‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 93 sur 123 · SIR · texte numérisé non relu

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Celui qui^ di$ $on enfancê^ 8*e$i voitéau f#rvire de VEglint^ doit être bavtiêé avant tâoê de puberté et mii au rang aes lecteun. 5 f7 a tenu ju$qu*à trente ans une conduite ap^ prouvée^ se contentant d'une seule femme^ quUt rait épousée cierge avec la bénédiction du pré* trCf il doit être acolyte et sous-diacre. Ensuite il peut monter au degré de diaconat , s il en eMtjugédigne^ après avoir promis la continence. Quand il a^ra servi dignement plus de cinq ans^ il pourra recevoir la prêtrise. Dix ans après f il pourra monter à ta chaire épiscopafe , si Von est content de sa foi et de ses mœurs. Mais celui qui^ dans un âge avancé ^ désire d'entrer dans le clergé . ne C obtiendra quà condition détre mis au rang des lecteurs, ou des exor-cistes^ aussitôt après son baptême^ pourvu quil nait eu au une femme et l'ait prise vierge. Deux ans apres^ il pourra être acolyte^ et sousdiacre pendant cinq ans; et ainsi être élevé au diaconat ; puis avec le temps^ à la prêtrise et à Vépiscopat ^ s'il est choisi par le clergé et par le peuple. C*es( la première ordonnais ce ecclésiastique oili Tâge des ordinaots et les intersUces soient marqués si dislincteuent. On y Toit que l'Eslise ne désapprouve pas que les laïques s'offrent d'eux-mêmes pour entrer dans le clergé. Le clerc t qui aura épousé une veuve ou une seconde iemmct est réduit à le communion laïque. Il est défendu aux femmes dliabiter dans les maisons des clercs, sinon celles que permet le concile de Nicée.

Nous souhaitons , dit le Pape , que les naines qui seront trouvés dignes , soient idmis dans le cleraé^ à la charge que s'ils r/n/ au-dessous de trente ans^ ils soient jromûs aux moindres ordres par tous les legrés^ et qu'ils viennent dans un âge mûr tu diaconat et à la prêtrise: mais qu'on ne es ': fasse pas tout d'un coup sauter à Vépis^ opat. Comme il n'est point permis aux clercs le faire leur pénitence publique, ainsi il n'est pas permis ^admettre à la cléricature les algues qui ont fait pénitence publique^ quoi' ^ue réconciliés et purifiés de leurs péchés. }n use d'indulgence pour le passée à l'égard V cetsx qui ont péché par ignorance contre es rêgleSf et qui se sont intrus dans le clergé tant pénitents ou bigames^ mais à la charge uHm demeureront dans leur rang^ sans espé* nnce détre promus à un ordre supérieur. ,e Pape envoya ces décisions h Tévéque Ui* icriuSy Texhorlant 5 en faire part à lous les vA(|ues nou*seulement de sa province de arraj^one, mais de celle de Carihajjène, de \ Bétique, do la Lusilanie et de la Galice et L*s autres provinces de son voisina^^e ; ce li i ^*entendait dans la Gaule Narbonaise. Le Pape saint Sirice s opposa avec zèle et igi lance aux hérésies de son temps. Ce fut 1 1 qui procura le bannissement des maniléens iiar Tempereur Théodose; et, comme 9 se dissimulaient et ia mêlaient avec les itiioliques dans les ijlises, il ordonna de -eiidre garde qu'ils ne reçussent la comli ri io» et ne touchassent le corps de Notre- • î^neur de leurs bouches impures. Il en iva même ceux «[ui se convertissaient les

reléguant dans des monastères |)onr y passai le reste de leurs jours dans les jeûnes et le' prières; et i>ermit seulement, qu'après les avoir bien éprouvés, on leur donnât le via* tique è la mort. 11 ordonna en général que les hérétiques seraient reçus par l'imposition des mains et réconciliés en présence de toute l'Eglise; ce que nous trouvons ordonné en particulière l'égard des novatiens et des monteuses ou donatistes de Rome, dans un concile que ce Pape y tint, avec quatre-vingts évêques, le 6 janvier 386. Il nous en reste une épitre synodale, contenant neuf canons de discipline et adressée aux évéques d'Afrique.

Dans un autre concile tenu à Rome, vers la même épo<jue, le Pape saint Sirice condamna Jovinien. Cet hérétique avait passé les premières années de sa vie dans les austérités de la vie monastique; jeûnant, vivant de pain et d'eau, marchant pieds nus, portant un vêtement noir et travaillant de ses mains; mais il sortit de son monastère, qui était à Milan, et alla k Rome, oà il commença à semer ses erreurs. Elles se réduisent à quatre principales. Il disait quo ceux qui ont été régénérés par le baptême avec une pleine foi, ne peuvent plus être vaincus par le démon ; que tous ceux qui auront conservé la grAce du baptême, au* ront une récompense dans le ciel ; que les vierges n'ont pas plus de mérite que les veuves ou les femmes mariées, st leurs œuvres ne les distinguent d'ailleurs; enfin, qu'il n'y a point de différence entre s'abstenir des viandes et en user avec action de Srflce. Il niait aussi que la sainte Viergfe larie fut demeurée vierge après avoir mis Jésus-Christ au monde ; prétendant qu'autrement c'était attribuer è Jésus-Christ ua corps fantastique avec les manichéens.

Jovinien trouva même de la résistance dans les laïques illustres par leur naissance et leur piété, entre lesquels on nomme Sanw maque. Ils nortèrent au Pape Sirice un écrit dans lequel Jovinien avait publié ses erreurs et lui demandèrent son jugement.

Le Pape assembla son clersé : cette doctrine fut trouvée contraire à la loi chrétienne, et, de l'avis de tous ceux qui étaient présents, tant prêtres que diacres et autres clercs, ît amdarona Jovinien avec huit autres, aui sont nommés comme auteurs d'une nouvelle hérésie; et il ordonna qu'ils demeureraieul séparés de l'Eglise pour toujours.

Jovinien et les autres condamnés s*en allèrent à Milan, où l'empereur était retourné. Mais le Pape saint Sirice y envoya trois prêtres, Crescent, Léopart et Alexandre, avec une lettre i TEglise de Milan, qui contenait la condamnation de ces hérétiques et la réfutation sommaire de leurs erreurs. Aussi y furent-ils rejetés de tout le monde avec horreur, et les légats du Pape les firent chasser de la ville. Les évéques qui se trouvèrent alors à Milan avec saint Ambroise, s*assemblèrent en concile et les condamnèrent conformément au jugement du Pape, à qui ils en écrivirent une lettre synodale.

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fCnOMNAIRE

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Ils y louent d*abord sa TigHance pastoralet et ensuite réfutent, par l'Ecriture, tes écrits de Jovinien, s*étennant particulièrement à prouver que la sainte Mère de Dieu est toujours demeurée vierge. Celte lettre est souscrite par sept évèques , Eventius de Ceno, Maxime d*Emone, Félix de ladres, Bassien de Lodi, Théodore d*Octodure, Constantius d*Orange et par le prèlre Aper,^ au nom de Géminien, évêque de Modëne.

