‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 58 sur 123 · MOI · texte numérisé non relu

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Il écrivit en même temps à Faustc,i Martin^ et aux antres abbés de Constanlinople* au nombre de seize ; les priant de se joindre h SCS légats, {>our solliciter la profession do foi d'Anatolius. Ces lettres à I empereur et aux abbés, sont de même date, juillet 450. trois iours après il écrivit à l'impératrice Pulchérie dans le même but.

Les légats du Pape saint Léon étant partis de Rome , à la fin du mois de juillet UiO» n'arrivèrent à Constanlinople qu'après la mort de l'empereur Théodose, el furent reçus favorablement par Marcien et Pulchérie. Anatolius, évêque de Constanlinople, assembla un concile des évêijues qui se trouvaient présents, avec les anbés, les nrêtres et les diacres. Abundius, évêque de Ôome, l'un des légats, présenta .la lettre de saint Léon à Flavien. Elle fut lue publiquement, et trouvée conforme, aux autorités des Pères latins el grecs, et à la foi catholique. Ainsi Anatolius le premier y donna son assentiment, et y souscrivit, disant analhème à Eutychès et à Nestorius, à leur dogme, et à leurs sectateurs. Tous les.assistanls évêques, prêtres, abbés et diacres en JSrent autant.

Ensuite les quatre légats du Pape Abundius et Astérius, évêques, Basile et Sénateur prêtres, rendirent grâces à Dieu do cet accord , et dirent aussi analhème à Eutychès, et h tous ceux qui, suivant son erreur, prétendaient qu'il y a eu deux natures avanl l'Incarnation, etuneseule natureaprès. Ils dirent aussi analhème è Nestorius et à ses sectateurs. On ordonna dans ce même concile que les évêques qui auraient souscrit par crainte h la cohdamiiation de Flavien, ne communiqueraient qu'avec leurs Eglises.

L'empereur Marcien fit rapporter à Conslaniinoplo le corps de saint Flavien, qui fut enterré avec honneur dans la basilique des apôtres , avee ses prédécesseurs. 11 donna aussi un ordre particulier de faire revenir les évêques qui avaient été exilés, pour avoir maintenu la foi catholique avec saint Flavien ; entre autres Théodoret, comme il parait par ses lettres de remerclmenl aux personnes puissantes, qui avaient amené son rappel, (es palrices Anatolius et Vincomale. Il les prie de procurer la célébration d'un concile, où l'empereur el l'impératrice assisteraient en personne, pour empêcher le désordre. Il écrivit aussi h Abundius, légat du Pape, une lettre où il témoigne qu*il a souscrilà la lellre de saint Léon h riavien, et

Îju'lbas d'Eilcsse et Aquilin de Byblos en ont ait autant

L'empereurMarcien, aussitôt après son élection, écrivit au Pape saint Léon, comme au chef de la religion, pour se recommander à ses prières, et lui proposer lacélébraliood^iin concile. L'impératrice Pulchérie lui mande ce qui s'était passé è Gonstantinople, lasouscripiion d'Anatolius^ la translation du corpi de saint Flavien cl le rappel des exilés ; le priant de contribuer de sa part à la convocation d'un concile. Enfin, Anatolius de Confia tantinople écrivit lui-même à saint Léoct pour rendre témoignage de sa foi, et lai eu*

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DIGTIONiNAlRE

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Yoyatro1sdéputés,Castériusprètre»Palriceet Asclépîade diacres, qui a|.)porlèrenl les actes du concile de Constanlinople, la relation des lettres du Pape» de ce qui s'y était passé , et les lettres de Marcien et de Pulchérie.

Le Pape saint Léon renvoya les députés n'Anatolius après la fête de Pâques, qui, en 451 , fut le 8 d'avril ; et les chargea des réponses à toutes ces lettres, écrites le mêrae jour 13 avril ^51. il rend témoignage à Pulchériedes services qu'elle avait rendus à TE* glise contre l'hérésie de Nestorius, aussi bien que contre celle d'Eutychès. II lui recommande Eusèbe de Doryléo,qui était à Rome, à qui on avait donne un successeur. Etant chassé de son siége« et un autre évèque mis à sa place, il était allé trouver le Pape, et pour se justifier de la calomnie de nestorianisme, dont ses ennemis le chargeaient, il Ut sa profession de foi en présence des députés de Constantinople, déclarant Qu'il recevait les décrets des trois conciles généraux de Nicée, de Constantinople etd'Ephèse. Saint Léon recommande encore à Pulchérie, Julien de Cos, qui était toujours à Constantinople et les clercs de celte ville qui étaient demeurés ûdèles à saint Flavien. Il félicite Anatolius de la pureté^ de sa foi, et do la paix de l'Eglise de Constantinople. Quant aux évoques , qui avaient souscrit par faiblesse à la condamnation de saint Flavien, saint Léon approuve ce qui avait été réglé au concile de Constantinople , qu'ils fussent ré^iuits à la communion de leurs Eglises imaii ajoute-t-il,i?ou# ordonnerez avec la participa^ tton de noê légats, que ceux qui condamnent entièrement ce qui a été mal fait^ soient reçus à noire communion. Quant à ne point réciter à Vaulel les noms de Dioscore, de Juvénal et d'Eustache , vo%is observerez ce qui ne répugnera pas à Ihonneur de Flavien ^ et n'allé' nera pas de vous les esprits du peuple. Il recommande aussi à Anatolius, Julien de Cos, les clercs fidèles à Flavien, et l'Eglise de Dorylée, en l'absence d'Eusèbe. Enfin, il veut que celte lettre soit rendue publique.

Tatien, préfet de Rome, renditàsaint Léon une seconde lettre de l'empereur Marcien, duSS novembre de l'apnée précédente 4^50, par laquelle il lui témoignait avoir reçu favorablement ses légats, et l'invitait^ venir en Orient, pour y tenir le concile. «Que si ce n'est pas votre commodité, ajoutait-il, faitesle-nous savoir, afin que nous envoyions partout rOrient, la Thrace et l'Illyrie, pour convoquer tous les évéques en un lieu certain, atin de régler ce qui regarde la paix de l'Eglise et la foi catholique, comme vous l'avez définie suivant les canons. » Saint Léon répondit le 23 d'avril. Il prie l'empereur de ne pas permettre que l'on examine le mystère du salut, comme si l'on doutait de ce que l'on doit croire. // n'est pas permis f dit-il, de s'éïoigner par le moindre mot de la doctrine des évangélistes et des apôtres, ni d'en" tendre autrement les divines Ecritures ^ que nos Pires Vont appris et enseigné, ni par con^ séquent de remuer encore desquestioits impies^

que le Saint Esprit a autrefois éteintes , tii^t que le démon les a excitées. Il serait trop injuste que quelque peu d'insensés fissent révoquer en doutCj si Eutychès a eu des sentimenis tmpieSf ou si Dioscore a mal jugé. H n'ett point question quelle foi on doit tenir; «nai« à quoi on doit pardonner , de ceux quirecon* naissent leur faute. Il remet è s'expliquer louchant le concile, par les légats quil doit envoyer.

En effet, après le retour dos premiers lé« gats, il en envoya à Constantinople deux autres, Lucenlius, évèque d'Ascoli, et Basile, prêtre, pour travailler avec Anatolius à la réunion de ceux qui témoigneraient un sincère repentir de s'être laissés entraîner h la faction de Dioscore, et ne les recevoir qu'avec un judicieux examen, sans toutefois les remettre trop longtemps, ni user de trop de rigueur, n chargea ses deux légats de trois lettres de même date, 7 juin tôl; la

Eremière à l'empereur Marcien, la seconde Pulchérie, la troisième à Anatolius. Dans la lettre à l'empereur, il dit :

Quant au concile, volrt clémence peut se souvenir que je l'ai demandé moi-méine ; mais Vétat présent des affaires ne me permet en o^il' cune façon d'assembler les evéques de toutes les provinces, parce que celles dont on veut principalement appeler (il veut dire celles d Occident), sont tellement troublées par Us guerres, qu'ils ne peuvent quitter leurs Eglises. Remettez-le donc à un temps plus propre, Quand, par la miséricorde de Dieu la sûreté publique sera mieux établie.

