‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 9 sur 123 · AUR · texte numérisé non relu

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posé de lettres du nom, qui semblent n'en faire qa*une ; et Charlemagne est Je premier de nos rois qni en introduisit Tasage ordinaire. Les évèques et les seigneurs souscrivirent aussi k la donation : elle fut mise premièrement sur l'autel de saint Pierre, puis sur sa confession, et ils promirent tous de la conserver sous un terrible serment. Le roi en fit faire par Etbérius une copie qu'il mit de sa propre main sur le corps de saint Pierre et sous l'Evangile qu'on avait coutume d'y baiser, et en emporta une autre copie écrite par le scriniaire de l'Eglise romaine. Cette donation était plus ample que celle de Pépin, et commençait sur la c6le de Gènes par le promontoire de la Lune, où est aujourd'hui le pont de Spezzia, avec l'Ile de Corse vis-k-vis; puis elle s'étendait à Bardi, à Rege, k Mantoue, et comprenait Texarchat de Ravenne, les provinces de Vénélie et d'istrie, les duchés de Spolète et de Bénévent : car c'est ainsi qu'Anastase en marque l'étendue.

Ce fut, nomme l'on croit, à ce premier voyag[e de Rome que le pape Adrien donna au roi Charlemagne le code des canons de rSglise romaine, suivant l'édition de Denys le Petit, k laçiuelle on avait ajouté les Décrétales des six Papes, savoir : d'Hilaire, de Simplice, de Félix, de Symraaque, d*Horroisdas et de Grégoire U. Aia tête de ce livre, le pape Adrien mit un élo^e du roi en vers acrostiches, dont les premières lettres mar-..

auenl k qui il l'adresse ; et dans le corps e la pièce, il lui souhaite d'être vainqueur dans Pavie, de dompter Didier, et de conquérir le royaume des Lombards. On trouve un abrège de ce code, attribué aussi au pape Adrien, mais apparemment fait de- Duis par quelque particulier.

Charlemagne étant retourné au siège de Pavie, Didier fut obligé de se rendre et envoyé en France, dans le monastère de Corbie, où il acheva saintement ses jours dans les veilles, les prières, les jeûnes et les bonnes œuvres. Ainsi finit le royaume des Lombards, après avoir duré en Italie 2M ans; et Charlemagne prit depuis ce temps le titré de roi des Français et des Lora haras.

Sur la fin de l'année 780, Charlemagne fit un second voyage k Rome, k la prière d'Adrien. Ce Pape baptisa son fils Carloman, le leva lui-même des fonts, et changea son nom en celui de Pépin; ensuite il le sacra roi d'Italie, et son frère Louis roi d'Aquitaine.

Pendant le séjour du roi k Rome, ce prince se plaignit au Pape de ce que les Romains vendaient des esclayes aux Sarrasins, et de ce que. les évèques d'Italie menaient une vie répréhensible. Quant k ce second fait, le Pape montra que c'était une calomnie; quant au premier, il dit que c'étaient les Grecs qui, naviguant sur les côtes des Lombards, en recevaient des esclaves, et qu'il avait fait son possible pour empêcher cet abus.

Nous avons dû insister avecauelque étendue sur ce grand événement de l'entrevue

de Charlemagne et du- pape Adrien, nonseulement k cause de Vimportance historique du renouvellement de la donation du patrimoine de saint Pierre par Charlemagne, mais encore k causedelamajestédecesdeux grandes figures du Pape et de l'empereur, qui, dès la fin du viii* siècle, constituaient ainsi la chrétienté sur ses bases inébranlables. Un document, récemment découvert par M. ChcmpoUion-Figeac, montre comment Charlemagne traitait dès lors le Souverain Pontife, et avec quelle respectueuse vénération ses ambassadeurs l'approchaient. Voici la traduction littérale de ce manuscrit qui date de ISk» et dont malheureusement la fin nous manque :

Capitule pbemibr. — I. Vous salue noire mallre votre fils Charles et votre fille notre maîtresse Fastrade^ les fils et les filles de notre maître^ en même temps toute sa maison.

II. Vous saluent tous les prêtres^ évèques et abbéSf et toute la congrégation diceux^ cons^ tituée pour le service de Dieu^ ainsi que l universalité du peuple drs Francs.

III. Notre maître votre fils vous rend grâces de ce Que vous avez daigné lui faire passer par dnonorables envoyés^ et dans une lettre d'où coule le mtel, des nouvelles de votre santé consacrée (par) de Dieu^ parce qu'alors il regarde comme joie^ salut et prospérité, d'avoir mérité douir avec assurance des nouvelles de votre santé et du salut {bonne situation) de

. votre peuple.

IV. Semhlablement notre maître votre fils voM rend. beaucoup de ardces de vos sacrées et saintespriires aaressées constamment pour lui^ pour les fidèles de la sainte Eglise^ vos intérêts et les siens^ et non-seulement pour les vivants^ mais encore pour les défunts ; et s'il plaît au Seigneur^ notre maître votre fils désire rendre en toutj avec toute bénignité^ votre bon procédé.

V. Votre fils^ c'est-à-dire notre maître^ nous a envoyés à vous parce gue, grâces à Dieu et à vos saintes vrières^ elles ont appor^ té prospérité à /ut, a votre fille^ son épouse^ à la race donnée [par) de Dieu à notre maître^ et à toute sa maison^ ou à tous les fidèles.

VI. Ensuite il faut donner la lettre en disant de cette manière : « Notre maître votre fils vous a envoyé la présente lettre en demandant à Votre Sainteté que Votre Almité la reçoive avec amour. »

VII. Ensuite f il faudra dire : « Notre maître votre fils nous a envoyé maintenant des présents tels qu'il a pu les préparer dans la Saxe, et quand il plaira à Votre Sainteté^ nous les montrerons. »

VIII. Ensuite^ il faudra dire : * Notre mai^ ire votre fils a destiné ces petits présents à votre paternité^ demandant cependant trêve jusqu'à ce quH ait pu en préparer de meilleurs pour Votre Sainteté, T»

W. Ensuite (Le reste manque.)

11 existe une lettre détaillée, écrite par Adrien, où il parle de deux magnifiques chevaux qu'il avait reçus de Charlemagne. Lo Pape Adrien avait envoyé en Angleterre des légats qui tinrent, en 787, deux conciles pour

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le rétablissement de la discipline, Tun dans le royaume de Norlhumbre et Taulre dans celui des Herciens. On y fit vingt canons remarquables.