Saint Sirice ne sMntëressait pas moins à. conserver Tunilé de TEglise que la purelé de la foi. Cest ce qui le rendit sensible au schisme de i^Eglise (PAntioche, qui divisait l'Orient d*avec l'Occident, depuis plus de trente ans. La source du schisme venait de ce qu*une partie des Catholiques de la ville s'était donné un évoque è part, ne voulanr

Sas obéir à snint Mélèce. Cel évêque, nommé aulin, qui avait élé soutenu par le Pape Bamase et les Occidentaux , étant mort en 389, on lui avait substitué Evagre, pour continuer la division p1ut6t que Se se soumettre h saint Ftavien, successeur de saint Mélèse. Quoique l'ordination d'Evagre fût très-défectueuse d'ailleurs', l'Occident ne laissa pas de le reconnaître pour évêque d'Antîoche; et le Pape Sirice, prévenu contre saint Ftavien, lui accorda sa communion» comme Damase avait fait à Paulin. Les évèques d'Italie tinrent un conseil k Capoue pour tâcher de remédier à cet état de clioses. On y résolut d*accorder la communion à tous ceux qui professaient la foi catholique et Ton renvoya aux évoques d'Egypte 1 examen du différend entre Evagre et Flavien.

Le Pape Sirice, après avoir dignement se vi l'Eglise durant un pontiHcat de près de ih années, mourut dans une grande vieillesse, le 26 novembre 398, jour auquel sa fête est marquée dans les plus anciens martyrologes.

SISINNIUS, quatre-vingt-septième Pontife était Syrien et fut élu en janvier 708 pour succéder è Jean VII, — Quoiqu'il fût si fort incommodé de la goutte qu'il ne l>ouvait porter ses mains a la bouche, il avait un grand courage et une affection liaternelle pour son peuple. Il entreprit la répatatiOH des murs de Rome; mais il mou* rut subitement le 7 février 708 après vingt jours de pontificat durant lesquels sa bienfaisance et la grandeur de ses vues lui méritèrent Taffection et les regrets de tout le peuple romain. Ce Pape, contemporain de l'empereur Justinien II et de Childebert II, roi de France, fut enterré dans la basilique de Saint-Pierre et eut pour successeur Constantin.

SIXTE I" (Saint), était Romain et fut le sixième des successeurs de saint Pierre. — On ne connaît aucun détail de la vie privée de ce Pape. Tout ce que Ton sait, c'est qu'il fut élu le 7 juin 119| et qu'il succéda à eaint Alexandre vers le commencement du rè^ne d'Adrien ; mais on peut assurer qu'il gouverna l'Eglise avec assez de tranquillité, pendant près de neuf ans; on peut ajouter

quil la régît très-saintement. En effet lesou* verain pontiQcat était regardé alors comme peu propre k flatter Tambilionoa les autres passions, et on n'y élevait que ceux quj joignaient la sainteté des mœurs, l'habileié et la sagesse» au méprîs d'une roort presque inévitable, qui ea était comme le prix. If ordonna que les vases sacrés ne pour* raient être touchés que par les ministrès des autels» et que le^ corporaux seraient d*étoffé de lin. Il défendit que l'on reçut les évèques cités parle Saint-Siége, s'ils retour naientk leurs Eglises, sans porter avec eui des lettres de recommsùdation pour leur peuple. Il commanda également qu'on chantât à la Messe : Sainte Saint^''Saini etr It Seigneur^ le Dieu des armiet. Ce fut, disenti plusieurs auteurs de ce temps, le 23 dé* cembre 127, sous l'empereur Adrien, que le Pape saint Sixte I" fut couronné par le martyre. Sa mémoire est honorée le 6 avril. Il avait occupé le Saint-Siége près de oeuf ans» fait onze prêtres , onze diacres et

Juinze évoques et fut enterré dans Té^iise e Saint-Pierre è Rome.

SIXTE II (Saint), vingt-quatrième Ponlift et successeur de saint Etienne I*'. - Après la mort de ce dernier, le Saint-Siége vaqua pendant vingt-deux jours, et on élut ï sa place Sixte ou Xixte, le 2i août 257. Ce Fape était Grec de nation, et Athénien de naissance. Il avait exercé avec beaucoup de charité, de zèle et de Gd^lité la charge de diacre, sous le Pape saint Etienne; il fut mdmeie compagnon de sà prison lorsque ce saint Pape lut arrêté. Saint Sixte, pendant sua court pontificat, qui ne dura pas un an. s'acquitta fidèlement de toutes les fbnctioos d*un si haut ministère. Il s'appliqua à cDrobattre ou à repousser les ennemis qui attaquaient PEglise au dehors, et il n*eut pas moins d'application à guérir les maux doot elle était travaillée au dedans. Saint C/prien le qualiGe 6*amateur de la paix et d'excellent m touleâ sortes de vertus, La question sur le baptême des hérétiques, violemment agitée sons le Pape saint Etienne, son prédécesseur, continuait à diviser TEglise. saint D^ nis d'Alexandrie lui écrivit trois lettres poor le consulter k ce si^et et pour le prier de supj>orter pendant quelque temps encore tes Africains et ceux des Asiatiques qui prétendaient qu'il fallait rebaptiser ceui qoi avaient reçu le baptême des hérétiques. U saint Pape eut égard à cette recommandation et traita cette question avec plus de doueear que ne l'avait fhit le Pape Etienne, et, sa lieu de retrancher de TEglise les rebaptisants, il se contenta de les exhorter fortement à abandonner leur erreur. Tout en réunissant par sa modération et sa doaceor, les esprits divisés, saint Sixte travailla aoui è la propagation de l'Evangile, et l'Eglise de France reçut par ses soins une nouvelle troupe d'ouvriers évangéliques. Saint Pérégrîn, premier évêque d Auxerre et martre saint Hemmie de Chftlons-sor-Saêne, saint Sixte de Reims et son disciple saint Sirii^* (pii prêcha à Soissons, ne forment qu*uo<

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Krtion de celte apostolique et fenrente colie dOQl chèque membre se rendit à jamais recommaadable par les plus heureux tra* vaax.

fs saint Pape» qui le premier introduisit Tusage des autels consacrés, ne vécut pas longtemps après avoir procuré la lumière évangélique aux Gaules. Il était temps qu'il reçût la couronne due à cette grande œuvre, celle du martyre. L'empereur valérien avait écrit au sénat une lettre portant que l'on fit mourir sans délai les évéques, les prêtres et les diacres. En exécution de cet ordre, saint Sixte fut pris avec quelqnes-uns de son clergé, et crucifié le 6 août de l'an 258 avec fiix diacres. Le 29 juin précédent, il avait transféré les reliaues des apAlres saiut Pierre et saint Paul dans les ratacooihes où Ion avait coutume d'enterrer les martyrs. L>uolques-uns disent que saint Sixte eut la it>te irancliée, mais d'autres, d'après le poëte Prudence, disent qu*il lut attaché à un gibet, leureux et fort honoré de mourir en croix i l'exemple du Maître qui Ty avait précéda* »l pour la cause duquel il donnait sa vie.

