‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 59 sur 123 · KS · texte numérisé non relu

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DES PAPES

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la vengeance. Un de ses aflldés fut chargé par elle daller trouver le roi de$ lerres tt des mm (lel était le titre que tienseric s'était déveroé è lui-uiéoie après la prise de Cartha^^e)» et de rinviler à passer en Italie. Gensenc n*liésj|a lias : sur*le*cliaaip il déploie ses vr>ile.s, il s'étance sur les Ilots à la tète d'A- \rk\nSf de MauroSt de Vandales^ avant à ses côtés lemessa^^er de Timpératrice; il arrive el débarque h Ostie le là juin &55. Ni le jK'uple de Rome» ni ses gouvernants, n'avaient cherché à pré|)arer la défense ; les sénateurs et les magistrats ne cherchent qu'à luir le danger; le peuple» furieui de la lâclieté de ses mallres » se précipite sur Ifaiiroe au nipnoenl où il allait quitter Rooio H le lue, ainsi qu'un de ses fils. Maxime ivalt régné soixante-dix-sept jours. Mais les ioiiiaius, si courageux pour verser le sang i*ua iionune, n'osent pas mémo tenter de oinhaUro. (jenscric; parvient en trois jours tijx |)orles de la capitale du monde : quel rc'st |ias son étonnemcnlY La grande ville Il i apparaît comme un vaste sépulcre d'oà ii3 sort pas même un gémissement. Le roi Lss terres et des mers ne s'épouvanta pas de ai luguhre et morne silence : il se préparait entrer dans Home lorsque saint Léon , e fêta de ses ornements pontificaux, et ac* r>ni)>Agné de son clergé, que suivaient les riiicipaux per$onna($cs de la ville, |)arul iïvani lui. Le Pontife obiint de (jenseric ue Rome ne serait point livrée aux Hammes, t {|ue la vie des habitants serait épargnée; lais l'ingratitude des Romains, qui avaient ' mal reconnu le prodige opère pour les lu ver des mains d'Attila, demandait un j^liuieut. A la vue des désordres de son u'ufile^ aainl Léon Tavait souvent prédit : la rdire, celte fois, ne fut pas complète. Gen- ;ri€ réserva à ses soldats le droit de piller d'amener des captifs. Ce pillage dura quarte jours et uuatorze nuits : les églLses, s f>alais, les habitations particulière.s lurent .^vaslés, soixante mille prisonniers, dont b Barbares espéraient obtenir la rançon, rent conduits à Carthago.

A(>rès avoir épargné aux Romains la perte t la ville, saint Léon s'appliqua à souiager i iuaux, suites de tant de désastres. Si son ^uroir avait des bornes, sa charité était ris limites; les églises dévastées furent ndues au culte; des secours lurent dislriiés« elc, etc

• Pou après le sac de Rome, l'empire d'Ocleni fut livré aux caprices d'un Barbare mmé Ricimer, Suève de nation, et petit-

• par sa mère, de Wallia, roi des Visigolhs. »'empara du droit d'élire les empereurs,

crôaoty lesdéposant, les assassinant, suint SCS fantaisies ou les intérêts du jour, uiipire d'Occident n'avait plus, en réalité, chefs* ni généraux, ni soldats ; im divers jpfes barbares se partageaient ses proices« Les Francs s'établissent dans la Ki<|tAe» l'Italie est disputée entre Oreste, At^n secrétaire et ambassadeur d'Atti'a, Odoacre, fils d'Êdecon, autre agent du #

r «les Huns. Romulus Augustule, fils en-

core enfant d*Oreste, est nommé emi^ereur l>ar son père. Odoacre soulève les BarlMres, massacre Oreste, emprisonne son fils et en>voie h Conslantinople les ornements impériaux en disant : Que dé$ormai$ un seul empereur iuffisaU danâ le monde. Telle fut la lin de l'euipire d'Occident. Détournons nos rej^ards de ce spectacle d'humiliations, d'abaissements, de ruines et de meurtres ; il n*y a plus d'empereur è Rome, mais il y a un Pape; là, au nom de Jésus-Christ, régnent le génie, la vertu et la gloire. »

Peu après ces désastres, Anaiolius avertit sa m Léon que les hérétiques demandaient hautement un nouveau concile, pour casser les décrets deceluideChalcédoine ; mais que l'empereur avait rejeté de lui-même cette proposition; que toutefois il était à propos que le Pa|>e lui écrivit pour le soutenir dans ses bons sentiments, et le prier de remédier è ces maux. Le Pape saint Léon écrivit donc à l'empereur Léon, à qui il avait déjà écrit pour le féliciter sur son avènement à l'empire. Par cette seconde lettre, il le prie de tenir ferme pour Taiitorité inébranlable du concile de Lhalcédoine. et de procurer la paix de l'Ëglise d'Alexandrie, en y faisant ordonner un évéque par les Catholiques. La lettre est du 9 juin <r57.

Saint Léon crut aussi devoir exciter les évèques des grands sii^ges è soutenir la bonne cause par un consentement unanime. Il écrivit donc à Basile d'Antioche une lettre qui commence ainsi : Noue devrions avoir appris voire ordination suivant la cotUumo de f Eglise^ par vous ou par nos frères les évéques de la province : vous ne manquex pas de raisons qui peuvent vous en avoir empêché; V empereur Marcien^ de sainte mémoire^ nous a fait savoir par ses lettres votre eonsécra^ lion; et d'ailleurs nous vous connaissons as^ sex pour ne pouvoir douter de votre mérite. Il l'exhorte ensuite à résister ai/x entreprises criminelles des eutychéens, etk ne pas souffrir que Ton porte atteinte au concile de Chalcédoine; car on ne l'attaque^ dit-il, que pour anéantir le mystère de l Incarnation. Je suis Uësuré que l'empereur ^ lepatrice et tous les magistrats n'accorderont rien aux hérétiques au préjudice de l'Eglise^ s'ils voiefU aue le cou^ rage des pasteurs n*est point ébranle, il charge Ikibtie Ue faire part de cet avis k tous les évèques, c'est-^-dire à ceux de sa province. La même lettre fut envoyée k Juvénal de Jérusalem el è Euxithée de The^salonique. £lle est du 23 août 457.

' Ensuite saint Léon, trouvant l'occasion d'un nonimMéronre, qui retournait è Constantinople, écrivit trois lettres le premier jour de septembre; l'une à Julien de Cos pour le charger de faire tenir les lettres qu'il avait écrites aux métropolitains, et se plaindre de ne que quelques-uns accusaient d'ol)Scuriié sa lettrée FLivien, prétendant qu'elle devait être mieux expliquée. La seconde lettre est au prêtre Aëiius, à qui il dit qu'il a écrit au patrice Aspar, à Spuratius, et à d'autres personnes. Je vous envoie oiuet, ditil, des copies de lettres que lu évéquu de

DiCTiONNAlM!

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Gaule et d'Italie nous ont envoyées, afin giie vous voyiez cotnbien nous sommes unis avec eux par la même foi. La troisième lettre est à Tempereur Léon pour le fortifier de plus en pins dans la protection du concile de Chalcédoine. Majorien régnait alors en Occident, ayant été déclaré empereur à Ravi*nne, du consentement de l'empereur Léon.

Le Pape saint Léon ayant appris que les év6qui*s catholiques d'Egypte s'étaient réfugiés à Constanlinople leur écrivit plusieurs lettres, pour les consoler et les encourager. Dans la dernière, qui est du 29 mars i^58, il les nomme jusqu'au nombre de quinze, dont les premiers sont Nestorius, Athanase^ Pauli Pierre et Thomas. Cependant il écrivait aussi à Anatolius de Constanlinople et à l'empereur Léon. Il se plaint à Anatolius q^ie quelques-uns de ses clercs favorisaient les hérétiques, et Texhorte à \es retrancher de l'Eglise, s'il ne peut les corriger. Et comme Anatolius n'avait point donné ordre à ce sujet, il l'en a ver lit encore plus fortement par une seconde lettre ; inarquant en particulier le prêtre Atticus, qui avait prêché dans l'église contre la foi catholique et le concile de Chalcédoine. il demande qu'il se rétracte publiquement, en condamnant la doctrine d Eutychès. Anatolius ne trouva pas bon ce soin» que saint Léon prenait de son clerc. Le prêtre Atticus envoya aussi, pour sa justification, lin écrit où il protestait qu'Eutychès lui avait été odieux ; sur quoi saint Léon répon^ dit à Anatolius :

Vous ne devez point trouver mauvais que je vous aie renvoyé Cexamen de ce que (on disait contre vos clercs, je nai point en cela blessé votre dignité^ mais fai pris soin de votre réputation, qui m'est aussi chère que la mienne. Quant au prêtre Atticus^ l ambiguïté de son écrit confirme ce qui nous a été rap^ porté. Car autre chose est l'inimitié qui se trouve même entre les Catholiques, autre chose l'erreur que la foi condamne. Il faut donc quil montre évidemment ce qu^il condamne en Hutychis, et qu'il promette de garder la définition du concile de Chalcédoine, («ette lettre est du mois de murs 458.

Saint Léon écrivit en même temps au clergé de Constanlinople, pour le confirmer dans la fui et dans l'éloignemenl des hérétiques, et pour faire déposer Atticus et André, que 1 on accusait de la même erreur, s'ils ne la condamnaient publiquement.

L'empereur avait invité le Pape à venir à Constantinople, sur quoi le Pape lui répondit! dès le 1" novembre tô7, qu'H n'y avait point de raison d'examiner de nouveau ce qui avait été décidé au concile de Chalcédciine : Autrement^ dit-il, les troubles des Eglises n auraient point de fin^ si on renouvelait toujours les disputes au gré des hérétiques. Il leihorte à ne les point écouter et à les chasser, au contraire, du siège d'Alex.indrie, (|u ilsontsi iiidignementusurpe.il remarque la différence des requêtes dont l'empereur lui avait envoyé copie ; les Catholiques avaient souscrit là *pnr et y avaient mis

hardiment leurs noms et leurs qualités ; les hérétiques n'avaient point souscrit, de peur qu'on ne vit leur petit nombre et Tindignitô de leurs personnes. Ayant perdu reSpérance d'un concile oôcuménique, ils deniandaient^au moins une conférence oiii ils pussent exposer leurs raisons; mais saint Léon tint ferme et soutint qu'il ne fallait entrer avec eux en aucun examen de doctrine. Il promit toutefois d'envoyer des légals en Orient, suivant l'ordre de l'empereur, non pour disputer contre les ennemis de la foi, mais pour ins'» truire ceux qui voudraient simplement être éclairés. «Car nous n*osons,» dit-il, «aucunemetit mettre en qucsiion ce qui a été décidé à Nicée, a Chalcédoine. • Cetu lettre est du 22 mars 458.

II. envoya, en effets quatre mois après, deux députés» Domitien et Geminien, évèques, mais seulement pour solliciter auprès de l'empereur la paix de l'Eglise, comme il paraît par sa lettre du 17 août 458, oùj parlant des crimes de Timolhée Elure, il dit : Nous ne désirons point la vengeance, mais nous ne pouvons avoir aucune société avec les ministres du démon. Que si nous les voyons venir à pénitence , nous pouvons prier méine pour euar, afin qu'ils ne périssent pas éternellement. Incontinent après, c'est-àdire le 20 août, il envoya à lempcreur une instruction plus ample^ qu'il lui avait promise, touchant la foi^ où il traite du mystère de l'Incarnation et de la Rédemption, et ré« fute les erreurs de Nestorius et d'Eutychès, à peu près c/)mme il avait fait dans la lettre è rlavien, insistant principalement sur \sl nécessité de croire que Jésus-Christ a eu une véritable chair comme la nôtre. Il joint à cette lettre des extraits des Pères latins et grecs, savoir : de saint Hilaire» saint Athanaso, saint Ambroise, saint Augustin, saiot Jean Chrvsostome, Théophile d Alexandrie, saint Grégoire de NazianzCi saint Basile» saint Cyrille d'Alexandrie.

La ville d'Aquilée, une des plus puissantes d'Italie, avait été prise et pillée par Attila, quand il ravagea le pays. On avait amené plusieurs captifs, dont quelques-uns avaient mangé des viandes immolées, ou souffert d'être rebaptisés ; quelques-uns, à leur re« tour, avaient trouvé leurs femmes remariées. Nicétas, évêque d'Aquilée, consulta saint Léon sur tous ces cas, et saint Léon lui répondit par une décrétale datée du21 mars (^58. A l'égard des femmes qui se sont remariées, croyant que leurs maris avaient été tués , ou qu'ils ne reviendraient jamais, saint Léon décide que, quand ils reviennent, elles doivent retourner avec eux, sous peine d'excommunication; parce que le premier mariage subsiste toujours, quoique les seconds maris soient excusatdes. Ceux que la crainte ou la faim a obligés à manger des viandes immolées doivent faire pénitence, mais on la mesure plus par la véhémence de la douleur, que par la longueur du temps. Ceux qui se sont fait rebaptiser, par crainte ou par erreur, ne sachant pas qu'il fût défendu, doivent être mis en pénitence u« ré-

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conciliés par Timposilion des mains de révoque } mais on abrégera Ja pénitence si la vieillesse! la maladie ou quelque autre péHl les presse. Ceux qui n oui été baptisés qu*une seule fois, mais par les hérétiques, iioivent être seulement continués par rimposition des mains, avec l'invocation du Saint-Esprit, pour recevoir la sanctificalion que les hérétiques ne donnent point. Saint Léon ordonne à Nicétas de communiquer cette lettre à tous ses comprovinciaux, afin qu'ils observent la même discipline.

On doit rapporter à la même année la décrétalc de saint Léon à Néonas , évécjue de RavennC) qui est le résultat d'un concile, et où le Pape décide, suivant Tavis commun, qiieceux qui ont été emmenés en captivité avant Tâge de raison, et n'ont aucune mémoire d'avoir été baptisés, doivent être examinés soigneusement, pour voir si on ne découvrira poidt par eux, ou par d'autres , quelques preuves de leur baptôme. Mais enfin, SI on n'en trouve point, on doit les bap* tiser hardiment^ sans craindre le péril de les robapiiser, de peur de les laisser périr par un vain scrupule. Il n'était pas encore mention de baptiser sous condition.

On trouve que saint Léon ordonna que les vierges ne recevraient point la bénédiction solennelle avec le voile, qu'elles n'eussent été éprouvées jusqu'à quarante ans ; ce i^ui fait croire que ce fdt de sou avis, que 1 empereur Majorien fit une loi contre les l^areuls qui forçaient leurs filles à se consacircr h Dieu : défendant que les filles ainsi tbrcées par leurs parents, reçussent le voile nvant l'âje de quarante ans, leur donnant li- Ijcrté de se marier jusqu*à cet flge.

La même loi réprime sévèrement les veuves qui, n'ayant point d'enfants, renonçaient Aui^ secondes noces, par libertinage et non par vertu. Cette loi est datée de Ravenne le 26 octobre /»58.

