‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 81 sur 123 · MS PAIRES · texte numérisé non relu

MS PAIRES

PrB

est Pierre, là est TEgKae. » Tel est le senti nieot unanime des Pères , telle est le tradition constante des docteurs dont saint Beriiardi parlant au Pape Eugène, nous a donné le précis en peu de mots : « C'est à toi, » m dit-ilf « qu'ont été données les clefs; c*est à « loi qu'ont été confiées les brebis... Les *« autres pasteurs ont soin chacun du trou- « l>ean qui leur a été assigné ; mais tous ces « troupeaux sont les tiens, ils ne forment «qu'un seul grand troupeau dont tu es « seul le premier pasteur; et non-seulement « les brebis, mais les pasteurs mêmes for- « ment ton troupeau. » C'est le lait de cette doctrine qu'ont sucé tous ceux qui ont été élevés dans l'Eglise de Jésus-Cnrist ; c'est dans ces sentiments que se sont nourris, dès leur tendrejeunesse, comme ils peuvent se Je rappeler, tous ceux qui se laissent au* jourd*hui tourner è tout vent. On a constamment dit, d'après TEvangile, que les brebis ont été confiées à Pierre, et non pas Pierre il $es brebis.

« La doctrine des conciles mcuméniqnea

■ toujours été la même que celle des saints

Pères. Les Pères de Cbalcédoine écoutèrent

dr>ctlement la voix de Pierre, parlant par la

bouche du Pape Léon, et furent persuadés

i|ue ce n'était point d'un évêque quelcon-

ffjae, mais de Léon que leurs actes devaient

recevoir la sanction. Au huitième concile

général, dans la première session, on lut et

approuva un écrit ou formule, où, après

rexpNOsition des prérogatives de l'autorité

pontificale, il était prescrit da ne potnl/atr^

tneniivn pendant lês sainte mvstiru des namê

d€ ceux qui itraient détachés ae lacommunian

de VEgiîss catholique^ c'est-à-dire de ceux

qui s'éloigneraient du Siège apostolique. De

plus, comme il s'agissait encore de porter

ies décisions sur certaines dispenses, qui

[graissaient nécessaires au bien-être de

rEulise , les Pères n'ont pas cru pouvoir

le leur chef accorder ces dispenses; mais

ils ont trouvé li propos d*avoir à ce sujet

recours è l'autorité pontificale, par la mé-

liation du (latriarcbe Ignace; ce qui fait

roir qu'ils ont reconnu que le pouvoir de

iiudilier les décrets résidait auprès du Saint-

^ié^e, et non pas chez les patriarches.

m Legrand concile de Latran, le quatrième le ce nom, ch. 6, enseigne que c'est de Dieu même que l'Eglise romaine tient la )rinci|»auté entre toutes les autres, aux- {iielles M ne compète qu'une puissance >rdinaire, puisqu'elle est la Mère et la Matresse de tous les fidèles Chrétiens.

■ Le deuxième concile de Lyon a publié a profession de foi des Grecs, où ils décla- <.nt reconnaître que l'Eglise romaine a regu le Dieu même, dans la personne de saint M erre, prince ou chef des apêtres, dont le *uniife romain est le successeur, une pleine >riroautéet principauté sur toute l'Eglise •Ailioiique, avec la plénitude de la puissance. .e concile de Florence, postérieur au conile ci-dessus nommé, établit solennelle* lient cotte primauté coinma un dogme de « foi catholique.

« Les Pères du concile de Trente, Inspirés par le même Esprit divin, ont défini ^ue le Souverain Pontife^ en vertu du pouvoir su^ préme fu't'/ est en droit dC exercer dans TE* glise universellCf pouvait réserver à son jugement particulier la connaissance de certains crimes .graves. Et personne ne pourra contester (a moins qu'on ne veuille impudemment mettre les supercheries de l'ignorance humaine au-dessus de la sagesse céleste qui a présidé aux conciles), que ce pouvoir qui s*étend sur toutes les autres Eglises et à qui appartiennent d'autres droits semblables»

que l'auteur du libelle s'efforce en vain da leur disputer ne Tient point du dehors et n'est point transféré des pasteurs inférieurs aux Souverains Pontifes, mais il est inaliénable et inséparable de la primauté

