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des prélats-clercs de lacliambre apostolique, |)areilleu)ent en rochet et vfttus de noir, se reii<l au palais pontifical. Il entre dans la chambre où le corps se trouve, se prosterne, prie, jetle de Teau bénite, approche au mo* menl inèine où les adjudants de chambre Aient de dessus la tète du P«ipe le voile blanc qui le recouvre» et rappelle trois fois par son nom de baptême, comme pour Grégoire KVI : Haur!.. Haur !.. Maur !.. en frappant chaque fois à la tempe avei* un petit marteau d'argent, puis il se retourne vers les assistants, et dit : « Le Pape est réellement mort : Papa i realmenU morto. » Se plaçant ensuite au pied du lit, il récite le psaume : De profanais^ avec Toraison.
« Quand les prières sont finies, le notaire, secrétaire de la chambre, rédige et lit è genoux l'acte qui constate la mort; il réclame Tanneau du Pécheur. Le maître de chambre du défunt Pontife remet cel anneau au cardinal camerlingue. Le dataire et les secrétaires font également la remise des autres sceaux entre les mains des clercs de la chambre, désignés à cet effet. Cela fait, le camerlingue passe dans une des grandes salles de Tappartement pontifical, où il notifie la mort du Pape tu sénateur romain (6^), par les soins duquel la grande cloche du Capitole, dite cloehe majeure^ annonce au peuple la vacance du Siège apostolique. Par ordre du cardinal-vicaire, les cloches de toutes les é(;Iises répondent aussitôt, et remplissent la ville de leurs sons funèbres.
« Cependant le cardinal camerlingue » es« carte de la garde suisse, qui est désormais à ses ordres, se rend au lieu de sa résidence habituelle, où, le jour même, il tient lacon* grégation des clercs de la chambre apostoli* II «y pour la distribution, par la voie du sort, es divers ofllices et fonctions que ces pré-
lats doivent remplir durant la vacance du Saint-Siège.
« Une ^arde d'honneur est placée aux portes du palais du maréchal du conclave (65).
« Le sénateur romain assemble la milice du Capitole (66) et Tenvoie, sous la conduite des
1 présidents régionnaires en exercice, tirer de eurs prisons les condamnés coupables seulement de délits peu graves, détenus au château Saint-Ange; les prisonniers qui su- ' bissent la peine de véritables crimes ne participent point à cette grâce ; mais il y a du moins un certain nombre de malheureux dont les prières accompagnent devant Dieu rame du Souverain Pontife.
t Des mesures de sûreté sont prises ; comme il importe que la tranquillité de Rome soit garantie, partout les postes sont doublés, des troupes occupent les lieux suspects; des ordres semblables sont envoyés aux gouverneurs des provinces et villes des Etats de TEglise.
« Enfin» le jour même de la mort du Pape, le cardinal doyen convoque et réunit chez lui la première congrégation des chefs d'ordre, qui se compose, comme nous Tavons dit, du cardinal doyen, du cardinal camerlingue, des deux plus anciens cardinaux de l'ordre des prêtres et de Tordre des diacres présents à Rome, et à laquelle assiste le se-^ crétairedu Sacré Collège.
« Rome estdans le deuil et dans la prière; de proche en proche, la funeste nouvelle se ré* pand,de la ville des saints Ap6tres aux extrémités du monde; de toutes parts les évèaues ordonnent les prières prescrites, et bientôt la chrétienté tout entière implore le Seigneur pour le père qu'elle a perau et pour le père inconnu qu'il va lui donner dans ses miséricordes.» [Eltetion et cottronnemeHl duSoU'vvrain Pontife.)
NAUFRAGÉS (Pillage des). ^Bien que 90US énumérions à la Vie de chaaue Pa(>e es bienfaits dont lui sont redevables la eiriiisatiun et l'humanité, néanmoins nous ne «aurions nous empêcher de rappeler quel- \aes faits qui se retrouvent en passant sous lotre plume.
Plusieurs Papes, particulièrement Gré- ;oire VII, Alexandre III et Honorius JV, se istinguërent eux-mèmes*en détruisant Tu-»
âge horrible de piller les naufragés parmi
(61) Le aluateor romain est le premier des foDConoaires laïques de Rome ; il a sa résidence au iptiule « aou autorité s^éiend sur la ville et la baueue. Sa charge est surtout de veiller au maineo des iNivitéfes de la cité, de iaire exécuter les îs et les statuts qui le coDoeroenU 11 est nommé ir le Papt. Les trois eoiiMrvalesrt, qui vieooent »rèa lui» sont élus ou conQrmés par tour, tous les )L uioîa ; Ils soot patrices romains et représeuteiit § anciens consuls de la cité, de même que le lékutir représente ea quelque sorte, le préfet ro- :tBn Um s'occupent de la partie économique de
les nations de TOccident. Un synode tenu en 1078, pendant le pontificat de Grégoire VU, condamna , dans les termes suivants, ceux qui faisaient du tort aux naufragés: Ap^ prenant qu'il y a des gens excités par le démon à piller tes malheureux qu'il serait de leur devoir de secourir et de consoler atec huma" nitéf nous anathématisons tout individu qui attente aux personnes et aux biens des nau* fragés.
Le concile de NanleSt en 1127, condamna
Tadminlstration municipale et de ses retenus.
(65) Cette charge , autrefois héréditaire dans la famille Savelti, appartieul depuis longtemps à la famille des princes Cbîgi.
(66) Cette milice est sous les orarês du prieur des chefs de quartier (nrtore de eaporioni) , qui sont comme les maires des divers quartiers de Rome. Le prieur est élu par les chefs des quatorxe quartiers* Elle Jouit de divers privilèges» entre autres de celui d'avoir toujours six hommes dans le palais du Pape.
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l^usage d'enrichir le trésor de tout ce dont on s'emparait par suite d'un naufrage, excommunia ceui qui réduisaient les naufra- ;£és en esclavage ou s'emparaient de leurs propriétés, et détermina Guy , noble Français, à renoncer à ce qu'il gagnait de cette manière. Le Pape Honorius confirma, en 1130, le décret de ce concile, avertit les évéques d'avoir soin que les marchandises qu'un individu a jetées dans la mer, dans la crainte du naufrage, fussent conservées au propriétaire, et condamna, comme des homoies injustes et des voleurs, ceux qui s'emparaient des obiets que la clémence divine avait éparfirnés.
NEGRES (Traite des). — Les lettres de Paulin, du 29 mai 1537, celles d'Urbain VIII , du 22 avril 1639 , Benoit XIV, du 20 décembre H^^l, Pie II, du 7 octobre 1462, à l'évèque Ruro, Pie VII, etc.» combattent avec le langage le plus énergique le trafic lait, par les Chrétiens, des nègres indiens et autres. Mais le document le plus remarquable et le plus récent de la papauté, au sujet de la traite des nègres, est la longue lettre apostolique publiée le 3 novembre 1839 par le Souverain Pontife Grégoire XVI. (roy. le texte de cette encyclique à GrAgoirb XVI.)
NICOLAS I*' (Saint), cent cinquièuie Pape et successeur de Benoit III. — Romain de naissance et fils de Théodore, régionnaire. Nicolas I*' fut élevé avec beaucoup de soin dans l'étude des lettres et dans les sentiments de la piété chrétienne. L'inclination qu'il avait pour le bien lui fit faire de si grands
{)rogres dans la vertu et dans la science, que es Papes, prévoyant les services au'il pourrait rendre un Jour à l'Eglise, voulurent l'a*» vancer de bonne heure dans le clergé de Rome. Le Pape Sergios le tira de la maison de son père, le prit dans le palais patriarcal et l'ordonna sous-diacre. Léon IV te fit diacre, et Benoit IIITestima tellement, uu'il lui fit prendre part au gouvernement de l'Eglise et l'avait toujours auprès de lui. A sa mort, Nicolas assista à ses funérailles et aida à l'ensevelir. L'empereur LouiSi qui venait de sortir de Rome, ayant appris la mort de Benoit, y revint promptement, et le clergé avec les grands et tout le peuple s'assemblèrent pour l'élection. Après avoir conféré pendant quelques heures, ils convinrent unanimement d'élire Nicolas et l'allèrent promptement chercher à Féglise de Saint-Pierre, oit il s'était caché, se disant indigne d'une telle fonction. On Ten tira de force» et avec de grandes acclamations on le mena au palais de Latran et on le mit sur le trône apostolique ; puis il fut ramené à Saint-Pierre, consacré et intronisé eu présence de l'empereur, et il célébra la Messe sur le corps du saint apôtre. Enfin on le ramena au palais patriarcal, chantant des cantiques spirituels ; et il fut couronné, à la grande joie de toute la ville, le dimanche 24 avril 858.