Il prie l'impératrice Pulchérie de faire transiérer Eutychès loin de Constantinople, dontson monastère était trop proche, et d'y mettre à sa place un abbé catholique, il recommande k Anatolius de no rien décider encore touchant Tes dbefs du parti qui ont présidé un faux concile, quand même ils témoigneraient du repentir ; mais sans refuser leur satisfaction, la réserver à être mûrement examinée par le Saint-Siège, et cependant ne point réciter leurs noms à l'autel de Téglise de Constantinople.

Cependant un concile œcunaénique ayant été convoqué à Nicée pour le 1*' septembre h&i, saint Léon choisit deux nouveaux légats pou^r roprcsenter la chaire apostolique, Pascasin, évèque de Lilybée en Sicile, et Boniface, prêtre de TEglise romaine. Le pre-' roier, distingué par son érudition et sa piété, avait déjà, dans plusieurs circonstances, déployé une grande fermeté de caractère; il était très-versé dans la connaissance de l'tiistoire et des antiquités de l'Eglise, et avait été consulté par saint Léon pour la tixatiou du cycle pascal. Son influence était grande dans toute la Sicile. Le Pontife lui eAvoya, avec ses instructions, une copie de sa lettre h Flavien, avec un choix des passages des Pères sur le mystère de l'Incarnation. H le chargea en même temps de faire calculer, par des gens habiles, le jour de Pâques de l'année US5, parce qu'il se rencontiaitdes difficultés dans le calcul de Théophile d'Alexandrie, dont toute TEglise usait h colle

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f|K) l'ue. Honirace, qui parlait seul de Rome, ni chargé <les lettres de (égalîon dati^es du (6 juin h51, et adressëes'è Tempereur, au loncile el au patriarche de Constanlinople, knatole. Aux deux lésais Pascasiu et Boniace , le Pape joignit Lucenlius , évèque rAscoli, Basile, prétrey partis peu de temps uparavant, et Julien de Cos, flxé depuis les années en Orient* qui se trouvait insruit h fond de toute rafiaired'Eutychàs. Le oncile, réuni d*abord è Nicée, fut ensuite ransféré à Gbalcédoine, à cause de la proxinité de Constanlinople, où les nécessités M fempire retenaient Marcien. Le saint oncilo ouvrit ses travaux le 8 octobre de an USi, dans Téglise de Sainte-Eupbémie, Au milieu,» dit M. Gauthier, «se plaèrent les otficieps de Tempercur. Du c6té le Tépllre, les légats du Pape, les évoques le Constantinople, de Césarée.cn Cappaoce, et tous ceux des diocèses de TOnent, lu Pont, de l'Asie et de la Thraco. Du côté le PEvangile, Dioscore, Juvénal, Tiialassius t les autres évoques qui, pour la plupart, vaient assisté au faux concile d'Ephèse. Le oiicile cuustilué, les légsits du Pape deman* lèrent fex pulsion de Dioscore, à cause de ti conduite abominable qu*il avait tenue ^ans cette ville, et les uffiriors enjoignirent ret évèque coupable de quitter son rang, el 1*5 s asseoir sur le banc placé pour les accuîs. Il résulta de rindtruction dirigée contre ui, qu'il avait violenté les membres inno* en(8 du conciliabqle d'Eplièse, pour protéger Eutychès; qu*il les avait ou frappés, ou uenacés d'exil, ou repoussés par la force es armes; enDn, qu'il les avait contraints e donner leur blanc-seing à un papier sur .'<)uel il inscrivit |K>stérieuremeot des résoitions qui consacraient la prétendue orthoi>xie de l'hérésiarque.

<v L'innocence de saint Flavien fut proclalée, et tous les évèques qui avaient donné Tcénienl la main au brigaudage d'Epbèse, rouèrent leur faute. Dioscore seul, (>ar un '^gueilleux entêtement, persista dans ses l>iiiious.

• Lecture faite de la profession de foi 'Ëutjrchès , Dioscore, Juvénal, Thalassius, usèbe d'Ancyre, Eustathe de Beryle et Baie do Séleucie, qui tous l'avaient approuve, furent déposés de la dignité épiscopale. « Dans la seconde session, qui commença f 10 octobre, et à laquelle n assistèrent ni ioscore, ni ses |)artisans, on examina ce ui concernait le dogme. Ou lut d'abord la •lire de saint Léon à Plavien, où le mystère

0 rinrarnation est développé de la manière

1 plus claire el la plus précise. « Pendant cette lecture, les évèques d'il ly rie

t de Palestine firent quelques ditiicullés ur trois endroits, où la distinction des deux atures est fortement exprimée ; mais sur les eux premières, l'archidiacre Aëtius leur fit i>ir des passages tout semblables de saint vrille, el Théodoret en fit autant sur le oisième. Après la lecture achevée, les évélies s'écrièrent : « C*est la foi des Pères, est la foi des apôtres; nous croyons tous

ainsi, les orthodoxes croient ainsi ; anathème è qui ne le croit pas. Pierre a parlé ainsi par Léon; les apôtres ont ainsi enseigné. La doctrine de Léon est sainte et vraie; Cyrille a ainsi enseigné : mémoire éternelle à Cyrille. Léon el Cyrille ont enseigné de méuie. Pourquoi n'a-t-on pas lu cela h Ephèse? Voilà ce que Dioscore a caché. ^ Après la lettre de saint Léon, on lut les passages des Pères, qu'il avait choisis, savoir: de saint Uitaire , de saint Grégoire de Nazianze , de saint Ambroise, de saint Jean Chrysostome, de saint Augustin et de saint Cyrille.

c Comme la session, qui s'ouvrit le 13 octobre, devait être consacrée à juger, dans toutes les formes, le principal auteur da brigandage d'Kphèse. les ofliciers de Tempereur s abstinrent d'y assister, de peur qu'on ne dit qu'ils avaientinfluencé les Pères par leur présence. Convaincu des atrocités qui lui étaient reprochées, Dioscore, qu'on avait cité par trois fois de comparaître pour se justifier, sans qu'il en tint compte, fut prive de toutes les dignités ecclésiastiques. Le condamné ne rabattit rien de son audace, mais peu de temps après, il fut exilé à Ganges, dans la Papblagonie, où il mourut la troisième année de son bannissement.*

La quatrième session commença le 17 octobre. Il y fut arrêté que. le concile adoptait les résolutions de ceux de Nicée et de Constantinople , suivant l'exposé fait par saint Cyrille , et les écrits du Pape saint Léon contre les nestoriens et les eutychéens. On demanda pour la seconde fois la lecture de sa lettre à Flavien. Anatolius, archevêque deConstantinople,dit:«La lettredu très-saint archevêque Léon s'accorde avec le symbole de Nicée, è celui de Constantinople el è ce

Îui s'est fait au concile d'Epbèse, sous saint yrille, quand Neslorius a été déposé. C'est pourquoi j*y ai consenti , et l'ai volontiers souscrite. » Paschasin dit*, au nom de tous les légats : « Il est clair que la foi du P^pe Léon est la même que celle des Pères de Nicée et de Constantinople, et la définition du concile d'Epbèse sous saint Cyrille, et qu*il n'y a aucune différence. C'est pourquo.i la lettre du Pape , qui a renouvelé cette foi à cause de l'hérésie d'Eutychès, a été reçue comme étant du même esprit. » Maxime d'Antioche dit : « La lettre du irès-saint archevêque Léon s'accorde avec l'exposition de Nicée, à celle de Constantinople et è celle d^Ephèse , et j'y ai souscrit. » Etienne d*Ephèse , Djogène de Cyzique, Cyrus d'Anazarbe , Constantin de Bostre, et tous les autres évèques, au nonilire de cent.soixante ou environ, approuvèrent de même la lettre d<* saint Léon, et témoignèrent qu*ils y avaient souscrit, parce qu'ils l'avaient trouvée confornre h la foi des Pères.

