit de merveilleux. •
A l'avènement de Jules II les Vénitiens occupaient la plus grande partie des côtes de l'Etat de l'Eglise. Ils s'étaient jetés dans la Romagne, avaient surpris Faenza et menaçaient les autres places de la province. Jules, en faisant arrêter César Borgia, parvint à chasser jusqu'au dernier Vénitien, des terres de I Eglise. N'oubliant pas les soins de son ministère religieux, il donna, en 1505, une bulle relative à rélection du Souverain
Pontife. Comme tout le monde était scandalisé des brigues par lesquelles on parvenait au pontificat, Jules voulut mettre un frein à l'ambition. Il ordonna par cette bulle, que, si désormais il y avait de la simonie dans l'élection des Papes, l'élection serait nulle, et que l'on punirait sévèrement ceux qui auraient eu part à cette simonie: Il voulut eu même temps illustrer son pontificat par une entreprise éclatante. L'église de Saint-Pierre du Vatican, bAtie par Constantin, tombait en ruines ; il conçut le dessein de la rétablir entièrement, et de lui donner une forme plus auguste. Le célèbre Bramante, qui avait le goût de l'architecture antique, en donna le plan. Jules publia des indulgences pour tous ceux qui contribueraient à la construclion de cet édifice, qu'il voulait rendre magnifique, et qui, par les divers accroissements qu'il prit dans la suite* est devenu le plus superbe de ce genre qu'il y ait dans le monde. Il en posa lui-même la première pierre, le 18 avril 1506, en présence des cardinaux et d'un grand nombre de prélats : il espérait conduire cet ouvrage à sa fin, mais il en vit à peine quelques fondements posés.
On ne savait point encore si .es préférences du nouveau Pape seraient pour les Français ou pour les Espagnols. Lorsqu'il n*était que simple cardinal , il avait paru très^altaché aux intérêts de la France ; il avait favorisé de tout sou pouvoir la conquête du royaume de Naples. 11 devait beaucoup aux Espagnols dont le parti avait contribué à son élection. Le roi Ix>uis Xli rendit au Pape des services importants, dans les premières années de son pontificat. Jules, pour les reconnaître, lui céda, par un induit, la nomination aux bénéfices du duché de Milan, et conserva au cardinal d'Amboise la qualité de légal en France, qu'il lui avait déjà donnée. La protection de Louis XII mit Jules en état de faire des conquêtes en Italie. Mais bientôt la royauté temporelle du Pape et la nationalité de l'Italie coururent de véritables dangers C'est alors que Rome fut heureuse d'avoir Jules II pour Pontife. Louis XII avait passé les Alpes, pour venger la défaite de Charles VIII. C^était toujours la même idée folie qui troublait rinlelligence du monarque français : il lui fallait en Italie une position militaire ; avec l'Italie il avait la Méditerranée ; avec la Méditerranée rOrient ; avec l'Orient la Terre-Sainte. Tout réussissait à Louis Xll. Il avait chassé de Milan Louis Sforce, dompté les Vénitiens, et menaçait la Romagne. L'Italie allait devenir une province française» si Jules Hn'eût sauvé les Etals de l'ËgUso et la nationalité de la Péninsule. Il écrit d*at>ord à Teropereur pour lui montrer que l'entreprise du roi de France a pour but de le rendre maître de l'élection des Papes par la conquête de l'Italie. Les Vénitiens joignirent leurs plaintes à celle du Pape. Toutes les forces de l'Empire se réunirent aussitôt, et une armée nombreuse était prête è s'avancer vers rilalie, lorsqu'on apprit que Louis Xll avait
JIL
DES f APES.
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licencié ses troupes. Ainsi les choses demearèrent tranquilles quelque temps.
Mais Jules, toujours plein de zèle pour recouvrer les domaines de TEtat ecclésiasiique, inquiéta de nouveau les Vénitiens à ce sujet ; et» voyant qu'ils ne se rendaient point, il résolut de leur déclarer la guerre. Ne pouvant la soutenir seul contre des ennemis si puissantSt il ménagea une alliance avec rempereur Maximilien, Louis Xli, roi de France, et Ferdinand, roi d'Aragon. Ces trois princes entrèrent, par divers intérêts, dans cette fameuse ligue dite de Cambrai, parce qu'on choisit cette ville |Jour le lieu du congrès. Les Vénitiens en lurent consternés : ils envoyèrent otfrir au Pape des conditions qu'il avait lui-même auparavant proposées ; mais il fut sourd à leurs propositions. Leurs instances auprès des autres Îmissances furent également inutiles. Quand e Pape apprit que les Français et les autres alliés attaquaient les Vénitiens, il employa en même temps contre ceux-ci les armes spirituelles. Il publia une bulle, par laquelle il leur ordonnait de restituer tous les domaines qu'ils avaient usurpés et les fruits qu'ils en avaient retirés, les menaçant, s'ils 7 manquaient, de mettre en interdit la ville oe Venise, toutes les terres qui en dépendaient, et de donner pouvoir k quiconque le voudrait de s'emparer de leurs biens et de leurs personnes. Le sénat appela de cette bulle au futur concile.
Dès que Jules eut connaissance de cet ap« pel, il donna une autre bulle, dans laquelle li montrait que les prétendus appels doivent être réprouvés dans tous les États catholiques. Hais pendant que ce Pape usait, contre les Vénitiens, des armes spirituelles, Louis Xll s'avançait avec son armée, qui était d'environ quarante mille hommes. Etant ▼ena camper près de celle des Vénitiens, lecombat s'engagea, et les Vénitiens perdirent la bataille connue sous le nom d'Agnadel : huit mille hommes de leur infonterie restèrent sur la place. En même temps, les troupes du Pape firent de grands progrès dans la Romagne, et reprirent tous les anciens domaines du Saint-Siège, démembrés depuis longtemps. L'empereur de .son côté vint en Italie avec une armée, et reprit sans efforts toutes les places que les Vénitiens lui avaient enleTées. Ces républicains, épuisés par toutes ces pertes, implorèrent la clémence des puissances, et leur demandèrent la paix. Le doge écrivit au Pape dans les termes les plus souaiis, le laissant mettre de la satisfaction qa*il exigerait. Jules se laissa fléchir. 11 devint de jour en jour plus favorable aux Vénitiens ; il se servit de sa nouvelle puissance sur cette république, contre le roi de France. Ce Pontife lui avait toujours été ^ apposé, parce qu'il craignait qu'il ne fût trop ' puissant en Italie ; il travailla donc à détacher do ce prince les Suisses, fempereur , le roi d*£spagiie et d*Angleterre. £n un mot, îl fit tousses eflbrts pour chasser les Français d*Jlalie.
gjt duc d'Drbin, son neveu, entretenait
en même temps des intelliçencesdans Gênes. Douze mille Suisses devaient faire une irruption dans le Milanais. Mais le maréchal de Chaumont qui avaitpénétré l'objet de tous ces mouvements, fil écnouer le projet qu'on avait formé de surprendre Gênes. Cependant le Pape continuait ses négociations en Allemagne, pour forcer l'empereur ï faire la paix avec les Vénitiens. Il demanda à Louis XII la restitution de quelques villes appartenant au Saint-Siège. Ce prince ne lui accorda pas sa demande, et sur son refus, Jules Texcommunia, et mit la France en interdit, il ne s'en tint point à Taire usage des armes spirituelles ; il marcha à la tête de ses troupes contre le duc de Ferrare.
A cette époque surtout toute la chrétienté regardait comme une entreprise glorieuse et même religieuse, celle de combattre pour le maintien et ie rétablissement de l'État de l'Eglise. Or, tous les actes du Pape avaient cet unique but, toutes ses pensées étaient exaltées par l'idée de cette grande mission. M. Audin a parfaitement présenté cet état de choses lorsqu'il dit :
« Tant que les rois d'Espagne et de France respectèrent la péninsule italiaue, le Pape en resta le mattre et l'arbitre. Mais Louis XIJ, en s'emparant du duché de Milan, et Ferdinand, (lu royaume de Naples, affaiblirent l'influence qu'exerçait la papauté du moyen Age sur les divers Etats dont Rome était le centre. Or, le projet que Jules II méditait était de refouler par delà les Alpes tous ces étrangers au'il appelait dédaigneusement des Barbares. Il les accusait de jeter des regards d'envie sur le Patrimoine de saint Pierre; d'ensanglanter ou de ruiner de belles contrées, asile des arts et des sciences, et de retarder le mouvement intellectuel que dirigeait la papauté, et qui de l'Italie, si rien n'en arrêtait le développement, devait s'étendre sur le monde entier. Avide de gloire, patriote exalté, soldat sans peur, évêque et capitaine, Jules pensait, quand la rédemption spiritualiste de l'Italie serait accomplie, à former, de tous les Etats auxquels Rome avait rendu la liberté une première fois en les arrachant aux serres de 1 aigle impériale, un seul royaume , sous le sceptre d'un seul maître et a l'abri de toute convoitise et de toute invasion, derrière la triple ceinture de rochers, de neiges et de mers. Ce mattre n'était autre que le Pape. »
Après avoir raconté les outrages dont ïjoms Xil, poussé par une fureur de con-
Îuête inqualifiable et qui coûta si cher à la rance, abreuva le Père commun des fidèles, M. Audin est conduit à apprécier les intentions secrètes des puissances européennes au milieu de ces alliances, de ces ligues presque aussitôt rompues que formées, et où la religion servait trop souvent de masque aux plus viles passions.
« Un seul homme, » dit-il, n parmi les tètes couronnées, agit franchement; c'est Jules II, qui proclame partout qu'en chassant les Franyais il veut affranchir son pays, et sauver la nationalité italique. Noble pensée qui « si
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noos ne nous trompons, doit excuser la lièvre belliqueuse dont le vieillard est malade. Sous la coite de maille qu*a revêtue le Pontife au siège de la Mirandole, bal le cœur d*un patriote, ajoutons d*un Chrétien, car la patrie délivrée, le Pape déclare qu*il appellera tontes les nations alliées è s*unir contre les infidèles qui, partis de Constantinople, s'avancent en AUemagne pour abattre partout où ils passent la croix du Rédempteur. » Cependant Louis XII convoquait à Orléans, puis à Tours, une assemblée du clergé de France, qui osait décider que le roi pouvait justement faire la guerre au Pape , se soustraire à son obéissance, et mépriser ses censures. La seule raison qu*on en donnait» c*est que le Pape faisait la guerre au duc de Ferrarc, comme si le souverain temporel de ritalie n*était pas, aussi bien que celui de France, maître de défendre ses possessions, qui étaient du reste la condition indispensa^ ble de Tindépendance de TËglise» par celle du Saint-Siège.
La guerre continuait en Italie avec fureur; mais Taclivité du maréchal de Chaumonl neutralisait les efforts du Pape et des Vénitiens. Ce fut vers le même temps, que ce maréchal conçut le dessein d'aller surprendre Jules dans Bologne, oh il n*y avait qu'une faible^garoison. £n quatre jours de marche il se trouva, avec son armée, à trois lieues de cette ville. Les cardinaux, et les autres prélats de la cour du Pape furent si effrayés,
3u*ils allèrent trouver Jules pour le conjurer e prévenir, par un prompt accommodement avec la France, le danger qui les menaçait tous. Ils lui Grent de si vives instances, qu'il consentit à traiter avec le maréchal de Chaumont. Mais, pendant qu'on faisait cette négociation, on vint annoncer que toute l'armée vénitienne approchait. Cette nouvelle fit manquer l'affaire, et le Pape se crut en état de tout entreprendre. Quoiqu'on fût au mois de décembre, il reprit avec plus d*ardeur qu'auparavant le dessein d'assiéger ' Ferrare, et voulut que ses troupes et celles des Vénitiens commençassent le siège de la Mirandole. L'hiver était très*rude, et la difficulté très-grande pour les convois de vivres, Earce que les partis des Français et du duc de erraro battaient la campagne. Jules, qui s'était avancé contre Concordia et la Mirandole, faillit être enlevé comme il sortait de son quartier pour aller au camp; et sans une neige affreuse qui survint et l'obligea de retourner sur ses pas, il tombait dans une embuscade que le chevalier Bayard lui avait dressée. Il eut è peine le temps de rentrer dans le château, et l'ennemi était sur lui lorsqu'on fil lever le pont-levis. Cet événement ne lui fit rien rat)attre de ses desseins. Impatient de la lenteur du siège de ta Mirandole, il se rendit au camp pour accélérer ses travaux. Son Age et ses infirmités ne l'empêchèrent pas de visiter tous les quartiers; il voulut ïnéme se logera la portée du canon. Il montrait une intrépidité et une intelligence qui auraient fait honneur aux meilleurs généraux» mais qui étaient peu
assorties è son caractère de Poniife. li y avait déjà brèche au corps de la place, lorsque la gelée devint si forte qu'on (loarait monter a Tassant, h la faveur de la glace du fossé. £n cet état, la Mirandole se vit obligé de ca()ituler. Le Pape y entra par la brèche, victorieux , et il ordonna qu'on marchât droit à Ferrare.
Lorsque le succès paraissait contraire au Pape, quelques cardinaux se détachant du Saint-Siège convomièrent è Pise un ooucWe, où ils eurent finsoleuce de citer le Pape, pour rétablir, disaient-ils, l'ordre et la discipline ecclésiastiques. C'était un attentat contre l'autorité du Chef spirituel de la chrétienté: ajoutons une Iftcheté contre un souverain malheureux. Dans le même temps, les hostilités recommencèrent : te maréchal Trivulce emporta d'assaut Concordia, se présenta devant Bologue, qui lui ouvrit ses portes, attaqua l'armée du Pape et des Vénitiens, et la mit en déroute. Jules ne se croyant pas eo sûreté à Revenue se relira à Rome.
Cependant l'ouverture du concile de Pise se fit le 1*' novembre 1511. Quatre cardinaux s'y trouvèrent, avec la procuration de trois autres absents ; plusieurs évéques de Frauire et plusieurs abbés, plusieurs docteurs de l'Eglise de Paris, et des députés de Punifersité de Toulouse et de Poitiers. Le Pape Jules opposa un concile à ce conciliabule» donna une bulle par laquelle il convoquait un concile général à Rome, et cita les cardinaux qui avaient indiqué te concile de Pisr, sous peine d'être privés de leur dignité de cardinal.
En même temps il fit une ligue entre Ferdinand, roi d'Espagne, et les Vénitiens, et commença par aliaquer l'Etat de Florence, de la dépendance duquel était la ville de Pise, ce qui obligea les Pères du concile de le transférer à Milan. L'assemblée y fut plos nombreuse. Dans la sixième session, on cita le Pape Jules, et on demanda qu'il fût déclaré cohtumace. Dans la huitième, on 6t le décret qui suspendait le Pape» et on j exhortait les évéaues, les princes et les peuples chrétiens, à ne plus le reconnaître, commeétantcontumaceetaaleufdu schisme.
Ce fut le dernier acte de ce concile, parre que les Français ayant été obligés d'abandonner le Milanais, les princes se retirèrent de Milan.
Malgré ce mauvais succès, le roi Louis XII accepta le décret du concile qui susitendail le Pape, et fit défense k ses sujets d*iui|)étrer aucune nrovision en cour de Rome, ou d'avoir égard aux bulles c]ue le Pape pourrait expédier. Jules mit le royaume de France en interdit, ainsi que les villes de Pise et de Florence. Il avait déjè excommunié et déposé les cardinaux qui avaient tenu concile ^ Pise ; mais on ne tint pas compte de ces foudres qu*il lançait d*nne main mourante, car quelques jours auparavant il était tombé dans une grande faiblesse qui Tavait mis aux portes de la mort.
Revenu à lui, il recomniença de plus fort à continuer la guerre. Il excita les Suisse^,
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DES Papes.
par Tenlremise du cardinal de Sion, un des plus grands ennemis de la France, à fnire unenuavelle irruption dans le Milanais; il engagea, f^r un traité, Ferdinand» roi d*Es« pajoie, à joindre ses armes aux siennes et à celles des Vénilieus. Mais les Français, ayant à leur tète Gaston de Foix, gagnèrent la fameuse bataille de Ravenne. Jules craignaità tout moment de voir arriver les Français k Rome. Cependant le roi d'Espagne lui ayant écrit qu*il allait envoyer en Italie le fameux Uonsalve avec de nouvelles troupes, Jules se rassura. Il lit Touverture du concile de Latran, dont il présida les trois premières sessions : il y publia un nionitoiro contre le rdi Louis XII; y renouvela la Imlle qui aun<ilait tout ce qui avait été fait à Pise et à Milan, et déclara qu*il ne mettrait pas les armes Imis que les Français ne fussent classés de riialie.