« Eybel réclame le concile de Constance; mais il devait se rappeler que ce même concile a condamné les erreurs de Widef etde Jean Hus, dont le premier avait osé avancer qu't/ n'était point nécessaire au salut de croire que V Eglise romains était supérieure à toutes les autres Eglises^ ni que U Pape était le premier et immédiat vicatre de Jésus- Christf et le second avait prétendu que Pierre n'esta ni na été' le chef de V Eglise catholique. C*est pour opposer la vraie crojance k ces erreurs, que Martin V prescrivait qu'on interrogeât ceux qui seraient suspects dans celte matière s'ils croient que saint Pierre a été le vicaire de JésuMIhrisI, ayant la puissance de lier et de délier sur la terre ; item, que le Pape canoniquement élu est le successeur de saint Pierre, avec l'autorité suprême dans l'Eglise de Dieu ; item^ que le Pape peut accoroerdes indulgences a tous les Chrétiens, et que les évéques n'ont ce pouvoir qu'autant que les sainte canons leur permettent de l'exercer k l'égard de leurs sujets. Ceci confond pleinement l'erreur du libelliste, qui a auaacieusèment avancé que chaque evêque avait \^ même pouvoir que le Pape d'accorder des indulgences. Pour tous ceux qui examine* ronlattenlivement et avec un esprit calme et juste les témoignages des Pères et des conciles que nous venons de rapporter»

c'est une chose évidente que ces témoignages déterminent une autorité bien supérieure à celle qu'on se plaît à définir un droit do simple direction, ou un droit d'exhorter, de remontrer et de supplier.

k Les Pères mêmes du concile de Bêle»

au'on n'accusera pas d'avoir Qatté les Papes» ans leurs réponses k l'évêqoe de Tarante» déclarent hautement « qu'ils confessent et croient que le Pontife romain est le chef et le prince de l'Eglise, le vicaire de Jésus- Christ; établi par Jésus-Christ lui-même, et non par les hommes, ni par les eonciles» pasteur des Chrétiens, à qui Dieu a confié les clefs, k qui seul il a été dit : Tues Pierre^ et qui seul a été appelé k la plénitude de la puissance Jes autres (>asteurs n'étant chargés que d'une partie du soin de TEglise. » L'au* leur du libelle devrait donc être pénétré de honte, 'VU Taudace impuissante avec laq«idle

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n entreprend de contester celte plénitude de la -puissance que les Pères du concile de Bâie mettent au nombre des points de doctriney assez connus et manifestés, pour qu*on

Î misse se dispenser de les exposer. Kt si *on veut une preuve de ce que nous arons avancé ci-dessus, d'après saint Augustin; savoir, que la primauté de la Chaire apostolique a toujours résidé dans le Siéf^e de Rome, et que cette primauté de Tapostolat était supérieure h I épisc^pat; il suffira de faire entre autres celte réfleiion importante : que Je successeur de Pierre, par là même

3u*il succède è Pierre, est chargé de droit ivin du soin de tout le troupeau de Jésus- Christ, en sorte que le gouvernement universel ei>i remis entre ses mains avec Tépis* copat : qu*au contraire les autres évèques sont mis à la tète chacun d^uno portion particulière du troupeau, qui leur est assi|$né non du droit divin, mais de droit ecclésiastique ; non par la bouche de Jésus-Christ, mais parles lots de la hiérarchie, pour qu'ils puissent la gouverner par l'autorité ordinaire. Que si Ton voulait révoquer- en douté q*ie !e droit d'assij^ner ces gouvernements

f particuliers appartient au Pontife romain, il àiidra disputer à tous les évoques du monda la légitimité de leur succession, puisqu'ils gouvernent des Eglises fondé'.'s par la seule autorité apostolique, ou détachées Tune do l'autre, ou enfin réunies l'une è l'autre par celte même autorité, et aue c'est par la mission du Ponlife romain qu ils exercent ce gouvernement; de sorte que ce serait non-seulement porter le trouble dans toute l'Eglise, mais encore donner alteinte à Té-

I)iscopat même, que de toucher à l'ensem- He admirable de fa puissance eccléstasiique, dont Dieu a vouluque la Chaire de Pierre fût le centre : de façon aue, selon les sentiments de Léon le Grand, ^ c'esl proprement « Pierre, et principalement Jésus*Christ, « qui gouverne tous les membres de l'Egli- «( se : et si Jésus-Christ a voulu rendre cerc laines choses communes h Pierre et aux « autres préposés, il a toujours accordé par « Pierre tout ce qui a été donné aux au* n très. »

«I L'auteur s'appuie stiV les prélats et les docteurs de l'Eglise gallicane, mais très-mal à propos. Car qui trouvera-t-il d'entre eux qui puisse lui servir de garant? Chercherat-il des témoignages favorables à ses opinions chez les anciens, ou chez ceux du mo^en âge, ou enfin chez les modernes?

