‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 76 sur 123 · NOV · texte numérisé non relu

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basilique de Saint-PierrA, '!•& cérémonies funèbres en l'honoeur du Pontifo décédé» pourvu que, dans la même période de jours, OD D*ai( pas k célébrer les fêles de Noël, de Pâques, de la Pentecôte, ou quelque autre aussi solennelle ; alors on suspendrait, ce iour^li, le service funèbre, pour ne point le reprendre les jours suivants. On doit donner aux pauvres le prix de la cire qu*oo a l'habitude de distribuer, le matin de chaque nowendiale^ aux cardinaux et prélats, comme l'ont prescrit Pie IV et Grégoire XV. ^

« L^archftrave de la ()orte majeure ae Saint-Pierre, les vestibules et les portiques sont ornés de tentures violettes a franges d'or, et surmontées de^s armes du Pape dé* c^ié; au milieu de la chapelle du chœur s'élève un beau monument qu*on n'y laisse que jusqu'au sixième jour. Il est entouré par les gardes nobles en grand costume, tenant l'arme renversée et portant leurs insignes ie deuil. Des torches brAlent sur Tautel et lutonr du monument; des cierges brûlent »ur les principaux autels de la basilique, et levant la statue de saint Pierre, comme auour du corps du Pontife dans la chamelle du laint-Sacrement, où, pendant les trois jours |ui suivent fa mort, il regoit les dernieis lommages du peuple.

« Les cardinaux invités; au nom du doyen u Sacré Collège, par les curseurs apostoqucs oui en reçoivent l'ordre du préfet es cérémonies, se rendent, en soutane et imail violets, mais sans mantelletia^ en gne de juridiction, dans la basilique do lint-Pierre. Us sont* par leurs caudataires, vêtus dans la sacristie du manteau violet, le les créatures du Pape décédé portent en rge; ils se rendent individuellement dans chapelle. Les évêques suburbicaires octpent lus premières stalles canoniales; du té de TEpltre se placent les cardinauxacres, les patriarches, les archevêques et êques assistants au trêne ; les quatre prêts di fioehetti (67), les évêques non assis- (its. Tous les autres prélats qui ont un n^ en chapelle, vêtus de leurs habits de œtir en serge et en bas noirs, costume *ïls doivent porter pendant la vacance du ^e, prennent place aux stalles inférieui. Les prélats orientaux conservent le Cume ordinaire des chapelles ; le maître chambre et le majordome ne quittent r habit violet que lorsque le corps du >fi a été rois dans la dernière bière, parce ils sont considérés comme faisant en- > leur service auprès du Pontife. Les auurs do Rote et les avocats consistoriaux cnt le grand manteau violet; le rochet premiers, comme celui des évêques et

' ) On afypdle ainsi les quatre premiers préce Boni le gouverneor de Rome, le majordo» i*aadiCeur de la Chambre et le trésorier gênéseuld ils 001 ie privilège d*avolr, comme If s naux , leurs chevaux parés de houpes, panaru l»ans« etc. De là I ur nom ; les quatre pre- 9 nonciatures confèrent le même dreit.

autres prélats, doit être sans dentelles. Le maître du sacré palais, les généraux et pro* cureurs généraux, des ordres religieux

Erennent place aux stalles des bénéficiers. e clerc du Sacré Collège assiste aussi à la cérémonie, en habit de bussolantes (68). Tous les assistants, en entrant dans la chapelle, fléchissent le genou, ce qu'observent aussi tous les oflTiciers de Tautd dans fexercice de leurs fonctions, non-seulement devant Tautel, mais encore à droite et i gauche, devant les stalles occupées par les cardinaux, parce que, quoique inconnu, le Pape à élire se trouve au milieu d'eux.

« Le premier jour des novendiali, qui est le quatrième de la mort du Pape, le cardinal doyen chante la Messe solennelle; les cardinaux-évèques les jours suivants, et les trois derniers jours les cardinaux-prêtres. Le cardinal désigné pour la célébration des saints mystères se rend, en manteau violet, à sa stalle ; prévenu par un maître des cérémonies, il se dirige vers Tautel, où se trou* vent réunis le diacre, le sous-diacre et les autres oiBciers de service. Après avoir quitté le manteau, mettant la barrette sur sa tète, il reçoit l'eau de son maître de chambre

f»our se laver les mains ; le cardinal prend *amict, l'aube, le cordon, le manipule, la croix pectorale, qu'il avait quittés pour laver ses mains, Tétole, la tunique, la dalmatique, la chasuble noire, la mitre de damas blanc, les gants et l'anneau cardinalices; le caudataire a le voile blanc pour soutenir la mitre.