L'empereur Léon, ayant reçu les ré^^onscs des métropolitains, qu'il avait crmsultés au sujet de l'autorité du concile de Chalcéiloine. écrivit à Styla duc d'Alexandrie, de chasser Timothée £lure, ce qui fut exécuté. Mais à la sollicitation de quelques ennemis de la foi, il eut permission de venir è Consiantinople« et faisant semblant d'ét.re Catholique, il demanda à rentrer dans son siége^ comme n'en ayant été chassé qu'à cause de In doctrine. Le Pape saint Léon, l'avant appris, eh écrivit à I empereur Léon. 11 le remercie d*abord| au nom de toutes les Eglises, d*avoir chassé l'usurpateur, cl le prie de fnire élire un évéque d'Alexandrie, qui n'ait jAinais été soupçonné de Théfésie dont il £»'agtt. Quant à Timothée^ dit-il, quandméme sa profesêion de foi strail sincère , l'horreur de ses crimes suf/il pour V exclure à jamais de l episcopai^ puisque dans un évéque^ principalement d^un siège si grand , le son despa* rôles ne suffit pas, à moins qu'on ne soit as- Muréde sa religion par ses bonnes œuvres. La lettre est datée du 17 juin ^^60.

Saint Léon , apprit environ deux mois ai'rès, qu« Timothée £lure avait été relé-

gué dans la Ghersonèse, sous l>onne garde, et qu'un autre Timothée surnommé S<)lofaciole ou le Blanc, avait été élu évêque d'Aleiandrie, du consentement commun- du clerijé et du peuple. Jl en reçut ses lettres d'avis, avec cellesdes dix évèquesd'Egyute, et du clergé d'Alexandrie. Saint Léon leur répondit par trois lettres, où il les félicite de celte éleiUion, les exhorte à la concorde^ et è ramener avec douceur les hérétiques. 11 prie Timothée en particulier du lui écrire souvent, pour l'instruire du progrès que la paix fera dans son Eglise, Ces lettres sont du 18 août (^60, et les dernières qui nous restent de saint Léon, suivant l'ordre des temps.

Mais il y en a quelques-unes que nous n'avons pas rapportées selon leurs dates, parce qu'elles ne sont que de discipline. La première adressée à Darus, évêque de Béiiévent, est du 15 mars ^48. Saint Léon le reprend vivement d'avoir troublé Tordre qui devait être entre les prêtres de son Eglise. Il avait oï*donné un nommé Epicarpe, et l'avait mis à la tête de tous sea prêtres, du conseuteiiicnt, et même à la prière des deux premiers. Un autre prêtre nommé Paul, s'en plaignit au Pape, qui ordonna que chacun d'eux garderait le rang de son ordination, excepté ces deux premiers qui avaient cédé leur rang par une lAche flatterie, et par collusion avec l'évêque. 11 veut que ces deux demeurent après celui à qui ils ont cédé, c'est-à-dire les derniers de tous. Encore saint Léon prétend leur faire grâce, et qu'ils méritaient d'être déposés. 11 commet l'exécution de ses ordres à un évêque nommé Jules.

La seconde de ces décré taies, est adressée! à Théodore évêque de Fréjus, et regarde I& pénitence. La date est du 10 juin 452. Le Pape saint Léon, reprend d'abord Théodore de ne s'êre pas adressé premièrement à sou métropolitain, pour l'instruire de ce au'it ignorait. Puis il marque tout Tordre de l'administration de la pénitence : la confession, la satisfaction, et la réconciliation, qui fait rentrer dans la participât on des sacrements. Il (lit i]ue ta pénitence s'accomplit par le mi* nistère des pasteurs, mais par la puissance de Jésus-Christ , et le don du Saint-Esprit, Ce re I ide nest gue pour les vivants, et ne peut plus être appliqué aux morts, qui Vont négligé pendant leur vie : mais tant que la vie dure , nous ne pouvons mettre des bornes à la miséricorde de Dieu, et nous devons accorder la satisfaction et la réconviliation à tous ceux

?ui la demandent, même dans te péril, et à extrémité de la vie; pourvu que la conver^ sion soit véritable. Nous ne devons pas être difficiles dans la dispensation des 4fons de Dieu: ni mépriser tes larmes de ceux qui s'accusent : au contraire, nous devons croire que cest Dieu qti leur inspire la pénitence. Quand ils auraient perdu la parole, il suffit quils donnent des marques d^une connaissance entière ; ou que des p^sonnes dignes de foi témoignent quits ont demandé la pénitence» Le Pâi»c recommande à Tliéodore de l'aue

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<$unnat(re cette réponse h son métropolitain, pour Tinstruction des autres évAques.

La troisième décrétale est adressée è tous les éréques de la Campanie, et des deux

KovÎBces voisines, nommées Sarnnium et cenum, et datée du 6 mars 459. Saint Léon y reprend fortement ces évoques , de ce qu'ils administraient le baptême sans nécessité, hors les deui jours solennels de PAçiue et de la Pentecôte ; et qu'ils .les donnaient sans les préparations nécessaires; Twstruction , les exorcismes, Timposilion des mains et les jeûnes. Il leur reprocbe de mépriser ainsi les règles, par un'motif d'intérêt; et indique les cas de nécessité, où

I on doit administrer le baptême en tout temps : savoir une maladie désespérée, uue incursion d'ennemis, la crainte d'un, naufrage. Il reprend ainsi ces évoques, de ce qu lis faisaient réciter publiquement la confession des pénitents. Celte abondance defôi^ dit-i^, est louable^ qui fait que Von craint Dieu^ jusqu*à ne paê craindre de rougir devant tee hommes ; mais totis les péchés ne sont pas de telle nature, que ceux qui demandent la pénitence y ne craignent point de les publier; et plusieurs s'en éloigneraient , ou par la honte , ou par la crainte de leurs ennemis, qui pourraient les poursuivre en vertu des lois.

II euffit donc que les péchés soient confessés , premièrement a Dieu, ensuite au pritre , par une confession secrète.

Les écrits qui nous restent du Pape saint Léon, sont quatre-vingt-seize Sermons sur les principales fêles de rannéQ, et cent quarante et une Lettres. Cest le premier de tous les Papes, dont nous ayons un corps d*ouvrage. Son style est noble et élégant : marquant la solidaé de son iugement, la beauté de son esprit, et la grandeur de son courage. Après le ravage des Vandales, il renouvela l'argenterie dans toutes les églises de Rome , ayant fondu |K>urcet effet, six grands vases de cent livres chacun , donnés autrefois (Mir Constantin. Il répara la liasilique de Saint- Pierre, et y construisit une voAie qu'il onia. Il rebâiitaussi la basittquudeSainl-Paul, frappée do tonnerre, et y construisit une voûte, où il tit peindre en mosaïque, Notre-Seiguour Jésus- Christ , accompagné de vingt quatre vieillards, avec une inscription qui marque que cette Eglise avait été commencée par Théodose, achevée par Ilonorius, et ornée par Placidie et par saint Léon, il lit aussi une basilique en l'honneur du Pape saint Corneille, près le cimetière de Calliste, sur la voie Appienne. Il établit aux sépulcres des saints apôtres des ganliens, que l'on appelait chambriers, depuis chapelains, parce qu'on nommait alors chambres les chapelles. IlUt quatre ordinations à Home, au mois de décembre, et ordonna quatre-vingt-un prêtres, trente-un diacres, et cent quatre-vingtcinq évêques en divers*lieux.

Ce saint Pape, après avoir contribué plus

3ue personne h procurer k l'ti^lise, le calme ont eHe commença alors de jouir, alla luimême prendre la couronne due à ses travaux, des mains dujuste Juge, le 10 novem-

bre de Tan 461, après vingt et ou ans de ponli&cat. Sa mort plongea dans l'affliction la ville de Rome, et tous les Catholiques gé> mirent de voir l'Eglise privée du pasteur si vigilant contre les hérésies, et si zélé pour arracher l'ivraie du champ du Seigneur. Il fut enterré dans Téglise de Saint- Pierre. Peu de temps aprè^> , son corps fut levé de terre et transporté dans un outre endroit de la même église , et roiniiie cette cérémonie eut lieu le 11 avril, sa fêlo a été fixée à ce jour. On fit en 1715, une nouvelle translation de ses reliques, et, après les avoir renfermées dans une botte de plomb, on les plaça sous Tautel de son nom, dans Téglise du Vatican. Benoit XIV, ordonna en 17U, que l'on dit, le jour de sa fête, la Messe propre des docteurs , et dans le décret qu'il publia à cette occasion, il fait le plus grand éloge de sa science et de sa sainteté. Bower, dans les Vies des Papes, dit de lui qu'il avait des talents extraordinaires, nu'il a surpassé de beaucoup tous ceux anl l ont précédé dans le gouvernement de I £• glise romaine, et qu*il a eu peu de successeurs dont le mérite ait approché du sien. Saint Léon doit en partie à ses écrits le siknom de Grand, que la postérité loi a décerné.

M. de Saint - Chérou , qui a fait une étude approfondie du pontiticat de saint Léon et de son siècle, dit « qu'au milieu de tant de travaux et de soucis pour le gouvernement de l'Orient et de l'Occident, saint Léon, était encore le modèle des évêques, par la vigilance avec laquelle il s'occupait de réformer son clergé et de Tinstruire, de prêcher la parole de Dieu aux fidèles de Rome, de perfectionner la liturgie, de solenniser le culte, de construire et de réftarer les églises ; et comment il a attaché son nom aux plus antiques et aux plus célèbres monuments de l'art chrétien. » — « L*éto-

Îuence de ce grand Pape, » dit M. l'abbé uillon, « a on caractère spécial, et qui sem* ble appartenir à lui seul. Ce n*e$t point la vigueur mâle, impétueuse de saint Grégoire de Nazianze, ni la pompe et la magniticence de saint Jean Chrysostome, ni fàbondante subtilité d'esprit de saint Ainbroise, de saint Augustin : c'est une éloquence grave, sans passion, pleine de dignité, et quires^ pire le souverain, celle, en un mot, qui convient émincment au vicaire de Jésus- Christ, toujours maître de lui -même coniioo de toute la nature : c*est vraiment la religion du Roi des rois, qui, assise sur le trftno de saint Léon, dicte ses orncles par la bou* che de son Pontiic. »

Saint Léon montra durant (ont le roursde son long nonliricat, une force de courage et une grandeur d'Ame extraordinaires. Les ouvrages qui nous restent de lui font ssseï juger avec quel soin il étudia les klles lettres, l'éloquence, et encore plus la scieme ecclésiastique, n Dieu qui le destinait, >«iil un concile œcuméniciue, « à remporter dd

grandes victoires sur I erreureta soumettre ï la vraie foi toutes les pensées iie^ li'»^'

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DES PAIRES

Dies, Tavait, pour ainsi dire, couvert des ar- D)es de la science el de ]a vérité. »

LEON 11 (Saint) était ais de Paul, et naquit è Codelie, petite ville de TAbruzze ul« idrieure. — Il avait été formé dès le bas Age à Tétat ecciésiastic^ue, et s'était rendu fort habile dans les saintes Ecritures et dans Téloquence. Aussi ne jugea-t-on personne plus propre que lui à remplir le Siège apostolique après la mort dn Pape Agathon. Il fut ordonné le 17 août 683. Ses premiers soins furent d'assembler un synode, pour faire recevoir les décrets du sixième concile, dit de Constantinople, Comme il était ba« bile dans le grec, il traduisait lui-même en latin les Actes do ce concile, afin d*ën communiquer la connaissance dans tout l'Occi* dent. Il fit ensuite divers rèslements pour nerfeclionner la discipline derEglise. 11 rérorffla le chant que nous appelons Grégorien et composa de nouvelles hymnes pour l'Office divin. Il fit éclater le zèle qu'il avait pour rhonnçur de son Siège contre les év6-

3ues de Bavenne» qui, se trouvant appuyés es exarques, ou lieutenants de l'empereur en Italie, et qui résidaient è Rome, faïaaieut diflicullé de reconnaître son autorité autrement que les. patriarches de Constantinopie, d'Alexandrie et d'Antioche. tous $vs soins ne teadaieat qu'à rétablir dans tou* le l'Eglise la pureté de la foi ei celle de$ (uœurs.

Ce fut en 683, un an après son élection, jue le Pape Léon H envoya è Coostaotinolie Constantin, sous-diacre régionnaire du >a)nl-Siége, et qui avait assisté au sixième oncile oecuménique tenu sous le Pape Aga«hoa. 11 le chargea d'une lettre pour Tem- •creur où, parlant des actes de ce concile, il il : Lesafani êoigneusement examinés^ nous Bs avons trouvés conformes à es que les légais ous avaieni rapporté; et nous avons vu que e sixième concile a suivi exactement les etnq récédents. Nous avons eu aussi comme tris^ yréabie ledit de votre piété qui^ arec la déci' ion du concile^ fait comme un alaive à deux ranchànis pour exterminer les hérésies, Cesi ourquoi nous consentons à la définition du lint concile sixième^ et la confirmons par autorité de saint Pierre^ le recevant comme ts cinq autres conciles. Nous anathématisons rec lui les inventeurs de la nouvelle erreur^ 'héodore de Pharan^ Cyrus d'Alexandrie^ ergius^ Pyrrhus et Pierre de CqjMtantino" f€. y ous anathématisons aussi MacairCf jadis /que d^Antioche^ Etienne son disciple^ /'imjsteur Polychrone et tous leurs semblables, ous avons fait tous nos efforts^ comme vous JUS y exhortez par votre lettre^pour les tiuuire ei les ramener à la vraie foi: mais ils mi demeurés opiniâtres.

Toutefois il y en eut deux i qui le Pape 'uJil la communion, Anastase, prêtre, el ^once, diacre de l'EgUsede Constantinople, ii avaient été avec les autres enfermés ins divers monastères de Rome^ quoique le oncile ne les eût pas anathémalisés. Le ipo les reçut k la communion le jour de [::i>iphaQie, 683, après qu'ils eurent donné

DiCT. DBS Papes.

leur confession do foi par écrit el anathématisé les hérétiques.

Comme les évèques d'Espaene n*avaient point assisté au sixième conciie ni h celui qui avait été tenu è Rome par le Pape Agatnon, le Pape 'Léon 11 leur envoya la défioilion de foi contre les monothéliles avec une lettre ot^, leur annonçant la conclusion du concile de Conslanlinoplo. Il termine ainsi : La lettre du Pape Agathon^ notre pr<fdécesseur^ et celle de notre concile^ y ont é:é lues et approuvées. On y a condamné Théodore de Pharan^ Cyrus d^Alexandrie^Sergias^ Pyr^ rhuSf Paul et Pierre de Constantinople,.. Et parce que les actes du concile ne sont pas en* core aclievés di traduire de grec en latin : notés vous en envoyons cependant la définition avec le discours a V empereur^ et son édit ; et nous vous enverrons^ si vous le désirez^ tous les Actesj quand ils seront traduits. Nous vous prions donc de faire connaître celte définition du concile à tous les évéques et à tout le peu" pie de votre province^ d'y faire souscrire tous les évéques et de nous envoyer vos sous* criptions^pour les déposer près de la confession de Saint-Pierre. Le Pape Léon II écrivit pour Ie!m6me sujet trois autres lettres adressées à Quirice, archevêque de Tolède, à Sim« plicius, et au roi Ervige; mais elles seraient trop longues pour les rapporter ici.

