‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 73 sur 123 · MIC · texte numérisé non relu

MIC

DES PAPES

NIC

nou$ défendions aux préêret de faire aux baptisés fonciion du chrême sur le/roni, et disent fatusemenlf oue nous faisons le chrême d'eau de rivière, ils noiAS acctssent encore de ce que nous n'observons pas^ comme eux, huii semaines avtknt Pâques^ sans manger de chair ei sept jours f sans manger ni œufs ni fromage. On voit, par d'autres écrits^ quxls nous accw* sent faussement d'imiter tes Juifs^ en bAiis» sont et offrant f à Pâques^ un agneau sur Vau* telf avec le corps du Seigneur. Ils trouvent mauvais que^ chez nouSf les clercs rasent la barbe » et que nous ordonnions évéquèf un diacrSt sans Vavoir ordonné prêtre. Ils ont voulu exiger de nos légats une confession de foit oà tous ces articles fussent anathématisés, et les obliger à prendre des lettres canoniques de leur prétendu patriarche œcu-' ménique.

Puisqu'il est certain^ que tout VOccident a

toujours été d'accord avec le Siège de saint

Pierre sur tous ces points^ il faut nous unir,

pour repousser ces calomnies. Ceux d'entre

tous qut sont métropolitains^ assembleront

leurs su/fragants^ pour examiner ensemble ce

qu'il faut répondre^ et ils nous renverront,

afin que nous puissions le joindre à ce que

nous enverrons de notre part. Il est évident

que ces reproches sont en partie faux, et

que le reste a été observé de tout temps à Rome

H dans tout l'Occident^ sans aucune contra^

tiction. Il ne faut peu s'étonner que les gens

r" opposent à ces traditions, parce qu'ils oseni

tire, que quand les empereurs ont passé de

^ome a ConstantinoplCf la primauté de Tf*

fisse roousine et ses priviléaes ont aussi passé

fEqise de Constantinople, d'où vient que

^Aotttss, dans ses. écrits, se qualifie archevê-

sse et patriarche universel.

Nous voudrions pouvoir vous asssembler à

^<fme, pour examiner cette affaire, si les ca-

unités publiques le permettaient; mais rien

p peut vous empêcher d^étudier la matière et

9ue donner vos avis. Les Grecs ne nous char*

-n/ de ces reproches qu'en récriminant, parce

4 ils ne veulent pas se corriger. Avant que

0US leur eussions envoyé nos légats, ils nous

mblaieni de louanges, et relevaient l'auto^

lé du Saint-Siège ; depuis que nous avons

n damné teurs excès, ils ont tenu un lan*

ge tout contraire, et nous ont chargé d'in^

res. Ei n avant trouvé, grâces à Dieu, rien

personnel à nous reprocher, ils se sont

Isés d'attaquer les traditions de nos pères.

, il est à craindre quils ne répandent leurs

omniee dans les autres parties du monde.

se vantent déjà d'avoir envoyé aux patriar-

s d" Alejcandrie et de Jérusalem, pour les

ager à approuver la déposition d'Ignace

a promotion de Photius. Nous ne crai^

ns pcss Leur union; mais nous serions af*

es de leur perte; car, étant sous l'oppres-

i des Arabes , ils pourraient se laisser se-

'-e dans l'espérance d'être protégés par

l^recs.

e Pape ajoule, parlant à Hincmar en

iculjcr : Quand vous aurez lu cette lettre,

^jfes^ta promptement aux autres archevê^

du royaume de Charles, afin que chacun,

V>icTioei!f* DKS Pafbs.

dans sa province, examine ces questions avec ses suffrqgants^ et nous écrive son avis, que vous aurez soin de nous envoyer. Celte lettre est datée du 23 octobre 867.

Il écrivit^à la même époque plusieurs lettres en France, pour laSaîre du roi Lotliairo, d*abord, à Louis, roi de Geroianie,