« Le3 mai 1512» on vit descendre du Vatican un vieillard dont les cheveux avaient hLincbi dans les souffrances de TAme et du «.'Kiis. crétait Jules H, qui se rendait à ta basilique de Latran , assisté de tous ses cardinaux» de quatre-vingt-trois évèques» de prélats, de députés, de grands dignitaires nationaux et étrangers. A sa vue, le peuple fléchissait le cenou. L'empereur Maximilien, Henri Vlil d'Angleterre, le roi d*Aragon , la république de Venise, étaient représentés (ians le cortège pontifical par les ambassadeurs. Cétait ainsi que s'ouvrait le concile de Latran, péristyle du concile de Trente, i|ui venait venger la dignité outragée du "^oiot-Siéc^e, ei affranchir Tltalie. Pendant q ue Rouie assistait à cette glorieuse cérémou • A, un autre Sfiectacle, qui avait bien aussi s^ grandeur, se passait à Milan. Le légat pcisoiinier absolvait, au nom du Pape , ceux []i^i, par obéissance aux ordres de leurs souvc:?rains, avaient pris les armes contre le Ssiot-Siége. La foule était grande autour du cardinal : gendarmes français, lansquenets allemands, cavaliers albanais, montagnards suisses, qui, à Ravenne, à Rrescia, avaient porté de si furieux coupa aux soldais de la ligae, s'inclinaient pieusement pour avoir le pjrdoii du léçat. » Les Suisses, au nombre de dix-buil mille, étant rentrés dans le Milanais, el s'étani Joiuu aux alliés, lesFran- Cais« dont Tarmée était diminuée, furent ubli ^éa de céder à des forces supérieures, et ral>aadofUier ce pays. Jules laoça de nouveaux anathèmes contre le concile de Pise, 'PJi fut ensuite transféré à Lyon. Il pub.ia une bulle contre la pragmatique* sanction, lui avait été établie au concile de Tours. £n- >u!teiluéjK)eiaaveelacourd'Angleterre,pour ^^ngager Henri Vill à employer ses forces rofiirt le France, thi reste, Jules II eut bientôt «tfranotai toute l'iulie , et fait disparaître comiDe par encbaoteDant cette brillante armde <|e Louis lUL Noua n*entrer(Mis iws ici 1é09 ^e plus longs déutls à ce siqet. Nous 'uodrioos 0Mlrer aum tout ce que les art^, ^ '••1res el les scieoces'doiveni k Jules II , <<(* émiocst protecteur. Mais ce |ioint de j^^ i^éloiônant de l'esprit de ce travail spé-
DicTio^!!. DES Papes.
cialement religieux; nous notis contenterons de renvoyer le lecteur aux chapitres ik el 15 du tome I** de VBUtoire de Léon ^, par M. Audin, qui s'exprime ainsi sur ce Pontife : « Jules II fut encore plus grand Pa|ie que grand bomme de guerre, si pour éire Pape il faut savoir iaire respecter les droits de lautorité menacée par quelques cardinaux schisraatiques, défendre dans un concile les enseignements apostolioues, n'appeler dans ses conseils que des nommes de science et de piété, donner au monde Texemple d'une chasteté de mœurs irréprochable, veiller sans cesse k radministraiioR de la justice, garder la foi jurée, pardonner i ses ennemis, se confier en Dieu dans finfôrtune, faire Taumône, aimer les pauvres, épargner le trésor public, n*en distraire pas un denier pour les siens, puis mourir en faon Chrétien, Joies II était digne de la tiare.
Nous avons de la peine i nous sé(iarer de ce Pontif^-roi. Ecoutons-le eneoro on moment; voici ce qu'il écrivait de son lit de mort à son frère :
Jfoii cher frère, c'est au cardinal Sixto Ciaxa de la Rovëre qu'il s'adresse, eoiu ne tom* prtnei pas pourquoi je me fatigue ainsi au déclin de la vie, A F Italie, notre mire commune, je voudrais un seul maître : ce maître, ce serait le Pape; mais je me tourmente ttitititement : quelque cAose me dit que Fâge m'em^ péchera d accomplir ce projet. Non! il ne me sera pas donné de faire, pour la gloire de t Italie f tout ce que mon cmurm^inspire. Oh ! si j'avais vingt ans de moins 1 si je pouvais eiere au delà du terme ordinaire , seulement assez pour réaliser mes desseîiu / ifcis j'ai bien peur que toutes mes fatigues ne soient dépensées en vain I
N'est-ce pas un beau rêve que Tidée do cette monarchie italienne sous \e sceptro d'un Pape, tel que de la Rovère? Que n eût (las été Rome sous un prince qui se levait k quatre heures du matin, ne dormait qu'une ou deux heures, k table ne raang<*ail qu*un œuf et un peu de pain, et qui, après avoir dompté les Baglioni, les Bentivogli , les Vénitiens, les Français, assiégé la Mirandole, réduit Bologne, enlevé aux ennemis du Saint-Siège trente places fortes, doté sa capitale de rues nouvelles, de places magnifi<|ues, d'aqueducs g^randi »ses, mourut en laissant plusieurs millions? C'est alors que Jules aurait pu mettre en pratique cetle maxime qu'il aimait k répéter : Les belleslettres sont de t argent pour le peuple, de Vor pour les nobles, du diamant pour hsnrinees. Jutes 11 tomba malade et mourut les février 1513, dans la soixante^doozièuie année de sonftge, et la dixième de son pontificat.
JULES lit. ^ Après la mort de Paul III, le Sacré Collège, qui s'assembla pour Télec* lion d'un Pape, était partagé en trois Cktions, dont J une était .celle des Impériaux, l'autre des Français, el la troisième des créatures do défunt Pape, qei avaient k leur léte le cardinal Farnèse. Ces trois facltons se dîapulèrent le terrain avec beaucoup d'opiniâtreté. Le cardinal Polus itaraissail
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!c plus digne d'élre élevé sur le Sainl-Siége, et il eut en effet un grand nombre de voix : mais il montra la plus complète indifférence, et après de longues hésitations qui durèrent pendant six semaines, on élut le 7 lévrier 1550, le cardinal del Monte qui avait joué un grand rôle dans les commencements du concile de Trente; où il présidait en qualité de légat du Pape Paul lit. Il prit le nom de Jules III, en mémoire, disait-il, de Jules II, qui avait fait sa fortune, en élevant son oncle au cardinalat.
Ce nouveau Pape s'appelait Jean-Marie Groccbiy il était né d'une famille assez oIh scure, delà petite ville deMonte-Sansavino, en Toscane, d*où son oncle Antoine, fait cardinal par Jules 11, avait pris avant lui le nom de del Monte. Jules lU s'était acquis de la réputation dans ses premiers emplois, montrant beaucoup d'application aux affaires, un esprit ferme que les difficultés ne rebutaient pas, et même une force d*âme que Charles Y ne put subjuguer, pendant la célébration et la translation du concile de Trente. Jean-Marie del Monte, cardinal laborieux et retiré, fut un Pape appliijué et régulier, qui» au témoignage des meilleurs auteurs, n'avait d'autres plaisirs que ceux qu'il trouvait dans les affaires et les soins de son pontificat.
Un des premiers événements de ce pontificat fut le rétablissement du concile de Trente. Jules III s'était obligé dans le couclavei avecles autres cardinaux, de reprendre cette affaire. En conséquence, il donna une èulle pour la convocation du concile dans cette ville; il nomma le cardinal Marcel Crescention pour le présider en son nom, en qualité de légat, et ce concile con- •linua ses sessions. Ce Pape était alors en guerre avec le roi de France, Henri II, et
voici ce qui y avait donné lieu : Octave» Farnèse, petit-fils de Paul 111, qni était
maître de Parme, sollicita l'empereur, r^mme avtiit fait son oncle, de lui rendre Plaisance. Cbarles-Quint refusa non-seulement la demande de Farnèse, mais même il lui fiicon* naître qu'il voulait s'emparer de Parme, il amusa à ce sujet le Pape Jules III, et sut le mettre dans ses intérêts contre Farnèse. Celui-ci avait cru que le Pape le soutiendrait ; mais n'espérant de lui aucun secours, il eut recours au roi de France qui lui promit protection, et bientôt après lui envoya des troupes. Le Pape fit aussitôt éclater son indignation contre la France, déclara Henri 11 excommunié, dit qu'il mettrait tout son royaume en interdit, et menaça d'excommunication tous ceux qni oseraient soutenir Farnèse. Le roi à son tour rappela tous les évêques qui étaient k Romo, fit défense à tous ses sujets de porter ou d'envoyer de ^argent en cette ville, sous quelque préti-xle que ce fût, ni d'y avoir recours pour des bénéfices, et ordonna de s'adresser aux ordinaires pour ces sortes de sujets. En conséquence, il n'envoya pas h Trente les évoques de son royaume. Jules essaya :les voies de conciliation et dejpaix ; il s'efforça^même de faire cesser la division qui était entre l'empereur et le roi de France.
Cej)en(lant les protestants ayant formé une confédération contre l'empereur, et pris la ville d'Augsbourg, tes Pères du concile craignant pour eux-mêmes, se retirèrent de Trente; ainsi le concile fut encore suspendu plusieurs années. Le Pape Jules empêcha les nouvelles hérésies de pénétrer en Italie, et réconcilia l'Angleterre avec le Saiûl- Siége, sous le règne de Marie. Ce Pape mourut au Vatican, le 23 mars 1555, dans sa soixante-huitième année, après un pontificat de cinq ans.
LANDON, cent vingt-deuxième Pape, succéda en 913à AnastaseIII.--Landon était Romain de naissance; on ignore les actes de sa vie. Contemporain de l'empereur d'Oriemt Constantin et de Charles le Simple, roi de France, ce Pape mourut après six mois de pontificat, le 26 avril 9U, et eut pour successeur Jean X.
LëON I** dit LeGband (Saint), quarantecinquième pontife.-" La date de sa naissanpe est demeurée tout à fait inconnue, et on n'a sur sa patrie que des renseignements fort incertains. Son père apjielé Quintien, était issu d'une des premières familles de la Toscane. Selon le Liber pontificatis el le Bréviaire romain^ saint Léon était Toscan ; selon saint Prosper, son contemporain et son ami, il était Romain, et saint Léon Iniinême nomme toujours Rome sa patrie. On pourrait peut-être concilier ces deux témoignages* en disant que Léon, Toscan d origine, était Romain de naissance. LeBré-
viaire romain n'afBrme pas en eflTet qu'il fut né en Toscane, mais seulement qiril élaii Toscan : Léo primut Etruscus, Rome pouvait d'ailleurs n'être que sa patrie d'adoption; il l'habita dès sa jeunesse et fat de bonne heure membre du^ clergé de celte Eglise souveraine : cela ne suiBrait-il pas pour qu'il pût se dire Romain? Quoi qu'il en soit, M. Alexandre de Saint-Chéron qui, dans son magnifique ouvrage inlitolé : ffMotVf du pontificat de saint Léon le Grande a fait les recherches les pins minutienses sur les commencements de cet homme illustre, croit devoir placer l'époque de sa naissance dans jes dix dernières années du it' siècle. (V. Université catholique, t. XXII,. p. 4Ô3.) «iL admiration et la reconnaissance,» dit M. de Saint-Chéron, «voudraient pouvoir contempler la vie entière d*um grand nomnie et d'un grand saini, jusque dans les premiers jours de sa naissance, le suivre dans tou^ Jes développements de son intelligence ei
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rie son cœur; mais souvetit la gloire qui illumine le milieu do son existence jette dans Tombre les années qui ont précédé. Tout ce que nous font savoir les témoignages des contemporains de saint Léon, c*est que la pénétration de son esprit et la maturité de son jugement se manifestèrent par de rapides progrès dans les études. Il acquit tine connaissance approfondie de toutes les parties de la littérature, et surtout de Télo- (luence. Il était trop éclairé pour s*en tenir la; il ne regarda les sciences. profanes que comme un préliminaire k Tétude de la théologie et des Livres saints.* Dieu,» 4i^ un a"~ cien concile g(^néral en parlant de saint Léon, cDieu, qui Tarait destiné k remporurr « des victoires éclatantes sur Terreur et h ' « soumettre la sagesse du sièclelà la fui, avait « mis dans ses mains les armes de la science « et de la vérité. •
« Léon> alors acolyte,» dit M. Léopold de Moiitvert, « apparaît pour la première fois dans Thistoire, en 1^18, comme envoyé du Papfe Zoiime en Arrique, et porteur de la détision de ce Pontife contre les pélagiens. Il est auestion de lui dans la cent quatrième lettre ae saint Augustin, et ces deux grands hommes ont dû se connaître. De 423 à 432, constamment honoré de la conQance entière du Pape saint Célestin, il exerga une influence réelle et notable sur (a direction des affaires. Sixte III monta sur le trône pontifical après la mort de Célestin, en 432.S*il faut ajouter foi aux actes du concile dt3 Rome de Tan 433, on aurait accusé Sixte d'un rrime contre les mœurs, et Léon aurait dans ledit concile confondu la calomnie; tBàis, d*aprè$ les meilleurs critiques, ces actes sent apocryphes. Saint Prosper nous apprend, dans sa Chronique, que le diacre Léon ùêêiila Sixte de son eonêeil^ lorsque, ▼ers 439, le Pafie déjoua lea intrigues de Julien d*Bclane, ce dernier chef des pélagiens, qui s^etTorçait de rentrer subrepticeaient au sein deTEglise, pour mieux ré- |.>andre le venin de son erreur.
« Vers Tan 440, le futur Pontife fut seul jugé capable d*étre envoyé dans les Gaules, pour y aiiaiser les dissensions survenues eoire les généraux Aétius et Albinus. Le 5ucoès couronna ses efforts : œs deux rivaux réunirent leurs armées contre lesBarktares^ei les repoussèrenL Léon était encore dans ce pays, pour achever de remplir sa mission, lorsque Sixte 111 mourut. L Eglise ei Tempire se trouvaient dans un sranJ péril ; tous len yeux se fixèrent sur Léon, (iont les grands talents et les grandes vertus étaient connus et admirés de tous.
« Après la mort du Pape Sixte,» raconte saint Prosper, < le Siège de Rome vaaua « plus de quarante jours ; le clergé attendait « arec une grande patience, et dans une « tranquillité profonoe l'arrivée du diacre ' Léao^ qui était allé dans les Gaules, comme ' sa ce retardement avait été prolongé ex- • préai^ pour que le mérite de Télu et le r discernement des électeurs fussent mis en I évidence.»
Des députés choisis parmi les person- ^ nages les plus marquants, portèrent à Li^on ^ les suffrages du clergé, la volonté du peuple, et les désirs unanimes des gens de bien. Le pieux archidiacre comprit qu'il ne pouvait, sans manquer à ses devoirs, refuser Thonneur et la responsabilité qu'il n*avait pas recherchés, mais que la volonté de Dieu lui imposait manifestement, par le concours de toutes les volontés humaines. L*Eglise rappelait; elle avait besoin de lui, il se dévoua h TEglise.^Le peuple lui fit à Rome une réception d'enthousiasme, et le clergé l'ae* cueillit avec allégresse.
Léon reçut avec de grands sentiments d*humi!ité et de conQance en Dieu , une charge si élevée et si pesante. Mais Tafféctiun que le peuple lui témoigna, lui fit espérer qu'il aurait plus de facilité à le conduire et à le porter au bien. Dès le jour même qu'il fut ordonné, il monta tout tremblant en chaire pour remercier Dieu , non pas de l'avoir élevé à une dignité si éclatante, mais de l'avoir réduit à Theureuse nécessité de lui rendre tout ce qu'il avait reçu de lui, en le sacrifiant au service de tous ceux qui le servaient; et pour intéresser cf'ux qui l'avaient chargé d'un si pesant fardeau, à demander pour lui à TAutiMir de toutes les grâces les forces nécessaires |K)ttr le supporter. C'est par ces degrés d'humilité, de crainte et de défiance, que monta sur le Siège apostolique, Tun des plus dignes successeurs que Dieu ait donnés à saint Pierre.
Léon connaissait parfaitement i^état de TEglise et ses besoins, et mettant toute sa confiance en celui i(ui la conduit intérieurement, il en prit le timon sans s'effrayer, résolu de faire tète de toutes parts aux ennemis qui l'attaquaient.