Ce saint Pape, très-versé dans la musique et la poésie, établit le baiser de [)aix à 1^ Messe et l'aspersion do l'eau bénite sur Je peuple, el fit, malgré la brièveté de son pontificat, beaucoup de choses utiles à la religion. Il se fit admirer par son éminente piété et par sa grande charité pour les pauvres. Les fidèles souhaitaient de jouir longtemps dea avantages que leur procurait son pontificat; mais Dieu en disposa autrement el voulut couronner ses bonnes oeuvres en rappelant è lui le 23 mai 683. Il gouverna rEglise avec autant de sagesse que de fermeté pendant un an et deidi, et fut enterré dans 1 église du Vatican le 38 du même mois, jour auquel il est honoré. Il fut le contemporain dfe l'empereur Constantin Pogonat el de Thierri 1*% roi do France. De son temps» l'JEgUse de Ravenne fut entièrement remise sous la dépendance du Saint*Siége; et l'empereur envoya des lettres portant que l'archevêque étant mort, le nouvel élu irait k Rouie se faire ordonner. Le Pape de son côté lil une ordonnance, par laquelle il déchai;-

Seait l'archevêque de ce qu'il avait coutume e payer à l'Eglise romaine, pour l'usagée du paliium et pour d^autres devoirs. Mais il défendit de faire l'anniversaire de Maur, archevêque de Ravenne, qui avaii voulu se soustraire à l'obéissance de l'Ei^lise romaine, et on obligea ses successeurs è rendre au Sainl-Siége le type ou ordonnance de l'empereur, qu'ils avaient obtenu pour leur indépendance. Le Pape Léon II, bêiit une église a Rome près Sainte-Ribienne, oi!^ il mit les corps des saints Simplicius, Faustin, Réatrix et de quelques autres martyrs, et la dédia au nom de saint Paul. Il fit bêlir dctts autres églises en l'honneur de saicl

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Sébastien et de saint Georges, et il eut pour successeur Benoit 11.

LEON 111 (Saint) « quatre-vingt-seizième Pontife et successeur d'Adrien 1". Ce Papo fut le contemporain de Constantin VII, Irène, Nicéphore, Cnarlemagne et Louis le Débonnaire. — Saint Léon III naquit à Rome, et dès son bas Age, il avait été élevé dans le séminaire du palais palriarx^al de Latran, où il s'était nourri de TEcri^ure sainte, et, I)arfaitement instruit de la discipline ecclésiastique; ses mœurs étaient pures, ses discours éloquents, son courage ferme.

Porté d'une sainte inclination pour les serviteurs de Dieu, quand il trouvait quelqu'un ou quelque moine distingué par sa vertu, il s attachait à lui, s^entretenait de choses spirituelles et priait avec lui. Il faisait l'aumône, y eicitait les autres, visitait les malades et les exhortait. Une vie aussi édifiante lui attirait les respects de tout le monde; aussi fut-il élu, avec le plus grand empressement tout d'une voix, sans nulle exception, par les évoques et le clergé, aux applaudissements unanimes des grands et du peuple, le jour de saint Etienne, 26 décembre 795. il était prêtre du titre de Sainte-Susanne,et fut ordonné évoque dès le lendemain de son élection ; c*était le jour de saint Jean Tévangéliste, qui, cette année, tombait un dimanche. Il tint le Saint-Siégo vingt ans cinq mois et dix-sept jours.

Quoiqu'il fût très-doux, il ne laissait pas d'être ferme pour la défense des droits de l'Eglise ; il rendait justice à tout le monde et faisait de grandes libéralités. Il augmenta les distributions du clergé, et Qt aux 6ç\U ses de Rome, de si grandes et de si ricnes offrandes, qu'il serait impossible de les énumérer ici.

Dès qu'il fut élevé sur le Saint-Siège, il envoya au roi Charlemagne des légats chargés des clefs de la confession de Saint-Pierre et l'étendard de la ville de Romei avec il'autres présents, et le pria d'envoyer quelqu'un des seigneurs de sa cour qui reçut le -serment de tidélité des Romains pour les «ssurer dans son obéissance. Le roi envoya Angilbef t, abbé de Saint-Riquier, avec une lettre et une partie du trésor que Henri, duc de Frioul, avait apporté de Pannonie, après avoir pillé la capitale des Huns. A la lettre était jointe une instruction pour Angilbert. «Représentez-lui souvent » dit le roi, «que cette dignité est de peu d'années, et que la récompense de celui qui s'en acquitte bien •65t éternelle. Parlez-lui fortement pour Textinctioa de la simonie, et lui représentez tout ce dont vous savez que nous nous sommes plaints ensemble. »

• Comme Félix d'Urgel était retombé dans son hérésie, malgré l'abjuration qu'il en avait faite à Rome devant le Pape \drien I" —Voy. Adrien I", — Léon III assembla dans l'église de Saint-Pierre un concile de cinquante-sept évèques , et il y présida. Il ne nous reste que trois fragments de trois sessions de ce concile, dans la seconde desquelles le Pape Léon dit, en oarlant de Félix :

Au conciU de Ratisbonnef tenu par ordre in roi Charlemagne, il a confessé qu'il avait mal dit, que Jésus - Chris i était Ftls adoptif it Dieu selon la chair; et il a anathématiié par écrit cette proposition. Depuis, ayant été en^. voyé par le roi à notre prédécesseur Adrien^ J'\ if fit, étant prisonnier, cette confession de foi catholique, qu'il mit sur les diuns mystires, dans notre palais pontifical, et ensuite sur le corps de saint Pierre, affirmant par serment qu'il croyait ainsi. Mais ensuite ayaint fui chex les païens {musulmans d^ Espagne] , i7 a faussé son serment. Il n*a pas même craint le concile qui a été tenu en présence du roi Charlemagne. (C'est le concile de Francfort où il avait été condamné.) Dans la troisième session le Pape prononce excommunlcatioo contre Félix, s'il ne renonce à son hérésie. Peu de temps après ce concile, le 23 avril 799, un crime audacieux vint effrayer la ville de Rome. Une conjuration formée contre le Pape éclata pendant la procession de saint Marc, nommée la grapae litanie. Etant sorti à cheval du palais de Latran, aae trou()e d'assassins, ayant à leur tète Pascal, primicier de l'Eglise romaine, et Campule, trésorier, tous deux parents du feu Pape Adrien, 60 jetèrent sur lui, l'accablèrent de coups. Le peuple, qui était k la procession, fut épouvanté et s'enfuit. Les assassins jetèrent le Pape par terre, lai donnèrent des coups de bAton, le déchirèrent, s'efforcèrent de lui arracher les yeux et la lai\|{ae, et l'enfermèrent dans une étroite prison. Quelques cens de bien trouvèrent le moyen de 1 en tirer, le firent descendre par 1a muraille de la ville, et remmenèrent à Saint- Pierre. Plusieurs historiens nous assurent que saint Léon 111 eut les yeux crevés et la langue coupée. « C'est un miracle , » dit Théodulpbe d'Orléans, « que le Pape continue k voir et h parier, si les assassins ont exécuté le projet qu'ils avaient formé de lui couper la langue et de lui crever les yeux ; et s ils ne l'avaient pu exécuter, ayant eu si longtemps le Pontife en leur pouvoir, ce serait un autre miracle plus difficile à croire.» Vinigèse, duc de Spolète , sachant que le Papo Léon était à Saint-Pierre, y vint aussitôt avec son armée pour portet secours au saint Pontife, qu'il ramena avec lui à Spolète. Les ennemis de Léon, désespérés qu*il leur fût échappé, pillèrent sa maison et celle d'Albin qui l'avait fait évader de sa prison. Léon III fit un court séjour h Spolète. Charlemagne, sensiblement affligé d« l'outrage fait au père commun de tous les fidèles, envoya sans délai une ambassade k Léon, qui ne pouvait recevoir une consolation plus sensible et qui prit le parti de venir trouver sun puissant et généreux défenseur. Dans son voyage, le Pape fut accom- Ragné d'évèques, d'une partie du clergé de orne et des principaux de la ville. Cliarlemagne, ayant appris sa venue, alla Tattendre à Paderbora, d'oCt il envoya son fiU Pépin au-devant de lui , avec rarchionapelain Uildebalde, évèque de Cologne, te comte Anscbaire et plusieurs autres sei-

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gneurs à la tèle d*une troupe uombréuse. Il s*afAnça lui*mème k quelque distance de la fille I suivi de toute son arméot qu*il divisa eo trois corps et se mit à la tête du centre. Le clergé le précédait, divisé en trois choeurs. A Tarrivée du Pape , tous se pros« ternërent par trois fois; le roi et le Pontife 5*embrassèrent avec larmes. Ayant entonné ta Gloria in excetsiSf saint Léon III, suivi de ce nombreux cortège, marcha comme en triomphe jusqu*à l'église , et après avoir rendu à Dieu de solennelles actions de grâces, il vint au palais de Charlemagne et y fut reçu avec les plus grands honneurs.

Pendant le séjour que le Pane Léon fit k Paderborn, il en consacra l'église nouvellement bAtie et y mit des reliques de saint Etienne qu'il avait apportées de Rome. Les ennemis du Pape a^ ant appris qu'il se rendait en France, imaginèrent contre lui diverses accusations, et envoyèrent des députés les porter à Charlemagne ; mais ce prince était trop éclairé pour se laisser prévenir par de telles dénonciations. Il fit accompagner le Pape, à son retour en Italie, par une escorte assez nombreuse pour le protéger contre les séditieux, et envoya en même temps des comoiissaîres chargés de l'informer sur les circonstances des troubles survenus à Rome.

Saint Léon 111 arriva dans celte ville, le 29 novembre 799; le clergé, le sénat, la mifico, le peuple, les femmes mêmes, jusqu'aux religieuses et aux diaconesses vin« rent au-4evant jusqu'à Ponte-Mole, portant des bannières et chantant des cantiques. Diverses troupes d*étrangers, Français, Frisons, Saxons et Lombards, étaient égalenaent venus k sa rencontre. Us le conduisirent en triomphe k Saint-Pierre ; le Pape f célélébra la liesse et ils communièrent tous. Quelques jours après les évoques et les seigneurs qui avaient accompagné le Pape Sisssemblèrent au palajs de Latran, jour s'informer des accusations intentées contre lui par Pascal, Campule et leurs ronaplices. Us examinèrent celte affaire ivec le plus grand soin pendant plus d'une semaine, et, n'ayant trouvé aucune preuve ;oDtre le Pape Léon, ils firent arrêter les iccusateurs et les envoyèrent en France.

L'année suivante, Charlemagne entreprit lour la quatrième fois le voyage de Rome. je Pape Léon 111 vint au-devant de lui jus- |u*k Nomeute, k quatre lieues de Rome , 1 le roi le reçut avec grand respect, ils oupèrent ensemble, et ensuite le Pape résuma k Rome, où le roi arriva le lendemain : le Pape l'attendait sur les degrés de la basilique Saint-Pierre, accompagné de pluîeurs évèqueset de tout son clergé. Charlelagiie fut reçu avec de (grandes acclamaons, et le Pape, après lui avoir donné sa énédiction, le conduisit dans Téglise, chanint ile.% cantiques d'actions de srâces. Sept >urs après, le roi fit assembler dans la léme église Saint-Pierre, les évè |ues, les t)bé3 et tout le clergé avec la noblesse ançaise et*romaine. Il annonça le siii«>t de

rassemblée, qui était Texamen de la cause du Pape. Il ne se trouva personne pour soutenir et prouver les crimes imputés au Pape et les évèques dirent : « Nous n'osons juger le Siège apostolique, qui est le Chef de toutes les Eglises. C'est ce Siège, au contraire, et son pasteur, qui nous jugent. Telle est Tancienne coutume. Que le Souverain Pontife nous commande, comme c'est son usase, et nous obéirons selon les canons. » Le Pape Léon r<^pondit: « Je marche $ur le$ traces de mes prédécesseurs^ et je suis prêt à me purger des calomnies dont on a taché de me noircir. Le lendemain , les évèques , le clergé et tout le peuple s'étant de nouveau assemblés dans la même église de Saint- Pierre, le Pape prit entre ses mains le livre des Evan;jiles, monla sur l'ambon et dit k haute voix : Moi Léon^ Pontife de la sainte Eglise romaine^ de mon propre mouvement et de ma pleine volonté^ je jure^ devant Dieu qui lit dans mon dmr, en présence de ses otites, du bienheureux apôtre saint Pierre^ et de vous tous qui m^entendex^ que je n'at faitf ni fait faire les actions criminelles qu*on m'impute. J'en atteste le Juge suprême au tri* bunal de qui nous devons paraître^ et sous U$ yeux duquel nous sommes dis ce moment ; ce que je fats sans y être obligé par aucune loi^ et sans prétendre que mon exemple tire à eon-séquence pour mes successeurs.

Le Pape Léon III avait résolu, de concert avec les Romains , de proclamer Ghariema- Rue empereur d'Occident, et, le jour de Noël, 25 décembre 800, le roi, étant venu k Saint- Pierre entendre la Messe , comme il était debout incliné devant l'autel pour faire sa prière, le Pape lui mit, de sa main, sur la tête une couronne très - précieuse , et en même temps tout le peuple de Rome s'écria; « A Charles-Auguste, couronné de la main de Dieu, grandet pacifique empereur des Romains, vie et victoire, «ce qui fut répété par trois fois, en invoquant plusieurs saints. Ainsi il fut reconnu empereur. Le peuple lui donna cette marque de reconnaissance

Kur la protection qu'il avait accordée k Eglise de Rome. Après les acclamations, le Pape se prosterna devant lui, le reconnaissant pour son souverain ; et dès lors, au lieu du titre de patrice, on lui donna celui d'empereur et d'auguste. Aussitôt le Pape l'oignit d'huile sainte, lui et sou fils le roi Pépin , et après la Messe, le roi fil de riches présents aux

Gincipales églises de Rome : au reste, Charluagne s'attendait si peu k ce couronnement qu'il ne le permit qu'avec répugnance. C'est qu'il voyait bien que le titre d'empereur le rendrait odieux aux Orientaux, sans rien ajouter k sa puissance réelle : il était déjk maître de la plus grande partie de Tltalie depuis la ruine des Lombards; il était souverain de Rome, en particulier ; puisqu'on lui prêtait serment de fidélité, et qu'il y rendait justice, soit par lui-même, soit par ses commissaires, et dans la cause da Pape même. Mais les Romains, se voyant abandonnés des Orientaux, qui ne leur donnaient aucun secours, crurent devoir donner la

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DICTIONNAïaE

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titre d*eropcreur à un prince qui en avait la puissance effeclive. Ainsi le nom d'empereur remain, qui était éteint en Occident» depuis Tan k16f dans la personne d*Augustufe, y fut rétabli après trois cent vingt-quatre ans.