L'empereur Louis rendit au nouveau Pape dos honneurs extraordinaires: il marcha à
Eied devant lui, tenant son cheval par la ride.
Dès la première année de son pontificat. Nicolas s'employa à procurer la paix etlQ-* nion entre les rois. L'année suivante, il commença à faire sentir l'autorité apostoli* que du Saint-Siège dans TOrient. L'emperear Michel III, excite par le fameux Photius,que l'on avait substitue, sur le siège de ConstaQtinople, au patriarche saint Ignace, ÎDjustement déposé, envoya au Pape une ambassade célèbre pour le prier d'apaiser le schisme qui se formait à cette occasion.
Le Pape Nicolas ignorait encore ce qui s'était passé à Tégard dlgnace et de Photius, et les mauvaises intentions de la cour de Constantinople. Toutefois il usa de circonspection; ayant assemblé un concile, il députa deux légats, Rodoalde, évoque dePorlo, et Zacharie, évè(}ue d'Anagnia, avec ordre de décider en concile tout ce que l'on poarrait proposer sur les saintes images, parce qu'il ne s'agi3sait que de l'exécution du vir concile. Pour rarfaire d'Ignace et de Pholius, les légats avaient ordre df'en faire seulement les informations juridiques, et les rapporter au Pape, qui les chargea de deux lettres : la première à l'empereur Michel, la secondée Photius, toutes deux datées du 20 septembre 860.
Dans la lettre k l'empereur il se plaioi que le dernier concile ae Constantinople a déposé Ignace sans avoir cousuUé le Saint* Siôge, et que par la lettre de l'empereur, il paraît c[u'lgnace n'était convaincu ni par sa confession, ni par des preuves juridiques.il se plaint de ce qu'on a pris un laïque pour remplir le siège de Constantinople etprouie par les conciles et les décrétâtes des Papes rirrégularité d'une telle ordination : IVomi ne pouvons^ dit-il, donner noire eonsenit' ment.iuêqu'à ce que nçuf ayions appris f(ff nos légats tout ce qui s'est passé dans celle affaire; pour observer l'ordre^ nous t>ou/o*w qu'Ignace vienne en présence de nos légatt tt de tout le concile^ qu'on lui demande pouf' quoi il a abandonné sonpeuple^ et quon exor mine si sa déposition a été canùnique, Qw»à le tout nous aura été rapporté^ nous déciderons ce qu'il faudra faire pour la paix (k votre Eglise. Il vient ensuite à la question des images, supposant, conformément à \à lettre de l'empereur, qu*il y avait encore des Iconoclastes à Constantinople, il traite som« mairement la question ; puis il demande le rétablissement de la juridiction du Sàiot- Siège/ par l'évèque de Tbessalonique, cotuuie son vicaire, sur l'Epire, Tlllyrie, la Uacédoine, la Thessalie, l'Àchuïe, la Dacie, i< Mé^ie, la Dardanie et la Prévale, enfio la restitution des patrimoines de TEsIise romaine en Calabre et en Sicile, que T'ordiiuition de l'évèque de Syracuse soit conserrée au Saint-Siège. Le Pape fait trois copies de cette lettre, se défiant qu'elle pourrait ftlro altérée. Il en garda uae h Rome, ii donna les deux autres aux légats, l'une pour prf* senter à l'empereur, Tautre pour leur serrif d'instruction et pour la lire dans le coûciid qui devait se tenir à Constaotinoplei eu cas
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que l*emporeur ne voulût pas y faire lire la tienne.
Dans la lettre h Photins, le Pape reconnatt que sa profession de foi est catholic^ue ; luaisil blAme I irrégularité de son ordination. Cest pour cela, dit-il, quenoug nepou'^ 9oni y cofUenrtr, jusqu'au retour de ceux que nous Mom envoyés à Constantinople^ afin que nous puissions connattre par eux votre con^ duite et votre affection pour la défense de la foi.
Quand les légats furent arrivés à Constaotinople, on les tint pendant trois mois sans les laisser parlera personne, de peur qu'ils ne s'informassent de ce qui s'était passé à la déposition d*lgnace. Puis on leur fit de terribles menaces, s'ils ne se soumettaient h la volonté de l'empereur; on leur dit entre aulres choses ({u'on les enverrait en exil, où ils demeureraient si longtemps et auraient tant de misère, que ]a faim les réduirait à mourir. Après huit mois de résistance ils se rendirent; et, dans un concile nombreux, ils condamnèrent saint Ignace, et reconnurent Photius pour patriarche. Ils revinrent à Rome chargés par l'empereur Michel et par Pbotlus de plusieurs lettres pour le Pape. Parn^es lettres, encore plus par les actes du concile de Constantinople, le Pape Nicolas vil clairement que ses légats avaient fait tout le contraire de ce qu il leur avait ordonné; que sa lettre à rera|)ereur n'avait point été lue dans la première partie du concile, qui regardait Ignare; et que les iép^ts n*v avaient point montré, suivant leurs ordres, la copie qu'ils en avaient ; que dam la seconde partie do concile touchant les images, on avait lu quelque partie de sa lettre, mais tellement altérée, qu*il ne paraissait presque pas qu'il y fût parlé d'Ignace. Le Pape jugea par là de ce qu'on av^jt fait avant Tarrivée de ses légats, puisqu'on avait agi de la sorte en leur présence. Sensiblement affligé de leur prévarication, il assembla toute l'Eglise romaine, en présence de Léon, ambassadeur de l'empereur, déclara qu'il n'avait jamais envoyé de légats pour }a déposition d'Ignace, ni pour la promotion (Je Photius, qiie jamais il n'avait consenti, ni ne consentirait à l'une ni è Tautre.
La roéme année 86t, le Pape Nicolas tint un concile à Rome au sujet de Jean, archevêque de Ravenne; contre lequel plusieurs liat)itantsde cette ville étaient venus porter leurs plaintes au Pape. Il Tavait souvent exhorté à se corriti;er, mais il faisait encore l»is. Il détournait les uns d*a1ler à Rome, il [•xcommuniait les autres sans sujet ; il s'em- /arail des biens de quelques-uns, sans qu'ils ui fussent adjugés par justice; il usurpait h*s terres de r£c;lise romaine, pour les atrit>uer à celle de Ravenne et en supprimait os fifres :il méprisait les envoyés du Pape. l déposait sans jugement canonique des •réires et des diacres, non-seulement de on c\tsrgé, mais dépendant du SaiiU-Sié^e, A ré>idant dans la province de Kmihe:
I en mettait en prison et dans les cachots. I en contraignait d'autres h confesser par
écrit des crimes qu'ils n'avaient pas commis. Il prétendait n'être point obligé d'aller à Rome au concile, quand le Pape l'y appelait, et il avait falsifié les soumissions que ses prédécesseurs' faisaient à leur entrée au pontificat, et qui demeuraient dans les archives.
Le Pape l'appela trois fois par lettres à son concile; comme il n'y vint point, il fut excommunié. Alors il alla è Pavie trouver l'empereur Louis et obtint de lui des députés, avec lesquels il arriva à Rome fier de cette protection. Le Pape reprit doucement les députés, de ce cpi'ils avaient communiqué avec un eicommunié ; ils en témoignèrent du regret, et le Pape manda à l'archevêque Jean de se trouver, le 1*' novembre au concile qui l'avait excommunié, pour y rendre compte de sa conduite; mais Varchevêque se retira. Alors des habitants de l'Bméhe et des sénateurs de Ravenne vinrent avec un grand concours de peuple se Jeter aux pieds du Pape et le prier de venir i Ravenne pour s'instruire par lui-même et les délivrer de l'oppression. Il y alla: mais Jean ne l'attendit pas et retourna h Pavie trouver l'empereur. Le Pape fit un décret, par lequel il rendait aux habitants 'de Ravenne, de l'Emilie et de la Pentapole les biens usurpés par l'archevêque Jean et par Grégoire son frère.
Cependant l'archevêque sollicitait la protection de l'empereur, qui lui fit dire, qu'il allât s'humilier devant le Pape, « à qui, » dit-il, «c nous nous soumettons avec toute l'Ëglise, » et qu'il n'obtiendrait point autrement ce qu'il désire. L'empereur lui donna toutefois encore des envoves, avec lesquels il vint à Rome. Le Pape lui dit : Si Fempe^ reur connaissait bien la conduite de cet ar^ chevéque^ non- seulement il n'intercéderait pas pour /ut, mais il nous renverrait pour le corriger. Le Pape, ayant assemblé les évêques de plusieurs provinces, manda à l'archevêque de comparaître à ce concile. Après trois citations, l'archevêque se voyant sans secours, tomba dans une grande tristesse, et fit prier le Pape d'avoir pitié de loi, qu'il était prêt à faire tout ce qu'il ordonnerait. Le Pape résolut de le recevoir : l'archevêque renouvela l'acte de soumission au Pape, qu'il avait mal fait à son ordination, le confirma publiquement par serment sur la croix et les Evangiles.