Cependant Tempereur Constantin et Taraise» patriarche de Constantinopiey écrivirent au Pa(>e pour assembler un concile général. Adrien répondit h Tun et è l'autre. Dans sa lettre h Tempereur il dit : Cest votre bisaieulf quU par le conseil de quelques impies ^ a ôti chez vous les images^ au grand scandale de tout Funivers. De quoi les deux Papes Gré-^ goires étant dans une grande affliction^ lui écrivirent plusieurs fois pour le prier de les rétablir j mais il n'eut aucun égard à leurs prières. Ensuite : Nos saints prédécesseurs ZachariCy Etienne^ Paul et Vautre Etienne ont fait ta même prière aux empereurs votre aieul €i votre père. Je vous supplie de même en toute humilité de faire observer en Grèce, ce que nous pratiquons en honorant les images^ suivant la tradition de nos pères. Fuis : Nous adorons Dieu en esprit et en vérité; et n'avons fjarde de faire des divinités des images; ce fi est qu*un monument de notre vénération. 11 liaite fort au long la question, et ajoute : Nous avons pris soin de vous envoyer tes passages des Pères qui recommandent les saintes images. Et ie supplie votre clémence du fond du cceurt a genoux et prosterné à ros piedSf comme si j'étais présent :je vous conjure^ dis-je, devant Dieu^ de faire rétablir tes images en leur ancien état ; tant à Cons-- Santinople que dans les autres parties de ta Grèce. 'Que s^il est possible à cause des hérétiques de les rétablir sans tenir un concile , t7 fatsi premièrement que le faux concile tenu contre toutes les règles, soit anathématisé en présence de nos légats. Ensuite que vous nous envoyiez^ suivant la coutume^ une déclaration avec serment en votre nom^ de ^impératrice voire mère, du patriarche de Constantinople et de tout le sénat, que vous laisserez dans le concile une entière liberté. Et vous renverrez nos légtus avec toute sorte d'humanité, quand même on ne s'accorderait pas.

Je vous supolie aussi de nous faire restituer en entier tes patrimoines de saint Pieire donnés par les empereurs et les autres fidèles, pour te luminaire de l* Eglise et la nourriture des pauvres. Et de faire restituer à l Eglise romaine les consécrations des archevêques et des évêquts oui sont de notre juridiction suivont la tradition ancienne. Il fdut entendre les évé^ues dlllyrie qui était tout entière sous la juridiction du Pape, et quant aux patrimoines, ce sont ceux de Grèce et d'Orient.

Le Pape Adrien ajoute : Nous avons été fort surpris devoir que, dans voire lettre, on donne à Taraise le titre de patriarche universel. Le Itairiarche de Constantinople naurait pas même le second rang, sans le consentement de notre Siège : mais sHt est universel, il a donc aussi la primauté sur notre Eglise : ce que tous les Chrétiens voient bien être une prétention ridicule. Taraise lui-même nous a envoyé sa lettre synodique : sa confession de foi nous 2 réjoui; mais nous avons été trou-

blé de voir qu'il été tiré de l'état laïque et du service de Vempereur pour être élevé tout d'un coup à la dignité de patriarche. Ce qui est teU lement contre les règles que nous n aurions point consenti à son ordination^ qu'il ne concourût fidèlement au rétablissement des images.

Le Pape propose ensuite à l'empereur Texemple de Chârlemaçne, qui, suivant nos avis, dit- il, et accomplissant nos désirs, a soumis à sa puissance toutes les ncUions barbares de r Occident, et a donné à VEaiise romainCf à perpétuité, des provinces, des villes, des châteaux et des patrimoines qui étaient détenus par les Lomoards, mais qui appartenaient de droit à saint Pierre ; el il ne cesse point d'offrir tous les jours de l'or et de forgent pour le luminaire et la nourriture des pauvres. Enfin le Pape recommande à l'empereur les deux légats qu'il chargeait de ces lettres, savoir: Pierre, archiprètre de l'Eglise romaine, et Pierre, prêtre et abbé du monastère de Saint-Sabas, h Rome. La lettre è l'empereur est datée du 26 octobre 785. La lettre au patriarche Taraise approuve sa confession defoi, et ne contient rien de particulier.

Adrien recueillit la tradition sur le culte des images, donna ses instructions, et en* voj^a Pierre , archiprètre de TEglise romaine, auquel il adjoignit Pierre, prêtre et abbé du monastère de Saint*Sabas; et le 2k septembre 787, s'ouvrit , d^ns l'église du Sainte-Sophie, le second concile de Nicée, septième concile oecuménique. Les deux légats du Pape y siégèrent au premier rang quoique simples prêtres. On y lut la lettre du Pape Adrienau patriarche Taraise, et les légats du Pape lui demandèrent s'il était content. Taraise répondit gue le Pape avait expliqué clairement la tradition de l'Eglise. «Je suis,» ajouta-t*i1, « dans la même créance, qu'il faut adorer les image» d'une affection relative, réservant à Dieu seul la foi et le culte de latrie.» Tout le concile déclara qu'il était du même avis, et qu'il recevait les lettres du Pape. Les légats du Pape retournèrent à Rome, pour soumettre leur conduite et les actes du concile au Souverain Pontife, qui les approuva, les souscrivit selon l'usage, et les envoya à tous les évêques qui n'y avaient pas assisté. Les évêques de la domi* nation de Charlemagne firent quelques difiicult.é8 pour les recevoir. Le grand empereur d'Occident fit composer et publier sous son nom un ouvrage contre ce concile. Cet ouvrage, nommé les Livres carolins , est indigne à tous égards de lui , et fut réfuté comme nous le verrons plus loin, par le Pape Adrien.

La sollicitude du Souverain Pontife s'étendait è tout, et il favorisa la transforma* lion et l'abolition progressive de l'esclavajge, surtout en maintenant, malgré la prétention des maîtres, les mariages validement contractés entre esclaves.

Selon les paroles de V Apôtre ^ dit-il» de même que en Jésus - Christ on ne doit point écarter des sacrements de r Eglise, ni

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rhomme libre ni V esclave^ de minne il n'est permis en aucune manière dempécher les mariages des esclaves. El si ces mariages ont été contractés malgré C opposition et la répugnance des maîtres, néanmoins ils ne doivent être dissous en aucune façon, (De conjug, serv.f 1. iv, t. IX, c. 1.)

En Espagne, il s*éle?a une nouvelle iK^résie. Elipand, qui avait succédé à Cixila dans le siège de Toiède, consulta Félix, évëque d'Urgel, qui avait été son maître , pour savoir de quelle manière il reconnaissait Jésus-Christ pour Fils de Dieu : s'il le tenait pour fils naturel ou poul* adoptif. Félix répondit que Jésus-Christ, selon la nature humaine, n'est que fils adoptif et nuncupatif; c'est-à-dire, de nom seulement. Elipand ayant reçu celle réponse, répandit celle doctrine dans les Asturies el dans la Galice, et Félix la répandit au delà des Pyrénées, dans la Seplimanie, qui est h peu près notre Languedoc. Elipand attira encore à son parii Ascaric, archevêque de Brague, et quelques Chrétiens de Cordoue.