Nous lisons dans les Extraitt de$ Offices de ainiÀmbroiêe^ où il est |>arlé de saint Laoenl (liv. I, c. U), que saint Laurent, voyant |ua l'on conduisait au supplice saint Sixte, on évèque, se mit k pleurer, non de ce que e saint Pape allait mourir, mais de i:e qu'il le mourait pas avec lui. k Où allez-vous, » ui disait-il, « mon cher père, où allex-vous ans votre fils? Où courei-vous, prêtre de ésus-Christ, sans votre diacre? Vous n'avie) ^as coutume d'offrir le sacritice sans minis* re. Qu*ai-je donc fait qui ait pu vous dé«* claire? Qu'avez-vous remarqué en moi qui ne rendit indigne d'être appelé votre fils? 4)rouvez du moins %i je ne mérite plus le hoix que vous aviez fait de moi pourcon* Bcrer avec vous le sang du Seigneur. Vous e voulez pas que je joigne mon sacrifice au 6:re; vous me lavez permis tant de fois ans la céli^bration des saints mystères. Âhi rcnez garde que, lorsqu'on donne de si raodes louanges k la généreuse fermeté que ous faites paraître, l'on vous accuse en lécne temps de ne me pas rendre toute^ la istiee que vous me devez; ou bien Ton roira que vous avez reconnu en moi quelue défaut. Mais l'abaissement du disciple e tournera jamais à la gloire du mettra ; et, laelque illustre qu'il soit, il triomphe bien tus glorieusement par la victoire que rem* [>f te son élè?e, que par celle qu'il remporte li-inème. Enfin, Abraham offrit son fils, lint Pierre envoya devant lui saint Etienne. ai tes-en de même, mon cher Père, montrez, ir ce que peut votre fils, ce que peut un ^ro tel que vous, et que sa vertu fasse adirer la vûtre. Offrez celui c|ui est le fils de >ire esprit et de votre charité, faites l'essai » sa foi, afin qu'étant sûr de ne vous être is trompé dans le jugement que vous avez >rté .ie lui, vous arriviez k la gloire qui >ijs attend, accompagné d'un second qui, >us ayant suivi dans le combat, mérite de >us suivre dans voire triomphe, a

is:t

Saint Sixte se tournant alors vers saint Laurent : Je netota abandonne pas mon filSf lui dil-il, ce n'est pas moi çui vous laisse: mais te Ciel vous réserve à de plus grands combats. On nous épargne^ nous auires vieillards. Pour vous, qui êtes dans la fleur de iàge, et qui atex toute la rigueur de la je\^ nesse, une victoire plus éclatante vous attend. Cessez de vous affliger^ dans trois jours vous me suivrez: il est de la bienséance quil y ait

Îuelque distance entre le prêtre et le diacre, l ne vous aurait pas été avantageux de eom'* battre sous les yeux de votre maître^ comme si cous eussiez eu besoin d'aide pour vaincre. Pourquoi désirez-rotcs partager les tourments que je rais endurer? je vous les laisse tous par ma mort. Ma présence vous est-elle nécessaire pour vous animer au combat f Ne savez-vous pas que les officiers font marcher devant eux les soldats timides: mais ils se font suivre

Îar les ^ brates. C'est ainsi qu Elitt laissa ■Usée sur la terre^ lorsqu'il fut enlevé dans te ciel. Je vous laisse donc en mourant le dépositaire de mon esprit ^ et je vous fais héritier de toute ma vertu. Après ces douces paroles de consolation le saint Pontife ex* pire.

SIXTE 111 (Saint), quarante-quatrième Pontife. — On sait peu <]uelle fut la vie de ce saint Pape dans sa jeunesse; mais on doit être persuadé quelle avait été irréprochable et édifiante : car il fut choisi pour gjouverner l'Eglise, dans un temps où réiection pouvait former un préjugé légitime de la sainteté de celui qui en était le sujet. Les Catholiques furent ravis de le voir élevé sur le Siège de saint Pierre: car ils avaient été témoins du zèle avec lequel il avait combattu, n'étant que prêtre de l'Eglise de Rome, deux fameuses hérésies qui commen- Çaient k troubler l'Eglise, celle des pela* giens et celle des nestoriens. Saint Augustin lui avait déjà écrit deux lettres pour le féKciter du zèle qu'il avait fait |>arailre contre les pélagiens. Dans la première, il parle d'un livre composé par re saint Pape touchant la grâce de Jésus-Christ et le pernicieux dogme qui l'attaquait, et il lui témoigne qu'il faisait son possible pour en procurer la lecture k tout le monde.

Saint Sixte, Romain de naissance, lot ordonné le S6 avril 432, en présence de deux éfêques orientaux, Bermosène de Rhinocorura eu Egypte, etLampetius deCassium, euvoyés par les évêques, qui avaient assisté au concile d'Ephèse, avec des lettres de recommandation de saint Cyrille. Saint Siita les chargea de ses réponses k saint Cyrille et aux évêques : quoic^u'il eût déjk suflîsamment déclaré son sentiment, par les lettres qu'il avait remises aux clercs de Constanlinople et k un diacre de saint Cyrille. Nous avons les deuz lettres qu'il envoya par les évêques Hermogène et Lampétius : la première k saint Cyrille en particulier, la se^ conde circulaire k tous les évêques (]ui les avaient députés. Elle a deux buts : 'e premier de leur faire part de son ordiuation ,^ suivant la coutume ; le second de procurer

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la réunfOR des Ejrlîses d*Orienl. II loue le zèle de saint Cyrille, qui sans esprit de ven*

Eglises. Le Pape déclare qu avis : que Ton reçoive tous ceux qui voudront revenir; maïs que 1*011 pourvoie aux Eglises de ceux qui ne voudront pas se réunir. Il déclare, a Tégard de Jean d'Antioche en particulier, que s'il veut être reconnu pour év6que catholiquet il faut qu*il condamne tout ce que l'Eglise a condamné.

Jean d'Antioche s*élant enfin réconcilié avec saint Cyrille, ce dernier en écrivit au Pape Sixte 111. Les lettres de saint Cyrille arrivèrent à Rome et y trouvèrent le Pape tenant un concile avec les évAques, qui étaient venus célébrer Tanniversaire de son ordination. Tout le peuple était assemblé dans réglise de Soint-Pierre, quand cette heureuse nouvelle y fut oubliée. Le Pape écrivit à saint Cyrille et à Jean d*Antioche des lettres de congratulation, datées du 17 septembre (33. Dans sa lettre h saint Cyrille, le Pape témoigne ne pas croire que Jean d*Antiocne ait jamais suivi Terreur de Nestorius, mais seulemeut, qu*il a suspendu son jugement.