Le lendemain le Pape vint k Téglise de Latran avec tous les évêqiies et tout le clergé. L'archevêque Jean s'y purgea d'hérésie, dont il était accusé; le Pape le reçut k la communion et lui permit de célébrer la Messe. Le jour suivant il lui fit prendre
f)lace dans le concile. Les évêques de l'Bmiie, appuyés de quelques habitants de cette province et de Ravenne , donnèrent une requête contre lui, se plaignant de plusieurs abus, dont le Pape , de l'avis de tout le concile, ordonna la correction ; le décret en fut formé dans ces termes, au nom du Pape, parlant à l'archevêque Jean : ffous vous or^^ donnons de venir tous les ans à Rome. Voué
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ne cofutacrerez les évéques de rEmilie^ qu'après l'élection du duc, du^clergé et du peuple^ et la permission . par écrite de celui qui rem» ptira le Saint-Siège, Vous ne les emvécherex point de venir à Rome quand ils voudront ^ et n*exigerex rien d*eux contre les canons^ ou contre leurs privilèges. Vous ne vous mettrez en possession des biens de personne, qu'ils ne vous soient adjugés juridiquement à Éavennet en présence du Pape ou\de son envoyé , et des vôtres.
Après que le Pape Nicolas eut déclaré à Léon, ambassadeur de Constantinople, qu'il lie pouvait approuver ce que l'on y avait fait contre Ignace et pour Photius» il le renvoya chargé de deux lettres, Tune k Photius, Tautre a Tempereur Michel. Dans la lettre à Photius, il le qualitie seulement d*homcne très-prudent, pour montrer qu'il ne le reconnaît que pour un laïque .: il répond aux exemples qu'il avait allégués dans sa grande lettre, pour autoriser son ordination : Nectaire fut choisi par nécessité, parce qu^il ne se trouvait personne dans le cierge de Constantinople qui ne fût infecté d'hérésie. L'ordination de Taraire fut blâmée par le Pape Adrien ; il n*y consentit qu'à cause de son zèle pour le rétablissement des saintes images. Saint Ambroise fut choisi par miracle, et fit ce qu'il put pour se cacfier. Mais vous, qu'aveZ'Vous de semblable? vous qui non-seulement avez été pris parmi les laïques^ mais qui avez usurpé le siège d^un homme vivant. Vous dites que vous ne recevez ni le concile de Sardique, ni les décr étales des Papes : uoi^ ne pouvons le croire. Le concile de Sardique a été tenu dans vos contrées et est reçu de tout s l'Eglise : les décrétâtes sont émanées du Saint-Siège, qui par son autorité confirme tous les conciles.
Vous dites que vous avez été élevé par force au siège patriarcal : cependant : quand vous y avez été une fois établi, vous n'avez pas agi en père: vous vous êtes montré sévère jusque la cruautèy en déposant des archevêques et des évéques; en condamnant Ignace, que vous prétendez avoir été déposé, tout innocent qu'il est. Mais jusqu'à ce que nous voyions clairement son crime, nous ne le tiendrons jamais pour déposé, ni vous , par conséquent , pour patriarche de Constantinople. Quant aux di' verses coutumes que vous alléguez, , selon la diversité des Eglises, nous ne nous y opposons point, pourvu qu^elles ne soient point contraires aux canons; mais nous ne voulons point laisser établir chez vous celle de prendre de simples laïques pour les faire évéques. Cette lettre est datée du 18 mars 862.
La lettre à l'empereur contient l'exposé des mêmes griefs contre Photius :
Nous avons en main, dit le Pape» vos lettres, tant à Léon, notre prédécesseur, qu'à nous, dans lesquelles vous rendiez témoignage à la vertu d'Ignace et à la régularité de son ordinùlion ; maintenant vous dites qu'il a été chassé chargé de grandes accusations ; vous alléguez, pour cause de sa déposition, qu'il a usurpé le siège par la puissance séculière. Cnpdf vous dues que le concile qui Va déposé
était aussi nombreux que le condle de Hicée : ce n'est pas le nombre des évéques que nous considérons dans un concile', c'est (eurt atis que nous pesons.
Le Pape envoya une troisième lettre , adressée à tous les fidèles d'Orient, où, après avoir expliqué sommairement Taffaire et la prévarication de ses légats, il dit :
Sachez que nous n'avons point aucunement consenti, ni participé, à l'ordination de Pkotius et à la déposition d' Ignace. El s^adressant en particulier aux trois patriarches d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusaloui, aui métropolitains et aux évéques : Nous tms enjoignons, dit-il, et vous ordonnons pw fautorité apostolique, d'être dans les mhnet sentiments a l'égard d'Ignace et de Photius: de publier cette lettre dans vos diocèses, a/in qu'elle vienne à la connaissance de tout U monde.
Lotbaire, fils de l'empereur de mèaie nom, et roi de Lorraine, s'était abandonné è une malheureuse passion qui troubla m\ le repos de sa vie, et qui fut enfin la cause de sa perte. « Après avoir épousé Theutbergei fille de Boson, comte de Bourgogne, etélre resté un an avec elle , il se dégoûta de cette princesse, et, pour rompre ses engagements, il l'accusa d'inceste avec son propre frère. L'épreuve de l'eau bouillante, ordonnée p«r des seigneurs, du consentement du roi| justifia Tbeutberge, sans lui conférer le don de plaire à son époux. Une jeune personne, nommée Valdrade, avait pris la place de la reine dans le cœur de Lolnaire, et le tenait tellement engagé par ses attraits et ses artifices, que, dans les préjugés du temps sur le pouvoir de la magie, elle passa pour l'aroir ensorcelé. Après une longue suite de fourberies indignes de la majesté royale, et plfe encore de quelques prélats qui en furent les exécuteurs, on força la reine, par la crainte de la mort, h s*avouer coupable. Son mariage fut dissous par un concile de huit évëques, tenu à Aix-la-Chapelle en 862, la princesse l'enfermée dans un monastère, et Lotbaire épousa Valdrade. » (Hingm., Dedivort.Loih* et Th., X. l.)
Hais rinf()rtnnée Tbeutberge craignant les effets plus terribles encore de la violente passion du roi, son mari, s*écbappa de prison et se retira dans les Etats du roi Charles. Elle avait pris la précaution d'envoyer implorer le secours du Souverain Pontil'e contre une oppression si scandaleuse pour le monde chrétien. Elle l'avait même prévenu de l'affreuse alternative h laquelle on la réduisait, ou de se diffamer elle-même, ou de s'exposer aux plus funestes extrémités;
une reine traitée plus mal que la dernière des esclaves. (Henr., JBisi. eccL, i. 1V| I. XXVI, p. 17.)
Loth^e , de son côté » avait envoyé au Pape Nicolas deux comtes avec des lettres i portant que les évéques de son royaume et quelques autres lui avaient assuré quil
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pouTaii qtiiUor Theutberge ei épouser Valdrade ; mais que, pour garder l'ordre « il roulait avoir l'autorité du Pape même, et attendait son conseil , demandant pour cet effet des légats qui vinssent tenir un concile dans son royaume. Le Pape lui manda qu'il lui enverrait certainement des légats, défendant cependant de prendre aucune délibération sur cette affaire. Le Pape ignorant ce 3ue Lothaire avait fait depuis, au préjudice esa défense, lui envova sur la Qn de la même année 863, Rodoalde, évêque de Porto, le même qui avait été à Constantinople , et Jean, é vaque de Ficocle, depuis Cervia dans !a Romagne. II demanda au roi Louis de Germanie el aux deux rois Charles, l'oncle et le neveu, d'y envoyer chacun deux évéqaes de leurs royaumes. Enfin , il pria l'empereur Louis de faire conduire ses légats en sAreté dans le royaume de Lothaire son frère. Le Pape écrivit aussi aux évéques de (iaule et de Germanie de se trouver a Metz, où se devait tenir le concile, d'y faire Tenir le roi Lothaire, pour s'y défendre en personne. Le Pape ciit dans cette lettre , qu'il vient d'apprendre, comme il était prêt è enroyer sea légats, que Lothaire s'élait déjà remarié, sans attendre le jugement du Saintàiége. Dans une autre lettre (jui devait être remise aux ëvèques, quand lisseraient assemblés è Metz , le Pape les exhorte à faire lustice^ elà lui envoyer les actes du concile, itio qu'il en puisse juger.