Les évèques d'Epire , de Macédoine , de Thessalie, de Grèce et de Crête, c'est à-dire de toute l'illyrie orientale, firent leur déclaration par écrit, qui fut dictée, au nom de tous, par Sozon, évèque de Phi lippes, en ces termes : « Nous gardons la foi des trois cent dix-huit Pères, ({ui est notre saliit, et nous

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souhaitons d*y mourir. Celle dos conl cinquante n*en diffère en rien; nous observons aussi en tout ce qui a été déliai au concile A d'Ephèse, où onl présidé le bienheureux Cé- ]eslin et le bienheureux Cvrille ; et nous sommes persuadés que le très-saint arche- Véque Léon est très-orthodoxe; Pasch^sin fît Lucentius ses légats nous l'ont démontré au sujet da sa lettré; ils nous ont expli- Gué C0 que Texpression semblait avoir d'obscur. Car nous étant rendus, par votre * ordre» chez Parchevôque Analolius , à rassemblée qui s'y est tenue, ils ontanathénialisé quiconque sépare la divinité de la chair de Notre-Seigneur Jésus-Christ, tirée de la sajnte Vierge; qui ne lui attribue pas i:e qui ]ui convient, comme Dieu et comme homme, s^ns confusion, ni changement, ni division. C'est pourquoi, étant persuadé que la lettre s'accorde parfaitement avec la doctrine lies Pères, nous y avons adhéré et souscrit.» Tous les évoques d'illjrie confirmèrent de vive voix cette déclaration. Les évoques de Palestine firent de même, par écrit, une déclaration commune , où ils avouent qu'ils avaièqt cru trouver, dans la lettre de saint Léon» quelques mots qui marquaient division çt séparation, mais que les légats les avaient satisfaits.

« La cinquième session, ^ dit M. Gauthier (Abrégé di^s conciles généraux^ P'6}, « se fait remarquer par un décret sur les matières de foi d'une grande étendue; car les Pères y insèrent les symboles de Nicée et de Constantiinôple, les lettres de saint Cyrille contre Neslorius et de saint Léon contre ce dernier et Eutycliès. Is décret contient, à la suite de ces c()mmentaiVes véqérés, un abrégé de la foi sur l'Incarnation ) eipntnaui l'opinion particulière du concile. En voici la substance : « Nous déclarons tous d'une voix que l'on doit confesser un seul et môme Jésus- Christ Notre-Seigneur, le même parfait dans la divinité et pariait dans l'I^umanilé, vraiment pieu et vraiment homme , le même composé d'une Ame raisonnable et d'un corps consubslantiel à Dieu le Père selon la divinité, et consubstantiel à nous selon l'humanité ; en tout semblable à nous , hormis le péché; engendré du Père avant les siècles, se{o]|i la divinité, ut dans les derniers temps né dé la Vierge Marie, Mère do Dieu, selon i'bumanitë, pour nous et pour notre salut ; en un seul et même Jésus-Christ, Fils unique, Seigneur en deux natures, sans confusÎQp, sans changement , sans division, sans sép?|ration, sans que Vtmion ôtt la différence d9s ^alures; au contraire, la propriété de chacune est conservée et concourt en une seule personne et en une seule hyposiase, en sorte qu'il n'est pas divisé ni séparé en deux personnes, mais que c'est un seul et même Fils unique. Dieu Yefi^ei r^otre-Seigneur Jésus-Christ. »

Le concile obligea de croire à ce décret sous peine d'encourir les fon^^ es de l'Eglise.

Le 25 octobre commença la sixième session que l'empereur Marcien honora de sa présence. Ce souyeiain prononça un discours

où il (lit, entre autres choses : «qu'il y^m{ assister au concile , à l'exemple du pietix Constantin, non pour y exercer aucune autorité, mais pour y protéger la foi, afin qa'oii ne pûi plus désormais induire personne par de mauvais conseils à s'en séparer, n

On lut le décret rendu dans la séance précédente, après quoi l'empereur demanda si tout le concile approuvait cette profession de foi; les Pères ayant répondu h l'unanimité : « Nous croyons tous ainsi, v signèrent le décret. A la suite de cette souscriution, la concile arrêta : l"* qu*il ne pourrait être b&U de monastère sans le consentement de ^év^ que de la ville, et que les religieux seraient soumis à l'ordinaire et vivraient en repos, ne s'appliquant qu'au jeûne et à la prière; 2''qu*eucun clerc ne pourrait prendred'autres terres à ferme que celles de l'Eglise, avec la permission de son évêque, à peine d'être dépouillé de sa dignité ; 3* et que les clercs d'une Eglise ne pourraient être employés dans une autre, hors les cas d'urgence et de nécessité.

Sur la demande de Marcien , le coDcile conféra à l'Eglise de Cbalcédoine le titre de métropole, sans rien déroger au rang de celle de Nicomédie. Les évoques prièreni ensuite l'empereur de leur permettre do se retirer ; ce qui indique, dit Fleury, qu'ils regardaient le concile comm^ terminé, pisque la Question de la foi uvait été définitivement réglée.£n effet, il y eut bien encore sii séances, mais on ne traita que des questions de personnes ou de circonscriptions de siéges , sauf la dernière , dont il sera parlé. Quant aux autres , la coocisioa que nous nous sommes prescrite, et le peu d'importance de leur objet, nous dispensent de les analyser.

« En lisant le récit des actes du concile de Cbalcédoine, il est impossible, » dit M. de Saint-Chéron {Histoire du pontificat de saint Léon et de son siècle)^ « de n'être pas vivement frappé de ce que j'appellerai, pour emprunter une expression du comte de Haistre, ta présence réelle du Souverain Pontife. G est lui qui parle, qui agit, qui décide; c'est lut qui fixe la docirine, qui punit les coupable!», qui pardonne aux repentants ; son nom est sans cesse prononcé et accueilli par iesac« clamations les plus expressives. Les légats mêmes qui le représentent disparaissent en quelque sorte, comme ces mortels de la fable, enveloppés et rendus invisibles parTsuréole lumineuse qui émane de la divinité qui les protège. »

«f L'action qu'exerça Tempcreur et la nature de son influence, » dit M. Léopoid de Montverl, n méritent aussi d'être remarquées. Les rapports entre l'Eglise et rempire étaient alors intimes. Au nombre des ques* tiens qui furent traitées, il en était plusieurs dans lesquelles la puissance temporelle avait réellement le droit d'intervenir, mais loia d'abuser de son autorité, les fonctionnaires du prince surent se maintenir» avec conve» nanceel dignité, dans ces justes limites où la liberté de l'Eglise et les dioits légitimes

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DES PAPES

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(lu pouvoir séculier sont également respectés ; ils semoalrèrent calmes, modérés, imnarliaux; se posant comme médiateurs entre les deux partis, ils continrent le zèle trop srdent de quelques-uns, et surent réprimer la passion quand elle éclatait atec trop de violence. Cette intervention active et directe dû la puissance temporelle dans ou concile L'st un fait tout excepiionnel, particulier h ces premiers siècles, où la hiérarchie de TEgUse, n'ayant pas encore pris tout son libre développemenl, se trouvait plus ou moins dé« pendante de TEtat. Les violences commises tians les brigandages d*Ephèse prouvent i|ucl$ étaient pour TEgiise les dangers de luette dépendance; elle soutiendra, pour sVn Blfranchir, li s luttes les plus mémorables, et Dieu lui enverra,; our la conquête de sa liberté, de grands hommes, dignes succèsii'urs de >aint Léon. Le Ponlifo romain instruisit les évéques des Gaules, toujours fi- Jèles an Saint-Siège, du triomphe que la vé* nié catholique vendit do remporter dans le eniicite de Chalcédoinc, Thérésie y ayant été rundamuée d'une commune voix, ainsi que fi»i*s auteurs. Saint Léon avait déjà fait {tarveiiir aux évoques d'Occident la fameuse l:1^4tre à Flavien» et nous avons dit que tous s'étaient empressés de la souscrire. Il nous reste uneictlre synod.ile do quarante-quatre dVolre eux, témoignante magnifKpjo et de la i>riui3uiédu Snint-Siége reconnue dans toute

I EgJifte»etde raffoctionquî unissait à notre grand saint tout Tépiscopat.

