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verainetô européenne. Mais ccrminènl élever sans punir? De fà'tant de chocs, tant d'attaques quelquefois trop humaines , et tant de résistances féroces ; mais le principe di- Tin n*élait pas moins toujours divin, n'était pas moins toujours présent, toujours agissant, et toujours reconnaissable ; il l'était surtout par ce merveilleux caractère, caractère que j'ai déjà indiqué, mais qui ne saurait être trop remarqué, savoir : Que toute action des Papes contre les souverains tournait au profit de la souveraineté. N'agissant jamais que comme délégués divins, même en luttant contre les monarques, ils ne cessaient d'avertir le sujet qu'il ne pouvait rien contre ses maîtres. Immortels bienfaiteurs du genre humain , ils combattaient tout à la fois, et pour le caractère divin de la souveraineté, et pour la liberté légitime des hommes. Le peuple, parfaitement étranger à toute espèce de résistance, ne pouvait s'enorgueillir ni s'émanciper, et les souverains ne pliant que sous un pouvoir divin conservaient toute leur dignité. Frédéric, sous le pied du Pontife , pouvait être un objet de terreur, de compassion peut-être, mais non de mépris ; pas plus que David prosterné devant l'ange qui lui apportait les fléaux du Seigneur.
« Les Papes ont élevé la jeunesse h la monarchie européenne. Ils l'ontfaite au pied de la lettre comme Fénelon fit le duc de Bourgogne.
« Il s'agissait, de part et d'autre, d'extirper d'un giand caractère un élément féroce qui aurait tout gâté. Tout ce qui gêne l'homme le fortiOe. il ne peut obéir sans se perfectionner; et par cela seul qu'il se surmonte il est meilleur. L'effort continuel de l'Eglise, dirigé par le Souverain Pontife, en a fait ce qu'on n'avait jamais vu et ce qu'on ne verra jamais partout où cette autorité sera méconnue. Insensiblement, sans menaces, sans lois, sans combats , sans violence et sans résistance la grande charte européenne fui proclamée, non sur le vil papier, mais dansions les cœurs européens, alors tous catholiques.
« Les peuples chrétiens » qui n*ont pas senti ou assez senti la main du Souverain Pontife , - n'auront iamais cette monarchie. C'est en vain qu'ils s'agiteront sous une main arbitraire; c'est en vain qu'ils s'élanceront sur les traces des nations ennoblies; ignorant qu'avant de faire des lois pour un peuple, il faut faire un peuple pour les lois. Tous leurs efforts seront non-seulement vains, mais funestes : nouveaux Ixions, ils irriteront Dieu et n'embrasseront qu'un nuage. Pour être admis au banquet euro-
péen, pour être rendu digne decesceplre admiranle qui n'a jamais suffi qu'aux nations préparées, pour arriver enfin à ce but si ridiculement indiqué par une philosophie impuissante, toutes les routes sont fausses, exceuté celle qui nous y conduit.
a Quant aux nations qui sont demeurées sous la main du Sonverain Pontife, assez pour en recevoir l'impulsion sainte, mais qui l'ont malheureusement abandonnée, elles serviront encore de preuve k la grande vérité que j'expose. » {ùu Pape^ par l'auteur des Considérations sur la France^ 1. 11, p. lU et suivj
MORT DU PAPE — « Lorsque le Pape n'est pas surpris par la mort et qu'il la voit venir, il appelle autour de son lit de douleur ses prélats domestioues et les princif>aux dignitaires de la famille pontificale, ait sa profession de foi, accorde des grâces h ceux qui l'environnent, demande leurs prières, reçoit du prélat qui a la charge de sacriste (62) le saint Viatique, du cardinal grand pénitencier l'indulgence «plénière, et des généraux d'ordre les indulgences qu'ils ont le privilège de conférer.
« Si son état le permet, le Souverain Pontife mourant convoque une dernière fois ses frères les cardinaux, renouvelie devant eux sa profession de foi, leur recommande Tëglise de Dieu et l'élection de son successeur, le lien des peuples soumis au sceptre temporel du Saint*Siége, et après avoir fait son testament et désigné le lieu de sa sépulture, il donne au Sacré Collège sa dernière bénédiction apostolique. Rien de beau, de touchant comme ces allocutions saprémes du Père de la chrétienté. Celles de Nicolas V et de Pie II, que l'histoire a conservées, arrachent encore des larmes ï tous ceux qui les lisent.
« Mais la mort est quelquefois plus prompte ; elle ne laisse pas toujours au Vi* caire de Jésus-Christ la consolation d'adresser solennellement à r£glise une dernière parole. Grégoire XVI n'a pas eu cette joie. « Les prélats domestiques et les cubicuiaires (63) ne quittent point le Pape agonisant; le sacriste, après avoir administré les dernières onctions, récite les prières de la recommandation de l'âme et une partie dô la Passion du Sauveur. EnGa, si le Pontile vit encore, tes pénitenciers de Saint-Pierre lisent les psaumes de la pénitence et l'Office des morts, quand le Pape a rendu le dernier soupir.
\ « Aussitôt après la mort, le maître des cérémonies prévient le cardinal camerlingue qui« en habit violet et en rocbet, et accompagna
ijê%) Le sacriste {monsiynor sacrista) est toujours pu religieux Augustin, revéïu du caractère épiscopal. Le tiire d'évôque de Porphyre, in parlibus, est attaché à cette dignité ei toujours, ou presque touiours, appartient au prélat qui ta pnasséde. L.e sa-, crisie a la garde el préside à la disiribution des saintes reliques , assiste le Pape dans sa chapelle particulière et a soin des vêtements sacrés poniifl-
caux, de la sacristie papale, etc.
(b5] Ce mot (eubare, coucher) désignait aolrtfois tout ronctionnaire aUaché à la p»TSO0Qe du Pap(« quel que fût d^allteurs son emploi dans la famille poniiAcale. Les cubiculaires, sont aujourdlioi, fe> camériers secrets, plus pariiculièrement aitaditf à la person.e du Paoe, à sa chambre, cmblvUum.