Deux ans après, le Pape Léon fit un second voyage en France, dont on ne connaît pas Tobjet : il vit Cbarlemagne à Quercy, et il y célébra la fêle de Noël, après quoi ce prince le renvoya avec de grands présents. L*an 809, Cbarlemagne tint un concile à Aix-la- Chapelle, où Ton traita la question , si le Sainl-Esprit procède du Fils comme du Père, et si on n'avait pas raison de cbanter dans le Symbole Taddition Filioque. Cette addition pour laquelle les Français étaient fort zélés, était une source de division entre les Grecs et les Latins. L'empereur envoya à Rome deux évêques, pour consulter le Pape Léon sur cette question. Après que ces prélats eurent longuement débattu cette matière dans une conférence avec le Pape, Léon dit qu'il reconnaissait la vérité exprimée dans cette parole, mais qu'il était d'avis de la retrancher, puisqu'elle donnait aux Grecs un sujet de dispute sans fin, et le prétexte de se séparer de l'Etatise latine. Mais les Français, à T'exemple de l'Espagne, où elle avait été introduite bien avant, ne jugèrent pas à propos d'imiter la prudence du Pape. Cependant, dans une conférence avec les députés de Cbarlemagne, Léon exprima solennellement la doctrine de la procession du Fils, et déclara même hors de la voie du salut ceux qui, contrairement h cet enseignement, n'en feraient point profession. (Baro- Nius, t.XV, p. 396: Fleury, t. X, p. 101.)

L'an 815, quelques-uns des premiers do la ville, ayant conspiré pour tuer le Pape Léon, et cette conjuration ayant été découverte, on fit mourir tous les auteurs, suivant la loi romaine. L'empereur Louis, dit le Débonnaire, quiavait succédé àson père, l'ayant appris, envoya Bernard, roi d'Italie, son neveu, pour prendre connaissance de ce qui s'était passé; mais le Pape envoya de son cAlé, deux prélats et le ducSergius, qui satisfirent entièrement l'empereur. L'année suivante, Léon 111 mourut, le 11 juin 816, après avoir tenu le Saint-Siège 20 ans et 5 mois. Pendant son pontificat, il fit aux églises de Rome des réparations considérables et des offrandes immenses. Il fut enterré à Saint- Pierre le lendemain de sa mort (là juin). 11 est honoré comme saint, et son nom fut ajouté au Martyrologe romain par décret de la congrégation des Rites. Ce Pape, dont il nous reste treize EpUres^ eut pour successeur Etienne IV.

LEON IV (Saint), cent troisième Pontife, et'suecesseur de Sergius II. Ce Pape, Romain de naisssance, fils de RoJoalde , fut mis par ses parents dans le monastère de, Saint-Martin, près la basilique Saint-Pierre. — Le Pape Grégoire IV, ayant entendu parler de sa science et de sa vertu, le fit venir dans le Ptiiais de Latran, le prit auprès de lui et l'ordonna sous-diacre. Sergius II le fit prê -

tre du titre des Quatre-Couronnés, et la considération de son mérite et de sa piété le fit choisir pour succéder à ce Pape. Léon IV fut donc élu du consentement unanime du clergé et du peuple romain; et malgré sa résistance, il fut tiré par force de son Eglise et mis sur le Saint-Siège qu'il tint 8 ans et 3 mois.

Ce qui pressa tant Télection de ce Pape fut la crainte des Sarrasins, qui venaient de piller Rome et qui étaient encore dans le voisinage. Toutefois on n*osait ordonner le Pape sans la permission de l'empereur, et, malgré que l'élection de Léon IV fût faite le jour même de la mort de Sergius II, sa consécration fut différée deux mois et demi. Enfin, craignant que Rome ne fût assiégée de nouveau, on consacra le Pape Léon le 12 avril 847, quoique le consentement de Yetskpereur ne fit pas encore parvenu à Rome. Aussitôt après fon sacre, il eut un diffépend avec les empereurs Lothaire et Louis, sur le droit de Vélection des Papes que les princes s'attribuaient depuis quelque temps; mais il la termina si neureusemeot pour TEglise, qu'il leur fit promettre, tant pour eux que pour leurs successeurs, qu^ils feraient observer les canons avec une liberté entière de suffrages, comme on Tavait toujours pratiqué. La môme année Léon lY résolut d'exécuter le dessein que Léon III, son prédécesseur, avait conçu de bâtir comme une seconde ville, afin d*enfermer Té- 5 lise Saint-Pierre, et de la mettre à couvert es incursions des Rarbares. « On se souvenait avec douleur, » dit M. Henrion, « du pillage que les Sarrasins y avaient fait; on voulut préserver do leur avidité les ornements de toute espèce que Léon IV venait die substituer à ceux qui avaient été enlevés. Il y avait remis des vases sacrés, des croix, des chandeliers, des tableaux et des tapisseries d'un si^rand prix, que ces dépenses paraissaient ipapossibles en des temps si malheureux. Â la seule confession de Saint- Pierre, il employa en tables ou retables, 216 livres d'or, ornées de pierreries d'une valeur peut-être plus considérable. L'argent qu'il donna à la même église montait à 3,861 livres. 11 décora les autres églises avec une magnificence proportionnée à celle-ci. Pour met* tre en sûreté tant de dons précieux, Léon IV répara les murs de Rome qui tombaient en ruine. Il fit refaire les portes et rebitit quinze tours de fond en comble. Il en ajouta deux autres sur le Tibre, à la porte qui conduisait à Porto , avec des chaînes propres à fermer le passage môme aux moindres barques. Cependant les travaux de la nouvelle ville se poussaient avec la plus grande activité. Léon IV animait tout par sa présence, parcourait assidûment les ateliers multipliés, y donnait tout le temps que n*emportaien( (»as ses fonctions pontificales, sans que 1« Iroid, la pluie, ni l'excès de la ciialeur le pussent arrêter. Enfin, après quatre ans de soins et de travaux , dans le tours de Tannée 8S2, la sixième du pontificat de Léo° IV, celle ville nouvelle fut achetée, appelée

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(lu nom da Pape cité Léonine el dédiée par lui aycc nhe pompe extraordinaire, le 27 juin. Léon IV fortifia encore la ville de Porto, et la repenpla d*un grand nombre de familles corses, réduites k errer sans demeure 6xe par les pirateries continuelles des Sarrasins. Il leur donna en propriété des terres arec des bestiaux pour les cultiver» afin ao*ils s'y procurassent une aisance qui ]TÛt les dédommager de la perle de leur pairie. »

Après avoir fait tendre des chaînes sur le Tibre, le Pape Léon IV arma les milices avec les fonds de TEglise» appela à son secours les habitants de Naples et de Gaëte ; et lorsque les Sarrasins furent arrivés près de Porto, dans le dessein de piller cette ville, le Pape visita tons les postes* bénit les troupes et leor donna la communion ; et celles-ci, animées par sa présence et ses exhortations, repoussèrent les Sarrasins dont la flotte avait été en partie détruite par une tempête. Un grand nombre de ces Barbares échappés au naufrage eurent le sort qu'ils réservaient aux Romains et furent mis à la chaîne. Li^on IV se servit, pour forlîAer et embellir Kome, de ceux mêmes qui s'étaient proposé de \a détruire. Après ces soins donnés à la Jéfense de la ville pontiflcale, ce Pape s*ap- »lîf}ua à la réformation des mœurs et an -établissement* de la discipline ecclésiastifue. Ost dans ce but qu'il tint à Rome, en (53, un concile de soixante-sept évéques, luquel H présida. Léon IV, dans ce concile, prononça on discours fort éloquent, puis il ^oblia quarante-deux canons, dont les trénteuit premiers sont ceux du concile tenu ar le Pape Eugène II, en 836, avec quelues additions. Les quaire derniers canons lits de nouveau en ce concile portent:

Que l'on retranchera le nombre superflu 65 prêtres oui se trouvaient à Rome, oronués par les évêques voisins et dont le ers suflisait pour le service. Tous les prêtes de la ville elde la campagne viendront j sjnode de leur évêque. Les laïques ne leltront point de prêtres d'un autre diocèse ins les églises do leur dépendance, sans consentement de l'évêquo diocésain, sous Mne d'excommunication pour le laïc|ue et ! liéposition pour le prêtre. Les abbés ni s autres patrons ecclésiastiques ne se don- -ront point non plus cette liberté. Car les 4>tres ne peuvent être placés que par ceux li ont le droit de les ordonner et do les rriger; c*est*à-dire par les évêques. i» ins ce même concile fut dé(K>sé Anastase, éire-cardinal de l'Eglise romaine. Depuis i<I ans il avait quitté Rome et demeurait ns l'Eglise d'Aquilée. Le Pape l'avait (*riî par lettres jusqu'à quatre fois, et l'a* il excommunié en deux conciles, pour sa sol>éi5sance. Quelques anni^es auparavant on IV avait assemblé nu concile è Rome sujet de plusieurs évêques de Bretagne, i avaient reçu des présents pour les ordi- Lions, il leur en 6t de vifs reproches, et évéques dirent qu'ils l'avaient fait par lorance ; mais un archevêque nommé

Arsène leur dit: «Un évêque ne doit pas être ignorant; » et le Pape ajouta Tauto^ké de l'Evangile (Matth. v, 13} : Si h sel devient fade^ avec quoi $alera*t-on? Ainsi le concile déclara qu'aucun évêque ne devait rien prendre pour conférer les ordres, sous peine de déposition. Le concile décida plusieurs autres questions, sur lesquelles les évêques de Bretagne avaient consulté le Sainl-Siége, comme il parait par une lettre du Pape Léon IV, oii il leur dit :

Vous demandez $i les évéques convaincus de simonie peuvent faire pénitence en gardant leur rang ; et nous répondons selon les ca-^ nons qu'ils doivent être déposés ; mais ce doit élre dans un concile et par douze évéques, ou sur te témoignage de soixante et douze témoins ; et si Tévéque demande â aire entendu à RomCj il doit être renvoyé. Le Pape répond ensuite à six articles de consultation, et décide entre autres chutes que les prêtres vo* nantau synode ne doivent point être obligés d'y apporter des présents, de peur que cette contrainte no les détourne d'y venir. Qu'il n'est pas permis d'employer le sort dans les jugements, parce que c'est une espèce de divination. Que les évêques ne doivent (Xis juger sur les écrits des autres, mais seulement sur les canons et les décrétales dos Papes, spéciOant les conciles el les Papes compris dans le code dos canons.

La ville de Givita-Vecchia était déserte depuis quarante ans, et ses murailles étant ruinées, elle était exposée aux insultes des Sarrasins ; ce qui avait obligé les habitants à se retirer dans les bois et sur les montagnes. Le Pape Léon tn eut pitié et s*y transporta pour chercher un lieu plus sûr où l'on pât transférer la ville. Il le trouva à douze mille defà sur une montagne, et y fit bâtir une nouvelle ville quMl nomma do sou nom Léopolis et en fit solennellement la dédicace, comme il avait fait celle de la ville de Saint- Pierre. 11 lit le tour en procession, jetant de l'eau bénite sur les murailles; et ayant achevé la Messe, il distribua de sa main do grandes aumônes au peuple et fit de riches présents aux églises de cotte nouvelle ville. Celte dédicace eut lieu le 15 octobre 85i-.

Outre les lettres dont nous avons parlé, il nous reste du Pape Léon IV une nomé'ie qji'il adressa è tous les évêques et à tous les pasteurs de la chrétienté sur leurs devoirs, et où la piété se trouve réunie à la science. Ce Pape reçut, avec les plus grandes marques d*honneur, Ethelvrolp, roi d'Angleterre qui fit un pèlerinage à Rome, en 85^. Sa sainteté fut attestée de son vivant par le don des miracles, et l'on rapporte qu'il éteignit, par le signe de la croix, un violent incendie qui allait gagner l'église du prince des apôtres. Il mourut le 17 juillet 855, après avoir tenu le Saint-Siège huit ans et trois mois, fut enterré dans Téglise de Saint* Pierre, et eut pour succesMour Benoit III. Outre les immenses travaux dont nous avons déjà parlé, Saint Léon IV fonda plusieurs monastères. Il en fit un dans sa propre maison qu'il dédia à saint Césaire ; il rebâtit el

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orna celui de Saint-Martin où il avait été moine ; rétablit celui de Corsare et de Saint- Etienne près de Téglise Saint-Laurent. Les offrandes et les ornements que ce saint Pape donna aux direrses églises de Rome sont innombrables.

LEON V, cent dii-buitième Pape et successeur de Benoit IV.— Natif d*Ardée« Léon lui ordonné Pape le 28 octobre 903, sous le rëflrne de Léon le Philosophe, empereur d*Orient, et de Charles le Simple» roi de France. Hais au bout de six semaines ou deux mois de pontiGcat, il fut dé|>ossédé par Christophe, son chapelain, et mis dans une étroite prison où il mourut peu de jours après,— Foy. Cbbistophb.

. LEON VI, cent vingt-quatrième Pape et successeur de Jean X, fut le contemporain de Constantin Porphyrogénète , empereur d'Orient, et de Raoul, roi de France.— Léon VI était Romain de naissance, et fut élu en juin 928. Platine fait de lui un grand éloge. Il loue sa modestie, Tintégrilé de ses mœurs, et assure qu*il prit autant de soin de la religion qu*il était possible dans les temps déplorables où il vivait, et qu'il ne négligea rien pour pacifier les troubles de l'Italie ; cet historien, du reste, ne nous donne aucun autre détail. Quoi qu'il en soit, ce Pape mourut le 3 février 9z9, après un pontiucat de sept mois et cinq jours : il eut pour successeur Etienne Vil.

LEON VII, cent vinçt-septième Pontife et successeur de Jean XL— Humble et vertueux serviteur (te Dieu, Léon VII, bien loin de rechercher cette dignité, fit ce au'il peut pour réviter, et y fut élevé malgré lui en janvier 936. Il continua sa manière de vivre, c'est-à-dire appliqué à la prière et à la méditation des choses célestes, affable et agréable dans ses discours. Fodoard, qui le dépeint ainsi, avait vécu familièrement avec lui. Ce-

Eendant Albéric était toujours maître de ome, malgré les vains efforts du roi Hugues. Léon voulut accorder les deux princes et rétablir la discipline monastiaue; il fit venir à Rome, la môme année, Odon, abbé de Cluny, dont le crédit était grand auprès du roi Hugues. Ce saint abbé, étant arrivera Itome, procura la paix entre ce prince et Albéric.