« Dès que le Pape eut reçu les actes authentiques du concile, il chargea révèque de CitSf Julien» de les traduire du grec eu latin, ainsi que tous les documents qui y Avaient raf»|iorL On suppose, sans aveu- du reste la preuve du fait , que la version latine que nous possédons est le travail de Julien.

«L'Orient el rOccidentétaieut dans Tiittento &e 1 accueil qui serait fait j^ar \e Pape aux actes etaux dét^eis duconciledeChalcédoino. Jamais le Saint-Siège n'ava t été appelé dans une circonstance plus solennelle, plus dén5ive, è iuo!itrer I étendue, la dignité et la >aluur des droits de la primauté. Le concile avail proclamé que le pouvoir de fixer le «logfiic était inhérent au Siège apostolique.

II avait solennellement reconnu la primauté de juridiction et d'honneur, privilège exclu* sif du Pontife romain ; mais dans Tavanldernière session • le patriarche de Conslantinople, Anatole, était parvenu, en Tabseiuse d<*s légats , à faire souscrire un 28' canon, ainsi conçu :

« Les Pères ont eu raison d'arxorder au « Siège de Tancienne |tome ses privilégc8«

• itane qu'elle était la ville régnante; et par

• le métne motif, les cent cinouante évèques « du concile de Constantinopla ont jugé que « la nouvelle Itomo, qui est honorée de « Tenipire et du sénat, doit avoir la mimes

• apaniages dans Tordre ecclésiastique, ft « être la seconde après elle. En sorte que

• les métropolitains des diocèses du Pont, de « Thiace et d*Asie seulement, et les évéques f de ces diocèses qui ^ont chez le& Barbarcbi

f soient ordonnes par le siège de Constantin « nople, sur le rapport qu'il lui sera (ait des « élections canoniques. Bien entendu que « chaque métropolitain de ces diocèses orc donnera les évéques comprovinciaui selon « les canons, n

« L'ambiiiou personnelle d'Anatole, celle de l'Eglise et de la ville de Constantinople en général, les raisons politiques qui inspiraient à l'empereur le désir de voir s'accrottre Tiniluence de sa capitale dans la sphère ecclésiastique, un esprit de réaction contre Alexandrie, dont les [lalriarches, Thnophilo el Dioscore« avûicut ii mailieuriHJseinent abusé de leur puissance, tellos furent les principales causes qui cutratnèrent un certain nombre de prélats h voler ce canon. Toutefois il ne fut souscrit que par cent quatre évéques sur six cents qui formaient le concile.

« Je ne sais si je me trompe, » poursuit M. de Montvert, «c mais il me semble que M. de Saint Chéron est trop frappé de ces mots qu'il souligne : le même motifs (es mêmes avantages^ et qu'il en exagère la portée ; du moins s'exprime-t>il de manière à faire croire, qu'è son avis, \fis auteurs du canon qui nous occupe, entendaient faire du patriarche de Conslantinople l'égal du Pontite romain, et établir comme deux Papisdans TEglise. Le concile^ dit-il, accorde au siège d^Cons^ tantinople^eigissant dan^ sa sphère, les mêmes droits de juridiction que le siège de Rome exerce dans la sienne^ et celui-ci est reconnu comme le premie^^ en ce sens seulement qu'on lui accorde la préséance dfionneur. Une telle interprétation est trop contraire à l'ensemble des actes du concile, pour qu'on puisse l'admettre, et Sicile était fondée, on ne conce- . >rait pas que l'empereur Marcien et le légat Julien de Cos lui-môme eussent pu avoir la pensée de demander à saint Léon la contirmalion d'un pareil acte. 11 ne s'agissait de rien de semblable ; on ne prétendait pas dépouiller Rome de son autorité suprême et universelle sur toute TE.^lise, ni partager cette autorité entre les deux sièges; on voulait seulement élever Gonstantinople au se* cond raog, et étendre son |K)uvoir' dejuridirlion sur des provinces qui, de droit, en étaient exemptes. Les lettres de saint Léon à l'empereur et au patriarche fixent parfaitement le sens de la discussion. Nulle [kart il ne se plaint qu'on ait attribué à Gonstantinople les droits de Rome, ce qu'il n'aurait assurément par manqué de faire, si telle avait été la prétention de ceux qui sot* Ucitaient son approbaticm, et qui, en la solli* citant, confessaient par là même sou incommunicable et indivisible primauté. Que re* pro(!he-t-il donc à ce canon qu'il casse el qu'il annule? Il lui reproche: 1* de n'avoir pns compris q\k*autreest la nature des thoses du siicle, autre la neUure des choses de Dieu (lettre à l'empereur), c'est-à-dire d'avoir fondé les prérogatives des Eglises sur d^s raisons purement |H>litiques, les prérogatives de Rome sur son titre de ri7/c régnante^ celles de Con^tanlinople sur son tilio de nouvelle

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dictiounaire

Liro

llome;2*d*avoîr oublié qu'on ne peut faire de ConstanlinopU un siège apoftolique (ïfrf (/.); 3* de faire perdre le second rang an siège d^Alexandrie, fondé par saint Marc, disciple de saint Pierre, et d*oter le troisième rang à i'Ei^lise d*Antioche, où naquit le nom chré^ lien par la prédication du même apôlre {Leitrès à Anaiole); k* de dépouiller de leurs antiques privilèges les métropolitains du Pont, de Tlirace ou d'Asie. {Jbid.)

« Si , à ces raisons de droit, on ajoute le danger qu'il j avait à donner la prépondérance sur tout rOrient au patriarche d*une ville, que sa position de capitale ne rendait déjà que trop puissante, on comprendra de quelle sagesse saint Léon tit preuve en an« nulant la disposition du concile, malgré les instances pressantes et réitérées de Miarcien, de Pulchérie, de Julien, et d'une foule d'autres personnes moins puissantes et moins dévouées. Du reste, ses légats avaient tout «l'abord énergiquement prolesté ; comme nous l'avons dit , le vingt-huitième canon avait été dressé dans l'avant-dernière session, après qu'ils se furent retirés. Le lendemain, 1" novembre ^51, ils demandèrent des explications. •

