‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 79 sur 123 · AO · texte numérisé non relu

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tes mœurs incorrupiibles il joignait une ;rAnde douceur et beaucoup d'aflabilité; ce jui n*ôia rien à son zèle ardent pour la dôense de la religion et des libertés de l*Egiise. arrivé à la papauté sans sa propre partici- >ation, sans aucune intrigue, sans aucun noyen artificiel, il regarda son avènement ;oaime une grâce de TEsprit-SainL Plein de :ette idée» ilse sentit pour ainsi dire élevé iu-<iessus de lui-même, et se proposa de remplir la suprême dignité avec toute la grandeur au*elle réclame. Il renouvela de suite les décrets du concile de Trente sur la i^^sidence ; déclarant que c'était un péché noriel de rester éloigné de son évêcné et i*eroplojer ses revenus à des jouissances >ersonnelles. Les cardinaux eux-mêmes ne firent \)as exceptés. Il ne voulut pas rece* roit pour excuse la nécessité des places h emplir dans l'administration.

Paul V eut bientôt l'occasion de aepaOjrer a force de son zèle. Le séi^at de Venise aurait ait depuis peu deux décrets : Qar le prenier il détendait y sous des peioes très* Mgoureuses, de fonder de nouveaux monastères sans sa permission ; par le second il >rdonnait que personne ne pût ni. donner, ai laisser par testament, ni vendre, ni alié- 3er à perpétuité des immeubles en faveur les ecclésiastiques sans son. consentement. Le sénat fit aussi arrêter,., emprisonner des Msclésiastiques, et se jouajen plusieurs autres ûrconstances des droits et des libertés de 'Eglise. Paul V regardant avec raison ces in treprises comme une atteinte è la juriliotion ecclésiastique, fit demander au sénat, \ar son nonce,. que ces décrets fussent ré* 04iaéSf et que les ecclésiastiques fussent ecnis entre les mains de son nonce, pour Ure jugés par des juges ecclésiastiques^ nenaçant ainlordire la république, s'il fêtait obéi. Ce Pontife qui venait de faire ilier les Génois dans une pareille occasion, e flattait qu*il ^n serait de même des Vélitiens. Mais le sénat lui répondit au'il ne K)UTait rendre les prisonniers, ni révoquer es lois. Le Pape ayant reçu cette réponse, It expédier deux brefs r l'un adressé au doseï (t l'autre à la^ république, par lequel il'de* nandâit de nouveau au sénat de révoquer es «deux décrets ,. comme contraires aux ;anoins, déclarant que ceux qui on étaient es auteurs avaient encouru les censures L-cclésias tiques , dont ils ne pouvaient être relevés qiren les révoquant : il leur enjoi- Snait, sous peine d'excommuni.cation, de les réroQuçr^ et que s'ils ne le faisaient, il en riendrait à l'exécution des peines sans autre ûtatton. Le nonce ayant présenté ces brefs, e sénat refusa de nouveau.

Paul V ayant reçu la réponse du sénat, el oyam qu'n ne voulait (H)int révoquer les Leux décrets^ lui fit adresser un bref par le^ i)ue) il lui ordonnait de remettre les deux prisonniers entre les mains de son nonce^ à peiue d'excommunication. Le sénat déclare

au'il ne pouvait se dépouiller de son Uroit. envoya en même tomps^un ambassadeur k Ko4ue. Mais Paul V fit dresser un-moniloire

portant, que le sénat de f enise n*ay<nt nas vou4u révoquer les lois faites au préjuciice des lois ecclésiastiques, ni rendre les prisonniers, il déclarait ces lois nulles » et dé* clarait le doge et la république de Venise excommuniés, si, dans le terme de vinatquatre jours, à compter du jour de la publication du moniioire, ils ne révoquaient ces . lois, et ne remettaient les deux prisonniers» entre les mains de son nonce; que, jusqu'à ce qu'ils eussent obéi, il défendait de mettret en terre sainte ceux qui viendraient à décé-) der ; que si, trois jours après les vingt-quatre jours, ils n*avaient pas obéi, il mettait tout leur Etat en interdit, en sorte qu'on ne pourrait y célébrer les Messes et Offices divins, hormis en la forme, aux lieiu et aux cas ac* cordés de droit commun.

Le sénat ayant npprisi que cette bulle monitoriale avaité(é«affichée, protesta contre, et fit défense à- tous les prélats de la publier* En même temps les cbefs du conseil des Dix mandèrent les supérieurs des monastères et des autres églises de Venise, et leur déclarèrent que l'intention du sénat était qu'on continuée les Offices divins, et que personne ne quittât les terres de la république sans permission. Ils promirent aobéir; mais comme le terme de vingt-guatre jours porté par le roonitoire approchait, les Jésuites tê^ rooignèrent qu'ils étaient résolus à^observer l'interdit. Le sénat, informé- de leurs- diape* sitions,. les manda, et^leur ordonna de décla» rer ce qu'ils voulaient faire. Ils dirent qu'ils ne pourraient pas célébrer la Messe pendant l'interdit ; que si le sénat voulait les v obliger, ils aimaient mieux sortir de Venise. Sur cette réponse, le sénat leur fit donner ordre de partir incessamment. Les Jésuite^ qui étaient dans les autres villes de la répa* Clique en sortirent aussi. Les Capucins et« les Théatins suivirent leur exemple. En outre, le sénat fit un décret par lequel il déclara que les Jésuites ne pourraient plus être reçus à l'avenir en aucun lieu de l'Etat . de Venise.

Cette bulle de Paul V donna lieu à une multitude d'écrits, dont plusieurs défendaient les droits et l'autorité de l'Eglise, et attribuaient aux Souverains Pontifes un pouvoir absolu sur les souverains. On ne s'en tint pas à des écrits; on- fut sur le point d'employer des armes d^ùu autre genre. Les princes chrétiens s'entremirent pour accommoder ce différend ; mais les Vénitiens ne voulurent écouter aucune proposition d'accommodement que le Pape n'eût levé l'interdit : le Pape demandait, avant toutes choses, la révocation des décrets.

Cependant sur la fin d'octobre, il fit appe-- 1er d'Alincourt, et le pria d'imaginer quel^

Jue moyen- qui pût terminer cette affaire^ fn eut recours au roi de France Henri IV: Ce prince voulut bien être le médiateur de cette affaire : it eut Thonneurde raccommodement. Ses ambassadeurs, h Rome et è Ve* nîse, entamèrent la négociation, etiê cardinal de Joyeuse passa en Italie pour y mettre leiieraière «nain. Ou convint que ce cardinai

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déclarerait, à son entrée ëans le sénat, qoe les censures étaient levées, on qa*il les le* vait; et qu'en ii:6me temps le do^e hii re«mettraît en main la révocation delà protestation faite contre la bulle du Pape. Elle portait en substance, que le Pape, éclairé ftur la candeur et la sincérité des intentions fie la république, ayant levé et ôté les causes tiu différend, le sénat, qui avait toujours tÂcbé d'entretenir une bonne intelligence arec le Saint-Siège, en avait conçu une grande joie, et qu*après que ce dont on était convenu de part eiu*autre aurait été exécuté, Ics' censures étant levées, la protestation deroeorerait pareillement révoquée. On régla la manière dont les prisonniers seraient re* lois entre les mains de Tambassadeur de France. On accorda le rétablissement des religieux bannis à l'occasion de l'interdit, excepté les Jésuites; et enfin les Vénitiens promirent d*envojfer à Rome un amt^assa-^ deur peur remercier le Pape de leur avoir rendu ses bonnes grâces. Paul V fil paraître autant demodération dans ce différend qu*il avait montré de zèle â revendiquer les droits de TEglise.

Lors du conclave qui se tint pour son élection, les cardinaux avaient fait un ser-* meni, par lequel ils promirent que celui qui serait élu travai'ilerait sérieusement à terminer l'affaire des congrégations i>e auxiliiê ou du moliniêmé par une prOm|)le décision. Paul V résolut de la suivre : il indiqua une eongrégaiion au 14 septemftn^e ; il y assista en personne, conune à toutes les autres, et il j appela les mêmes prélats et les consulleurs que Clément Ylil avait employés.

Lemos et: Alvarez parlèrent pour les Dominicains, Bastide etPerez pour les îésuites. Ce fut le sixième examen ; il dura six mois, pendant lesquels on tint dix-sept congré^ationsw Ce dernier examen fût aussi contraire à b doeirine de Holina que les précédents. Les Jésuites firent tout ce qu'ils purent pour éloigner la décision : ils adressèrent au Pape une multitude d'écrits qu'ils avaient déjà prodoits sous Clément VIU. Paul V domia ces éfTils aux consulteurs ; i-l leur ordonna de travailler, chacun en particulier, à des mémoires où ils marqueraient leurs seniiments sur les matières discutées, et sur la manière dont il fallait que le jugement du Souverain Pontife fût conçu. Les avis des consulteurs, quoique différents dans la forme, se céunirent tous, excepté celui du Carme Bovin^ à condamner les sentiments qu9 les Jésuites avaient défendus dans le cours des oongrégations. Le Pape chargea ensuite les deux secrétaires de la congrégation de dresser une constitution conformément aux avi»des consulteurs. Cela faillit régla le projet ou la forme de la bulle que l'on trouve à la an de l'histoire des congrégations de ÀMxUiUf par le P. Serri.

Après le préambule, qui roule sur l'importance de la matière, le Pape expose qu'il est très- important que, dans rÊglise, tous les fid&Iea. et les oinistres du Seigneur liaient qu'un même langage et un laéme

sentiment, surtout dans une matière essentielle pour le salut. Ensuite il propose les doKmes qu'on doit croire et Tes erreurs qu on doit éviter : ils sont presqee tous composés des textes de saint Augustin, et ils établissent nettement refircactté de la grAce. A la fin de la bulle^ on tt^iuve qaarente -deux propositrons etronées : ell»

sont le précis de la doctrine» d^e Mali na. Mais cetle bulto ne fut point publiée. On prétend

Ïue Paul y, sollicité par le cardinal da erron, qui suivait en cela les intentions da P. Coiton, Jésuite et confesseur de ttenri IV, saisit roccasioo de Finterdit de Venise poet* faire de nouvelles instances auprès de ce Pape, et Tobliger à suspendre la pabncation de cette bulle. Il représenta qu'il serait bien dur ponr les Jésuites, qu'après s^ètre fait chasser de Venise ponr avoir ol>éi aux ordres de Sa Sainteté et soutenu l^^s droits du Saint- Siège contre la république, ils reçussent de sa part un blâme., C'est ainsi qn'on empêcha la publication de cette bulle. En conséquence Paul V tint, le 28 août 1607, une assemblée de cardinaux, et deux jours après il 6t venir les généraux des deux ordres : il leur donna un écrit, par lequel il déclarait que les disputants et les consultants pouvaient s'en re« tourner chez eux; qu'il publierait ses décisions quand il le jugerait à propos; qoe, cependant, il défendait aux (larties de sa censurer muluellemeni. £n 1612, le roi d*£st)t- !;ne pressa Paul V de publier sb décisioa; es Dominicains lui présenièrent une requête pour demander la même chose; mais toutes ces instances furent inutiles; ni Paul V, ni ses successeurs, n'ont pas jagé i propos jusqu'ici de faire celte publicatioR. En 1614, Paul V eut un dîQérend arec la France. Suarez, Jésuite espagnol, avait publié un livre intrtuté : Défense de ta foi catholique ei^apoftoligue^ centre les errtun dt la secte d'Angleterre. Ce livre ajrant paru en France, on eu Otdes extraits qui furent déférés au parlement die Parts. La cour coadamna louvrage à être brûlé, comme rei* fermant des maximes séditieuses., teodacl à porter les sujetjs des rois à attenter & leurs personnes. Le parlement manda les Pères Armand recteur, Cotton confesseur du rui, Fromondle Duc et Sirmond. Le premier président leur dk. au nom de la compa^Çi q.ue.le livre de Soarez leur eonfrère éiait contraire à la déclaration qu'ils avaient donnée, et au décret que leot général avait iait en 1610, après rasasasinai de HemilV. Oo leur onionna ensuite d'écrire à Aome (mmit demander le renouvellement de la publics* tion du décretr dVn rapporter acte dans six mois, et de veiller à ee ffa^ les partieolicrs de la société n'enseignassent point ^os leurs livres des propesiiiona perniriauses; sans quoi la cour iraitenirl les contreveMBts eomme criminela de Jè6e*ma|jeet4.

fiés <)tte Paul V eut eonnaisaasiee del^réj du parlemem contre le livre de Suarei, » en Hit suivis et viiavee poine attaquer ni livia qui rt'vendiquaît avec {bree irua 1^^ droiUdtt $aiAt*S4ége. Il e^veQra faire oes

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nlairtes aa maraais de Tresnelt ambassa* leur de France, de l'alteinte que les npagisp rats français ataient porU aux droits du iainr-Siége. L*aiDbassadeur représenta que a reine réunie serait flchée d'apiwendre ^ue Sa Sainlelé voulût prendre la proteolon d'un livra dont Tuieur inspirait des uaxioies oapalilesde soulever les sujets ;.que es inagistrati ne cesseraieat point de verler è le oooservalion du roi, sans s'éloigner lu respect dA au Saint Siège.