Gérard, archevêque de Saitzbourg, vint à Rome consulter le Pape sur plusieurs abus qui régnaient en Bavière et dans les pays voisins ; et rapporta une lettre adressée aux rois, aux ducs et aux évoques de Bavière. Le Pape Léon, dans cette lettre, répond ainsi aux consultations de l'archevêque Gérard: Vous demandez si on doit mettre en pénitence ceux qui ont fait mourir des devins^ des enchanteresses ou des sorciers? Quoif ue Vancienne loi les condamne à mort^ le jugement ecclésiastique leur sauve la vie, pour faire pénitence : mais sHis ne s'y soumettent pas^ ils sont sujet aux lois humaines^ dont la rigueur sera innocemment exer^»

cée contre eux. Vous demandez si l'on doit dire « Paxvobis^nou.9 Dominus vobiscum? » Suivez en tout l'usage de V Eglise romaine^ où

ron dit : « Pax vobts » les dimanchet et lei p. tes; mais non aux jours de jeûne.,,, Larchtvéque Gérard nous a rapporté un déiordrt déplorable^ que les préires se marient publiquement^ et a demandé si leurs enfomlt peuvent être promus aux ordres. On voit combien ces mariages sont crimineli par U concile de Nicée^ qui défend aux prélrt$ de loger même avec des femmes; et le concile de Néocésarée ordonne de déposer un ffrétn qui se marte, ce que nous voulons qui soit exécuté; mais les enfants ne doivent point porter Viniquité de leurs pires suivant h

{}rophitet et d'ailleurs le baptême remet tout es péchés. Les corévêques (car il s*en trouvait encore malgré les canons) ne doivent ni consacrer des églises f ni ordonner des prétre$t ni donner m confirmation» Il est iéfeniê d'épouser sa maraine ou sa filleule. Ceux qui étant parents au troisième ou au fuairiime degré se sont mariés sans le savovTf doivent être soumis à pénitence. A la fin de cette réponse» Léon VII prévient les épiques de Gaule et de Germanie qu*ii nomme I archevêque Gérard son vicaire dans leurs provinces, et il leur intime de lui obéir en tout ce qui concerne l'ordre ecclésiastique et le rétablissement de la discipline.

Après trois ans et quatre mois d'un pontificat resté pour nous dans une grande obscurité, Léon VII mourut en juillet 939, et eut pour successeur Etienne VIIL On fait observer que ce Pape, en passant du siège de Pavie a celui de Rome, quitta le nom de Pierre, par respect pour le prince des apôtres, dont aucun de ses successeurs n*a porté le nom.

LÉON VIII , antipaiie [963]. — Elu par un concile nombreux , mais irrégulier, du vivant d'un Pape légitime, Jean XII, déposé par ce même Pape , élu une seconde fois, du vivant de Benoît V, Pape légitime, It plupart des historiens le qualifient d'autipape. Cependant Fleurjr semble le reconnaître comme Pape légitime et lui donne un pontificat d*un an et quatre mois; d'où il suivrait, comme le fait très-bien remarquer M. Henrion, que Fleury attribue simultanément trois chefs è TEglise , ou qu'il reconnaît à Othon le pouvoir de déposer un Pape légitime par quelques évoques de sa aomination.

LÉON IX (Saint) , cent quarante-nouvième Pape et successeur de Damase II, fut un des principaux ornements de TEglise dans lexi' siècle. — Il était connu dans le monde sous le nom de Brunon avant que d*èlre élevé sa souverain pontificat. Apres la mort de I>amase II , en 10^8, l'empereur Henri le Noir, fils et successeur de Conrad, instruit des différends qui régnaient à Rome, causés par les prétendants a la papauté, indiqua uue assemblée de prélats et des grands de TEni-

Eire à Worms» pour ce sujet. On y appela runon, alors évèque de Toul. Toutes les voix de l'assemblée s'unirent pour le nommer au |H>ntiâcat, sans qu'il se fût doulé nu'on eût aucun dessein sur lui. Quoiqu'il ût surpris, il fit 'oute la résistance possi*

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DBS PAPES.

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ble; mais comme rautorité était da côté de ceux qiH lui faisaient violence* il demanda trois jours pourdélibérery et il les employa à consulter Dieu dans la prière, le jeûne et les larmes. Il voulut faire une confession publique de ses péchés devant ceux qui Pavaient élu, dans la vue de les faire désister; mais elle ne fit croire è personne (|u*on eût failun mauvais choix. Se voyant pressé d*y consentir, il acquiesça, en présence des légats de Rome. Outre le sentiment d*humilité qui l'inspirait, Ton conçoit aisément sa répugnance à se charger du lourd fardeau de la papauté dans un pareil moment, et son humble crainte devanr Teffrayante responsabilité de cette sublime fonction , qu'il était pourtant si disne d'occuper.

Cousin de I empereur Conrad, et Tun des

f>rinces de l'Eglise .les plus distingués de 'épO(|ae, soit par sa naissancei soit par ses hautes lumières et sa grande vertu » il se faisait surtout remarquer par la douceur, Taffabilité de son caractère, sa charité, et surtout jiar l'ardeur de son zèle pour la gloire tle i Eglise du Christ. Ce Pontife naquit le 21 juin 1003 à Dabo, dans l'Alsace, aujouri*huidans le département de laMeurthe: sur les débris du chAteau où il reçut le jour, »'éfèv6 maintenant une petite chapelle. Sa luère , après l'avoir formé jusqu'à l'Age de ûnq ans, le donna à Berthola, évoque de foui, pour l'élever dans la vertu et dans les étires. Brunon, avec le naturel que Dieu ui avait donné, fit des progrès extrordinaies dans la piété et dans les sciences. Il avait esprit et le corps également bien faits, l'hu- Qcur douce et affable, et la modestie paaissait sur son visage. Ayant achevé ses tuiles, ses parents renvoyèrent à la cour e Conrad, empereur d'Allemagne, où sa cienre et sa vertu lui acquirent l'estime et amitié de tous les courtisans. Cependant TU non demeura toujours attaché à l'Eglise e Toul, et quelque temps après il fiitoronné diacre. L'évèque de cette ville étant tort y le clergé et le peuple le nommèrent une commune voix. Dès qu'il eut été sa- *é, il s'appliqua particulièrement à rétablir discipline monastique oui avait été autreis si florissante dans lesiameui déserts des ontagoes des Vosges, où il y avait tant do ièbres içonastères.

Il travailla avec le même zèle à réformer s mœurs de son peuple, et prit un soin tout rliculier de bien régler le culte divin, unon s'était .•-endu fort habile dans la plurl des sciences, jusqu'à passer pour run s plus savants hommes de son siècle. Hais loique ces belles qualités de l'esprit ne ssent pas en lui un ornement inutile, il Luliiail en faire peu de cas auprès de celles rallie, auxquelles il les faisait servir, et iiaii encore plus grand prélat dans TEglise Jésus-Christ, que grand homme de lettres ns le monde; cependant il était toujours s-pctît à ses yeux. A cette vertu d'humi- ^9 Âl joignait une ardente charité pour les ivres ; il en nourrissait un grand nombre, souvent il les servait de ses propres

mains. Il se réduisait quelquefois à l'indi* gence pour soulager les autres. Il cachait une grande mortification sous les apparences d'une vie commune ; et en le voyant prier, on comprenait qu'il était animé d'une vive componction de cœur. Presque tous tes ans il faisait un voyage à Rome pour visiter la tombeau des saints apôtres, par une dévotion qui était de çrand usage dans ces siècles. Mais la Providence lui épargna la peine de ces voyages, en fixant sa demeure dans le lieu de ce tombeau et en l'élevant sur le Siège de saint Pierre » pour gouverner l'Eglise universelle.

ff Ayant cédé, > dit M. Jager, « aux vœux pressants de l'empereur et des prélats qui venaient de l'élire au souver(An pontificat , révoque de Toul voulut dire adieu a son diocèse chéri et en conserver la charge, quoique Souverain Pontife. A son départ de Worms, il fut accompagné de l'archevêque de Trêves , des évéques de Verdun et de Metz. A sà suite se trouvait aussi un simple moine de Cluny, en ce moment peu connu, et qui devait un jour devenir célèbre parmi les hom* mes et saint devant Dieu; on le nommait Hildebrand.

« Arrivé à Toul , le nouveau Pape ofiicia pontificalement dans sa cathédraip, fit ses adieux et partit pour Komu en passant par Ctuny. Durant le cours de ces voyages, Brunon eut le temps de mieux apprécier le mérite d'Hildebrand, qu'il avait déjà connu è ht cour impériale; aussi, avant son départ de Clun^r, l'engagea- t*il fortement à venir à Rome l'aider dans le gouvernement , alors si diflicile, de l'Eglise. Une pareille offre, c'était le début d'une brillante carrière-. Mais Hildebrand refusa, ne considérant que la nomination illégitime de l'évéque de Toul ; illégitimité dont il n'eut pas de peine è convaincre Brunon lui-même, qui, tenant fortement aux règles de l'Eglise , ayant d'ailleurs accepté malgré lui, se disposait à rebrousser chemin. Cependant tout le monde , et les moines de Cluny en particulier désiraient beaucoup voir le Saint-Siège occupé par un homme tel que Brunon; Hildebrand, qui avait le même désir, lui indiqua un moyen de régulariser son élection ; ce moven était de su présenter à Rome, non en habits pontificaux comme à Cluny, mais en habit de pèlerin » de soumettre, selon les canons, aux évéques et au peuple de cette ville, la validité de son titre. Brunon, trouvant cet avis juste et bon, résolut de le suivre ponctuellement; alors le futur antagoniste de Henri IV lui promit de l'accompagner. Ayant donc mis de côté tous les ornements pontificaux, l'évéque de Toul prit le bâton de pèlerin et alla pieds nus de Cluny à Rome, en compagnie de l'archevêque de Trêves, de quelques autres évéques et d'Hildebrand. De toutes les villes que ces pieux et illustres pèlerins eurent è traverser, les habitants allaient en foule au loin et en procession devant eux ; c'est ainsi qu'ils arrivèrent à Rome, dont le clergé et le peuple, étant aussi venus les attendre, conduisirent Brunon, toujours nunpieds avec **^s

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DlcnOiMAlkE

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MbHk elle bâton de pèlerin, Jusqu'à l'église de Saint -Pierre. Après avoir prié sur lo tombeau des apôtres » le saint prélat s'adressa en ces termes au peuple et au clergé : Bétignépar V empereur pour otcupèr leSafnl- Siège f je eUie venu ici tel que vous me voyez^ four connaître votre volonté; car te n'eêt pas volontairemenf i mais forcée que jai été élevé à Vhonneur d'être votre évéque et le Chef de iêuie f Eglise; mais comme s selon les canons ^ fpoire choix doit précéder celui de tout autre/je Buts prêt y si VOUS n'approuvez pas le tuffrage unanime qui est tombé sur moi, à m'en retourner dans ma patrie doiAJt suis Tenu.

«( Cette déclaration simple et franche plut au clergé et au peuple romain ; h Tinstant Bruoon fut proclamé Pontife ; consacré auel- <(ues jours après, le 2 février 1049,11 fut intronisé le 12 du â^ême mois. L'empereur ne fut pas très-content d'une déclaration qui lui paraissait altentoire à Ses droits ; mais comme le Pape entra généralement dans ses vues , il lui pardonna bientôt. Ainsi, la piété «t surtout la grande humilité de Léon IX réalisèrent la belle |>ensée d'Hildebrand et rétablirent l'autorité des anciens canons par eet'te observation solennelle et scrupuleuse de leurs prescriptions.

« Un iï^s premiers actes du nouveau Pape fut de nommer Hiidebrand- cardinal-sous diacre de l'église de Saint-Paul ; tels furent les commencements de là glorieuse carrière de celui que l'Eglise appelle saint Grégoire

« l)èsle commencement de son pontificat , Léon IX indique un concile pour la seconde semaine après PAques, et envoie de tous côtés I aux évèques, les invitations les plus pressantes de s'y rendre ; en attendant , il donna un diplôme par lequel la diiième

{)artie des offrandes devait être employée à a réparation de L'église de Saint -Pierre. Pillée tantôt par les Sarrasins , tantôt par les princes chrétiens , dépouillée même par les Papes intrus» cette pauvre demeure du Seigneur se trouvait dans un état déplorable. Le Pape fit aussi quelques courses dans les villes voisines, pour y rétablir Tordre; il confirma les exemptions et privilèges de plusieurs monastères , et en accorda de nouveaux ; il alla jusc[u'au Mont-Cassin porter aux fils de saint Benoit des encouragements. De retour à Rome, il s'occupa sérieusement de l'administration intérieure de l'Ëglise, réduite è la dernière détre$se. Enfin, il tint son premier concile; Ton y vit peu d'évèques étrangers ; les Français surtout y firent défaut ; ils avaient sans uoute la conscience un peu chargée: mais le Pape saura bien aller les trouver lui-même et punir les sirnoniaques avec sévérité. Léon IX confirma dans ce concile les décrets antérieurs contre la simonie et l'incontinence des clercs; irl fit faire des recherches sur la conduite de plusieurs évftques et en suspendit quelquesuns. Il se passa à ce sujet une scèn& tragique. L'évèque de Sutri, accusé de simonie en oleia concile « chercha à se disculj^er par

tous les moyens; il donna de roauiiaises ra sons et produisit de faux témoins; eoGn, dsins le feu de la discussion, voulant se justifier complètement, il fit un faux serment au successeur de saint Pierre; à peine ce malheureux en eut-il prononcé les fatales paroles, qu'il tomba frappé d'une attaque d'apoplexie foudroyante ; son cadnvre hideui fut emporté hors de l'assemblée, auc ce châtiment miraculeux et terrible plongea dans la stupeur.

« Le Pape, cherchant h profiter de la terreur répandue par cet événement, déclara suspenuusdeleursfonctions,déposésetdégradés tous ceux qui s'étaient fait ordonner par des évoques coupables de simonie. Mais cette menace bouleversa le concile; tout le monde s'écria que si on l'exécutait, les Eglises se trouveraient presque partout sans (jrèlres, et roflfice divin suspendu; ce qui ferait beau-

posait aux coupables une pénitence de quarante jours ; jl y ajouta cependant la défense de faire monter à un degré plus élevé les clercs atteints et convaincus d'une pareille prévarication, les assimilant par cette peine aux hérétiques convertis; déplus, il renouvela les lois contre le mariage des prêtres, et punit sévèrement Tincontinence des clercs; la vie de communauté leur fut expressément imposée; les femmes qui se seraient abandonnées à eux furent déclarées privées de la liberté civile et adjugées comme esclaves au palais de Latran. C'était les condamner aux travaux forcés à perpétuité.

a Après avoir rétabli la pureté dans les mœurs du clergé , le Pape songea à ramener cette vertu dans les familles; il proscmit l'aJultère et condamna les mariages entre proches parents. Ces sortes d'unions, soU' vent réprimées, semblaient depuis quelque temps se multiplier avec plus de fureur; il les déclara nulles et obtint de quelques sei-

f;neurs qui s'en étaient rendus coupables a rupture des liens criminels qui les retenaient dans le mal.