Depuis ce moment, il crut que le repos lai était interdit, et il n'apporta point d'autre soulagement à ses travaux, que l'assistance de Quelques personnes de doctrine et de piété, qu'il prit. pour partager ses soins : le plus renommé fut Prosper d'Aquitaine, qui passait pour le plus savant homme de son temps. Léon commença par régler le peuple romain, dont il semblait vouloir former un modèle pour les peuples de toutes les autres Eglises. Non eonlent de Texciter à la verto par ses propres exemples, il l'instruisit par ses prédications, avec une assiduité qu on admira d'autant plus qu'il avait été rare jusque-là de voir monter un Pape en chaire, quoique la chose ne fût pas sans exemple. Il prit la plume pour procurer le même avantage aux fidèles les plus éloignés, et il n'y eut point de lieu si reculé dans la chrétienté, qui ne sentit les effets de sa sollicitude i>astorale. Pendant les premières années de son pontificat, il travailla au rétablissement do la discipline ecclésiastique qui était fort dé' ofaue dans les lieux où les Barbares avaient exercé leurs violences. Il renouvela et confirma les anciens canons, dont il se rendit, si rigi'Je observateur, principalement en ce qui regardait Tordination vicieuse des prêtres, qne toutes les considérations qulfiu.
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pouvait lui alléçuer de la nécessité ou de la disette des miuislres» ne purent le porter h en donner des dispenses. Il ne fut pas moins zélé pour engager les évoques à tenir la main aux autres règlements faits pour TadministratioD des sacrements de TEglise.
pour le commerce delà vie daos tes différents états et professions des fidèles, et pour leurs devoirs envers Dieu « t envers le prochain* Car il se croyait obligé par sa charge k veiller non-seulement sur sa méiropoits mais encore sur toute TEçlise et de remédier aux maux qù*elle souffraitt et c*est ce qui a couvert de gloire son pontifical. Toutes sas actions faisaient connaître quelle était la vigueur et la force de ce saint Pontife. ' Lorsque saint Léon le Grand monta sur le Irône pontifical» Tempire d'Occident était dau3 la dernière faiblesse, étant gouverné par une femme et par un jeune homme»
savoir par Piacidie, fille du^rand Théodose, sœur a Arcade et d*Honorius, et veuve de Constance; et par Valentinien fil, son &ls. Ce prince u*étaitqu*à sa vingt-unième amiée, et avait encore moins de capacité r|ue d'âge; Kome, déjè livrée au pillage» était courbée sous les numiliatious; les limites de riialie renfermaieot Tancien empire du monde.
Les bandas terribles des Huns se montraient au loin, et faisaient pressentir les effets de leur inévitableapparition La Bretagne, après avoir secoué le pouvo r de Rome, défendait sa liberté contre les Picles et les Scots ; les Francs s'établissaient dansia Gaule et lesVisi^otsen Espagne. « Un homme, cependant, » dit M. de Saint-Chéron, a tenait tête à Torage; Aétius, de son bras |)uis«ant. retenait la chute de l'édifice ébranlé. L*Eglise n*était pas moins agitée que la société politique, les hérésies anciennes et nouvelles se montraient de toute parts : les ariens en Afric|ue, les manichéens en Italie, les priscilliens en Espagne, les péla^iens eD diverses parties de rËmpire;en Orient, les nestoriena suivis tïes eutychiens. La constance «t le génie du grand Pontife, se trouvaient mis, eomme on le voit, à de terribles épreuves. Heureusement Léon connaissait bien son siècle ; il ne se dissimulait ni les difl:icultés, ni les périls de sa mission.; mais la foi la plus vive et le sentiment des devoirs imposés k sa position soutenaient son courage. Laissons-le parler, et nous exiKJser lui-même les pensées qui remplissaient son cesur, au moment d*assu« mer sur sa tète une si redoutable responsabilité; nous allons voir qu'elle était Topiniou de la papauté sur la nature et retendue de son pouvoir. »
Nous voudrions pouvoir reproduire les extraits que traduit I auteur que nous venons deoiter, surtout les homélies prononcées par saint Léon aux jours anniversaires de sa consécration. Citons du moins ce passage : Pierre ieul est choiêi dam tout l'univers pour être vas à ta^t^e de la vocation de tous les peuples^ et pour exercer la primauté sur tous les apôtres^ sut tous cêux que l'J^ylise regarde comme ses Pètts^ en sorte que^ bien qu'il y ait dans l Eglise de Dieu un grand nombre de prêtres ,
tous cependant soni^ à bien dire, gomemés par saint Pierre^ sans préjudice du gouvernement suprême que Jésus-Christ s'est outsi réservé sur eux. Im divine bontés mes tris^hers frères^ a daigné accorder à ce saint person^ tiaqe un grand et merveilleux partage de sa puissance^ et, si elle a voulu que les autres princes de l'Eglise eussent avec lui quelque chose de commun, elle n'a jamais donné que par son canal ce qu'elle n a pas refusé aux autres,., « Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle [Matth. xvi, 18), » c'eif-â-cfire, sur cette pierre f élèverai le temple éternel, et l'édifice sublime de mon Eglise^ qui doit se perdre dans les deux, s'appuiera sur la ftr^ nieté de votre foi. Cette parole, les portes de
l'enfer ne l'arrêteront pas, les tiefis de la mort * ne T enchaîneront pas; car cette parole est la parole divine, et, de même quelle élève et intraduit dans le ciel ceux qui la confessent^ elle plonge dans les enfers ceux qui la nient. C'est pi»ur cela qu'il est dit à saint Pierre : « Je vous donnerai les clefs du royaume des deux ; tout ce que vous aurex lié sur la terre sera lié dans le ciel; tout ce que vous auret^ délié sur la terresera délié dans le ciel, llbid.p 19.) Cette au'.orité a sans doute passé aussi sur la tête des autres apôtres ; la disposition de ce décret s'est étendue à tous les princes de l'Eglise; mais ce nest pas en vain que reneonfie a un seul, ce que l on intime à tous : car, ce qui fait que ce pouvoir est disposé d'une façon particulière entre les mains de saisU Pierre^ c'est que saint Pierre est prépo$é comme règle et comme modèle à tous les administrateurs de l Eglise» Je privilège de saiut Pierre subsiste donc partout où l'on porte un jugement conforme à l équité, et il n'y aura rieu de tté ni de délié que ce que saint Pierre aura délié ou lié.
Or le letnps de la- Passion était proche, et Notre-Seigneur devant éprouver la constaniee de ses disciples, dit à Simon : u Simon, Satan a demandé que vous lui fussiez tous livrés^ pour vous cribler comme on cribledu froment : mais f ai prié pour votis en particulier, afin aue votre foi ne défaille pas. De votre calé, lorsque vous vous trouverez chanqi en un nouvel homme, fortifiez vos frères^ afin qn'ens et vous n'entriez pas en tentcuion. «(Lvc. xxu, 3t, 32.) Le danger relatif à la tentation de crainte était commun à tous ic* apôtres; tous avaient besoin du secours de la prateetioa divine, puisque Satan désirait les tourmenter et les briser tous ; et cependesnt Notre-Seigneur prend un sein spécial de eaie^t Pierre ; il intercède séparément pour la foi de saint Pierre comme si Fétat des aestree devaii être ansuré, pourvu que l'dme du chef ne fût pas vaincue. Le courage de tous rst dane affermi itans la puissance de saint Pi€rre, et l assis * tance de la grave divine est diepoeée de telle sorte; que la fermeté qui est accardée à saint Pierre par le canal de Jésus^f^hriet e$t é^née aux autres par le canal de seUnt Pierre...* Quoique chaque pasteur en particulier teiUe sur son troupeau avec une soUiciissée*p¥rialft et qu'il sache quil rendra compte pour Us bre*
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bli qui lui $9nt confiétâf noys avong cependant umoin om nou$ eêl communattc tous tesptm^ leurs; il rien neêt pae un seul dont tadiai' nistraiion ne fasse partie de notre tâche.
A|)rès avoir ainsi fait connaUre, par ses pro(ires paroles, les ^eiitiuienU de saint Léon sur la puissance spirituelle donnée au Souveralo Ponlife, nous nous alUoberoiis sné* cialeaient à Tétude des actes de son ponliHcal. « A peine rooolé sur la Chaire de saint Fierre, v dit M. de Saint-Clieron, « le saint Pontife rassembla autour de lui les homtues les plus distingués par leur science» par la pureté de leurs principes, [)ar leurs vertus et la connaissance approfondie des véritables intérêts de TEglise.
« Saint Léon prêchait non-seulement par Texeiuple d'une vie sainte» mais encore» comme on vient de le voir» du haut de la chaire et avec une puissance» de paroles que l>cu d*bommes ont égalée. Ce n^étuit pas du reste, comme Ta insinué Soxomène» le premier Pane qui trouvât le t«'mi)s d*évangéliser la peuple romain; saint Léon atteste luimême qu'avant lui, Sixte 111 s'imposait ce devoir» k Timitation des Pontifes ses prédécesseurs.
« Il ne nous reste, aucun document sur l'administration de saint Léon, pendant les trois premières années de son pontiticat ; 9^ lettres elles mêmes» source principale de notre récit» sont en fort petit nombre durant ci^s trois années. Toutefois celles que nous 2»cissédons nous portent à conclure que Léun» à cette époque» se livrait assidûment au soin de rétablir dans les affaires de l'Eglise l'ordre si profondément troublé parles discussions religieuses et les événements politiques. L'Afrique infesléo |»ar l'hérésie» j»arait avoir la première attiré son attention ; il y rétablit l'ordre dans le clergé par une décrétale que nous avons encore, et dont on ne saurail méconnaître l'importance» car f'He noontre, dès les premiers actes de saint Léon» le plein exercice de la primauté du Saint-Siège» le droit» l'usage et les efforts des appellations k Rome. Aussi Quesuel et Fleurj ont-ils cherché à faire croire que celle pièce était apocryphe ou du moins inr;^rpolée ; heureusement raulhenticité et la (:ureté de cette pièce sont invinciblement établies par les meilleurs critiques : Baluze» Cc»ustant» Cacciari, Ballerini» n etc.» 91c. En Tuîci la cause et l'analyse :
Saint Léon ayant été souvent averti par . eus qui venaient de Uaurilanie» qu'il s'y 'aâsait des ordinations irrégulières» donna oiumiésion à Tévêque Polentius» qui allait \t^ Romeen celte province de s'en informer; . i le chargea pour les évéïjufs de la yro^ »ince» d'une lettre que nous n*avous plus. N»tenlius envoya au Pape une ample relalon de l'état de ces Eglises ; ce qui l'obligea récrire la lettre que nous avons. Saint Léon i marque d'abord, que les troubles du temps nii donné occasion à ces désordres, qu*il *x|ilii]ue en particulier. Plusieurs évêques tvAioDt été élus par brigue et par lumulto i*i>ul{iire. Ou avait élu des bigames, dcb
laïques» des hérétiques convertis ; quoiqu'il soit hécessairo d'éprouver dans les ordres inférieurs ceux qui doivent être évêques, aOnde s'assurer non-seulement de leur caiiacité, mais de leur humilité. Il décide qne les bigames doivent être déposés et exclus non-seulement de l'épiscopat, mais de la prêtrise et du diaconat, et il compte pour bigames, ceux (^ui ont épousé des veuves. A plus forte raison» ajoute^tMl» on doit dé-» |K>ser celui qui, comme on nous a rapporté» a deux femmes fc hi fois, ou qui en a épousé une autre après que la sienne l'a quitté. Quant è ceux qui ont été ordonnés étant simples laïques, le Pa|ie leur pennetde demeurer évêques, sans que cette dispense puisse être tirée è conséquence, au préjudice des décrets du Saint-Siège et des siens en particulier. Ce qui prouve que cette d(^crétÂle n'est pas la première de saint Léon. Il conserve dans son siège Donat de Salicinr, qui s'était c/tnverti avec son peuple, de Thé^ résie de Novatien; et Maxime» donatiste converti» quoiqu'il eût été ordonné laïque ; mais k la charge que l'un et l'autre donnera sa profession de foi par écrit, (joand k Aggar et libérien, qui avaient été ordonnés avec des séditions violeutes, étant simples laïques» il en laisse le jugement aux évêques des lieux» se réservant toutefois à décider sur leur rapport. I! y avait eu des religieuses violées par les Barbares. Saint Léon les juge innocentes, et leur conseille toutefois de s'humilier» et de ne pas se comparer aux autres vierges.
Rustique» évêquedo Narlionne» était Qlsd*un évéque nommé Bonose : sa mère» soeur d'un autre évêque» nommé Arator» et veuve trèsvertueuse» prit grand soin de son éducation : anrès qu'il eut étudié en Gaule» où il y avait d excellentes écoles, elle l'envoya à Home» pour achever de^se former dans l'éloqUeiice* Etant revenu auprès d'elle» il embrassa la vie monastique; ettreçutdes instructions sur la manière de se conduire» par une lettre fameuse de saint Jérôme» oui le renvoie à saint Proclus, évêque de Alarseille» pour s'instruire de vive voix. Après que Rustique eut demeuré quelque temps dans le monastère» il fut ordonné prêtre de rfiglise du Marseille» qui semble avoir été sa pairie» et enlin évêque de Narbonne, Tan 427.
Saint Léon» étant arrivé au pontiGcat, Rustique envoya son archidiacre Hermès le consulter sur divers |>oints de discipline; térmi- ^nant par ses lettres un grand désir de quitter son sié^e» |)Our vivre dans le repos ( t la retraite. Saint Léon ne le lui conseiile pas» et lui représente que la patience nVst pas moins nécessaire contre les tentations ordinaires delà vie» que contre les persécutions pour la foi ; que ceux nui sont chargés du gouvernement de rEglise doivent garder courageusement leur po:»te» ot se cunlier au secours de celui qui a promis de ne la point abandonner. Uuant aux questiiuis pru|K>séis |iar saint Rustique». Saint Léon j renoni ainsi : Le prêtre, ou le diacre^ qui s est fkus' sèment dit évrque^ ne doU point puiser pour
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DlCTIONNAIRi:
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telj puiiqu'on ne pexU eùmpi$r entre hi évê-gwes, ceux qui n'ont M ehoim par le clergé^ ni demandés par h peuple^ ni consacrés par les évéques de h province^ du consentement du métropolitain. Les ordinations faites par ces faux éviquest sont nulles^ si elles n'ont été pâites du consentement de ceux qui qouver^ naient les Eglises , auxquelles ces clercs appartenaient. Cette restriction est difficile à entendre , à moins que l*on ne suppose que ces feux év£i]ues avaient effectivement le caractère épiscopal; mais qu'ils l'avaient reçu par une ordination illégitime, comme Armenlarius d'Embrun, déposé au concile de Ries. Si un pritre ou un diacre demande d^itre mis en pénitence , il la doit faire en particulier: parce quil est contre la coutume de l'Eglise , de leur imposer la pénitence publiaue.
La loi de la continence est la même pour les ministres de Fautel que pour les évéques et les prêtres. Ils ont pu , étant laïques ou lec^ teurs^ se marier et avoir des enfants. Etant élevés à un degré supérieur^ ils ne doivent pas quitter leurs femmes , mais vivre avec elles , comme s'ils ne les avaient pas. Par les ministres de Tautei obligés à la continence , saint Léon entend même les sous-diacres, comme il paratt par sa. lettre à Anastase de Tbessa- JcKiique. Il faut distinguer la concubine , de sa femme légitime : ainsi celui qui quitte sa concubine pour se marier ^ fait bien; celle qui épouse un homme qui avait une concubine ^ ne fait point mal, puisqu^il n'était point marte. Sainl Léon ne parle ici que des concubines esclaves, et non de celles qui étaient en effet des femmes légitimes, mais sans en porter le lilre, suivant lea lois.
*Ceux qui reçoivent h pénitence en maladie, ei ne veulent pas Fc^complir étant revenus en santé^ ne doivent pas être abandonnés: il faut les exhorter souvent, et ne désespérer du salut de personne f tant qu'il^est en cette vie. Il faut user de la même patience à Véaard de ceupB qui, pressés de mal, demandent la pénitence^ et lu refusent quand le pritre est venu , si te- mal leur donne quelque reldche, s'ils defnandent ensuite la pénitence^ on ne leur doit pas. refuser. Ceux qui reçoivent la pénitence à f extrémité^ et meurent avant d'avoir reçu la communion f c^ est- à-dire lu réconciliation, doivent être laissés au jugement de Dieu^ qui pouvait différer leur mort» Mais on ne prie point pour eux , comme morts hors la cornènunion de VEglise. Kn d*autres Eglises an ne laissait pas de prier pour eux. Los pénitents doivent iabstenir mime de plusieurs choses permises,* Its.ne doivent point plaider, s'il est possible, et s'adresser plutôt au juge ecclésiastique qu'au séculier, ils doivent perdre plutôt que de s'engager au négoce tou» jours dangereux ; il ne leur est point permis de rentrer dans la milice séculière , ni de se mariesr^ si ce n'est que le pénitent soit jeune, et en périt de tomber dans la d^auche; encore ne lui accorde-t'on que par indulgence.
