‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 98 sur 123 · ISI · texte numérisé non relu

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Àpris la tnorl de Cempereur Othon^ je ré^ iolu9 de fie point ifuiUer le service de mon père Adalbéron^ qui^ à mon tn«u, me choisit pour le sacerdoce^ et^ en mourant^ me désigna pour son successeur^ en présence de personnes illustres. Mais la simonie fit au* Amulf me fut préféré: et je ne laissais pas de le" servir fidèle^ ment^ jusquà ce que^ connaissant clairement sa révolte f je renonçai par écrit à son amitié^ et t abandonnai avec ses complices^ sans autre espérance ni autre intérêt que de ne point participer à ses crimes. Après quil eut été longtemps poursuivi et contumace suivant les loit de TEglise^ comme il ne restait que de le punir suivant les lois du prince^ et le chasser deson siège comme rebelle^ mes confrères et les grands me pressèrent encore de prendre soin d'un troupeau dispersé et déchiré. Je différai longtemps^ et ne cédai qu'avec peine , sachant bien les maux qui me menaçaient. Voilà ^ de* vont DieUf quelle a été la simplicité de ma conduite»

On m^accuse davoir trahi mon maître^ de ravoir mis en prison et usurpé son siège. Etait-il mon maître^ lui à qui je n'avais jamais prêté aucun serment? Si je Vai servi pour un temps^ je Vai fait far Tordre de mon père Adalbéron^ qui me ait de demeurer dans l'E" glise de Reims^ jusqu'à ce queie visse la con^ duite de celui qui en serait evéque. Pendant que je V observais^ je devins la proie des enne-^ mis, et je perdis tout ce que je tenais de votre libéralité et de celle des seigneurs ; encore mes ennemis m'ayant dépouillé ^ eurent regret que je leur eusse échappé en vie. Depuis que j'ai guitté ce rebelle, je nai eu aucun commerce avec /ut, et n'avais garde de le livrer, puisque je ne savais où il était,..

« Les Pères du concile, » dit M. H. Peut, « après nvoir délibéré, renvoyèrent, le pro* rioiicédélinitif du jugement è une prochaine issembiée , afin d'entendre les deux parties m même temps ; toutefois, et d'après l'ordre lu Pape, ils invitèrent Gerbert, qui s*y >ournit , è s'abstenir de la célébration du »aint sacrifice. Peu de jours après le 1*' juillet le la même année, un nouveau synode s'assembla è Reims. Les évèques y prononcéenl la déposition de Gerbert et la réintégraion d*Arnulf sur le siège métropolitain. Par e décret furent annulés les actes des faux yuudes de Reims cl de Chéla (ce dernier rail été convoqué par lu roi Robert pour faire sanctionner ce qui s'était passé à leiius) ; l'autorité du Pape fut reconnue, et j schisme, qui menaçait l'Eglise de France, touffe dans son germe. Gerbert se démit ^une charge qui lui avait causé de itumreux cbac^rins, sans lui offrir de bien grands édoosmagements; il quitta le sol de sa pale, el cbercba à la cour des empereurs 'Allemagne un adoucissement à ses souf-

ances. »

Nous ne nous sommes autant étendu sur ?tte phase de la vie de Gerbert qu'afin de Jeux faire sentir que si la promptitude et

vivacité de son esprit l'emportèrent queljcfois sur la prudence, la pureté de sa foi

son obéissance filiale aux décisipns de

l'Eglise restèrent du moins toujours inaltérables. La haute position de Gerbert, la glorieuse renommée, I énergie, disons le root, la violence avec laquelle il s*élait prononcé, durent lui rendre sa condamnation cruelle; cependant il se soumit, parce que son caractère était plus granu que son ambition. Bel exemple donne k certains esprits de nos jours qui s'imaçinent que l'opiniâtreté conduit k l'illuslration, et qui, sans être élevés à l'éminence du rang qu'occupait Gerbert, plutôt que d'avouer leurs erreurs, persévèrent néanmoins avec folie dans la triste rébellion de l'orgueil.

L'ex-métropulitainde Reims, employa son séjour en Allemagne h des études et k des travaux scientifiques. CefuI alors qu'il construisit à Magdebourg, dit l'annaliste Thielmar, une horloge qir il orienta en observant k travers un trou une certaine étoile, guide des matelots. C'est k cause de cette horloge, ou plutôt de ce cadran solaire, que plusieurs historiens ont mal k pro|>os représenté Gerbert comme l'inventeur de l'horloge k balancier.

Cependant le Pape Jean XV était mort n mai 996), et Pinfluence d'Othon avait fait élever sur le sié|je de Rome, son jeune parent Brunon, qui prit k son avènement le nom de Grégoire Y. Bientôt après, Othon fit son entrée dans la ville, et fut lui-même couronné avec les solennités d'usage. Gerbert qui avait accompagné l'empereur en Italie, y resta après son départ, probablement afiu de donner k sa santé délabrée les soins qu'elle exigeait. Un nouveau sujet de chagrin l'y attendait: k peine installé, Grégoire V revint sur l'affaire de Reims, ap* prouva la conduite de son prédécesseur, et exigea du roi Robert, qui venait de succéder k son père, la réintégration d'ArnuIf, que rimpitoyable politique de Hugues Capet avait jusqu'alors ri'teuu dans sa prison.