« On chante la Messe Pro Papa dtfuncio en plain-chant. Pendant la prose Dies irœ^ les acolytes céroféraires distribuent auT cauda* taires des cardinaux la torche en cire qu'ils doivent leur donner, et les cierges qu'ils doivent garder pour être allumés pendant l'Evangile, et depuis la Préface jusqu'à la communion, ainsi que pendant I Absoute.

Outre les distributions abondantes de cire aux ministres du Saint-Siège, aux ofliciers du palais et de la chambre apostolique, chaque ^ami7/e de cardinal reçoit aussi sa part, consistant en trois livres de cire blanche par jour, en tout vingt-sept livres; la favmille du cardinal absent et celle du cardinal étranger ont également part à cette distribution. Pendant que Ton chante le Libéra^ le cardinal célébrant prend la chape et s'asseoit ; ensuite il va faire TAbsoute, revient & Tautel qu'il salue profondément, et se retire k la sacristie, où les cardinaux se réunissent pour tenir bientôt après la seconde congrégation générale, G est ainsi qu'où chante, ce jour là et les cinq jours suivants, les Messes de Requiem.

« Le septième jour, après la Messe solen-

(68) Les Buêiolantî , à la violetle , il naoleau rouge, se tiennent dans les aoticliambraa, aeeoiiipagnem les prélats en diverses ciroootunees, Jotteoi un certain rèle dans les cérémonies, eie , etc. Buêr gtflanie deBusuUûf mot qni désigne les portes mobi« les qot forment ce que nous appelons uu /Mw(oa%

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nelle, on commence les cinq absoutes pontificales prescrites par les Ordo romaim. Le monument funèbre de la chapelle du chœur a disj[)aru, et un monument plus noble et plus riche a été élevé au milieu de la basilique. Il est orné dMnscriptions et d'emblèmes en l'honneur du Pontife; ils retracent les érénements mémorables de son règne et ses vertus apostoliques. On voit, entourés de lumières, son portrait» ses armes et celles de TE^iise sur les faces du mausolée. Aux quatre extrémités sont des sièges sans bras ni dossiers, placés sur des tapis, destinés aux quatre cardinaux, qui, avec le célébrant, doivent faire les absoutes solennelles. Les ffais du mausolée ne doivent pas dépasser plus de 2,000 écus romains (10,800 fr.), y compris les 50 auxquels A droit le chapitre de Saint- Pierre, d*après une disposition d'Alexandre VU. Des gardes-nobles, des Suiscea, des grenadiers entourent le catafalque ou gardent la chapelle du chœur. Les secrétaires de la chambre, ou d'autres officiers du palais apostolique, distribuent au peuple, dans ces trois derniers jours, devant la grille en fer de la chapelle du Saint-Sacrement, des cierges de cire blanche de deux onces.

« Après que le saint sacrifice à été offert, le célébrant, revêtu de la chape noire, et les quatre cardinaux suburbicaires qui doivent faire les absoutes, invités par les maîtres des cérémonies, quittent leur stalle et vont à l'autel, où ils prennent l'amict, l'aube, le manipule, l'étole et la chape noire, enfin la mitre et les gants; les maitres de chambre tiennent leurs torches allumées. Les cinq cardinaux, précédés de la croix, portée par

le sous-diacre assistant et gardée par les maîtres portiers, accompagnes de leurs acolytes et des céroféraires, sortent de la mpelle, après avoir salué le Sacré Collège. Arrivé au piod du catafalque, le célébrant s'asseoit devant la croix , tandis que les autres prennent place aux quatre angles; il récite le Non intres^ et le chteur répond solennellement : Amen. On chante ensuite le répons : Subveniie $ancii Dei; el pendant le dernier Kyrie^ le moins ancien des quatre cardinaux bénit Tencens qu*on lui présente et entonne le Pater noster. Le prélat termine par l'oraison i)eùs cui omnia vitunt, A intonation du Patér^ les cardinaux restés i la chapelle du chonlr se sont levés de leurs siéj^es, et ont pris des mains de leurs caadataires les torches allumées, qu'ils gardent pendant les cinq absoutes. Le cardinal bénit et encense le mausolée, et achève la prière funèbre ; les chantres i ommencent le LiberQi les trois autres cardinaux font également l'absoute; la dernière est réservée au cardinal célébrant. On chante pour second répons : Qui Laxarum resuscitaslif et pour le dernier le Libéra,

