Que dirait aujourd'hui de Maistre des
umenses conquêtes faites par le cbristia-
i!>me , sous la direction des Papes» depuis
u*ila écrit ces lignes?
MONAHCBUES. — « Les premiers rayons
u christianisme, ^ dit de Maistre, « ne
Hrompèrent pas même les hommes au sujet
3 la guerre, puisque, en suivant la doc-
iné de saint Augustin lui-même, le soldat
II ne tue pas quand le prince légitime le i ordonne , n'est pas moins coufiable que lui qui tue sans ordre (61); par où Ion M t que ce grand et bel esprit ne se formait s encore 1 idée d'un nouveau droit public li Aterait aux rois le droit de juger.
« Mais le christianisme, pour ainsi dire sscminé sur la terre ,^ ne pouvait que prérer les cœurs, et se^ grands effets polities ne pouvaient avoir lieu que lorsque
58) Â Pauto tertio Indim distinatuSt muitoi pas^
I ioto Oriente Chrittianos ad wuliorem frugem rt«^
drti et in numeroi propemod^m popmlos ifnoraH»
tétubriê involulos Md Christi fidem adduxtt. Nam
ur indos^ Brachmanes et Maleharat, ïpu primms
ravis ^ Matais^ Jais, Acenis^ Mindanait^ Motucen"
I» fiJaponihu mutti$editi$ miracutitet exanitatis
^ribmM Evemgeiii iucem intutit» Pertmstratë tan*
Japonim ad Sma$ profecturui in insulm San*
\a obiit. ( Voy. son Office dans le Biévaire de Paris,
fecenibre.)
A^\ voyages de saint Françoîs-XaTÎer sont déle« k la fin de sa Vie, écrite par te P. Bouhours, aériceni grande attention. Arrangés de suite, Us
OiCTION!!. OIS PaPXS.
l'autorité pontificale ayaat acquis ses justes dimensions, la puissance de cette religion se trouverait concentrée par la main d'un seul homme, condition inséparable à l'exercice de cette puissance. Il fallait d'ailleurs que l'empire romain disparût. Putréfié jus*
3ue dans ses dernières fibres, il n'était i>lus igné de recevoir la greffe divine; mais le robuste sauvageon du Nord s'avançait, et tandis qu'il foulerait aux pieds l'ancienne domination, les Papes devaient s'emparer de lui, et, sans jamais cessor de le caresser ou de le combattre, en faire à la fin ce que Ton n'avait jamais vu daus l'univers.
«( Du moment où les nouvelles souverainetés commencèrent h s'établir, l'Eglise ^ par la bouche des Papes, ne cessa de faire entendre aux peuples ces paroles de Dieu dans TEcriture : C'est par moi qiM les rois régnent {Prov. vm, 15); et aux rois ; Ne ju-
?^ex pas , afin que vous ne soyez pas jugés Luc. VI, 37), pour établir b U fois et l'ori*- Sine divine de la souveraineté, et le droit ivin des {)euples...
« Les rois sans doute ont souvent et trop souvent ordonné directement des peines; mais toujours l'esprit de l'Eglise s'avançait sourdement, attirant à lui les opinions, et flétrissant ces actes de la souveraineté comme des assassinats solennels, plus vils et non moins criminels que ceux des grands chemins.
< Mais comment TEglise aurait-elle po faire plier la monarchie, si la monarchie elle-même n'avait été préparée, assoupUd, je suis prêt à dire édulcorée par les Papes t Que pouvait chaque prélat, que pouvait même chaque Eglise particulière contre sdn maître? Rien. Il fallait, pour opérer ce grand prodige, une puissance non point humaine, physique, matérielle (cardans ce cas elle aurait pu abuser temporetlemeut) » mais une puissance spifitueile et morale qui ne régnât que dans l'opinion : telle fut la puissance des Papes. Nul esprit droit et
f)ur ne refusera de reconnaître l'action de a Providence dans cette opinion univer* selle qui envahit l'Europe, et montra à tous ses habitants le Souverain Pontife comme la souveraineté européenne » parce que U même autorité agissant partout, effaçait les différences nationales aulant que la chose était possible, et que rien n'iddntihe plus les hom* mes que l'unité religieuse. La Providence avait confié aux Papes l'éducation de la sou«
aoraient fiiii trois lois le tour du globe. U raoonu è quarante-six ans et n*en employa que dix à Tezé» cutîon de ses prodîg teox ira?aux ; c*€st le temps ou*employa Cés^r pour asservir et dévasier m Gaules.
(59) Moniesquleo.
(iSO) Utire de Lelboiit, dlé dans le Journal àistorique , Uiilitiquê et littéraire de Tabbé de F^Utr^ août 1774, p. 209.
(61) S. Aoc, De civit. DeU Ub. ii, c 29. — AUleurs il dit encore : Rmun refem facit imqukas imnt* raudi^ innoceutem autem mUttem ostendit ordossnnen'' dî. (lo.,CoRfrs Faustum.)
SJ
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