Hais l'heure de Gerbert était arrivée ; un aussi beau génie ne devait pas rester plus longtemps inutile. Dès que Gerbert fut réw tabli, le nouveau Papes'em; ressadelui rendre la justice qui lui était due et le nomma k rarchevéché de Revenue, en ajoutant k cette nouvelle dignité des dons importants comme marque particulière de son estime. Remarquons, en passant, que ce fut Grégoire V lui-même qui lui conféra cet honneur, ex gratuita largitate, dit la bulle d'investiture, et non ()Oint Othon 111, ainsi qu'on le lit dans presque toutes les histoires.

La présence de Gerbert sur le siège de Ravenne fut le signal de la destruction des abus. Il poursuivit avec sa vigueur et sa fermeté ordinaires la réforme des mœurs du clergé, base de toutes les autres, quand arriva la mort deGrééoire V [998]. La chaire de Saittt-Pierre était vacante encore une fois, mais dans cette circonstance il u'v eut qu'une voix sur l'homme le plus capable de 1 occuper, et Gerbert fut élu Paue, sous le nom de Sjrivestre 11, le 9 février 999 et son inirofiisation eut lieu le dimanche des Rameaux, 2. avril.

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Son premier acte fut aa manifeste plein d'humilité, de force et d*onclion, qu'il adressa aux évAques, et dans lequel il signalait les vice.s du temps avec une sévérité et une précision qui annonçaient de sa part une eipérience consommée et une connaissance parfaite de son époque. Puis il Gt un acte de masnanimiié admirable : dans un écrit que 1 histoire a conservé comme un modèle d'une alliance rare de sagesse et de vertu, il réintégra dans ses fonctions Tarchevèque de Rcyims» Arnuif, et lui rendit ses pouvoirs. Rien n'échappait à sa sollicitude. Il sut gouverner avec sagesse et avec force les domaines soumis à la domination du SaintSiégê ; il fit rentrer Césène sou^ son obéissance, donna à Orviéto des lois rédigées avec une telle prudence, qu'elles ont même mérité l'éloge des modernes, et ajouta à la }lessQ des saints Anges , la prose Ad célèbres^ Rex cœlL II tint plusieurs conciles et portait ainsi sa vigilance sur toutes choses, autant du moins que le permettaient les difficultés du moment. L'approche de l'an mil jetait alors les imaginations dans le délire, et causait'd'affreux désordres. On croyait généralement que la Qn des temps annoncée par l'Ëerilure était arrivée, et, si quelques-uns songeaient à leurs âmes, il y en eut beaucoup qui profitaient du leurs derniers jours pour se plonger dans toutes les jouissances, et s abandonner sans retenue. à l'emportemeni des plus détestables passions. Cependant le terme fatal passa sans malheur.

Ce n'était point assez pour Sylvestre que ces soins intérieurs donnés à l'Eglise ; sa vue s'étendait sur un plus vaste horizon. 11 ▼oyait en gémissant les infidèles dévaster la Terre-Sainte, menacer l'Italie et frapper aux portes de l'empire d*Orient. Le premier, il songea à la croisade, et l'annonça au monde par cette belle lettre si connue : Quoique le Christ^ par sa divinité^ $oil par^ ioul^ cependant c'eit là (en Palestine) qWil est né f, au* il a souffert f qu'il a ili ensetM; c'est de là quHl s^est élevé vers le cieU El quoique le prophète ait dit {Isa. xi,10] :« Sonsépulcresera glorieux^ » les infidèles désolent les lieux saints^ et le démon s'efforce d'en ternir la gloire» Le-» vex'vous donc, soldats du Christ! saisissez Tetendard avec Vépée, et ce que vous nepouvez faire par vos armes^ faites te par vos conseils et vos richesses. Que donnez-votM et à qui donnez^ous? Vous prélevez peu de chose sur de grands biens pour Celui jjrui nous a tout donné gratuitement f et qm ne reçoit rien âans le rendre au centuple. C'est lui qui mul" tiplie et qui récompense dans l'avenir ; c'est lui qui vous bénit par mes mains pour que vous croissiez en le servant; c'est lui qui vous remet vos péchés pour que vous régniez éternellement avec lui. Mais Tflge héroïque de la foi n'était pas encore arrivé, et quoique la terreur de l'an mil se fût évanouie, personne ne répondit h la voix du grand Pontife. Les Pisans seuls partirent sur plusieurs vaisseaux. C'est à Gerbert que Ton attribue ^galemeni la première idée du jubilé, cette Krande fête du monde chrétien,

qui devait réunir les peuples de toute la terre autour de la ville éternelle, fojcr toujours vivant de la science et de la foi. Ce fut lui qui emprunta aux moines de Clonjrli belle et consolante idée de la commémoration des morts, instituée en 9^8, par saint OJilon, et qu'il introduisit dans 1 Enlise.