Dans ces lettres, il y en avait deux en fareur du comie Baudouin : l'une au roi Ibarles le Chauve, l'autre à la reine Ermenrudeson épouse. Baudouin était allé à Rome e mettre sous la protection de saint Pierre t du Pape, témoignant un grand repentir e sa fiiute. Le Pape rei^résente au roi, que e seiRneura gagné l'aSTectionde Judith, que i on Te met au désespoir, il est à craindre u*il ne se joigne aux Normands. Les légats irent chargés de ces sept lettres, toutes da* k'S du même jour 23 novembre 862.
Le Pape leur donna des instructions, porint, que si le concile de Metz ne s'assemlait pas , ou si Lothaire différait d'f venir, s iraient le trouver et lui donneraient ses *(/res. Vous irez trouver le roi Charles^ pour iffaire Baudouin^ vous lui ferez voir tn priante de tout le monde les lettres synodiquei et mémoire i/ue nous vou$ donnons. Ce m^ oire était ainsi conçu: Lothaire soutient II/ a reçu Valdrade de son pire^ qu'ensuite a épousé la saur de Hubert. Informez-vous igneusement s'il a épousé Valdrade dans les nues et in présence de témoins: pourquoi a répudié pour épouse Theutberçe, Comme dit que c'est par crainte^ vous lut représen* vz quun rot comme lui n'apas dû craindre particulier^ au péril de son âme; s* il n'est iut prouvé qu'it eût épousé légitimement idrade^ exhortez-le à se réconcilier avec \eutberge^ si elle est innocente. Vous devez voir ^*elle a réchuné jusqu'à trois fois te int'Stége^ quand elle y envoya son acted^ap» f, elle déclara qu'on voulait la contraindre à ccuser d'uf^ f<tux crime f protestant que si
on la pressait davantage , elle serait obligée^ pour sauver sa vie, de dire ce que l'on voudrait. Quand elle sera au concile, examinez soigneu^ sèment ce qui en est.
Après que les légats furent partis pour la France, plusieurs personnes de Constantinople venant à Rome , dont quelques-unes fuyaient la persécution de Photius^ publièrent la prévarication des légats qui y avaient été envoyés. Le Pape en fut sensiblement afSigé, et voulut effai-er cette tache. Il assembla un concile de plusieurs provinces dans l'église de Latran ; on y lut les actes de celui de Constantinople et les lettres de l'empereur Michel traduites de grec en latin ; on amena l'évèque Zacharie, le seul des légats qui était présent ; Rodoalde était en France. Zacharie fut examiné et convaincu , même par sa confession, d'avoir consenti è la déposition dignace, et communiqué avec Photius, contre les ordres du Pape. Le concile prononça contre lui une sentence de déposition et d excommunication ; le jugement de Rodoalde fut remis à un autre concile, à cause de son absence.
Ce même concile prononça ainsi sur le fond de l'affaire de Constantinople : Nous ordonnons que Photius qui a tenu le parti des sehismatiques , et a quitté la milice sécu* Hère pour être ordonné évêque par Grégoire de Sjjracusef condamné depuis longtemps ; qui du vivant de notre confrère Ignace^ patriarche de Constantinople , a usurpe son siége^ et est entré dans la bergerie comme un voleur; qui depuis a communiqué avec ceux qu'avait cofidamnés le Pape Benoit^ notre prédécesseur ; qui contre sa promesse a assemblé un eoncilcp où il a osé déposer et anathématiser Ignace ; qui a corrompu les légats du Saint -Siège ^ contre le droit des gens , et les a obligés^ nonseulement à mépriser ^ mais à combattre nos ordres ; qui a relégué les évêaues qui n'ont pas voulu communiquer avec lui , et en a mts d'autres à leur place , qui persécute l'Eglise encore aujourd'hui, ne cesse défaire souffrir des tourments horribles à notre frère Ignace ; nous ordonnons que Photius, coupable de tant de crimes, soit privé de tout honneur sacerdo^ tal, et de toute fonction cléricale, par l'auto^ rite de Dieu tout^puissant , des apôtres saint Pierre, saint Paul, de tous les saints , des six c^^nciles généraux, et du jugement que le Saint" Esprit prononce par nous. En sorte que, si après avoir eu €onnaissance de ce décret , il se/force de retenir le siège de Constantin nople, ou empêche Ignace de gouverner paisi' blement son Eglise, ou s'il ose s'ingérer a quelque fonction sacerdotale, il soit exclu de toute espérance de rentrer dans la communion, et demeure analhénuitisé , sans recevoir le corps et le sang de Jésus-Christ , 5tnoii à Varticle de la mort^
Grégoire de Syracuse, schismaliaue qui, après avoir été déposé par un concile et sus^ pendu par le Pape BenoUf a osé consacrer Photius et faire plusieurs autres fonctions, est privé de toute fonction sacerdotale, sans espérance de restitution ; s'il en exerce queU qu'une à l'avenir ou excite quelque trouble
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DIGTIOMNÂIRE
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eonirt T^ftu^e^ qu'il soit anathime^ lui et tous ceux qui communiquent avec lui. Nous tnierdisons de toute fonction cléricale tous ceux que Photius a ordonnés.
Quant à notre firère Ignace^ qui a été chassé de son siège par la violence de Vempereur et dépouillé dis ornements sacerdotaux par la prévaricéntion de nos légats, nous déclarons, par Vaulroritéde Jésus-Christ, qu'il n'a jamais été déposé ni analhématisé , ne Voyant été que par ceux oui n'en avaient aucun pouvoir. Nous^ le rétablissons dans sa dignité et ses fonctions, et quiconque à l'avenir lui appor^ (era quelque empêchement ou quelque trouble, sans le consentement du Saint-Siége, sera déposé s'il est clerc, analhématisé s'il est laïque, de quelque rang qu'il soit. Nous ordonnons que les etéques et les clercs, exilés ou déposés depuis Vinjuste expulsion d* Ignace, soient rétablis dans leurs sièges et leurs fonctions, sous peine d'anathime à ceux qui s'y oppo" seront. Enfin le concile de Rome confirme }a tradition concernant la vénération des images, et prononce anathème contre Jean, ci-devant patriarche de Constaniinople» et ses sectateurs.
Le concile qui devait se tenir à Metz pour Taffaire du roi Lothaire, était d*abord indiqué pour ]e jour de la Purification, 2 février 863. Ou le voit par une lettre d*Adventius de Metz à Teutgaud de Trêves, où il l'ex« horte à' soutenir le roi dans sa bonne réso^ Jution de se soumettre à tout ce qui sera meilleur selon Dieu. Le concile fut remis au ISmars; enfin il se tînt à la mi-juin. Lolhaire eut au commencement de cette année des affaires plus pressantes. Les Normands entrèrent en Frise» remontant le Ithiii vers Cologne, et vinrent jusqu'à une Ue près de Nuys. Le jeune roi Charles, frère de Lotbaire, mourut; il fut obligé d'aller en Provence partager ce royaume avec l'em-
1)ereur Louis. Ces délais donnèrent le temps ï Lothaire de corrompre les légats du Pape : car il ne persévéra pas dans sa bonne reso- Jution, si toutefois il l'avait jamais eue.
Les légats allèrent à Soissons trouver le roi Charles le Chauve, qui les reçut honorablement dans l'abbaye de Saint- Médard, et les retint quelque temps auprès de lui. Ils lui demandèrent le pardon du comte Baudouin de la part du Pape, quoiqu'il ne raccordât pas encore, il les renvoya avec des lettres et des présents.
Tandis que les légats Rodoalde et Jean étaient à Soissons, le peuple vint leur demander è grands cris la liberté de i'évéuue Rothade, toujours prisonnier, et son rétablissement, quoique Erchanrad, évéque de ChAlons, joignant les coups aux menaces, leur défendit de la part du roi et de l'archevêque de crier ainsi. Ce fut ce qui obligea les évèques de plusieurs provinces du royaume de Charles à tenir près de Senlis un concile, d'où ils écrivireàt au Pape, le priant de confirmer la déposition de Rothade, dont ils lui envoyèrent les actes. Enfin, ils priaient le Pape de prendre de meilleurs sentiments au sujet des femmes de Lothaire,
supposant que ses légats, qu'ils savaient être favorables à Vaidrade, n'agissaient que suivant ses ordres; ils lui demandaient la convocation d'un nouveau concile de tootos les provinces pour cette affaire. OdOD, évéque de Beau vais, fut chargé de cette lettre.
