ACTIONNAIRE
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qii*on appelle raison particulière de les citer à son tribunal pour les déclarer nuls.
« Un fanatique anglais, au commencement du dernier siècle^ fit écrire, sur le fronton d*un temple qui ornait ses jardinsi ces deui vers de Corneille :
Je rends giices aui dieux de n^étre plus Romain, Pour cooserrerencor quelque chose d^bumain.
« Et nous avons entendu un fou du dernier siècle s'écrier dans un livre tout à fait digne de lui : 0 Rome ! que je te hais ! Il parlait pour fous les ennemis du christianisme»
mais surtout pour tous ceux de son siècle ; car jamais la haine de Rome ne fut plus universelle et plus marquée que dans ce siècle où les grands conjurés eurent Tart do s*élever jusqu'à Toreille de la souveraineté orthodoxe et d'y faire couler des poisons
3u*elle a chèrement payés. La persécution u xviu* siècle surpasse infiniment toutes les autres, parce qu'elle y a beaucoup ajouté» et ne ressemble aux persécutions anciennes que par les torrents de sang qu'elle a versés en finissant. Mais combien ses commencements furent plus dangereux ! L'arche sainte fut soumise ae nos jours à deux attaques inconnues jusqu'alors; elle essuva à la fois les coups de la science, et ceux du ridicule. La chronologie» l'histoire naturelle» l'astronomie» la physique furent pour ainsi dire ameutées contre la religion. Une honteuse coalition réunit contre elle tous les talents» toutes les connaissances» toutes les forces de Tesprit humain. L'impiété monta sur le théâtre. Elle y fit voir les Pontifes» les prêtres» les vierges saintes sous leurs costumes distinctifs et les fit parler comme elle pensait. Les femmes» qui peuvent tout pour le mal comme pour le bien» lui prêtèrent leur influence; et tandis que les talents et les passions se réunissaient pour faire en sa faveur le plus grand effort imaginable» une puissance d'un nouvel ordre s'armait contre la foi antique, c'était le ridicule. Un homme unique à qui l'enfer avait remis ses pouvoirs se présenta dans cette nouvelle arène et combla les vœux de l'impiéfé. Jamais l'arme de la plaisanterie n'avait été maniée d'une manière aussi redoutable» et jamais on ne l'employa contre la vérité avec autant d'effronterie et de succès Jusqu'à lui, le blasphème circonscrit par le dégoût ne tuait que le blasphémateur ; dans la bouche du plus coupable des hommes il devenait contagieux en devenant charmant. Encore aujourd'hui, l'homme sage qui parcourt les écrits de ce bouffon sacrilège» pleure souvent d'avoir ri. Une vie d'un siècle lui fut donnée afin que l'Eglise sortit victorieusq des trois épreuves auxquelles nulle institution fausse ne résistera jamais : le syllogisme, l'échafaud et l'épifframme.
« Les coups désespérés portés dans les dernières années du dernier siècle, contre le sacerdoce catholique et contre le Chef suprême do la religion, avaient ranimé les espérance^ des ennemis de la Chaire éternelle. On sait qu'une maladie du protestan-
tisme» aussi ancienne que lui, fut la manie de prédire la chute de la puissance pontificale. IwiCS erreurs» les bévues les plus énormes» le ridicule le plus solennel, rien n'a pu le corriger; toujours il est revenu à la charse : mais jamais ses prophètes n'ont été plus hardis à prédire la chute du Saint-^iége que lorsqu'ils ont cru Toir qu'elle était arrivée.
