‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 8 sur 123 · DICTIONNAIRE DES PAPES · texte numérisé non relu

DICTIONNAIRE DES PAPES

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été iimtiies, pour obliger le Pape Adrien & te venir trouver et sacrer les enfants de Carloman, sortit de Pavie avec eux et avec ses troupes, et noarcba vers Rome. Il envoya devant en avertir le Pape, oui répondit : Si le roi ne rend les villes qu il a promises^ el ne nous fait entièrement justice, il est tnuiile qu^il se donne la peine de venir, car il est impossible que je paraisse devant lui. Cette réponse n'arrêta pas Didier; et le Pape, sa*chant qu*il approchait, rassembla les troupes qu*il put pour la défense de Rome, y (it porter tous les orotments et les trésors des églises de Saint-Pierre et de Saint-Paul, et les fit si bien fermer, que le roi n'y pouvait entrer qu'en brisant les portes. Ensuite il envoya au roi un écrit où il le conjurait, par tous les divins mystères, de ne point entrer sans sa permission sur les terres des Romains. Cette protestation fut portée par trois évéques, Èustrate d'Albane, André de Préneste et Théodore de Tibur; le roi l*ayant reçue à Viterbe, y eut égard et s'en retourna chez lui.

Cependant il assurait Charlemagne qu'il avait rendu les villes prises et fait justice à TE^Iise romaine. Charlemagne, pour s*éclairer avant tout sur la vérité du fait, envoya h Rome un évèque nommé George, Vulfard abbé de Saint-Martin de Tours, et Abbitt son favori, à qui Ton fit voir sur les lieux tout le contraire, et que Didier n*avait rien rendu. Charlemagne ayant encore essayé plusieurs fois d'obliger Didier à traiter h l'amiable, passa enfin les Alpes et l'assiégea dans Pavie, où il s'était enfermé. Cependant tous les Lombards de Rieti et de Spolète vinrent se donner au Pape Adrien qui, les ayant assemblés dans l'église de Saint- Pierre, leur fit prêter serment de fidélité à lui et i ses successeurs: après quoi ils se firent couper la barbe et les cheveux à la pianière des Romains, et le Pape leur donna pourduc l\in d'entre eux qu'ils choisirent, nommé Hildebrand. Les habitants de Feruo et d'Osimo, d'Ancône et de Foligai en firent de môme.

Le siège de Pavie dura six mois, et Charleinagne y passa l'hiver et le carême de l'année 77^. Il laissa Bernard, son cousin, devant Pavie, et lui-même alla assiéger Vérone, qui se rendit. Aldegise, fils de Didier, se retira à Constantinople auprès de Tem-

Îierenr des Grecs, et Charlemagne reçut es clefs de presque toutes les villes qui sont au delà du Pd* Quand il vit approcher la fête de PAques, il résolut de satisfaire le désir ardent qu'il avait de visiter les églises des saints apôtres, et marcha vers Rome, accompagné de plusieurs évêques et de plusieurs abbés. Il menait aussi des ducs, des comtes et d'autres seigneurs, et des troupes pour sa sûreté. Il nAta sa marche

Sour arriver à Rome le samedi saint, qui tait le second jour d'avril. Le Pape Adrien, eitrêmement surpris He cette agréable nouvelle, envova tous les magistrats de Rome ao-devanl au roi, jusqu'à 30 milles ou 10 lienes, où ils le reçurent avec la bannière.

Quand il fut à un mille de Rome^ le Pape envoya au-devant toutes les compagnies* de la milice avec leurs chefs, et tous les enfants que l'on instruisait dans les écoles,, portant des rameaux de palmes et d'oliviers, et chantant des acclamations à la louange du roi. On portait aussi devant lui les croix, comme on avait coutume de faire à la réception d'un exarque ou d'un patrice ; en un moty on lui rendit les plus grands honneurs.

Charlemagne était alors Agé de vingt-sept ans, de la plus grande taille, les yeux grands et vifs, le nez aquili'n, le visage gai. On voit encore son portrait sur quelques sceaux de ses lettres. Sitôt qu'il vit les croix que l'on portait à sa rencontre, il descendit de cheval avec ses seigneurs qui l'accompagnaient, et s'avança à pied jusqu'à l'église de Saint- Pierre. Le Pape était venu dès le grand matin, et l'attendait avec son clergé sur les degrés que le roi baisa tous; puis il embrassa le Pape et le prit par la main, ils en^ trèrent ainsi dans I église, le roi étant à la droite du Pape, et tout le clergé commença à chanter à haute voix : Béni soit celui qui vient au nom <bs Seigneur. {Uatth. x\i, 9.) Le roi et sa suite s'avancèrent jusqu'à la confession de Saint-Pierre, où ils se prosternèrent et remercièrent Dieu de la victoire qu'il avait accordée au roi par Tintercession de ce saint apfttre. Ensuite le roi pria instamment le Pape de lui pesmettre a*entrer à Rome, pour accomplir ses vœux et faire ses prières en diverses églises. Ils descendirent l'un et l'autre près du corps de saint Pierre, avec las seigneurs romains et français, el se promirent sûreté par des serments réciproques. Après quoi le roi et les Français entrèrent dans Rome : le Pape célébra devant eux le baptême solennel à la basiliaue de Latran; puis le. roi retourna loger a Saint-Pierre.

Le lendemain, qui était le jour de Pâques, le Pape envoya au roi, dès le matin, tous les magistrats et les officiers de guerre, qui le conduisirent, avec les Français, à Sainte- Marie -M^eure. Après la Messe, le Pape le mena au palais de Latran, o<!^ il lui donna à dtner^ et se mit à table avec lui. Le lendemain lundi, le Pape célébra la Messe à Saint- Pierre, suivant la coutume, et y fit chanter des louanges à Charlemagne, c'est-à-dire des acclamations en forme de litanies, c|ue l'on nommait en latin Laudes. Le mardi, il dit encore la Messe devant le roi à Saint- Paul. On voit ici les mêmes stations qui sont encore marquées pour les mêmes jours dans le missel romain. Le mercredi, le Pape vint conférer avec le roi à Saint-Pierre, et le pria de confirmer la donation qu'il avait faite au pape Etienne, à Quercy, avec le roi Pé^ pin son père, et Carloman son frère. Le roL la fit lire ; et l'ayant approuvée avec tous lea seigneurs, il en fit dresser une pareille de»vanl Ethérius ou Itier, son chapelain et son notaire, et la signa de sa main, c'est-à-dire u'il y mit une croix ou un monogramme, n appelle monogramme un chiffre com*

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