Avant qu'Odon de Beauvais fât arri?é à Rome, le Pape Nicolas était déjà iostralide l'affaire de Rothade , et en avait écrit à Hincmar : Nous avons appris par le rapport de plusieurs personnes fidèles, qu'à votrt poursuite notre frère Rothade, malgré son appel au Saint-Siège, a été déposé obsait et enfermé dans un monastère. Nous pouIom qu il vienne à Rome incessamment^ avec m accusateurs et le prêtre qui a été le sujet in sa déposition; et si dans un mois aprisk réception de cette lettre vous ne ràabliini Rothade, si vous ne venez à Rome avec luû ou un député de votre part, nous vom défendons de célébrer la Messe, à vous et à tout les évèques qui ont eu part à sa dépaitm^ jusqu'à ce aue le présent ordre soit exécuté. Le Pape écrivit en même temps au roi Charles, le priant de donner à Rothade la liberté de venir à Rome.
Après que l'évèque Odon fut arriré, le Pape, mieux instruit de l'affaire, écrivit plus fortement. Premièrement il répondit a i< lettre synodique du concile de Senlis, retu* sant absolument d'approuver la condamaation de Rothade : Nous ne pouvons jugir sans connaissance de cause, Odon n'a point voulu se rendre accusateur contre lui; qvand il l'aurait fait , t7 n'y aurait personne pour le défendre. Nous trouvons fort mauvais quâ vous l'ayez déposé et enfermé au préjudice di son appel au Saint Siège. Vous dites qué^ suivant les lois des empereurs, Rothade n'était point recevable dans son appel; quand les lois sont contraires aux canons, Oi doivent l'emporter. Or, les appellations os Saint-Siège sont établies par le concile de Sardique; il suffit que iappelant pritendt avoir bonne cause, quand il ne l'aurait p(U en effet. Le Pape se plaint de ce qu'ood ordonné un évoque à la place de Rotbade, et ajoute les mêmes menaces qu'il avait faites è Hincmar, puis il dit : Si vous continues dans la désobéissance, nous relèverons Rothade de votre condamnation, et vous condamnerons vous-mêmes en plein concile. Nous défendrons jusqu'à la mort les privilèges de notre siège* Et vous y avez vous-^mes intérêt. Car qne savez'vous s'il n'arrivera pas demain àquei-
Ss'un de vous ce qui est arrivé aujourdmà othade? en ce cas à qui aurez -vous U' cours ?
Pour l'affaire de Lothaire vous pourrt:
voir ce que nous avons jugé, par les lettres et les instructions dont nous avons chargé Rodoalde et Jean nos légats ^ vous y verrez q^^ nous n'avons rien plus à cceur que de fsire cesser ce scandale : en sorte que si Lothatf^ n'obéit pas^ nous le retranchons de l'Egli^' El pour désabuser les faibles, il est bon ([U* vous fassiez part^ à tous vos confrères de ra que nous pensons sur ce sujet, que vous en instruisiez te peuple publiquement dans f^
lOi»
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DES PAKS.
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^/ûei. Quant au concile que tous proposez noui ne pouvons en délibérer ^ qu^apris que noi légtUt seront revenus^ et nous auront rap* portées fu*ils auront fait.
Le Pape écrivit aussi parOdon àHincmar,
mêlant ses reproches de maraues d*estime,
et (e renroyant à la lettre précédente. Vous
deviez, dil-il» ayant examiné tant de fois
Bothadef honorer la mémoire de saint Pierre^
en nous écrivant, et attendre notre jugement^
quand même Rothade n'eût pas appelé. Vous
nom demandez la confirmation des [privilèges
> de votre Eglise f et vous voulez affaiblir tes
nàiret autant quil est en vous. Hincmar ob-
tiot du Pape la confirmation des prérogatives
de sa métropole et du concile de Soissons,
td'iu Ie24 avril 853| où son ordination lut
ju^ée canonique.
Le roi Charles et les évèques de son conseil avaient été choqués de la lettre du Pape en f^tveur de Baudouin, rendu par les légats à Soissous. Ils croyaient que lo Pape n^vait pas dû l'absoudre 'de leur excommunication, et trouvaient qu'il parlait au roi en termes trop impérieux. Le Pape s*en excusa par la /oitre dont il chargea ôdon pour le roi. Nous n'avons point délie Baudomn de VanathimCf nous ne ravons point reçu à nçtre commu* ni€>n. Nous avons détesté son crime ^ et pris part à votre juste douleur : mais comme il s'é^dait mis sous la protection de saint Pierre^ no us n'avons pu tui refuser notre interceS" ii€7ii : usant toutefois de prières et non de cojntnandements. Il lui dit ce qu'il écrit lu X évéques concernant Rothade, le priant U même lui enjoignant de l'envoyer à Rome» ijou tant encore des excuses des termes un )ea durs dont il avait usé dans les lettres irécédeiites.
Odon fut aussi charzé par lo Pape d'une sttre pour Rothade, ou il le console et Texcrie a venir è Rome, sitôt qu'il en aura la he rlé. Si on ne vous le permet pas^ ayez soin e nous le mander, et ne cessez de recourir au aintSiége. Cette lettre est datée du 28 irril 863.
Les légats Rodoalde et Jean se rendirent Melz« et Y tinrent le concile de la mi-juin \3 : il ne s'y trouva aucun évéaue de Geranie ni de Neustrie, c'est-à-dire, des yaumes de Louis et do Charles; maisseuroeol du royaume de Lothaire, ils s^'y >uvèrenl tous. Tout s'y passa suivant la lontô du roi. Les légats, gagnés par ses 'dm II tés, ne montrèrent point les lettres Pape, et ne suivirent point ses instrucns. Lothaire leur dit qu'ils n'avaient fait 'exécuter le jugement des évèques de son raume, assemblés dans un concile géuéral i ix-/a-Chapelle, tenu Tannée précédente. ^arsn i les lettres du Pape Nicolas, qu'Odon, 'que de Beauvais, apporta en Franco, il y avait trois pour raOTaire d'Uilduin, à qui roi Lothaire avait donné l'évèché de nbraly vaquant par le décès de Thierri. Pape écrivit sur ce sujet aux évèques du au me de Lothaire, à Lothaire lui-même 1 MiMuin. Il se plaint que l'Eglise de jbrai demeure vacante depuis dii mois,
contre les canons ; que le roi autorise Hilduin à en piller les biens, et empêche la liberté de Télection et le droit du métropoli* tain. Il enjoint à Hilduin de se retirer de» Cambrai, sous peine d'excommunication. Le Pape écrivit aussi par Lindon à la reine Hermentrude, qui le sollicitait contre Rothade, montrant qu'il ne peut abandonner ceux (|ui ont recours au Saint-Siège. Enfin il écrivit à Rothade, et lui dit : Cest à vous à penser sérieusement si votre conscience vous reproche quelque chose^ ou si vous votilez acquiescer au jugement des évèques pour ne pas vous fatiguer inutilement vous et les autres^ sinon^ venez hardiment, et sache* que nous ne vous abandonnerons point.
Les légats Rodoalde et Jean, qui avaient
E résidé au concile de Metz étant revenus à ome, rapportèrent au Pape que le roi Lothaire avait suivi le conseil des évèques de son royaume, et que les deux principaux d'entre eux, Theutgaud et Gonthier, venaient eux-mêmes lui en rendre compte; mais le Pape Nicolas, qui pendant l'absence de Rodoalde avait appris comment il avait prévariqué à Constantinople, convoqua un concile pour le condauiuer. Rodoalde trouiilé f)ar le reproche de sa conscience., et par 'exemple de Zacharie son collègue, déjà condamné, s'enfuit de nuit avant le temps du concile, abandonnant son Eglise, et passa dans d*autres provinces. Le Pape différa encore de le juger à cause de son absence.
Theutgaud et Gonthier arrivèrent à.Rome^ présentèrent au Pape les actes du concile de Metz et d'Aix-laChapelle. Le Pape les fit lire publiquement et demanda aux archevô-
Sues s'ils voulaient les soutenir: ils réponircnt que puisqu'ils les avaient souscrit sils ne les contrediraient pas. Le Pape, sans s'expliquer, les congédia, et, peu de jours aprèS| les fit appeler au concile assemblé dans le palais de Latran. llsy présentèrent le mémo écrit, prétendant le faire souscrire au Pape. Mais le concile y trouva tant de propositions honteuses, qu'il condamna les prélats sur leur propre confession.