JLe moine qui après son vœu se marie ou en:brasse la milice séculière , doit Are mis en pénifencf publique. Les fUes gtiî après avoir
pris l'habit] de vierge se sont mariées, quoi' qu'elles n'eussent pas été consacrées , ne lait* sent pas d'être coupables. C'est qu'il y avait deux sortes de vierges : celles qui ne s'étaient engagées que par le vœu, ou solennel, en entrant dans un monastère, ou simple , en prenant l'habit, et d^meuraot chez leurs parents : celles qui avaient reçu la consécration, qui ne se donnait qu*k Tâj^e de quarante ans , comme saint Léon même l'ordonne, et par l'évéque un jour de lèle solennelte.
Ceux qui ont été abandonnés jeunes par leurs parents, qui étaient Chrétiens, en sorte quon ne trouve aucune preuve de leur baptême, doivent être baptisés, sans craindre de réitérer le sacrement. Ceux qui ont été pris si jeunes par les ennemis, qu'ils ne savent s'ils ont été baptisés, quoiqu'ils se souviennent que leurs parents les ont menés à l'église, il faut leur demander s'ils ont reçu ce que l'on donnait à leurs parents, c'esl-à dire l'Fucharistie, s'ils ne s'en souviennent pas, il faut les baptiser sans scrupule. Il était venu en Gaule des gens d'Afrique et de Mauritanie, qui savaient bien qu'ils avaient été baptisés, mais ils ne savaient pas dans quelle secte. Saint Léon répond, qu*il ne faut pas les baptiser» puisqu'ils ont reçu la forme du baptême, de quelque manière que ce soit, il faut seulement les réunir à l'Eglise catholique par l'imposition des mains, avec l'invocation du Saint-Esprit, c'est-ft-dire la confirmation. D*autres ayant été baptisés eu enfance, etpris par les païens, avaient vécu comme eux, et étaient venus encore jeunes sur le territoire , romain. Saint Rustique demandait ce qu'on devait faire, s'ils requéraient la communion. Saint Léon répond : S'ils ont seulement mangé des viandes immolées, tts peuvent être purifiés par le jeûne et /'iwposition des mains, s*its ont adoré les idoles, ou commis des homicides, ou des fornications, il faut les mettre en pénitence publique. Oti voit ici une imposition des mains différente delà confirmation et de la pénitence publi* que. Au reste, ces derniers articles font rapporter cette décrétale au temps de lincursion des Vandales.
Comme on le voit, les évéques des différents pays demandaient au Souverain Pontife des conseils et des décisions sur les questions difficiles, agitées dans les provinces soumises à leur juridiction. Ces suppliques fournirent au Pape des occasions nouitipliéesde déployer sa science profonde, la fermeté de son caractère et l'incessante activité de son génie.« Sa vigilance,» continue M. de Montvert,«sa vigilance sur les Gaules, l'Afrique, rEspagne, ritalic,et toutes parties de la chrétienté, était incessante. Sous son inspiration, et secondant ses efforts, les conciles provinciaux travaillaient avec zèle au rétablissement de ia discipline , et mettaient sous la protection de TEglise, les faibtes et les opprimés. Ceux d'Orange, en /^i, «ft de Vaison, en iii, se distinguent principale* ment par les sentences déchanté et ae li* berté qu'ib impriment, au milieu de ce sii'
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DES PAPES
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de, où la force était tout. Les canons du concile d*Orange ordonnent de rendre aux Aliénés tous les soins que réclame leur malheureux élaty et frappent de censures ecclésiastiques les personnes qui retiennent dans l'éiat de servitude les esclaves affranchis par l^giise, ou recommandés à TEgiise par disposilions testamentaires. Le concile de Vaison prend les mesures les plus intelligentes «n faveur des enfants trouvés. On le voit, les œuvres de charité sont d^ancienne date dans PEglise catholique, et dans les lieux oit elle a exercé son influence salutaire.il y a toujours eu des consolations pour toutes lesdou- Jeurs. » Mais résumons, avec Fleury, les travaux de saint Léon, durant ces mêmes années khi et U2, oïl furent tenus les conciles d^Orange et de Vaison.
Peu de temps après la prise de Carlbage,. c est-à-dire. Tan Hl, Genseric passa en Sicile, la ravagea, et assiégea Palerme, qui soutint longtemps le siège. Maximin, chef des ariens en Sicile, condamné parles évoques catholiques, Texdta à les persécuter, pour les obliger à embrasser l'arianisme, il y en eut quelques-uns qui souffrirent le martyre. Dans cette calamitéde la Sicile, Saint Léon envoya du secours à Paschasin, évoque de Liiybée, par Sîlanus, diacre de TEglise de Palerme, avec des lettres de consolation ; en même temps, il le consulta sur le jour de PA«^ues de i année suivante kkk^ comme il avait déjà consulté saint Cyrille d*Alexandrie. Paschasin répondit au Pape : Qu'après avoir bien examiné la question, et calculé exacteiifent, il avait trouvé, comme saint Cyrille, que le jour dé Pâques de Tannée suivante devait être le dimanche, neuvième des Calendes de mai, c*est-à-dire le vingt- Croisième d'avril, ce dont il expliquait les raisons. Il y fait mention du miracle d'un baptistère de Sicile, arrivé Tan 417, sous le pontificat de Zozime.
La môme année Hl, saint Léon écrivit aux évoques de Campanie, de Picenum, dans la marche d'AncAne, de Toscane et de toutes les provinces suburbicaires, une lettre décrétale. Trois évoques, Innocent, Légitime et Ségèce furent chargés de porter dans les provinces, cette décrétale, quiapnaremment était le résultat d'un concile. Elle reprend dÎTers abus : que Ton élevait au plus haut rang du sacerdoce des gens de condition servile, ou engagés à des devoirs incompatibles aver le service de l'Eglise, et quelquefois malgré leurs maîtres ; que l'on ordonnait des bigames ; qu'il y avait des clercs i|ui prêtaient à usure, ou suus leur nom, ou sous des noms empruntés, quoique l'usure fut défendue, même aux laïques. Le Pape ordonne que tous ces abus soient réprimés, suus peine, aux évoques contrevenants, d'ê- Ifo interdits, et privés de sa communion; il leur recommande d^observer les décrets de saint Innocent et de ses prédécesseurs. La date de eette décrétale est du 3 octobre U3.
Entre ceux que la désolation de l'Afrique et la crainte des Vandales fit passer en Italie, il y eut grand nonil)re de manichéens qui se
réfugièrent à Rome et s'y cachèrent quelque temps. Mais saint Léon lés découvrit, et en avertit son peuple dans plusieurs de ses sermons, les exhortant à les dénoncer partout h leurs prêtres, c'est-à-dire à ceux qui étaient distribués dans les titres de différents quartiers. Il donne ces deux marques pour les reconnaître : qu'ils jeûnent le dimanche en l'honneur du soleil et au mépris de la résurrection de Jésus*Christ, le lundi en l'honneur de la lune ; que recevant la communion avec les fidèles, ils ne prennent que le corps de Notre-Seigneur, et non point le sang, parce qu'ils abhoreot le vin. Il reprend aussi une superstition qui semble être venue d'eux : savoir, que pi usieurs fidèles entrant dans la basilique de Saint-Pierre, après avoir monté les degrés, se retournaient pour saluer le soleil levant.
Saint Léon ayant donc par sa vigilance découvert grand nombre de manichéens, il Y en eut qui abjurèrent dans l'église publiquement et par écrit, et furent reçus à pénitence; d'autres, qui demeurèrent opiniâtres, et furent condamnés parles juges séculiers au bannissement perpétuel, suivant les lois des empereurs. Mais pour mieux faire connaître au peuple leurs erreurs et leurs infamies, le Pape saint Léon en fit une information juridique. Il assembla plusieurs évêques et plusieurs prêtres, avec un grand nombre de citoyens, des personnes illustres et une partie du sénat. A cette assemblée, il fil amener leurs élus et leurs élues : on leur fit découvrir plusieurs choses de leurs dogmes et des cérémonies de leurs fêtes; et un prouva clairement l'infamie de leurs mystères, pour ne laisser rien de douteux aux moins incrédules , ni aux calomniateurs.
Toutes les personnes qui avaient commis cette abomination étaient présentes : une jeune fille de dix ans; deux femmes qui l'avaient nourrie et préparée au crime; un jeune homme qui t'avait corrompue, et j'évêque manichéen, qui avait présidé à la cérémonie. Toutes leurs confessions furent conformes et si détestables, que les oreilles des assistants avaient peine à les souffrir. On en dressa des actes authentiques.
Aussitôt après, saint Léon rendit compte à son peuple de cette procédure , dans. un sermon des Quatre-Temps, en décembre i^i2, exhortant particulièrement les.
femmes à fuir ces hérétiques, sans mémo leur parler, de peur de se laisser surprendre par la curiosité à écouter leurs iablos. Il exhorte tout le monde à les dénoncer, h déclarer où ils logent, où ils enseignent, et ceux qu'ils fréquentent, afin que l'on continue a les découvrir. Il en parla encore le jour de l'Epiphanie, 6 janvier 4U, avertissant le peuple de ne pas se laisser surprendre à leur extérieur, à leurs abstinences superstitieuses, à la pauvreté de leurs habits et à la pAleur de leurs visages. On apprit
8ar la confession de ceux qui furent pris à ome, quels étaient leurs docteurs, leurs évêqoes, leurs prêtres, en quelles provinces et en quelles villes ils demeuraient.
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PloMeurs s'enfuireot de Rome, principalement les plus coupables; ce qui obligea le Pape d'écrire h tous les évèques d'Ilaîie>de iiour qu'ils n'en reçussent quelques-uns^sans les connnttre« qui infeclassenl leurs Eglises. Jl les instruisit donc de ce qui s*é(ait passé à Rome, et leur envoya les actes de leur jugement, les exhortant à les rechercher sdisneusement, etlkse tenir su r'Jeurs gardes. 1^ lettre est circulaire, et datée du 30 janvier VA, Plusieurs ëvéques d'Orient unitèrent sur ce point la vigilance de saint Léon.
Il poursuivit aussi dans le même temps les pélaçiens, principalement Julien d'Eane, qui était alors leur chef; car, bien que plusieurs eussent abjuré leur hérésie, ils recommençaient k la semer. Septimus, évéque d'Altinum en Vénétie, en écrivit à saint Léon, et Tavertit que dans cette provinre on avait reçu k la communion catholique des prêtres, des diacres et d'autres clercs de divers ordres, qui avaient été ( nga^és dans l'hérésie de Pelage, sans avoir exi^é d'eux la condamnation de leur erreur; que l'on souffrait même qu'ils passassent en divers lieux, pour exercer leurs fonctions, au mépris des canons qui ordonnaient la stabilité des clercs dans les Eglises où ils avaient été ordonnés. Sur cet avis, saint Léon écrivit à Tévêque d'Aquilée, métroliolilain de la province, lui ordonnant d*asserobler son concile pour y obliger ces clercs, suspects de péla^ianisme, i condamner ouvertement, et par écrit, cette hérésie, et approuver tous les décrets des conciles conQrniés par le Saint-Siège en termes si clairs, qu'il ne leur restât aucun prétexte de les éluder. Le Pape recommanda aussi le maintien des canons pour la stabilité des rlercs, sous peine de déposition et d'excommunication, parce que les motifs ordinaires de passer d Eglise eu Eglise ne sont que Tambition et l'intérêt.
Anastase, évê(]uede Thessalonic|ue envoya demnnder k saint Léon l'autorité de son vicaire dans Tlllyrie, comme l'avaient eue ses prédécesseurs ; saint Léon la lui accorda volontiers, |)ar.sa lettre datée du 12 janvier 4H. Le saint Pai>e répond qu'il ne fait Sue suivre l'exemple de saint Sirice, qui onna le même pouvoir à Amisius, mais qu'il ne doit servir qu'à la conservation des canons. 11 recommande principalement les ordinations des évêques, où Ton ne doit regarder que le mérite de la personntî, et le service qu'elle a rendu h I Eglise, sans aucune vue de faveur ni ifinlérêl. Penoiine^ dit-il, ne doit être ordonné étéque dans c€s Eglises^ sans vous consulter ; car on les cAoisira avec un jugement plus mûr^ quand on craindra votre examen, et nous ne tiendrons point pour ivéques ceux que le métropolitain mura ordonnes sans votre participation.
Comme tes métropolitains ont le droit d ordonner les évêques de leurs provinces^ nous voulons que vous ordonniez les méiropolifftiflf, er que vous les choisiisiez avec un plus çrand sotny comme devant qomerner les at<-
tres ; que personne ne manque m csnr >. quand il y sera appelé. Rien nesf plut witt que les fréquentez assemblées des éteints, ^nr corriger tes fautes et conserver la rknf. Vous nous renverrez^ suivant tanciamt tudition^ les causes majeures qtti ne powrtfti être terminées sur les lieux et tes appfîl^ tions.
Il se plaint gue, contre les canons, on taisait tous les jours indifféremroeal les ordinations des Drêtres et des diacres, et vrqt qu'on ne les rasse que le dimanche, couiu« celles des évêques; ce qu'il faut enleixjre de la nuit du samedi au dimanche. S».Bt Léon écrivit aux métropolitains de rilUr;« une lettre de même date, pour les avenir ^a pouvoir qull avait donné h Anastase d^ Thessalonique, et les exhorter k s'y s^;mettre, et k observer les xaoons.
Saint Cyrille d'Alexandrie étant mort, Utut pour suC4:esseur Dioscore, son archi-Jucre. qui jouissait d*une grande réputatio» lic vertu, particulièrement de modestie et (Tbamilité. Il n'avait point été marié, et g»^ci d'abord l'affection du peuple d'AlexaDOne, en prêtant de Targent sans intérêt aux Imlangers et aux cabaretiers, afln qu'ils foor- Hissent au peuple du pain blanc et d'eict* lent vin k bon marché; mais on prétei^Jjil que pour trouver le fond de cette dé|>ea5<, il avait exigé de grandes sommes d^s lientiers de saint Cyrille, les chargeant Je calomnies. Il envoya k Rome le prêtre hr^ir donius, faire part de son ordinatioa ic Pape saint Léon, qui répondit par ui*.
lettre datée du 21 janvier w5. Il y donne . Dioscore quelques instructions, |K)Qr ruai* furmité de la tiiscipline, ne doutant t<^i que saint Marc n'eût enseigné k son Eç'> ^ les mêmes règles que saint Pierre, Joct i était disciple. Saint Léon veut donc que aj observe k Alexandrie.comme k Rome, de a. faire les ordinations des prêtres etcIesOticres aue le di i anche; que ceux qui d'^'Onent l'ordre et ceux gui le reçoivent toieft. k jeun. Il veut aussi que dans les i^rsoit» fjtes, quand le peuple vient k l'éijliseec». grand nombre qu'il ne peut y tenir ensnh ble, on ne fhsse point difKcuUé de râUrr le sacrifice, autant de fois que l'église, <i<^* laquelle on doit le faire, sera remplie ^ )euple, déclarant que c'est la coutume Jt 'Eglise romaine. On voit ici qu'k Roiuf t' k Alexandrie, on n'offrait encore le m sacrifice que dans une seule Eglise, nK' aux plus grandes solennités. Saint Uoo.« gue le prêtre Possidonius était parfaitecm-' instruit de.H usages de Rome, par les fréquents voyages qu*il v avait bits; ce <;• tait croire que c est le même qui avail j-» envoyé par saint Cyrille au Pape sami'.«lc:>tin.
Cependant Célidonios» évfique gau<<'' vint k Rome, se plaindre de saint BtV d*Arles, qui favait déposé dans uo com- Siint Hilaire, disant sa visite avec ^< Germain d'Auxerre, arriva k ta ville <<'** Célidonius était évêque, apparemmeotw't* la •:;fovntC Je Vienne. Le^ nol^îes v '
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peuple vinrent aussiiM à eux, accusant Ce* Ittlonios d'avoir épousé une veuve, et d*avoir condamné des gens à morl« pendant qu*>l était magistrat. Salut Hilaire et saint Germain ordonnèrent qu^on appelât les témoins. Piosieurs autres évèques, d*un grand mérite, s'assemblèrent avec eux. Ou examina Taffaire avec toute la maturité possible : Taccusation fut prononcée, et on ju^ea, suivant les règles de rEcrilure, que Célidonius devait de lui-mèmé renoncer k TépiscopaL C'est de ce jugement qu'il vint se
fJaindre au Pape saint Léon, vers la Gn de Vau H. Saint UiUiire l'ayant aj)pris, passa les Alpes, nonol>slant la rigueur de Thiver, et vint è ttome à pied; car il faisait ainsi tous ^es voj'ages, par amour pour la pauvreté. Après avoir visité les églises des apôtres et des martyrs, il vint se firésenter devant saint Léon, avec toute sorte de respert, le sup^itiant de maintenir à son ordinaire la discipline des Eglises, se plaignant que l'on admettait à Rome, aux saints autels, des évAques condamnés dans les Gaules par sentence du majçistrat. Il le conjura, si sa remontrance lui était agréable, de faire corriger secrètement cet abus. « Je suis venu* » ajouta-tril, « seulement pour vous rendre mes devoirs, et non (lour plaider ma cause ; je vous instruis de co qui s'est passé, non pour forme d'accusation, mais par simple récit; si vous 4tes d*un autre sentiment, je ne vous importunerai pas davantage. »
Saint Léon assembla un concile pour juger cette affaire ; saint Hilaire y prit séance, t:omine' les autres évAques. Le crmcile ne l'ut pas content de ses réponses ; saint Léon y trouva trop de hauteur. II parut, f)ar les dépositions des témoins, que Célidonius était innocent de rirn'*gularité pour laquelle il avait été condamné, c'est-à-dire d avoir épousé une veuve. H fut donc absous et rétabli dans son siège. Saint Hilaire demeura ferme dans son sentiment, et, quelque menace qu'on lui fit, encore même qu'il crût sa vie en péril, il ne voulut jamais communiquer avec celui qu'il avait condamné.