Le Pape Sixte III soutint sa juridiction sur rillyrie, comme nous rapprennent trois de ses lettres, deux à des conciles d*lllyrie, une h Proclus. La première est datée du 8 juillet 435, et adressée au concile, qui devait s'assembler à Thessatonique. Il exhorte les évèques h s'attacher plus aux lois ecclésiastiques, qu'à celles des princes ; il entend sans doute la loi de Théodose du 14 juillet 421, dont le Pape Boniface avait obtenu la révocation. Il donne è Anastase, évèque de Thessalpnique, la même autorité, que les Papes précédents avaient donnée à ses prédécesseurs; c'est-à-dire que chaque métropolitain ft^ra les* ordinations dans sa province, mais du consentement de Tévéque de Thessatonique : qu*il ne s*ea fera aucune sans sa participation, et qu'il examinera ceux qui sont appelés à Tépiscopat : que les cau.ses majeures lui seront rapportées : qu'il choisira d'entre les évoques ceux qui jugeront avec lui, ou qu'il cjéputera pour juger sans lui. L'évéqtie de Corinthe est averti en particulier, de ne point se regarder comme indépendant.

La seconde lettre envoyée par le prêtre Artémius est datée du 18 décembre 437. Elle norle que tout ce que font les évAuues d'iljyrie, chacun en particulier, doit ciré rapporté à révoque ae Thfssalonique qui assemblera le concile , quand il jugera nécessaire , et que sur sa relation, le Siège apostolique conQrmera ce qui aura été fait. Ne croyez pa$^ ajoute-t-il^ être obligé à ce que le concile d'Orient a voulu ordonner contre notre volonté^ outre ce qu'il avait jugé sur la

{oi êans notre consentement» Il entend par là e troisième canon du concile de Constantinople en 381 qui donne le second rang à Vévèque de Constanlinople. Il déclare Anastase^ vicaire du Siège apostolique f comme

Rufus son prédécesseur, et prêche la paiiet l'union. La troisième porte la même date (18 décembre 437). Elle est adressée ï Proclus, pour l'exhorter à maintenir les droits de l'évèque de Thessatonique, et à ue recevoir aucun des évèques de sa dépendance sans ses lettres formées, comme le Pape l'observait lui«mème. Cette lettre est pleine de témoignages d*estime et de confiance pour Proclus. Le Pape lui marque qu'il a depuis peu confirmé son jugement touchant Iddoas. On croit que c'est i'évêiiue de Smyrne, qrf avait assisté au concile d'Ephèse, et que Proclus l'ayant jugé, il en appela au Pape. Car les évèques d'Asie avaient peine à recoanattre la juridiction de l'évèque de Constaotinople.

Sixte III écrivit à Nestorius, qui avait été déjà condamné à Rome par saint Célestin et par le concile général d'Éphèse pour essayer de le ramener a la foi catholique ; mais Nes« torius, bien loin de se rendre, publia des calomnies contre ce saint Pape. Laccusation d'un misérable nommé Bassus parut si atroce, que l'empereur Valentinien fit tenir un concile de cinquante-six évèques; le calomniateur y fut condamné et excommunié. Le saint Pape sortit de cette calouioie comme l'or de la lournaise, et il fX)ntiDuaè travailler au bien de TEgiise avec sa sollicitude ordinaire.

Julien d'Eclame, ce fameux pélagien»

souhaitant avec passion de recouvrer le siège dont il avait été déposé, s^etlbri;^ de rentrer dans la communion de TEglise, feignant d'être converti et employant divers artiGces pour le persuader au Pape saint Sixte lU : mais le Pape s'en défendit habilement par les avis de saint Léon, son archidiacre et son successeur» ce qui donna une grande joie à tous les Catholiques. Le Pape saint Sixte mourut peu de tem|)s apr^s, leiSmars (40, après avoir tenu le Saiot-Siége près de huit ans. Il tit des ordinations k Rome au mois de décembre, et ordonna vingt-buit prêtres» douze diacres et cinciuaDte-deoi ëvêques en divers lieux. Ce saint Pape eut un zèle extraordinaire pour la majesté du culte et l'honneur de la maison de Dieu. Un est étonné des dons prodigieux dont il enrichit, en moins de huit ans de pontificat la f)lupart des grandes églises de Rome. Il eut e mérite d^ngager l'empereur Valeutien, autant par ses exemples ciue par hes eihor* talions, à signaler pour le même objet sa libéralité et sa magnificence.

SIXTE IV. — Le 9 août 1471, quelcpies

{'ours après la mort de Paul II, François d'Ath )escola de la Rovère, cardinal dufitrede Saint-Pierre-aux-Liens , fut élu pour lui succéder, et prit le nom de Sixte Iv.

Il était né le 22 juillet l^U, au village de Celles I à cinq lieues de Savone. La plopiri des auteurs le font fils d'un LéonaroRoiière,

{>ècheur de profession. On croit que la noble amille des Rovère, voyant un Pape de son nom, voulut se faire honneur en radoptant* Le cardinal Bessarion qui possédait parfaitement les langues grecque et latine, avait

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été son maître k Pavie. EnsoitCt étant enlré ehez les Frères mineurs» il enseigna la philosophie dans les plus célèbres écoles dltalie et devint générai de son ordre. Paul II, instruit de son mérite, le fit entrer dans le Sacré Collège, et depuis qu'il fut cardinal» il mena une vie si résculière et si édifiante , que son palais ressemblait à un monastère.

Ayant été élu Pape» il s'occupa aussitôt des affaires de TEslise. Il déclara qu'il voulait travailler à rétablir la discipline, et à traiter de la guerre contre les Turcs. Il envoya en même temps de tous c6tés des hommes pour lever les décimes du clergé» le vingtième du bien des Juifs, et le trentième de celui des Catholiques, suivant le décret de l'assemblée de Manloue. Il accorda des privilèges et des indulgences è ceux qui prendraient les armes pour cette guerre, ou qui y contribueraient de leurs biens : il écrivit à l'empereur et aux antres souverains, pour les engager k concourir à une œuvre si sainte : i! rétablit les chanoines réguliers de Saintlean de I^tran à Rome, pour fiiire plaisir aux Romains; car on dit qu'il était si facile, qu'il ne pouvait rien refuser.

Au commencement de l'année 1472, il fit partir les légats qu'il avait choisis pour aller extiorter les priàces chrétiens à la guerre (;on (re tes Turcs. Le cardinal Caraffa, rlapolitain, fut chargé de commander la flotte que l'on armait contre les infidèles : il reçut des luainsdu Pape les enseignes des galères bénites. Ensuite le Pape, accompagné de tous les cardinaux, le conduisit jusqu'à la flotte :]ui était sur le Tibre, monta sur la princil>ale galère, et de la pouppe il donna la bénédiction au légat et a tous ceux qui étaient ians les autres galères, au nombre de vingt- :înii. Ces galères devaient se joindre à celtes les vénitiens et de Ferdinand, roi de Naples : liais toute cette flotte composée de quatreringts galères, ne fit rien de très-considérable. Tout se réduisit à la prise d*Attalie, Ians la Pamphilie. Cependant le léeal et Mo- ;enigo qui commandait la flotte vénitienne, surprirent la ville de Smyrue et enlevèrent 111 riche butin. Après cette expédition, le égat retourna à Rome, où il entra comme Ml triomphe; menant avec lui vingt-cinq Pures, montés sur de beaux chevaux , et louze chameaux chargés des dépouilles des riiuemis.