« Il n*y a rien ici-bas d'importun pour le vice comme la voix qui vient lui parler de sa honte; il n'est rien qui rebute et froisse plus la nature humaine que les conseils donnés à sa faiblesse, si ce n'est roDli(;ation que lui impose l'autorilô établie par Dieu de se surmonter. L'homme redoute le remords et tout ce qui a la vertu d'éveiller le remords dans la conscience; pour étouffer la voit inexorablement accusatrice » il dépense plus de travail et plus de génie qu'il ne lui en faudrait assurément |>our se la rendre favorable par le respect de la vérité et la pratique de la vertu. C'est, inspirés par ces secrets et honteux instincts de la nature dégradée, que les mauvais évoques avaient si mal répondu aux invitations de Léon IXt et qu'ils évitaient autant que possible ses avertissements accusateurs, dont leur quiétude criminelle était troublée ; mais il ne leur fut l'fl^ facile de se dérober au zèle de ce saint Pon

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DES PAPES

fe, qui va dovs apporaître eomme Qn.grand lissioniulire. Les évèquesfoionUes brûlants lyons de la foi qui parlent du Saint-Siège; les en poursuivra partout , il soulèvera des rages dans leur cœur; il ne veut point les lisser dans le calme léthargique où ils trou* ent si doux de s'abandonner et qui les uerve ; il ira lui-même en France, en lta« e, eo Allemagne I secouer rudement leur >rpoursacriitfge« et fera vibrer raoathème ux oreilles du simoniaque et du volup«lieux*

« Léon IX part de Rome, où it laisse Hillebrand, et se dirige vers la haute Italie; OI15 les honnêtes gens, tous ceux qu*a réollés le relâchement de la discipline et des uœars, s*empressent de lui apporter sur sa ou te le tribut de leur reconnaissance et des œux pour le succès de ses saintes entrepries. Il en est qui, ne i)ouvant aller le trouveri tii écrivent, et parmi eux Pierre Damjen lui lit, dans une lettre parvenue jusau*à nous, ne peinture aDteuse des mœurs (Tune parie du clergé, qu'il accuse de crimes de :>ut6 espèce ; ce saint docteur engage avec éhémence le Souverain Pontife à procéder outre les coupables sans ménagement. Ces émarcbes encouragent le Pape qui, k son jur, relève l'espoir des hommes de bien et éelame Tactivite de leur concours. Se trouant & Pavie la semaine de la Pentecôte, il

tient un concile où il avait convoaué les vAques de ta haute Italie et principalement eux de la Lombardie, dont la repulalion !taît fort compromise ; malheureusement les ictes de ce concile n'ont j>as été conservés. Wprès avoir ré^lé les aifaires ecclésiastiques le la haute Italie, Léon IX se rendit en Alernagne par le mont Saint-Bernard et arriva k Cologne fort k propos pour l'empereur, lui se trouvait dans un grand embarras.

« Gozelon on Gorilon, duc de Lorraine, iTail k sa mort partagé son duché entre ses jeux fils. Celui a qui échut la haute Lorraine éiant venu à mourir, l'empereur dispcisa de cette province en faveur de Frédéric de Luxembourg; mais Godefroi , frère Ju défunt, prétendit avoir des droits k cette t>uccession et les fit valoir les armes k la main. Jeune et valeureux guerrier, il disputa la victoire k l'empereur dans plusieurs combats. Enfin, après une assez longue lutte, syant été obligé de se rendre, il fut dé- ^louillé de sou gouvernement et enfermé i;aDS un chAteau fort. Remis plus tard en lilierté, Godefroi sutprofiler habilement d'une guerre où l'empereur était engagé avec les Hongrois, et reconquit la Lorraine; puis il. eoncTul alliance avec les comtes de Flandre et de Hollande, et parcourut les bords du Khin en vainqueur, un peu aussi en barl>are, ne laissant partout après lui aue la dé- Milation. Au nombre des actes de dévastation liootilse rendit coupable, se trouve l'ini eodie de la ville de Verdun et do sa belle cathédrale.

Craignant do ne pouvoir arèter les armes i% Godelroi, l'empereur pria le Pape de vo-

ntr k sou secours contre ce rebelle et do l'excommunier.

« A l'époque dont je parle, beaucoup de faits attestent la puissance de l'excommunication. £n voici un de bien frappant : Comme dans le cours de ses guerres, Godefroi n'avait respecté ai les monastères, ni même les temples du Seigneur, Léon IX l'excommunia. Le terrible duc, k qui l'empereur pouvait k peine résister, et qui, dans l'exalration de ses triomphes, songeait k la vengeance de ses premières défaites et de sa captivité, ce rude guerrier qu'enivraient Todeur du carnage et les sinistres lueurs de l'incendie, courbe humblement la tête sous l'anathème; et, se rendant h Aix, auprès du Pape, il va lui demander k genoux l'absolution et la pénitence.

« Voyant un profond repentir gravé dans l'Ame de ce puissant seigneur, le Pape lui pardonna et engagea Henri le Noirk oublier aussi; après bien des difficultés et les plus vires instances de la part du Pape, l'empereur fit grâce au rebelle, sans cependant lui rendre ses Etats. Quant k GodefVoi, il montra uue sa conversion était sincère; il se rendit à Verdun, se soumit k la pénitHUce publique et fit reconstruire la cathédrale qu'il avait brûlée. L'histoire rapporte que pour mieux etfacer le scandale qu'il avait donné, ce pieux et humble pénitent y travaillait souvent comme un simple ouvrier.

4 Lors de son ))assage k Toul, pour aller prendre possession de la chaire de saint Pierre, Léon IX fut instamoient prié par Uincmar , abbé de Saint-Kemi k Reims, de venir consacrer son église qu*il achevait de bAtir dans cette ville. Home alors réclamait sa présence, mais il promit de faire cette dédicace k la première occasion ; avait-il déjà le projet d'un prochain voyage en France ? Quoi qu'il eu soit, ayant appris Tarrivée du Pape eu Allemagne, l'abbé de Saint-Remi s'emçressa d*aller trouver le roi de France, Henri, pour lui demander son agrément au sujet de la dédicace, ot le prier dlionorer de sa présence celte fête solennelle; cette invitation charma le monarque qui promit de s^ rendre.

« Sûr de l'approlKiiion du roi , Hincmar alla se concerter pour le jour et les apprêts de la cérémonie, avec le Pape, qui promit de se trouver k Reims le 29 septembre, et annonça qu'il tiendrait un concile dans cette ville pendant les trois jours qui suivraient la consécration de l'église de Saint-Remi. L'abbé repartit au plus tût pour faire tous les préparatifs nécessaires ; Léon IX continua de régler les aGTaires ecclésiastiques de l'Aile* ma^ne, et, |>our les terminer dignement, il indiqua Mayence aux évêqucs de ce i^ays, comme le lieu de réunion d'un concile qu'il viendrait présider k son retour du Reims. Après cela il marcha vers la France, et se trou va.k Toul, son diocèse, le ik septemt>re, jour dé rExaltalion do la Sainte-Croix. De cette ville, le Pontife écrivit 1 tous les évêquos et abbés des provinces voisines, pour les prier et les nommer, eu vertu de sa sou-

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yeraine autoriiét de se rendre au concile de Reims, qu*il allait présider en personne.

« Cependant, au reçu d*une invitation si pressante et si difficile à éluder, les évêques se trouvant fort peu rassurés contre la sévérité du Pape, résolurent d'empêcher ce concile. Pour y parvenir, ils employèrent précisément les moyens dont useraient aujourd'hui, non les évèques, mais les politiques; ils surent jeter du louche sur la démarche du Pontife, et en donner de Tomhrage au roi. C'était chose inouïe, disaient-ils à Henri, qu'un Pape fût venu faire acte de domination dans le royaume ; le souffrir était surtout dangereux, maintenant que l'on se trouvait en guerre contre des seigneurs rebelles. Enfln m assuraient c]ue jamais aucun monarque n'avait permis au Pape l'entrée de ses Etais pour un pareil motif. Cela était ^rticulièrement faux pour la France, où, dans des circonstances tout à fait analogues, le Pape Formose était venu, cent soixantedix ans auparavant, et avant lui encore plusieurs de ses prédécesseurs. Mais qu'importe le mensonge? n'est-ce pas toujours Parme de prédilection des anciens comme des modernes ennemis de l'Eglise? Quoi qu'il en soit, Henri donna dans le piège : il écrivit au Pape, qu'ayant une expédition è faire, le secours des évèques lui était nécessaire, et que ni lui ni eux ne pourraient se trouver au concile. Ce roi ne comprenait pas combien ce concile importail à ses intérêts, parce qu'il ne comprenait pas qu'il est indispensable pour la tranquillité d*un pays que la religion V soit respectée et florissante; et, par conséquent, que les ministres de l'Eglise y soient vertueux et savants.

«Le roi de France n'avait pas le droit de refuser au Pape protection et appui pour la tenue d'un concile que l'Eglise jugeait nécessaire. S'opposer k cette assemblée, c'était de la part du roi; manquer k sa charge de protecteur de l'Eglise et aux devoirs que lui imposait l'intime union des deux puissances. Henri le savait, aussi se garda-t-il de toute opposition ouverte, et usa-t-il de ruse. Le Pape le savait également, aussi ne tint-il aucun comptede la mauvaise volonté du prince ; Léon IX répondit à ce roi qu'il célébrerait, comme il l'avait promis, la dédicace de l'église de Saint-Remi, et qu'après cette cérémonie il tiendrait un concile, si toutefois il 7 avait des évèques. De son côté, le roi se mit en campagne et fit marcher les prélats avec leurs troupes. Parmi ceux-ci, quelquesuns suivirent par force, et s'excusèrent aui)rès du Pape. Quant aux coupables, ils étaient brt contents d*aller en guerre, pensant éviter ainsi les cens*jres pontiticales. Ce qui, dans cette occasion, fit le plus de peine à Léon IX, ce fui qu'à Tinstigation des évèques, Hincroar, chargé de tous les préparatifs du concile, avait été obligé de partir : cependant on le renvoya au bout de trois jours.

« Le Pape ne se laissa pas décourager par tant de mauvais vouloirs ; i! arriva à Reims au jour indiqué, et consacra Téglise de Saint- Rémi au milieu d.*une foule immense de

peuple ; pois il ouvrit le concile, où se trouvèrent reunis vingt évèques et cinquante abbés. Plusieurs des prélats étaient de la Lorraine et de l'Allemagne; on y comptait les archevêques de Reims, de Trères, de Resançon et de Lyon ; un Italien, révèque de Porto, accompagnait le Souverain Pontife.

« Léon IX ne tarda guère è justifier les craintes des princes de l'Eglise dontlacoaduite criminelle avait redouté sa séférité. Pierre, diacre de l'Eglise romaine, se leva et prit la parole k l'ouverture même du concile ; il en indiqua en peu de mots le sujet: la réforme de l'Eglise, la répression de la simonie, la répression des mariages incestueux ou adultérins, la restitution des biens ecclésiastiques, enfin la correction d'autres graves abus qui désolaient le royaume de France, et termina en suppliant les évèques, au nom du Christ, de venir au secours du Pape, pour arracher cette ivraie qui avait envani le champ du Seigneur.

« Après quelques instants laissés aux réflexions de l'assemblée , le cardinal-diacre se lève de nouveau ; alors, au nom du Pape et sous peine d'anathème, il ordonne aux évèques de déclarer, devant le concile, siis sont coupables ou non d'avoir reçu on donné de l'argent pour les ordinations. Cet ordre si imprévu et si sévère déconcerta la plupart des prélats. Toutefois, il faut remarquer que le Saint-Père s'en rapportait k leur déciaiation, sans citer de témoins, sans faire aucune recherche. L'archevôaue de Trêves obéit le premier et affirma n avoir jamais ni donué ni regu de l'argent pour une semblable cause. Ses collègues de Lyon et de Resançon pro^ testèrent aussi de leur innocence, mais celui de Reims garda le silence ; Pierre lui ordonna de nouveau de s'expliquer : embarrassé, l'archevêque demanda grâce jusqu'au lendemain, disant qu'il parlerait en particulier au Souverain Pontife. On passa outre. Tous les autres évèques dirent qu'ils nétaient point coupables, quatre exceptés, ceux de Langres, de Nevers, de Coutance Ci| de Nantes. On remit au lendemain k examiner leurs causes. On flt aussi aux abbés la redou* table question ; la plupart se déclarèrent innocents , quelques-uns s'avouèrent franchement coupables, d'autres laissaient, par leur silence, deviner leur culpabilité.

«( La seconde séance eut lieu le lendecoaiot et l'archevêque de Reims fut de nouveau interpellé ; il demanda avant de répondre, à consulter plusieurs évèques. Cette cousulution terminée, l'évèque de Senlis déclara l'archevêque innocent ; le Pape le pria de Tadirmer par serment ; comme il n*osau le faire et qu'on était pressé, l'atfaire fut remise au concile de nome. On commença alors k procéder contre les quatre évèques : celui de Langres fut violemment accusé; l'examen de son affaire prit toute ct^lie séance, que rendit remarquable un incident étrange. L'archevêque de Resançon voulut prendre la parole pour défendre 1 évAque de Langres, mais, comme par miracle, il ne \m jamais articuler une parole. A cette vuej

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DBS papes:

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archefèqne dé Lyon s^afooa suHe-champ nupable de simonie^ mais innocent de tout uire crime ; son jugement fut remis au lenemain.

« A la troisième séance on appela Tévèque e Langres ; ce fut en vain : il avait pris la lile pendant la nuit ; il fut eicommnnié. .'évAquede Nevers déclara que ses parents, son msu, Pavaient fait nommer en donnant e Targent, el offrit sa démission. Le Pape engagea à reprendre ses fonctions, si touîfois il pouvait affirmer qu'il n!avait rien u du marché; il le jura, et conserva sa di- Dilé. L*év4que de Goutance, en s*avouanl Dupable, rejeta la faute sur son frère, et fut cquilté d'après son serment. Enfin Tévèque e Nantes s'étant accusé d'avoir donné de argent pour sa nomination, fut dégradé el éposé en plein concile.