L'année 1000 lui apporta une douce eoasolation : le roi de Hongrie, Etienne, qui depuis a mérité d'être rais au rang des saints, abandonna le paganisme pour se faire chrétien, et vint à Home pour recevoir des mains du Pape lui-même, avec sa couronne royale, des privilèges qui aDDonci^ rent toute la joie que celui-ci resseotail d'une si importante conquête ; mais les deux dernières années de sa vie furent empoisonnées par les troubles qui s'élevèrent autour de lui, et surtout par la mort de son élève chéri et de son puissant protecteur, Othon 111. Enfin lui-même, accablé d'infirmités et d'années, suivit son joune élère dans le tombeau, le 12 mai 1003, dans la cinquième année de son pontificat, et fut enseveli sous le portique de l'église de Saint- Jean de Latran. Un Pape, Sergius IV, son troisième successeur, fit placer sur sa tomk une épitaphe qui n'est que le résumé de la vie entière de Sylvestre II, et qui, par conséquent, est tout à sa louange. De siècle en siècle nous le voyons honorer: Jean , diacre de l'église de Latran , qui écrivait vers le milieu du xii* siècle, racontd des faits à son honneur ; et, vers le milieu du xvir. César Raspoui, chanoine de Lalrao, rapporte que, lorsqu'on 16&8 on ouvrit sou tombeau, il en sortit une odeur agréable, douce émanation de ses vertus et de sa sainteté. . . ,

Tel fui ce grand homme, si étrangement méconnu et si indignement calomnié par l'histoire^ qui, par le seul ascendant de son mérite et de ses éminentes qualités, sut parvenir, à travers des obstacles et des persécutions sans cesse renaissants, des rangs les plus obscurs de la société aui fonctions les plus augustes qu'il soit donné à un homme de remplir. Le crime capital de Gerbert fut d^ètre infiniment supérieur i tout ce qui Tenvironnaii» et de voir bien au delà du cercle étroit dans lequel s'agitait l'ignorance de s^ contemporains. De là ces rivalités qui l'ont abreuvé de tant d'amertume, et ces clameurs hostiles qui Tout accompagné à travers les âges. Doré* navant, le temps du dénigrement est passé,

et celui de la gloire commence.

Il n*est pas sans intérêt de voir comment Gerbert est traité par divers historiens: H. Sismondi est un de ceux qui lui faitU plus belle part, mais parce qu il trouve en lui un adversaire ardent de la papautét ^ un intrépide défenseur de ces libertés gallicanes, dont on parle d'autant |)lus qu'on l^ comprend moins. Il faut bien reconuaitre cependant qu'il se souooit franchement à la décision de l'Eglise.

• Quant à M. Michelet, s*il fait mention de Gerbert, c'est jsur ce ion moitié romanesquCi

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moitié sérieui. qui remplnce trop souvent (iaos son ouvrage la sévérité gue le langage de rbistorien ne devrait jamais onbKer.i Ce Gerbert,» d:sent-ils»« n'était pas moinsqu'un magicien; moine à Aurillac» chassé» réfugié à Barcelone» il se défroaue pour aller étudier les lettres et ralgèbreaCordoue; de \hf h Rome, le grand Olhon le fait précepteur de son fils» de son petit-fils ; puis il professe aux fameuses écoles de Reims ; il a pour discit^le notre bon roi Robert. Secrétaire et eonfident de ^'archevêque, il le fait déposer, et obtient sa place par TinQuence do Hugues Capet. Ce fut une grande chose pour les Capct d'avoir pour em un tel iiomme; s'ils aident è le faire archevêque, il aideè les faire rois. » Il suiBt de coanaltre les faits pour apprécier ta valeur d'un pareil jugement. Voilà cependant comme des sà^ vants, qui se recommandent d'ailleurs par de solides et de brillantes qualités, abusent quelquefois de la science et faussent la vérité.

Au surplus, avant M. Sismondi et M. Hichelet, un écrivain ecclésiasti'iue, le cardinal Baronius, avait jugé Gerbett avec une rigueur qui va jusqu'à l'emportement. Ne ▼ojrant eu lui que l'antagoniste du Pape, il s*écrie : « Ecoutez la constance avec laquelle cet boinme ose affirmer sa souveraine inconstance; voyez son impudence infinie et sa témérité ;*faites attention à son audace et à son arrogance, et demeurez sluoélaits de sa su|)erbe, si du moins les paroles de ce furieux sont dij^nes de notre examen, et non tle notre mépris. » II ne trouve à louer dans Gerbert que son indépendance et sa fermeté à défendre les droits de Tfigiise. C'est ainsi que les erreurs s'accréditeiit, se perpétuent, et frappent quelquefois jus(]ue dans leur mémoire les hommes les mieux faits pour tuériter Testime et commander . Tadmiration.

Mais l'histoire de Sylvestre H, par H. Hock, ost un service rendu à tous les esprits qui cherchent sincèrement la vérité ; de pareilles oeuvres ne sauraient être trop encouragées, elles honorent celui qui s'y livre, et contribuent puissamment au progrès de la science. On regrette bien encore l'absence lie quelques détails, mais on doit sans doute aittribuer celte lacune à la pénurie des matériaux Que le X* siècle nous a laissés, et qui, probablement, ne permettra jamais de dissi* l>er toutes les obscurités de cette époque. Au surplus, M. Axingerya pourvu en partie j)ar des notes tirées de Tannaliste Richer de âainl-Remy, dontU. Hock ne connaissait i^as le travail ; ces notes, qui ajoutent un nraiid prix à VBiêtoirt dt Gerbert^ sont d'autant plus importantes qu'elles corrigent fré(|uemmentde graves erreurs dont Fauteur Allemand n'avait |ias pu se défendre. Nous avouerons même quf), toutes succinctes qu'elles sont, la claitéquiy rè^ne, la précision de style oué Ton y remarque, nous lej» ont fait préieror à la narration souvent un peu difluso du texte primitif. Elles oUJreut, en outre, le précieux avantage do

DlCTIO?l?l. DkS Papks. .

substituer de temps à autre la saine doctrine de l'Eglise à des doctrines c|ui n'ont pas toujours le mérite d'une parfaite orthodoxie. L'œuvre de Bf. Axinger est plus qu'une traduction, c'est tout a la fois une traduction et une rectificatioa.