Voyant qu'il ne pouvait persuader le Pape et son concile, il se retira; et malgré les gardes qu'on lui avait donnés, et l'hiver qui (Jurait encore, il revint à son Eglise.
Saint Léon examina ensuite avec son concile les plaintes de l'évèque Projectus et d*uo |{raud nombre de cilovens de sa ville, que Ion croit avoir été dans la première Narbonaise. Projectus se plaignait que saint Hilaire était venu, pendant qu'il était malade, ordonner un autre évéque k sa place, comme si elle eût été vacante, quoique co fût dans une province étrangère à sa jurid'iclioo» et où, avant Patrocle, aucun de ses prédécehseucs ue s'était attribué aucun droit; que ceUe ordination s'était faite sans altencJre le clioix du clergé, ni les suifrages d» peuple, avec une telle précipitation i^tt Ut Jaire était veau et parti, sans que perkMoe eo sût rien. Il ne parait pas quSl y
uL^J^^'^ ^^^^^^ «ie «es faiu, que les
lêUres de Projectus et de t^es concitoyens.
Mais saint Hilaire avait prévenu contre lui le concile romain, par la hardiesse avec la-
Ïuelle il s'était défendu dans l'affaire de élidonius, encore plus par sa retraite.
Ainsi l'ordination qu'il avart faite futcassée^ et Projectus rétabli dans son siégé. On ac* cusait encore saint Hilaire de s'attribuer l'autorité de régir toutes les Eglises des Gaules, c'est-à-dire, comme l'on croit, de ce qui avait autrefois composé la province Narbonaise. On l'accusait d'aller par les provinces, accompagné d'une troupe de gens armés, pour donner des évèques aux Eglises vacantes; d'indiquer des conciles, et de troubler les droits des métropolitains. Peutêtre était-il obligé do prendre quelque es« corte dans les pays occupés par les Barbares, et troublés^ par la guerre.
Le concile de Rome lui défendit d'entre* prendre sur les droits d'anlrui, le priva même de l'autorité qu'il avait sur la province de Vienne» lui défendit de se trouver à aucune ordination, le déclara retranché de la communion du Saint-Siège, et prétendit lui faire grâce de le laisser dans son Eglise et de ne le pas déposer. Tout cela résulte de la lettre de saint Léon aux évèques de la province de Vienne, où il relève d'abord la primauté de saint Pierre et l'autorité de l'Eglise romaine, et rapporte les plainte contre Hilaire, qu'il traite de perturbateur de runionndes Eglises, de présomptueux et d'entreprenanL II donne les règles suivantes sur les ordinations : (]u'elles doivent être réservées aux métropolitains ; qu'elles doivent être pai.<ûbles et tranquilles; que l'on doit avdir la souscriplion des clercs, le témoigi âge des magistrats, le consentement du sénat et du peuple, et qu'il faut leâ célébrer le dimanche. Il ajoute que chaque province doit se contenter de son concile, et que personne ne doit être excommunié légèrement. Il déclare aux évèques des Gaules qu'il ne veut point s'attribuer le gouvernement de leurs provinces, mais conserver & chacun ses droits et ses privilèges, et les maintenir dans l'union. Ennn, il leur propo.<)e de leur donner pour primat, s'ils veulent Paccepter» l'évèque Léonce, recommandable par son mérite et son grand Age, sans préjudice des droits des métrO|)oliiains. On croit que ce Léonce était l'évèque de Fréjus, et aue saint Léon voulait/introduire en Gaule la disci^ pline d'Afrique, d'atu-ibuer la primatie au |)lus ancien évéque, et non à un certain siège; mais les Gaulois n'acceptèrent pus cette proposition.
Saint Léon voulut appuyer sdn jugement de l'autorité de l'empereur Valentinien» qui était alors à Rome, et obtint un rescril adressé au palrice Aélius, qui commandait les troupes des Gaules. Il contient les mêmes plaintes, en général, contre saint Hilaire, qu'il traite d entreprenant et do sédiiieux, qui a offensé la majesté de l ej?^^^® ^\,t® Respect dû au Saint-Siège. * Cesl pourquoi, • ajoute l'empereur, . uous déjendoua qu'à l'avenir Hilaire, m aucun a^^^^;^.^^^^^^ ploicn' les armes pour les allaircb cccicî^vab-
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tiques» ni que Jes éf èqiies des Gaules ou des autres profinces entreprennent rien contre Taneienne coutume, sans (^autorité du Pape; qu'ils tiennent pour loi ce qu'il aura ordonné, et que tout éfèque qui, étant appelé è son jugement,* aura négligé d'y venir, y soit contraint par le gouverneur de la province. » Ce rescrit est daté du 6 juin 445..
Le 19 du même mois, Valentmien donna un autre édit contre les manichéens, si bien convaincus è Rome, environ dix-huit mois auparavant 11 est adressé à Albin, préfet du prétoire, et renouvelle contre eux toutes les anciennes peines, ordonnant de les poursuivre partout où ils seront découverts, et permettant h toute personne de les accuser. L'empereur était à Ravenne l'année précédente, lorsque les manichéens furent convaincus; et apparemment le Pape prit occasion de son séjour à Rome pour obtenir cet édiL
Deux ans après, l'empereur Valenlînien, étant encore è Rome, fit une loi pour renouveler les anciennes peines contre ceux qui fouillaient dans les sépultures pour en tirer des marbres ou d"autres choses plus précieuses. On accusait de ce crime même des clercs, et l'empereur les juge dignes d'une peine plus rigoureuse que les autres. Il ordonne qu'ils perdent aussitôt le nom de clercs, cfu'ils soient proscrits et bannis à perpétuité, et ne veut pas que l'on épargne même les évèijues. La loi est adressée à Albin, préfet du prétoire et patrice, et datée du 13 mars kbl.
Saint Hilaire, étant de retour è Arles, appliijua tous ses soins k apaiser saint Léon, et écrivit pluisieurs lettres è ce sujet. Il envoya d'anord le prêtre Ravennius, qui fut son successeur, puis les évéques ^ectaire et Constantius. Auxilliaris, préfet des Gaules, qui se trouvait alors è Rome, les reçut avec grand respect, et s'entretint sou» vent avec eux des vertus de saint Hilaire, de sa fermeté et de son mépris des choses humaines. Il parla aussi au Pape saint Léon, eomme il le témoigne, en écrivant à saint Hilaire, et il ajoute : « Les hommes ont peine k souffrir que nous parlions avec la hardiesse qu'inspire une bonne conscience, et les oreilles dos Romains sont d'une extrême délicatesse. Si vous vous y accommodiez un peu, vous gagneriez beaucoup sans rien ]3erdre. Aocordez-moi cela, et dissipez ces petits nuages par un petit changement. » Après cette réponse, saint Hilaire reprit ses fonctions pastorales et ses exercices de piété, comme s'il n'eût fait que commencer, et s'y adonna tout entier, pendant trois ou quatre années qu'il survécut, jusqu'en 449.
il y avait toujours des priscillianistes en Espagne. Saint Thuribius, évoque d'Aslorga en Galice, en ayant découvert dans sa ville, les convainquit juridiquement, avec Tévèque Idace; et ils en envoyèrent les Actes à Antonin, évoque de Mérida. Saint Thuribius en écrivit au même Mace et h Céponius, qui semblent avoir été les deux principaux évè- (;ue8 déGalice;et voici comment il s exprime
dans cette lettre : t J'ai envoyé en beaiicQvp de provinces, et j'ai trouvé partout une même foi; mais, étant revenu dans mon pays, j'ai vu avec douleur les erreurs que l'Eglise catholic[ue a condamnées iKy a longtemps, et que je croyais abolies, pulluler encore tous les jours par le malheur de notre temps, qui a fait cesser les conciles. Ainsi, on s'assemble au môme autel avec une croyance bien différente: car, quand on presse ces hérétiques, ils nient leurs erreurs et les cachent de mauvaise foi. Ils ont plusieurs livres apocryphes, qu'ils préfèrent aux Ecritures canoniques; mais ils ensei-
§nent encore des choses qui ne sont point ans ceux que fai pu lire, soit qu'ils les tirent par interprétation, soient Qu'elles soient écrites dans d'autres livres plus secrets. Dans les Actes gui portent le nom de saint Thomas, il est dit qu'il ne baptisait pas avec l'eau, mais seulement avec l'huile, ce que toutefois nos hérétiques ne font pas; mais les manichéens le font. Ils ont encore de prétendus Actes de saint André, ceux de saint Jean, composés par Leutius, et le livre intitulé La mémoire des apôtres^ où, entre autres blasphèmes, ils font parler Notre- Seigneur contre l'Ancien Testament. Il u*y a pas de doule que les apôtres ont pu faire les miracles contenus dans ces livres; mais il est constant que les discours ont été insérés par les hérétiques. J'en ai tiré divers passages remplis de blasphèmes, que j*ai rangés sous certains titres, et j'y ai répondu selon ma capacité. J'ai cru devoir vous en avertir, afin que personne tie garde ou ne lise ces livres, sous prétexte de ne les pas connaître. C'est à vous à tout examiner, et à condamner avec vos confrères ce que tous trouverez contraire à la foi. » Cette lettre était accompagnée d'un Ménaoire que nous n'avons plus.
Saint Thuribius envoya à saint Léou une lettre et un Mémoire semblables, par un diacre de son Eglise nommé Pervinéus; et saint Léon lui répondit par une longue lettre du 21 juillet 447. Il y manjue la punition des premiers priscillianistes, et ajoute : Encore que VEglise rejette les exécutions sflnglantesy elle ne laisse pas d'être aidée par les lois des princes chrétiens^ es la crainte du supplice corporel fait quelquefois recourir au remède spirituel. Mais depuis que les incur^ sions des ennemis ont empêché texéattion des lois, et que la difficulté des chemins a rendu les conciles rares ^ rerreur cachée a trouvé liberté au milieu des calamités publiques. On peut juger de la quantité du peuple qui est infecté, puisquil y a même des evêques qui lenseignent.
Saint Léon répond ensuite aux seize articles que saint Thuribius lui avait envoyés, qui contiennent les ménnes erreurs que j'ai rapportées. Saint Léon répond, sur chaque article, d'une manière précise et théologi* que, opposant à ces erreurs les autorités formelles de l'Ecriture. Outre les livres apr»cryphes dont les prisçilliantslcs se sei^ valent, ils corrompaient cnrore les livres
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{canoniques. C*est pourquoi saint Lôon ordonne que Ton ne fasse aucun usage de ces exemplaires falsifiés, et que les écritures apocryphes soient enlièrement supprimées, parce que, bien qu*elles eussent quelque apparence de piété , elles attiraient dans Terreur par les récits fabuleux qu'elles racontaient. Et comme quelques-uns gardaient des sermons de Dictynnius, quoique pleins de ces erreurs, sous prétexte au*il était mort dans la communion do l'Eglise, saint Léon les défend comme les autres. Dictynnius avait été évoque d'Astorga avant 5aint Thuribius, et avait abjuré le priscillianisme au concile de Tolède, tenu Tan 400.
Saint Léon signale dans sa leltre la conformité des erreurs des priscillianistes avec relies des manichéens, et envoie à saint Thuribius les Actes de la procédure qu'il avait faite k Rome contre eux. Il conclut en ordonnant que Ton tienne un concile où )*on examine s'il y a quelques évéques infectés de celte hérésie, et qu'on les sépare de la communion s'ils ne la condamnent. Il souhaitait que le concile fût général, et composé des provinces de Tarra^one, de Carthage,de Lusitanie et de Gaiice; mais sMI s'y trouve quelque obstacle, il veut du moins que les évéques de Galice s'assemblent à la diligence d'Idace, de Céponius et de Thuribius. Ces lettres de saint Léon, tant à saint Thuribius qu*aux autres évoques d'Espagne, y furent portées par le diacre Pervineus; et quelques-uns, en Galice, se soumirent à ses décisions, mais en apparence seulement.
Il arriva* comme saint Léon l'avait prévu, que le» évoques d'Espagne ne purent s'assembler en concile général. Les provinces étaient trop divisées : Réchila, roi des Suaves, était maître de la Galice; le reste était sous la domination des Goths. Toutefois il se tint deux c-onciles : l'un en Galice, l'autre des quatre provinces de Tarragone, de Carthase, de Lusitanie et de Bùlique. Saint Léon écrivit au concile de Galice, i>ar un notaire de l'Eglise romaine, nommé aussi Thuribius; et le concile des quatre provinces dressa une confession de foi contre les uriscillianistes, et l'envoya à Balconius, évique de Brague, alors métropole de Galice. Nous avons cette confession de foi, suivie de dixhuit articles d'anathèmes; c'est à peu près la même qui se trouve, sous le nom de saint Augustin, dans un ancien code de canons de PE^Iise romaine. L'Eglise honore la mémoire du saint évéque Thuribius le IGd'avril.
Les évoques de Sicile beiplisaienl nonseulement à Pâques et à la Pentecôte ; mais encore à TEpiphanie, pour honorer le jour auquel ils croyaient que Jésus-Christ avait reçu le baptême. Saint Léon l'ayant appris, leur écrivit pour corri^jer cet abus, les exhortant à suivre la discipline du Saint-Sié($e, d*où ils reçoivent la consécration épiscopale. Ce qui fait voir que dans les provinces siiburbicaires, c'est-à-dire la partie méridiooale de l'Italie t»t la Sicile, il n'y avait que le Pape qui consacr&t les évéqu(\«i.
Toute la vie de J/sus-Chrisi^ dit saint Léon* a été une suite de miracles et de mystères^ mc(is l'Eglise nepourant les honorer tous à la fois^ en a distribué la mémoireà divers jours. Or c'est principalement de sa mort et de sa résurrection, que le baptême a tiré sa vertu ; et c'est le sacrement qui représente plus expressément l'un et Vautre, Sa mort y est exprimée, par l'abolition du péché; les trois jours delà sépulture^ par les trois immersions; sa résurrection, par la sortie hors de Veau, On y ajoute le jour de la Pentecôte en faveur de ceux qui nont pu être baptisés à Pâques : soit parce qu ils étaient maladeSyOu envoyage, soit par quelque autre empêchement; parce que la descente du Saint-Esprit est la suite de la résurrection du Sauveur. Aussi^ voiton que saint Pierre baptisa trois mille personnes le jour de la Pentecôte. Il ne faut donc baptiser qu'en ces deux jours ; et encore ceux que Von aura choisis^ après les avoir exor^ cisés, examinés^ sanctifiés par les jeûnes et préparés par de fréquentes instructions. Ces deux jours sont les seuls légitimes pour ceux qui sont en santé et en liberté : mais on peut baptiser en tout temps en cas de nécessité^ comme en périls de mort pendant un siége^ dans la persécution^ dans la crainte du naufrage.
Quant à la raison tirée du ba^tèine de Jésus-Clirisi, saint Léon marque premièrement qu'il n'est pas certain qu'il l'ait reçu le jour de l'Epiphanie, en disant seulement que quelques-uns le pensent. De plus, Jésus- Christ n'a reçu que le baptême de saint Jean; et cela pour accomplir toute justice, et montrer l'exemple : comme il a été circoncis, et a pratiqué les cérémonies légales. Mais il a institué le sacrement du baptême à sa mort, par l'eau qui coula de son côté avec le sang. Pour mieux conserver l'uniformité de la discipline, Saint Léon, ordonne que tous les ans, trois évêques de Sicile se trouvent à Home le 29 septembre, pour assister è l'un desdeux conciles, qui doivenlse tenir tous les ans', suivant les canons. Cette lettre fut envoyée par les évéques Bacillus et Paschasin, qui devaient faire un rapport au Pape de 1 exécution de ses ordres. La date est du vingt-un'pctobrc kkT.