Le Pape envoya à tons les évèques do Gaule, d Italie et de Germanit*, le décret de ce concile divisé en cinq parties. Le premier casse le concile de Metz, le comparant au brigandage d'Ephèse. Le second déclare que Thieutgaud archevêque de Trève<, primat de la Belgique, et Gonthier archevêque de Cologne, sont dépouillés de toute puissance épiscopale, pour avoir mal jugé la cause du roi Lothaire, et méprisé le jugement du Saint-Siège, prononcé contre In- Îeltrade, femme de Boson, h la requête de adon, an hevêque de Milan. Il leur est défendu de faire aucune fonction épiscopale, 8>us peine de n*être jamais rétablis; on déclare excommuniés ceux qui communiqueront avec eux. Les évèques leurs complices sont aussi déposés: mais à condition d'être rétablis, en reconnaissant leur faute. Ingeltrude , fille du comte Mattefrid, femme de Boson, qu'elle avait quitté depuis environ sept ans, menant une vie vagabonde, est de
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DICTIONNAIUE
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nouveau anslhécnatisée avec toutes ses complices et ses fauteurs ; défense de communiquer avec elle ; on lui promet pardon si elle retourne avec son mari, ou vient à Rome demander l'absolution. EnQn, ou prononce anathème contre quiconque méprise les décrets du Saint-Siège , touchant la foi ou la discipline.
On déposa aussi Haganon» évéque de Bergame, qu'on disait être Fauteur de l'écrit présente au concile de Rome par les archevêques de Trêves et de Cologae ; et Jean, archevêque de Ravenne, qui au mépris de ses serments, conspirait avec son frère Grégoire contre l'autorité du Saint-Siège, particulièrement contre le Pape. Mais ils ne déférèrent point à la condamnation du concile, et con* tinuèrent de faire leurs fonctions.
Rodoalde, évêque de Porto, revint à Rome avec l'empereur Louis, lorsque le Pape était retiré à Saint-Pierre, et comme assiégé. Ce tumulte obligea le Pape à différer le concile où il voulait le juger : ayant appris qu'il voulait encore s enfuir, il lui aénonça en présence de plusieurs évéques et d'autres personnes, qu'il pouvait demeurer à Rome en toute sûreté , en attendant le temps du concile, où il pourrait se justifier : mais que s'il sortait de Rome sans le conffé du Pape , il serait déposé et excommunie. Rodoalde partit sans congé, et ayant dépouillé son Eglise, il se retira en d'autres provinces. Après cette seconde fuite , le Pape le tint pour convaincu ; ayant assemblé un concile nombreux dans Téglise de Latran , il le déposa et l'excommunia, avec menace d'anathème, si jamais il communiquait avecPhotins ou s'oppDsait à Ignace.
Le Pape avait convoqué un concile pour le commencement de novembre, et y avait appelé tous les évéques des Gaules, de Germanie et de la Belgique, pour y confirmer la déposition de Teutgaud et de Gouthier. Il dev;iit aussi traiter dans'ce concile l'affaire du roi Lotliaire et celle du patriarche Ignace. Theutgaudet Gonthier y vinrent, espérant obtenir leur rétablissement, par la recommandation de l'empereur Louis; mais le Pape refusa, bien.que Gonthier témoignât se repentir. Les évéques de Gaule et de Germanie s'excusèrent de ne point venir au concile de Rome.
La veille de Noël 864, le Pape officiant h Saifite-Marie-Majeure , monta sur Tambon, expliqua publiquement l'affaire de Rothade, rapportant sommairement , les faits contenus dans sa requête, soutenant que quand il n'aurait pas appelé, il ne devait pas être déposé sans la participation duSaint-Sié^e. De l'avis des évéques, des prêtres, des diacres et de toute l'assemblée, il déclara que Rothade déposé au préjudice de son appel , et contre lequel aucun accusateur n avait paru, devait être revêtu d'ornements épis- Gopaux. Rothade le prit et protesta qu'il serait toujours prêta répondre à ses parties. Le Pape attendit encore jusqu'au jour de sainte Agnès, 21 janvier 865 : comme il ne se présenta personne contre Rothade, cet
évêuue donna publiquement au Pape uu libelle contenant sa justification, avec promesse de répondre a ses accusateurs; après quoi Rothade célébra la Messe solennellement dans l'église de Constantia, et fut renvoyé a son siège avec les lettres du Pape, à la charge de répondre devant le Saint-Siège è ses accusateurs, s'il était poursuivi de nouveau.
Le Pape envoya avec lui Arsène, évêque d'Orla en Toscane , pour faire exécutersoo rétablissement, et pour obliger le roi Lo- Ihaire à quitter Yaldrade. Ce légat fut chargé de plusieurs lettres en faveur de Rothade. La plus importante est celle qui est adressée à tous les évéques de Gaule, où le Pape dit : Cf que voui dites est oAsurde^ gue Rothade^ après avoir appelé au Saint-Siéat^ oit changé de langage^ pour se soumettre de novkveau à votre jugement. Quand il Vaurait /at7, vous deviez lui apprendre au on n'appelle point d'un juge supérieur a un inférieur. If eût-il pas appelé au Saiitt-Siége, vous nV vex dû en aucune manière déposer un évéqiu sans notre participation au préjudice de tant de décrétâtes de nos prédécesseurs» Quelques' uns de vous disent que ces décrétâtes ne sont point dans les codes des canons. Cependant qiuind ils les trouvent favorables à leurs inten* tions^ ils s'en servent sans distinction ; d ne les rejettent que pour diminuer la puissamt du Saint-Siège. S il faut rejeter les décrélalet des anciens Papes ^ parce qu'elles ne sont pas dans le code des canons , il faut donc rejeter les écrits des Pères , même les saintes EcritU' res. Il prouve par l'autorité de saint Léon et de saint Gélase, que l'on doit recevoir généralement toutes les décrétales des Papes. Puis il dit : Se trouvera-t-il quelqu'un asse: déraisonnable, pour dire aue l'on doive conserver à toutes les Eglises leurs privilèges f tt que la seule Eglise romaine doive perdre les siens ? Il conclut en leur ordonnant de racevoir Rothade et le rétablir.
Arsène fut encore char^^é de quelques autres lettres : une au roi Charles, pour l'exhorter è la paix avec l'empereur son neveu; il y en avait une pour les évéques du royaume de Charles, pour la même Gn. Le Pape les prie n'exhorter le roi à garder ses serments, et ajoute ces paroles remarquables : Que Vempereur ne soit pas obligé de tourner contre les fidèles le glaive qu'il areçu du Vicaire de saint Pierre^ pour s'en sertir contre les infidèles ; quil lui soit permis de gouverner les royaumes qui lui sont échus par succession, confirmés par l'autorité du Saint-Siège et par la couronne que le Souverain Pontife a mise sur sa téte.il ajoute une menace de la colère de Dieu à quiconque osera attaquer l'empereur, et déclare que lui-même le défendra de tout son pou* voir.
Quant è l'affaire du roi Lothaire, le Pape écrivit aux évéques de son royaume, de lui parler avec la liberté épiscopale, pour I obliger à chasser Valdrade et le menacer, s'il ne le fait pas, de n'avoir plus de communion avec lui. Puis il ajoute à la fin :
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DES PAPES
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Xai trouvé ridicule une expreision de votre lettre^ dont vou$ dites que le porteur est un prêtre du comte Gérard. Ce comte Va-tH ordonné pritref estait dans son diocèse? On ordonne des prêtres pour une église de ta ville ou de la campagne^ ou pour un monasiire^ mais non peu pour les maisons des laigués. Cest un des abus que nous devons réfbrmer quand nous nous asumblerons.
Après qu'Arsène fut parti, vers la fête de •PAques, qui» cette année 865, fut le 22 avril, le pape Nicolas reçut des lettres des deux rois Louis et Charles, où ils s'excusaient de o*avûir pas envoyé leurs évèques au concile de Rome. Le Pape est peu satisfait de leurs excuses, surtout de ce que le roi Charles disait que la plupart des évéques de son roj^aume étaient obligés de veiller jour et nuit avec ses autres sujets contre les pirates, c'est-à-dire les Normands. Cest^ dit-il, aux guerriers du siècle de porter les armes, et aux évêques de vaquer à la prière. Vous dites que vous avez averti Lothaire^ et qu'il vous a souvent mandé qu'il voulait ve* nirà Jtome, et «'en rapporter à nous sur rafpiire de son mariage. Il nous Va mandé lui-même; mais nous le lui avons défendu^ et lui défendons absolument de se mettre en chemin dans les dispositions où il est. Nous avons attendu jusauici sa conversion ^ et avons différé de publier la censure contre lui^ pour éviter les guerres et V effusion du sang; maiSf s'il méprise nos avertissements et les vôtres f il sera désormais tenu pour ttl^ cestàr^ire quil sera excommunié.