Le Pape Adrien, averti de cette erreur naissante, écrivit, en 790, une lettre è tous les évoques d'Espagne , par laquelle il les exhorte è s'en préserver,et à demeurer formes dans la doctrine de l'Eglise. Saint Pierre, aioule-l-il, a reconnu Jésus-Christ pour le Fils du Dieu vivant ; et saint Paul dit {Rom. VII , 32j , gue Dieu n'a pas épargné son pro^ preFils. Il rapporte ensuite les autorités de plusieurs Pères grecs et latins, pour montrer que le nom d'enfants adoptifs convient aux Chr^^tiens, et non à Jésus-Cbrisl môme. Il se plaint, dans cette même lettre, de quelques autres abus qui régnaient en Espagne. Quelques-uns reculaient la PAque au delà des bornes prescrites dans le concile de Nicée; et les cnefs de cette secte étaient deux évèques, Migctius et Egila, Quelquesuns Irailaient d'ignorants ceux qui ne voulaient pas manserdu sang de porc eldes viandes suffoquées, quoique la pratique générale fut de s'en abstenir ; el lePape déclare ceux qui en mangent chargés d'analhème : d'autres entendant mal la prédestination , niaient la liberté, ou la relevaient trop, au préjudice de la grftce. D'autres se conformaient aux mœurs des Juifs el des païens, c'est-à-dire des Musulmans, el conlractaienl des mariages avec eux; des femmes se mariaient du vivant de leurs maris. Les prêtres étaient ordonnés sans examen, el plusieurs autres abus régnaient en Espagne, sans doute à )a faveur de la domination des Arabes. Egila, dont il est parlé dans cette lettre, était évèque d'Elvire ou d'illiberis, dans la fiétique, et avait été ordonné par Villicaire, archevêque de Sens, qui en avait obtenu commission du Pape, sur le rapport avantageux qu'il lui avait fait de sa foi et de ses mœurs.

Le Pape Adrien envova à Charlemagne, une lettre adressée aux évèques de Galice et d'Espagne, c'est-à-dire, tanl à ceux de l'obéissance du roi Alphonse qu'à ceux qui viyaicQlsous la domination des Arab^'s, Il y

répond à la leltrn d'Elipand, que le roi lui avait envoyée el en réfute l**s erreurs par plusieurs autorités de l'Ecriture. Jésus-Christ dit : JemonteàmonPèrCy et votre Pire. (Joan. XX, 17.) Le sien par nature, le nôtre par adoption. SaintPaul dit : Dieu napas épargné son propre Fils ; mais il Fa livré pour nous tous. {Rom. VIII, 32.) Or il n'a pas élé livré selon la divinité, mais selon rhumauité. Il insiste sur la confession de saint Pierre : Vous êtes le Christ Fils du Dieu vivant. {Mat th. XVI, 16.) Ensuite il rapporte plusieurs autorités des Pères, tanl grecs que latins, qui condamnent ceux qui diraient que Jésus-Christ est fils adoptif comme nous. Il conclut en exhortant les évèques d*Espagne à se réunir à la croyance de 1 Eglise ; autrement il les en déclare séparés el analhématisés par l'autorité de saint Pierre.

Au commencement de Tété de 19k un concile général de toutes les provinces soumises à l'obéissance de Charlemagne, se tint à Francfbrt-sur-le-Mein, assemblé par Tautorité du Pape nui y envoya (feux évèques légats Théophyfacte et Etienne, concile dans lequel fut condamnée l'hérésie d'Elipand et de Félix d'Urgel.

Vers ce même temps, Angiibert abbé de Cenlule, envoya au Pape les livres carolins, auxquels Adrien répondit avec une modération d'autant plus remarquable que Técrii était extrêmement violent. 11 parle ainsi dans cette longue lettre adressée à Charlemagne: Nous avons reçu Vabbé Angiibert ministre de votre chapelle^ gui a été nourri dans votre palais^ presque dès V enfance^ et admis à tous vos conseils. Cest pourquoi nous avons écouté favorablement tout ee qu'il a voulu nous expliquer, comme si vous nous l'eussiez exposé vous-même; entre autres choses il nous a pré-* sente un capitulaire contre le concile tenu à Nicée pour rérection des saintes images. Vaffection que nous vous portons nous a obligé d'y répondre article par article, non pour défendre personne, mais pour soutenir l'ancienne tradition de VEglise romaine. Il répond ensuite à divers articles sans suivre l'ordre des livres carolins; mais en chacun il marque de quelle session du concile do de Nicée est tiré l'article qu'il défend. Il commence par soutenir ce que Taraise avait dit que le Saint-Esprit procède du Père el du Fils, et emploie pour ce sujet plusieurs autorités des Pères. Cette réponse est remarquable, en ce qu'elle fait voir que l'Eglise romaine ne reprochait rien alors aux Grecs sur ce sujet.

Sur Tobjection tirée de l'avis de Constantin de Chypre, à qui l'on faisait dire qu'il adorait les images comme la sainte Trinité, le Pape ne fait d'autre réponse, que de rapporter la définition du concile, oi!^ l'honneur dû aux images est nettement distingué du culte dû à la nature divine. Il fait mention de deux conciles tenus à Rome contre les Iconoclastes, l'un en 732, par le Pape Grégoire III, l'autre en 769 par Etienne III, et ce dernier était i*mportant à la discussion présente, en ce que douze évêuues choisis de France y avaient

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assisté ; et toutefois on y avait ordonné que les images seraient honorées. Sur ce que Ton avançait conlre l'autorité des Vies des Pères, le Pape Adrien dit : que l'on ne lit dans r£gtise que celles qui portent les noms d'auteurs approuvés, et que Ton lit plutôt les Actesdes martyrs.II rapporte les exemples de plusieurs Papes qui avaient fait faire des images dans les églises de Rome, que Ton y voyait encore saint Sylvestre, saint Marc» saint lulesy saint Damase, saint Célestin, saint Sixte» saint Léon» Vigile» Pelage» Jean 1" et saint Grégoire.

Enfin il rapporte le dernier article des Livres carolins où il est dit : «Non que Ton défend d*adorer les images» mais que l'on n'y contraint personne.» Sur quoi le Pape Adrien dit : Cet article est bien différent des précédents : c'est pourquoi nous reconnaissons quUl est de vous, en ce que vous faites profession de suivre entièretnent le sentiment de saint Grégoire. Il parle à Char le magne. Ensuite il rapporte le passage de la lettre de saint Grégoire h Serenus» oi!^ il dit que les images sont utiles pour l'instruction» mais qu'il ne faut adorer que Dieu. Il joint d'autres passages de saint Gré(j;oire» savoir : de deux lettres h Secondin» où il dit qu'il lui envoie des images pour exciter sa dévotion et adorer Jésus-Christ en la présence de son image.