« Après la cérémonie, les cardinaux rentrent dans la chapelle du chœur, où ils refrennenl leurs insignes ordinaires. Réunis leurs collègues, ils vont tenir une des congrégations générales auxquelles ils assistent pendant la vacaAce du Saint-Siège. Le dernier jour des Novendiali^ ihamédiatemepl après la Messe, on prononce en latin l'oraison funèbre du Pape décédé; l'orateur désigné par le Sacré Collège prononce sou discours portant le manteau et la barrette. »

PAPAUTÉ. — Nous avons suffisamment ré«\:mé dans Tlntroduction le rôle social et civilisateur de la papauté dans le monde. Il nous reste à la considérer ici en elle-même dans cette erandeur surnaturelle qui fait son caractère divin et dans celte impérissable durée, que les assauts incessants de dix-neuf siècles n'ont fait que rendre plus admirable et plus éclatante encore. Mais pour retracer ce sublime tableau ce n'est pas trop de la plume du génie. {Aussi laisserons- nous la pArole h de Maistre.

« NuUe institution humaine, » dit -il, «n'a dtiré dix-huit siècles. Ce prodige, qui serait frappant, l'est plus particulièrement au Sein do la mobile Europe. Le repos est le supplice de rKuropéen , et ce caractère contraste merveilleusement avec l'immobilité orientale.il faut qa*il agisse, il faut qu'il entreprenne; il faut qu'il innove et qu'il change tout ce qu'il peut atteindre. La politique surtout n'a cessé d'exercer le génie innovatear des enfants audacieux de Japhet. Dans l'inquiète défiance qui les tient sans cesse en garde contre là souveraineté , îi y a beaucoup d'orgueil, sans doute, mais il y a aussi une juste conscience de leur dignité :

Dieu seul connaît les qualités respectif es de ces deux éléments. Il suffit ici de faire observer le caractère, qui est un fait incontestable, et de se demander quelle force cachée a donc pu maintenir le trône pontifical au milieu de tant de ruines et contre toutes les règles de la probabilité? A peine le chrisli^ nisme s'est étobli dans le monde, et déjà d'impitoyables tyrans lui déclarent ufl« guerre féroce. Ils baignent la nouvelle religion dans le sang de ses enfants. Les bépttiques l'attaquent, de leur côté, dans tous ses dogmes successivement. A leur tète écla^.^ Anus, qui épouvante le monde et Je p douter s'il est chrétien. Julien, avec sa puissance, son astuce, sa science et ses philoso^ plies complices, porte au christianisme des coups mortels pour tout ce qui eûtété mortel. Bientôt le Nord verse ses peuples barbares sur l'empire romain; ils viennent venger les martyrs, et l'on pourrait croire qu'ils vicfl' nent étouffer la religion pour laquelle ^ victimes moururent. Mais c'est le conlraire qui arrive : eux-mêmes sont apprivoisés par ce culte divin qui présidé à leur civilisati'jo» et, se mêlant à toutes leurs institulionsi enfante la grande famille européenne el ^

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nonarcliie, dont Tunifers n'avaH nuile idée. >$ ténèbres de l'ignorance suivent cei)enlant rinvasion des Barbares; mais le flam- )eau de la foi étincelle d'une manière plus risible sur ce fond obscur, et la science nèroe, concentrée dans l'Eglise, ne cesse de )roJDire des hommes émincnts pour teor iècle. La noble simplicité de ces temps, iluslrés par de hauts caractères, valait bien uieux que la demi-science de leurs succèseurs immédiats. Ce fut de leur temps que laqiift ce funeste schisme qui réduisit Eglise à chercher son chef visible pendant luarante ans. Ce fléau dos contemporains st un trésor pour nous dans l'histoire : il ert à prouver que le trôné de saint Pierre st inébranlable. Quel établissement humain lîsisteniit à cette épreuve, qui cependant était rien, œmparée à celle qu'allait subir Eglise f

« Luther parait^ Calvin h suit. Dans un ccès de frénésie dont le genre humain *avaît pas vu l'exemple, et dont la suite umédiate fut un carnage de trente ans, ces eux hommes de néant, avec Torgueil des notaires, l'acrimonie plébéienne et le fanasme des cabarets (6d), publièrent La ré- >rm€ de VEgiise; et, en effet, ils la réforme'' mt sans savoir ce qu'ils disaient ni ce u'ils faisaient. Lorsque des hommes sans tission osent entreprendre de réformer Eglise, ils déforment leur parti, et ne réiniient réellement que la véritable Eglise, ui est obligée de se défendre et de veilter ur elle-même. C'est précisément ce qui est rrivé; car il n'y a point de véritable réyrme uue l'immense chapitre de la réforme^ u'on lit dans le concile de Trente; tandis ue la prétendue réforme est demeurée hors e l'Eglise, sans règle, sans autorité, et lentAt sans fof, telle que nous la voyons ujourd'bui. Mais par quelles effroyables jRvulsions n'est-elle pas arrivée k cette ullité dont nous sommes les témoins? Qui eut se rappeler sans frémir les scènes pouvantables qu*elle donna au monde?