Ïui le pressait de rétablir Theutgaud et onthier, déposés en86i. Le Pape le refuse absolument, ei reproche à ce roi de n'avoir jamais pris intérêt aux roœulrs de PEglise. 11 déclare que, quand ces deux évéques feraient pénitence, et répareraient les maux qu*ils ont faits, ils ne peuvent jamais espérer rentrer dans leur dignité. Peu de jours après, le Pape écrivit au même roi Louis, en ces termes : Vous nous avez mandé que vous avez eu une conférence avec le roi Charles, votre frère, et que le roi Lothaire , votre neveu, ne s'y étant pas trouvé, vous lui avez envoyé te roi Charles, avec un évéque de votre royaume, pour Cexhorter à obéir à nos or* dres. Nous louons votre charité pour lui, et votre. obéissance envers nous; mais nous n'en voyons encore aucun effet, quelque promesse qu il vous ail faite. Non-seulement il ne nous a point envoyé Valdrade; mais, comme elle était à Pavie pour venir ici, il Va fait retour* ner en Gaule. Il ne traite pas la reine Thietberge comme il le doit, et comme il l'a promis par serment ; mais il la laisse dans V opprobre et la pauvreté, il laisse vaquer depuis longtemps les Eglises de Trêves et de Cologne, au mépris de nos ordres et des sacrés canons. Voilà comme le roi Lothaire nous obéit.

Il dit qu'il veut venir à Rome, quoi^enous lui ayons souvent défendu de le faire, sans notre permission. Empêchez-le d'y venir main' tenant, il n'y serait pas reçu avec Phonneur qu'il désire. Qu'il accompUsst avant ses pro* messes, non en parole mais en effet. Que sert à la reine Thietberge qu'il ne Vétoigne pas de sa présence, quand son cœur en est entière^ ment éloigné f Que lui sert le vain titre de reine, sans aucune autorité? N'est-ce pas Valdrade sa rivale, tout excommuniée qu'elle est, qui règne en effet avec Lothaire et qui dispose de tjout? Quoique pour la forme il s*abS' tienne de lui parler, elle fait plus par divers entremetteurs, que ne ferait une épouse légiti^ me. Ce n'est que par elle que l'on trouve accès auprès du roi; c est elle qui procure tous les bienfaits , et qui attire toutes les disgrâces. .

Les évoques d'Allemagne avaient écrit au Pape avec le roi, en faveur de leurs confrères Theu^aud et Gontbier. Le Pape leur répond par une longue lettre» où il reprend dès l'origine tous les sujets de plaintes qu'il avait contre ces deux évèques, premièrement, la protection qu'ils avaient donnée ^ Ingeltrude et ensuite à Valdrade, et rapporte l'ensemble à sept chefs d*accusation, pour les-

2uels ils furent déposés k Rome. Il prie les vèques de ne plus intercéder pour eux,* ni pour le roi Lotbaire, k moins qu'il ne se convertisse, mais de se joindre au Pape, pour travailler cflicacement à le ramener. Cette lettre est du dernier jour d'octobre 697. Lts Pa{»e n'écrivait plus à Lothaire, parce qu'il

Si

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refait excommunié , comme il le dit expressément dans une lettre au roi Charles son

oncle.

Le Pape Nicolas ne survécut pas longtemps à ces lettres, et mourut le 13 novem-

temps

nombre des saints» louant sa vigueur apostolique. On loue aussi sa chanté pour les Eauvres; il avait un registre de tous les oiteux, les aveugles et les pauvres absolument invalides de Rome, et leur^ faisait distribuer tous les jours leur nourriture. Quant è ceux qui ne pouvaient marcher, il leur Gt donner des gens, pour venir chercher leur subsistance, les uns le dimanche, les autres le lundi, ainsi chaque jour de la semaine. Il fit réparer Taqueduc qui portait de l'eau à Saint-Pierre, en faveur des pauvres qui demandaient Taumône à l'entrée deTéglise, et des pèlerins de toutes nations (|ui venaient y chercher le pardon de leurs crimes.

On venait aussi de toutes les nations consulter le Pape Nicolas sur diverses questions, plus qu'aucun de ses prédécesseurs, et chacun s*en retournait content, après avoir reçu sa bénédiction et ses instructions. Celte multitude de consultations Tempéchait de répondre aussi promptement qu'il l'eût désiré.

11 reste plusieurs lettres du Pape Nicolas surdes consultations dece genre: une à Rodolphe, archevèquedc Bourges, où il décide • entre autres, cas que les corévéques ont les fondions épiscopaleSf ef , par conséquent^ que les ordinations ae prêtres et (Tévéques faites par eux sont valables ; que rarcnevéque de Bourges f en vertu de son patriarcat ^ n avait droit sur i Eglise de NarbonnCt que pour Juger ^en cas d'appel^ et gouverner pendant fa ta* cance du siège. Dans t Eglise romaine^ on ne /ait Vonction des mains ni aux diacres^ ni aux prêtres. Les pénitents qui reprennent le service des armes , agissent contre les règles ; mais puisque vous témoignez que cette défense en pousse quelques-uns au désespoir^ et d'autres à s'enfuir chez les païens , nous vous en laissons la décision^ suivant les circonstances particulières.