«f Les docteurs anglais se sont distingués dans ce genre de délire par des livres fort utiles» précisément parce qu'ils sontlahonle de l'esprit humain» et qu'ils doivent nécessairement faire rentrer en eux-mêmes tous les esprits c^u'un ministère coupable n'a pas condamnés à un aveuglement final. A l'aspect du Souverain Pontife chassé, exilé, emprisonné» outraj^é» privé de ses Eiats, par une puissance prépondérante et presque surnaturelle, devant qui la terre se taisait; il n'était pas mal aise à ces prophètes de prédire que c'en était fait de la suprématie spirituelle et de la souveraineté temporelle du Pape. Plongés dans les plus profondes ténèbres» et justement condamnés au double châtiment de voir dans les saintes Ecritures ce qui n'y est pas, et de n'y pas voir ce qu'elles contiennent de plus clair ; ils entreprirent de nous prouver par ces mêmes Ecritures que cette suprématie à qui il a été divinement et littéralement prédit qu'elle durerait autant que le monde» était sur le point de disparaître pour toujours. Ils trouvaient l'heure et la minute dans V Apocalypse; car ce livre est fatal pour les docteurs protestants» et sans excepter même le grand Newton» ils ne s'en occupent guère sans perdre Tesprit. Nous n'avons contre les sophismes les plus grossiers, d'autres armes que le raisonnement ; mais Dieu, lorsque sa sagesse l'exige» les réfute par des miracles. Pendant que les faux prophètes parlaient avec le plus d'assurance» et qu'une foule, comme eux ivre d'erreur, leur prêtait l'oreille, un prodige visible de la Toute-Puissance» manifesté par l'inexplicable accord des pouvoirs les plus discordants» reportail le Pontife au Vatican» et sa main qui ne s'étend que pour bénir, appelait déjà la miséricorde et les luuiières célestes sur les auteurs de ces livres insensés.
« Qu'attendent donc nos frères si maj^neureusement séparés, pour marcher au Capitôle, en nous donnant la main ? Et qu'entendent-ils par miracles» s'ils ne veulent pas reconnaître le plus grand, le plus manifeste, le plus incontestable de tous dans la conservation et de nos jours surtout, dans la résurrection (qu'on me permette ceiitotjj dans la résurrection du trône ponliOcal opérée contre toutes tes lois do la probabilité humaine? Pendant quelques siècles, on put croire dans le monde que l'unité politique favorisait l'unité religieuse; m^^^ depuis longtemps» c'est la supposition contraire qui a lieu. Des débris de Tempir^ romain se sont formés une foule d'empireSf tous de mœurs, de langages» de préjugésdifférents. De nouvelles terres découvertes om
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nultiplié sans mesure cette foule dépeuples ndépcndants, les uns à Tégard des autres. }uelle main» si elle n*est divine» pourrait es retenir sous le même sceptre spirituel? rcst cependant ce qui est arrivé, et c'est ce (ui est mis sous nos yeux. L*édiQce cathoique composé de pièces politiquement disparates et même ennemies, attaqué de plus ;)ar tout ce que le pouvoir humain, aidé par e temps, peut inventer de plus méchant, de plus profond et de plus formidable, au Doutent même où il paraissait s*écrouler lour jamais, se raffermit sur ses bases plus issurées que jamais, et le Souverain Pontife les Chrétiens, échanpé h la plus impitoyable )rrsécution, consolé par de nouveaux amis, >ar des conversions illustres, par les plus louées espérances, relève sa tète auguste au uilicu de l'Europe étonnée; ses vertus sans ioule étaient dignes de ce triomphe, mais inns ce moment ne contemplons que le siège, ili/ie et mille fois ses ennemis nous ont reproché les faiblesses, les vices mêmes de oux qui l'ont occupé. Ils ne faisaient pas ttention que toute souveraineté doit être onsidérée comme un seul individu ayant lossédé toutes les bonnes et les mauvaises [ualités qui ont appartenu h la dynastie entère, et que la succession des Papes, ainsi nvisagée sous le rapport du mérite général, 'emporte sur toutes les autres, sans diffi* ulvé et sans comparaison. Ils ne faisaient •as attention de plus qu'en insistant avec »lus de complaisance sur certaines taches, is argumentaient puissamment en faveur le l'indéfectibilité de l'Ëglise. Car si, par itemple, il avait plu à Dieu d'en confier le ;ouverneinent à une intelligence d'un ordre upérieur, nous devrions admirer un tel »rdre de choses moins bien que celui dont lous sommes témoins ; en effet, aucun homme nstruit ne doute qu'il y ait dans l'univers {'autres intelligences que l'homme et trèsupérieures è l'homme. Aussi Vexisteuce l'un chef de l'Eglise supérieur K l'homme le nous apprendrait rien sur ce point. Que i Dieu avait rendu de plus cette intelligence isibleàdesètresde notre nature en Tunisant à un corps, celle merveille n'aurait rien !e supérieur à celle que présente l'union c notre Ame et de notre corps qui est le Jus vulgaire de tous les faits, et qui n'en eroeore pas moins une énigme insoluble jamais. Or il est clair que dans l'hypothèse f* cette intelligence supérieure, la conseratfon de l'Eglise n'aurait plus rien d*exraordinaire. Le miracle que nous voyons urpasse donc infiniment celui que j'ai suposé« Dieu nous a promis de fonder par une uite d'hommes semblables à nous une ^;lise éternelle et indéfectible. 11 l'a fait uisqu'il l'a dit, et ce prodige qui devient lia«|ue jour plus éblouissant est déjà incon- (^stabte pour nous qui sommes placés à dixluit siècles de la promesse. Jamais leearacère moral des Papes n'eut d'influence sur a foi. Libère et Honorius, l'un et l'autre l'une émineote piété, ont eu cependant )vsoin d'apologie sur le dogme; le bullaire
d^AtexaiKlra TI est irréprocnabie. Biicore une fois qu attendons-nous pour reonnoattre
ce prodige et nous réunir tous à ce centre d'unité, hors duquel il n'y a point de christianisme? L'expérience a convaincu les peuples séparés ; il ne leur manque phis rien pour reconnaître la vérité; mais nous nous sommes bien plus coupables qu*eux, nous qui, nés et élevés dans celte sainte unité, osons cependant la blesser et l'attrister par des systèmes déplorables, vains enfants de l'orgueil qui ne serait plus l'orgueil s'il savait obéir.
• O sainte Eglise romaine ! * s'écriait jadis le grand évèque de Meaux , devant les hommes qui l'entendirent sans l'écouter, « 0 sainte Eglise de Rome I si je t'oublie, « puissé-je m'oublier moi-même I Que ma 0 langue se sèche et demeure immobile dans « ma bouche?»
« O sainte Eglise romaine! » s'écriait à son tour Fénelon, dans ce mémorable Mandement où il se recommandait au respect de tous les siècles en souscrivant humblement à la condamnation de son livre : « 0 sainte t Eglise de Rome ! si je t'oublie, puissé-je ff nroublier moi-même 1 Que ma langue se « sèche et demeure immobile dans ma bou- « che! »
« Les mêmes expressions tirées de TEcriture sainte se présentaient à ces deux génies supérieurs pour exprimer leur fui et leur soumission a la grande Eglise. C'est à nous, heureux enfants de cette Eglise, mère de toutes les autres, qu'il appartient aujourd'hui de répéter les paroles do ces deux hommes fameux, et de professer hautement une croyance que les plus grands malheurs ont dû nous rendre encore plus chère.
« Qui pourrait aujourd'hui n'être pas ravi du spectacle superbe que la Providence donne aux hommes et de tout ce qu'elle promet encore à l'œil d'un véritable observateur?
« 0 sainte Eglise de Romel tant que U parole me sera conservée, je l'emploierai pour (e célébrer; je te salue, mère immortelle de la science et de la sainteté :
Salve, magna paréos !..••
(ViRGiL., Georg.^ûb. il, vers 173.)
C'est toi qui répandis la lumière jusqu'aux extrémités de la terre, partout où les aveu-
8 les souverainetés n'arrêtèrent pas ton inuence, et souvent même en dépit d'elles. C'est toi qui fis cesser les sacrifices humains, les coutumes barbares et infâmes, les préjugés funestes, la nuit de l'ignorance ; et par« toutou tes envoyés ne purent pénétrer, il manque quelque chose à la civilisation. Les grands hommes s'appartiennent :
Magna vinioi I...
(/àW., vers. 174.)