Paul V, menaça dVn venir aux extrémités» î la régenie ne cassait Ta rrftt du parlement. L'amliassadeur pria le Pape de réOécbir sur es raisons qu'avait eues leparlementdeconiaicnerieiivredeSuarez;PaulVréponditque 'ien ne rempècheratt de soutenir les droits lu Saînt-Siege, si le roi ne voulait point '^sser Tarrèt du parlement. L'ambassadeur nsislaei finit par supplier le Pape de consulter les cardinaux qui étaient en France, (ur les moyens d'accommoder cette affaire, lauf» le même temps les Jésuites de Rome **enorçaieni de faire condamaer Tarrét du >arleœenl comme hérétique. Ils ne cesaient d'animer Paul V contre la France. Le narquisde Tresnel les fit avertir qu'ils se eraient chasser une seconde fois de France. > parlement ordonna aussi aux principaux ésuiies de Paris d'écrire à leurs confrères le Rome, que si le Pape prenait quelque réolution contre lui, on l'imputerait aux sug- [estions de la société, et qu'on saurait bien en punir. Louis XIII, devenu migeur au 3oi$deseptembrel624,sefitapporteren plein onseil Tarrët du parlement et fit dresser un ci€ dans lequel» après avoir marqué le déir qu'il avait de contenter le Pape, il déclara u ''il voulait que l'eiécution de Tarrèt du par- Msaent ne put apporter aucun préjudice à iLJtorité légitime du Siège apostofique.

Bt.ll V dit que cette déclaration ne réparait 01 nt la Oétriasnre des propositions de Suapz» qui couceroaieni I autorité que Jésushrist avait donnée à saint Pierre et h ses iiccesseurs. Cet écrifminf. disait le P/ipe, a Il raison de $outenir que fai reçu la pu/finc« d'excommunier tes souverains hériti* ues^ et mimt de les déposer^ quand ils (feisufeni obstinés dans leurs mauvais senti'» ienis^ et qu'ils veulent obliger leurs t^Ute d nbKosser ctê sentiments. Si Jésus-Christ 'atnit pas donné ce pouvoir à saint Pierre et ses successeurs^ il aurait manqué de pour^^ oir d ta conservation de son Eglise. Appuyé ur cesprincipesi il persista à demander que arrêt fût cassé juridiquement. Enfin, à force le sollicitations, on obtint qu'il se oontentAt |ue Texécution jfût suspendue. C'était Ih une loble revendication de cette autorité gue es Papes avaient exercée sur les souverains, lans le moyen Age, non en s'ingérant dans e temporel des rois, mais en les jugeant omme tous les fidèles sur les lois de l^Kse. •'ann^e Suivante Paul voulut profiter de la onvocatton des Etats du royaume pour 7 aire recevoir la concile de Trente, oomma es prédécesseurs Tavaient tenté plusieara ois, ^t toujours inutilement

Le docteur Ricner, imbu du aallicanisma pariemeniaire le phis exagéré, fit un livre où il niait tou&les droits de TEg^ise et du Saint-Siège sor les souverains, comm^ si un Chrétien, une lois devenu roi, n'était pas, comme tous les autres, soumis i la loi de l^Evangile et à lautorité de l'Eglise. Paul V ayant eu connaissance de cet onvrage, en demanda Ta condamnation. On envoya au Pape la censure mii en avait été faite ; mais il demanda que I on y rappelât les droits du Saint-Siège. Je n approuve pas^ dit-il, ces maximes qui prétendent que les Papes ne

Î meuvent point donner des interdictions contre es souverains : il me semble que toutes ces concessions tendent au mépris de V Eglise et de la grandeur des Pontifes romains. Do Brèves, craignant de l'aigrir, nevoulutpoint entrer dans aucune discussion sur ces points : il lui répofidit seulement qn*il devait se contenter de savoir quelle affection leurs majestés a vaientet témoignaient pour l'avantage et la gloire de l'Eglise de Dieu, et pour sa personne. Enfin le Pape demeura si satisfait de U censure, qu'il adressa sur cela un bref de félicitation aux évèques de France ; mais il Feur témoigna le désir qu'il avait qu'on déposAt Richer du syndicat : ce qui avait déjà été faiL L'année suivante 1613, le livre de Richer fut mis à l'index par rin" quisitioo.

Vers le même temps, Paul V reçut di verset ambassades qui lui furent envoyées de la Per* se, du Ja^n, et de quelques autres payséloignés^: mais il nous reste peu de détails sur ce 8ujet.Celle oui fut faite pour la réunion des nestortens-cnaldéens A l'Eglise romaine, fut la

filus solennelle ; les députés firent leur proéssioii de foi : elle contient tous les articles du symbole des apôtres, ei une adhésion à tous les éottcilea reçus et approuvés de llîglise romaine. Paul Y déplova un grand zèle pour étendre le règne ue l'Evangile. Il exigea que les religieux qui paraîtraient lea plus capables de travailler à la mission du Seigneur, s'appliqueraient à l'étude des langues orientales et des matières controversées, pour être en état de coopérer avec fruit A la conversion des Juifs«des Sarrasins et des autres infidèles, et qu'ils se préparassent A cette œuvre sainte par la prière et le jeûne. Il fil divers règlements pour contribuer, autant qu'il était, en lui, aux pro- 5 rèa des bonnes études : il donni un bref tt 17 déceml>re 1607,. dans leauel il recom* mande que l'on ait soin d'étudier la doctrine de Saint Thomas d'Aquin, qu'il appelle un très-illustre défenseur de la foi catholique, dont les écrits, dit-il, servent A l'Eglise militante comme d'un biouclier, pour repous* ser les traits empoisonnés des hérétiques. L'amour qu'il avait pour la prière le porta A confirmer et établir de nouveau les prié* fVM dites û^Quaramiehsures^ pendant chaque mois de l'année, dans toutes les églises de la ville de Rome. Il donna des buUea pour confirmer rétablissemeni d'un grand nombre d'ordres religieux et de congpégalîaaa, tels qoe ceini des Caroiélitei^ des Carmea

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déchaussés, des Minimes, des Auguslins d(^cbaussés, des prêtres de la Doctrine chrétienne, des Frères de la charité, des Pères de rOratoire en France, des Ursulines, etc. . Il publia divers règlements pour réformer les abus introduits dans les tribunaux de Rome, comme aussi pour la tranquillité pul)lic|ue. Il se fit remarquer aussi par les su-

{lernes édifices dont il embellit Home, et par es palais magnifiques qui sont demeures à la maison des Borghèses, tant à Rome qu*à Frascati : il y rassembla les plus beaux monuments de Tantiquité qu'il put recouvrer, et les plus riches ouvrages de sculpture et de peinture faits par les plus habiles artistes. Ce fut lui qui acheva le palais Quirinal ou de Honte-Cavallo, qui devint flès-Iors la résidence ordinaire des Papes. Paul V mourut à Rome le 18 ianvier 1621, après avoir occupé le Saint-Siège seize ans et six mois.

PELAGE 1'% soixantième Pontife et successeur de Vigile. — Fitsde Jean« vicaire du préfet du prétoire. Pelage 1" était Romain de naissance. Il exerça d*ahord k la cour de Juslinien la charge d*apocrisiaire de l'Eglise de Rome. Il fut un de ceux qui poursuivirent vivement la condamnation des origé»

Distes.

Il aida le Pape Vigile à tenir ferme contre I empereur dans TafTaire des trois chapitres, ce qui le fit envoyer en exil, où il demeurajusqu'à ce qu'il eût souscrit à Pédit et au cinquième concile. Lorsque Totila, roi des Ostrogoths, se rendit maître de Rome, en Tan 547, Pélaçe, vivement affligé du sort des citoyens, qui avaient éprouvé la {plus grande famine pendant le siège, et qui devaient vraisemblablement être e;[terminés par les troupes victorieuses, fit distribuer des vivres aux habitants et se présenta devant le roi, revêtu de ses habits pontificaux, et tenant l'Evangile dans ses mains. Totila le voyant, lui dit: Que voulez- vous Pelage? Venez-vous è moi comme suppliant?

— Je viens avec ce titre^ dit l'évéque, pui5que Dieu vous a fait mon seigneur et mon maître. Je vous prie d'avoir pitié de vos ttrviteurs; ayez compassion de citoyens aus^ si malheureux. Le roi, adouci par l^ir vénérable du prélat, par Taspectde l'Evangile et par ce discours plein de piété, pardonna aux citoyens, ordonna qu'on remit l'épée dans le fourreau et qu'on cessât d'attenter à la chasteté des femmes; il exhorta ses troupes viciorieuses à réprimer leur férocité, et et il leur rappela l'incertitude des choses humaines, dont la situation des Romaines, dans ce même moment, leur fournissait un exemple bien instructif.

M. Henrion s'exprime ainsi sur l'élection de ce Pape: «Si l'Eglise romaine,» dit-il, €n*avait jamais essuyé plus d'opprobres que daas la personne du Pape Vigile, jamais aussi les Romains ne se montrèrent plus attentifs à maintenir la dignité du Siège Apostolique que quand il lut question de donner un successeur à ce Pontife. Le diacre

Pelage, natif de Rome e! ils d^un préfet di? prétoire, ayant été élu par le pins grand nombre, une multitude de gens de bien»

des plus distingués de la ville, se séparèrent de sa communion sur le bruit qms'èiait répandu qu'ayant gagné 1» bienveillance de l'empereur Justinien du vivant même de Vigile, il avait été complice des mauvais traitements et de la mort de ce Pape. Ils craignaient aussi qu'il n'eât |)as dans la fui le degré de stabilité nécessaire à un Souverain Pontife, parce qu'il avait condamné les trois chapitres, après en avoir été le dé* fenseur. Par suite de ce zèle précipité, la désertion devint si grande dans toute rllalie, qu'il ne se trouva r(ue les évéques dePérouse et de Forentin à la consécration du nouveau Pape, et qu'on fut obligé de kiir associer un prêtre d^Oslre pour second assistant. Pelage 1*' Tut cependant reconnu en Italie, t'int gr&ce à la protection du palric.e Narsès que 1 empereur y avait envoyé contre les Goths, que grflce h la manière convaincante dont il fit évanouir les soupçons qu'on avait conçus contre lui. Comme il était accusé' sans preuves, il se justifia Ipar serment, et acheva de dissiper les préventions, en exposant tout l'ordre de sa conduite; lire' présenta qu'il l'avait toujours conformé^jù celle de Vigile : qu'il avait craint d'abord, comme ce Pontife, défaire injure au concile de Chalcédoine en condamnant les trois cbapitres sans explication; qu'il avait souscrit ensuite à la constitution pontificale, et reçu enfici le dernier jugement de son prédécesseur en confirmation du cinquième concile. » Pelage I" ne fut ordonné q^u'au mois d'avril 555, trois mois après la mort de Vigile, et, prèchantun îour dans l'Eglise Saint-Pierns il pria les fidèles de conisourîr avec lui, pour bannir la simonie des ordinations. Ensuite il donna l'intendance des biens de l'Eglise > Valentin, homme sage et Tertueux, (jui lit rendre à toutes les églises les vases d or et d'argent qui leur avaient ét<i enlevés. Après sou élection , le Pape Pelage s'appliqua fortement à réprimer les schismatiques d'Italie par l'autorité de Narsès; et comme ce palrice etait))ieux^ et craignait de pécher contre It religion, ce Pape lui dit dans une de ses lettres : Ne vous arrêtez pas aux vains discours de ceux qui disent que FEglise escite une persécution quand elle réprime les crimtt et cherche le salut des âmes. On ne persécute que quand on contraint à mat [aire: autrement tl faut abolir toutes les lois divines et hur maineSf qui ordonnent la punition descrima. Or^ que le schisme soit un niaf, et quil doin être réprimé même par la puissance séculiire, V Ecriture et les canons nous renseignent. Et quiconque se tient séparé du corps de tapoi* tolat est incontestablement dans le schisme. Ne craignez donc pas d'envoyer^à Vempere^^* sous bonne garde^ ainsi que nous vous VffJ^^* demandé y ceux qui troxment l'ordre liiérar^

)urquQi vous les évéques de ces provinces, comme ceuJ

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te la Ligurie , bnter le Saint-Siège avec une irrogance insupportable? Si c'est le scrupule fui vous arrête , et la crainte de passer pour )ersécuteur ^ rappelex'vous t outre les canons le Chalcédoine et les principes du bienheureux véque d^Hippone^ mille exemples et mille onstitutions oui montrent que les puissances loicent punir les schismatiques non*seulement )ar Vexil , mais par la confiscation des biens t la prison. S'il restait quelque scrupule à es évêques touchant le jugement de l Eglise iniverselle^renduà Constantinople ces années Umières^ils devaient^ selon Vusage^ nous nvoyer quelques-uns d'entre eux capables ^ ant de proposer leurs raisons que d'entendre es nôtres^ et ne pas se mettre à courir^ en /ernant les jfeux à la lumière^ le risque de déchi* er l'Eglise , qui est le corps de iésuS'Christ. Test un attentat^ et jamais il ne fut ni ne sera ïermis de tenir un concile particulier pour Yt examiner un général; mais s'il naît quelque toute sur un objet de celte importance ^ ceux fui cherchent la voie du salut doivent defiander au Siège apostolique la raison de ce ^uils ne comprennent paSf et. quant à ceux fui s'obstinent au point derefàser l^instrucion et de fuir le guide qui les ramène au bon Aemin» les canons veulent ^'ils soient répri" %é$ par la puissance séculière , de peur qu'ils i'en entraînent dCautres avec eux dans le pré" ipice. Dne grande partie de celte lettre se rouve répétée dans une au patrice Valéiea.