Dans quelques-unes de ses lettres, il prescrit des pénitences. Un moine, nommé Eriarth, ayant tué un moine de Saint- Aiquier, qui était prêtre, était allé à Rome, pour être absous de ce crime. Le Pape lui imposa douze années do pénitence. Pendant les trois premières il demeurera à la porte de l'église. La quatrième et ia cinquième, il sera parmi les auditeurs, sans communier. Les sept dernières il communiera aux grandes fêtes, mais sans donner d'offrande. Pendant tout ce temps, il jeûnera, comme au Carême, excepté les fêtes et dimanches, et ne voyagera qu à pied. Il devait, ajoute le Pape, faire pénitence toute sa vie, mais nous avons eu égard à sa foi et à la protection des saints apôtres^ quil est venu chercher.

, Nous voyons dans les lettres du Pape Nicolas trois autres exemiHes de ces péni-

tences canoniques, semblables à celles des premiers siècles. Etienne, comte aXaver-

5 ne, ayant chassé de son sié^^e Sigon, éréque e Clermont et mis un usurpateui è sa place, lePape luijordonna de le rétablir immédiatement et de se trouver devant les légats, quHl envoyait pour présider à un concile, afin de se justifier de ce crime et de plusieurs autres, dont il était accusé. Autrement^ dit le Pape, nous vous défendons Vusage du vin et de la chair, iusqu à ce que vous venin à Rome vous présenter devant nous.

Nous avons cent lettres du Pape Nicolas; mais il v en avait un registre entier, aa rapport d'Anastase. Pendant tout son pontifia cat, il ne SI qu'une ordination, qui fiitaa mois de mars, où il ordonna sept prêtres et

2uatre diacres \ mais il sacra soixante-cinq vêques. Il fut enterré à la porte de l'église de Saint-Pierre et eut pour successeur Adrien H. Son culte ne fut approuvé que depuis le pontificat d'Urbain Vlll.

On peut dire qu'il v eut peu de Papes plus versés que lui dans la connaissance des saints canons; qu'il joignait à une grande antorilé une facilité merveilleuse de s'exprimer et de décider; qu'il soutenait Péminence de son siège avec beaucoup de vigueur et de dignité, et qu'il se tira toujours avec honneur des affaires les plus difficiles.

NICOLAS H, cent cinquante - troisième Pape et successeur d'Etrenne IX, — Grégoire , fils d'Albéric, comte de Tusculum et liirard de Galère , ayant appris la mort d'Etienne IX, s'assemblèrent avec quelqoes-nns des plus puissants de la ville, suivis d'une troupe de gens armés, et'ôlurentpoor Pai^e Jean , évêque de Veletri , qu'ils nommèrent Benott. Le célèbre Pierre Damieo , évèque d'Ostie, voulant faire observer le décret du Pape Etienne, s'opposa à cette élection arec les cardinaux ; mais comme leurs adversaires étaient les plus forts, ceux-ci furent obliges de s'enfuir et de se cacher. Comme il fallait couronner ce prétendu Pape, les parti* sans de Benott contraignirent rarchi|tr6l(t de Pierre Damien à faire cette céréiuonie* et Benoit tint le Saint-Siège près de dii mois.

Cependant Hildebrand étant revenu de son ambassade, et ayant appris l'éleclioB qu'on avait faite à Rome , s'arrêta à Florence, écrivit aux Romains les mieux iaiea* tionnéStiet ayant reçu leur assentiment t il élut Pape Gérard, évêque de Florence, o^ dans le royaume de Bourgogne. Cette 6lec* tion se fit paisiblement à Sienne, le 18 jao* vier 1059, avec le secours deGode{iroi,du€ de Lorraine , et Gérard prit le nom de Nico* las 11. Ce nouveau Pape tint aussitôt à Suiri, )ar le conseil d*Hildebrand , un concile où es évêques de Toscane et de Lombaniie furent appelés. L'antipape Benott en ayaoi été informé, fut touché de remords, quitta 1^ Saint-Siège, et se retira dans la retraite. Aussitôt le Pape Nicolas alla à Rome arec les cardinaux et le duc Godefroi ; il y fai ^ çu par le clergé et le peuple , avec les hoa*

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DES PAPES

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neurs coorenables» et mis sur le Sâint-Siéga. Ainsi fut terminé le schisme.