Le Pape aioute en parlant du concile de Nicée : Nous lavons reçu parce que sa décision est conforme au sentiment de saint Grégoire, craignant^ si nous ne le recevions pas^ que les Grecs ne retournassent à leur erreur et que nous ne fussions responsable de la perte de Umi iàme$. Toutefois nous n'avons encore donné aucune réponse à V empereur au sujet du concile. C'est que le Pape était bien informe de Tétat chancelant de la cour deConstantinople et du pouvoir des Iconoclastes. Il lyoute : En les exhortant à rétablir les ima-

ftSy nous les avons avertis de restituer à Eglise romaine sa Juridiction sur certains évichés et archevêchés et les patrimoines fut leur furent étés quand on abolit les images; u^ais nous n avons eu aticune réponse. Ce qui montre quils sont convertis sur un article, mais non sur les deux autres. C*est pourquoi, si vous le trouvez bon, en rendant grâce à V empereur du rétablissement des images nous le presserons encore pour la restitution de la juridiction et des patrimoines ; et s*il la refuse nous le déclarerons hérétique. Telle est la réponse du Pape Adrien aux Livres carolins, où Ton ne peut assez admirer la douceur avec laquelle 11 répond à un écrit si plein d'emportement et de mauvais raisonnements. ;

En deux ordinations au mois de mars àvo, Adrien fit vingt-quatre prêtres et sept diacres, et en d'autres occasions cent quatre-vingt cin^i évoques. Il fit aux églises de Rome un très-grand nombre d'offrandes en vases et en ornements de diverses sortes» dont le poids montait k treize cent quatre-vingt-quatre Itvcesd'or» et dix-sept cent soixante et treize livres d*argent» où il faut toujours entendre la livre romaine de douze onces. Il fit quan-

tité de réparations aux églises» et en bâtit pluMeurs nouvelles» il rebâtit plusieurs diar conies et ordonna des distributions considérables d'aumônes; donnant plusieurs terres pour cet objet. Le monastère de Saiut*£tienne qui portait le nom de Barbe praticienne» près de -réglise de Saint-Pierre» était tellement négligé» qu'on n'y faisait plus le service divin. Adrien le rétablit» y mit des moines et un abbé » et ordonna qu'ils célébrassent l'ofiice dans l'église de Saint-Pierre» comme les autres communautés qui venaient y chanter. Il rétablit le monastère de Saint-André» fondé par le Pape Honorius» y mit un abbé avec des moines » et ordonna qu'ils chantassent toutes les Heures dans la basilique de Latran.avec les moines de Saint-Pancrace» k deux chœurs» dont chaque monastère faisait le sien. Il unit deux monastères voisins» l'un de Saint-Laurent dans les ruines de l'ancien jpaiftis» et ordonna aux moines de faire l'oluce dans l'église de Saint-Marc. Il rétablit le monastère de Saint-Adrien et de Saint-Laurent tombé en ruine et habité par des séculiers» leur donna de grands biens et ordonna que les moines viendraient chanter, jour et nuit» dans l'église de Sainte-Marie- Majeure. L'église de Saint-Anastase ayant été brûlée avec la maison de l'abbé et les autres bâtiments» en sorte que l'on n'avait sauvé que la châsse du saint» le Pape Adrien alla lui même éteindre le feu» et rebâtit ce monastère en meilleur état qu'auparavant.

On ne saurait énumérer tous les travaux entrepris par le Pape Adrien pour la splendeur et les besoins de Rome. Il couvrit le tombeau de saint Pierre de lames d'argent» et son autel d'un parement en broderies d'or sur lequel était peint sa délivrance miraculeuse ue la prison par un ange. Il fit relever et paver de marbre l'église de Saint-Paul tombée en ruines. Il faisait nourrir tous les jours cent pauvres sous le portail de Latran. Il fit reconstruire les anciens aqueducs que le temps et la guerre avaient ruinés» et particulièrement celui qu'Auguste avait fait conduire par la grande voie de Claudius du lac d'Alciet k vin^t deux milles de Rome jusqu'au delà du Tibre. Il fit rebâtir celui du lac Sabatin longeant la voie d'Aurèle jusqu'au Vatican. Cet aqueduc servait k des moulins. Il releva celui de Julia sur la voie latine» k douze milles de Rome. Le réservoir j de Claudius et celui de la Vierge furent améliorés par ses soins. Dans une violente inondation du Tibre il fit jeter des bateaux dans les rues » et porter des vivres aux habitants qu'il consolait par ses paroles et soulageait par ses aumônes. Il employa cent livres d'or pour la réparation des tours et des murailles. Ami des pauvres » protecteur des orphelins et des veuves» il fit, en un mot» les plus gjrandes choses pour les pcPgrès de la religion et la liberté des citoyens.

Ce Pape tint le Saint-Siège 23 ans» 10 mois et 17 jours» mourut k la fin de 795» et fut enterré k Saint-Pierre le 26 de décembre de cette année. Charlemagne ayant appris sa mort» le pleura comme s*il eàk

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perda un frère ou un' fils ; et quoiqu'il ne doulflt point que son âme ne fût dans le repos éternel , il ne laissa pas de faire prier pour lui» et il donna pour cet effet de grandes aumônes. Il en envoya de son trésor à tontes les églises métropolitaines, et des dalmatiques et des chapes à toutes les églises épiscopales d'Angleterre» comme il témoigne dans une lettre à Offa, roi des Merciens ; enfin Charlemagne» pour monument éternel de son amitié envers Adrien 1", composa son épilaphe en vers latins élégiaques, parmi lesquels nous remarquons les quatre suivants :

Noinina jungo slmul titulis, clarissîme, nostra Hadrianuif Carolut^ rex ego, luqiie Pater, Qulsqiie legas versus, devoto peciore st ppiex Amborum mitîs, die, miserere Deus !

ADRIEN II, élu sous le règne de Charles le Chauve, roi de France, et de Basile, empereur d*Orient, était né à Rome, et fils de Valar , qui fut depuis évoque. -— Il était de la famille des Papes Etienne VI et Sergius II. Grégoire IV le fit sous-diacre; ensuite il fut admis au palais patriarcal de Latran , et ordonné prêtre du titre de Saint-Marc, Pape, n était fort charitable, et on dit qu*un jour, (distribuant aux pauvres quarante deniers qu'il avait reçus du Pape Sergius , avec les autres prêtres, ils se multiplièrent entre ses mains, en sort'O qu'après en avoir donné chacun trois à un grand nombre de pauvres, et autant è chacun de ses domestiques, il en resta encore six. Il ne fut pas moins ardent à exercer l'hospitalité. On l'élut Pape tout d'une voix après la mort de Léon IV, et encore après Éenolt 111 ; mais il sut si bien s'excuser, qu'il Tévila. Enfin après la* mort de Nicolas 1*', le concours de tout le peuple et de tout le clergé l'ut si unanime , les cris et les instances si pressantes, qu'il lut obligé d'accepter, quoique Agé de 76 ans. Il était marié, sa femme Stéphanie vivait encore, et il avait une fille. Plusieurs personnes pieuses, moines, prêtres et laïques , disaient avoir eu depuis longtemps des ré- Télations qui promettaiect a Adrien cette di^ité. Les uns l'avaient vu sur le siège épisconal orné du pallium; d'autres, célébrant la Messe revêtu de la chasuble; d'autres , distribuant des pièces d'or dans la basilique; d'autres, enfin, marchant en cérémonie h Saint-Pierre sur le cheval du Pape Nicolas.

On le tira donc de l'église de Sainte-Marie- Majeure, où il était souvent en prières, et on le porta avec empressement au palais patriarcal de Latran. Les envoyés de l'emreur Louis l'ayant appris, trouvèrent mauvais, non pas qu'on l'eût élu Pape, car ils le souhaitaient comme les autres ; mais qu'étant présents, les Romains ne les eussent pas invités à l'élection. Los Romains répondirent qu'ils ne l'avaient pas fait par mépris de l'empereur, mais par prévoyance pour Tovenir, de peur qu'il ne passAt en coutume d'attendre les envoyés du prince pour l'éleûtiou du Pape. Ils furent satisfaits de cette

réponse, et vinrent eux-mêmes saluer Adrien» Le peuple voulait qu'il fiU consacré sur-le-chMmp, et le demandait à grands cris; mais il fut retenu par le sénat. On attendit donc la réponse de l'empereur Louis, qui ayant vu le décret de cette élei^tion avec les souscriptions , écrivit aux Romains des éloges de l'avoir faite, déclarant qu'il ne prétendait point qu'on donnât rien pour la consécration d'Adrien, et que, loin d'ôter quelque chose à l'Eglise romaine, il entendait que ce qu'on lui avait été lui fût rendu.