Les schismatiques ayant excommunié NaréSt le Pape le félicita de ce que la Provileuce l'avait permis, afin de le préserver de eur schisme ; mais il Texcita en même temp:* I punir cet attentat, et à envoyer les cou* >àb\es k l'empereur, particulièrement Pauin, évéque d Aquilée, qu'il traite d'usurpéeur « et dit qu'étant dans le schisme , il ne )eut demeurer évoque. Il parle dans la Dême lettre d'un autre évéuue schismatique lommé Euphrasius, coupable d'un homicide 't d'un adultère incestueux. Dans une autre ettre il se plaint à Narsès de Thracius et Jaximilien, autres évoques schismatiques couses d'appliquer k leur profit les biens de '£giise. Outre Tévèque d Aquilée , le Pape tressa encore Narsès d'envoyer h Constaninople l'évèque de Milan, qui avait ordonné elui d'Aquilée contre les canons, non«seu- [.•fiittDtè cause qu'il était schismalique, mais arce qu'il devait être ordonné par sa propre ;^lise, comme il le dit dans une autre lettre, ar» ajoute i-iU parce qu'il eût été incommode

fécéque de Milan et à celui d^ Aquilée de f faire ordonner far le Pape , à cause de la jngueuf du chemin ^ raneienne coutume a labli au ilss' ordonnassent mutuetlement^mais condition que le eonsécrateur tint dans la ille du consacré^ afin qu'il fàt plus assuré ^u connentement de f Eglise vacante^ et pour %ontrer qtse févique qu'il ordonnait ne lui trait pas soumis. Le Pape Pelage dit encore lans ces lettres , qu'il n'a jamais été permis, l'assenibler un concile particulier^ pour «aminer un concile général ; mais que, si OQ a sur ce sujet qnçique difficulté, il faut

consulter le Saint-Siège. II écrivit sur le même suj«*t à Victor et à Pancrace, hommes illustres, pour les éloigner de la couimuHÎen des schismatiques, dont lopiniAtreté ne venait que de l'ignorance, et d'une crainte mal fondée de contrevenir au concile de Chaicé* doine. Dans ces lettres le Pape allègue souvent l'antorité de saint Augustin.

Cependant les évéques de Toscane écrivirent au Pape, prétendant lui faire approuver leur schisme à lui-même ; suc quoi il leur dit: Comment ne croyez-vous pas être séparés de la communion de tout le monde^ si vous ne récitez pas mon nom , suivant la eoutume^ dans les saints mystères ? jfuisque^ tout indigne que f en suis, c'est en moi que subsiste à présent la fermeté du Siège apostolique^ par la succession de lépiscopat ? Mais de peur qu'il ne vous reste à vous ou à vos peuples^ quelques soupçons touchant notre foij tenez pour assuré que je conserve la foi au concile deNicéCf de ceux de Constantinople ^ (fifphèse et de Chalcédoine^ et que janathématise quiconque veut affaiblir en partie^ ou révo^ auer en doute la foi de ces quatre conciles^ ou la lettre du bienheureux Pape Léon, conhrmée dans le concile de Chalcédotne. Pelage ht une pareille profession de foi, adressée a tous les Chrétiens , et oil il ajoute qu'il reçoit avec respect les canons reçus par le Saint-Siège, et les lettres des Papes ses prédécesseurs ; enfin, qu'il honore comme catholiques les vénérables évéques Théodoret et Ibas.

11 envoya une autre confession de foi plus ample à IChildebert, roi des Français, et, dans une lettre postérieure, il lui parle ainsi: Depuis la mort de Vimpératriee Ihéodora , il n'y a plus de disputes sur la foi en Orient. Et pour vous remettre l'esprit en repos , à vous et à tous nos confrères les évéques de Gaule^ noua déclarons que nous anathimatisons qui^ conque s'écarte te moins du monde de la foi que le Pape Léon a enseignée dans ses lettres , et que le concile de Chalcédoine a suivie dans sa définition. N'ayez donc point égard aux vains discours des gens qui aiment les «cofidales. L'empereur a détruit toutes les hérésies^ qui, Jusque à son règne^ avaient à Constanti" nopte leurs évéques et leurs Eglises. Ceux qui sont demeurés dans l'erreur ^ s'unissent entre eux et font de grands efforts pour trour bler et diviser C Eglise ; tant que nous avons été à Constantinople ils envoyèrent ici , en Italie^ des lettres sous notre natn, prétendant que nous disions que fan avait altéré la foi catholique ; ils apportent encore ici , à pré^ S0ntf contre nous des lettres sans nom. Ce sont prineipal^fment tes nestoriens^ qui prétendent n'être pas éloignés du sentiment du concile de Chalcédoine et du Pape saint Léon^ quoiqujl ait condamné Nestorius en ce qu'il soutenait deux natures séparées. Ici même ils ont alarmé quelques évéques simples , qui ne savaient pas tes premiers éléments de ta foi et qui ne comprennent pas quel grand bien c'est de ne

Îwint s écarter de . la foi catholique. Cette ettre est du il décembre 556.

Le Pa()e Pelage I*' ayant reçu les lettres du roi et de Lai^ut/us, déclara ce dernier

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DICTfONlfAmE

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ttcaire du Saint-Siége par toute la Qaule et loi aecopda l'usage du Pallium. En oïdme temps M eiiToyaà Thildebert une confession de fei» où II expiiqoe les mystères de la Tri* oilé et de t'Ineffrnation par rafiport aux dernières hérésies, et la doctrine de la résurrection des morts. Cette confession de foi, ainsi que la tetire à Lapaudus sont du 9 février 557.

Ensuite to Pape Pelage écrivit une seconde lettre à Lapaudvs, pouc savoir si le roi et les évèques des Gaules étaient contents de sa profession de foi. Il lui recommande le» romains qui s*éiaient réfugiés en Gaule

fiar la crainte des ennemis qui rafagaient 'Italie. Il le fiait souvenir d'envoyer les habits dont il avffit parlé; cor, dit-il, lapmh' rreié e$ la nudiii est telle en cette tille t qu*im y rencontre de toute part des ûenê a urne naietance honnête^ et autrefois opulents dans une nudité que Von ne peut envisager San» aooir l'dms pénétrée de douleur. Pelage 1*' mourut peu de temps après avoir écrit cette lettre le 2 mars 559, ayant tenu le Saint- Siège trois ans et dix mois. Il commença la construction d^une magnifique église dédiée aux apôtres saint Philippe et saint JacqoQS, et qui fut achevée par son successeur Jean 111 surnommé CateP.in.

PELAGE H, soixaute-troisièTpe Pontife, Romain de naissance et fils de Vinigilde, fut élu le 30 novembre 578, pour succéder au Pape Benoit l*% mort au mois de juillet

E recèdent. — A l'époque de son élection les ombards tenaient Rome assiégée : ils disaient même des martyrs; ils ruinèrent aussi le mont Cassin, comme saint Benott l'avait prédit. Les moines s'enfuirent à Rome* et Pelage leur permit d'y bâtir un monastère près le palais de Latran. Cependant» pour réprimer les ravages des Lombards, ce Pape envoya demander du secours à Tempereiir, et il employa pour cette négociation Grégoire, diacre de l'église romaine, depuis Pape, et le plus grand personnage de son siècle. Comme Ù cherchait' de tous cdtés des secours pour TlUlie, il écrivit sur ce sujet è Aunacaire, évèque^ d'Auierre : C'est^ dit^il, par un effet de la> Providence- que vos rois font profession de ta ^foi eatkoliquer et afin qu'ils puissent se* courir Rome^ d'où la foi leur est venue; ne manquez donc pas de profiter de la eonfianee qu'iù ont en vous^ pour leur donner ce coneeil et les détowmer d^ avoir aucune intelligence avec les LonAards*

Cependant les évèques dllahe demeuraient toujours dans le schisme pour k défense des trois chapitres; le Pape Pelage leur écrivit plusieurs lettres pour les ex-* horter à se réunir à l'Eglise. Dans la pre^ mière de ces lettres il dit : Saint Pierre a* reçu le commandement de confirmer ses frères^ et il lui a été promis que si foi ne masiquerait jamais; vwtt, pour lever les mauvaises im^ presmons que l'on pourrait vous avoir don^ nées de la nôtre^ sinkeE que c'est du eoneile de Sieée^ du eoncUe de Consiantinopte sous Tkéodose^ du premier concile (TEphreê, auquel

a présidé notre nrédécesseur* Célentin /** tt saint Cyrille d'Alexandrie; celle dn toncih de ChtUcédoine où le Pape Léon^ 'de $aini$ mémoire^ a présidé par ses léoatt, et que noyu recevons en tout la lettre de Flavien.

Cetre lettre du Pape Pelage II fui envoyée par Redemptus évèque, et Quodvaltdèiis, abbé du monastère de Saint-Pierre kRome. Les évèc^nes d'isirie répondirent par on écrit, où ils n'entraient dans aucun et&mên» a4)utenant que la question était décidée. U Pape Pétage leur écrivit one secORde let're, où il se plaint de ce procédé; et, répondant à l'autorilé de saint Léon, dont ils tou* Isient se prévaloir, il montre qu'il n'a ap-

frouvé le concile de Chalcédoine que quant la définition de toi. Il leur fait voir ensuite, par saint Augustin et saint Cyprien, les maroues de la vnrie Eglise à laquelle on doit demeurer nni. Enfin ^ dit il , ii vou n'êtes pas encore persuadés^ envoyes^neus en personnes instruites à qui nous puhisioni faire entendre nos raisons: comme nous l*avons fait demander à l'exarque Smaregdi» Ou si vous craignes d envoyer ad, à eau$9if Véloignement et des circonstances du itmpî^ que les évéques s'assemblent à RavtnM^ tt notss tf enverrons nos légats qui vont donru^ ront entière satisfaction.

. Celte seconde lettre n'eut pas pins à\M que la première, et les évéques d'isirie ré* pondirent encore que la chose était décidée, voulant obliger le Pape à venir à leur sentiment. Pour ne rien omettre de oe que I» charité pouvait désirer, il leur écrivit une troisième lettre beaucoup plus ample nù il répond à toutes leurs objections, et traite! fond la question des trois chapitres. Saint Léon, disaient les évèques d'istrte, dédain

au'il n'ose mettre en question ce qui aélé éBni au concile de Chaioédotne. Il est «rot* répond le Pape Pelage; mais il parle niihment de la définition de faif et non des coutu particulières qui ff furent casmmnées. Les éré-

3ues d'Istrie disaient : Nous avons appris u Saint-Siège et des archives de TEgii^e romaine, à ne point eeoevoir ce qui s'est fait soos lustinien. Car dès le commencement, le Pape Vigile et les ppemier&évè:|oei des provinces latines, réstslèresrt ftirtemenl \ la condanrination des trois eliapiires* Pelage répond : Ceslalins n'entendat^t paslegree^ost connu tard les erreurs dont il était question: mais plus ils ont eu de fermeté à résister^ j^" qu'à ce qu'ils connussent la vérité^ plus tses devez avoir de facilUé à lee croirs^ quaniiu se sonl résidus. Vous aurieis ruison de wépristr leur aquiescemeni , s'ils Pmvment donné préeipitasnment^ avanl d'être bien éclairés. JKsîi* après avoir tant souffert et combattu jeMff^è se faire maltraiter^ vous pouvez croire q\^^ n auraient pas cédé tout d'ian cogp« '*^ n'avaient reconnu la vérité. Il nest pas iMnuAle de changer d'arû, mais de te faire per inconstance; qiuLnd on okerche eemstammsst la vérité, sit&t qu'on cesse de rigmrer, e* doit changer de tangage^

Pelage prouve ensuite que Ion se p^ condamner les morts par I autorité de simi

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DES PAPES

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Aagustin lorsqu'il parle de Céciiien*; ei par t*exeinple da coneiie d*Ephèse» qat m coiidsmné le symbole de Théodore de Mopsuesle. Puis il rapporte quelques passages du mAme Théodore* pour moQUier ses erreurs. Il ajoute la requèle des évoquas d*ArAJénîe à Proclos eontre lui : les îettres de liean d*ADtioche» de saint Cjnlle, de Rabbula* le téaioi« gnage du prètns fléa(fchlu> de léruaaiein dans son histoire, la let de Tiiéodose le Jeune. Il Tient ensuite à la leUre d'Jbas et montre qu*on ne peut la soutenir^ sans coiidaoïner le concile a^phèse» Or« comrm le co«u:ile de Chalcédoine a approuvé eelui d'Ephàse, il se lierait eontredit en approuvant cette leUre. Vou$ devez donc connnaitr^. a^ute Pelage* 0Ù fifiU le concile 4e ChaUédoiat, fffout sa* nont tou$ que dan$ un condU on ne foit jtkmais ds canom qu*apri$ les définitions de foi. Prenez ffarde que la confession de foi est achevée dans la sixièeM action du concile de Chalcédoine , puisque dons la septième on dresse les canons; et dans Us actions suivantes on ne traita que des affaires particulières. Et romme vos députés le révoquaient on doute, nous le leur avons fait voir en plusieurs exemplaires. , Encore si on Vexamine atteniivementj on trouvera que les canone fi*qp*

Îuirtiewnenl pas à la siMlième oc/tpfi* comme ^on croit ^ mais à la sixième ; cUr on n*y a mis ni la date du jour ou de rannée, ni les noms des présents ; ce qui montre que eesi la suite de la même action. On voit qm la cause de la foi itfdt finie dans la sixième action^ par les souscriptions des évéques^ et par la prière guils font à F empereur de les renvoyer. Dans ce qutls riqlent ensuite sur les affaires parti* €ieulières% %l n'y a point de souscriptions. La plupart des exemplaires grecs du concile ne contiennent que six actions axxec les canons; ei dans les lettres circulairee i l'empereur Léon , Alipius de Césarée en Cappadoce dit : Je vous déclare que je fi*at point lu ce qui a été fait à Chalcédoine. touchant les affaires particulières: car Thalasius, mon preitéces' meur^ qui assista au concile , ne nous en rap* porta que la définition de foi.