Quelle fureur, surtout, contre le Saintiégel Nous rougissons encore pour la naire en lisant dans les écrits du temps les icriléges injures vomies par ces grossiers ovateurs contre la hiérarchie romaine, ucun ennemi de la foi ne s'est jamais ompé; tous frappent vainement, puisqu'ils ^ tiattcnt contre Dieu; mais tous savent où faut frapper. Ce qu'il y a d'extrêmement Muarquable, c'est qu'à mesure que les sièes s'écoulent, les attaques sur l'édifice itholique deviennent toujours plus fortes; 3 sorte qu'en lisant toujours « il n'y a rien au delà, » on se trompe toujours. Après ts tragédies épouvantables du xvi* siècle, n eût dû sans doute croire que la tiare avait ibi sa plus grande épreuve; cependant, elle-ci n'avait fait qu'en préparer une jtre. Le xvi* et le xvit* siècle pourraient

(<»0) Dans les caliarets , on cîtail k Tent ie des

lecdoies plaisanM »ur Tavarice des préires ; oi|

louriiait ta ridicule Ici clefs , la puissaace des

être nommés .es prémisses du xviii', qui ne fut en effet que la conclusion des deux pré* cédents. L'esprit humain n'aurait pu subitement s'élever au degré d'audace dont nous avons été témoins. Il fallait, pour déclarer la guerre au ciel, mettre encore Ossa sur Pehon. Le phjlosophisme ne pouvait s'éle« ver que sur la vaste base de la Réfurme.

« Toute attaque contre le catholicisme portant nécessairement sur le christianisme même» ceux que notre siècle a nommée philosophes ne firent qne saisir les armes que leur avait préparées le protestantisme; et ils les tournèrent contre l'Eglise en se moquant de leur allié, qui ne valait pas la peine d'une aliaque, ou qui peut-être Tattendait. Qu'on se rappelle tous les livres impies écrits pendant le xvin' siècle : tous sont dirigés contre Aome, comme s'il n'y avait point de véritables Chrétiens hors de Penceinte romaine, ce qui est très-vrai si l'on veut &'exprimer rigoureusement. On ne l'aura jamais assez répété : il n'y a rien de si fnfaillible que l'instinct de Timpiété. Voyez ce qu'elle hait, ce qui la met en colère; et ce qu'elle attaque toujours, partout et avec fureur, c'est la vérité. Dans la séance infernale de la Convention niitionale (qui frappera la postérité bien plus qu'elle na frappé nos légers contemporains), où Ton célébra, s'il est permis de s'exprimer ainsi, l'abnégation du culte, Robespierre, après son immortel discours, se fit-il apporter les livres, les habits, les coupes du culte i)rotestant pour les profaner? Appelat-il à a barre, chereha-t-il à séduire ou à effrayer quelques ministres de ce culte pour en otn tenir un serment d'apostasie? Se servit-il au moins, pour cette horrible scène, des scélérats de cet ordre, comme il avait employé ceux de l'ordre catholique? Il n'y pensa seulement pas. Rien ne le gênait, rien ne l'irritait, rien ne lui faisait ombrage de ce c6té : aucun ennemi do Rome ne pouvant être odieux à un autre, quelles que soient leurs différences sous d'autres rapports. C'est par ce principe que s'explique l'aflinité, uifféremment inexplicable, des Eglises protestantes avec les Eglises pbotienne»

nestorienne, etc., plus anciennement sépa* rées. Partout oit elles se rencontrent, ellas s*embrassent et se complimentent avec une tendresse qui surprend au premier coup d'œil, puisque leurs dogmes capitaux sont directement contraires; mais bientôt on a deviné leur secret. Tous les ennemis de Rome sont amis; et comme il ne peut y avoir de foi proprement dite hors de 1 Eglise catholique, passé cet accès de chaleur fiévreuse qui accompagne la naissance de tourtes les sectes, on cesse de se brouiller pour des dogmes auxquels on ne tient plus qu'extérieurement, et que chacun voit s'échapper Pun après l'autre du symbole national, k mesure qu'il plaît k ce juge capricieux

Papes, etc. {Lettre de Lutbcr au Pape, datée <lu jour de la Trinilë, 1518, citie par N. Roscoe, tint, de Léon A, itt-8«, t. 111, Appendice, a. tIS, p. 13'.) '

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