Le pape Nicolas Répondit h Arduic, archevô']ue de Besançon, qui Tavait consulté sur divers point de discipline. Après avoir loué s«in obéissance et son atlachement au Saint- Siège, il lui donne les décisions suivantes : i^eux qui ont épousé deux frères ou deux moeurs ne peuvent ensuite se remarier à d'au* fres^ ni être réconciliés qu'à la mort. En gén,^al^ tous ceux qui ont contracté des ma^' fumages illicites pour cause de parenté ne peu- ^^nt en contracter d'autre, si ce n'est par m* ^nlgencCfCn cas qu'ils soient encore jeunes. ^^n évéque^ une fois élu canoniquemènt par le - dergé du consentement des premiers de la *v ///r, ne peut plus être rejeté. Les ckorévéques me peuvent consacrer des éaliseSf ni donner la confirmation réservée à l'évéque seul. Un prétrt^ une fois tombée ne peut plus être rétabli dans les fonctions de son ordre. Qui a tue son parent doit être excommunié jusqu'à la mort.
Le pape Nicolas se préparait è envoyer des légats à Constantinople, avec une lettre à rempereur Michel, pleine de douceur pa* ternelleetde charité, quand Michel, protospalaire de l'empereur, arriva h Rome, Tan K65, apportant une lettre de son maître, remplie d ii^ures et de menaces contre le Pape, s'il ne révoquait le jugement prononcé contre Pbotius. Le Pape cnangca de stvie, et en r uvoya une autre par le môme omcier, où Il reprend et réfute tout le contenu de la Il ttre de l'empereur.
Au lieu de commencer par des injures, le
Pape commence par des prières, afin que Dieu lui inspire ce qu'il doit dire dans cette occasion, et donne à l'empereur la docilité pour exemple. Il représente le respect dA au sacerdoce, et d'iizDans les Vicaires de saint Pierre^ vous ne devez pas regarder quels ils sontf mais ce qu'ils sont par la correction des églises et pour votre salut ; vous ne direz pas qu'ils soient au-dessous des scribes et des pharisiens, à qui le Seigneur voulait qu'on obéit parce qu'ils étaient assis sur la chaire de Moxse. Vous dites que depuis le vr concile , aucun de nos prédécesseurs n*a reçu un honneur pareil à celui que vous avez fait de nous écrire. C'est à la honte de vos prédécesseurs d'avoir été tant d'années sans chercher le remède aux diverses hérésies dont ils ont été affligés^ ou de l'avoir rejeté quand nous le leur avons offert. Jl est vrai que dC' puis ce temps-là il y a eu très-peu d'empereurs catholiques, et les hérétiques savaient que nous ne pouvions avoir de commerce avec eux : quand ils l'ont tenté, nous les avons honteuiement repoussés , ce que n'a pas fait l'Eglise de Constantinople» Quand les empereurs ont été catholiques, ils ont cherché notre secours pour soutenir la foi.
Vous traitez de barbare la langue latine; c'est que vous ne l'entendez pas. Voyez combien il est ridicule de vous nommer empereur des Romains, dont vous ne savez pas ta langue; bannissez-la donc et de votre palais et de vos Eglises : car on dit qu'à Constantinople dans les stations, on lit VEpitre et l'Evangile en latin avant de les lire en grec.
Vous dites que quand vous avez envoyé vers nous, ce n'était pas pour faire juger Jgnace une seconde fois; VÀ)énement prouve le contraire, puisque vous Vaviez fait juger. Nous n'avions envoyé nos légats que pour informer de son affaire. S'il était déjà jugé, comme vous le dites, pourquoi l'avez-vous fait juger une seconde fois contre la défense de lEcriture? Mais on voit bien que, connaissant les défauts de ce premier jugement, vous avez voulu le réparer par la présence et l'autorité de nos légats. Il s étend ensuite sur les nullités du dernier jugement porté contre saint Ignace : en ce que les juges étaient suspects ou même ennemis déclarés, les au* très excommuniés ou déposés, les autres ses inférieurs. Il prouve que ces sortes do personnes ne peuvent pas même accuser un évèque par le sixième canon, tenu à Constantinople en 381.
Où avez-vous lu que les empereurs, vos prédécesseurs, aient assisté aux conciles , ^i ce n'est quand on traite de la foi, qui est commune à tous les Chrétiens ? Vous ne vous êtes pas contenté d'assister à ce concile assemblé pour juçer un évêque^ vous y avez ramassé des milliers de personnes séculières pour être spectateurs de son opprobre. On a tiré l'accusateur de votre palais, on a donné des juges suspects et mercenaires. On a soumis le supérieur au jugement de ses inférieurs, quoique le jugement de iévéque seul ne suffise pas dans la cause des moindres clercs contre les évéques; car il faut un concile,
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iuivant te canon de Chalcédoine, Nous avons eu envie de rire, de voir que^ pour autoriser ce concile contre Ignace^ vous nous dites qu'il était égal en nombre au concile de Nicée. Nommez4e donc aussi le septième ou le hui" liime concile général : mais la multitude ne fait rien sans la piété et la justice.
Comme l'empereur témoignait un grand mépris pour le Saint-Siège, le Pape en relève les privilèges, et dit : Si vous vous élevez contre, prenez garde qu'il ne se tourne contre vous-même. Car si vous ne nous écoutez paSf nous vous regarderons comme Notre* Seigneur a ordonné de regarder ceux qui n'étaient pas de l Eglise, Ces privilèges sont établis de la propre bouche de Jésus-Christ, Ces privilèges sont perpétuels ; on peut les attaquer, mais non pas les abolir. Us ont été avant votre règne^ et subsisteront après vous^ tant que le nom chrétien durera. Saint Pierre et saint Paul ont prêché l Evangile à Rome , et l'ont consacré par leur sang. Ils ont acquis l* Eglise d'Alexandrie par saint Marc^ un de leurs enfants ; comme saint Pierre, par sa présence, avait déjà acquis l'Eglise d'Antioche. C'est par ces trois principales Eglises que saint Pierre et saint Paul gouvernent toutes les autres. ,
Vous nous dites de vous envoyer Théognoste, que notre frère Ignace a fait exarque des monastères de quelques provinces ; vous demandez aussi d'autres moines comme vous ayant offensé. Nous savons bien que vous ne les demandez que pour les faire souffrir, quoique vous ne les ayez peut-être jamais vus et ne connaissiez pas leur conduite. Quelques-uns d'eux ont servi Dieu à Rome dès leurjeunesse, et Théognoste ne nous a jamais dit que du bien de vous. Il a trouvé ict quelque repos comme une infinité d'autres. Croyez-vous donc juste que nous en livrions quelqu'un aux princes dont ils ont méprisé les grâces ou éprouvé l'indignation ? Les païens même ne le feraient pas.
Vous semblez vouloir nous épouvanter en nous menaçant de ruiner notre ville et notre pays: Nous nous confions en la protection de Dieu: tant que nous vivrons, nous ferons notre devoir. Quel mal vous avons-nous fait? Nous n avons pas ravagé la Sicile , fious n'avons point brûlé les faubourgs de Constantinople. On ne se venge point des infidèles qui ont commis tous ces excès, et on nous menai e, nous quif grâce à Dieu, sommes Chrétiens. C'est imiter les Juifs, qui délivraient Barabbas et mettaient à mort Jésus-Christ.
Il conclut en feihorlant Tempereur è ne point entreprendre sur losdroils de TËglise, comme TËglise n'entreprend point sur ceux de remplie. Avant Jésus-Christ^ dit-il , t7 y avait des rois qui éicUerU aussi prêtres comme Melchisédech. Le diable Va imité dans la personne des empereurs païens qui étaient Souverains Pontifes ; mais, après la venue de Celui qui est véritablement Roi et Pontife^ l'empereur ne s'est plus attribué les droits du Ponfife, ni le Pontife les droits de V empereur. Jésus-Christ a séparé les deux puissances, en sorte que les empereurs chrétiens eussent be-
soin des Pontifes pour la vte éternelle, et jue les Pontifes se servissent des lois des empe* reurs pour les affaires temporelUi, Lettre à jamais mémorable par son caractère admirable de force et de grandeur, et qui moQtre de timt temps, dans r£gliiie, des Grégoire VII, même au ix' siècle.