« Ce ne fut pas tout encore, car le Pape oalut procéder contre ceux qui, s*étant fait xcuser, n*étaient point venus au concile, et ^ria les archevêques de dénoncer ceux de eurs suffragants absents qu ils savaient être oupables de simonie ; mais personne ne fut iccusé. Alors le Pontife frappa sans pitié les fv^iues qui, fuyant rassemblée, sans même illêguer un prétexte, avaient préféré suivre 10 roi ; il les excommunia tous, et nom mènent Farchevèque de Sens et les évèques l'Amiens, de Beauvais, de Laon. C'était ce lernier qui avait donné à Henri le conseil le ne point assister au concile. Enfin, et )Our terminer dignement, on proscrivit k ieims les mariages incestueux ou adulte- ;ins, et le Pa^e prononça TexcommunicaioD contre plusieurs seigneurs qui en étaient 'Ou^bles.

« relie fut Tissue du concile de Reims ; Léon IX s*y montra plus sévère qu'à Rome, Hbou sans raison ; car les abus étaient bien )lu5 criants en France, où, depuis la mort lu roi Robert, le mal était parvenu à son •omble. Avant de quitter ce pays, le saint Pontife écrivit è ses évèques une lettre synodale où il rétablit la liberté des élections ^piseopales par le clergé et par le peuple; il ^ rendit ensuite à Mayence, pour y tenir ie concile qu'il avait déjà indiqué.

< Je me suis étendu sur les détails des ^Ï^JAges de Léon IX, afin de vous montrer jl^û provenaient les difficultés que ce Pon* "le avait à vaincre el les désordres qu'il devait réprimer. Vous avez vu que les évèques, seigneurs temporels, prenaient une grande [«rt au gouvernement politique; qu'ils fiaient les colonnes de la monarchie, les fi«- Q^ies défenseurs de la couronne, alors peu ^<^pec^ et même attaquée parles seigneurs IMosi Henri !•' qui ne s'inquiète nullement aes mauvaises momrs des évèques, se sert priQcipalemeni de leurs troupes pour mettre ^5 rebelles à la raison) ; mais qu'ils n'éhii I ^' au même degré empressés à rem-

î»ir les obligations de leur charge et à faire ti^?V? ^^ '^i^Q- Cet état de choses conve- KurA W««l^- L'Eglise eût succombé en «»urope SI les Papes n^avaient eu le courage ^^ 14 puissance de le faire cesser. Au lieu de

s appliquer avec zèle à radmiaistration spirituelle des diocèseSff les prélats, uniquement préoccupés d'intérêts matériels, se laissaient absorber parles affaires politiques, et, bien loin d'être les apôtres de la paix, ils prenaient les armes dans toutes les querelles de la monarchie, manquant ainsi au premier devoir des ministres du Christ. Aussi, dans l'élection des évèques et des abbés, les rois faisaient tomber le choix non sur l'homme qui se serait entièrement voué au service de Dieu, mais sur un parent ou sur quelque intrigant capable de les aider sans scrupule et de diriger à leur souhait les nombreux vassaux des fiefs qu'il devait posséder. Sortis des cours, ou en perpétuel contact avec les puissants du siècle, les évèques en avaient ou en prenaient les habitudes et les mœurs r de là des scandales dont la souillure Rejaillissait jusque sur l'Eglise.

« Telle était la situation que Léon IX voulut faire cesser, dans Tintérêt bien entendu de l'Kglise et de TElal; car ce n'était pas sur de semblables bases que l'union des deux pouvoirs devait reposer : ce n'était pas ainsi ^ue l'avait entendu Charlemagne, qui comprit si admirablement l'harmonie de leur accord. Chacune des deux puissances doit garder ses attributs divers, et rester dans sa sphère, tout en prêtant à l'autre appui et secours. Il ne faut pas que le prince s'immisce dans les affaires du sanctuaire et puisse en distribuer^ selon ses passions ou ses intérêts, les fonctions sacrées; il ne faut pas que les évèques soient des hommes de guerre et de cour, mais il convient Qu'ils aient les mœurs et les habitudes ecclésiastiques, qu'ils parviennent à leurs dignités, non au moyen de la faveur ou de la simonie, mais par leurs mérites personnels, par la science et la vertu, ainsi queje prescrivent les saints canons. Voilà ce que voulait Léon IX, ce qu'avant lui et après lui ont toujours voulu les Papes, sauf quelques rares exceptions qui ne font que confirmer la règle ; les vues purement terrestres eurent peu d'empire sur les Pontifes qui ont occupe la Chaire de saint Pierre, et pourtant on les accuse d'ambition personnelle, on leur attribue l'esprit de domination temporelle ; reproche faux et injuste, et qui supposent ou l'ignorance ou la mauvaise foi; car, si on voit souvent les Papes en lutte contre les |)uissances temporelles, c'est que celles-ci, tout en voulant faire une part de puissance à TEglise, prétendant s en servir comme d'une machine Souverneroentale, ou comme d*un manteau estiné à cacher aux veux des peuples les fdaies repoussantes de leur ambition, de enr immoralité et de leur égoîsme. Le but de la papauté est de maintenir parmi les hommes le règne de la vérité et de la justice; voilà pourquoi, si Ton consulte l'histoire, on trouve que la papauté est sans cesse l'objet de la haine des tyrans ; car elle ne se

Îirête pas en esclave aux caprices de la poitique ou des passions de cour ; c'est poui cela aussi qu'elle est toujours en butte aux

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DICnOMNAlKE

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avedgtes foreurs des orgaeilleui, des impies» des ambitieux ; lie de la société» qui trop 50tt?ent surnage; race méprisable, mais toujours puissante* impatiente de tout frein moral» de toute obéissance spirituelle, qui rencontre une ennemie redoutable et constante dans cette Edise immortelle» di* TJne barrière opposée» de tous les côtés, aux flots lumultueui des passions, et par laquelle seule Thumanité est préservée de leurs débordements. »

Revenons à l'histoire des nobles travaui de Léon IX.

Apràs avoir passé par Toul et Reims»

Bruneu alla è Mfetz» et ensuite à Mayence, oik il tint \tù nouveau concile avec les évoques de l'Allemagne. De là, il retourna à Rome et rendit au peuple la joie que sa longue absence lui avait Atée. Mais sa sollicitude pastorale ne put Vy laisser longtemps. Il partit pour la Fouille» et y cor* rigea, ainsi que dans les provinces voisines» divers dé^^onires. De retour à Rome, il tint un nouveau concile» où entre autres choses^ il condamna Terreur de Bérenger sur le corps et le sang de Jésus-Christ» et le retrancha même de la communion.

M. Jager poursuit ainsi : «Après que le eoncile de Rome eut, pour la première fois, anatbémalisé l'erreur do Bérenger, Léon IX. ne laissa pas partir les évéques sans avoir renouvelé les canons contre la simonie et les autres désordres du clergé. L'évéque do Milan fut mis en jugement devant cette assemblée» mais trouva le mojen de se disculper. Ce concile terminé» Je Pape ne se donna pas un moment de repos; d'abord il écrit de tous cAiés pour faire eitirper ia simonie; puis il excommunie les évoques de la Bretagne, qui, invités au concile de Rome, Bts s'y étaient pas rendus, parce qu'ils se suivaient coupables. Le Pape leur donna assignation à comparaître devant le concile de Verceil pour se justifier s'ils croyaient le pouvoir.

« Cependant Léon IX se met de nouveau en roule et va examiner par lui-même si ses décrets sont exécutés dans la haute Italie. De la Toscane, il se rend vers le midi» dans la Pou il le ; partout où il |)asse, réjDorme les abus, et met un terme aux dé« aordres des ecclésiastiques. Ici, il tient un synode; là, il ouvre un concile ; plus loin» il dépose its prêtres et des évéqncs coupables de sin)onie. Les Normands ravageaient la basse Italie» Léon s^adresse à eux et les exhorte à ne pas augmentiîr la détresse des pauvres» à prûtéser les monastères et è servir Dieu dans la chasteté. Cela fait, il revient aussitôt tenir le concile de Verceil» qui contirma la foi de TEglise sur l'Eucharistie et condamna le livre de Jean Scol. Cette assemblée procéda avec rigueur contre les évêques et les prêtres simoniaques ; d'alH)rd il ne s'était agi que de les condamner à une pénitence; mais une pareille mesure était trop évidemment insullisante» on les priva de l'exercice des fonctions sacerdotales.

« A peine le concile de Verceil s'est-il sé-

paré, et Léon IX prend enoore ooe iM , chemin de l'Allemagne; llsaitnprèMt^ indispensable dans ce pays poDr nnifr i bien la réforme entreprise; il y fn^sebv. l'hiver. Tantôt on le voitè Toiii,die« ^ Vosges, tantôt è Trêves ou à Augsboqrz, î il célébra avec l'empereur la iêledf 1i hrfîcation. Dans tous les lieux que ce fr«: Pontife visite , il se trouve entooré la grand nombre d'évêques qu'il eo€oon.>ï auxquels il sait inspirer son zèle pfiQ?! céfOrme et le bien de Tblise. L'actirté tt Léon est k peine croyaule. Déjà reim i Rome pour le jour de Pâques, il y iw^a la même semaine un concile od VIbsicj^ évêques sont déposés pour cause de sinoBi'. et qui sanctionne de nouvelles mm*^ contre les désordres dn clergé. Les Imt" complices des prêtres impodiqaessootsexorablenient traitées et condamoées I \^ clavage. Un saint docteur, Pierre 0»»^ applaudit è celte mesure et demaode ao'««« soit appliquée dans toutes les villes de liir* D'autres soins viennent en outra préocro'»* le Pontife ; il a à défendre le domaiof inporel de saint Pierre. Souvent et surlvul cette é|)oque, ritalie eût été sokiJQcif r^ l'étranger sans le secours de lapapauV,^^ sous ce rapport» compte dans ses annalfia belles pages» presque toutes cepeo(tMia> gligées ou défigurées parnos historieo} »^ dernes. Durant les troubles et les joon aiheureux de TB^Iiseï plusieurs seigaeo^ s^élaient approprié» sans scrupule, des term qui lui a|>partenaien4. Léon IX, ^^ s troisième concile de Rome» en eiigM,^ obtint la restitution, et obligea ceus qui ^Vt étaient emparés à prêter serment de fidéiito lui-même Souverain Pontife et à remperer Quelques-uns des plus puissants résiitèti' néanmoins et se maintinrent parla forcf H armes. Le Pape dut les laisser traoqut> car il eut alors sur les bras des abiits |>« pressantes.

« Les Sarrasins menaçaient la baoteltiiH. expulsés par Benoit VIII en 1018, t)» »> raissent de nouveau» et, sous le coonrdément d'Ettrégeite» que les chruniqod' appellent le roi d'Afrique, s*eapareo( « rile de Sardaigne» d'où ils cfaasseoi ^^ troupes de la république de Pisa, apré»Ms des combats dans lesquels, de parteld'Mtr* fut déployée la plus grande valeur. Uft»? des Barbares se fit couronner roi de cf-* lie» et commença i y oonstruire ées ^f? pour s'y maintenir. Cet évéoeoeai lo:

d'une haute gravité; si l'on laissait less<i^ rasins établir et fortiBer un pareil cm!* d*0}>ération» il n'était pas douteux que 11»'^ ne fût» en temps et lieu, victime de le#> déprédations et de leurs envaJiisseoMfi^ Les Italiens cependant étaient déooar^ Pise pleurait la mort de beaocoop *!' ^ braves» et l'on n'osait neo teoter pmr<^ prendre l'offensive. ^ïûs Léon IX w^ espère lias et conçoit le pn^t d'arrarHr aux Barbares ce lief duSaiiit-Si<gr.|iefP«'i un légat à Pise pour eihorler ses hiMte à venger la mort de leurs couctioycas. Ih

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DES PAPES

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querelle difisait cette yille et celle de Lucrfues ; le Pape arrange ce différend et promet nux Pisans la possession de Tlle de Sar-> daigne moyennant une légère redcTance.

Cette offre déterooine la républiaue qui se décide à faire un nouvel effort. Une puissante flotte est armée; mais, assaillis par la icmfféte, les Pisans se voient réduits à chercher un refuge dans les ports de la Corse. Les Corses, croyant que leur Ile est le but d*une invasion, s*empressent de proposer des conditions de paix è la flotte en détresse. Les chefs profltent de la circonstance pour amener ces alliés inattendus à une ligue offensive contre les Sarrasins. A la première nouvelle de cette réunion , Et^ Irégette ne croyant pas pouvoir résister à ces forces combinées, embarque rapidement ses troupes et se retire pendant la nuit. La Sardaigne reste aux Pisans, et ils durent à l^n in la prépondérance que leur donna sur les autres villes d*lulie cette augmentation de puissance.

• Un succès si complet et si peu coûteux enhardit Léon, oui résolut de mettre un icrnie aux déprédations continuelles, des Normands dans le midi de Tltalie. Voici le fait assez ronanesque qui amena rétablissement de ce peuple au delà des Alpes.

m Vers Tannée 1016, quarante pèlerins do ta Normandie, revenant d*un pieux voyagea lérasalem, passaient à Salerne, où ils rerurent la plus cordiale et la plus généreuse riospitalité do Guaymard qui en était le prince. Le hasard fournit a ces étrangers r occasion de montrer leur bravoure et leur reconnaissance. Pendant qu'ils goûtaient iesi douceurs d'un séjour (|u*on leur faisait si attrayant, les Sarrasins- vinrent attaquer Salerne, où régna aussitôt la plus grande confusion, et dont les habitants effrayés ne son- L$eaient pas même à se défendre. A cette vue, les Normands demandent des armes, parlent i'Iionneur et de vaillance, parviennent à ranimer les courages abattus, se mettent à la \ète des troupes, fondent à Timproviste sur les ennemis, qui frappés d'une terreur panique, fuient dans le plus grand désordre et l>érissent en foule dans les flots, pendant qu'ils cherchaient à regagner à la nage leurs vaisseaux trop éloignés des bords.

< Les pèlerins à qui Salerne devait cette [•rillante victoire et son salut, renirèrent en triomphe, aux [acclamations du peuple, liuayuiard voulut à toute force les retenir ians son pays; mais il ne put persuader ces étrangers , ^désireux de revoir leur patrie vers laquelle ils voRuèrent bientôt sur des (la vires charités de fruits qui lui étaient inclinons, de riches étoffes, en un mot de pré- »enis magnifiques, dont une partie était des* linée au duc de Normandie. A leur arrivée, ces Normands firent un récit merveilleux de leur victoire et un tableau maguifique de la :#>cftlrée, dont ils avaient refusé les offres généreuses. Plusieurs seigneurs parmi leurs :«,iii|iatriotes se montèrent la lète, et, se :rc»yant assurés d*une fortune rapide, pasyereut en Italie. Ils y lurent favorablement

accueillis, et leur nombre aocroenta de jour en jour pendant la première moitié du Kl' siècle. Très-braves, .mais peu scrupuleux, vendant leur secours tantôt aux Latins, tantôt aux Grecs, se brouillant souvent avec les chefs qui les employaient, ils parvinrent à se rendre indépendants, et bâtirent une petite ville nommée Averla, d*où ils faisaient la guerre à leurs voisins, sans plus de respect pour les choses sacrées que pour les profanes. Telle était la position des Normands au moment où Léon IX les avertit et les meunça de Texcommunication s'ils ne cessaient leurs brigandages ; mais ils n'en tinrent aucun compte, et attaquèrent même les terres de Bénévent, qui appartenaient au Saint-Siège. Enfin leurs dépréaations étaient telles que toutes les populations invoquaient à grands cris la protection et le secours du Pape.