M. Hock, à la fin de son ouvrage, revient sur l'existence privée de Gerbert; il nous initie à son caractère, il nous fait remarquer de BOttveaUr comme un des aspects les plus saillants de son individualité, son goût pour les travaux de l'esprit» son zèle à reunir tous les ouvrages qui traitent de science, tous les livres qui pouvaient être un utile sujet d'études.c Le but de tant d^efforts,» dit Gerbert lui-même dans une de ses lettres, « est d'arriver au mépris de la fortune trompeuse, mépris que nous refuse la nature, mais que nous donne la science; ainsi, pour occuper nos loisirs, nous enseignons ce que nous savons, et nous apprenons ce que BOUS ignorons. » 11 nous le montre ensuite s'oecupant d^ouvrages d'art r construisant des sphères, et fabriquant, bien, avant la découverte de Papin, un orgue dont les son$ étaient produits ()ar la force expausive de la vapeur. Enfin il nous cite ses plus illustres élèves, et fait l'analyse de s^û principaux ouvrages.

Il est une autre particularîté dé fa vie de Gerbert sur laquelle Tbistorien ne pouvait ganter le silence : Gerbert, comme plus tard Albert le Grand, comme ftoger Bacon, comme la plupart des hommes qui se distinguèrent par leur savoir dans le moyen âge, fut accusé de magie. Le vulgaire est toujours tenté d'expliquer, par des causes mystérieuses et surnaturefles, ce qui dépasse la portée de son intelligence. Ce' fui seulement un siècle environ après sa mort que ces t>ruits étranges commencèrent h prendre quelque crédit, et trouvèrent des chroniqueurs pour les répandre ; c*est dans l'ouvrage même qu'il faut voir ces bizarres croyances, dont H. Hock indii^ue l'origine et prouve la fausseté. (Histoire du Pape Sylvestre II et de $on iiêcte^ par C.-F. Hock, traduite de Tallemand, parM. fabbé J.-M. Axinger, reproduite par H. Peut.;

Outre un très-grand nombre de tettree^ Gert>ert écrivit des iraitéf sur l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie, sur la manière de construire un astrolabe, un cadran ou quart de cercle, une sphère, sans compter des traités de rhétorique' et de dialectique. Son auteur favori était le célèbre Bodce, qui, avec son ami CassioJore, traduit en latin et transplanta en Occident, pendant le ir siècle , toutes les sciences delà Grèce. Gerbert était surtout habile à construire des instruments d'astronomie ef de musique.

Ditmar, évèfque de Mersebourç, le plus judicieux et le plus fidèle hisCorien de ce temps-là, nons cnt : c Qu'il était parfaitement versé dans rastronoitiie,qii'il surpassa tois ses contemporains en plusieurs autres belles connaissances ; qu'étant à Magdebonrg avec l'empereur Othon Ht, il fit une horloge dont il régla le mouvement sur Tétoile polaire,

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qu'il considérait à travers un tube. » De ces paroles d'un auteur contemporain, des savants ont conclu que Gerbert inventa, dès le X* siècle 9 premièrement une horloge à roues, et, en second Heu, un tube astronomique ou lunette à longue vue, autrement télescope. Un autre ancien, auteur parle avec admiration des orgues hydrauliques, oii Gerbert introduisit le vent et le mouvement nécessaire,» par le moyen de l'eau houillante; paroles qui nous apprennent, à n*en pouvoir douter, que, dès le x* siècle, Gerbert inventa des machines à vapeur.

Nous croyons donc qu'il n'est plus permis de taxer d'ignorance et de barbarie un siècle

Îmreil ; car Gerbert y fut recherché, admiré, été comme savant par tout le monde. Son successeur fut Jean XVU.

SYMMAQDE (Saint), cinquante et unième Pontife et successeur d'Anastase II. — Fils de Fortunai et natif de Sardaigno, le Pape Symmaque fut ordonné le 22 novembre 498. Le patrice Festus, dévoué à Tempereur Anaslase, s'était ensagé de faire souscrire au Pape un édit de 1 empereur, qui contenait VHenoticon de Zenon, pour Tunion i)rétendue des Catholiques et des eutychéens. I fit si bien par ses intrigues et par l'argent qu'il distribua, que le jour même de l'élection de Symmaque, quelques-uns du clergé romain nommèrent un autre Papeappelé Laurent : c'est ce qui fit naître un scnisme ()ue rpn compte pour le cinquième de ceux qui ont déchiré l'Eglise romaine. Il causa de

Î;rands désordres dans la ville de Rome, et a divisa en deux partis : à la fin ils demeurèrent d'accord de s'en rapporter au jugement de l'héodoric, roi des Golns, oui était arien. Ce prince ayant jugé que cel ui clés deux Papes, qui avait été ordonne le premier, ou celui à

3UÎ le plus grand nombre adhérait, devait emeureren possession, Symmaque fut ainsi reconnu pour Pape légitime. Le schisme ayant par là cesse, Symmaque travailla à réunir tous les esprits. Au lieu de traiter Laurent avec sévérité, il le fit évoque de Nocéra, parce qu'il parut se démettre volontairement; mais il ne lui fût pas aussi facile de réduire les schismatiques.