Après donc que l'on eut fait, selon la coutume, les prières, les veilles, et les aum6nes le samedi 13 décembre 867, le lendemain dimanche, Adrien fut conduite Saint- Pierre et consacré solennellement par Pierre» évêque de Gabii, ville à présent ruinée, près dePrenestre, Léon de la Forêt-Rlancbe et Donat d'Ostie. On prit ces trois évêques» parce que celui d'Albane était mort, que celui de Porto,' qui était Formose, avait été envoyé par le Pape Nicolas pour prêcher les Bulgares. A la Messe que célébra le nouveau Pape, tout le monde s'empressait de recevoir de sa main la communion; et il la donna à quelques-uns que ses prédécesseurs en avaient exclus ; car il admit à la communion ecclésiastique Theutgaud, archevêque de Trêves et Zacnarie, évêque d'Anagnia, excommuniés par le Pape Nicolas; et le prêtre Aoasiase, que Léon et Benoit avaient réduits è la communion laïque. Toutefois il ne les reçut qu'après une satisfaction convenable. Etant de retour au palais de Latran, il refusa les présents que les Papes avaient coutume de recevoir, excepté ce qui pouvait servir aux tables, disant : 11 faut mépriser ce honteux commerce d'argent, donner gratuitement ce que nous avons reçu gratuitement, selon le précepte de Notre-Seigneur, et partager les oblations des fidèles avec les pauvres pour qui elles sont données.

Mais tandis qu'on sacrait le Pape, Lambert, duc de Spolète, entra dans Rome à main armée et la livra en pillage aux gens de sa suite. Les grands rachetèrent leurs maisons par de gro>ses sommes ; on n'épargna ni les églises, ni les monastères, et plusieurs' filles nobles furent enlevées. Les olaintes en étant portées devant l'empereur, Lambert perdit sou duché et encourut la haine de tous les Français, comme ennemi du Saint-Siège. Le Pape, de son côté, excommunia ceux qui avaient commis ce )illage, et nommément cinq des principaux, usqu'è ce qu'ils fissent restitution et satisaction ; et il y en eut deux qui satisfirent.

Aussitôt après l'ordination d'Adrien , Anastase, bibliothécaire, en donna avis à Odon, archevêque de Vienne, en ces termes : <c Je vous annonce une triste nouvelle, hélas I notre Père Nicolas a passé k une meilleure vie le treizième de novembre, et nous a laissés fort désolés. Maintenant tous ceux qu'il a repris pour des adultères ou d'autres crimes, travaillent

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avec cnaienr & détruire tout ce qu'il a fait, et à abolir tous ses écrits ; et on dit que Tein-

f)ereur les appuie. Avertissez-en dfonc tous es frères; et faites pour TËglise de Dieu ce que vous croirez qui puisse réussir. Car, si on casse les actes de ce grand Pape, que deviendront les vdlres? Mais quoique nous «tvons peu de gens qui niaient fléchi le i;;eDoa devant Baal, je crois qu'il y en a beaucoup chez vous. Nous avons un Pape nommé Adrien, homme zélé pour les bonnes mœurs; mais nous ne savons pas encore s*il voudra se charger de toutes les affaires ecclésiastiques, ou seulement d'une partie. Il aune confiance entière en mon oncle Arsène, votre ami , dont, toutefois, le zèle pour la réformation de l'Eglise est un peu refroidi, h cause des mauvais traitements qu'il a reçus du défunt Pape, et qui l'ont attaché à Tempereur. Je vous prie de le ramener par vos sages avis, afin que l'Eglise profite du crédit qu'il a auprès de l'empereur et du Pape. » Anastase ajoute par apostille : « Je vous conjure d'avertir tous les métropoUains des Gaules, que si on lient ici un concile, ils ne doivent pas tra- Tailler à déprimer le défunt Pape, sous prétexte de recouvrer leur autorité^ vu principalement que personne ne Ta accusé, et Ïu'il n'y a plus personne qui puisse le éfendre; qu'il n'a jamais consenti à aucune béresie commeon le suppose faussement,^ t n*a agi que par un bon zèle. C'est pourquoi je vous conjure, au nom de Dieu, de résister à ce qu'on veut faire contre lui ; ce serait anéantir Pautorité de cette Eglise. »

Après son sacre, Adrien II envoya en Bulgarie les évoques Dominique et Grimoatd, que Nicolas y avait destinés et congédiés immédiatement avant sa mort, et fit mettre son nom aux lettres dont Nicolas les avait chargés. Quand ils furent partis, il obtint de l'empereur Louis le rappel de Gauderic, évèque do Velletri , d'Etienne, évèque de Nepi et de Jean Simonide, eiilés sur de fausses accusations. L'empereur même renvoya tous ceux qu'il tenait en prison comme criminels de lèse-Majesté.

Ensuite le Pape fit peindre, suivant l'inlention de son prédécesseur, l'église que celuici avait fait bâtir avec trois aqueducs, et qui était la plus belle de toutes celles deLatran. Tout cela donna sujet aux ennemis du Pape ^ Nicolas dô dire publiquement et d'écrire que le Pape Adrien était nicola'ite; et parce qu'il tolérait chez lui avec patience quelques-uns d'entre eux, d'autres crurent, au contraire, qu'il voulait casser les actes de son prédécesseur. D*oik il arriva que tous les évêques d'Occident lui écrivirent des lettres solennelles, pour l'exhorter à honorer la mémoire du Pape Nicolas. C'était peut-être l'effetdes sollicitations d'Anastase, le bibliothécaire, et d'Adon de Vienne. Cependant, à Rome, quelques moines, tant grecs que d^autrcs nations , s'abstinrent SfCiètement de sa communion pendant quelques jours. Ce qui fut cause aue le vendieûi do la Septuagésime, 90 février 86S,

leuf aonnant un dtner suivant la coutume» il en invita un plus grand nombre qu*à

l'ordinaire. Il leur donna lui-môme à laver,

leur servit h boire et h manger; et, ce '}u*aucun Pape de sa connaissance n'avait

ait avant lui» il se mit à table avec eux, et pendant tout le dtner on chanta des cantiques spirituels.