Tes doctrines purifient la science de ce venin d'orgueil et d'indépendance qui la rend toujours dangereuse et souvent funeste* Tes Pontifes seront bieniôt universellement proclamés agents suprêmes de la civilisation,
1081 PAP . DICTIONNAIRE PAP iOSS
irealeurs delà monarchie et de Tutiité euro** ganisme est reoti&é et ramené au système péennes» conservateurs de la science et des primitif dont il n'était qu'une corrupiioa arts • fondateurs protecteurs nés de la liberté visible ; le nom de Dieu* sans doute, est exci vite, destructeurs de l'esclavage, ennemis clusif et incommunicable ; cependant, il y a du despotisme, infatigables soutiens de la plusieurs dieux dam le ciel et sur la cerre. souveraineté., bienfaîteursdu genre humain. (/ Cor. viii, 5, 6; // Thess. ii, h,) Il y a Si quelquefois îls ont prouvé qu'ils étaient des intelligences de nature meilleure, des des hommes : Si quid illis humanUus acci' hommes divinisés. Les dieqt du christia- 4eril9 ces moments furent courts : Un vais- nisme sont les saints. Autour de Dieu se rasseau qui fend les eaux laisse moins de traces semblent tous les dieux pour le servir è la de son passage {Sap. v, 10), et nul trône de place et dans l'ordre qui leur sont assignés. ('univers ne4)Qrta jumais autant de sagesse» « 0 spectacle merveilleux ! disne de celai de science et de vertu. Au milieu de tous qui npus Ta préparé, et fait seulement pour les tiouleversements imaginables. Dieu a ceux qui savent le contempler, constamment veillé sur toi, ô ville éternelle I « Pierre, avec ses clef^ expressives, a fait Tout ce qui pouvait, t'anéantir s'était réun\ disparaître celles du vieux Janus (701. Il est contre toi, et tu es debout ; et comme tu fus le premier pai tout, et tous les saints n entrent
t'adis le centre de Terreur, tu es depuis dix^ qu è sa suite. Le dieu de /'tnifatl^ (71), Plamit siècles lé Q^xitr^ de ta vérité. La puis- tus, a cédé sa place au plus grand des thaasance romaine avait tinide toi la citadelle di) roaturges, à l'humble François dont Tasceopagnjiisme, qui semblait invincible dansja dant inouï créa la pauvreté volontaire, pour capitale du monde connu. Toutes les erreurs faire équilibre aux crimes de la richesse. Au de l'univers convergeaient vers toi, et le lieu du fabuleux conquérant de TJnde, voyez premier de tes empereur^ les rassemblant le miraculeux Xavier qui la conquit réelleen un seul point resplendissant, les consa- ment. Pour se faire suivre par des millions çra toutes dans le Panthéon. Le temple de d*homnies^ il n'appela point è son aide Ti- (ous les dieux s'éleva dans tes murs, et, seul vresse et la licence, il ne s'entoura point de de tous ces grands, monuments, il subsiste Bacchantes impures : il ne montra qu^une dans toute son intégrité. Toute la puissance croix ; il ne montra que la vertu, ta péni< des empereurs chrétiens, tout le zèle, tout tence, le martyre des sens. Jean de Dieu, Tenthousiasme, et, si l'on Veut même, tout Jean de Matha, Vinpent de Paul (aue toute ]e ressentio^ent des Chrétiens, se déchatnè- langue, que tout Age les bénissent! ) reçoirent contre les temples. Tbéodose ayant vcnl l'encens qui fuma jadis en rbonneur de donné le signal, tô'us ces magnifiques édi- Mars, de la vindicative Junon. La Vierge fices disparurent. En vain les plus sublimes immaculée, la plus excellente des créatures beautés de l'architecture semblaient deman* dans Tordre de la