Mais quant aux anciens, pour nous borner à quelques-uns du grand nombre que nous pourrions citer, il ne sera pas hors de propos de nous arrêter à Césaire d*Arles, et à Avitus de Vienne, dont le premier parle ainsi dans une supplique adressée au Pape Symmague : « Comme c'est de la personne « de saint Pierre que dérive ré|)iscopat, il « est aussi nécessaire que votre sainteté « prescrive par des règles convenables h « toutes les Eglises ce qu'elles auront è ob- 1 server, et qu'elle leur eximse clairement « leurs devoirs. )» -^^ « Je vous supplie, »

dit Avitus au Pape Hormisdas, « de vouloir c m'instruira sur ce que je dois répoodre « è mes frères de l'Eglise gallicane, s'ils « viennent me consulter. Car je pois maia- « tenant vous assurer avec confiance, tu le « dévouement, je ne dis pas de l'Eglise d« « Vienne, mais de toute rEglise gallicane, « que tous les fidèles de ce royaume se sou- « mettront è ce que vous aurez décidé sur « la crovance. » A ces témoignages un peut joindre la conduite des Pères d'Orléans qui se sont rapportés aux décrets du Siéf^e apostolique, pour la forme canonique de Téieclion des métropolitains.

« Ecoutons maintenant du moyen tge, Hincmar de Reims, qui nous Tait part de sa fidélité et de son obéissanc(i constantes et inviolables envers le Siège apostolique, la mère et la maltresse de toutes les Balises, et envers les Papes; et met par sa conduite personnelle, en plein jour ses seotimeots sur les prérogatives du Saint-Siège. On peut aussi se rapporter à Yves de Cliartres, qui parle avec vig^ieur^ contre IMmpudeoce de ceux qui s'élèvent contre le Siège apostolique, et décide, 911*011 ne peut sans tache thérésie contrarier les jugements et conslitulmi du Saint-Siège^ auquel il appartient principalementf et en général de confirmer ou (fannuler la consécration tant des métropolitaint que des autres évéques, et de révoquer leurt constitutions et leurs jugement s ^ sans ont In leurs puissent être altérés^ et sans qu aucun inférieur puisse les révoquer ou les réformer. Le même écrivain confirme ensuite ce juge* ment par l'autorité du Pape Gélase.

« Si nous passons de l'anliquilé bui temps plus rapprochés, nous trouvons des censures très-sévères portées par l'iltuslre Faculté théologique de Paris, contre le fameux apostat De Dominis, archevêque de Spalatro; et il eût été facile h Eybel de voir son libelle condamné d'avance; car les erreurs de De Dominis, que ladite Faculté a taxées d'hérésie et de schisme, consistaient en ce qu'il avançait « que la différence du « pouvoir entre les apôtres était une fiction « humaine, nullement consignée dans !es c saints Evangiles et les livres divins du « Nouveau Testament » (proposition décia* réo hérétique et schismatique, |)our autant qu'elle peut s'entendre de la juridiction apostolique ordinaire, qui n'appartient qo'^ saint Pierre^; « qu'il n'y avait point dans « l'Eglise d autre chef suprême que Jésus* « Christ; que tous les évèques ensemble, et « l'un comme l'autre, godvernaient l'JEgii^* « chacun avec un plein pouvoir; queTËglisâ « romaine est la principale en noblesse, eo K honneur et en célébrité, mais non pas par « la primauté d'oiigine et de juridictioD • (laquelle proposition est déclarée hérétique et schismatique , parce qu'elle accrédite hautement le. sentiment erroné que TEgiise romaine n'a point, de droit divin, d*autorii<^ sur les Eglises^; n que chaque évèque est. « de droit divin, pasteur universel; quel' •c forme monarchique n*a point été iMablia « dans l'Eglise immédiatriueut par JéH'^*

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