Dans le môme temps, le Pape envoyait de ous c6tés des personnes pour lever les lécîmes qui devaient être employés aux rais de la guerre contre les Turcs, avec melaces d'excommunier ceux qui en retienfraîent quelque chose. Mais les Allemands X beaucoup aautres, refusèrent de les payer, ^a même année, Louis XI envova à Sixte IV [es ambassadeurs qui demanaèrent, entre mires chosos, de la part de leur maître, que 'on assemblât un concile k Lyon; que les ordinaires eussent du moins la consolation I es bénéfices de mois en mois à leur tour vec le Pape ; que les taxes des bénéfices ussent réduites selon les décrets du concile le Constance; q»»e les procès ne fussent

point évoqués en première instance k Rome ;

Sue le clergé déià épuisé, ne fût point obligé e payer les décimes pour ta guerre contre les Turcs: mais le Pape éluda ces demandes, et montra que le roi ne devait point empêcher cette levée.

' L'an 1^73, Sixte IV confirma la bulle de Paul II , qui étendait le Jubilé 5 chaque vingt-cinquième année; il fit aussi de non- Telles promotions de cardinaux. Vers le môme temps, don Juan d'Aragon ayant Toulu donner l'évèché de Saragosse è un bâtard de son fils Ferdinand, et qui n'était encore que dans sa sixième année, le Pape s'y opposa , et le cardinal de Pavie écrivit même k ce prince, lui représentant que c'était contre les lois de l'Église d'élever k l'épiscopat un enfant. Cependant le roi d'Aragon finit par obtenir plus tard sa demande. Le 23 mai de la même année, le Souverain Pontife confirma la règle des religieux Minimes instituée j)ar saint Frangois de Paule. L'année suivante, il érigea en métropole le siège d'Avimon et donna pour sufiragants au nouvel archevêché les évêcliés de Carpentras, de. Cavaitlon et de Vaison. Quelque temps après il sécularisa le chapitre d'Avignon qui avait embrassé la règle de Saint-Augustin suusie pontificat d'Urbain IL Le Jubilé pour Tannée 1475, ayant été ouvert, un grand nombre de fidèles vinrent k Rome |K>ur avoir part k cette indulgence. Ferdinand, roi de Naples, fut de ceux qui

tous les ans une haquenée blanche, c'est-kdire un cheval blanc tout harnaché, comme un témoignage que ce royaume relevait du Saint-Siège. Cette cérémonie s'observa jusqu'k nos jours, la veille de saint Pierre» et on l'appela le présent de la haquenét.

L'an 1476, \eS inondations du Tibre et la peste ayant fait de grands ravages, le Pape, pour apaiser la colère de Dieu, établit par une balle du 30 mars, la Conception de la sainte Vierge, et accorda les mêmes indulgences que le Pape Urbain IV et Martin V avaient accordées pour la fête du Saint* Sacrement. La même année que Sixte IV établit la fête de Tlmmaculée Conception, il fit une promotion de cinq cardinaux. Trois ans au|)aravant, il en avait déjk créé huit, du nombre desquels était Jean-Raptiste Cibo, qui lui succéda sous le nom d'Innocent Vlll.

Deux ans après, il y eut k Florence de grands troubles causés par la division qui se mit entre les deux maisons de Hédicis et de Pazzi, les plus puissantes de cette républi-

Sse. Les chefs de la famille de Hédicis étaient ors Laurent et Julien son firère, adversnires du Pape. Les Pazzi, au contraire, avaient toute son estime et toute sa confiance. Ces derniers, formèrent une conspiration contre les Médicis, et ils y engagèrent un grand nombre de personnes. Au milieu de la Messe solennelle de la cathédrale, où assistaient les Médicis, Julien fut poignardé, et mourut sur*le-champ. Laurent son aîné qui

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i)*avai( reçu qu*une blessure h la gorge se sauva dans la sacristie, et s'y enferma. Les assassins déconcertés de ce queLnurent leur Bût échappé» et voyant que le Pape ne les secondait pas, romme ils s*ea étaient flattés» Cloutèrent au palais, dans le dessein d*égor* ger les magistrats ; mais comme ils ne furent suivis de {lersonne, on ferma les portes sur eux» et les magistrats les firent pendre sur-le-champ aux fenêtres du palais. L'archevêque de Pise qui était du nombre de ces furieux, fut pendu de mémo. La plupart des Pazzi furent punis en différentes manières; et comme Laurent de Médicis était aimé et honoré, ou lui donna des gardes po\ir la sûreté de sa personne.

Le Pape Sixte ayant appris tout ce qui s'était passé è Florence, et la mort violente de l'archevêque de Pise, interdit la ville, et excommunia Laurent de Médicis. Les Florentins implorèrent la protection du roi de France, du duc de Milan et des Vénitiens, assemblèrent les évêques de Toscane, et. obligèrent les prêtres à célébrer le service divin, malgré Vinterdit. Sixte se fondait avec raison sur ce qu*iU avaient osé emprisonner le cardinal neveu, et punir de mort uo archevêque ; entreprise criminelle et qui renversait toute la aiscipline ecclésiastique, qui voulait qu'aucun prince séculier ne pût* juger k mort les ecclésiastiques. Il fit saisir dans toute l'étendue de TËtat de l'Ej^liso, les comptoirs et le^ effets des négociants de Florence.

Cependant les Vénitiens assistèrent secrètement les Florentins. Louis XI voyant que l'état de ses affaires ne lui permettait pas de secourir longtemps les Florentins, imagina un expédient pour embarrasser le Pape : il assembla son clergé et les grands du royaume à Orléans, pour établir la Pragmatique sanction^ ki abolir les iinna/es ; mais on ne prit aucune mesure pour l'exécution: il donna} cependant un édit, dans lequel, après s'être plaint de la rigueur que le Pape avait exercée contre la république de Florence, et des sommes qu'il en coûtait k son royaume pour les expectatives des bénéfices, et autres exactions qu'il appelait illicites, il défendit à tous ses sujets d'aller à Rome pour obtenir des bénéfices et d'y envoyer aucun argent.

Louis xl avait déjà envoyé une ambassade k Rome, pour menacer le Pape d'un appel au concile; le vicomte de Laulrec était chef de l'ambassade. Le Pape remontra k cet ambassadeur les droits du Siège de Rome, et l'autorité légitime que les canons accordent aux Souverains Pontifes. Il lyouta que les affaires de l'Eglise n'appartenaient point au roi, que Laurent de Medicis devait se soumettre è la sentence prononcée contre lui, que par là il serait aisé d'en venirk un ac- 'commodément; comme s'il était permis de punir un innocent par préalable, parce qu'on |)6ut-lui pardonner ensuite. L'ambassadeur signifia au Pape, de la part du roi, que l'on tiendrait un concile en France, et qu'on y rétablirait la Pragmatique sanction, uans le

même temps, tous les princes d^llalie eavoyaient des ambassadeurs au Pape; mais il proposait des conditions que les FIoreDlins ne voulaient pas accepter, et entre autres,

Îu'on chassât de Florence Laurent deHédicis. Infin deux aus après, il accorda la paix aux Florentins. Les députés de cette république furent admis k Pentrée de l'église de Saint* Pierre, où s'étant prosternés, ou leur doDoi l'absolutioui et chacun d'eux reçut uo coup de verge* selon la coutume. Ensuite, ils en* trèrent dans l'église et assistèrent à ta Messe.