Au sortir de table, il se prosterna sur le vivage devant tous, et dit: Je vous en sup^ plie^ mes frères^ priez pour l'Eglise catholi* que^ notre fils ires^ chrétien l'empereur Louis^ que Dieu lui soumette les Sarrasins pour notre repos; et priez aussi pour mot, qu'il me donne la force de gouverner son Eglise si nombreuse. Ils s'écrièrent que c'était plutôt à lui à prier pour eux. Et il ajouta avec larmes : Comme les prières pour ceux qui ont tris-bien vécu^ sont des actions de grâces, je vous prie de remercier Dieu d'avoir donné à son Eglise mon seigneur et mon père le très -saint et orthodoxe Pape Nicolas^ pour la défendre comme un autre Josué, Alors les moines dé Jérusalem, d'Antioche, d'Aloxandrie et de Constantinople, députés de la part des princes, demeurèrent longtemps en silence d'etonnement , puis ils s'écrièrent : « Dieu soit loué, Dieu soit loué d'avoir donné à l'Eglise un tel pasteur, et si respectueux envers son prédécesseur. Que l'envie cesse, que les feux bruits se dissipent. » Puis ils dirent trois fois : « Vive notre seigneur Adrien, établi de Dieu Souverain Pontife et Pape universel. Au trèssaint et orthodoxe seigneur Nicolas, établi de Dieu, Souverain Pontife et Pape universel, éternelle mémoire. Au nouvel Elle, vie et gloire éternelle. Au nouveau Phinées, digne de l'éternel sacerdoce, salut éternel. Paix et grflce à ses sectateurs. » Chacune de ces acclamations fut répétée trois fois

Le Pape Adrien écrivit à ce sujet aux évoques français, comme on le voit par la première des lettres qui leur sont adressées. Elle est du 2 février 868, et c'est la réponse synodale du concile de Troyes. Actard, évèque de Nantes, qui en était chargé, n'arriva à Rome qu'après la mort du Pape Nicolas vi l'ordination d'Adrien, et cette première réponse fut apportée en France par Sulpice^ envoyé de Vuliade, archevêque de Bourges ; aussi lui est-elie très-favorable, car le Pape Adrien y parle ainsi : L'innocence de notre frère Vévéque Yulfade et de ses collègues^ qui avait été obscurcie pour un peu de temps,, est devenue, par vos soins, aussi claire que la lumière du soleil. C'est pourquoi nous affirmons et approuvons votre jugement, et, ayani égard à votre prière^ nous accordons à Ku/fade, archevêque de Bourges^ tusage du pal^ lium, Notre prédécesseur Saurait volontiers accordé^ s'il avait reçu ce que vous venez de nous envoyer^ et nous ne faisons qu'exécuter ses intentions. Aussi comme nous vous accor* dons ce que vous demandez^ nous vous prions de faire écrire le nom du Pape Nicolas dans les livres et les diniyques de vos églises, de h faire nommer à la Messe, ,et d'ordonner la mime chose aux évêques vos confrères. Noue

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VéMî

VOUÉ exhortons principalement de résiâter vigofireuâement de vive voix et par écrite aux princes grecs et aux autres^ principalement aux clercs f qui voudraient entreprendre quelque chose contre sa personne ou ses décrets. Sachant que nous ne consentirons jamais à ce que ron pourrait ici tenter contre lui. Il est vrai que nous ne voulons pas être inflexible envers ceux qui imploreront la miséricorde du Saint-Siège , après une satisfaction rai* sonnable^ pourvu quils ne prétendent pas se justifier en accusant ce grand Pape^ qui est maintenant devant Dieu et que personne n'a osé reprendre de son vivant. Soyez donc vigilants et courageux sur ce point, et instruisez tous les évéques cf au delà les Alpes. Car si on rejette un Pape ou ses décrets^ aucun de vous ne peut compter que ses ordonnances puissent subsister. Peu de temps après, c*est-à-dire le 6 mai 868, le Pape Adrien, écrivit de même à Adon, archoTèque de Vienne, qui Tavait exhorté à soutenir les décrets de son prédécesseur. Je prétends les défendre^ àil Adrien, comme les miens propres: mais si les circonstances des temps l'ont obligé d'user de sévérité^ rien ne nous empêche d en user autrement^ selon la différence des occasions. Nous avons vu, en parlant de Nicolas I" K ce mot), quelle avait été sa conduite à ['égard de Lotbaire répudiant la reine Theuteber^epour s*unir è Vaidrade. Aussitôt que ce prince apprit la mort du Pape Nicolas, il envoyai Rome Advenlius évèque deMetz, et Grimiand son chancelier avec une lettre, par laauelle il témoignait regretter le Pape Nicolas, se plaignant néanmoins qu'il s*élait laissé prévenir contre lui. « Je me suis soumis à lui , » ajoutait-il , « ou plutôt au { grince des apôtres, au delà detontcequ*ont ait mes prédécesseurs. J'ai suivi ses avis paternels et les cThortalions de ses léçats au préjudice même de ma dignité. Je n'ai point cessé de le prier, que, suivant les lois divines et humaines, il me fût permis de me présenter è lui avec mes accusateurs; mais il me l'a toujours refusé, et m'a empêché de visiter le Saint-Siége, dont mes ancêtres ont été les protecteurs. Nous sommes bien aises c]ue les Bulgares et les autres Barbares soient invités à visiter les tombeaux des apôtres: mais nous sommes sensiblement affligé d'en être exclu. » Ensuite il félicite le Pape Adrien sur son élection, lui offre sa protection et son obéissance, témoisne un srand désir d'aller à Rome, et prie le Pape de ne lui préférer aucun des rois ses égaux. Il ajoute : « Ne nous envoyez vos lettres, que par notre ambassadeur, par le vôtre ou par celui de l'empereur Louis notre frère; parce

Ïue, faute de cette précaution , il est arrivé e grandes divisions. »

Le Pape fit réponse par une lettre que nous n'avons plus, mais dont la substance était : Que le Saint-Siège est toujours prêt à recevoir une digne satisfaction, et n'a jamais refusé ce qui est déclaré juste par les lois divines et humaines. Qu'ainsi Lotbaire pouvait hardiment se présenter, s'il se sen-

tait innocent des crimes dont on le chargeait ; et que, quaud-méme il se reconnaîtrait coupable, il ne devait pas laisser de venir pour recevoir la pénitence convenable.

L'empereur Louis, apparemment sollicité parles ambassadeurs de Lotbaire, travailla puissamment à adoucir le Pape Adrien à son égard. Depuis dix-huit mois, Louis, aidé parles troupes de Lotbaire, faisait avec avantage la guerre aux Sarrasins d'Afrique, qui ravageaient la partie méridionale d Italie, et y tenaient plusieurs places. Dès 866 il avait pris Gapoue après un siège de trois mois. Il avait battu les ennemis auprès de Lucera dans la Pouille, et pris leur camp. Il prit Matera sur eux, la brûla, et il les tenait assiégés dansBari où ils se défendirent quatre ans. ,Le Pape ne pouvant donc rien refuser à ce prince, lui accorda même l'absolution de vaidrade, comme il parait par plusieurs lettres, dont furent chargés l'évêque Adventius et le chancelier uriipland, ambassadeurs do Lotbaire.