Au commencement de l'année précédente, il avait écrit àSenecion, et aux autres métropolitains d'Achaïe, qui étaient au nombre de six, pour les maintenir dans la soumission h l'évêque. de Thessalonique. Ils avaient témoigné être fort contents de ce que saint Léon avait établi Anastase de Thessaloni- (lue son vicaire pour rillyrie. Toutefois un de ses métropolitains avait souvent fait des ordinations illicites, et de plus il avait donné è la ville de Thespie un évéque qui y était eutièremeni inconnu. Saint Léon les exhorte tous à venir au concile général d'Ujyrie, quand ils y seront appelés, c'est-à-dire, y envoyer deux ou trois ôvêques de chaque province : il déclare que le métropolitain n*a pas le pouvoir d'ordonner un évêaue à son choix, sans le consentement du clergé et du peuple. (Fleurv. Hisi. eccl.f t Vf,) Cette lettre est du G jauvier ki6
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L'hérésie d*Eiitychès fut la plus grande iffairo du ràgnede saint Léon, et celle qui lUi donna surtout occasion défaire briller sa feraieté consmeSouverain Pontife, son génie X)mme docteur, n Ftavien, » dit M. Mont- ^ert, « avait été élu archevêque de Consfandaople, en <k&7; Teunuaue Chrysaphius, chambellan et favori de Tnéodose le Jeune, avait cherché à faire monter sur le siège patriarcal son parrain Eutychès : il jura la perte de Flavien. Plus tard, Chrysaphius chercha de concert avec Timpératrice Eujoxie, k éloignerdesaffairesPnlchérie, sœur je Théodose, qui jusqu*alors avait toute Tautorité. L'eunuque persuada à l'empereur .1*6xiger du patriarche qu'il ordonnât Putchérie diaconesse. Le refus du saint évèque (te prêter les mains à cette intrigue redoubla la rage du favori et des courtisans. Cependant Eutychès avait déjà inventé son nouveau système dogmatique : sa vie austère, son zèle contre le nestorianisme lui avaient acquis une grande influence; il était archimandrite du monastère de Constantinople, où il s'éiait retiré dès sa première jeunesse, et il y propageait ses erreurs dans l'ombre. Il avait cherché à gagner son ami, Busèbe deDorylée; mais celui-ci fit tout ce qu'il put pour le ramènera la vraie foi, et nV pouvant parvenir, dénonça la nouvelle berésie au concile de tren'e évêques assemblés pour d'autres cau*^es h Constantinople, par le patriarche Flavien, éCdont la première session s'ouvrit le 8 novembre hhS. Le 22 du mèfnemois on condamna l'hérésiarque.
Celui-ci se voyant condamné, écrivit au Pape saint Léon une lettre, où il se plaint de l'accnsation d'Eusèbe de Dorylée. « Je n'ai pas laissé, » dit-il, « de me (trésenter au cor^cile, quoique accablé de maladie [et de vieillesse, quoique je n'ignorasse pas la conjuration formée contre moi. i*ai présenté une requête qui contenait ma profession de foi : mais Tévêque Flavien n'a voulu ni la i*ecevoii', ni la faire lire : J'ai déclaré en propres termes, que Je suivais la foi du concile de Nicée, confirmée à Ephèse. On voulait me fiiire confesser deux natures, et anathématiser ceux qui le nient : pour moi je craignais la défense du concile, de rien ajouter à la foi de Nicée, sachant que nos saints Pères Jules, Félix, Athanase et Grégoire ontfejeté le mot de deux natures $ et je n'osai raisonner sur la nature du Verbe divin , ni anathématiser ces Pères : c^est pourquoi je priais que Ton en flt rapport à Votre Sainteté, protestant en tout de suivre votre jugement. Mais, sans m'écouler, le concile étant rompu, on a publié contre moi une sentence de déposition ; et ma vie tnême était en danger, si on ne m'eût délivré à main armée. Alors ils ont contraint les supérieurs des autres monastères de souscrire ma déposition : ce gui ne s'est jamaisfait co^ttre les hérétiques déclarés, ni contre Nestorius même : jiisquc-là, que comme je proposais en public ma confession de foi, |iOur me justifier devant le peuple, ils empêchaient qu'on nem'écoulêt et en arrachaient les affiches. J'ai donc recours
à vous, qui êtes les défenseurs de la reli^ioa, puisque je n'innove rien contre la foi. Mais
ranaihématiseAppollinaire,yalentin,Hanès, Nestorius, et ceux qui disent que M chair de Notre-Seigrteur est descenduedu ciel; et toutes les hérésies jusqu'à Simon le Magicien. Je vousprioque, sans avoir égard i ce qui a été fait contre moi par cabale, vouf^
Erononciez sur ta foi, ce que vous jugere2 propos ; et ne souffriez pas que l'on coasse d'entre les Catholiques celui qui a vécu soixante-dix ans dans la continence et les exercices de piété. J*ai joint à cette lettre l'une et l'autre requête, celle que monacr.nsateur a présentée au concile, et celle que j'y ai portée, et qu'on n'a pas voulu recevoir; et ce que nos Pères ont décidé, touchani les deux natures.» On trouve à la suite de cette déclaration une prétendue leUre du Pape Jules k un évêque Denis, où combattant l'erreur de Paul de Samosate, il dit qu'il ne faut reconn^ttre eu Jé>us-Cfarist qu'une nature : comme l'homme est une seule nature, quoique composé de corps et d'ârno, qui sont distincts l'un de l'autre. Mais on doute que cette lettre du Pape Jules soit véritable. En même temps l'eraperenr Théodose édritit aussi h 3aint Léon, sur le trouble qui était arrivé dans l'Eglise deConstantinopie, sans expliquer l'anaire, rexhorlant i^eulement h y rétablir la irait ; et ou no peut douter qu'Eutychès n'eût obtenu ceUe lettre par le crédit de l'eunuqne Chrysaphius, son protecteur.
Sarnt Léon ayant reçu ces lertlres, écrivit à Flavien en ces termes : « Je irCélonne que vous n'ayet pat écrit de ce scandale^ tt îpu voutnem*ayexpas'étélepremieràm*enin$trui'' re. Sur F exposé aEutychis nous ne voyons pas atêc quelle justice^ il a été séparé de h communion de t Eglise. Mais comme nous désirons de la maturité dans les jugements du évéqueSf nous né pouvons rien décider sans connaissance de cause, envoyez-notiè donc pur
! quelque personne convenable^ une ample reation de tout ce qui s* est passée et nous ap* prenez quelle nouvelle erreur s'est élerie contre la foi, afin que nous puissions, avec Finterventton de l'empereur^ éteindre la division. Il ne serapas aifficile^ puisque Je pré* tre Eutychès a déclaré dans son libelle, q^e s'il se trouve en lui quelque chose de répréhensibte, il est prêt à le corriger. Cette lettre de saint Léon h Flavieu est du 18 février 449. Le 1" mars suivant, il écrifit à l'empereur Théodose, en réponse à la lettre que cet empereur lui avait adressée au sujet d'Eutychès.
La lettre dn Pape il Flavien loi ayant été rendue par le comte Pansophi us, il lui ti* pondit par une lettre qui porte en Substance: « Eutychès veut renouveler les hérésies d*Apollinaire et de Valentin, soutenant
Ju^avant l'incarnation de Jésus-ChHst ify a eux natures, la divine et rbumaine : mai^ qu'après l'union, il n'y a qo^ane nature; 0t que son corps pris de Marie, ii>st pas de notre substance, niconsubstaiHiel à sa mèrf, quoiqu'il l'appelle un cort>s humain. N>hi)
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dvons condamné sur l*accusalion de réélue Ëusèbe, et sur les réponses qu*il faites dans le concile, découvrant son érésiedesa propre bouche, comme vous iprendtez par les actes, que nous vous ivejons avec ces lettres. Il e$i juste ue vous en soyez instruit : car Lulylès, au lieu de faire pénitence pour apair Dieu, et nous consoler dans la douleur Je nous sentons de sa perie, s'empresse à luhler notre E^iiset en affichant publiquement des libelles remplis d*injures, et pré* niant èTempereur des requêtes insolen* i. Nous voyons aussi par yos lettres, qu*i) us a envoyé des libelles pleins d'imposres : en disant qu*au temps du jugement, nous a donné des libelles d'appellation à >lre Sainteté, ce qui n*esl pas vrai ; mais a prétendu vous surprendre par ce mennge. Toutcela doit vous eiciter. Très- S^nt« (re, à employer ici votre vigueur ordi* lire. Faites votre propre cause de la cause ramune : autorisez par vos écrits la con« mnâtion prononcée régulièrement, etfor^ lez la foi de Tempereur. Cette affaire n'a soin que de votre secours, c'esl-k-dire de »tre consentement, pour procurer la luiix, empëciier le concile, dont on a fait courir liruil, et qui troublerait tontes les Eglises i monde. » Ce concile dont le bruit courait Orient, était un concile QBCuménique,qQi t en effet oonvouué à Eptaèse.
Le Pape saint Léon , fut invité au concile Cil les évè(jues d'Occident, mais il ne reçut hure de 1 empereur que le 13 mai. Il ne Mit plus que deui mois et demi, jusqu'au (i*août, où devait commencer le concile; et f>iijs grande partie de ce temps se serait se à préparer le voyage des évéques, squ*il fallait tenir un concile & Rome, y tiuier des députés, et leur donner leurs iructions. Saint Léon se contenta donc trire diverses lettres pour empêcher, s'il iTait , ce concile, ou, du moins, faire en te qoe la foi y fût conservée. 11 écrivit y)rd à Tempereur Théodose, le 25 mai, déclarant son attachement k la foi de ée ; mais que comme il condamne Nésus, il ne condamne pas moins ceux uni ut que Jésus- Christ ait pris la réade notre chair, c'est-à-dire Eutycbès.
U pouruuoi il supplie l'empereur de e assembler un concile en Italie. Toute- , vojrant qu'il ne pouvait empêcher que Doncile se ttiil k Ephèse, il résolut envojerj Jules, évé*|ue de Pouzole ; lé, prêtre du litre de Saint-Cléuieiit; Utus, diacre cl Dulcitius notaire; ei les rgea de plusieurs lettres»
a plus importante est la lettre kFlavien, luo de uonstantinople , où saint Léon uque à fond ce qu*il faut croire sur le bière de Tlncarnaiion. Il y luarque d'a- 4 rigooraiiee d'Eutycbès , qui est tombé ts Terreur, faute d*avoir étudié l'Ecriture, l'avoir même fait attention aux termes du nboie, que savent tous les fidèles; car ils LHitqu^iTs croient en Dieu, le Père tout- <^^anCy et en Jésus-Chist son Fils unique ,
Moire-Seigneur, qui est né du Saint-Esprit ei de la Vierge Marie.
Ces trois articles^ ajoute saint Léon, suffisent pour ruiner presque tous tes artifices des hérétiques ; car^ en croyant que Dieu toutpuissant et ^ éternel est Père^ on montre que son Fils lui est coéternel^ consubstantiet et entièrement semblable, Cest le même Fils éter* net -du Père étemel^ qui est né du Saint-Esprit et de la Vierge Marie, Cette génération temporelle n*a rien été , ni rien ajouté à la génération étemelle ; mais elle a été employée tout entière à la réparation de l'homme pour vaincre la mort et le démon : car nous n'aurions pu surmonter l'auteur du péché et de la mort^ si celui- là n^avait pris notre propre nU' iure et ne Cavait fait sienne^ qui ne pouvait être infecté par le péchés ni retenu par la mort.^ H a donc été conçu du Saint Esprit dans le sein de la Vierge^ sa Mère^ qui Va enfanté comme elle l'avait conçu^ sans préjudice de sa virginité.
baint Léon passe ensuite aui preuves do l'Ecriture, et prouve que le Verbe a porté une véritable chair, par TEvangile, qui le nomme Qls de David et d'Abraham; par saint Paul, qui dit qu'il a été fait du sariK do David selon la chair; par la promesse laito è Abraham, de bénir toutes les nations eu son Fils, expliquée par saint Paul, et appli* quée k Jésus-Ctirist par les prophéties d'Isaïe, touchant TEro manuel, fils d une viergi*, et l'enfant qui est né pour nous. D*où il conclut que Jésus-Christ n'a pas seulement la forme d'un homme, mais un corps véritablement tiré de sa Mère. L'opération du Saint-Esprit n'a pas empêché que la chair du Fils ne fût de même nature que celle do la Mère, elle a seulement donné la fécondité k une vier^^e.
Done^ l'une et l'autre nature demeurant en son entier^ a été unie à une personne^ afin que le même médiateur pût moufir^ demeurant a ailleurs immortel et impassible. Il a tout ce qui est en nous^ tout ce auUl a mis en notM^ tout ce qu'il s'est charoé d$ ré'* parer; mais il n'a point ce que le trompeur u a mis, t7 a pris la forme desdave , sans la souillure du péché. Une nature ne$i point altérée par Vautre ; le même gui est vrai Dieu est vrai homme : il n'y a point de mensonge dans cette union. Dieu ne change point par la grâce quil nous fait : Chomme n'tst point consume par la dignité qu'il reçoit : If Verbe et la chair gardent les opérations qui leur sont propres, L'Ecriture prouve également la vérité des deux natures.
Il est Dieu^ puisqu'il dit : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu » {Joan. i, 1.) Il est homme^ puisqult est dit : c Le Verbe a été fait chair ^ et a habitf avec nous. » ( /6/ef., ih.) Il est Dieu: ^ Toutes choses ont été faites par (uî, et sans lui rien n'a été fait. ^ {Ibid., 3.) Il est homme^ né d'une fetnme^ soumis à la loi, La naisf sance de la chair montre ta nature humaine : l'enf internent d'une vierge montre la puissance divine. C'est un enfant dans le berceau, et le TrèsIIant loué par les anges. Bérode
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blCTlONNAIRE
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veut le tuer^ mais les mages viennent Vadorer, ai tient au baptême de saint Jean^ et en même temps ta voix du Père te déclare son Fils bien-aimé. Comme homme ^ il est tenté par le démon : comme Dieu il est servi par Us anges, La faim^ la soif^ la lassitude, le sommeil, sont évidemment dun homme; mais il est certainement d'un Dieu de rassasier cinq mille Aommes de cinq pains^ de donner à la Sama^ ritaine Veau vive^ de marcher sur la mer» et d'apaiser la tempête. Il n'est pas tune même nature de pleurer son ami mort et de leres^ susciter f d'être attachée la croix, et dechan^ ger le jour en nuit, faire trembler les éléments , et ouvrir au larron les portes du ciel. Comme Dieu, il dit :« Le Pire et mot» nousne sommes qu'un. » {Joan, x, 30.) Comme homme : « Le Pire est plus grand que moi. » [Joan. xiv,28.) Car^ encore qu'en Jésus-Christ il n'y ait qu*une personne, de Dieu et d homme, toutefois, autre est le sujet de la souffrance commune à l'un et à l'autre^ et autre le sujet de la gloire commune.
Cest cette unité de personne, qui fait dire que le Fils de l'homme est descendu du ciet^ et que le Fils de Dieu a pris chair de la Vier^ ge : que le Fils de Dieu a été crucifié et fnscveli, comme nous disons dans le symbole, quoiqu'il ne Vait été que dans la nature humaine. L Apôtre dit : «t S^ils avaient connu le Seigneur de majesté ils ne Vauraient pas crucifié. » (i Cor. II, 8.) Jésus-Christ demande à ses apôtres : « Et vous, qui dites-vous que je . suis? » moi qui suis le Fils de f homme, et que vous voyez avec une véritable chair. Saint
lui de toute sorte findulgtnctiwftt, l'erreur est condamnée, méms par $a w:.. teurs, c'est alors que ta foi est le plu «.j. ment défendue. Telle est la fameuse leUrt .< saint Léon è Flavîen» deslinie à é(re '< dans le concile, comme un lémoigiui foi do TEglise romaine.
Saint Léon s'expliqae aussi en écntu .