Quatre mois après sou élection, le 1" mars kOd, le Pape Symmaque assembla à Rome un concile de soixante-douze évèquesdans la basilique de Saint-Pierre et j présida.

L'archidiacre Fulgence ouvrit le concile, et dit : « Votre Sainteté ayant envoyé des ordres dans les provinces, a assemblé ce iiombreux concile des évoques d'Italie ; réglez maintenant ce qui regarde la sûreté et la paix de l'Eglise. » Tous Tes évoques et les prêtres s^écrièrent :« Jésus-Christ, exauceznous ; vive Svmmaque, nous vous prions de le faire. » Ce qu'ils répétèrent dix fois. Le Pape dit : Je vous ai assemblés^ malgré ia ri-gueur de' T hiver ^ pour chercher les moyens les plus puissants de retrancher les brigues des éiéqueSf et les tumultes populaires^ comme on en a excité à mon ordination; voyons donc ce que ton doit observer relativement à Vordi^ nation de lévique de Rome, Tous les érôi^ues

et les prâtres dirent : « Nous prions quon le iïisse : qu'on retranche les scandales, qu'on éloigne les brigues. » Après ces accUmalions repétées plusieurs fois, le Pape Gi lire par le notaire Emilien les décrets du concile.

Le premier porte t « Si quelque prêtre, diacre ou clerc, du vivant du Pape, et sans sa participation, ose donner sa souscrifi* tion, promettre son suffrage par billet ou ' par serment, ou délibérer sur cd sujet, dans quelque assemblée particulière : qu'il soit déposé ou excommunié. » Le second \ < Si le Pape meurt subitement sans avoir pu pourvoir à l'élection de son successeur, celai -ci sera consacré évèque , qui aura les suffrage» de tout le clergé, ou du plus grand nombre. > Le troisième : « Si quelqu'un découvre les brigues que nous venons de condamner, et le prouve, non-seulement il sera absous, s'il est complice, mais encore récompensé. *

Le concile témoigna son contentement par plusieurs acclamations : soixante«treitc évêques souscrivirent, en comptant le Pape, dont la souscription est en ees termes : t«- Uns Symmaque^ évèque de la sainte EglUe catholique de Rome, j ai souscrit à ces décret» synodaux que j'ai approuvés ; puis Rustique, évèque de Hinturnes, Boniface de Vélilre.s Misène de Cumes et les autres, suivant apparemment le rang de leur ordi&ation, ensuite soixante-sept prêtres, ddnt le premier est Cœlius Laurent, archiprètre du titre de Sainte-^Praxède, le même qui avait été élu butipape* et qui depuis fut fait tvè(|ue de Nocéra. EnQnilya les souscriotions de ciDq diacres.

Peu de temps après, quelques-uns du clergé de Rome , et quelques sénateurs, principalement Festus et Probin, accusèrent Je Pape Symmaque de crimes horribles; et subornèrent de faux témoins, qu'ils envoyèrent à Ra venue, au roi Théodoric. En même temps, ils rappelèrent secrètement Laurent et renouvelèrent le schisme; car une partie communiquait à Symmaque, une partie à Laurent. Festus et Probin demandèrent au roi qu'il envoyât à Rome un évèque visiteur, comme on avait l'habitude, aui Ejjlises vacantes. Le roi Théodoric y envoya Pierre, évèque d'Altino, avec ordre exprès» quand il serait arrivé à Rome, d'aller dabord à la basilique de Saint-Pierre, d'y saluer le Pape Symmaque, et de lui demander les esclaves que l'on prétendait produire pour témoins contre lui, aQn qu'ils fussent interrogés par les évêques, mais sanslesmelirea la question. L'évêque d'Altino n'obserra point cet ordre, et sans aller à Saint-Pierre, ilsejoignil aux schismaticjues. LesCatboIiques de leur côté furent indignés cjueloB eût envoyé à Rome un évèque visiteur, prétendant que c'était contre l'usage et ie> canons.