« Léon n'avait pas la puissance matérielle nécessaire pour réprimer de tels ennemis; il prend le parti de foire un troisième voyage en Allemagne, afin de demander aide et appui à Temperenr, qui ne put lui donner que sept cents lances. Pendant le cours de ce voyage, le saint Pontife n*oublia point les affaires de TEgiise ; il tint un concile à Mantoue; on devait y chAtier plusieurs prêtres et évAques dont les partisans organisèrent une émeute autour de l'église où avait lieu l'assemblée. Léon sort aussitôt , mais son autorité est méconnue et les flèches siQlent à ses oreilles. Le concile est interrompu. Cependant les coupables vinrent le surlendemain demander grAce aux genoux du Saint-Père. »

Etant en 'Allemagne, il travailla k la réconciliation du roi de Hongrie, André, avee l'empereur Henri. 11 repassa de là en Italie, suivi des troupes que l'empereur lui avait données pour «hasser les Normands. Arrivé à Rome [iOSt], il y tint un concile contre les Grecs scbismatiques, qui blâmaient l'Eglise latine, sur ce q«relle ne consacre l'Eucharistie qu'avec du pain sans levain. Pour arrêter le mal dans sa source, il envoya trois nonces ou apocrisiaires à Constantinople, auprès de l'empereur Constantin Monomaque, qui était bien intentionné pour le Saint-Siège. Ils v firent faire une retractation au moine Nicétas, qui condamna de lionne foi son livre Des axymtSf et ils le reçurent dans leur communion. Il n'en fut pas de même do patriarche Michel Cérul-* iaire, qui, demeurant avec obstination dans son schisme et dans la haine qu'il portait au Pape, fut excommunié dans son Eglise même, avec ses adhérents, par les nonces, puis ctiassé de la ville par I empereur.

Il fit ensuite prêcher la croisade contre les Normands, et parvint à réunir environ douze mille hommes. Les Normands, qui n'étaient que trois mille, demandèrent k traiter; mais le Pape ayant exigé qu'ils évacuassent l'Italie, ces guerriers préférèrent tout risquer : on en vint donc aux mains, près de Civitella. Les Italiens ne soutinrent |)a$ même le premier choc; et les Normands

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DICTUIMNAlUe

n*eusseat pas eu besoin de combattre , sans les lances allemandes» qui à la fin furent éiTasées sous le nombre. Le Pape tomba au pouvoir des vainqueurs. A sa vue, les soldats normands se prosternenti demandent leur pardon et la bénédiction du Pontife : ce qui n'empêcha pas leurs chefs de le garder prisonnier à Bénévent.

Léon, adorant les jugements secrets. de Dieu dans le mauvais* succès «de cette expédition, demeura huit mois dans cette ville, et employa ce séjour à ha prière et à la méditation des Livres saints, passant les jours et les nuits dans les exercices les plus rudes de la pénitence; car, outre ses longs jeûnes, il portait un cilice, et n'avait pour lit que le

flancher de sa chambre, couvert d'un tapis. 1 récitait tous les jours le Psautier, et offrait io sacrifice de la Messe. Il nourrissait les pauvres et servait les malades, sans cesser de s'occuper des affaires de l'Ëglise.

Les Romains eurent pour le Pape toutes sortes d'égards, et finirent par lui |)roposer la paix, à condition qu'ils receyraieni, au nom de saint Pierre, et comme fief du Saint- Siège, l'investiture des terres déjè conquises et de celles qu'ils pourraient conquérir dans la Pouille , la Calabre et la Sicile. Ce traité plaçait les Normands sous la protection directe du Souverain Pontife, dont ils devenaient les vassaux , et leur assurait la possession ainsi légitimée des contrées soumises par la force des armes ; mais, en même temps, ce traité donnait au Pape ce que ne lui eût pas procuré la victoire la plus complète : suzerain de cette nation belliqueuse, il faisait, par elle, rentrer sous la dépendance du Saint-Siège des pays dès longtemps soustraits à son empire, et qu'il n'avait alors aucun moyen de recouvrer. Les écrivains qui font un crime à Léon IX d'avoir signé cette convention oublient qu'il en avait parfaitement le droit. Ce qu'il donnait lui appartenait. Son titre, qui remontait aux donations de Pépin et de Charlema^ne, n'était contesté par personne. Le traité n'eut même quelque valeur que parce que ce titre était reconnu de toute l'Europe. Supposé que le droit du Pape fât nul, le traité était nuri aussi, les Normands étaient dupes, et les peuples, au lieu de les regarder désormais comme de légitimes possesseurs, n'eussent fait que rire de leurs prétentions.

<( Cependant Léon ne survécut pas longtemps a l'heureuse conclusion de cette affaire; sa santé avait été grave&ent altérée par les douleurs de la défaite et de la captivité, et surtout par le spectacle des maux de l'Eglise. Vers l'an 105^. il se sentit atlaqué d*une maladie qui lui ôta le goût de toute nourriture et le réduisit à n'user d'autre aliment que l'eau. Persuadé, par ses pressentiments, qu'il n'en relèverait pas, il se fit transporter è Rome, et, se sentant proche de sa tin, il fit assembler les évêques et son clergé dans sa chambre et leur fit une ardente exhortation touchant l'ohligation qu'ils avaient de veiller sur eux-mêmes et sur le troupeau de Jésus-Christ. Le lendemain il

se fit porter dans l'église de Saint-Pierre, où il passa toute la journée à prier, et à donner k tous ceux qui étaient présents des avis salutaires. S'étant fait reporter sur son lit, il entendit la Messe, reçut le saint viatique et l'extrême-onction, et expira sans que ^rsonne s'en aperçût. 11 avait tenu le Saint- Siége 5 ans 2 mois.

Dieu fit connaître combien la mort de son serviteur était précieuse devant lui par les miracles qu'il fit par son intercession. C'est ce qui excita les fidèles à honorer sa mémoire d'un culte religieux. On inséra bientôt après son nom dans les martyrologes.

Après ce résumé sommaire des principales actions de saint Léon IK, laissons k M. l'abbé Jager le soin de retracer le tableau de Tinfluence sociale et civilisatrice de ce grand pontificat.

« Telle fut, » dit-il, « la belle et sainte carrière pontificale de Léon IX : providentielle figure dont les traits prennent de la grandeur à mesure qu'on les contemple de plus çrès. Je vous ai parlé du zèle ardent, de ractlTiié surprenante que déploya ce saint Pontife l>our le bonheur et la réforme de la chré* tienté. Mais je n'ai pas eu le tempsdevoas édifier par le récit des grandes vertus et des austérités extraordinaires de sa vie privée* dont les rares loisirs étaient consacrés à la •prière, à la méditation des saintes Ecritures, h la pratique des conseils évan^éliques. Né dans les premiers rangs de la noblesse, alors généralement dissolue, Brunon conserra toujours une pureté angélique; parvenu!

l'épiscopat, il fit briller l'humilité la plus parfaite, une admirable charité, et quand la réputation de son haut mérite eut attiré la tiare sur sa tête, il y joignit la double auréola de la gloire humaine et de la sainteté. L'his* toire rapporte plusieurs faits miraculeux qu prouvent que Dieu appuya visiblement les actes et les pieux efforts de ce saint Pape, n vous en ai cité quelques-uns; vous n'atrei pas oublié la mort subite de l'évêque de Su* tri au concile de Rome et le silence forcé da Tarchevêque de Besançon au concile de Reims. On remarqua aussi que les évèqaes excommuniés par lui, et qui ne se soumirent pas à ses sentences, moururent bientW misérablement. Enfin, le monde s'étonna du succès inespéré de plusieurs de ses entreprises, de la délivrance de la Sardaigne, de la pacification de l'Italie, par exemple. Mais après les vertus qui Tont fait monter s^ rang des saints, son titre le plus légilio®* l'admiration et à la reconnaissance des boffi* mes, est d*avoir si courageusement commencé Tœuvre de régénération indiquée par Clément II, et plus tard accomplie par on autre saint, par Hildebrand, dont Brunoo eat la gloire d'être l'ami, le soutient le premier guide et le précurseur.

« Le triomphe des Normands et la capti* vite de Bénévent ne furent pas les seui«^ causes qui remplirent de tristesse 4es derniers Jours de saint Léon IX. De son lit«l.^ mort, ce grand Pape voyait l'Eglise d'Afn^ que, jadis si florissante^ s'éteindre et éisp^'

in;^

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DES PAPES

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nlire dans la barbarie ; et, pendant qu*tl « CepeodanU à cette m6me époque » la(

iierrhait è rendre un peu de vie è cette fille Providence Toulutt comme pour donner un

}X|nrante» TEglise de Constantînople rom- .démenti aux prétentions scbismatiques de

>att le lien de l'unité et se précipitait dans Cérulaire, que la suprématie du Pontife ro-

es voies du schisme. Auiourd'huî» la croix I reparu stir les plages d Afrique, mais les ?mbres de Pholius et de Cérulaire, abritées >ous le manteau du czar, yei lient encore au lajs d*Orient, regardant le croissant qui dé- ;rolt, et comptant bien resaisir tout entière a proie que leur a ravie Mahomet. Constantînople est-elle è jamais maudite et livrée ;ans retour è l'erreur? N*échappera-t*elle 1 la main défaillante du Turc que pour omberdans la puissante main du Russe?

ostruîte par de si longs et de si cruels chftiments, ne se tournera-t-elle pas quelque our vers Dieu pour obtenir de sa miséricorde la vraie foi et la liberté ?

• Les derniers évèques de l'Afrique , au ieude se réunir dans la charité pour trarailler en commun è la régénération de leurs )eupleS| se livraient aux plus tristes que-

main, incontestée dans tout l'Occident , fût solennellement attestée, d'un côté par l'E-

Slise d'Afrique, de l'autre par Ie«patriarcal *Antiocbe; et Constantînople elle-même, malgré tous les efforts et toute l'astuce de son patriarche, ne put s'empAcber de la reconnaître et de la proclamer encore une fois. « Nous avons dit en quelles circonstances les derniers évoques de l'Afrique avaieAt eu recours à saint Léon IX ; disons de même brièvement à quelle occasion Pierre, patriarche d'Antiocbe, s'adressa à ce grand Pontife. Pierre venait d'être élu, il écrivait au Pape pour lui donner avis de son élection et le prier de la confirmer par son autorité suprême.

« Saint Léon, en lui répondant, l'exhorte à maintenir lui même les prérogatives de son Eglise, la troisième après celle de Rome,

elles sardes questions de préséance. L*évê- • lui otfrant son secours contre ceux qui s'ef-

ue de Gummi s'attribuant les prérogatives te son métropolitain, l'archevêque de Carbage, Thomas (c'était le nom de Farche- /éque), et deux autres évê()ues , Pierre et icao, s'adressent au Pape ; saint Léon répond m ces termes :

Les vénérables canons nous rappellent que feux ceni cina éeéques assistaient autrefois lu concile de Cartkage , et maintenant voire Maternité nous apprend qu'il en reste à peine inq dans toute T Afrique; nous compatis^ ions de tout notre cœur à un si grand abais^ ement^ mais lorsque nous apprenons que ces estes mêmes de chrétienté se divisent et se se- }arent9 et qu'ils s'enflent fun contre Vautre fur la jalousie et la contention de la primauté^ tous ne pouvons aue répéter cetteparole dA' nos (vil, 2) : « Pardonnez ^ Seiqneur^ par^ tonnez: qui suscitera Jacob de la pénitence m il est réduit f »

< Les pontifes africains comprirent cetle loble et triste leçon ; l'évêque de Gummi se uumit à la décision du Chef de l'Eglise et ecoonut les droits du siège de Carthage. liais vingt ans plus tard, de nouvelles divi* ions s'élevèrent, l'Eglise d'Afrique adressa ncore une fois ses supplications è j'Eglise uère, et puis le monde ne l'entendit plus, e furent ses dernières paroles, novissima erba.

« Saint Pierre , captif, recevait ainsi dans a personne de s«iint Léon l'hommage su- 'rôme des fils de saint Cyprien et de saint Augustin, lorsque le cardinal Humbert (saaiil homme de TEglisede Toul que le Pape tvait emmené à Rome et fait cardinal-évêjuc) lit k Trani, Eglise de la Pouille, que es» Grecs prétendaient soumise k leur partarcat, une lettre adressée k Jean, évêque te veltc ville, par le patriarche de Constan- >nopk\ Dans cetle pièce oflicielle, Michel .'érulaire attaquait ouvertement TEzIise rbnaine et levait audacieusement l'étendard lu schisme. Humbert traduit la lettre du >rec en latin, et la porte k Bénévent.

forçaient de diminuer l'ancienne dignité du siège d'Antioche, c'est-k-dire contre le patriarche de Constantînople, qui, s*attribuant le second rang, rejetait, par conséquent, le patriarche d'Xntioche au quatrième. Pierre avait prié le Pape do lui faire connaître les causes de la division qui régnait dans TEgliso universelle; saint Léon répond que s*il y a quelque semence de achisme, cest de la part de l'Eglise grecque, et il exhorte Pierre k en extirper jusqu'aux derniers germes dans son patriarcat.

« On voit par ces détails que, quoique captif chez les Normands, saint Léon avall l'œil sur toute l'Eglise, et que les menées du patriarche de Constantînople ne lui étaient pas inconnues. 11 ne fut donc pas surpris, lorsque le cardinal Humbert Jui apporta k Bénévent la traduction de la lettre adressée k l'évêaue de Trani par Michel Cérulaire et Léon d'Acridi. I

« Prisonnier k la cinquantième année de son ftge, et déjk atteint de la maladie dont il devait mourir, le Pontife travailla avec une incroyable activité k la réconciliation de l'Eglise de Consiantinopie ; il poussa le zèls jusqu^k entreprendre 1 étude du grec, afia de pouvoir lire dans l'original même les lettres qui lui arrivaient de l'Orient. Mais avant toutes choses, il adressa au patriarche de Constantînople et au métropolitain des Bulgares, une longue épltre en quarante et un articles, petit traité sur l'unité de TEglise» où tout respire la douceur, la charité, i'ha« milité, toutes les héroïques vertus qui distinguèrent k un si haut degré le grand saint Léon IX, et où se déploie la force invincible a*une logique que guide la vérité, Tirrésistible entraînement d'une éloquence qu'inspire la foi. Le Pape n'entre pas dans les minutieuses particularités de la lettre de Cérulaire ; une réponse détaillée k toutes les accusations, k tous les reproches imaginés par les ambitieux sectaires, sera l'objet d'un autre écrit que s^s légats leur porte*

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