La même année 1480, l'armée des Turcs, ayant à leur tète Achmet, assiégea la ville d Otrante dans la Calabre ; ils la prirent, et y mirent tout à feu et à sang : il y eut plus de douze mille Chrétiens tués ou faits prisonniers. Huit cents furent meués hors de la ville, tous nus, et égorgés, parce quils aimèrent mieux souffrir la mort, que de renoncer à la religion chrétienne : Ja prise de cette ville jeta la consternation dans rilaîie. Le Pape, pour arrêter le progrès des infidèles, exhorta les princes chrétiens adonner des secours, et on forma une flotte considérable. Achmet l'ayant aperçue, se retira arec précipitation ; et la mort de Habomet qui arriva sur ces entrefaites» acheva de rassurer les esprits.

Peu de temps après, tous les princes d1talie firent une alliance entre eux poursu|>t>oser è la trop grande puissance des Vénitiens; et d'un autre côte, le Pape s'allia arec eux contre Ferdinand, roi de Naples, pour maintenir les droits de l'Eglise; mais dans la suite il se détacha de leur parti et alla Jusqu'à les excommunier. Ces guerres (^ui durèrent deux ans furentfunestesà toute 1 1talie et forcèrent la cour de Romeà augmenter les impôts et è en établir de nouveaux. Ou a vu quels efi'orts prodigieux fit incessamment Sixte IV pour repousser l'invasion imminente des Turcs; mais la lAclie politique des princes chrétiens fut loin de seconder ses généreux desseins. Il combattit égalefflent pour la liberté de l'Italie; mais ses projels lurent trayeursés [)ar les divisions des Italiens eux-mômes.

Sixte IV mourut un an après Louis XI, ie 13 août ikSk dans la soixaute et onzième année de son âge et la quatorzième de son pontificat. Ce Ponlife avait beaucoup de vertus, des mœurs intactes, une science extraordinaire, le talent des affaires, de l'applicalioa au travail, l'âme noble et généreuse. Uaiheureusement on lui reproche avec fondement le népotisme suite de sa bonté ellemême. Cependant son ardeur pour le progrès des lettres» la protection et la libéralité dont il honora les savants, ses propres ouvrages de philosophie et de théologie» sans couip* ter ses bulles savantes et nombreuses, \^ monuments sans nombre qu'il a laissés pour l'embellissement et l'utilité de Rome pleines encore aujourd'hui de ses inscriptions et de ses titres rendent à jamais son nom ménio^ rable. On a dit que, des seules pierres qui portent son nom dans les bâtiments soper^

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DES PAPES

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l>es qu*il multiplia dans Rome, on |>ourrail sonstruire un vaste édiCee. 11 est resté de lui à Home deux mohuments; uq pont sur le Tibre qui porte encore son nom» et la chapelle Sixte dans le Vatican. Nous avons iQSsi de hii plusieurs écrits sur divers suiets.

SIXTE V dit communément SIXTE- }UiNT. — Le successeur de Grégoire XIII rut le cardinal Félix Peretii. Il était né le 13 décembre 1521, dans un village de la tfarche d*AncAne» appelé les Urottes. Son [)ère élait tigiteion cnez un habitant du lieu {ui lui Qt épouser sa servante. Il en eut trois >nfaiits» dont TalnéTut le Pape dont il est ici luestion. On peut juger de la situation de :elle famille par cette anecdote sur le jeune Félix qui, un jour, étant tombé dans un hang Tut l'étiré par sa tante qui lavait sur os bords. Il apprit è connaître ses lettres ians des abécéoBires laissés par d*autres en« anls venus à la campagne pendant les vaances ; car faute de cinq bÀ^orchi par mois, 0 père ne pou-vaH renvoyer aux écoles. A a rin cependant un parent, Fra Salvatore, Je Tordre des Franciscains se laissa toucher jar ia position de Tenfaut et paya ses mois i*école. Le jeune Félix commença donc à *ecevoir l'instruction commune. Il emporail avec lui un morceau de pain quUI allait nanger k midi auprès d'une fontaine qui lui fournissait Teau de son repas. Son père n'étant j>as en état de le nourrir, le donna fort euoe k un laboureur qui lui fit garder les noutons, et ensuite ses pourceaux. Il s'acquittait de cet emploi, lorsqu'il vit un Cordeier qui allait kAscole, et qui s'était égaré de (on chemin. Le jeune garçon courut à lui, H lui fit offre de l'accompagner jusqu'à la rille. Le religieux charmé de I empressenent et de la vivacité de son esprit, se ren* lit au désir que lui témoigna Félix, d'être eçu dans le couvent des Frères mineurs TAscoli, et l'emmena avec lui. On liti donna *babit de Frère convers;on reconnut qu'il .^lait pro()re k des emplois plus élevés ; on ui fil faire ses études; et en deux ans de emps il parvint, par Sun application, k enendre les auteurs latins : bientôt après, il t'appliqua k la théologie, devint professeur le cette science, et prédicateur. Félix étu* liait dans le clottre k la lueur d'une lanterie et sans avoir soupe. Quand la lanterne /éteignait il allait k l'Eglise auprès de la ampe qui brûlait devant le tabernacle. Il fit le grands progrès, et aussi bien k Fermo lu'aux écoles et aux universités de Ferrare ït de Bologne, il obtint ses grades académi- |ues avec beaucoup d'honneurs. 11 maoifesa un grand talent pour la dialectique et la liéologie. Il se fit remarquer k l'assemblée générale des Franciscains tenue en. 1M9 et ^es prédications dans les églises de Rome y .'xcitèrent un enthousiasme général. Il fut irésenté k Paul IV et consulté souvent dans jss eas difficiles. Comme théolo^^ien il tra* railait dans la congrégation pour le œncile le Trente, comme çomulior pour l'Inquisi- ;i jOr M P«P« l^ie V *ui donna tr)i)ie ^a <*on-

fiance et le nomma vicaire général deb Fran-» ciscains avec lautorisation de réformer cet ordre. Il se livra en effet énorgiquement k cette œuvre et rétablit l'ancienne constitution. Pie, voyant son attente surpassée, il le nomma evèque de Sainte-Agathe et en 1570 le créa cardinal. L'évèché de Fermo ne larda pas k lui être donné et il revint revêtu de la pourpre Ik où autrefois il avait gardé les fruits et le bétail.