Le Pape Nicolas, ayant fait venir du Monl* Cassia Didier » qui en était abbé » l'ordonna prétre-cardinal au titre de sainte Cécile , et son ficaire pour la réforme des monastères d'Italie. Cet abbé Didier fut un des plus sraads personnages de ce siècle. II était de rillustre Iimille des princes de Bénévent. L'an 1059, le même Pape tint k Rome on concile au palais de Latran; et quand ont fut assis, il dit ; Vous savex^ mes frères^ comment iprê$ la mort d'Etienne^ mon pridéceiseur^ le MntSiége a été exposé aux insultes des «»noniaques; afin donc de prévenir de tels acrilents, nous ordonnons, suivant V autorité des Pères, que le Pape venant à mourir^ les éviques» cardinaux traitent ensemble les premiers de yiection , quils appellent ensuite les clercsordinaux ; et enfin que le reste du clergé et le peuple y donne jon consentement. On choisiraf lans le sein de CEglise même , a*i7 s'y trouve^ m sujet capable f sinon dans un autre ^ sauf honneur dû à notre cher fils le roi Henrif et n rendra le mime honneur à ses successeurs^ qui le Saint-Siège aura accordé le même dro it» ^ue si le pouvoir des méchants prévaut ius" t4*d empêcher qu'on ne puisse faire dans cme une élection pure et gratuite^ les cardi^ "MuX'évéqueSf avec le reste du clergé et les iques. auront droit d'élire le Pape dans le tu qu ils jugeront le plus convenable. Que si Kès l'élection 9 la guerre ou quelque autre stade venant de la malice des hommes , em- He que Pélu ne soit intronisé dans le Saintége^ il ne laissera pas dêtre vrai Pape, et mme tel^ de gouverner VEglise romaine. Si elqu'un est élu , ordonné ou intronisé au pris de ce décret ^ qu'il soit anathématisé et losé avec tous ses complices. Ensuite le pe Nicolas II défend d*entendre la Messe m prêtre quei*on sait avoir une conçule ; il défend à tout prêtre» diacre et souscre» qui, depuis la constitution du Pape ^n IX, aura gardé ou pris une concubine, L'élébrer laMcsse^delireTévangileou Tére, de demeurer dans lesanctuaire pendant IBce, ou de recevoir sa part des revenus l*£glise. Dans le même concile on tit aussi décret f)articulier contre lessimoniaques, tant qu*ils seraient déposés sans miséri« Je. QucuU à ceuXf ajoute le Pape, ^i ont ordonnés gratuitement par des simomaques: j décidons la question agitée depuis long* ps , en leur permettant par indulgence de turer dans tes ordres qu ils ont reçus , car nultitude de ceux qui ont été ainsi ordon-^ , est si grande f tiue nous ne pouvons o6« er à leur éaard la rigueur des canons* trfots nous défendons tris expressément à successeurs , de prendre pour règle cette Jgence^ que la rUcessité du temps nous a rquée ; mais à Favenir , si quelqu'uti se e ordonner par celui qu'il sait être atmoue, run €t l'autre seront déposés. En con- ^Dce de ces décrets du concile de Rome, pe écrivit une lettre aux évéques, aux ^, en général, et en particulier à tous vaques do Gaule où il marque une par- .

tie de ce qui y avait été ordonné, et apparemment ce qui était le plus nécessaire pour ces provinces.

Après le concile de Rome, le Pape Nicolas Il fit un voyage dans la Fouille, a la prière des Normands, qui rengagèrent k venir les réconcilier avec rEglise. Us se présentèrent devant lui, et remirent à sa disposition toutes les terres de saint Pierre dont ils s'étaient emparés. Le Pape, de son côlé, les réconcilia avec le Saint-Siège , et parce qu^ils étaient les plus capables de le secourir contre ceux qiii avaient usurpé les biens de l'Eglise de uomo ; il leur céda la Pouille et la Calabre, à la réserve de Bénévent. Ce fut l'origine du royaume de Naples.