« Le légat Lucentius fit observer que la décision des cent cinquante évoques de Coostanlinople, rendue, disait-on, il y avait soixante ans, ne se trouvait pas dans les canons des conciles, et qu'aucun autre concile o*avait jamais rien dit de semblable. Plus lard saintLéon, écrivant à Anatole, lui disait: Le règlement fait par des évoques, il y a 60 ans dites-vous, ne favorise en rien votre prétention , car, n'ayant pas élé communiqué par vos prédécesseurs au siège apostolique , ce règlement a été dè.« l'origine frappé de nullité, et l'usage que vous en voulez faire est aussi tardif qu'inutile. » A quoi il faut ajouter que le concile en question n'avait décerné au siège de Gonslantiiiople que le second ran^ îf honneur, sans qu il fût question de juridiction, et avait, au contraire, expressément réservé la franchise et les privilèges des diocèses d*Asie, du Pont et de Tnrace. Aussi les partisans du patriarche de la ville impériale n'eurent-ils rien è répondre lorsque le légat Lucentius leur dit : «Si les évèquesde Constantinople jouissent de cet avantage depuis un si long temps, que demandent-lis maintenant? s'ils n'en ont jamais juui, pourquoi le demandent-ils?!» Les légats firent lire les décrets du concile de Nicée qui, après ces mots : V Eglise Romaine a toujours eu ta primauté^ met au second rang Alexandrie, au troisième Antioche, avec des privilèges de juridiction, nu quatrième, mais sans aucun*" juridiction, Jérusalem, et qui consacre également les droits des métropolitains des trois grands diocèses d'Asie, du PontetdeThrace;mais le sénat étant intervenu au nom de l'empereur, le concile, ou du moins ce qui en restait, passa outre, et les légats durent se contenter de faire insérer dans les actes leur opposition.

• As5urém»«nt il est triste de voirceut qua-

tre-vingt quatre cveques s'exprimer dcfa^n è croire qu à leur avis le Saint-Siège tientses prérogatives des hommes, et non de Jésus- Christ même, et que ces prérogatives lui oat été données, parce que Rome fut la vi^ledes Césars, et non parce qu'elle est {'E'^lise du prince des apôtres. Mais il faut cependant tenir compte h ces èvèques de la lettre qu'ils adressèrent au Pape, en lui envoyant les actes du concile, et qu'ils signèrent tous, en ajoutant à leur nom quelq«ies-unesdeces paroles expressives : Priez pour moi^ <r^saint Pire^ Pèrebien-aimé^ saint et vénérable Pape^ Pire bien-aimé de Dieu* etc., etc. Celto lettre se termine ainsi :

« Nous avons aussi confirmé le canon des « cent cinquante Pères assemblés à Constant « tinople sous le grand Théodose, qui or- « donne que révè(|ue de Constantinople c aura la prérogative , après votre Saint- « Siège, persuadés que, comme vous com- « muniquez sans envie à vos frères, vous « lontinuerez de prendre soin du siège de « Constantinople, et d'y étendre la splendeur c de votre bonté apostolique. Il est vrai aue n vos légats ont vigoureusement résisté k « ce décret; mais ils ont voulu, sans doute, « vous en laisser l'honneur, afin que Ton e vous attribuât la conservation de la paii c comme de la foi ; nous avons en cela déféré « au désir de V empereur^ du sénat et de toute « la ville impériale. Nous vous prions don? « d'honorer notre jugement paY votre suf- « frage, et d'accomplir les justes désirs de « vos enfants^ qui se sont conformés à vous € pour le bien. Vous ferez plaisir aux em- « pereurs, qui ont [confirme votre jugement « comme une /ot, et le siège de Constanti- « nople vous en témoignera une reconnais- € sance éternelle, en toute occasion, par son « union et |>ar son zèle. »

« N'est-ce pas reconnaître que, si le Souverain Pontife refuse, le décret demeure sans valeur? N'est-ce pas proclamer que la puissance apostolique du Satnt-Siége s'étend sur toutes les Eglises et sur l*£glise de Constantinople, comme sur toutes les autres?

N'est-ce nas, enfin, s'excuser sur le désir de plaire h l'empereur, au sénat et à toute la ville impériale? '

«La gravité des affaires religieuses en Orient, fesdinicultès qui s'élevèrent h Cuns^ lantinople, engagèrent saint Leone établir des functio'is nouvelles qui, dans la suite, eurent une grande importance : nous vou' Ions parler des légats pontificaux établis k poste fixe auprès des diverses cours.

« Malgré tous leurs efforts, le Pape et l'empereur n'avaient pu calmer l'agitation dans l'Eglise d'Orient. Marcien crut avoir trouvé la cause de cette irritation permanente dans une circonstance qui montre combien la primauté du Saint-Siège était universellement reconnue. Léon n'avait |»8S encore confirmé les (ianons du concile de Chalcèdoirie. Quelques évoques , partisans d'Eutydiès, se fondaient, pour résister aux décrets de cette assemljtéet sur ce qu'ils n'avaient uoint été aDDrouvés uar l'évèatt^

LRO

DES PâPBS.

LKO

de Rome. Mareien pria donc le Pape d'en-* vojer 90 confirmalion, ce qui ferait tomber ii'S deroicrs prétextes de résistance. Cette circonstance prouve invinciblement que la confirmation de Tévèque de lloroe était re*gardée en Orient comme indispensable pour la validité d*uu concile (Bcuménique. La de* inande de cette confirmation est d'autant plus remarquable, qu'elle fut |)roduito par un mouvement spontané du peuple luimême. Le Pape répondit à l'empereur, et, par lettre du SI mars U3, il confirmait nettement et formellement tous les décrets du concile de Clialcédoine, qui se rap|H>rtaient an dogme, mais on déclarant néanmoins formellement qu'il ne reconnaîtrait iamais ce qui avait été fait de contraire au& décrets du concile de Micée.

« Les tentatives du Saint-Siège et de 1 em|)ire pour le rétablissement de la paix, ^tliouèrent devant ro|)iniÂtreté de l'hérésie. De nouveaux coups furent portés à l'Eglise ; les moines partisans d'Eutycbès, par intérêt ou par système, accueillirent avec colère la nouvelle de son bannissement et de la dé*» position de Dioscore. Les éléments d'une insurrection menaçante existaient déjà, une seole étincelle pouvait allumer un vaste incendie I elle fut jetée, mais la prudente ronduitede l'empereur sauva la société chré* iit'nnc.B

Au printemps de l'an &52, Attila ayant renouvelé et augmenté ses troupes, leur annonça que le moment était venu d'aller r^ivac^er l'Italie et de |)rendre sa eanitale, la fameuse Uome. Des masses s'ébranlent aussi lAt; elles s'élancent dans les plaines ver* dio'*^^®^ ^u Danube : Attila s'empare d'Aquilée, la pille et la livre aux flammes; il centre dans la Vénitie et la ravage. Milan, FAvie, toutes les cités de la haute Italie tombent entre ses mains. Aucun moyen de défense n*a été préparé; l'empereur, ne se trouvant pas en sûreté h Ravenne, se réfugie à Kume auprès du Pape. Attila avance sur Hoiue : le sénat, le peuple et l'empereur ne ^^«•ngenl pas même è combattre, ils n'ont' «l'espoir que dans saint Léon. Une députatiori lui est solenDellemeni envoyée, et réclame son intervention auprès du terrible chef des B«rl)ares ; mission dangereuse, dif<tftcîle, d'où dépendait le sort du monde. C'en était fait de l'Italie et de l'Empire, si Valentioien n'eût trouvé dans le Pape saint Léon un médiateur, ou , pour mieux dire , un aui^e de paix, puisqu'il fut capable de fléchir Attila. Le saint Pontife vint courageusement au-devant tle ce prince barbare ; il avait à sa suite l'un des consuls et une fiartio du sénat rocnaio. Lorscfu'il fut en sa présence : Grand roin lui dit-tl, U sénat elle peiip/e romci m, auirefoiê ies tainqueurs du monde ^ ni en» roieni pour implorer humblement voln eié'memee. De tous tes événements qui ont illustré vairt vig^^9 l^ plus glorieux et le plus mé* nsorable^ c'est de voir humilié devant vous wn p^tMpie qui a vu si longtemps toutes les na* gians et tous les rois à ses pieds. Vous atex ra^ftcM tous ceux dont Rome a été vietorieuse^

vous n^atez plus maintenant d'autre gloire à acquérir que celle devons vaincre vous-même^ et de dominer par la clémence sur des peuples que vous avez soumis par la terreur. Nous nous avouons vaincus : épargnez le sany d'une foule de malheureux qm se soumettent à vous sans résistance.