Passant ensuite au troisième chapitrct le Tape Péla^o dit : iVaus ne condamnons pas fous les écrits âe Théodoret^ mais seulement ceux où U combat les douze articles de saint Cyrille; nous recevons sa personne, et quant i ses autres écrits^ non-seulement nous les recevons, nous nous en servons même contre nos adversaires. Mais, disaient les députés J'Istrie, Jean d^Aotiocbe a loué Théodore de Iflopsueste. Pelage répond : Quelquefois les nichants ont été hués par les bons. Quya 4-il ie pire qu*Oriqine entre les hérésiarques, et ie pluM célèbre qU*Eusèbe de Césarée entre ^es historiens? et qui ne sait combien il loue origine? Cet ëloge d*Kusàbe de Césarée, est -ealarq^able en la bouche du Pape Pelage* ju pfotOl de saiiit Grégoire le Grand ; car ce '.it loi qui écrivit cette lettre au nom du f^ape, «t apparemment les deux précédentes. Biffes furent tontes trois sans effet.

Le Pape P4lage tl mourut peu de temps iprèa d^une maladie cootagieuse, qui com-

-menca àJtoiM au milieu du mois de janvier Ji9é/ll mourui le 8 février, après avoir tenu ie Saisit-Siége tS ans et près de S mois, el ^ut pour s^ce^seur saint Grégoire le Grand, Il ràablit le eîmeèière de saint Hermès» mar* 4yr; il Bt de sa maison un h&pital pour de muvres vieillards; il rebâtit entièrement J'église de Saint-Uiurent, dont il orna le sépulcre de âables d*argent« «t revêtit de même celle de Saint-Pierre; il ordonna quarante -huit évèques ea divers temps; car les Papes donnaient des évèques à la plupart des é)tiises dilalie.

PENITENCIER (Grahd). — Aux premiers sièclesde TBglise* il y avait k Rome, comme JkM reste, dans la plupart des villes où les Chrétiens étaient nombreux, des prêtres dont la fonction principale était d'absoudre les pécheurs pénitents tombés dans Tidolftirie pendant la persécution. Ces prêtres étaient appelés pénitenciers, et leur chef le grand pénitepcier. Lorsque la pénitence publique eut cassé d*être en usage en Occideni, on vit afOuer à Rome, de toutes les parties de la chrétienté, une foule d'hommes qui venaient se faire délier des péchés réservés au Pape. Le Souverain Pontife, ne pouvant par lui-même entendre tous ces pénitents, en commit le soin à un cardinal qui hérita du titre de grand pénitencier, et sous les ordres duquel Turent placés des prêtres appelés aussi pénitenciers, pour 1 aider dans ces fonctions. Telle est encore aujourd'hui cette charge : le grand pénitencier absout des cas réservés au Pape, comme dans les églises particulières, le pénitencier de févêque absout des cas réservés à Tévêque. D'après une constitution de saint Pie V» le cardinal qui porte ce titre doit être prêtre et docteur en théologie ou en droit canon

PIE I" (Saint). — Ce Pape, natif d*Aquilée et fils de Ruûn, fut le neuvième des succès* seurs de saint Pierre. Il fut d*abord admis dans le clergé de Rome, et les services qu'il rendit à TEgiise, sous les Papes Télesphoro et saint H/gin^ le firent élever sur la chaire ponilGcale après la mort de ce dernier, arrivée en Tan de Jésus-Christ Itô. Son pontificat fut assez Ions et même assez tranquille sous un prince a qui sa douceur naturelle avait fait donner le nom de débonnaire.

Ce saint Pape travailla avec zèle li l'accroissement du christianisme. Sous son Pontifical, Tllglise romaine fut troublée par divers hérétiques auxquels fl s*opposa avec vigueur. En quoi il eut la satisfaction de se voir puissamment secondé par saint Justin, dit le Philosophe, qui avait formé dans Rome une école de piété et qui composa de son temps sa grande apologie des Cfaréliens. Celui des hérétiques qui excita le plus la vigilance de ce Pape fut Valentin. Cet hérétique, originaire d'Egypte, commencée dogmatiser dans sa patrie. Hais, ayant routa répandre ses erreurs k Rome, il fut chassé de cette Eglise et se retira dans nie de Chypre , oS il jeta les fèndements de sa secte ; de là il se répandit dans une partie de l'Europe, de l'Asie tt de fAfrtqae. It admet-

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DICTIOKNAIRE

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tait un s^jonr éternel de lumière qu*il noniinaii^pleroma , dans lequel habitait la divinité;* il y plaçait une multitude d'eons^ ou d'intelligences immortelles» au nombre de trente; il les distribuait en trois ordres, les supposait nés les uns des autres, leur donnait des noms et en faisait la généalogie, lésus-Christ et le Saint-Esprit étaient les deux derniers de ces éons, et n'avaient point en de postérité. Valentin n*a pas été le premier auteur de ce monstrueux système; plusieurs chefs des gnostiques Pavaient enseigné avant lui, il n'avait fait que l'arranger à sa manière.

Saint Irénée, qui a vécu peu de temps après lui, et qui avait conversé avec plusieurs de ses disciples, s'est attaché à réfuter cette doctrine dans son ouvrage contre les hérésies ; il fait voir que c'est un tissu de rêveries, d'absurdités, de contradictions et d'erreurs grossières, un vrai polythéisme. Saint Hygin, prédécesseur de saint Pie I*% essaya d'abord les voies de douceur pour ramener Valentin à la vérité. Mais sa bonté envers ce novateur ne produisit aucun effet, et, comme il ne voulut pas se rétracter, Pie ffut obligé de l'excommunier dès la. première année de son pontificat. Ce Pape ne voulut point communiquer avec l'hérétique Marcion, qui était venu du Pont à Rome pour essayer de rentrer dans le sein de TEglise.

Le Pape saint Pie I" conserva le livre d'Hermas intitulé LePtisteur.ll fit une constitution relative au baptême des Juifs. Il changea les bains de Novatus en une église qu'il dédia, sous le nom de Sainte-Pudentienne, y fit de riches présents et y célébra souvent le sacrifice de la Messe. Il établit des peines contre ceux qui traitent négligemment ou avec irrévérence le corps de Jésus- Christ. Si quelqu'un^ dit-il, laisse tomber à terre par négligence quelques parcelles des saints mystères^ il fera pénitence quarante jours ; trois jours seulement^ si c'est sur l'au^ tel: quatre si c'est sur la nappe, et neuf si c'est «ûr un autre linge. Ce Pape sacra dix-neuf prêtres, ordonna vingt et un diacres et fit dix évêques. Les combats qu'il eut à soutenir contre le fanatisme païen lui firent donner le titre de luarlyr parles anciens Martyrologes, Fontanini soutient que sa vie fut tranchée par le glaive sous le règne d'Antonin.

Après quinze années de pontificat, saint Pie 1" mourut le 11 juillet 157, fut enterré au Vatican et eut pour successeur saint Anicet.

On lui attribue quelques lettres que plusieurs critiques regardent comme supposées.

PIE II. — Après ta mort de Calixte 111, les cardinaux étant entrés dans le conclave, tinrent des conventioules où les plus puissants briguèrent des voix pour leurs amis, et employèrent les ,prières , les promesses. Nous n'entrerons point dans le détail de ces brigues. Knfin après bien des débats, Enée Piccolomini, capdinal de Sienne, fut élu et prit le nom de Pie II. Lorsaue la nouvelle de son élection eut été confirmée, la joie fut

universelle. Le peuple qui, peu de temps auparavant, avait pris les armes, les déposa aussitôt qu'il apprit que Piccolomini avait été fait Pape. Rome, qui ressemblait à une place de guerre, devint tranquille en un instant, et l'on ne vit dans toutes les rues que tables dressées et feux d'artifice. Le nouveau Pape fut conduit dans l'j^lise de Saint-Pierre ; il s'assit sur le trône qu'on lai avait préparé, et reçut ce qu'on appelle IV doration. On n'entendait partout que le broit des tambours, des trom^iettes et des cris de joie. Ces réjouissances se répandirent dans toutes les villes d'Italie et surtout à Sienne, dont les habitants se distinguèrent par leur magnificence.

Pie II était né à Consigni , petite ville à dix milles de Sienne ; son père se nommait Silvius Piccolomini; il fut élevé avec soin , et fit de grands progrès dans les belles-lettres. Ses études finies, il alla en lUl, au concile de BAle en qualité de secrétaire du cardinal di Fermo. Le concile l'hODora de

t>iusieur8 commissions importantes qui ne 'empêchèrent pas de publier de temps en temps quelques ouvrages. L'empereur Frédéric le fit venir auprès de lui, en 1U2, pour y exercer la fonction de secrétaire, et l'employa en diverses ambassades à Rome, à Milan, à Naples et ailleurs. Le Pape Eugène IV faisait beaucoup d'estime de ss science et de ses talents. Nicolas Y lui donna l'évêché de Trieste, qu'il quitta quelque temps après pour celui de Sienne ; il lui confia aussi différentes nonciatures, où il réussit très-bien , et Calixte 111 le décora de la pourpre romaine en 1456.

Devenu Pape le 27 août li58, après avoir passé par tous les grades inférieurs, Pie Il| comparable aux plus grands Pontifes pour ce qui est de la littérature , de l'éloquence, de la force d'Ame, de la prudence et de la dextérité dans le maniement des affaires, eut tant d'indifférence pour la fortune, ei la fortune réciproquement pour lui, ^ue, peu de temps avant son élection, il disait au cardinal de Pavîe son ami ^ qu'il travafliail depuis vingt-cinq ans sans avoir encore de quoi se chausser^ qu'il avait néanmoins arrosé de ses sueurs presque tout le monde chrétien, essuyé tous les genres de travaux et de souffrances sur terre et sur mer, ballu par les tempêtes, transi par les frimas, brûé par les ardeurs du soleil, dépouillé par les brigands, réduit en captivité, jeté dans les cachots et conduit vingt fois aux portes de la m.ort.

Pie II, après avoir été couronné à Roniet donna avis* de son élection à tous les (iriuces chrétiens et à l'université de Pans, li s*appiiqua à réunir les différentes puissances, afin qu'elles fussent plus en état d'arrêter les progrès que faisaient les Turcs da jour en jour ; et, pour en délibérer arec euii il les invita à se rendre à Mantoue. Il écrivit une lettre au roi Charles VU pour le prier de venir à cette assemblée, ikas sa lettre, il Texhor^a, comme le prince le plus pieux et le pTiUcipâl défenseur de la reli-

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giûB chrétiemie, k honorer cette assemblée de sâ présence. Il dit que les autres princes, voyant le fils atné de l'Eglise y assister eu l'ersonne pour la défense de la cause comlauoe, auraient honte de ne uas suivre son exemple.

Au mois de mai 1^59, le Pape se rendit k Maoloue» et l'ouverture de la séance se lit lsl"juiu. 11 se plaignit d'abord dans son discours, de ce que IVissemblée était si peu nombreuse ; mais elle le devint trois mois après. Le roi Charles VII y envoya Tarche* rêque de Tours» Févèque de Paris et Tho*-* mas de Courcelles, célèbre théologien. L'évoque de Paris porta la parole, et loua Tatlâchement des rois de France aux intérêts Je la religion. Le Pape dans sa réponse, i'xalta le Saint-Siège, dit que tous les prin* très devaient s*y soumettre, et se plaignit de ;e qu'on continuait en France de soutenir a pragmatique sanction qui était, disait-il, jn acte injurieux à la dignité du Souverain 'oiilife. C était tenir un Tansage ditTérent de relui qu'il avait tenu lorsqull n'était qu'Œ* léas Sylvius. Les aml>a8sadeurs de France ixposèrent que la pragmatique était au fond e règlement du concile de BAIe, puisqu'elle vaii été dressée d*après les décrets de ce oncile, et que le roi ne Tavait faite qu'après voir pris le conseil des évèques et des plus avants docteurs de son royaume. Cette opiiâtreté des amiMS&adeurs indisposa Pie 11 ' uatre la FAince, et il en devint l'ennemi, oyant donc qu'il ne pouvait rien attendre * es Français ni des Anglais, il eut recours ui Allemands; mais il n'en put tirer qu'une romesse de fournir un certain nombre de oupes. Comme on était au mois de décembre, il remit les autres séances à l'année livante. Ce fut alors qu'il publia sa bulle xiecrabiliif par laquelle if condamna les )pels des jugements du Pontife de Home au tur concile. Qui ne voit^ dit-il, le ridicule appeler à ce qui n* existe pds^ et ipiCon ignore il existera f 11 ajoute que les appels ren- ^rsent la discipline. Il finit en menaçant ' excommunier ceux qui les feront ou les voriseront.