Le Pape, dans son immense sollicitude, travaillait en mèipe temps à ramener le roi Lothaire à son devoir. Ayant appris, parle retour du légat Arsène , comment Valdrade l'avait tromj)é , il prononça contre elle une sentence d'excommunication, le second jour de février 866, et l'envoya h tous les évêques de France. Doutant ensuite que sa lettre leureûtétérendue,illeurenécrivituneaulre le 13 juin môme année. Elle est adressée à tous les évêques d'Italie, de Germanie, do Neustrie et de Gaule; c'est-à-dire, de tout l'empire français. Il leur déclare les causes de Texcommunication de Valdradi*, son adultère avec le roi Lothaire, dont ell^ ne témoigne aucun repentir; sa contumace, en ce qu'au lieu ae venir à Rome rendre compte de sa conduite, elle est allée en Provence, terre du roi Lothaire, et ne chen-be qu'à retourner auprès de lui pour s'entretenir dans la débauche et la domination, gouvernHiit même des monastères. Enfin, on assure qu'elle ne cesse point de machiner la mort de la reine Theutberge. Il ordonna aux évêques d'annoncer, dans leurs diocèses, l'excommunication de Valdrade et de ses fauteurs, jusqu'à ce qu'elle se soumette à la pénitence et au jugement du Saint-Siège.
On voit, paries lettres que nous avons citées, combien le Pape Nicolas pritàcœorie rétablissement de Rotade, évêque de Soissons, qui avait appelé à Rome d'une sentence de déposition prononcée contre lui parflincmarde Reims, son métropolitain. Il en vint à bout, mais plutôt par la voie des nrières
3ue par celle de Taulorité, quoique le fond e laffaire fût favorable à Rotade. Parmi tant d'affaires épineuses qui mirent àTépreuve son courage, sa prudence et sa grande capacité, Nicolas 1" eut la joie d'apprendre la nouvelle de la conversion des Bulgares. C'étaient des peuples qui occupaient Ta p^ tite Scythie, le long du Danube jusqu'à la mer Noire. Jl reçut avec une grande salisfaction les ambassadeurs de leur roi Michel, et destina quelques évêques, avec des missionnaires, pour aller prêcher dans leur pays ; il envoya une belle réponse aux q«celions qu'ils lui avaient faites. Cette réponse contenait cent six articles, c'est à^dire, autant que le roi des Bulgares lui avait pro' posé de questions au nom de tous ses sujets convertis. Il députa, avec ses ambassadeurs, deux évêques pour servir de nonces do Saint-Siège auprès de lui (c'était un mojeo de conserver cette conquête à l'Kglise). . Le Pape Nicolas eut une très-grande joie de cette conversion, non -sealemeot pour leur conversion en elle-même » mais encore parce qu'ils étaient venus de loin rechercher les instructions du Saint-Siège , et pà^^ qu'ils lui ouvraient un chemin sûr pourtn-
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DES PAPES
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yover ses légats par terre l Conslanlinople en passant par la Bulgarie. H nomma, pour aller les instruire, Paul, évèque de Populonle, en Toscane , et Formose , évêque de Forto, prélats de grande vertu , les chargea de sa réponse à leurs consuUations «le 1 E* criture sainte, et des autres livres qu'il ju-
Pea nécessaires. Celle réponse, comme nous avons dit, contient cent six articles comme la consttllalion , mais nous ne citerons que les plus importants.
fous nous dites que tous avez fait baptiser tout votre peuple^ nms qu* ensuite ils se sont élevés contre vous avec fureur, disant aue vous ne leur aviez pas donrJ une bonne loif voulant même vous tuer et se donner à un au^ ire maître. Que les ayant tous vaincus^ avec Vaide de Dieu, vous avez fait mourir tous les grands avec leurs enfants, et vous demandez si en cela vous avez péché. Oui sans doute à regard des enfants innocents, qui n avaient point pris les armes contre vous, ni participé à la révolte de leurs pères. Vous deviez même sauver la vie aux pères que vous aviez pris, et à tous ceux que vous pouviez épargner dans le combat. Mais parce que vous l'avez fait par le zèle de la religion et plus par ignorance que par malice, vous en obtiendrez le pardon en faisant pénitence. Si ce peuple qui s est révolté contre vous veut la faire, il faut l y recevoir; autrement ce serait agir comme les hérétiques novatiens. Ceux qui renoncent à la religion chrétienne, après lavoir embrassée, doivent premièrement être exhortés par leurs parrains, qui ont répondu pour eux au baptême, s ils ne peuvent les ramener, il faut les dénoncer à VÉglise: s ils ne se rendent pas a ses exhortations, ils seront regardés comme des païens, et réprimés par la puissance séculière. Car le roi ne doit pas moins châtier ceux qui sont in&dèles à Dieu, que cmx qui lui manquent de fidélité à lui-même. Quant à ceux qui demeurent dans ndoldtrie, n usez d'aucune violence pour les convertir; contentez-vous de les exhorter et de leur montrer par raison la vanité des idoles. S'ils ne vous écoutaient pas ne mangez point avec eux, n*ayez aucune communication; éloignez-les de vous comme des gens étrangers et des gens immondes. Peut-être cette confusion les exci-
terQ à sê convertir. .. ^ s- j
Un Grec, qui se disait prêtre, avait baptisé plusieurs personnes chez vous, ayant découvert qu'il ne Vêtait pas, vous Vavez condamné à avoir le nez et les oreilles coupés , à être fouetté rudement et chassé de votre pays. Voire zèle n'a pas été selon la science. Cet homme n'a fait que du bien en prêchant Jésus- Christ et donnant lebaptême;s'il l'a donné au nom de la sainte Trinité, ceux qu'il a baptisés sont bien baptisés. Le baptême ne dépend point de la vertu au ministre, vous avez donc péché en le traitant si cruellement , quoiqu il fût blâmable de se dire ce quil n'était pas ; il suffisait de le chasser, sans le mutiler. Les jours solennels du baptême sont seulement Pâques et Pentecôte; mais pour vous ilnya point de temps à observer, non plus que pour ceux qui sont enpéril de mort. Au reste le jour
du baptême ni les suivants, il n'y a aucune abstinence particulière à garder.
Vous dites que les Grecs ne vous permettent pas de recevoir la communion sans avoir des ceintures et quils vous font un crime de prier dans V Eglise eans avoir les bras croisés sur la poitrine. Ces pratiques sont indifférentes, pourvu qu'on ne refuse pas avec opiniâtreté de se conformer aux autres. Il est bon de prier pour demander de la pluie; mais il est plus convenable, que les évêques règlent ces sortes de prières. Les laïques mêmes doivent prier tous les jours à certaines heures, puisqu'il est ordonné à tous de prief sans relà^ che; on peut prier en tout lieu. Il faut fêter le dimanche, mais non pas le samedi. Outre le dimanche, vous devez vous abstenir du travail les fêtes de la sainte Vierge, des douze apôtres, des évangélistes, de saint Jean-Bap^ tiste, de saint Etienne^ premier martyr, et des saints dont la mémoire est célèbre chez vous. On doit s'abstenir de chair tous les jours de jeûne, qui sont le Carême avant Pâques, le jeûne après la Pentecôte, et celui avant l'Assomption de la sainte Vierge et celui d'avant la Noël. Jl faut aussi jeûner tous les vendredis et toutes les veilles des grandes fêtes; mais nous ne vous y obligeons pas à toute rigueur dans ce moment. Pour le mercredi vous pouvez manger de la chair, il n'est pas nécessaire de s'abstenir du bain ce jour-là, ni même le vendredi, comme le disent les Grecs,
Vous pouvez communier tous les jours en carême, comme en autre temps. Mais pendant ce saint temps , on ne doit point aller à la chasse, ni jouer, ni s'entretenir de vains discours. Il ne faut faire en ce temps ni festins, ninoces, les mariés doivent vivre en continentce. Nous laissons à la discrétion du prêtre et de l'évêque la pénitence de celui qui en Carême aura habité avec sa femme. Cfn peut faire la guerre en Carême, s'il est absolument néces^ saire pour se défendre. Il est permis de manger de toutes sortes d'animaux , sans s'arrêter aux distinctions de rancienne loi, que nous prenons dans un sens spirituel. Il est permis aux laiques, à défaut de clercs, de bénir la table avec le signe de la croix. La coutume de VEglise est de ne point manger avant Iheure de tierce, c'est-à-dire, neuf heures du matin. Un Chrétien ne doit point manger de la chasse d'un païen, pour ne pas communiquer avec lui.
L'usage de F Eglise romaine, touchant les mariages, est qu'après les fiançailles et le contrat qui règle les conventions les parties font leurs offrandes à VEglise par les mains du prêtre et reçoivent la bénédiction nuptiale et ft voile, qui ne se donne point aux secondes noces. Au sortir de VEglise, ils portent sur Ui tête des couronnes, que Von garde dans VEglise. Mais ces cérémonies ne sont point nécessaires, il ny a d'essentiel aue le consentetement donné selon les lois. Celui quia deux femmes doit garder la première et faire pénitence pour le passé. Les mariés doivent observer la continence tous les dimanches comme en Carême et tant que la femme nourrit V enfant
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