Tandis ipje saint Léon parlait de fa sorte, Attila avait les yeux fixes sur cet homme vénérable, qui portait sur son front le noble caractère de la vertu. A peine eut«-il fini de parler, aue le consul et les sénateurs se

f prosternèrent devant ce roi, fondant en armes. Un spei^tacle si nouveau excita dans rame d*Attila un sentiment d'humanité; il parut tout d'un coup s'adoucir, et moyennant un tribut qu'on promit de lui payer, il s'engagea è ne pas aller plus avant. Les oflTiciers de son armée, frappés de ce changement, ne purent s'em|»êcher de lui représenter vivement combien il était contraire à ses intérêts et h sa gloire d'abandonner si facilement la conquête d'un si beau pays. On prétend qu'il leur répondit, qu'il y était forcé par une raison supérieure, que tandis que Léon lui parlait^ il avait vu paraître à ses côtés deux hommes d'un extérieur au($uste, qui, tirant l'épée sur* lai, le menaçaient de le tuer, s'il ne se rendait pas aux vœux du saint Pontife. Quoi quMI en soit, Attih, au lieu de passer le Pô, {jour venir à Rome, repassa les Alpes, et prit le chemin de la Pannonie.

Saint Léon étant revenu h Rome, au lieu d'y entrer, ne songea qu'à y faire triompher la miséricorde de Dieu, voulant qu'on attribuât l'heureux sucrés qu'il avait eu, non à sa sagesse, mais è la grâce de Dieu, qui avait adouci les cœurs et la fureur des Bar* bares, et à l'intercession des saints dont les prières avaient fléchi la justice divine, et obtenu le pardon pour ceux qui ne méritaient que le châtiment.

Celte même année, Julien de Gos, qui résidait pour le Pape à Constantinople, loi écrivit une lettre, où il témoijçnait compatir k ses peines et aux maux qu avait soufferts l'Italie par l'incursion des Barbares. Eu même temps il loi donne avis d'une nouvelle entreprise d'Anatolius, qui avait 6t4 de sa place l'archidiacre Aêtius toujours ca« tholiqne, et op|>osé aux nestoriens et aux eulycnéens, et l'avait ordonné prêtre de réglise d'un cimetière, pour faire archidiacre un nommé André, ami d'Eutychès,- el accusateur de Flavien. Saint Léon en écrivit k Mareien et k Pnicbérie, se plaignant qu*Anatolius avait dégradé Aëtius, sous prétexte de lui faire honneur. Car n'ayant rien k lui reprocher |)our la foi, ni pour les mœurs» il lui avait été la fonction d'archidiacre, qui donnait une grande autorité, juirce qu'elle comprenait l'administration ae toutes les affaires de l'Eglise, pour le condamnera une espèce d'exil, eu rattachant k un cimetière hors de la ville, dans un lieu écarta, et cola, parce qn* Aëtius avait toujours été attaché k Saint Flavien et k la foi .catholique. Ainsi AnatoUus se rendait suspect de n'avoir

rof

LCQ

pas renoncé de bon cœur «m erreurs d'Eulychès. 11 avait même violé la tradition a*iio846liqae, en faisant celle ordination un vendredi, au lieu de la faire la nuit du sa* inedi au dimanche.

Saint Léon prie l'empereur ei rimpéralrice fie Tobliger a changer de conduite; et en même temps i4 leur recommande Julien de Cos, qu'il déclare avoir élahli son lé^at pour

eourstiîvreà leur cour tout ce qui regardera 1 foi 6t la paix de TËglise contre les héré* tiques. C'est le commencement des légats du Pape, résidante Conslantino)»lo, que Ton nomma depuis apocrisiaires ou ciirres- |K)ndants, comme ou nommait déjà ceux ijue les évèquesd'Aleiandrie etd'ADlioch»

V tenaient pour les affaires de leurs Eglises. Mais ceux du Pape y étaient pour les affaires générales, pour maintenir la foi et la disci* filitie, observer de près les évoques de Constanlinople, et einpéclier cju'eux, ni les autres palriarches d^Orient, n entreprissent rien au préjudice de l'Eglise universelle. Ces lettres sont des 10 et 11 mars 453.

Saint Léon écrivit en m^me temps i lulien sur le même sujet, le priar;t aussi de l'instruire de ce qui avait excité les moines de Palestine h des désordres, si c'était pour le parti d'Eutychès, ou par un zèle indiscret contre Juvénal de iéiusalem qui l'avait favorisé. Il lui demanda aussi dos nouvelles des moines d'Egypte et de l'Eglise d'Alexandrie, marquant qu*il avait écrit au nouvel évéque. 11 lui recommande de lui envoyer les actes du concile de Chalcédoine, exactement traduits en latin, et recueillis en un volume.

Les schismatiques publiaient que saint Léon n'approuvait pas le concile de Chalcédoine» sous prétexte qu'il n'avait pas voulu recevoir le canon fait en faveur de l'évèque de Constantinople. Il est vrai que la lettre de saint Léon è Analoiius aurait pu les désabuser facilement mais Analohus n'avait garde de \6 publier; et on l'accuse même d'avoir répandu celle calomnie. Elle fit tant d'impression, que l'empereur Marcien exhorta saint Léon h s'en expliquer nettement. Il croyait l'avoir assez fait, avant le concile par sa lettre à Flavien; et depnis, i^ar celles qu'il avait écrites à l'empereur, a rimpéralrice, et h Analoiius. Toutefois pour satisfaire l'empereur, il écrivit encore uuh lettre adressée h Ions les évoques qui avaient assisté au condle de Chalcédoine; par laquelle il déclare qu'il approuve tout ce qui s'y est fait louchant la foi, et que quiconque osera soutenir Terreur de Nestorius ou d'Eulycliès et de Dioscore, doit être retranché de TEglise. Mais il proteste en même temps d*observer inviolablemenl les canons de Nieée, et de résister è l'auibition, quelque concile qu'elle puisse alléguer en sa faveur, comme il parait par son 0[)posilion aux entreprises de l'évêque de Constantinople, Cette lettre est datée du 21 mars kS3.

Saint Léon écrivit en même temps à l'empereur Marcien et à l'impératrice Pulchérie, qui vivait encore, cour les remercier du

DICTIONNAfRB LEQ 89^

soin qu'ils avaient pris, de ramener doucement les moines de Palestine. Il écrivit aussi è Julien de Cos sur le même sujet. Il lui dit, en parlant de Finjure faite! au prêtre Aëlius, // faiU souffrir cela , (fuant à prêtent^ de peur qn il ne semble que f excède les bornep de la gravité. Anatolius persiste tellement dans sa prêtent ioUf quit a voulu y faire souscrire les évéques d Hlyrie. Je ne lui écris points quoi-

Îue vous en soyez d'avis^ parce que je pots ien qtiil ne veut pas se corriger.

Dans la même lettre, il marque qu*il a reçu wa ordre secret de l'empereur, pour écrire à l'impératrice Eudoxie, comme il lit en effet le '2^ juin, l'exhortant è rameuer Le^ moines égarés de Palestine, et à leur faire entendre uue la foi catholique condainne également les erreurs de Nestorius et d'Eutychès. 11 écrivit aussi à ces moines, attribuant l'occasion de leur erreur à la mauvaise traduction de sa lettre h Flavien. 11 s'étend sur la matière, et après avoir instruit ces moines, qui la plupart étaient fort ignorants, il leur reproche forten^ent leurexcèâ« et les exhorte à en revenir. Celle lettre est une iies plus éloquentes de saint Léon.