grâce et de (a sainteté (73], der grâce pour ces éionnan tes constructions; la première de la nature humaine qui jjT(h en vain leur solidité lassait les br'as des des^ nonça le nom de salut (73); celle dont fEttr;^ tructeurs; pour détruire les temples d'Apa- net bénit les entrailles en soufflant son eijfrii mée et d'Alexandrie, il fallut employer les en e/Ze, et lui donnant un Fils qui est («mimoyens que la guerre employait dans les rac/ede /'untVerr(AIcoran, c. ^X^Deifroçiéges; mais rien ne piit résister à la pros- pMtes) ; celle à qui il fut donné d'enfanter cription générale. Le Panthéon seul fut pré- son Créateur (74), qui ne voit que Dieu auservé jusqu'au moment où, dans les pre- dessus d'elle (75), et que tous les siècles mières années du vu* siècle, un Souverain proclameront bienheureuse (76}; la divine l^untife le consacra à tous les saints. (Gibbon, Marie monte sur l'autçl de Vénus Paudéml- Hist. de la décadence, etc.^ t.VlI, cb. 28, note que. Je vois le Christ entrer dans le Pan- Zk% iii-8% p. 368.)Ah 1 sans doute il l'ignorait ; théon, suivi dé ses évangélistes, de s^s ap6mais nous, comment pourrions- nous l'i^no- ires, de ses docteurs, de ses mariyrs, ds ses rer ? La capitale du paganisme était destinée confesseurs, comme un roi triomphateur enà devenir celle du christianisme, et te temps tre, suivi des grands de son empire, dans la dans cette capitale» concentrant toutes les capitale de son ennemi vaincu et détruit. A forces de l'idoVAtrie, devait réunir toutes les son aspect, tous ces dieux-hommes dispa lumières de la foi. Tous leji saints à la place raissent devant l'Homme-Dieu. Il saûCtiGele de tous les dieux I Quel sujet intarissable de Panthéon par sa présence, et Pinonde de S9
(profond es méditations philosophiques et re- majesté. C'en est fait, toutes les vertus ont
igieuses t c'est dans le Panthéon que le pa- pris la place de tous les vices. L'erreur aut
(70) Prssideo foribos Non si adegtiô di (^rsi laa hUora.
• cœleslis jaiiilor aul«, (Dante, Pflrodwo, c xxui, vers. 4 seql
EÎclaTem ostendeitf, hW, ail. arma gero. 5? ]?**^ : * 'c u ' /â ^ " .' . ê^/ elkl»rl*\*
(OviD., Faat., lib. i, v-cra. 135, i% 251.) Sen?^" f !^ «uut Kein Scbœpfer),
(7h Mammona iniquHatis. {Luc. xvi, 9.) (Klop.>tock, MsKtade, xi, 56.)
(7i) Gratia plena, Dominui lecum. {Luc. i. 28.) ,-„, ^ .... , .
- tn) Saint FraBçois w Salks, liv. vui, teUre il. P^) Ç."?^*i* ^œlilibns cclsior wia,
— Luc. I, 47 : Et exsuliavil siiirituê mem in Deo ^*® facia roiùc^ Yiv^o toûanli. $a^^tari» ("tffi^ne de CAssowpton')
(74) Tu «et oo1«i cbe Vumanfl natura (76) Ecu aUm ex hue beaiam m$ ^csnt os^^^ f^
^obillt«s4e si, chQl tiioJaUore neraùones, (Lhc*i, 48.)
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DES PAPES
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cent tète5 a fui devant riodivisibte vérité. Dieu règne dans le Panthéon comme il rèijne rlans le ciel au milieu de tous les saints.
« Quinze siècles avaient passé sur la ville sainte, lorsque le génie chrétien* jusqu'à la (in vainqueur du paganisme, osa porter le Panthéon dans les airs (77)« pour n*en faire que la couronne de son temple fameux, le [feutre de l'unité catholique, le chef-d œuvre Je Tart buroaiqet la plus belle demeure terrestre de Celui quia1)ien voulu demeurer ivHc nous» plein d'amour et de vérité (78). «
Du Pape^ par l'auteur des Comidéralions tur la France, t. Il, p. 268-288.)