Julien» évèque de Co» son légat à Coostit nople» afin quMI eût de quoi soaleoirtat^ rite contre les hérétiques, coDjviDi^s' a?ec Fla?ien. Co ou Coos est une (.eui«.près de GniJe. Dans celte lettre , ii qu'Euljchès accusait les Catholi^iufsdtc'* toriani^me ; mais <^ue son hérésie, oiit. i vérité de rini'.arnation , délruisaii toolei suites de ce mystère, et toute Teipériv des Chrétiens. Il faut donc croire qoi • Verbe ne s*est point chan^ en chair oi âme, [)uisquela Divinité est immuable, ci v sa chair ne s'est point changée au Verbr:: ■ doit point paraître impossible que le Vedavec la chair et l'Ame, fasse un seul lés.* Christ, puisqu'en chaque homme la chi:" rame, qui sont de nature différente, il^ une seule personne. Quand Eutjchès ai qu'avant rlncarnation il y avait deui Dires, il faut qu*il ait nié que l'âme da y. veur était demeurée dans le ciel, avaaic^ d'être unie au Verbe dans le sein à ^ Vierge : ce qui est contre la foi caiboHft^ car il n'a pas pris une humanité déj4 cramais il la créée en la prenant : c'est re<o(i> dans l'opinion condamnée d'Origène, ^ les Ames aient vécu et agi aîaol ;
Pierre répond : 9 Vous êtes le Christ Fils, du : d'être mises dans les corps. L'âme de Jtsw-
Dieu vivant » [Matth. xvi, 15, 16), le reconnaissant également Dieu et homme. Après sa résurrection il montrait son corps sensible et palpable, avec les trous de ses plaies : il partait, mangeait et habitait avec ses disciples, et en même temps il entrait^ les portes fermées, leur donnait te Saint -Esprit, et l'intelligence des Ecritures : montrant ainsi en lui tes deux natures distinctes et unies.
Eutychis niant que notre nature est dans le Fils de Dieu, doit craindre ce que dit saint Jean : « Tout esprit qui confesse que Jésus- Christ est venu dans la chair, est de Dieu, et tout esprit qui divise Jésus-Christ, n'est point de Dieu et c'est là F Antéchrist, dont vous avez entendu dire qu'il doit venir; et il est déjà dans le monde. » (/ Joan. iv, 2, 3.) Or, qu'estce que diviser Jésus-Christ, si ce n*est en séparer la nature humaine? L'erreur touchant la nature du corps de Jésus-Christ, anéantit par nécessité sa Passion, et l" efficace de son sang. Et quand Eutychis vous a répondu : « Je confesse que Notre-Seigneur était de deux natures avant Vunion; mais après funion, je ne reconnais quune nature : » je m'étonne que vous n'ayez point relevé un si grasul blasphème, puisquiî n'y a pas moins ë[impUté à dire que le Fils de Dieu était de dsux natures avant rlncarnation, que de n'en reconnaître qu'une en lui après l'Incarnation. Ne nuinquez pas de lui faire rétracter cette erreur, si Dieu lui fait la grâce de se eonveriir» Mais en ce cas, vous pourrez user envers
Christ n'est pas disting^uée des nôtres H* diversité du genre ; mais par la subliiDi:i la venu. Sa chair ne produisait poift!
désirs contraires à l'esprit, il n'jsfaitf» en lui de combat, mais seulement des â& lions soumises à la Divinité.
Saint Léon écrivit en même temps à ir pereur Théodose, lui annonçant les tu qu'il envoyait pour tenir sa place au >: cile, et pouR v porter l'esprit de juste» * de miséricorde: il/ln, dit-il, quererrnrcondamnée, puisqu^on ne peut douter f«; est contraire à la foi chrétienne, rr f»> >* pardonne à Eutychis, s'il ee reBent, cem^f m'a promis dans te libetle qu H ■« ^- " 11 écrivit è sainte Pulchérie, louant soc: contre tous les hérétiques de son tea * parle d'Eutychës avec compassioD, c.*^;* qu'ily aen luiplusd'ignoraoeeqoede»»
et espérant sa correction : lfau,ajottte-t-^ peruste dans son erreur, nersunne m^ révoquer la sentence que les étéqaes e^F noncée contre lui. Il rend raison pour^hne va pas au concile en personne : p rement, parce qu'il n'y en a pasjosq'J' d'exemple, puis à cause de Télat présca* * affaires , qui ne lui peraiet pas de ^ Rome, saus mettre le peuple an déKV On était continuellement en alara^^* celte décadence de Tempire, el 00 crev-' alors principalement les Huais, qw e^'^ ' en Italie trois ans après.
Saint Léon écrivit à Faoste, à )lMn»^
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DES PAPES
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aut autres abbés de Constantinoptc » qai avaient souscrit à la condamnation d*Eulychès, pour les encourager à la défense de la foi, les renvoyant à sa lettre à Flavien. Où je pense, dit- il, avoir suffisamment expliqué notre doctrine^ afin que vous la receviez par le ministère de votre prélat. Enfin, il écrivit au concile d*E()hèse une lettre, qui est comme la commission de ses légats. 11 y reiionnatt que Tenipereur a convoqué le concile aQn que l'erreur fût abolie par un jugement plus authentique. Il donne pouvoir à ses légats d'ordonner, en commun avec le concile, ce qui sera agréable à Dieu. C'est-à-dire, premièrement de condamner l'erreur, ensuite de rétablir Eu tychès, s'il se rétracte et s'il condamne son hérésie. Dans toute ces lettres, il renvoie à la lettre de Flavien : elles sont toutes six de même date, 13 juin H9. Par uneautre lettre, il s'excuse de ne pas aller au concile, comme dans la lettre kPulchérie, et ajoute : La foi est si évidente en cette affaire^ qu'il eût été plus raisonnable de ne point indiquer de concile^ car ce n'est pas une question sur laquelle on puisse douter.
« Mais à cette époque, comme il a été et comme il sera toujours, la cause de la vérité rencontrait contre elle Tallinnce inévitable des politiques, des intrigants, des hérétiques, des prêtres lâches et corrompus, exploitant la faiblesse des princes et toujours prêts è céder aux exigences -des ennemis de l'Eglise. On voit ici encore le même spectacle qu'à l'époque de la grande lutte de saint Athanase contre l'arianisme : toute la partie pieuse et morale du clergé se rallia autour de Flavien, tandis que ses adversaires Iratnèrent à leur suite toute la partie corrompue du clergé. Ce fait se reproduit dans toutes les guerres livrées par*rimpiété et l'hérésie à l'Eglise catholique. Ce qui se passe de nos jours est loin de démentir cette observation. » (Alexandre de Saint- Ch^on.)
Un prince de l'Eglise, Dioscore, ne craignit point d'entrer en rébellion contre le Pontile de Rome I II occupait le siège d'Alexandrie; son ambition et sa témérité na- Yaient pas de bornes. Voyant que l'einnereur favorisait Eutychès, et jaloux de Flavien, è cause de sa supériorité hiérarchique, et de sa grande et sainte réputation, il crut qu'il lui serait facile d'entraîner son va>te diocèse et tout l'Orient dans les erreurs nouvelles, qui avaient d'ailleurs beaucoup d'analogie avec les opinions répandues en Egypte. H se mit donc à la tète du complot, en devint l'âme, et dès lors Eutychès fut relégué au second plan. L'empereur, subissant l'influence de Chrysophius , donna à llioseore la présidence du conciie, avec la fatuité d'admettre ou de rejeter les évêques soopfonnés de favoriser la doctrine condamnée, et des forces militaires imposantes pour en disposer contre ses adversaires, rtavien et les évê<|ues qui avaient condamné £utychè$ à Consiantinopie , au lieu do siéger comme juges, devaient paraître comme parties, et attendre l'arrêt du concile.
Ce concile, nommé à plus juste titre 'e brigandage d'Ephèse, eut lieu dans cette ville le 8 août y»9. La présidence était due aux légats du Sainl-Siége, Dioscore l'usurpa par l'autorité de Tempereur. 11 avait è ses côtés Jules, évêque de Cos, envoyé de Léon; puis Juvénal, patriarche de Jérusalem , et Domnus, patriarche d*Antioche. Le patriarche de Constantinople , Flavien, que l'on voulait tout d'abord humilier, n'avait que le cinquième rang. Cent trente évêques orientaux étaient présents. Après eux venaient les prêtres et les moines , entre lesquels étaient Tarchimandrite Barsumas et Eutychès. Au dernier rang le diacre Hilaire, et le notaire Dulcitius, envoyé du Saint-Siège. Le prêtre René était mort à Délos. Jules et Hilaire parlaient en latin; Florentin, évêque de Lyde, leur servit d'interprète,
Dioscore commença par chasser tous les notaires que les évêques avaient amenés, à l'exception des siens, de ceux de Juvénal et d'Erasistrate, évêque de Corinthe, dont il s'était assuré. On n'écrivit que ce qu'il voulait laisser écrire; mais les Actes, tels qu'ils furent rédigés par ses soins, suffisent pour le condamner.
Lecture fut donnée de la lettre de l'empereur pour la convocation du concile. Après quoi l'évèque Jules et le diacre Hilaire demandèrent à faire lire lés lettres du Pape; mais Dioscore, tantôt sous un prétexte, tantôt sous un autre, ajournait toujours cette lecture qui eût déjoué ses desseins; si bien que, malgré les réclamations incessantes des légats, les lettres de Léon ne furent point lues. On lut à la place des lettres de l'empereur contre le patriarche Flavien. Thaïassius de Césarée et les légats en prirent occasion de demander que, suivant l'intention exprimée dans ces lettres, on commençât
far traiter la question de la foi ; mais , en abordant, il aurait fallu entendre tout d'abord ce qu'avait écrit le Chef de l'Eglise. Dioscore et ses partisans répondirent dono qu'on était d'accord sur la foi, et que la seule ctiose à faire, était d'écouter la défense d'Eutychès.
Eutychès entre, lit sa défense, et sur quelques pari lies équivoques, est interpelle par plusieurs évêques. On leur ferme la bouche, toute discussion est interdite, el l'hérésiarque dresse tranquillement son accusation contre Flavien. Flavien demande qu'Eusèbe de Dorylée, le premier accusateur d'Eutychès, soit introduit : le commissaire impérial refuse de le laisser entrer, et déclare qu'Eusèbe a épuisé son rôle d'accusateur, que ce rôle est passé aux juges, qui ont admis la justice de l'accusation , et que le concile n'est assemblé que pour juger les juges eux-mêmes.
On lit tous les Actes du concile de Constantinople : le concile dit anathème à Eu» sèbe de Dorylée et adopte la foi d*Eutycbè3. Les soldats du commissaire impérial , les paraboleurs ou enterreurs d'Alexandrie, lés moines de Barsumas, sont le armés d-éj^é^s et de bâtons ; la terreur gagne les Ames les
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DICTIONNAIUE
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sn
plus fermes; Basile de Si^leiiciet Séleucus d'Amasie, rétractent (a foi qu'ils ont confessée è Constant! nopie; Domnus d'Antioche, k la suite de Juvénal de Jérusalem, et tous les évéques, après eux le moine Barsumas, et Dioscore le dornier, comme président, donnent leurs suffrai^es en faveur d'EutycMs. Les Actes ne parlent pas des légats du Pape; ils s'o|>posèrent, autant qu*il était en eux, h cette inique décision. Diosoore Ut lire les Actes du premier concile d'Ephèse : ils portaient qu'on ne doit rien changer au symbole de Nicée, sous peine de déposition et d*anathème. La question était de savoir qui chan-* geait le symbole, Flavien ou Butychès.
Mais les hâ'étiques ne la posaient (las ainsi. Suivant enx, il fallait entendre la chose matériellement : or^il était certain que saint Flavien avait exprimé la doctrine de Nicée fin d'autres termes, en des termes plus précis que ceux du symbole, et tels qu'ils étaient nécessaires pour détruire la nouvelle erreur. Sur cette interprétation iudaïque, Dîoscore propose la dé[)Osition de Flavien et d'Ëusèlîe. Alors saint Flavien en appela au Pape; quant aux légats, ils* s'écrièrent : Nous nous y opposons , contradicitur, et ce inot latin fui inséré dans \e> Actes grecs.
Les évoques et les moines égyptiens vocifèrent pour encourager Dîoscore ; les autres évoques, épouvantés , l'entourent et se jettent à ses genoux, le suppliant de ne pas pousser les choses à l'extrémité. Il feint de croire qu'on en veut à sa vie : Où sont les comtes t s'écrie-t-ii. A ce mot convenu, les commissaires impériaux se précipitent d&ns l'église avec leurs soldats les armes à la main; Barsumas les suit avec ses moines et ses paraboleurs. Les évoques veulent fuir, on ferme les portes. Quicoi^que ne veut pas /souscrire* s'écrie Dîoscore , aura affaire à moi I Toute résistance cesse ; Juvénal, Domnus et les autres votent la déposition. Mais Sioscore voulait une sentence écrite et si- ^aée ; il les oblige à signer un blanc-seing, en ajoutant h leurs noms ces mots : J'ai jugé tt souscrit, Flavien est foulé aux pieds, Xlioscore lui-même le frappe, marche sur son corps, et le livre à la brutalité des soldats et des satellites de Barsumas.
« Des cent trente évêques qui formaient l'assemblée, aucun n'eut la force de résister; sâuls, les légats, bravèrent les menaces et les violences ; leurs protestations retenti* rent jusqu'à la fin; ils avaient mérité et obxicurent les louanges de saint Léon; et ïbéodoret a écrit que ta terre entière admirait le zèle et la liberté avec laquelle ils avaient défendu les règles de La justice tt les canons de l'Eglise, et leur courage à menacer l'iniquité jusque sur son Irûne. Diosoore lit encore déposer Théodore!, à qui on avait interdit l'entrée du concile, tant on A^raignait son influence ; Domnus, patriarche 4*Antiocbe, oui avait rétracté sa .«ouscripliof) forcée k la déposition de saint Flavien, et plusieurs autres évêques. Eusèbe de Dorjiée fut arrêté, déposé et envoyé en exil ; «uUn, pour couronner Tœuvre, uioscure, de
retour i Alexandrie, prononça cantre stmt Léon une sentence d'exoommuoie<itioQ, qu'il lit souscrire par dix évêques égyptiens.
« Flavien mourut en exil, par suite des mauvais traitements de tout genre et des blessures reçues en plein concile. Le concile de Chalcédoine l'a mis solennellement au rang des saints martyrs. Eusèbe de Doryléo parvint à s'échapper, et se réfugia i Rome auprès du Pape. Les lé^^ata purent aussi se soustraite par la fuite aux embûclies qui leur éiaient tendues. Tbéodoret appela au Saint-Siège de la sentence prononcée contre lui. Saint Léon le rétablit dans répiseopaL» (Léopold DE Mont VERT, Compte rendu de VHistoire de suint Léon, par M. Saint^Ché' ron^ d^nsV Université eatholi^ue,)
Cet.*endant saint Léon .était fort en peine de ce qui se passait en Orient, et s'étonnait de n'en point recevoir de nouvelles; c'est pourquoi trouvant l'occasion d'un homme considérable nommé Eupsychius, il écrivit à Flavien pour lui témoigner son inquiétude : la lettre est du 11 août U9. Mais il fut instruit de tout quel()ue temps après, parle retour de son archidiacre, Hilarus.
Tandis que saint Léon était dans cette attente, il reçut une lettre des évêques de la Province de Vienne, qui lui faisaient savoir élection deRavenniusdans le.sié^ed^Arks à la place de saint Uflaire. La réponse Ih saint Léon porte les nonis de douze évêques h qui elle est adressée. Nous confirmons^ diiil, par notre jugement la bonne œuvre ^t vous avez faitCy en consacrant dems la viiU d'Arles^ après la mort dtHilaire de sainte mémoire, notre frire Ravennius ; et eeia d*un consentement unanime ^ selon les désirs du clergé 9 des magistrats et du peuple. Oo voit ici, que quoique l'en fit part au Pape'de Tè- Icctton d*un évêque, pour un siège si important, on n'attendait pas son consentement pour le consacrer. On peut encore remarquer les termes honorables dont use le Pape saint Léon, en pariant de saint Hilaire d'Arles , nonobstant tout ce qui s*était pas^^é. Cette lettre est datée du 22 ao^l U9. Il écrivit aussi à Ravennius, qu*il connaissait déjà, parce qu'il avait été è Rome pour faffdire a^ de saint Hilaire, Texhortant a cultiver toulei les vertus épiscopales, et h lui donner sou* vent des nouvelles de ce qu*il ferait daus la conduite de son troupeau. Peu de jours après, c'est-à-dire le 26 août, il lui écririt encore pour l'avertir de se garder d^unvasa* bond nommé Pétronieii, qui courait parles provinces de Gaule, se disant diacre de Tt
?;lise romaine. Avertissez^ dit saint Léon. es évêques de le rejeter de la communiof^ dt toutes les Eglises.