Il dit dans deux autres lettres de la même année^que la prédication ne convient point aux moines. Il écrit à Julien de Cos : Comme il est de la puissance impériale^ de réprimer sévèrement les tumultes et les sédi^ tions; aussi est-il de f autorité sacerdotale^ de ne laisser'auxmoines aucune liberté depréchcr contre la foi, et d'empêcher quils ne s^attri^ buent ce qui appartient aux évéques. El à Maxime d'Anlioche : Voiu devez aussi prei^dre garde^ qu excepté ceux qui sont dans le sarer^ doce^ personne n*ait la hardiesse de s^attribuer le droit d enseigner^ soit un moine^ soU un laïque^ qui se flatte de quelque réputation de science. Tout doit être ordonné dans l' Eglise, et chacun de ses membres doit être content de sa fonction. Il répète la même chose daus la lettre à Théodoret. Tout cela h Toccasioa des moines [larlisans d'Eutychès, et en |)ar« ticulier d'un certain Georges» qui se donnait l'autorité d'écrire et de prêcher, avec la permission de Thalassius^iâvêquedeCésarée en Cappadoce.

Maximed'Anlioche avait écrit àsainl Léon, par le prêtre Marien et le diacre Olympius, par lesquels il avait appris qu'il y avait encore en Orient grand nombre de nestoriens et d'eutyehéensqui s'anathémalisaient réciproquement. Saint Léon exhorta Maxime à tenir feruie dans la foi de saint Pierre, d^Ki nous avons, dit-il, succédé l'un et l autre. Ne souffrez point que l'on donne atteinte à cette foi dans les Eglises d Orient^ principaiemeni dans celles que les canons de Nicée ont atlri^ buées au siège d'Anlioclke. J'ai un tel respect pour ces canons^ que je ne permettrai Jamate quon les viole par aucune nouveauté. Conser^ vez soigneusement les privilèges du troisièma siège ; et si vous avez quelque chose à pour^ suivre sur ce sujets expliquez- le par vos lettres^ afin que je puisse vous répondre dune manière plus précise. L ambition prend souvent Vocca^ ^ion d^ se glisser dans les conciles généraux^

LEO

DES PAFEa

LEO

comme daàs h eoncih dEphèse, Juvénal crut

pouvoir taHfpfT la primauté de ta Palesline^ et

établit sa Rétention par des écrits nupposés*

Saint CyrtUe s'y opposa^ et écrivit ici pour

faire connaître cette entreprise^ et empêcher

qu*elU ne fût autorisét. Mous avons trouvé

dans noi archives f original de sa lettre^ dont

vous nous avez envoyé copie. Que si mes frères

envoyés au concile, qui ne regardait que la

foi^ ont fait quelque autre chose^ il n'aura

(lucune force, puisqu'ils auront excédé leur

pouvoir. Vous verrez notre attachement au

roneite de Nicée, par Us copies de la lettre

que nous avons envoyées à lévéque de Cons^

tantinople, pour réprimer son ambition, tt

que vous ferez parvenir à la connaissance de

tous nos collègues.

La lettre de saint Léon h Théodoret tond ^ le consoler, è le conQrroer dans le bon {larli qu'il avait pris. D*abord ces paroles sont remarquables. Nous nous glorifions en fifotre^eiqneur, de ce qui! n'a pas permis que nous perdions aucun de nos frères ; mais ce qu*il avait auparavant défini par notre ministère, il ra confirmé par le consentement irrévocable de toute la fraternité^ et a montré que ce que le premier de tous les sièges avait liécidé, a été reçu par le jugement de toute la chrétientés Car, de peur que le consentement des autres sièges ne parât tinr* flatterie, ou çuon pût former quelque autre soupçon fâcheux, il s en est trouvé qui ont disputé sur notre jugement. Saint Léon dit ensuite à '|*liéodoret : Quoique vous n*ayez pas besoin J* instructions, nous croyons vous devoir aver^^ iir dans I* occasion présente, quen combattant frs ennemis de I Eglise, nous devons mesurer nos discours avec une extrême précaution. Il ne faut plus discuter eotnme de choses doicleuses : mais établir avec une entière autorité, ce qui est défini dans le concile de Chalcédoine, Une faut pas laisser aux ennemis de r Eglise çiucune accasion de calomnie, il le charge ensaile de l'avertir des progrès que fera la ssine doctrine en OrieoL

Saint Léon ayant appris le rétablissement Je Juvénal de Jérusalem, en rendit grAce à fempereur Marcien, par une lettre du 9janfier tôl. En même (emps, il en écrivit à lulien de C0S9 par qui il av/iit appris cette i^réable nouvelle; lui marquant aussi qu*il ivaitreçu de^ lettres de Protéri us d'Alezanïrie^ oui rendaient un témoignage suffisaot le sa loi. Or il y avait lieu de ^*eo délier, >«rce qu*il ét^it disriple de Dioscore. M^is ainl LéoQ se plaint qu'en li>aut rublique** Lient h Copstantinople s>a lettre au concile te Chalcédoine, en présence des évoques et €*s prêtres, on n*en a lu que la première «rtie» qui regardait la foi, et non la second^, Micbant l'entreprise d'Apatolius.

Jl écrivit quelque temps après è Pfolérius, tii lui avait écrit et déclaré qu*il receve^it I lettre à Flavien. Il Tenhorte à' maintenir pureté de la foi, et à ramener les sectaurs d*Eutychès, en leur faisant voir comien la doctrine catholique est éloignée de *lle de NeNtorius. Montrez, leur dit-il, que ftis ne leur enseignez que ce quont enseigné

leurs Pères^ partieulièrement AtnQnase, Théophile et Cyrille, dont vous leur lirez premit' rement les ouvrages, et ensuite ma lettre de Flavien , afin qu'ils en voient la conformité, 11 l'exhorte aussi à maintenir la discipline, h conserver la dignité de son Eglise, à contenir sous son autorité tous les évéques d'Egypte; déclarant. de son côté, qu'il n'a pas moins à cœur \a conservation des canons,

Sue de la foi« ce qui regarde la prétention e i'évèque do' Constantinople. Cette lettre est datée du 10 mars k^. Comme l'empereur Marcien rendait témoignage h la foi de Pro* térius, saint Léon lui écrivit en même temps, et le pria d'envoyer à Alexandrie, par une

[personne sûre, et sous le sceau impérial, sa eltre à Flavien, fldèlement traduite en grec, par les soins de Julien de Cos, et l'adresser aux juges d'Alexandrie qui la fissent lire publiquemenL

Saint Léon était en peine du jour auquel on devait célébrer la Pftque l'année suivante &55, indiclion huitième. Selon le calcul de Théophile d'Alexandrie, ce devait être le 24 d'avril, qui semblait un terme trop reculé ; car on avait cru jusque-là, une le jour de Pâques ne devait être, ni plus tôt que le vingtdeuxième jour de mars, ni plus tard (lue la vingt-unième d'avril. Dès l'année précédente hS3, le Pape saint Léon en avait écrit à l'empereur Marcien» le priant de faire eiaminer cette question par les cens les plus habiles, aUnquelaPft(;(uefAtcélebréeenmémejourpar toutes les Eglises. Il avait aussi chargé Julien de Cos, de poursuivre cette affaire ; et op voit par la quantité de lettres, où il en parle, combien elle était importante. L'empereur envova à Alexandrie un do ses gens avec une lettre k Protérius , qui pour satisfaire saint Léon, lui écrivit une grande lettre, où il traite la question à fond.