PAPE. -*- Disons en peu de mots ce que :'est que le Pape, et quelle idée tuut Chré-* lien doit sefajredu souverain pontificat. Le Pape est le chef de l'Eglise, le successeur de iaint Pierre, le vicaire de Jésus-Christ : l'Eglise est une monarchie; toutes les figures [{Ut la symbolisent, la famille, le vaisseau, le troupeau, l'armée, excluent la pluratité dans le gouvernement ; le chef de TEglise ?stun; il patt les agneaux et les brebis
Joan. xxj, 15); il régit souverainement hs idèles et la hiérarchie sanrée; il esta la fois e pasteur et le docteur, le pontife suprême; 1 gouverne et n*est pas gouverné, il enseigne et n'est pas enseigné, il juge et n'est >ii$jugé. Le Pape n'a pas seulement la suureraioe puissance spirituelle, la Providence ui a donné une puissance temporelle assez grande pour assurer l'indépendance de l'E* ^iise, assez faible pour que les devoirs du )ouvoir temporel ne soient jamais un obsacle à Taccomplissement des devoirs de la *03'aulé spirituelle! pour que les peuples ne )uisseut jamais se méprendre, ni confondre e |H)uvoir temporel du Saint-Siège avec le )ouvoir spirituel, qui peut-être à leurs yeux )ût été amoindri et comme absorbé dans un ;rand empire. Jésus-Christ est venu sépaer les deux puissances, et 6ter aux rois 'empire que le paganisme leur avait donné, |tte l'hérésie a voulu lenr rendre, sur les :lioses de la religion et de la conscience ; lour que ce principe de la séparation des [eux pouvoirs eût son plein et entier effet, I falliiit une exception, et il n'en fallait |u'une; il fallait que le chef de l'Eglise iDiverselle fût indépendant» c'est-à-dire |u'il lût aussi souverain temporel. Qu'on se igure, par exemple aujourd'hui, le Pape ré* luit à la condition de sujet de l'empereur l'Autriche ou de tel autre souverain, n'est- 1 pas manifeste d'une part, aue la tentation erait grande pour oe roi, d abuser de son lutorité; d'autre part, que cette situation etterait souvent le Souverain Pontife dans rinextricables embarras, et enfin, que les lutres nations soupçonneraient sans cesse, lans les actes mêmes les plus légitimes du ^ootife, l'intluence de la cour è laquelle il seait soumis. Or, Dieu n'a pas voulu que le
(77) AllQslon au fameux root de Ifkhel-Ange : f^ le mêttTM en Valr.
(IH) £l hakitopit tu nM$ pltnui grêtiœ ei teriiê* u. (iomn^u ti.)
souverain i»ouvoir établi pour réeir son Eglise apparût aux hommes comme rinstrument d'une puissance humaine. Voilà pourquoi le Pape est le seul homme sur la terre 3ui réunisse légitimement en ses mains les eux puissances, la royauté temporelle et le souverain pontificat. '
Dans l'origine, le nom de Pape fut donné indistinctement à tous les évêques; dès les V* et vr siècles, un grand nombre d'écrivains, comme Cassiodore, Libéral, Ennodius, ne le donnaient qu'au Pontife romain. A la même époque, saint Avril (79) donnait le nom de Pape, non aux évêques, mais aux seuls patriarcnes. Il disait le pape de Cons' tantinophf le pape (T Alexandrie f etc.; et quand il était question du Souverain Pontife, le Pape tout court. Saint Grégoire le Grand décréta , comme l'ont fait voir Baronius et Sirmond, que ce titre serait regardé comme le nom propre du chef dé TEglise, et ne pourrait désormais être donné qifà lui seul. De même, le nom d'apostolique , attribué dans les premiers temps «à divars Eglises , fut de bonne heure • et toujours depuis» constamment réservé à la seule Eglise romaine.