Tous les historiens de quelqne valeur, même parmi les protestants et en particulier Lùopold Ranko ont bit justice des fables ridicules qu'on a rapportées sur les moyens dont Félix Peretti se serait servi pour arriver k la papauté. Le )»Alre de Montalie el qui avait pris ce dernier nom vivait retiré,

taisible, économe et appliqué au travail, es OEuvres de saint Ambroise l'occupaient dans ses heures* de recueillement et il les

{)ublia en 1580. Ses plaisirs consistaient è aire du bien k sa ville natale et k planter des ceps de vigne dans l'endos que I on visite encore. 11 fit toujours preuve d'un empire extraordinaire sur loi «même et cette qualité jointe k toutes les autres et k sa com-

ftexion robuste le firent éliront le 9tb avril 585 dans des circonstances où l'on avait besoin avant tout d'un homme énergique et vigoureux. Le berger de Hontalte était le souverain de son tem(>s le plus digue de régner. Aussitôt élu, il montra une gravité, une force, une grandeur vraiment assorties k la dignité suprême dont il était revêtu. On le vit constamment ennemi du vice, protecteur de la vertu, pénétrant, juste, vigilant, sévère observateur de Tordre, magnifique en tout ce qui regardait la gloire de la religion et la splendeur de l'Etat; ami des lettres et de tous les arts, très-appliqué luimême k l'étude k laquelle il consacrait une partie de la nuit, après avoir donné le jour aux affaires. Ce fut un de ces hommes rares

Îpi font honneur k l'humanité. Avant de se aire couronner il manda le gouverneur ei les juges de Rome pour leur enjoindre, avec cette force qui lui était particulière de rendre exactement la justice. Attachant peu d'importance aux cérémonies de simple appareil, il était bien résolu k consacrer chacun des moments de son pontificat k des œuvres utiles.

La cérémonie de son couronnement fui magnifique. Il reçut les ambassadeurs du Japon avec les plus grands honneurs et les renvojra combles de présents. La douceur excessive du gouvernement ecclésiastique avait engendré des désordres qui commandaient indispensablement une répression sévère. Sixte-Quint y pourvut dès les premiers moments de son exaltation. En vain les eardinaux lui firent des reiyontrances k ce sujet. Vos remanirances^ dit-il, doivenl v^ushire hanii. Quand Jénuê-Chriit confia Us ekfi dt ton Egtiêe à taint Pierre^ nous ne vojfom pat dant P Evangile qu'il ai/ été soumis auxavit ni aux Itçont detautret apAlret^ et voutvot^f traspttgraveinenCtifumtcrojiex prfpdu cHtt miioriN tnr mou Les ctrdl-

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naux furent consternés par ce discours, mais ils eurent un moment plus de crainte encore lorsque le Pape qui les avait congédiés les Ql rappeler : ils revinrent, et Sixte leur dit : JTavais oublié de vous avertir quen faisant faire ce procès aux coupables ,je veux qu*on agisse aussi contre ceux qui les ont pro^ tiges. Les cardinaux se retirèrent sans oser ouvrir la bouche.

Sixte-Quint s'appliqua tout aussitôt à purger les terres de l'Église des brigands qui y exerçaient toutes sortes de violences, et qui s'étaient fait redouter sous le pontiQcat précédent. 11 fit dresser des potences pour punir sur-le-champ tous ceux qui se rendraient coupables. 11 déposséda plusieurs juges, à cause de leur douceur, et fit punir avec rigueur ceux qui avaient prévariqué dans leurs charges. Il ordonna que les adultères fussent punis de mort, et ce chAtiment fut exercé à l'égard d'un gentilhomme de Salerne, qui avait séduit la femme d'un homme d'affaire. Il réprima l'insolence de la noblesse qui depuis longtemps refusait de payer ses dettes; il voulut que chacun réglii sa dépense sur ses revenus ; il défendit, sous peine de la vie, de tirer Tépée et de porter des armes dans la ville, et fit punir ceux qui contrevinrent è cette ordonnance : il fit observer ses lois avec tant de rigueur qu*il rétablit en peu de temps la sûreté dans Rome. Il serait trop long de rapporter les châtiments terribles qu'iifit exercer contre les coupables, il ordonna à tous les archevêques et évAques de se retirer dans leurs diocèses. En moins d'une année tes Etats de rEglise furent purgés des bandits oui Tinlestaient auparavant et Sixte-Quint licencia la plus grande partie des troupes et diminua de moitié le nombre des sbires. S'il maintenait l'exécution des lois, de l'ordre et de la justice avec une rigueur parfois excessive, il se montrait doux, indulgent et conciliant dans les actes généraux de l'administration.

Dès le commencement de son règne il s*empressa d'étouffer toutes les mésintelligences dans les^uetlps ses prédécesseurs avaient jeté le Saint-Siége et ses voisins au sU|jet des droits ecclésiastiques. 11 rendit aux Milanais la place de la Bota , que Grégoire Xlll avait voulu leur enlever, et décida en faveur des Vénitiens dans l'affaire d'Aquile^a. Il abolit la congrégation chargée de !a juridiction ecclésiastique qui avait enfantée la plupart des différends survenus. Certes, il y a de la grandeur d'Ame è abandonner spontanément des droits contestés.

Celte disposition conciliatrice [iroduisit aussitôt les plus heureux résultats. Le roi d'Esiiagne écrivit à ^es ministres de Milan et de Naples d'obéir aux ordres du Pape comme aux siens. La To'scÀne se montre dévouée, Venise satisfaite et tous ces Etats qui servaient de refuge aux bandits, les livrèrent au Pape.

Après avoir puni les féuax de la terre coupable, il gagna les autres barons, il unit les deux grandes familles Colonna et Orsini, et accomoda leur différend sur la préséance.

Il rendit aux Ânconitins quelques-uns de leurs anciens privilèges, institua à Macerata un tribunal suprême pour toute la proviore, gratifia le collège des avocats de oonvelies concessions , érigea Fermo en arcbe?éclié, et Tolenline en évèché;et, à l'aide d'immenses -travaux fit une ville de Lorette. Il créa des institutions pour arrêter Taccroissement des dettes communales ; et, à partirde ces ordonnances, datent le retour progressif de la prospérité des communes. Partout il favorisa l'agriculture. Il cberi'ha è dessécher la Chiano d'Orviéto et les Marais Pontins qu'il visita ini-môme. Il releva l'indusirie en favorisant la fabrication de la laine et de la soie.

ï>hs la première année de son ponilGcat, il fulmina une bulle terrible contre le roi de Navarre et le prince de Condé,chefdu

Earii calviniste. Sixte-Quint y relève d'aord la puissance pontificale , placée au* dessus de toutes les puissances de la terre, en vertu du pouvoir donné parNotre-Seigneur à saint Pierre en l'établissant Cliefdesoo Eglise, il .stigmatise ensuite cesdeux princes, les déclarant déchus de tous les droits attachés à leur rang, et incapables de succéder à l«i couronne de France. Il dépouillai! même le roi de Navarre de la partie de ce royaume, sur laquelle ce jtrince avait des prétentions.

Sixte, voulant apporter qiielque remède à la corruption qui régnait à Rome, fit chasser les femmes les plus scandaleuses, espérant dans la suite enfermer toutes les autres. Il fit des ordonnances rigoureuses pour obliger les ecclésiastiques à mener une viechasle et exemplaire . il attira plusieurs savants à Rome ; car il avait une grande inclination pour les lettres.