La première est à Vaidrade même, et le Pape y parle ainsi : Nous avons appris par les rapports de plusieurs personnes et principalement de V empereur Louis ^ que vous vous étiez repentie de votre péché et de votre opiniâtreté : c'est pourquoi nous vous délivrons de Vanathème et de V excommunication^ et vous remettons dans la société des fidèles : vous donnant permissiond' entrer dans VEglise^ de prier ^ de manger et de parler avec les autres Chrétiens, Soyez si bi,en sur vos gardes à l avenir^ que Dieu vous accorde dans le ciel Vabsolution que vous recevez sur la terre ; car si vous usez de dissimulation^ loin d'être déliée^ vous vous engagez davantage devant celui qui voit le cœur. Ne vous laissez pas tromper par ceux qui vous flattent^ et sachez que ta vérité ne peut demeurer cachée. A cette lettre, le Pape en joignit une pour les évoques de Germanie, où il leur fait part de 1 absolution de Vaidrade. Elle est du 12 février 868 aussi bien que celle qui estadres* aée au roi Louis de Germanie, et où il parle ainsi :

Notre cher fils l'empereur Louis combat^ non contre les Chrétiens comme quelques uns^ mais contre les ennemis du nom chrétien^ pour la sûreté de l'Eglise, principalement pour la nôtre, et pour la délivrance de plusieurs fidèles qui étaient dans un extrême péril dans le Samnium^ en sorte que les Sarrasins étaient prêts à entrer sur nos terres. H a quitté son repos et le lieu de sa résidence^ s' exposant au chaud f au froide à toutes sortes d'incommodités et die périls. Jl a déjà fait de Grands progrès : plusieurs infidèles sont tombés sous ses armes victorieuses^ ei il en a converti plusieurs à la foi. C'est de quoi nous avons cru vous devoir avertir^ afin qu'il ne vous arrive pas d'attaquer rien de ce qui lui appartient^ non-seulement à /ut, mais à Lothaire, car qui touche son frère le touche. Autrement f sachez que le Saxnt-Siége est fortement uni à ce prince ; et aue nous sommes prêt à employer pour lui tes puissantes or-

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DES PAPES

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mes ifue Dieu nous met en main^par rinier^ cession de saini Pierre. Il y avait des letlres pareilles pour le roi Charles et pour les évoques de son royaume, qui furent rendues à ce prince par Tévèque de Metz et le chancelier de Lothaire, la mardi des Rogations ,2/i> mai 868.

Dès la fin de Tannée précédente, le roi Lolbairc avait envoyé k Rome Thietberge son épotise, pour demander elle-même la dissolution de son mariage. Mais le Pape Adrien ne donna pas dans ce piège , non plus que son prédécesseur, comme il le parait par une lettre énergique qu'il écrivit à Lolhaire» dont Tévèque et le chancelier furent aussi chargés. Le Pape y parle ainsi : la reine Thietberge votre épouse nous a expliqué ses peines de sa propre bouche^ et nous a du, qu'à cause de quelques infirmités corporellesj et de ce que son mariage n'a pas été légitimement contracté^ elle désire se séparer de vous^ renoncer au monde et se consacrer à Dieu. Cette proposition nous a surpris^ et quoiquelle eût votre consentement ^ nous n*avons pu lui donner te nôtre; au contraire^ nous lui avons enjoint de retourner avecvous^ et de soutenir le droit de son mariage. Quant aux raisons qu'elle prétend .avoir de sesépa» rer^ nous ctvons remis à les examiner mure* ment avec nos frères dans un concile. Cest pourquoi nous exhortons Votre Excellence à ne point écouter les mauvais conseils^ mais à recevoir cette reine avec V affection qui lui est due, tomme à une partie de vous-même. Que si fa difficulté du chemin ou quelque infirmité corporelle Voblige à demeurer dans quel» qu'une de ses terres^ en attendant le concile, elle doit y rester en sûreté , sous ^votre protection royale^ et disposer des abbayes que vous lui avez promises^ pour avoir de quoi subsister avec dignité. Si quelqu'un s'y oppose^ il sera frappe danatheme^ et vous» même excommunié si vous y prenez part.

L'infortunée princesse avait été co.ttrainte, par les mauvais traitements de Lothaire, de venir solliciter elle-même à Rome Tannulatioa de son mariage, et, ainsi que nous l'avons vu, Adrien . voulait cependant qu'elle fût toujours traitée comme légitime épouse. En même temps il avait expressément défendu à Valdrade de se trouver jamais avec Lothaire. Ce prince, après plusieurs autres démarches également basses où l'engageait l'intérêt de sa passion, partit pour 1 Italie et dlla d'abord è Rénévent s'aboucher avec l'empereur Louis, son frère, occupé à faire la guerre aux Sarrasins. De là il se rendit au Mont-Cassin (869), accompagné de l'impératrice Angilberge, qu'il avait gagnée. Lartificieux Lothaire flt toutes les soumissions propres à toucher le Souverain Pontife. L'impératrice y Joignit ses instantes sollicitatioas. Lothaire souhaitait sur toutes choses que le Pape le réconcitiêt solennellement, en célébrant les saints mystères en sa présence et en lui donnant la communion de M main. Adrien y consentit, pourvu néanmoins que le roi D*eût eu aucun commerce , même de paroles avec Valdrade, depuis que

le Pape Nicolas I" l'avait excommunié. Le Pape promit également de recevoir à la communion Gonthier de Coloene [voy. Nicolas I"), moyennant une déclaration par écrit qu'il se soumettrait h la sentence prononcée contre lui, qu'il n'exercerait jamais une fonction sainte ^t demeurerait toujours ndèle è l'Eglise romaine et au Souverain Pontife. Après celte première entrevue avec le Pape au monastère du Mont-Cassin , Lothaire se rendit à Rome, où personne du cler^^é ne vint au-devant de lui, et le Pape, pour lui faire sentir qu'il le regardait bien comme excommunié, ne voulut pas d'abord permettre qu'on lui dit la Messe ; mais après ce refus, il se montra disposé, selon sa promesse, à l'absoudre de son excommunication. Lothaire s'applaudissait de son triomphe et allait bientôt fournir dans sa personne un des plus terribles exemples du châtiment des communions sacrilèges. Adrien lui demanda s'il avait exactement observé les avis du Pape Nicolas. Lothaire répondit qu'il les avait suivis comme des ordres du ciel, et les seigneurs qui l'accompagnaient confirmèrent cette déclaration. Alors, au jour convenu, le Pape célébra la Messe en présence du roi dans l'Eglise de Saint-Pierre, et au moment de la communion , tenant la sainte hostie entre ses mains : Prince, lui dit-il d'une voix haute et distincte, si vous n'êtes pas coupable de Vadultire depuis que vous avez é4é averti par le Pape Nicolas^ et si vous avez formé une ferme résolution de n avoir plus de commerce avec Valdrade^ votre concubine 9 approchez avec confiance et recevez le sacrement dé la vie éternelle: mais si votre repentir n'est pas sindre^ n'ayez pas la témérité de profaner les saints mys^ tires et de les recevoir pour votre condamna" tion. Lothaire frémit sans doute à ces mots ; mais il consomma le crime, ajoutant le. par-* jure au sacrilège. Le Pape, s'adressant ensuite aux seigneurs qui communiaient avec le roi, dit à chacun d'eux : Si vous navez ni contribué f ni consenti aux adultères de votre maître avec Valdrade^ et si vous n'avez point communiqué avec les autres personnes anathématisées par leSaint-Siége^ que le corps du Seigneur vous soit un gage de salut éter» net. L*horreur du sacrilège en fit retirer quelques-uns; mais la plupart communièrent a l'exemple du roi. Gonthier de Cologne, qui était du nombre et qui demeurait déposé de l'épiscopat, reçut la communion parmi ces laïques.