Les Normands ayant assemblé des troupes • suivirent Nicola<s, lorsqu'il retournait à Rome. Ils ravagèrent les terres dont les habitants étaient rebelles au Pape, et commencèrent à délivrer Rome des petits seigneurs, qui la tyrannisaient depuis si longtemps.

Dans un nouveau concile tenu h Rome en 1061, Nicolas II fit sanctionner pour la troisième fois le décret sur Télection du Pape, en confirmant tous ses dispositifs, mais sans rien dire cette fois du droit d'approbation de l'empereur. < Il semblait, »ditM. Tabbé Jager, « prévoir les embarras que ce droit

[courrait apporter. Par la suite les grands de 'empire qui entouraient le jeune prince comprirent fort bien la portée do ce silence. Déjà irrités par des mesures de rigueur, ils adressèrent au Pape des lettres pleines de menaces, et comme le Pape n'en avait pas peur et n'y cédait point, ils le déclarèrent déchu de la papauté, et les évoques lui envoyèrent une sentence d'excommunication.

Le Pape allait sévir sans doute, mais il fut enlevé, comme ses prédécesseurs, par un trépas, prématuré, en 1061,aprèsdeux ans et six mois de règne. Il semblait vraiment que le Saint-Siège ne pouvait plus conserver on Pontife vertueux, et Ton serait fortement tenté de croire que tous u'ont pas péri d'une mort naturelle. Le glas qui annonçait la fin avancée des jours de Nicolas II sonnait aussi les lugubres commencements des terribles orages qui, sans la fermeté et l'habileté d'Hildebrand auraient arraché l'S^lise h ses fondements. Une question allait se débattre, et toute la chrétienté prenait vivement pari à l'issue de la lutte dont peu do monde alors comprenait l'importance et qui se résumait dans la conservation du décret de Nicolas II. • Mort à Florence le SI juillet 1061, Nicolas II fut enterré dans cette ville dont il avait conservé le siège ; et l'on rapporte que sa chnrité respectueuse i>our les membres indigents de Jésus-Christ fut telle, qu'il ne passa pas un jour sans laver les pieds à douze pauvres. Il eut pour successeur Alexandre II.

NICOLAS III.— Après la mort de Jean XXI, Jean Gaétan, Romain, de la famille des Ursins, et cardinal-diacre, fat élu Pape le 25 novembre 1277. Il était si bien fait de sa personne et si modeste qu'on l'appelait le Composé. On louait aussi sa prudence et la sagesse de

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DICTIOTWAIRE

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ses réponses. Après son éleoUon il ne deineara pas longtemps à Viterbe, mais il alla à^ome, ou il fut ordonné prêtre, puis sacré et couronné solennellement h Saint-Pierre.

Des ambassadeurs grecs venaient d'arriver k Rome, avecdes lettres de l'emperenr Paléologue et de son fils, pour annoncer au Pape que les évèques orientaux, dans une assemblée tenue a Constantinople, avaient ratifié l'abjuration du schisme, et souscrit ^ toutes les décisions du concile dé Lyon. On avait déjposé le patriarche Josèphe, qui persistait à rejeter Tunion; et Jean Veccns, élu à sa place, envoya par les mêmes ambassadeurs une lettre au Pape, où il reconnaissait dans les termes les plus précis et les plus formels la primauté du Saint-Siège et sa juridiction sur toutes les Eglises. 11 donnait sa confession de foi conforme à la croyance de l'Eglise latine sur la procession du Saint-Esprit, sur la question du pain azyme dans l'Eucharistie, sur le purgatoire fat les suffrages pour les morts, enun sur chacun des sept sacrements. Quelque temps après le nouveau patriarche promulgua, par une bulle, l'eicommunication prononcée en concile par les évoques présents à Constanlinople, contre les schismatiques. Le Pape Nicolas crut donc devoir faire partir pouf Conslantinople, quatre légats avec les instructions les plus détaillées pour la réunion de l'Eglise grecque. Mais déjà ces projets de réunion avaient soulevé une révolte ouverte, et Tempereur avait résolu de dissimuler, et de tromper les légats sans rien accomplir.