Les évêques, en général, sont les successeurs des apôtres , comme le Pape est le successeur de saint Pierre, en ce sens que Tépiscopat a remplacé l'apostolat; mais il n'y a qu'un siégé apostolique, car te Siège de Home est le seul qui soit occupé par le successeur direct d'un apôtre. A. l'exception de saint Pierre et de saint Jacques le Mineur, aucun apôtre n'a occupé régulièrement uu siège épisco|)al particulier. Aucune autre Eglise que celle de Rome ne peut présenter une série non interroiïipue d'évÔQues remontant jusqu'aux apôtres ; on ne connaît S>oint le success«*ur de saint André ou de saint eau , de saint Philip|>e ou de saint Jude ; ou ne connaît que le successeur de Pierre»
Dans tous les temps modernes, on a donné le nom de cour de Borne au gouvernement pontifical; mais cette appellation,: dont les premières traces remontent à peine au lu* siècle, est tout à fait impropre, et les ennemis de l'Eglise en ont singulièrement abusé. A peine cummençait-elle à être en usage« que les écrivains catholiques la repoussaient, et l'un d*entre eux , s'adressant à Eugène 111, s'exprimait ainsi : « La coutume qui s'inr troduit d*appeler rouf romaine ^ ce qu'on nommait jusqu'ici V Eglise romaine ^ ne semble pas tout à fait irrépréliensible ; si l'on oonsulte les écrits vénérables des Pontifi s romains, on n'y trouve jamais ce. nom de cour pour désigner la très-sainte Eglise romaine. »
Au dernier siècle, les jansénistes exploitèrent ce nom avec leur perfidie liabiluelle, distinguant entre la cour de Rome et le Saint- Siège, et à l'aide de « cette distinction, » di-
(79) Neveu de l>npereur Aviins. Il éuit arrbevê-
2ue de Vienne , ei t-onlribua à b euiiversieci de lovts.
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saient-ils eux-mêmes , « est un petit détour dont on se sert lorsque la cour de Rome se rend digne qu'on ait pour elle quelques ménagement. » (Gazette ecclésiastique y Nouvelles, etc.» 27 mars 1765.) Les ennemis de TEglise sont encore aujourd'hui fidèles à cette tactique.
Gomme dans toute monarchie bien réglée, il jr ft dans l'Eglise une réunion d*hommes éminents par leurs vertus et leurs lumières que le Pape choisit, et parmi lesquels il prend ses ministres et ses conseillers, ce sénat auguste s'appelle Sacré Collège; ses membres portant le titre de cardinaux; lés assemblées où ils traitent les affaires de l'Eglise se nomment congrégations. Les ambassadeurs ordinaires du Souverain Pontife sont appelés nonces et internonces; les ambassadeurs extraordinaires et gouverneurs des provinces, légats et délégats; les tribupaux de juridiction, rotes; les tribunaux pour l'ex* pédition des bulles, dateries, etc., etc.
Le gouvernement de TEslise est électif; car, dans la société spirituelle, rien ne peut être donné à la chair et au sang. C'est le Sacré Collège qui choisit le nouveau Pape; uiais le Sacré Collège ne procède pas de cette élection , ainsi uue semblent le croire certains ennemis de l'Eglise, comme agissant au nom de la multitude des fidèles ; le Sacré Collège représente l'Eglise romaine. En second lieu, ce n'est pas le Sacré Collège qui donne le souverain pouvoir au Pape élu; le Sacré Collège, que le Saint-Esprit assiste d'une manière particulière, désigne un homme, et cet homme canoniquement élu refoit immédiatement de Jésus-Christ le pouvoir souverain sur toute l'Eglise. « Qu'il ait ce pouvoir, cela est de foi ; qu'il le reçoive immédiatement de Jésus-Christ, cela est certain et ne peut être nié sans erreur,» dit Suarez ; « car Jésus-Christ le donna à saint Pierre immédiatement, non-seulement pour lui, mais pour qu'il durât jusqu'à la fin des siècles par une succession continue. » Le Pape, nouvel élu, le reçoit donc en vertu de nnstitution m^me de ce pouvoir et de ces paroles : Super hanePetramœdificabo Ecclesiammeam {Mûtth.