Après celte fatale communion, Lothaire dtna avec le Pape, à qui il fit de magnifiqiues présents en vases d'or et d'argent. Adrien, de son côté, lui donna un manteau, une férule et une palme, triple symbole que les courtisans du roi interprétaient au gré de sqs passions. Enivré de ces flatteries. Te prince, plein de joie, et se croyant désormais sans inquiétudes, partit de l'éj^lise de Saint-Pierre de Rome. Mais il fut à peine à Lucques, que luimême et presque tout son cortège furent attaqués d'une fièvre maligne produisant les effets les plusétranges et les plus effrayants.Les

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cheveux^ les ongles, la peaa même leur tombaient tandis qu'un feu interne les dévorait. La plupart moururent sous les yeux du roi,

3ui se ut porter jusqu'à Plaisance, où il périt la connaissance arec la parole* et mourut le lendemain, 8 août 869. On observa que les gen; de sa suite, qui n'avaient point osé communier, furent les seuls que la mort épargna, et que tous ceux (]^ui, comme Lothaire^avaient profané aveclui le corpsdu Seigneur moururent de la même manière : en sorte que personne ne put méconnaître la vengeance du Ciel dans ce terrible châtiment.

Pour ne pas interrompre le récits! tragique du dénoûment de TafTaire de Lothaire, qui avait si longtemps occupé la papauté, uous avons dû renvoyer ici l'analyse des trois lettres suivantes, du Pape Adrien, qui précédèrent cette époque. Après les ambassadeurs du roi Lothaire, Actard, évéquede Nantes, fut aussi L'envoyé de Rome avec plusieurs lettres en sa faveur. La première est adressée aux évè« qnes qui avaient assisté aux conciles de Soissons et de Troycs, et le Pape y parle ainsi d'Actard : Mais parce que^ suivant votre rap^ port^ ce vénérable prélat est depuis longtemps chassé de son Eglise par la persécution des païens, et réduit à mener une vie errante^

Suoiquesa science et sa vertu le puissent ren^ retris'Utile à V Eglise; nous ordonnons, sui* vant les maximes de nos prédécesseurs^ et principalement de saint Grégoire ^ quil soit pourvu de quelque Eglise qui se trouvera va^ cante, et gui ne soit pas moindre quêtait la sienne, si toutefois son Eglise est tellement ruinée quil n'y ait plus d espérance de la ré* tablir. Nous lui avons même accordé le p§t' lium en considération de ce quil a souffert pour la religion ; mais cet honneur sera aitaché à sa personne, et non à VEglise dont il doit être pourvu.

La seconde lettre est au roi Charles, en réponse à la lettre que celui-ci avait écrite au Pape Nicolas, après le concile de Troyes, touchant l'affaire d'Ëbbon. Le Pape Adrien déclare que cette affaire doit être désormais ensevelie dans le silence, puisqu'Ëbbon n'a jamais été accusé d'aucune hérésie ; et puisqu'il est mort aussi bien que les évéques qui avaient connaissance de son affaire, il est impossible d*en connaître exactement la vérité. Ensuite il recommande Actard au roi, comme il avait fait aux évoques. La lettre est du 23 février 868. Il y en a une à Hérard, archevêque de Tours : il le prie de rendre à Actard le monastère qu'il a eu autrefois dans le diocèse de Tours, afin ou'il ait de quoi subsister; et marque qu'il a écrit à Salomon et aux Bretons ses sujets, pour conserver les droilsde l'Eglise de Tours.

Le Pape écrivit aussi à l'archevêque Hincmar eif ces termes : Quoique je vous connaisse depuis longtemps par votre réputation, toutefois je suis bien mietsx instruit de votre mérite par le rapport de nos vénérables frères Arsène, apocrisiaire du Saint-Siège, revécue Actard et mon cher fils Anastase bibliolMcaire, Ce qui m'a donne autant d'af-

fection pour vous^ aue si je vous avais entretenu mille fois. Vous savex combien les Papes Benoît et Nicolas ont travaillé dans Vaffaire du roi Lothaire ; nous avons le même esprit et nous suivons ce qu'ils ont décidé. C est pourquoi, nous vous exhortons à ne point vous ralentir, mais à parler hardiment de notre part aux rois et aux seigneurs, pour empêcher que fon ne relève par de mauvais artifices^ ce qui a été détruit par Vautorité divine. Et comme notre cher frère Charles entre les rois, et vous entre les évéques, avez principalement concouru avec le Saint-Siège à cette bonne œuvre, nous vous prions de soutenir ce prince , et V exhorter continuellement à achever le bien qu'il a commencé. 11 lui recommande ensuite les intérêts d'Actard, pour lui faire obtenir une Eglise même métropolitaine.

A la sollicitation de l'empereur Louis, le Pape employa son intervention pour con* server à ce prince Théritage de son frère Lothaire. Il envoya des légats en France avec des lettres oi!^ il représentait avec force les droits de l'empereur Lothaire, et l'indignité qu'il y aurait à dépouiller un prince chrétien au moment ou il protégeait seul l'Eglise contre les infidèles en combattant les Arabes qui envahissaient l'Italie. La première de ces lettres, adressée aux sei-

fleurs du rovaume de Lothaire, les exhorte être fidèles a l'empereur Louis, h le reconnaître comme légitime héritier de son frère et à ne céder aux promesses, ni auiL me^ naces de (jjui que ce soit, pour se soustraire à son obéissance, sous peine d'excommunication et d'anatbème. La seconde lettre adressée aux seigneurs du royaume de Charles , relève les services que l'em-

[lereur Louis rend à l'Eglise en combattant es Arabes , et rappelle la sainteté des serments que les rois frères avaient faits, de conserver leur partage entre eux et leur neveii. Le Pape ajoute : Si quelau'un s'op^ pose aux justes prétentions de tempereur^ qu'il sache que le Saint-Siège est pour ce prince ; et que les armes que Dieu nous met eti main sont préparées pour sa défense. Cette lettre, datée du 5 septembre 869, fut portée par deux évéques, Paul et Léon, légats envoyés exprès. Ils étaient chargés de deux autres lettres datées du même jour; l'une adressée h tous les évéques du royaume de Charles, l'autre àHincmarde Reims en particulier. Le Pape exhorte les évéques à détourner le roi Charles tie son injuste usurpation et donne pouvoir k Hincmar d'agir en cette circonstance comme délégué du Saint-Siège, répétant la même menace d'anathème. En effet, il appartenait au Père commun des Chrétiens de se porter publiquement le défenseur du droit international de cette époque, et, sans s'ériger en juge absolu des affaires tem[>orelles, de chercher à faire Respecter la sainteté des contrats et des serments royaux. Mais l'affaire était déjà consommée quand les lettres du Pape arrivèrent en France. Charles le Chauve D avait pas plutôt appris la mort de Lo-

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