Ce fut peut-être ce qui détermina le roi Théodoric à venir alors è Rome où il êiai très-désiré ; car sa présence était de grand poids pour la tranquillité du concile q"" devait juger le Piipe Symmaque. Les évé-

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ques de Ligtirie, d'Emilie et de Venéliet allant au coocile* passèrent è Ravenne qui se trouvait sur Jeur nheminet virentle roi qui y était revenu. Ils lui demandèrent pourouoi il avait voulu qu*ils s'assemblassent; il leur répondit : « que c'était pour examiner les rrimes dont on accusait le PapeSymroaque. » Les évèques dirent : « que le Pape lui-même devait convoquer le concile; que le Saint- Siège avait ce droit» et par la primauté de saint Pierre, et par l'autorité des conciles; qu'il n'y avait point d'exemple» qu'il eût été soumis au jugement de ses inférieurs. » Le roi dit que le Pape avait consenti à la convocation du concile et leur Qt donner les lettres quUI avait écrites à ce sujet. Les é^rèques d'Italie» étant arrivé)^ à Rome, s'abstinrent de voir le Pape Sjmmaque pour ne pas se rendre suspects; mais ris firent toujours mention He ^ui au saint Sacrifice» pour marquer qu'ils étaient dans sa communion. On inan|ue en particulier Laurent de Milan et Pierre de Ravenne» parce que la dignité de leurs sièges les mettait à la tète de tous les

Le concile s'assembla d'abord dans la basi- Hque de Jules» au mois de juillet. Là» les évèques qui avaient passé par Ravenne firent leur rapport de ce qu'ils avaient dit au roi. Ensuite, comme ils voulaient commencer à traiter l'affaire principale, le Pape Symtnaque entra dans l'église, témoigna sa reconnaissanf^e envers le roi pour la convocalion du concile, et déclara qu'il l'avait désiré lui-même. Ainsi les évèques n'eurent plus aucune peine sur ce sijget. Mais le Pape de* manda, avant toutes choses, que l'on fit retirer les visiteurs qui avaient été demandés contre les règles par une partie du clergé el par quelques laïques ; et qu'on lui resti» luit tout ce qu'il avait perdu » après quoi il ré|)ondrait aux accusations» si ou le jugeait è propos. Le plus grand nombre des évèques trouva la demande juste.

Ensuite le concile s'assembla le i" sepc«>mbre dans l'église de la Sainte-Croix de lërusalem, autrement la basilique du palais Jh Sessorius. Quelaoes évèques furent d'aviis de recevoir le libelle des accusateurs; cuais on y trouva deux défauts : l'un que les ?rifues de Symmaque avaient été prouvés Jevaotle roi, ce qui parut être faux» puis- |u*il avait renvoyé la cause aux évèques» ;omme entière ; I autre défaut est» que les iccusateurs prétendaient convaincre Symma- |ue par s^ esclaves, et demandaient qu'il es livrât pour cet effet, ce qui était contraire ijx lois civiles» et (Uir conséauent aux ra* ions, qui en étaient exclus par les lois.

Cependant le Pape venait au concile, suivi *u n grand nombre de peuple de l'un et de ^ titre sexe, qui témoignait son affection ^r ses larmes. Mais il fut attaqué en che- 1 i n par une troupe de ses ennemis qui lui fr lurent une grêle de pierres» blessèrent I u sieurs des prêtres qut l'accompagnaient» l I ^s auraient tués» sans trois officiers du roi ij i les arrêtèrent» et conduisirent le Pape à siat-Pierre d'où il était parti. Les évèques

envoyèrent au roi une relation de ce qui s'était passé.

Le roi Tbéodoric répondit ainsi au concile : c Si j'avais voulu iuger cette affaire, je crois que j'aurais pu la terminer k la satisfaction de tout le monde; mais je n'ai pas cru qu'il m'appartint de décider les affaires ecclésiastiques : c'est à vous de juger comme vous le trouverez à propos, soit en examinant la cause» soit sans l'examiner, pourvu 2ue vous rétablissiex la paix dans Rome. » ette réponse était datée du 1" octobre. Le concile l'ayant reçue, envoya des députés au sénat» lui déclarer que les causes de Dieu devaient être laissées au jugement de Dieu» principalement s'agissent du successeur de saint Pierre ; que presque tout le peuple était dans la communion de Symmaque et qu'il ftllait remédier promptemeut au mal que pouvait causer la division, l's firent plusieurs fois au sénat des remontrances semblables. Enfin ils tinrent» le 23 octobre, leur dernière séance dont nous avons les actes. On y rapporte tout ce qui s'était passé dans les trois précédentes : la première Icnucà Ravenne par les évèques qui y passèrent; la seconde à Rome dans la basilique de Jules; et la troisième» encore k Rome» à Sainte-Croix de Jérusalem. Ensuite on prononça le jugement en ces termes : « Nous déclarons le Pape Symmaque, quant aux hommes» déchargé des accusations intentées contre lui, laissant le tout au jug^ement de Dieu. Nous ordonnons qu'il administrera les divins mystères dans toutes les Eglises qui dépendent de son Siège. Nous lui rendons» en vertu des ordres du prince qui nous en a donné le pouvoir» tout ce qui appartient à l'Eglise, au dedans ou au dehors de Rome. » Ceci se doit entendre du temporel qui avait été usurpé. « Nous exhortons tous les fidèles à recevoir de lui la. sainte coinmunioa, sous peine d'en rendre compte au jugement de Dieu. Quant aux clercs qui ont fait schisme , en donnant satisfaction au Pape, ils ot>tiendront le pardon et seront rétablis dans leurs fonctions. Mais quiconque» après ce jugement, osera célé!)rer des Messes dans des lieux consacrés à Dieu de l'Eglise romaine, sans le consentement du Pape Symmaque, sera puni canoniquement comme schismalique. • Ce jugement est souscrit par soixante-treize évèques, dont les premiers sont Laurent de Milan et Pierre de Ravenne. Cest cette quatrième séance qui est nommée dans un concile suivant le quatrième synode» ou le synode de Palme, Palmarit^ peut-être à cause du lieu où elle avait été tenue.