XVI, 18); Pasce ot?ef meaâ,eto.(/oan.xxi,i7.)Ce n'est pas des apôtres,s'écriait le Pape Anaclet, c^st du Seigneur lui-même que l'Eglise romaine a reçu la primauté : Romana Ecclesia fionoft apostoliSf sed ab ipso Domino prima' tumobiinuit. (Chap. ii, dist. 22.) Si le Pape tenait son pouvoir du Sacré Collège, le Sacré Collège pourrait le lui 6ter; s'il le tenait de l'Eglise, l'Eglise pourrait le lui ravir; mais il n'en est pas ainsi : le Sacré Collège, les conciles dépendeni du Pape; le Pape ne dépend ni du Sacré Collège, ni des conciles (Cap. signi/icasti^ De elect.); car son pouvoir est fondé, non sur une constitution humaine, mais sur une constitution divine; il ne vient lias des hommes, il vient de Dieu : Cum non numanœ constitutioni , sed divinœ innilatur^ quiapoteslas nostra non ex komine^ sed ex JJeo estf disent eux-mêmes les Souverains Pontifes. (Cap. Notit. , De judiciis.)
Et c*est là ce qui distingue surtout la
puissance spirituelle des puissances temporelles; les rois de la terre tienoeot la pouvoir de Dieu, mai^ mèdiatement et par le moyen des hommes; le chef de l'Egliise le tient de Dieu immédiatement. Un tel pouvoir est donc surnaturel et propre à l'Eglise de Jésus-Christ, qui seul le confère. Il Q*a pu commencer que par cette donation du Christ, il ne peut être conservé que par elle; sans doute le concours des hommes est nécessaire pour que le successeur du Pape soil élu; il faut un signe visible et authenti<]ae pour que le doute et l'incertitude ne soient pas possibles; mais quel que soit le mode d'élection , l'assemblée qui nomme ne con« fère pas le pouvoir comme cause en lot, personne ne peut donner ce qu'il n'a point; or, personne dans le monde ne tient de soimême un pareil pouvoir, personne ne l'a reçu; Jésus-Christ ne i*a donné ni aux cardinaux, ni aux conciles, ni aux peuples, ni à l'Eglise elle-même ; il ne l*a donné, et il ne le donne qu'à Pierre et aux successeurs de Pierre
PASCAL I*' (Saint), quatre-vingt-dixhuitième Pontife, était Romain et fils de Bonose. — Dès sa jeunessse il fut éleTé dans le palais patriarcal de Latran. Instruit des saintes Ecritures, et ensuite ordonoé prêtre, toute sa conduite était si èdiOaote qu'il inspirait aux autres la piété et toutes les vertus chrétiennes. Il vivait dans uue mortification continuelle des sens, et jeûnait presque tous les jours. ÏJi réputation de sa sainteté devint si grande, que le Pape Etienne IV étant mort, chacun jeta les yeux sur lui pour remplir sa place ; il fut élevé, contre son gré, sur le siège le 25 janvier 817. Paseal fit bientôt connaître à toute l'Eglise qu'il n'avait pas moins d'habileté que de vertu ; il fut un exact observateur des saints canons, et s'appliqua, avec un zèle infatigable, à pourvoir à tous les besoins de l'Eglise, et à maintenir la discipline. 11 prit une part active aux souffrances des défenseurs des saintes images ; car l'hérésie des iccmoclastes régnait alors avec fureur dans l'Orient, sous Léon J'Arménien. Il envoja jusqu'au fond du Nord des prédi* cateurs de l'Evangile, pour travailler è la inversion des Danois. Il montra surtout un grand zèle pour les reliques des saints marlj^rs de la ville de Rome; il les rechercha, et fit revivre le culte que les fidèles rendaient à leur mémoire, et entre autres à quelques saints Papes des premiers siècles. Il rebâtit beaucoup d'église qu'il enrichit d'ornements, employa une bonne partie des revenus de son église à réparer divers hôpitaux et monastères, à délivrer des prisonniers et 5 racheter des captifs.
Aussitôt après sa consécration, Pascal I" envoya à l'empereur Louis des légats, avec de grands présents, et une lettre par laquelle il protestait qu'il avait été forcé à accepter cette dignité. Le chef de la légation fu^ Théodore. 11 renouvela avec l'empereur le traité d'alliance et d*amitié| obtint tout ce
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