Il montre que la Pâque doit être célébrée

f^ar les Chrétiens, non le quatorzième de la une du premier mois, comme chez les Juifs ; mais le dimanche suivant ; par conséquent

auand le quatorzième arrive un dimanche, faut reculer la PAque jusqu'au dimanche suivant, qui est le vingt-unième. Et il ne faut point craindre pour cela de célébrer Ifi PAque dans le second mois ; car on ne compte pas ce mois, du jour de l'équinoxe, qui est toujours le vingt-unième de mars ; mais du jour de la nouvelle lune après l'équinoxe. Protérius soutient cette doctrine par plusieurs exemples; et conclut que le calcul de Théophile est bon, et que la PAque de l'an koH, doit être célébrée le ^ avril. Saint Léon se rendit à l'autorité de saint Protérius, plutdl qu'à ses faisons; voulant éviter la diversité en la célébration de \^ fête; et il écrivit une lettre ètoqs les évoques de Gaule et d'Es[>ague, datée du 28 juillet 45\, par laquelle il les avertit que la PAque prochaine sera le 2^ d*avril, et non le 17; telle fut la fin do ccttç question.

Mais pour prévenir de telles difficultés, et n'être pas obligé de suivre aveuglément rautorité des Alexandrins, saint Léon fit tiavailier h un nouveau canon pasial. Au

LSO

LEO

moins pM-u vraisembiSBIe que Vietôrius ne composa le sien que par son ordre. Ce que nous voyons, r/est qu*HiIarus alors archidiacre de Rome, et depuis Pape, enjoignit à Victorius d'examiner è loisir la raison do la diversité d'opinions, qui se trouvait sur cette matière entre les Grecs et les Latins ; et de montrer h quoi l'on devait s*en tenir. Victorius était Gaulois d'Aquitaine, apparemment retiré è Rome k cause des Gotns; il accepta la commission, et entreprit pour travailler plus sûrement, de reprendre toute la suite des lunaisons et des jours ; c'est-èiliredes fériés, depuis le commencement du monde, suivait la chronique d*Eusèbe. Il trouva que le cycle lunaire des dix-neuf ans dont se servaient les Grecs, était plus sûr que ceux des Latins; et le multipliant par le cyle solaire de vingt-huit ans, il en tit un canon pascal de 532 ans, plus ample que tous ceux que l'on avait faits jusqu'alors; commençant selon lui au consulat ues deux Geminus, qu'il mettait pour l'année de la Passion,etfinissantèTan559de l'incarnation, suivant notre ère vulsaire. Victorius publia ce 7anon pascal l'an K57, et il fut depuis le plus suivi par les Latins. L'auteur se trouve aussi nommé Victorin, ou Victor.

Anatolius de Constantino|3le pressé par l'empereur, offrit de satisfaire saint Léon ; se plaignant de ce qu'il avait cessé de lui Â^:ire./en'at ceisé, dit saint L^on, que quand fai tu qu*il ne me répondait rien qui iémôign/U du repentir de êa prétention ambitieuse^ principalement après ce qui s'est passé touchant Aëtius et André; mais je n* ai jamais cessé de désirer sincèrement sa correction. Après plusieurs lettres de l'empereur, Anatolius écrivit lui-même à saint Léon, que le prêtre Aëtius avait été rétabli dans l'Eglise dons son premier rang d'honneur, ce qui ne signifie jpàH qu'il eût repris la place d'archidiacre ; il ne le pouvait étant prèlre, mais seulement qu'on ravait tiré du cimetière où il était comme relégué, pour le remettre dans le clergé de la cathédrale. Anatolius ajoute : « Ardre, qui avait été honoré de la dignité d'archidiacre, a été sépaié de TE^Iise, avec ceux qui étaient contre saint Flavien, et du parti d'Entichés; quoiqu'ils parussent avoir satisfait en souscrivant la lettre de Votre Sainteté; ils demeureront ainsi, jusqu'à ce que vous en ayez ordonné. Quant à ce qui a été décidé en faveur du ,sié^e de Constant i nople au concile de Chalcédoi ne, soyez sûr qu'il n'y a point de ma faute : j'ai toute ma vie aimé le repos, et i me tenir dans ma bassesse. Mais le clergé de Codstantinople l'a désiré, et les évoques de ces lieux en ont été d'accord, vous le verrez par les actes. »

Anatolius ayant ainsi satisfait, saint Léon lui écrivit : // api>rouve le rétablissement d' Aëtius ei la déposition d^ Andréa ei ajoute : Si André et Euphratas^ que j apprends avoir insolemment accusé Flavten de sainte mémoire^ condamnent par écrit auihentiquemeni fer* reur d^Eutychès aussi bien que celle de Nes^ torius , vous les ordonnerez prêtres après avoir choisi pour archidiacre un homme

quî n âïï jamais été soupçonné de ctt hi* résies. Les autres qui étaient dans la mérm faute seront rétablis ^ s'ils satisfont ie même; mais il ne faut mettre aux prefiit^e« places que ceux qui constamment n ouront jamais été engagés dans aucune trrtur. Quant h la prétention ambitieuse d'Anatolius,. le Pape ne parait pas persuadé de sa sincérité sur ce point. Cette lettre est du 29 mai &54.

En même temps, saint Léon écrivit à l'empereur sur le môme sujet, et le pria de réprimer le moine Carose, qu'il qualifie de très-ignorant et très*corrompu ; qui pervertissait beaucoup de gens , soutenant 1 héré<>ie et méprisant l'autorité du concile. L'empereur eut égard à cette prière e( ôla de leurs monastères Carose et Dorothée, les envoyant en lieu oh ils ne pouvaient nuire à

{personne. Peu de temps auparavant, saiot .éon avait prié l'empereur d'envoyer Euljch es plus loin , avant nppris par' Julien de Cos que, du fond de son exil, il s'efforçait de tromper, et blasphémait contre la doctrine catholique avec l'impudence d'un homme désespéré. Dioscore mi»urat la même année è Gangres, où il était relégué, et saint Léon l'ayant ap|:>ris, espéra qneceui qui s'étaient égarés reviendraient plus facilement.

Juvénal de Jérusalem écrivit h saint Léon, pour lui faire part de son rétablissement. Je m*en réjouis, dit saint Léon ; mata en faisan/ réflexion sur le passé , je vois que vms vous êtes attiré vos malheurs^ et que vous avn perdu l'autorité, pour résister aux hérétiques, qtmnd vous avez témoigné approuver leur erreur^ en condamnant Flarien et recerant Eutijchis au faux concile dEphèse, Personne^ ajoiite-t-il, n'est plus inexcusable en cette matière que ceux qui demeurent à Jérusalem et oui n'ont pas besoin de lecture pour connaître la vérité de l'Evangile : voyant de leurs r eux les lieux où se sont accomplis les mystères, I conclut par ces deux mots qui sulfisent pour détruire l'hérésie d'Eutycnès : La Divinité ne peut être passible en son essence, et la vérité n'a pu tromper en feignant de prendre notre nature. Sa lettre est du k septembre ^M.

Dans une lettre de cette année, saint Léon se plaint à l'empereur Marcien que tes économes de l'Eglise de Constanti nople rendaient leurs comptes devant les juges séculiers : ce qu'il dit être sans exemple, et contre l'usage, suivant lequel les comptes des Eglises se rendaient devant les évêques.

L'année 1^55 fut signaléo par les ravages que Genseric fit en Italie. « L'Afrique, » dit M. de Montvert, « avait expié par de cruels malheurs les crimes dont saint Augustin avait annoncé le cbAtiment. Genseric, réahr sant sa prophétie, s'empara de Caribage en fc39, et bientôt toute l'Afrique «émit sous je joug de ce chef de Barbares. La veuve de Valentinien, ^Eudoxie, avait été contrainte d'épouser son meurtrier et son successeur, Maxime; elle n'attendait que i 'occasion de

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