Peu de jours après que ce Pape eut donné tte constitution conforme aux véritables gles du droit canon et à la pratique aniline de l'Eglise, il assembla les cardinaux, s prélats etles ambassadeurs des princes, leur exposa ce oui s'était fait dans cette semblée depuis nuit mois, ce qu'on pou- It espérer des secours que les différents yauuies avaient promis , et dont il fit l'éiiiiération. Qui doute^ aioulait-il, qu*on ne i>se vaincre et abattre les Turcs avec une mée de plus de quatre-vingt mille hommes f >rès ce discours, tous ceux qui avaient fait s avances ou des promesses au nom de jrs luattres les confiriiièrent, et les autres rdèrenC le silence. Ensuite descendant de n tr6oe et, se tournant vers le grand au- • ii se mita j^nottx, itlsa prière en pousit des aoupics et versant des larmes, et lia plusieurs versets des Psaumes |>ropres la conioncture où Ton se trouTait; las

Ïrélats et tout le clergé lui répondaient. elle fut la fin de l'assemblée de Mantoue, où l'on ne fit que concerter des projets, sans qu'on prtt les mesures eflicaces pour en venir à l'exécution. Le Pape^ voyant, toute l'Italie en feu , et la plupart des priùces chrétiens divisés, voulait, en qualité de fièrè commun des fidèles, travailler è rétablir là paix parmi eux en les réunissant pour la guerre contre les ennemis de la religion.

Pie U étant parti de Mantoue, s\irréla li Sienne sâ patrie. Pendant un assez long séjour qu'il fil en cette ville, il eut un sujet de plainte de la part de Sigismond, duc d'Autriche. Ce prince était en différend avec le cardinal Cusa, au sujet de la juridiction de l'Eglise de Brixen, dont il était évéque, et qu'il voulait conserver en c^mmende avec la permission du Pape, sans y résider. Sigismoud s'op()Osa fortement k l'établissement de cette commende. Le cardinal voulut l'emporter ; Sigismond le fit arrêter prisonnier, et ne lui accorda la liberté quelque temps après qu'en le faisant jurer qu'il ne se souviendrait plus de celte ii^ure; qu'il laisserait l'Eglise de Brixen en repos, et qu'il lui payerait une somme pour sa rançon. Le Pape ayant appris ce fait monstrueux , excommunia Sigismond,

Le Pane, étant de retour à Rome , envoya au roi de France, Louis XI, Jean Joffroi, évêque d'Arras , en qualité d'ambassadeur» et le chargea de porter ce prince à abolir la

Pragmatique sanction dans son royaume, e prélat ne né^^ligea rien pour arriver à ce but ; il n'eut pas de peine è réussir. Louis avait d^à résolu d'abolir la pragmatique. Ainsi, dès que Tévéque eut fait connaitro le désir du Pape, il lui promit de s'y conformer ; mais è condition, 1* que Pie U cesserait de protéger Ferdinand contre René d'Anjou pour la couronne de Sicile ; S* qu'il y aurait un légat français dans )e royaume pour la nomination des bénéfices, afin que l'argent n'en sortit point. Uévéque lui promit d'engager le Pape è lui accorder ces deux articles. Louis XI , se fiaut à sa promes» se, écrivit au Pape qu'il allait abolir la

ftragmalique. L'évèque, satisfait de la* dociité du roi, se chargea de porter la lettre au Pape ; il n'était pas encore arrivé à Rome, quir apprit sa promotion au cardinalat.'

Cependant Louis XI ne fit point eiécuter sa déclaration contre la pragmatiaue. Les remontrances que le parlement et I université de Paris firent à ce prince , contribuèrent encore è la lui faire conserver, et la pragmatique continua de servir de règle dans la plupart des articles qu'elle contenait. Mais ensuite ce prince, par les conseils du cardinal de la Balue, sacrifia aux instanoea du Pape et abolit la pragmatique, t Cependant Pie U poursuivait toujours sod projet de |guerre contre les Turcs, et faisait de fréquents voyages k ce sujet. Il allait pour se mettre lui-même k la tèie de l'expédition contre lea infidèles ; les grands mouvements qu'il se donna étant au-dessus de s^ forces, tui causèrent une fièvre qui augmenta It

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itoulour de la goutte dont il étril sourmit at* iaqué. Sa makiâie devint si sérmise , q«*il seotU que sa dernière heure approchait.

Alors il appela ies cardiiiau ^ les exiiorta par un long discoors, à ne ooosuUer que ie mérita dans Je choix d'un successeur, à ne point foire de grâces à ceux qui fi*«n niérîtaient peint, «i M^rkMitii poursuivre le des* sein de la ([^rre «contre les Turcs ; ensuîie il se fit a<kninislrer les sacrements, et mourut le ik août Ikêkf Agé de cânquante-neuf «ns, après 6 ans de pontificat. Le cardinal de Pavie, dans le discours qu'il lit à ses collègues touchant Télection d'un successeur, dit que Pie 11 fut rempli de vertus^ et qu*ii s'était rendu recommandable par son zèle j)Our la religion, par i'iulégriiéde ses nuaurs et par sa grande erixiltioa. ii l'excuse sur œ qu on lui reprochait qu'il s'aèseniail trop souvent de Rom#. Ou trouva dans ses coffres près de &0,000 écus d'or qu'il avait amassés

E)ur fournir aux frais de la guerre contra s Turcs. Ou convint de donner cette somme à Jlaihias, roi de Hongrie, sans douta jparceHjo'il était le plus lésé par les infidèles, et qu'il en avait le pius k craindre. Ce Pape 1 laissé beaucoup d'écrite, et entre antres, les ofiémoires sur le concile de Bft!e, une Histoire des Bohémiens, et un Poème sur la Passion de Noire-Seigneur.

Pl£ 111. — Après la mari d'Alexandre VI, Jes cardinaux, an nombre de tr^nie-huit, s'étaot assemblés au cooelave, on jMrocéda à J'éleciion. Ceux des cardinaux qui prétendaient au pontificat, comptaieni beauoonp ^ur leurs intrigues et leeréditde Leurs amis. Le cardinal Ju tien de la ftovère s'élaiidévoué à la Fraoce dès la commencement du pontiflcat d'Alexandre VI, dont iJ était Tennemi déclaré. U avait toute ia confiance du cardi<nal d'Amboise, archevêque de Rouen, mi* Bistre de Louis Xil, et il aHectait le plus grand désir de lui procurer la tiare, qu'Amboise n'aurait pas été fAché d'obtenir. Mais cette «ardeur qu'il Luimoniraii a'était qu'un

I'eu, dont il couvrait ies ressorts qu'il vouait remuer pour se Caire élira iui-mème. ii fit sentir aux cardinaux italiens combien il était de leur intérêt d'avoir un Pape de leur nation; il persuada sans peine aux Espagnols jque, s'ils élisaient un Français, le rojaume de *NapleS étaii pente pourJËspagne; et en continuant da faire accroire aii cardinal d'AmJioisequ'il agissait pour ltti«aif|nemeBt, il mania si adroitement les esprits, que le choix iom ba sur Pkooiomini, neveu du Pape Pie il, qui fut élu ie 22 septembre 1503. fies vertus Ui rendaient digne du pontificat» et c'était le plus régulier cite tous les cardinaux ; mais il était trop Ai^é et trop infirma fiour ian portnr longbemps le fardeau : il prit le nom de Pie 111. L0 cardioal de la Rovère n'avait pas osé b% proposer lui-anèaiie. Son unique vue avait été d «m pêcher qoe Ja fiiotion française ne remjportit^ d'éloitfaer ëe Bome ies troupes dn roi, et de faire lélire un Pape, dMit le grand âge ne lui laissât que le temps de s'assurer les voix pour ua aatre MB^va : il n'eut pas k allendre langlemps.

Pie ill désirait fort de réfomer le clergé, surtout la cour de Rome ; mais il ne vécut pas assez tongiemps [vonroxécater ses loua* btes projets. Quelques jours après son élec* tion, on fut obligé de lui faire h la jambe deux incisions; il se trouva hors cTéUt de s'appliquer aux affaires, et il oe fil que languir jusqu'à sa mari, qui spriva ie 18 oclobre, vingt-six jours après (son élecUoa.

PIE IV, — Après la mort de Paul iV, le conclave qui se tint pour l'élection du Pape, dura près de quatre mois, tautily Hiide cabales. D'abord tous iee cardinaai firent serment de recoAnaUra l'empereur Ferdinand, de peur de |>erdre le reste dt TAllemagne, où plusieurs princes étaient protestants, et de rétablir lea)ncile de Trente. Ensuite on procéda à Télection. U v avait «[salre ou cinq cardinaux pour lesquels on briguait Ouvertement. La Cveva, espagnol, Qt sodiici- 1er un grand nombre de ses confrères deioi donner leurs voix, faisant entendre à cfaacun en particulier, que c'était sans conséquence, et seulement afin de iiii procurer la salisfao tion4'avoirquelqttes voix.Cet artifice lui pro» cura un grand nombre de bulletins; ma» os 6*aperQut de son stratagème lorsqu'il était encore temps. Plusieurs cardinaux étaient favorables au cardinal Pacheco, et sa grande réputation fit que pendant auelque temps on ne fiarlaitquede lui ; son élection paraisaait déjà certaine, lorsque tout le Sacré Collégje cbangea de disposition, 8t toutes les VOIX furent pour to cardinal de lIédicis,qoi fut élu Pape le jour même 4e Noël ansoifi iSSa. Il prit le nom de Pie IV.

Il était d'une autre maison que lesMédicis -de Florence, et s'appelait proprement Médichin ou M édique. 11 étaii né à Milan en 1499. Il devint docteur et se 6t une réputation comme jurisconsulte. Il acheta une cbarge à Rome, jouissait de la coofiance de Paollfli et, fut fait cardinal. Depjaîs celte époque il fut constammenl chargé de radaùnistralion des villes |3apales,de ladirection des uéicociations politiques et souvent du commis5ariat des armées du Saint-^iége. Il se montra partout habile, prudent et doux. S'étaot retiré i Milan, il y fit fiiire un jgrand nombre de constructions, se livrait aux occupations lit* 4étaires, et les pnodigatités de sa bieafeisanee Jui jNérrtèrent le nom de Père des fânncrtt* 11 étakt plein de bontéetcie condescendance. On le voyait presque tous les jours à pied •et sans suite, parlant naec affabilitéi taut le monde. On entendait refléter sotiveot qu'il aimait aaturellemenf la jostice et ne voulait blesser peraonae dans sa litierté; sa pensée intime et invariable était d'agir de toutes ses forces pour le mainJaen et tadéfensedes droits de 1 Eglise.

Une des premières actions da nooTSia Bai»e fut de reconnaître Sesdinand pour empereur.- U éleva au cardinalat Cbarle* Borromée, fils de sa sœur, et 4epQis si celé* bre par sa sainteté ; il décora da méoie titre Jes seconds fils du duc de Toscane. U p*[* .donna jiu peuple qui s'était porté i laot da violences contre son prédécesseur et cont»

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DES P4PES

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rinquisition. Dès le comroencoment de son (tonlificat il témoigna de l'humanité, de la bontét de la bienfaisance à tout le monde, parut éloigné de Tarobition et de ravarice; il traita avec riguuur les Caraffe, neveux dg dernier Pape et coupables des pi us grands crimes. Mais comme ils avaient contribué à son élévation» il voulutd'abord leur faire du bien ; dans la suite ayant appris que le roi d*Espagneleuravaitpromisdes récompenses, et persuadé que la sentence d'abolition obtenue en leur faveur, pendant le conclave, élait subreptice et absolument nulle, il les fit arrêter lorsqu'ils s*jr atlendaieni le moins, €t les fit conduire en prison. Quelque temps après il fit instruire leur procès, et on procéda h leur condamnation; le cardinal lut étranglé dans la prison, et le duc de Montorio eut la tète tranchée sur le pont du cliAteau Saint-Ange. Quelques-uns de leurs parents furent aussi punis du dernier supplice.

Pie IV convoqua un concile œcuménique ou plutdt rétablit le concile de Trente et publia la bulle de convocation à la fia de novembre 1500. £n conséquence, les évèques et les théologiens s'y rendirent et on tint la dii<-septiè(ne session. Vers le même temps, Pie IV envoya à Trente Charles Visconli, évèque de Vinlimille, (tour être son nonce secret au concile, et l'informer exactement de tout ce qui s'y passerait; il était chargé d*approfondîr toutes les mesures qu'on prenait, d'agir avec la plus grande circonspection et de gagner tous les esprits parla douceur.

Il tint dans le même temps un consistoire, où il se i)laignit de tous les ambassadeurs du concile, et en particulier de ceux de France« jusqu'à dire que Lansac lui paraissait être un ambassadeur de huguenots, puisque ce ministre et ses collègues appuyaient certaines gens, qui metiaient le concile au-dessus du Pape, opinion hérétique, disait-il, et dont leTs fauteurs sor.t hérétiques. Cependant il déclara qu'il voulait que le concile fût libre, et qu'il ne s'opposait point qu'on décidât la question de la résidence, c'est-à-dire, si elle élait de droit divin, mais qu'il fallait laisser aux esprits le temps de se calmer. Pie IV avait fort à cœur cette question; il disait qu'il voulait réfor- *lier lui-même la cour de Rome sans que le eoncile s'en mêlât ; et que cette question «insi que d'autres qui intéressaient cette cour, devaieni lui être renvoyées pour être déciiJées dans un consistoire.