Le Pa\)e Nicolas s^efTorça comme l'avait déjà fait son prédécesseur de terminer par la conciliation un différend qui existait entre les rois de France et tte Castille, et qui mettait obstacle au secours de la Terre- Sainte. Il nomma pour cet effet des négociateurs; mais les députés du roi de Castille refusèrent tout accommodement. Vers le même temps il se plaignit vivement à Philippe, roi de France, de ce qu'il avait révoqué la défense qu'il avait faite des tournois, et ordonna au légat Simon de Brie, de dénoncer excommunies tous les seigneurs qui avaient pris part è ces exercices, condamnés par les conciles. 11 travaillait en même temps à pacifier la Hongrie, en réformant les abus fort nombreux dans ce rovaume et dans les pays voisins, Nicolas III eut soin d^affermir et d'étendre' les droits temporels de PEgiise romaine en Italie, tant à l'égard de Ro.iol|)he, roi des Romains, que de Charles, roi de Sicile. 11 engagea Rodolphe à reconnaître que Bologne, Imola, Faenze et plusieurs autres villes de l'Etat ecclésiastique appartenaient à l'Eglise romaine. Pour prendre possession de ces villes, le Pape Nicolas III

L envoya, en qualité de légat, son neveu tin, cardinal-évèque d'Ostie. Vers le même temps Nicolas 111 donna une bulle, en explication de la règle de Saint-François. Il y ; résout, fort au long, les objections que plusieurs faisaient contre cette règle, disant qu'elle était impraticable et dangereuse.

Dans cette bulle fameuse publiée en 1279, et commençant par ces mots {Math, xui, 3] : Exiit qui seminatf il résout la grande question de la renonciation absolue h toute propriété, qui agitait depuis si lolbgtemps déjà les Frères mineurs et lotfte la chrétienté. Mais il la résout dans le sens que nous avons déjà indiqué, en pariant de Jean XXII, c'est-à-dire en posant en principe que celle renonciation, quelque absr>lue qu'elle 6oif, n'exclut pas le simple usagé'de fait de toutes les choses nécess>iires à Ta vie. Il fit ensuite une constitution pour remédier aux suites fâcheuses de la longue vacance des Ejçlises. Ce Pape semblait destiné à vivre longtemps par la force de sa complexion et la modéra^ lion de son régime, et toutefois il fut frappé d'apoplexie et mourut subitement le n août 1285, après' avoir tenu le Saint-Siège près de trois ans. Son successeur fut Mar* tin IV.

NICOLAS IV. — Le Saint-Siège vaqoa depuis le mois d'avril 1287 jusqu'au mois de février 1288, car les* cardinaux s'étant renfermés, pour l'élection, dans le palais du Pape Honorius IV, Tair s'^ trouva si mil* isain durant l'été, que plusieurs tombèreot malaJes, et il en' mourut sii^ ou sept. Hais s'étant rassemblés au mois de février 1288, ils élurent d'une voix et par vn seul scrutin, Jérôiue, évèque de Palestine, oui renonça deux fois à son élection et n y con<sentit oue huit jours après. Il prit le uoœ de Nicolas IV, et fut couronné le 25 du mémd mois. Il était né à Ascoli, dans la tlarchb d'Ancône. Etant entré dans l'ordre des Frères mineurs, il fut docteur eu théologie* ensuite envoyé nonce à Constantinople par le Pape Grégoire X, et éln général de son ordre au chapitre tenu à Lyon, te 20 mai 137^> En 1278 le Pape Nicolas III le fit cardiualprètre de sainte Potentienne, et en l^l* Martin IV le fit évèque de Palestine : ee fol le premier Pape de l'ordre des Frères mineurs.

11 reçut bientôt après, de la part du khan des Tartares, des ambassadeurs avec des lettres où ce prince témoignait Tintenlion de recevoir le baptême, d'étendre les progrès du christianisme, et d'enlever la Terre- Sainte aux Musulmans. Mais on ignore quelles furent les suites de ce projet. Il confirma un concordat fait entre le roi et les évèques de Portugal. Il tourna ses premiers soins vers le royaume de Sicile, et il envoya aussitôt une nomination à Alphonse, roi

d'Aragon, lui ordonnant de mettre en li* berlé Charles, rOi de Sicile. Il lui défendit de donner aucun secours h Jacques d\Aragon son frère, et le cita à comparattrc devant le Saint-Siège, sous peine de procéder contre lui spirituellement et tem|}oreliement. Dès la première année de son ponùiicat, il accorda plusieurs privilèges aux religieux de son ordre, les déclara immédiauv ment soumis au Saint-Siège, et exempts àt^ toute autre juridiction; ajoutant que tous tes biens meubles et immeubles dont ils ont l'usage, appartenaient en propriété à saint

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JUES PAPEÇ.

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