• Le diacre Hilaire arriva à Rome vers la fia de septembre, et comme on y tenait tous lei ans un concile au commencement d*oclobrei il se trouva assemblé tout è propos pour lié* libérer sur ce qui s'était passé à Epbèse, qui y fui condamne tout d*une voix ; on y écriîii plusieurs lettres au nom de saint téon çt du concile. La première à l'empereur Théodose, où il se ptaiiit de ta violence de Dioscore, ei
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DES PAPES
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île rirrégularilé du concile d'Ephèse. Nous avons appris^ dit-il, que tous ceux qui étaient venus au conciU^ n*oni pas assisté au jugement. On a rejeté les uns^ et introduit les autres^ qui ont livré leurs mains captives » pour faire au gré de Dioscore ces souscriptions impies : sachant quils perdaient leur dignité^ s*ils n'obéissaient. Nos légats y ont résisté constamment ; iHLrce quen effet tout le mystère de la foi chrétienne est détruit^ si on n'efface pas ce crime qui surpasse tous les sacri* léges. Nous vous conjurons donc^ mes confri* res et moi^ de pettr que notre silence ne nous rende coupables devant le tribunal de Jésus- Christ , nous vous conjurons devant l'inséparmble Trinité^ et devant les saints anges^ d'or^ donner que toutes choses demeurent au même ^tat oi^ elles étaient avant tous cesjuaements; iusqu'^à ce que Fon assemble de tout le monde \tnplus grand nombre dévéques,
El ensuite : Toutes les églises de nos contrées et tous les évéques vous supplient avec \armesj pu sque les nôtre* ont fidèlement ré'laméf et que révéque Flavitn leur a donné un Ubelte d'appellation^ que vous ordonniez la •élébration d'un concile général en Italie^ pour Uer tous les doutes sur la foi^ et toutes les ilivisions qui blessent la charité. Que les évé» {ues des provinces orientales y viennent aussi^ ifin que ceux qui se sont écartés par faiblesse^ \missent être rétablis. Vous verrez par les ca* ions de Nicée joints à cette lettre^ combien fiotre demande est nécessaire^ après un appel interjeté. On oe doute pas que ces canons de Nicée ne fussent ceux de Skrdiciue ; rappli- ;v9iion qu*en fait saint Léon, est remarqunaïe. Car encore qu'ils semblent déférer au Papeseulv le jugement des appellations inlerjetées |iar les évéques , saint Léon le dér^ère au concile universel , et conclut la uét^ssitédu s'assembler» tant do la disposition l«ces canons, que de Tappellation interjette par Flavien. La seconde lettre synodale de »^int Léon etdu concile de Rome, estadresséa i sainte Pulcbérie. Il s*y plaint, comme dans & précédente, que sa lettre è Flavien u*a pas ft 4 lue à Kphése, il déclare ({ue tous les évél«jes d'Occident conservent la communion m^ec Flavien, et prie la princesse d'appuyer i jprés de l'empereur la demande d'un cont le universel. La troisième lettreestadressée Il Jclergé,aux magistratset au peupledeCon- >i4ntinople, pour les consoler et les exhorter I demeurer fermes dans la foi et dans l'o- >lssance à leur évoque. Car, dit saint Lé«>n, quiconque aura usurpé le siéae de Fiai-tes de son vivant, ne sera jamais dans notre 'ommunion. ni au nombre des évéques. Li quatrième lettre esta Fauste, Mariin,Pierre, Magnus, Elie et Emmanuel, toud prêtres et ibbés deConstantinople, et tend au même iml, de les consoler et les affermir dans la Toi , et l'union avec l'évêque Flavien. Les luatre lettres synodales sont de même date, 15 octobre kh9.
Saint Léon écrivit encore d'autres lettres en particulier. Premièrement k saint Flavien, iK>ur le consoler et l'encourager : car il n'av.iii lias enœre appris sa mort ; k Anastase de
UâCTio^iM. UKS Papbs.
Thessalonique, pour le féliciter de ne s'être point trouvé à Ephèse, et Texborter à demeurer ferme dans la foi et la communion de Flavien, et à soutenir les autres ; à Julien, de Cos , de même pour l'encouraser ; au clergé, aux magistrats, et au peuple de Constantinople, pour les instruire à fond de la foi de l'Incarnation, qu*il5 doivent conserver. Cette dernière semble avoir été écrite plus tard que les autres^ car saint Léon y parla des acclamations du peuple, dont on lui avait envoyé copie, et qui devaient être celles
Car lesquelles ils avaient désapprouvé pu* liquement !a déposition de Flavien. Saint Léon dans cette lettre apporte entre autres
Preuves de l'incarnalion , le sacrement de Eucharistie, ôà les enfants méme^ dit-il, reconnaissertt de leur bouche la vérité du corps et du sang de Jésus-Christ. C'est qu'alors les enfants les recevaient, et répondaient Amen^ comme les autres. Le diacre Hilarus écrivit en particulier à sainte Pulchérie, pour s'excuser de ce qu'il n'avait pas été à Constantinople lui rendre les lettres du Pape, dont ilétaitcnargépourelle.lllui marque comment les choses s étaient passées k Ephèse ; la peine
3u*il avait eue k se sauver, et les violences e Dioscore, condamnées par le Pape et par tout le concile d*Occident.
Tbéodoret ayant aussi appris co qui s'était liasse k Ephèse, écrivit au Pape saint Léon une grande leltre, oik il reconnaît d'abord que le Saint-Siège tient en tout le premier rang. Il s'étend ensuite sur les louanges de Rome, et de saint Léon en particulier. 11 relève son zèle contre les manichéens, et sa lettre k Flavien, qu'il dit avoir lue et admirée comme le langage du Saint-Esprit. Puis venant à son sujet, il se plaint de Tinjustice de Dioscore, qui l'a condamné sans l'appeler et sans l'entendre, absent et éloigné de trenlerinq journées* Il représente ses travaux pour l'Eglise. « Il y a vingt-six ans, » dit-il, « que je suis évêque, sans avoir rççu aucun repro* che, ni sous Théodose, ni sous les évêqucs d'Antioche ses successeurs. J'ai ramené k l'Eglise plus de mille marcionites, et quantité d'ariens et d'eunomiens : il ne reste pas un hérétique dans Tes huit cents paroisses
3ue je gouverne. Dieu sait combien j*ai reçu e coups de pierres, et quels combats j*ai soutenus contre les païens et les Juifs. J*ai écrit plusieurs ouvrages depuis vingt ans, » il en fait ledénombremenL «On y peut voir aisément si j'ai gardé la règle de la foi, ou si je m'en suis écarté.
« Ne rejetez pas, je vous supplie, ma trèshumble prière, et ne méprisez pas ma vieil* lesse, chargée d'opprobres, après tant de travaux. Avant toutes choses; je désire savoir ' de vous, si je dois acquiescer k cette injuste déposition. J'attends votre décision. Si vous m^ordonnez de m'en tenir k ce qui a été jugé, je le ferai, je n'importunecai plus personne, et j attendrai le jugement de Dieu. Il m*est témoin que je ne suis pas en peine de mon honneur, mais du scandale, et que ce aue plusieurs d'entre les disciples, principalement d entre les hérétiques convertis, peu-
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vent me regarder comme hérétir|uo, voynnt r«nlori(éde ceux qui m*ont condamné, ern*étanl pas capables de discerner la doctrine, ni de considérer que depuis tant d'années d*épiscopal, je n'ai acquis ni maison, ni terre, ni sépulcre, ni pas même une obole , mais j*ai embrassé la pauvreté volontaire, avant distribué mon patrimoine aussitôt après la mort de mes parents, comme sait tout TOrienl. Je vous écris ceci par les prêtres Hj^- ))dlius et Abram corévéque, et Alpins exarque des moines, qui sont cbe^ nous, ne pouvant aller moi-même vers vous, h cause des ordres de l'empereur, qui meretienuenlcommer les autres. »
1) chargea les mêmes députés de trois autres lettres h René, prêtre de rRgli$e romaine, et un des légats pour le concilp d'Ëphèse , dont Théod(ïret ne savait pas la mort. Il y reconnaît la primauté du Saint-Siège sur toutes les Eglises du monde, principalement par la pureté de la foi, qoi n'a jamais été infectée d'aucune bérésie. La seconde lettre est è l'archidiacre de Rome, c'est-à-dire à Hilarus, à qui toutefois Tbéodoret parle, comme îïQ sachant pas qu'il eût été à Ephèse. La (foisième, a un évêque nommé Florentins; mais dans sa lettre il parle en pluriel, com-* liie aux évêquos d'Occident, qui doivent avec saint Léon prendre connaissance de sa cause. En même tem|)s il écrivit au patrice Anatoiius, le priant d'obtenir pour lui de l'empereur la liberté d'aller en Occidenti pour être jugé par les évêques du pays, ou du moins de se retirer à son monastère, distant dii Gyr de cent vingt milles, d'Antioche de soixantequinze, et à trois milles d'Apamée, et cela, sur ce qu'il avait appris qu'on voulait aussi le chasser de Cyr. Quoique nous n'ayons {)Oint les réponses de saint Léon et des autres Occidentaux à Théodoret, nous voyons par la suite, que sa députation fut bien reçue, et que le Pape le rétablit dans l'épiscopaf , sans avoir égard au jugement de Dioscore. L'empereur lui permit aussi de se retirer dans son monastère, où l'on croit qu'il composa son Histoire ecclésiastique, et il y écrivit plusieurs lettres pour sa juslitication et la consolation de ses amis.
Saint Léon reçut cependant une réponse de la princesse Pulchérie , témoignant s(m affection pour lafoi catholique, dont il la remeixia, la priant toujours de soutenir la doitiande qu'il faisait d'un concile ; rar , dit-il, les choses humaines ne peuvent être en sûreté^ si la foi n'est pat soutenue par rautorUé royale et sacerdolale.Sàréponstesiiïu 17 mars 450. Le même jour il écrivit è Martin et à Fauste, abbés de Consianlinople, pour répondre à une lettre qu'ils lui avaient écrite en même temps qu'il leur écrivait avec le concile de Rome. Il les exhorte à maintenir le peuple dans lafoi catholique.
Vers le même temps, il reçut deux dépufationsde Gaules :1a première de Tévêquc de Vienne, qui se plaignait que Tévêque d'Arles s'était attribué l'urdination de celui de Vaison ; la seconde dénutation , était des évêques de la province d Arles, qui avaient
envoyé un prêtre nommé Pofrone cl un diacre nommé Régulus, chargés au nonr d'eux tous d'une requête, où ils parlent ainsi: « Il est connu h Rome, que la cité d'Arles a été la première qui a reçu un évèque, savoir: saint Trophîme envoyé par r8|)ôlre saint Pierre; que d'elfe la foi s'est répandue dans Je reste des Gaules , et par consé(]uenf, qu'elle a eu un évêque avant la ciléde Vienne, qui veut mainlenaiil usurper la primauté, t il n'est pas nécessaire de prendre ici le nom de Gaules dans toute san étendue, il suffit de l'entendre de la province Narbonnaise entière, c'est-à-dire, de l'ancienne province romaine, et ce qui est dit de la mission de saint Trophîme par saint Pierre , signifie seulement qu'il fut envoyé par le Saint- Siège. La requête continue : « Aussi nos prédécesseurs ont toujours honoré l'Eglise d'Arles, comme leur Mère, nos villes lui eut demandé des évêques, et son évêque nous a toujmirs consacrés, nos prédécesseurs et nous. Vos prédécessenrs ont confiroié (tar leurs lettres les privilèges de cette Eglise comme nous ne doutons pas qu'il ne so trouve dans les archives du Saint-Siège, lis ont voulu qu'elle eût Tautorité dans les Gaules comme l'Eglise romaine a la primauté dans tout le monde. » Ils ajoutent ce qui concerne les avantages temporels de la ville d'Arles. Constantin lui a donné son nom ; Valentinien et Honorius Tont nommée la mère de toutes les Gaules. De leur temps on a donné et reçu le consulat , le prérel du prétoire y fait sa résidence. De le vient que cette Eglise a toujours eu le gouverne^ ment 9 non -seulement de la province de Vienne , mais des trois provinces , et par commission du Saint-Siège^ de toutes Je» Gaules
La réponse de saint Léon porte le nom de douze évêques, è qui eUe est adressée, ei marque que l'évêque do Vienne les avait prévenus par ses lettres et ses députés. Les uns et les autres représentèrent leurs intérêts: il parut que Vienne et Arles avaient joui, tantôt Tune, tantôt l'autre, de divers avantages. C'est pourquoi saint Léon confirma l'autorité, qu il avait déjè attribuera l'évêque de Vienne coiilre les prétentions de saint Hilaire d'Arles, et ordonna que Té* vê^uede Vienne présiderait aux quatre villes voisines. Valence, Taranlaise, Genève et Grenoble, et que les autres villes de la môme j)rovince seraient sous la conduite de l'évêque d'Arles. Cette lettre est datée du 5 mai &50. Le même jour il écrivit à Ravennius d'Arles, pour le charger de faire cornattre à tous les évêques des Gaules sa lettre à Flavien, qu'il lui enroyait avec celle de saint Cyrille. Il dit, qu'il a retenu longtemp» les députés de l'Eglise d'Arles, voulant (|u*il^ fussent témoins de tout ce qui se faisant au sujet de la nouvelle bérésie contre l'incitrnation, ce qui semble marquer qu'ils assi:»* tèrent au concile de Rome du mois d'octobre précédent; et il renvoie à eux pour apprendre de leur bouche, ce qui ne pouvait |>as èiro confié à des lettres.
LEO
LEO
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L'empereur Valenliniert vint do Ravennc h Rome» pour la fêle de sainl Pierre, c'osl-ati(re, comme Ton croit, è la Tin de iuirï de retie année kiO; sa mère Galla Placidia et sa lemme Licinia Eudoxia l'accompagnèrent.
Le lendemain de leur arrivée, ils arièrenl à TEglise de Saint-Pierre, et quand la nuit de la vii^tle fut passée ,c'esi-à«dire, le jour de la fête, le Pape sainl Léon se présenta à l'empereur avec plusieurs évè^ues de diverses pro* vinces d*ltalie; c.ir ils avaient coutume de s'assembler à Rome pour celte solennité. Après la prière, étant encore à Tautol, ils se présentèrent k l'empereur et aux impératrices les < onjnrant avec larmes d'être touchés du péril où la foi était exposée , et leur représentant le dé^ordrearri vé en Orient, Tinjuste déposition de Flavien par la passion de Dioscore. Ils ^upplièrent donc l'empereur et les impérâtri<*cs, par la sainteté du lieu où ils étaieht, d'en écrire k l'empereur Théodose, et le prier «rassembler en Italie un concile général de toute la chrétienté, pour faire cesser ces déhonlres. Il y eut des actes dressés de cette action, contebant lés prières et lés acclamations qui s'étaient faites en cette rencontre.
L'empereur Valehlinien écrivit à Théoi*osef le priant de conserveMa dignité de srini Pierre, et la primAuté accordée à Tévê(|ue do Rome par lantiquité, au-dessus de toutes les Eglises , en sorte qu'il ait la liberté déjuger de la fol des évoques. «Car c'est l>oiir cela , ajoule-t-il, que, suivant les conciles, l'évèque de Coqstantinople a appelé i lïiL Je vous prie donc que tous les autres (^véques du monde élatit assemblés en Italie, le Pape prenne avec eux connaissance de loute la causé, et en porte un jugement conronuc à la foi et à la religion. Les deux im*
i>ératrices écrivirent dans le même sens. ^lacidic écrivit en particulier k Pulchérie, pour l'obliger à agir dans le même buL
Sainl Léon avî^it reçu réponse de Tempe-
reur Théodose, sdr la lellre sjrnodale du
mois d'octobre M9. Théodose disait que le
«••^iicile de Nicée était suffisant, sans qu'il fût
iM'sioin d'en assembler de nouveau, et de-
fiiamiait que le Pape approuvât l'ordination
«i*Anatolius, évêque de Constanlinople à la
place de Flavien. Sainl Léon suspend son
jtigeuient jusqu'à ce qu'il soit mieux infor-
it«e <le la foi d'Anatolius, et demande qu'il la
déclare devant tout le jilergé et le peuple, et
envoie sa profession do foi au Saint-Siégo,
pour êtri! publiée par toutes les Eglist;s;
fl|U*ullo soit conforme à la lettre de saint
C/rillo à Nestorius , el à celle de saint Léon
lui-même k Flavius; et qu'il rejette de sa
c-*>ijiaiunion ceux (|ui croient autfeincnl sur
rincarnalion. J'envoie f njoutc-t-il , me$
frères te$ écéquee Abundius et Attérius ,
ei la prêtres Basile et S'Inuteur^ d/in que si
résèque de Constanlinople confesee la même
foif nous nous réjouissiont de la paix de
VKffUse^ et si quelques-unn seniloionent^ que
totre clémence accorde un concile uniter
$fl en Italie^ comme le tynode assemblé
pour ce sujet à Rome ^ la demandé avec