Dans le même concile» on demanda la condamnation de ceux qui avaient écrit contre celui de l'année précédente. Symmaque 8*y opposa, jugeant qu'il valait mieux user de clémence pour lâcher de les ramener : sa douceur produisit l'effet qu'il souhaitait, et ils rentrèrent dans la communion du Saint- Siège. C'est ainsi que la paix fut rendue à l'Eglise par la patience de son léaitime pas* teur. Saint Avit avait obtenu du Pa()e Anas*

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tase ui> règlement entfe lui et révdqiie d* Arles, qqi élendait sa juridiclion sur les évoques voisins. Eonius , éfêqae d'Aries» s'en plaignit «o Pape Symmaque, soutenant que ce règlement avaiit été obtenu parsubreplion contre les eanons. Le Pape Symmaqm ne voulant juger qu'en connaissance d^ cause, manda aux deux évoques d*ArIes et de Vienne de lui envoyer à jour nommé de^s gens pour soutenir Murs prétentions. La lettre est du 3 novembre. Eonius envoya à Rome lin prêtre nommé Crescenee qui, ayant instruit Sjrmmaque, vit que le Pape Anastffse avait mïs la confusion dans la province en changeant Tordre ancien. Il blâme cette conduite, et dit : Que le sacerdoce étant indivisible, les successeurs ne peuvent donner atteinte aux ordonnances de leurs prédécesseurs, autrement cette légèreté ôterait tout le respect dû au Saint-Siège. Il ordonne donc & Eonius de s'en tenir à la vénérable antiquité, sans avoir égard aux nouvelles constitutions, qui ne servent qu'à troubler la paii et à favoriser Tamliition , c'est-i-dire qu il lui nt gagner sa cause. La lettre est du 20 septembre 500. Saint Avit en ayant eu connaissance, se plaignit d'avoir été condamné sans être entendu ; car il ne parait fias qu'il eût envoyé à Rome ; mois le Pape ui fit ôette réponse : Si vous pouvez montrer qu^Anastase^ mon prédécesseur^ ait eu raison de faire ce qu*il a fàit\ nous serons bien aise qu'il n'ait point blessé les canons. Car il faut quelquefois reiftetier de la rigueur de la loi pour un bien que la loi môme aurait ordonné, si elle l'avait prévu* La lettre est du 30 octobre 50t.

L'année suivante 502, le 6 novembre, le Pape Symmaque tint un concile à Rome, dont les règlements tendent principalement i empêcher les aliénations des biens ecclésiastiques. Ce concile fut tenu daus la basilique de Saint-Pierre : avec le Pape, il y eut ?uatre-viogts évoques, dont les premiers taient Laurent de Milan et Pierre de Ravenne. On v voit aussi Ëulalius de Syracuse, recommandable par sa vertu. Il y avait trente-sept prêtres et quatre diacres, dont le second était Honniadas» depuis Pape. Symmaque remercia d*abord les Pères d*avoir offert le pardon aux clercs schismatiquesi; puis il crjouta que ceux-ci avaient voulu prendre avantage d'un écrit fait par le patrice Basile, sous prétexte de la conservation des biens ecclésiastiques; et on le fit lire par le diacre Hormisdas. C'était le décret fait sous le roi Odoacre, Tan /»83.

Après la lecture, Laurent de Milan dit : « Cet écrit n'a pu obliger aucun évêque de Rome, parce qu'un laïque n*a pas eu le pouvoir de rien ordonner daus rEgiise, vu principalement que le Pape n'y a point souscrit ni aucun métropolitain. nPierredeRavenne en dit autant. Eulalins de Syracuse ajouta : que les évêques qui avaient consenti à ce décret n'avaient pu faire préjudice au Pape, le Saint-Siège étant vacant. Tout le concile fut de même avis, qu'on ne devait avoir aucun éjgard à cet écrit. Ensuite le Pape, vou-

knt pourvoir à l'avenir, prononça le dèrrei suivant : Il ne sera permis à aucun Pspe d'aliéner à perpétuité aucun héritage de la rampagnCf ni de le donner en usufruit^ si ce n est aux clercs 9 aux captifs et aux étrangers, lu maisons des tilles qut ne pourraient être entretenues quà grands frals^ pourront être données à rente. Les prêtres des litres de k ville de Rome^ seront tenus à la même loi, sous peine de déposition : celui oui aura repi la chose aliénée^ sera frappé danathimej h contrat sera nul. Tout ecctésiastifue pourra répéter les choses aliénées avec les pruits. Celle ordonnance n'est que pour le Saint-Sié(;e : chaque évêque, dans les provinces, suivra selon sa conscience la coutume de sou Eglise.