Ayaut appris que le cardinal de Lorraine devait se rendre à Trente avec un grand nombre d'évêques, il écrivit au roi d'Espagne, |>our le prier d'envoyer aussi au coucile beaucoup de prélats de son royaume, afin qu'il pût les opposer aux évèques de France^ torsqu'i(s voudraient proposer quelque chos«s» contre les droits du Saint-Siège. Philippe II se eofïtofim h ses intentions, et fit dire expressément aux évèques de son royaume d*èlre fatoréiiites au Pape, et de no se laisser point entraîner iiar les Français, s'ils attaquaient son autorité. L'empiTcnr Ferdinand

DiCTiONN. PKS Papes.

recommanda ait contraire aux évèques de ses Etats d'imiter l'opposition des Francis, et de presser, comme eux, l'ouvrage de la réformation. Les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas de rapporter tout ce que fll Pie IV pour aider dans leur œuvre les Pères du concile, et pour juger les matières qui concernaient la réformation. Enfin, lorsqu il fut termiué, il témoigna qu'il approuvait les décrets qu'ils avaient faits, tou« chant la réformation, et qu'il voulait qu'ils fussent exécutés. En conséquence, il ordonna à tons les évèques d'aller résider dans leurs diocèses, et le 26 janvier 1564, il donna sa bulle pour la conflrmation du concile.

Après avoir établi une congrégation de huitcardinaux, chargés île veiller a l'exécution des décrets du concile, le Pape s'empressa d'envoyer sa bulle de confirmation à tous les princes catholiques. Tous reçurent le concile. La France seule ayant élevé des difficultés, plusieurs regardèrent longtemps le conciledeT rente (ommen'y étant pas refu. Pie IV, sansise borner à des promulgations stériles, emplojra tous ses efforts et son pouvoir à mettre immédiatement à exécution les décrets et surtout la loi touchant la résidence.

Par une première bulle, it ordonna la confiscation des biens au profit des réserves faites par la chambre apo$toli()uo en faveur de l'Eglise et des pauvres, contre les évèques et tous les bénéficiers ayant charge d'âmes et qui ne résideraient |K)int. Il y eut après une seconde bulle j)lns rigoureuse encore, ou plus circonstanciée que la première, afin d'oi)vier aux supercherii^s de fa fausse conscience, si ingénieuse à se faire illusion en cette matière; pat une troisième, émanée de ce même esprit de vigilance, anquel rien n'échappait, il statua que les l)énéGciers étudiants ne jouiraient qu*avec le -consentement des ordinaires, du privilège qu on leur laissait de percevoT, sans résider, les fruits de leurs bénéfices. La sullicitode pontificale n'était cependant pas absorbée tout entière par les affaires du concile; une des meilleures œuvres que Pie IV Ht en ce teiups-tà fut de seconder saint Philippe Néri dans l'établissement de sa congrégation de l'Oratoire, qui prit sa forme régulière en celte année 15o4.

Pie IV doit avoir one large part dans l'histoire, puisque ce fut sous son pontificat que se terminèrent les réformes a une immense valeur décrétées par le concile do Trente. Les fidèles furent soumis à toute la rigueur de la discipline ecclésiastique, on fonda des séminaires et l'on eut soin d'y élever les jeunes prêtres sous la direction d'une rè^le très-austère et sous rinfiuencc de la crainte de Dieu. Los paroisses furent régularisées; l'administration des sacrements et la prédication réorganisées ; et. la coopération des moines soumise à des lois déterminées. On recommanda fortement aux évèques tes devoirs de leurs fonctions et en particulier la surveillance du cterj^é. Mais le grand, l'immense succès fut de voir les

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HCTIONNAIUE

évoques s engager solennellement h l'observation des décrets du concile et à la soumission envers le Pape par une profession de foi parliculière quih jurèrent d'observer.

Après la conclusion jje celte grande aiïaire, Pie IV Gl une nombreuse promotion de cardinaux : il orna les plus célèbres monuments de Rome» fil conduire à grands frais les eaux de plusieurs fontaines, jusque dans la ville : il répara les églises, forlifia les ports et les citadelles de plusieurs villes, établit une imprimerie an Vatican pour avoir une édition exacte des Pères. Entin il embellit son palais, et y ajouta de nouveaux appartements.

Cependant le fanatisme d*un illuminé Tavait poussé à former une conjuration contre le Pape. Benoit Accolti, fils d un cardinal de ce nom, en était le chef. Ils avaient conçu le prqjet d*assassiner le Pape au milieu d'une procession où il s'avançait calme, sans souf)çon et sans défense. Mais à la vue de Pie IV AccoUi ne se sentit plus fa force de frapjier et son complice Antoine de Canosse n*eut pas une résolution plus ferme. Bientôt le complot fut découvert, les conjurés furent arrêtés et ce crime paraissant de natnre h ne pas rester impuni sans danger, ils furent condamnés à mort [1565].

Pie IV échappé à ce péril retomba peu après dans des appréhensions presque aussi cruelles au sujet des efforts prodigieux que firent les Turcs pour se rendre maîtres de Halte et. dévaster ensuite rilalie. Une de ses dernières actions fut la publication d'une bulle en faveur de Tordre militaire et hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem, qui avait été établi par les Chrétiens d*Occident, lorsqu'ils étaient maîtres de la Terre-Sainte. Pie IV ne fit presque plus que languir après

auMl eut donné cette bulle. Le cardinal harles Borromée ayant appris sa maladie, se rendit h Rome pour préparer le Pape son oncle à la mort: il le conjura d'employer le peu de temps qui lui restait à s^occuper uniquement du salut de son âme; il lui administra les sacrements et ne le quitta point qu'il ne fût expiré. Saint Philippe Néri assista aussi à sa mort, qui arriva le 9 décembre 1565: il était Agé de soixante-six ans huit mois, et avait tenu le Saint-Siège six ans.

PIB V (saint). — Après les obsèques de Pie IV, le conclave qui fut assemblé pour Télection de son successeur sd trouva divisé en plusieurs factions, dont la plus considérable étaitcelledu cardinal Charles Borromée, qui dans une lettre donne les renseignements suivants sur les motifs qui le décidèrent : c Je résolus, » dit -il, «de n'avoir. égard {^our le choix à faire qu'à la religion et à la 01. Lorsque la piété, ta vie irréprochable et les sentiments ae sainteté du cardinal d'Alexandrie me furent connus, je pensais que la république chrétienne ne pouvait être mieux gouvernée Que par lui et je lui conaacrais tous mes efforts. » Il n'était |>as possible en effet de voir agir par d'autres considérations iiD homme possédé comme l'était

Charles Borromée d'inlen lions si parfaite* ment pures. Le cardinal dit Ateian irin tut donc élu le 15 janvier 1566. Il se nommaii Michel Chisleri, et était né le 17 janvier 150^, h Bosco en Piémont, d'une famille originaire de Bologne, d'où les troubles civils du xr siècle l'avait expulsée presque mendianle. Ses parents, quoique pauvres, lui firent donner quelques commencements d'étude. Hais uhisleri, élevant ses pensées au-dessus des vues qu'ils avaient sur hii, renonça au monde et h peine âgé de quatorze ans, entra dans un couvent de Dominicains. Des aumônes qu'il recevait, il ne conserva pour ses propres besoins pas même de quoi se faire un manteau; il trouvait que le meilleur remède contre la chaleur de Tété était de manger peu ; quoique étant le confesseur d'un gouverneur de Milan, H voyageait cependant toujours è pied, et le sac sur le dos. Enseignait-il, il le faisait toujours avec précision et avec bienveillance; avait-il un couvenlà administrer comme prieur, il était sévère el économe : il en a libéré plus d'un de ses dettes. Son zèle commença è se développer k l'époque où les doctrines de TEglise luttaient en Italie contre les tentatives de nropagation des protestants. Après avoir acneTé ses études monastiques, il fut chargé d'enseigner la philosophie et la théologie. I>e là il fut prieur dans plusieurs couvents successivement. Il y corrigeait les relâche* ments et maintenait la discipline, encore plus par les exemples de sa vertu, que par ses discours. Partout oik il se trouva, il y fit revivre l'esprit de saint Dominique flans toute sa pureté et dans sà ferreur.

Ses rares vertus, son zèle et sa science lui firent conGer diverses charges dans sonor^ dre. L'hérésie ciierchant à pénétrer en Italie par le Milanais, le frère Alexandrin fui nommé inquisiteur à Côme. Sa sainte inflexibilité lui attira des ennemis. Kn 1560, il se rendit à Rome pour en appeler de leurs injustices et de leurs violences. Lh, il fut compris par le fondateur des Théalins, le cardinal Caraffa, depuis Pape sous le nom de Paul IV. Approuvé par ses supérieurs, Ghi^ leri, retourna en Lombardie et y reprit ses austères fonctions avec une grande cbarii't mais aussi avec la rigueur inébranlable que réclamait la gravité des circonstances. Caraffa, qui ne l'avait pas perdu de vue, le fixa à Rome dès 1551, en lui faisant donner Tiioportanle charge, devenue vacante, de coin* missaire général du Saint*OfBce.

Arrivé À la papauté, Caraffa éleva .«on ami à l'épiscopat, puis au cardinalat [1557]* ft enfin» il le nomma inquisiteur souverain de la chrétienté, ofiice immense, dans lequel il n'a pas eu de successeur. Après une apparence de disgrAcedans les derniers jours t)r Pie IV, Michel Ghisleri, c*est-a-dire le ca. dinal Alexandrin, remplaça ce Pape suri trône de saint Pierre [1666]. Devenu Pap*il conserva toute la sainteté de sa vie fi )*ardeur de son zèle pour la foi chrétieoo^ Il vivait comme Souverain Pontife avectouia la rigidité d*un moine, observait le jeAn^

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dans toute son étendue, sans interruption. Il ne 36 permettait pas un seul vêtement «rétofTe plus Que ; il lisail souvent et enten* dail tous les jours la Messe. Il eut cependant 5oin de ne pas se laisser détourner par les pratiques spirituelles de l'attention qu*il devait aux affaires publiques. Il était convaincu, disait-il, qu^ la oapauté ne contrihuait en rien au salut de lÂrae, et ce fardeau lui (tarut insupportable sans losgrAces de la prière. Le bonheur d*une dévotion fervente, le seul qu'il pût éprouver, d'une dévotion gui souvent excitait l'aboudance de ses larmes, ce bonheur, il Ta conservé jusqu'à sa luort. Le peuple était entraîné lorsqu'il voyait ce saint Pontife aux processions pieds lius, tête nue, te visage rayonnant de l'expression ineffable d'une sincère et profonde piété, portant une longue barbe, blënche nomme la neige; il disait quMi n'avait jamais existé un Pape aussi pieux et se plaisait è raconter que son regard seul avait converti des prolestants. En outre, Pie V était bon et affable, il vivait dans la plus grande familiarité avec ses serviteurs. Avec quelle mansuétude il accueillit le comte délia Trin ta qui Pavait menacé de mort, et qui plus tard avait été envoyé près de lui comme ambassadeur: Voyez aonCf lui dit*il, lorsqu'il le reconnut, vot7d comment Dieu vient au recours de$ innocents. Il ne Qt pas sentir auiremeni scm ancienne conduite à son égard. De tous temps, il se montra charitable; il ivaitune liste des pauvres de Rome qu'il faisait soutenir religieusement selon 1 état Je chacun.

Les circonstances n'ont pas prii>e sur le :aracière des saints; seulement leurs vertus )i leurs facultés s'aJaptent à la diversité des situations. Tel est Ghisleri , sfmple reli- ;ieux, prêtre, évèque, cardinal, Pape. Comne il a su obéir, ainsi il sait commander. Jq même caractère se manifeste magniOçiuenent dans tout le cours de son histoire : irdeur dans la foi, gravité et austérité dans a vie, invincible fermeté et calme dans la >')ursuite de ce que prescrit le devoir, oyauté dans les relations, clémence et faci* lié dès qu'elles sont possibles, enfin, tour>urs et partout charité. Quand DiM veut avoriser un pontificat, dit M. de Falloux, il ui envoie de grands ministres et de grands apitaines dans tordre spirituet^ e'est'^a-diref les saints. En effet, saint Pie V fut grandeleDt favorisé sous ce rapport.