Il entreprit de relever le fameux obélisque que Caligula avait fait transporter d'Espagne è Rome. Il surmonta les diflicullésde cette entreprise , ayant mis en œuvre le nombre d'hommes et de chevaux nécessaires pour faire agir les machines destinées à transporter cette grande masse qui a cent pieds de hauteur, il vint à bout de le faire placer sur son piédestal ; il s'empressait en même temps à mettre en meilleur ordre les affaires de la Chambre apostolique. L'année suivante il érigea Lorette en ville épiscopale; il confima la nouvelle oi'^flgrégaiion des Feuillans. Parmi le grand nombre de bulles qu'il publia, la plus fameose est la DetestabiliSf qui sert de règle aux canooistes dans la matière des contrats. Le Pape y condamne toutes les sociétés illicites qu'où fait dans ces sortes de traités. Désirant répandre ses faveurs sur sa patrie, il fit nue ville du bourg de Montalte, auprès duquel il était né, et lorsqu'elle fut bfllie il l'érigca en évêché. La même année i586, il fixa le nombre des cardinaux à soixante, par une bulle qui a été observée par ses successeurs. Il donna une nouvelle forme à la con^réj^ation de VJndeXj pour 1 examen des livres. On le regarde comme Tinstiluteur de celle des Rits, qui pitnd connaissance de loutoB

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qai regifde las nstgest les oéréniooies, les préséances H les esnonisaiions des SâinU. Ofi compte jusqu*à soixante bulles données par cet infatigable pontife en moins de deui ans, soutenues dans Texécution d'une vigilance ei d'une vigueur égale, et tendant à la répression de lous les vices , de tous les, crimes, de toutes les superstitions» et à la gloire de l'Eglise.

Il créa une nouvelle congrégation de ter* dinaux dont six pour les atfairesde l'Etat et six pour celles de l'Eglise. Il voulait que les cardinaux donnassent la plus haute idée d*eux*mèffles, et fixa leur nombre à soixante^ dix. Lcirs de son avènement il trouva les Û* nances dans ua oomp(e< épuisement. H les releva à ce point qu en avril 1588 il avait déjà ama^^sé plus de quatre millions et demi de scudi. Il ut déposer ce trésor au château Saint-Ange en le consacrant à la sainte Vierge ei aux saints apAlres Pierre et Paul, et le destinait soit à soutenir une expédition générale en Terre-Sainte, soit à prévenir une famine ou une invasion. Nous n'énumérerons pas ici ses entreprises et ses constructions gigantesques, aqueducs imcneases, obélisques et monuments de tout genre. Cependant Elisabeth, reine d'Angleterre, envoyait k Rome pour sonder les dispositions du Paçe è l'égard des Espagnols. Deson côté Philippe 11 fiiisait les plus grands eff&rts pour amener le Pape k publier une croisade contre la reine d'Aogleierre, qui i2*avait, disait-il, d'autre dessein que de ruiner la religion catholique. Eneffet, Sixte- Quint publia une bulle terrible r.ontre Elisabeth, par laquelle il mettait l'Angleterre en interdit, déclarait que ce royaume était un fief du Saint-Siège, dont Elisabeth ne lui ivait jamais rendu hommage, ordonnait lux Anglais de se joindre k l'armée espagnole, promettait de grandes récompenses i ceux qui s'assureraient de la reine et la aisseraieiit aux catholiques ; et il ouvrit le réior de l'Eglise k ceux qui favoriseraieot »tte ex pédition.

Au reite, Siile-Quint nourrissait les projets les plus gigantesques. Il se flatta longeoaps de parvenir k mettre fin k l'empire urc ; il noua des intelligences en Orient ivec la Perse, avec quelques chefs arabes, vec les Druses. il équipa des galères; 'Espagne et la Toscane devaient lui enfourlir d'autres. Il pensaitainsi pouvoir venir ^r mer se joindre k Etienne Bathorv, roi de Pologne, qui devait tenter par terre l'attaque Tiocipale. Le Pape espérait réunir pour etteex|)édition toutes les forces du norduest et du sud -est de l'Europe. Il voulait ooquérir l'Egypte, joindre la mer Rouge k I ]tf ôditerranée, rétablir l'ancien commerce u toonde et conquérir le Saint-Sépulcre, a moment il pensa élever un de ses meux sur le trône de France, et Henri IV vait déjk donné son consentement k ce su- »t. Toutes ses actions cependant avaient >ujours pour but unique rintérèt général 0 la religion catholique. Il se montrait ecessihie k toutes les idées graadipscs, et

savait lea exécuter avec cette fermeté ci cette grandeur qui ne connaît fias d'obs-r tacles.

La dernière année de son pontificat. Sixte* Quint s'appliqua k réparer la célèbre bibliothèque du Vatican : il n'épargna ni soins, ni dépenses , pour la rendre la mus riche et la plus belle de l'univers. Il fit bAtir poa? cela dans la partie du Vatican appelée Bel« véder un superbe édifice i)our Vy placer, ii ortier ce lieu de très-belles peintui*es^ qui représentaieet les principales actions ùe son pontificat, les conciles généraux et les plus célèbres bibliothèques de Tanliquité. On y comptait déjk plus de dix mille manuscrits, la plupart très-importants; elle est devenue, dans la suite, une des premières du monde« surtout depuis que la bibliothèque Palatine et celle des ducs d*Grbin et de la reine Christine de Suède y ont été réunies. Ce Pape fit encore bétir, près de cette bibliothèque, une très-belle imprimerie, destinée k faire des éditions exactes de beaucoup d'ouvrages altérés et corrompus par la mauvaise foi des hérétiques.

Quelques mois avant sa mort, il s*était senti attaqué d'une violente douleur de tète, mais il crut qu'elle n'avait d'autre cause que sa trop grande application au travail. Celte incommodité ne I empêchait pas néanmoins de vaquer aux affaires; il répétait souvent les paroles de l'empereur Vespasien , qu*kèM prince doit mourir debout. Peu de jour^ avant sa mort, il fit venir le gouverneur de Kome^ et lui ordonna de condamner aux galères les prisonniers accusés de crimes, voulant les voir partir dans la semaine pour Civita- Vecchia. Le mal devint toujours plus grand, et il mourut bientôt après, le 27 aoAt 15M, âgé de 69 ans. Le roi de France, Henri IV, apprenant la nouvelle de sa mort, dit qu'il perdait un Pape qui était tout à lui , et qu*il souhaiiait que son successeur lui ressemblât.

Si on a blAmé la trop grande rigueur de Sixte-Quint, on la loue avec raison sur le bon ordre qu'il mit dans la ville de Rome; car il rétablit la sûreté dans cette ville et dans tout l'Etat ecclésiastique, où Ton n'entendait parler auparavant que de vols, d'adultères et autres crimes. Il faisait rendre la justice à ses sujets avec tant d'exactitude, que, dans toute l'étendue de ses Btals, on ne nardoanait pas un criminel. D'un autre cAte, il défendait avec vigueur les intérêts des pauvres et des orphelins : il donnait audience k toutes sortes de personnes, et lea plus pauvres étaient écoutés les premiers, il avait une grande attention aux plaCets qu'on lui adressait contre le gouvernement , et il les ùdsait examiner article par article. Il était tellement iniatigable, que jamais Pape oe l'a égalé dans le travail , et toutes le^ affaires généralement lui passaient par les mains. 11 dormait peu, mais il n'avait point d'heures réglées pour son sommeil ; il avait ordonné k ses camériers de réveiller k queU due heure qqecefût, s'il arrivait 9ueiquo cnose d'imprévu; il réprimait séveremeiir

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