Lo premier soin de Gnisleri, devenu Pa- «, fut d*extirper des Etats pontifii^aux le rigandage et les mauvaises mœurs publiues. Quant au dehors, son infatigabl» et i>nstante sollicitude eut simultanément pour bjet de propager la vraie foi et d'en roain- 3nir la pureté, d'appliquer à toutes les pares d« l'Eglise les décret^ du saint concile e Trente, de la protéger contre les envabtsi*menta de Thérésie, de briser la prépondé* ince protestante, enfin, non-seuiement de éfendre la république cbrétidnne contre les ufvs, mais uiême de renverser les turcs, lu'adcoirable est le détail des immenses

travaux de saint Pie V, par la politique, par lesarme^, par les exhortations, par la sainteté des exemples, en Italie, en Allemagne, en Pologne, en Ecosse, en France, en Corse, en Portugal, en Espagne 1 Qu'il est beau de voir le Pape s'interposer en faveur des peuples d'Amérique, et arracher Carranza, archevèquede Tolède, à Tlnquisition espa-

Snolel 11 tit plusieurs règlements très-utiles la religion. Dès qu'il eut été couronné, il employa en aumônes pour les pauvres les largesses que les Souverains Pontifes avaient coutume de faire au peuple roma'n^ et les dépenses qu'on faisait pour les festins publics à leur avénemenL II s'occupa ensuite à reformer les désordres publics, il engagea les cardinaux à servir d'exemple de modestie et de piété dans leur maison. Il travaiHa è bannir le luxe de la ville, k en ôter le scandale que causaient les courtisanes, et il les relégua dans un quartier éloigné. Il en retira plusieurs de ce malheureux état, tant par ses menaces que par ses bienfaits. Il dota grand nombre de pauvres filles pour les garantir d'y tomber; il retrancha la débauche des cabarets; il défendit dans les spectacles les combats des bêtes, et tout ce qu'il pouvait y avoir d*inbumain, ou de tropjicefacieux. Il rétablit l'exactitude dans la police, et l'intégrité dans l'administration de la justice. De sorte que la ville de Rome prii une face toute nouvelle sous son pontificat. Pour réussir dans le dessein qu'il avait de réformer l'Eglise dans tous ses memlires, il eut soin de publier et de recevoir le concila de Trente : il obligea les évoques à résider ouk se démettre; il abolit les indulgences pécuniaires, et fit des lois salutaires pour la clergé séculier et ré|<ulier, d'autres pour la subsistance des mendiants et la clôture des religieuses. Il travailla de toutes ses forças au rétablissement de la foi catholique dans TAIIemagne, les Pays-Bas et la France; il la maintint dans la Pologne et dans la Prusse, il assisUi de son avis et de son ari^ent les Catholiques de France contre les calvinistes. Tant de vertus et de bonnes ouvres lui assignent un des plus haut rangs parmi les Papes les plus remarquables iiar leur zèle |iour la foi et par leur sainteté. Sa conduite et ses sentiments exercèrent une immense influence sur ses contem|)orains et sur tout le développement de TEglise. Ou vit la réforme de Ih cour de Rome dont on s'était tant occupé, enfin réalisée. Les dépenses de la maison papale furent extraordinairement restreintes, Pie V avait besoin de fort peu de choses |M)ur lui-môme. Celui gui verni gouverner les autres^ disait-il, doi7 coinmen* cer par se gouverner lui*mime. Il n'accorda rien h ses parents, il défendit pour Tavenir par une de ses bulles les plus sévères taule mféodation des |K>ssessioDS de l'Eglise romaine sous quelque prétexte c|ue ca fût. Il excommunia d'avanoa caui qui ne feraient seulement qu'en donner la oonsaii, et fil signer oa statut par tous las eardinaus^ Il Ot procéder contre tous les arcbavèquasial é^ ques qui ne résidaient pas dans leurs ékkz

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DiCTtONNAlKE

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cèHOB et ordonna à tous les curés, sous des peines sévèresi de ne pas abandonner leurs églises |>aroissiales. 11 commença à mettre à exécution toutes ces réformes h Rome et dans les Etats de TEglise, Lui-même s'occu-

i^ail scrupuleusement de faire rendre une brte et impartiale justice. Il exhortait les magistrats et chaque mois tenait une séance publique où chacun pouvait exposer ses plaintes contre les jugements rendus. Tout le monde, sans distinction, était admise son audience qui commençait dès le matin ; et la réfbrme s'étendant de Rome à toute 1*1 talie, pénétra bientôt jusqu'aux entrailles de toute la chrétienté.

Le !•* octobre 1557, Pie V donna une bulle pour la condamnation de soixantetreize propositions tirées des ouvrages de Baius, fameux docteur de l'Université de Louvain, et dont la doctrine, selon M. Dupin,

Ëeut se rapporter aux principes suivants : »ue rétat de l'homme innocent est son é!al naturel ; qu'il lui était dâ, et que ]>ieu ne Ta pu créer dans un autre état ; que s^s mérites en cet état ne peuvent être appelés dons de la grAce; qu'il pouvait ^alors mériter la vie éternelle par les forces de la nature ; que depuis le péché d'Adam, toutes les œuvres des hommes, faites sans grAce, sont des péchés; que la liberté, selon TËcriture, est d'être délivré de la servitude du péché; qu'elle est compatible avec la nécessité; que les mouvements involontaires de la cupidité sont défendus par le précepte ; et qu'ils sont un crime dans les iMptisés qui retombent dans le péché; que la contrition seule ne remet pas les fautes sans l'absolution du prêtre ; (^ue la Vierge est conçue dans le péché originel ; que l'on peut mériter avant d'être justiflé ; que l'homme ne satisfait pas par ses œuvres de pénitence; mais quen considération de ses œuvres, la satisfaction de Jésus-Christ lui est appliquée. La bulle ne qualifiait aucune des propositions; elle les condamnait respectivement comme hiré' iiqueSf trronétë^ iuip«cle«, témérmiresy êcan'daleustif $i offenêont U$ oreilhê pieuses. Le nom de Baius fut néanmoins épargné dans cette bulle. Morillon, grand vicaire de Matines, fut envoyé à Louvain par le cardinal de Granvelle, et ayant assemblé la fiiculté, il intima la bulle qui fut acceptée par tous les docteurs : ils en demandaient en même temps une copie à Morillon, qui répondit qu'il ne pouvait la leur donner. Mais, quoique Baïus se fût soumis comme les autres, il ne laissa pas de se plaindre de ce qu'on l'avait condamné sans l'entendre, et prétendit même qu'on avait mal extrait ces articles : il adressa deux Apologies au Pape, mais inutilement : le jugement du Pape fut confirmé. L'année suivante Pie, V adressa à Baîus un bref pour lui notifier le nouveau jugement porté sur ses écrits. Ce docteur» pressé par te grand vicaire Morillon, fit une abjuratiofi lecrèle entre ses mains. Pressé de nouveau, fl entreprit d'expliquer ses sentiments dans ses leçons publiques : « Mais, » dit le conli- Quateur de M. Fleurv, «i cette explicaiion de

Baïus ne calma pas les esprits, et ns le iustifia pas. On fut justement ehoqnéde ta hardiesse avec laquelle il avait osé STaiicer que son crime était d'avoir préféré leseï* pressions des saints Pères au langage de l'école. On lui reprocha d'accuser te Saint- Siège d'avoir prononcé préeipilammeni, d'avoir pris plusieurs de* ses articles dans un sens étranger, et de les avoir flétris, quel-

3tfi9 vrais qu'ils fussent en eus-mémes, et ans le sens que ses paroles préseouieni. •

Dans la même année Pie V publia solennellement la bulle qui se lit tous les ans à Rome le jeudi saint^ d'où elle a pris le nom de bulle In ccena Domtnt. On prétend qu'elle est l'ouvrage de plusieurs Papes. Quelques auteurs la lont remonter jusqu'au comroencemeU't du xvi* siècle. L'année suiranle, Pie V y fit diverses additions, et la pnblia de nouveau avec un appareil capable d'ins* pirer le respect. I| ordonna que tous les fidèles s'j soumettraient, sans qu'il (ùt be* soin d'autre publication ciue celle aai renait d'être faite à Home; gue les curés la liraieol publiquement en chaire tous les ans, le jeudi saint, qu'on l'afficherait aux portes des églises, et dans tous les confessionnaux, afin qu'elle servit de règle aux évèaues et à tons les confesseurs, et que tous les fidèles en eussent connaissance. Cette bulle déclare excommuniés tons ceux qui en appellent au concile général des décrets, des sentences el autres ordonnances du Pape ; toutes les universités, collèges ou chapitres, qui enseignent, ou qui croient que le Pape est sout\iis nu concile général; tous les princes qui font dans leurs Etats de nouvelles impc^itions, ou qui augmentent les anciennes, sans la permission du Saint-Siège. L'immunité des ecclésiastiques est étaolie dans cette bulle, comme un privilège qui leur appartient de droit divin, indépendamment de toute concession des princes.

L'Allemagne, la France, l'Espagne, la république de Venise, ne voulurent poiui qu9 cette bulle fit loi dans leurs Etats : ils voulurent au contraire faire triompher leurs iiQUStes prétentions. Il fut défendu à tous lea sujets de ces puissances de recevoir cette bulle et d'y obéir. En France, les parlemens eu défendirent la publication sous des peines rigoureuses, déclarant cette buHe attentatoire aux droits du roi et de ses oflh ciers, et contraire aux libertés de TEwisa MilicaBe. Cependant Pie V iuena(ait mèm 1 Espagne et Venise d'uu interdit général, mais il en fût détourné par la besom qui' avait de ces deux puissances dans la w^ qu'il projetait contre les .Turcs. Cependant celle réWtance qu'apporta la puissance séculière n'arrêta pas le zèle d'un grand nombre d'évAques du royaume de Naples, 4"^ entreprirent de faire exécuter daos l^*^^ diocèses cette l>ulle.

Fia V domina t'Eapagua el t'IUlie (1*ub« manière plus absolue que ne l'avait ftit <^' cun de ses prédéeassi urs. Partout les caooos du concile de Trente s'anaparèrent de P^^

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nËS PAPES.

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en plus des habitiidei de la fie chrétienne. Tous les éféques flrent serment de maintenir la profesiion de foi qui contient un sommaire des propositions dogmatiques du concile. Il publia le Catéchisme romain ^ substitua à tous les bréviaires divers le Bréviaire romain,'et publia un nouveau Missel selon la règle' et le rite des saints PèreSi à Tusaze universel. Il excommunia la princesse Elisabeth par une bulle» et délia ses sujets du serment de fidélité. Il publia encore d*autres bulles comme celle qui ordonnait la réforme de Tordre de Ctleaux, et celle qui supprimait l'ordre dos Humiliés, è (4iuse de la dépravation de leurs mœurs» et dont c[ue1(]ues-uns avaient attenté sur la vie de saint Charles. Il témoigna un grand zèle pour animer les Chrétiens à fSsire la guerre aux infidèles. Il établit une fête en mémoire de la célèbre victoire qni fut rem- Ç}rtée, en 1571, par les Chrétiens sur les urcs» dans le golfe de Lépante. Elle fut attribuée au zèle de ce Pape, qui, après avoir donné ses ordres pour toute la conduite de cette grande affaire, et pourvu aux dépenses

ÏuMI fallait £Biire pour la soutenir, avait oronné des prières, des jeûnes et d*autres bonnes œuvres. Il n'avait cessé lui-même de prier, de «jeûner, de veiller et de répandre des larmes devant Dieu pour obtenir cette victoire* Il n*était parvenu qu'après des efforts inouïs k réunir les divers Chrétiens contre les progrès menaçants des Turcs. Il était tellement absorbé nar cette grande entreprise que le iour de la bataille il eut une extase où il vit la victoire des armées chrétiennes.

L'intervention du saint Pape dans les guerres civiles de notre pays doit plus particulièrement intéresser les lecteurs français. Les historiens modernes ont glissé sur cette intervention ; et beaucoup de gens savent à teine que saint Pie V envoya» à ses frais, ,500 fantassins et 1,500 cavaliers, armée i*x)nsidérable pour ce temps-lè, au secours des Catholiques. Combien la fermeté et la prévoyantedroituredu chefde PEglise necontrastent-elles pas avec la débilité de Charles IX, avec la duolicitéà courte vue deCatherineue Médicis7 On a dit que le mariage de Mar-

Suerite de Valois et de Henri de Bourbon, epuis Henri IV, avait été médité dans le dessein de faire tomber les huguenots dans un piège. La vérité est que saint Pie avait voulu marier Marguerite a don Sébastien, roi de Portugal, et que, sur le refus de Charles IX, il refusa è son tour les dispenses pour l'autre alliance» laquelle, en effet, eut lieu seulement sQus le pontificat de Grégoire XIlli en août 1572.

Tous les bdsoins de l*£^lise et de Thumnnité eurent part à sa sollicitude. Les hôpitaux, les nécessités des pauvres, l'éducation religieuse du peuple, les arts mécaniques et libéraux, la science ecclésiastique, la liturgie, les séminaires, la musique religieuse, la réforme du calendrier qu*arheva son successeur. Un magnifique établissement, fondé par lui à Pavie, porte encore aujourd'hui k

titre de collège Gbisleri. El tout cela en six années.

Après la victoire de Lépante, Pie V redoubla sa ferveur et toutes ses bonnes œuvres. Il forma aussi plusieurs établissements, entre autres, un collège è Pavie pour élever la jeunesse dans la pieté et les lettres, et un monastère de religieux de Tordre de Saint- Dominique à Bosco, lieu de sa naissance. Il favorisa l'institut de la doctrine chrétienne, et celui des Frères de la Charité. Il procurait aux pauvres des secours abondants, leur lavait les pieds, embrassait les lépreux, les exhortait à la patience : il chérissait les savants, et les élevait aux dignités. Au reste, il avait touiours mené une vie pénitente, et son corps était ruiné d*aost(^rités. Tant de travaux augmentèrent les douleurs de la néphréiique dont il était tourmenté» et redoublèrent si considérablement dans Tannée 1572, que, sentant sa fin prochaine, il employa le peu qui lui restait de vie à des actions de piété. Il mourut le 1" mai de cette même année, à TAge de 68 ans, après avoir tenu le Saint-Siège Tespace de six ans et trois mois. Le Pape Clément X fit solennellement sa béatification cent ans après; le Pape Clément XI Ta mis au nombre des saints Tan 1713, et on a célébré solennellement la fête de sa canonisation dans tout son ordre.

PIE VI. — Le conclave appelé h donner un successeur è Clément XiV s'ouvrit le 5 octobre 1774», et ce ne fut que le ik iîévrier de Tannée suivante que le cardinal Braschi réunit tous les suffrages. Il prit le nom de Pie VI et lorsqu'on lui en demanda la raisoa il répondit : « Pie V est le dernier Pape que TEi^lise ait mis au nombre des saints ; je veux marcher sur ses traces pour parvenir au bonheur dont il jouiU » Il devait y arriver par le martyre.

Jean Ange Braschi était né à Césène , ville de la Romagne, le 27 décepabre 1717. Ses parents étaient pauvres; mais d'excellentes dispositions lui promettaient des succès dans toutes les carrières. Il embrassa Tétat ecclésiastique, et étant venu è Rome, il devint secrétaire de Benoit XIV, qui lui conféra un des canonicats de saint Pierf e. Clément XIII , rendant également justice aux talents de Braschi , I éleva successivement à la place d'auditeur du camerlingue et à celle de trésorier de la chambre apostolique, place qu'il remplit de 1706 en 1773.

La nouvelle de son élévation au souve rain pontrficat, ayant été répandue à Rome, le peuple s'y livra è tous les transports de la joie. Pie Vl débuta par des actes nom<« breux de bienfaisance, et paf (a suppression des abus. Protecteur éclairé des beaux-arts t il entreprit le dessèchement des marais Ponlins. releva le commerce et Tindustrie, et régularisa Tadminislration. Dès la première année de son pontificat, 1*1 eut le bonheur de célébrer le Jubilé dont la magniticence surpassa tout ce que Ton avait vu jusqu'alors. Il se montra dès Tabord le protecteur de la Compagnie de Jésus, qui continua d'exister encore de communauté dans

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la Prossd Polonaise et dans la Silésie. Pour liésarmet' la France et TEspagne « le Pape nvnil adressé un bref par lequel il déclarait iiiily illégitime et abusif tout ce qui s'était fait de contraire à celui de Clément XIV. Ma» les Jésuites ayant fait voir que le bref de leur suppression ne pouvait avoir de force que dans les Etats où il avait été publié, les fouverainsquilespoursuivaientjusqu*enRussie^ ne recueillirent de leur démarche qu'un acte de rigueur qui demeura sanseiéculion. Après avoir eu la douleur de voir le ministre de la cour de Naples susciter différends sur différends au Saint-Siéjçe, Pie VI eut celle plus grande encore de voir Joseph 11 porter les plus graves atteintes à la discipline de l'Ëgliset et poursuivre Taccomplissèment d'un plan qui n'allait rien moins qu'à La destruction du christianisme tout entier. C'est alors qu*il se décida à l'aller trouver; il lui annonça par un bref mémorable du 15 décembre 1781, son désir de terminer sans intermédiaire tous les différends qui s'étaient élevés entre le Saint-Siège et l'empire. Mille tentatives fureot faites auprès de lui pour le détourner deson projet, mais son parti était irrévocablement arrêté. Le 25 février 1782, il tint un consistoire dans lequel entre autre règlement il conGa le gouvernement, pendant son absence, an cardinal vicaire Coionna. Il supprima la bulle» Ubi papa ibi Roma afln que le conclave pût se tenir à Rome, si, succombant aux fatigues du voyage, il venait à expirer hors de ses murs. Deux jours après, il partit au milieu du concours et des larmes d'un peuple immense. Son voyau^e ne fut qu'une longue ovation triomphale décernée spontanément par les populations accourues sur son passage. 11 entra à Vienne le 22 mars, et y présida lui-même à toutes les cérémonies de la semaine sainte, avec une pompe que Ton n'avait jamais vue dans cette ville. Il essaya d^émouvoir Joseph par les raisons )ea plus évidentes et les discours les plus pathétiques. Mais Tempereur éludait toute discussion, en disant qu'il n'était pasthéolo-

fien, et le renvoyaè son chancelier qui éluda son tour toutes ses ouvertures. Ne pouvant rien obtenir malgré tous ses efforts, le Pape dut songer à revenir à Rome, d'autant plus que dès le mois d'avril, il avait appris que des affaires importantes et imprévues rendaient sa présence nécessaire dans ses Etats.

Sans avoir obtenu tout ce qu'il était en droit d'attendre. Pie VI parvint cependant àfaiiesentiràTempereur que la soumission exigée des évèques àtCQîes les ordonnances impériales rendues ou à rendre, étaient aussi contraires à la raison qu'à la religion; qu'on ne peut être tenu de se soumettre ainsi à l'avance. à cedu'on ne connaît pas , et de contracter des obligations dont retendue est ignorée. Il réussit encore sur quelques autres points. Sur la route qu'il parcourut pour revenir à Rome, les tributs d'admirarion et de respect s'accumulèrent de jour en jour, e! furent portés à leur comble lorsqu'il approcha de la ville éternelle.

.11 rendit un compte solennel au Saeré-Collége, dans un consistoire du 23 sep(einbr« 1782, de tout ce qui lui était arrivé dans but sou voyage, et du résultat de ses négocialions avec l'empereur. Il se proposait dans un bref adressé à toute la catboHcilé d'en faire connaître l'issue et les avantages qu'en avait recueillis l'Eglise, mais les procédés ultérieurs de Joseph II empêchèrent Texé* cution de ce projet.

En effet, l'empereur laissait publier et circuler librement dans ses Etats une brochure entre autres qui excitait beaucoup de murmures et de mécontentement. Colle brochure intitulée Qu'est-ce que le Pope, éisil louvrage d'Eybel , (|ui professait depuis longtemps le droit canon à Vienne, et cjui composa aussi un écrit contre la confession auriculaire, condamnée par Pie VI dans son bref Mediator du 11 novembre 178i. An moment où le voyage du Pape réveillait partout les scntiiiients les plus profonds de vénération pour le successeur de saint Pierre, Eybel traitait de fanatique cette multitude de fidèles qui accouraient au-devant de leur Père commun, niant toute autorité au Souverain Pontife. Pie VI, voyant Pardeur avec laquelle on répandait le livre d'Eybel, et l'opiniâtreté que montraient les ennemis dii Saint-Siège pour avilir le centre de l'unité, comprit qu'il était temps de frapper cet odieux libelle. Il le fit dans son bref 5uper«o/tdt<a/e, que nous croyons devoir reproduire ici à cause de sa haute importance, parce que la question, qui ; est traitée d'une manièresi remarquable, est pour ainsi dire encore à l'ordre du jour; que cette question était celle de la révolution française qui allait s'ouvrir, et de la constitution civile du clergé ; qu'elle est celle qui s'agite de nos jours comme elle s'est agitée de tout temps entre Rome et tous les schismatiques. '

PIB VI, PAPE.

Pour servir de document à la postérité.

« C'est un dogme de la foi catholique^ enseigné par la bouche de Jésus-Christ, traosmia de siècle en siècle , et défendu par la doctrine des Saints Pères, soigneusement conservé dans tous les temps par VE^Wse universelle, souvent confirme contre les erreurs des novateurs par les décrets des Souverains Pontifes et des conciles, que Jésus-^ Christ a fondé son Eglise sur un rocher ioébranlable, et que, par une faveur spéciale) il a choisi Pierre entre tous les autres, pour lui donner la primauté dans le corps apostolique, en qualité de vicaire de son divin Maître, lui confiant le soin supr6me.de paître tout le troupeau des fidèles, de conGrtner ses frères dans la foi , de lier et de délier dans l'univers entier, et de transmettre sofl autorité i tons ses successeurs jusqu'à la consommation des siècles. C'est par cette primauté de la chaire apostolique que Jésus- Christ a voulu consolider et resserrer le nœud de l'unité, au moyen de laquelle Ibglise , qui devait se propager par toute »

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DES PAPES

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terre» ne formât qu'un $eu< c;orps, dont les membres, quoique dispersés dans toutes les plflKes du monde, fussent étroitement unis par leur association sous un seul chef, afin que le pouvoir suprême renforçât non*seulement la dignité du premier Siège , mais 5urt tut rintégrilé et la consistance de tout le corps. Il n*est <lonc point du tout surprenant que, dans tous les siècles , tous ceux que l'ancien ennemi du genre humaine animés de sa haine jurée conlre l'Eglise se soient particulièrement appliqués à attaquer ee Siése où résida toute la force de l'union, dans le dessein de ruiner, s'il était possible, le fondement, et 'de rompre la liaison des Eglises avec le chef (liaison dans laquelle consiste principiilement leur appui, leur vigueur et leur splendeur}, pour affaiblir par ce moyen TEglise entière, pour la ravager et la détruire, poiir la dépouiller de la liberté qu^elle tient de Jésus-Christ , et la ravaler à une indigne servitude.

« D'entre ces ennemis de TEglise, il s'est élevé dans ces dernières années un homme audacieux, le trop fameux Ëybel, depuis longtemps connu par des ouvrages proscrits, qui a donné une nouvelle preuve de sa haine contre nous et le Siège apostolique, lorsqu'ayant appris le dessein d*un voyage que nous avons entrepris pour le bien-être de la religion, il se hâta de faire glisser dans les mains de ses oonmalriotes un libelle sous le titre indécent? Quesl-ce que le Pape? se Battant d'étouffer par là les sentiments religieux auxquels 1 attente de notre arrivée avait donné lieu , et de faire regarder d'un mouvais œil le lustre de la dignité pontlQcale par l'ordre sacerdotal et le faire mépriser par le peuple. But que le Dieu des miséricordes ne lui a pas permis d'atteindre; car nous avons eu la satisfaction d'être reçu par ses concitoyens mêmes, qu*il avait voulu indisposer contre nous, avec la plus grande solennité • par un concours innombrable de tous les ordres de citoyens, au milieu des acclamations et félicitations interprètes de leur respect pour nous. Ce qui a rendu sensible la bonté divine, qui veillait à ce

Îu'i*! ne fût point dérogé à Ihonneur dû à ierre par l'indigniié de son successeur, éleyé par la Providence sur le Siège pontitical sans aucun mérite personnel.

« Nous avons cru devoir nous dispenser do flétrir ce libelle par une condamnation dans le moment qu'il a paru, tant parce que nous n'avpns pas voulu donner sujet h des gens trop soupçonneux, tels qu'il n en man pie jamais, (le croire que celte conduite lût l'effet de notre sensibilité plutôt que du sentiment du devoir ; que parce que nousavons jugé que celte brochure,'en elle-même de peu de couse |iience, pouvait être dévouée ài*oubli,sans autre danger que de voir la licence de réchaufier les vieilles calomnies, s'aflicher avec plus de suflisance.Mais nous avons appris dernièrement que la médiocrité même de l'ouvrage a donné lieu à dos gens, qui spnt toujours prêlsè semer le mauvais ;:rain,dc le réimprimer non-seulement en langue du r*^}'^t

mais encore en d*autres langues, et même en grec vulgaire , et de le faire malicieusement circuler au loin, dans l'espoir que la hardiesse de cet écrit satyrique lui gagnerait plus d'un lecteur, et que les hommes inconsidérés, qui ne sont pas en petit nombre, se laisseraient séduire par le ton de suffisance que prend l'auteur lorsqu'il avance des choses quelconques. Ces considérations nous ont fait comprendre qu*il était nécessaire d[aller, autant qu'il serait en nous, sans délai, au-devant des progrès rapides du mal , et d'employer les moyens les plus efficaces pour ramener sous les lois de la bonne raison des hommes pervers, qu'on peut, hélasl appeler des ennemis domestiques, qui , vivant-, au moins en apparence , dans TEglise même, s'efforcent d'en troubler la paix et d'en rompre l'unité; ou du moins pour empôï'herque la bonne foi des fidèles ne soit surprise, et qu'ils ne se laissent misérablement entraîner par la trompeuse iniquité, pour courir avec elle les sentiers tortueux des profanes nouveautés qui s'élèvent de toute part.

« Or, comme c'est dans le Siège de Vuniîé que Dieu a placée selon l'expression de saint Augustin, la doclrine de la vérité^ le malheureux écrivain ne néglige aucun moyen pour «ffaiblir et renverser la Chaire de Pierre, que lesPères ont unanimement reconnue être le Siège unique qtn puisse maintenir /'unilé entre tous les fidèles: duquel découlent sur les autres sièges les droits de la communion sainte: et qui doit former le centre de toute l Eglise^ de tous les fidèles dans tous les lieux et dans tous les temps. iMais le libelliste n*a point hésité à déclarer fanatique le peuple assemblé en foule, qu'il prévoyait devoir s'écrier è la vue du Pontife : « Voilà Thomme tf k qui Dieu a daigné confier les clefs du « royaume des cieux, avec le pouvoir de lier « et de délier sur la terre; c'est lui qu'aucun « évêque n'égale en dignité, mais de qui ils « doivent recevoir leur autorité, comme il a « lui'4nême reçu de Dieu Tautorité suprême; « c'est lui, le viraire de Jésus-tlhrist, le chef « visible de TEgli^e, le souverain juge des fi- « dèles.

a Dira-l-on, d'après cet écrivain téméraire, que ce n'était qwe fanatisme (nous tremblons en lâchant ce mot}, aue la voix i>j Jésus-Christ même, qui assura a Pierre les clefs du ciel, avec la puissance de lier et de délier? Tertullien et Optât de Milève étaient-ils /ana/iques^ pour avoir assuré que Pierre seul avait reçu ces clefs pour les transmettre aux autres ? N'est-ce que le résultat du fanatisme^ (|Uu* tant de décrets solennels des Pontifes et des conciles, qui ont condamné tous ceux qui nieraient, que dans la personne de saint Pierre, prince des apôtres, son successeur, le Souverain Pontife ait été comme chef visible de l'Eglise, constitué par Dieu même, vicaire de Jésus-Christ, qu'il ait rcçi le plein pouvoir de gouverner TEglise, et tous ceux qui portent le nom de Chrétien lui soient redevables de l'obéissance proprement dite; ou que la primauté,, dont il est revêtu de droit divin consiste non-seule*

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