L'année suivante 503^ il se tint encore un concile à Rome, que l'ot^compte pour le cinquième, sous le Pape Symmaque. Les évêques étant assis devant la confession de saint Pierre, le Pape dit : Qu'on apporte lécrit composé par Ewnodiue contre ceux qui ont osé attaquer notre quatrième concile tenu à RomCf à la Palme^ et qu*on le lise devant tout le Monde. Ennodius étail on diacre en grande réputation par son éloqueruce; nous avons ce traité composé pour la défense du Pape Symmaque, en réponse à an écrit publié par les schismaliques , sous ce.lilre*. Contre le synode de l'iAsolulion irréguliire. Leur principale objection était, qu'en disaol que le Pape ne pouvait être jugé, on sem* blait djre que saint Pierre et ses successeurs avaient reça de Dieu la licenee de pécher, avec, les prérogatives de leur Siège. Eouodius nie cette conséquence et dit, pariant de saint Pierre : « Il a transmis à ses succès* seurs un avantage perpétuel démérites avec l'héritage de l'innocence. Celui qui lui a élé accordé pour la gloire de ses actions s'éleod à ceui dont la vie ne brille pas moins. Car qui peut douter que celui-Iô ne soit saipl qui est élevé à une si haute dignité? S'il manque des avantages acquis par son mérite, ceux de son prédécesseur ^ui suiBsent. Jésus- Christ élève des hommes illustres k ctile place si éminente, ou rend illustres ceui qu'il y élève : lui, sur qui l'Eglise est appuyée, prévoit ce qui est propre à lui servir de fondement. » En un mot, Ennodius prétend que le Saint-Siège rend impeccables ceux qui y montent, ou plutôt que Dieu n'en permet l'entrée qu'à ceux qu'il a prédestinés pour être saints. £t véritablement la plup rt des Papes qui avaient été jusqu'alors, avaieui vécu si saintement, qu'ils pouvaient donner lieu à cette pensée.

Les schismatiques disaient encore : « S'il est vrai que le Pape n'ait janaais suhi le jugement de ses inférieurs, pourquoi a4 il été cité, emmené en jugement? » A quoi Ennodius répond : o Qu'il l'a fait par numiliiéH sans y être obligé, et que ce sont leurs violences qui l'ont obligé à se retirer. » Ils sou* tenaient <iue le Pape devait recevoir uo évêque visiteur, comme il en donnait aux autres Eglises. Ennoditis le nie et ajoute : « Dieu a voulu peut-être terminer, lOttàts

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DES PAPES

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hommes, les causes des aulres hommes; tuais il a réservé à son jugement Tévéque (le ce Siège, el si vous diles que touies les Ames sont sujelles à ce ju^euient, je ré()ondrai qu'il n*a élé dit quà un «euJ : Tueê Pierre, et le reste. »

Après que l'écrit d'£nnodijis eut été lu dans le concile de Rome, les évoques Tapprouvèrent tout d'une voix, et dirent : « Que t-et écrit soit reçu de tout Se monde, et gardé h la postérité entre les actes de notre coniile» comme ayant élé composé par son autorité. » Le Pape ordonna qu'il fut mis au nombre des décrets apostoliques. Les évoques demandèrent ensuite la condamnation de ceux qui avaient accusé le Pape et attaqué le concile. Mais le Pape pria que ses persécuteurs fussent traités plus doucement»

déclarant qu'il leur pardonnait. Toutefois, pour prévenir de tels maux, il demanda l'observation des anciens canons, suivant lesquels les ouailles ne doivent accuser leur pasteur , s'il n'erre contre la foi ou s'il ne leur a faii tort en particulier. Il ajoute qu'un éréque dépouillé de son bien, ou chassé de son siège, doit être réintégré, et toutes choses rétablies en leur entier, avant qu'il puisse être appelé au jugement. Le concile confirma toutes ces règles, sous peine de déposition pour les clercs ; et pour les moines et les laïques, sous peine d'être privés de in communion, et, s'ils ne se corrigent, d'être frappés d'anathème.

Il paratt, par quelques endroits de Tapologie d'Ennodius, que la calomnie inventée contre le Pape Symmaaue était un adultère ou quelque crime semblable. On croit que ce fut Toccasion d'une ordonnance faite par le Pape dans ce même temps, mais on ne sait pas dans quel concile, pour obliger les évêiiues, les prêtres et les diacres â*avoir toujours auprès d'eux une personne de probité connue qui fût témoin de leurs actions; iteui qui n'avaient pas assez de bien pour f-ntretenir un tel compagnon devaient servir cifs compaj^non à d'autres, afm que la vie des ecclésiastiques fût k couvert, non-seulement du mal, mais du soupçon. On appelait ces conopagnons inséparables syncelles.

Le Pape Symmaque écrivit une apologie pour lui-même, servant de réponse k un lihelle publié contre lui por l'empereur Anastase. Il l'accusait d'être manichéen , k quoi le Pape répondit : Suie^je euUjchéen ou proteeteur dee eutychéem^ dont Vtrreur favorise principalement celle des manichéens? Rome m est témoin^ et ses archives font foi, sife me suis écarté de la foi que f ai reçue du Saint^ Siège en sorlant du paganisme.

Aq reste, on rapporte que ce même Pape rivant trouvé k Rome des manichéens, brûla leurs livres devait la porte de la basilique «le Constaulin, et iesenvova en exil. Il poursuit ainsi son apologie: Vous dites que f ai conspiré avec le sénat pour vous excommunier: il est vrai , mais je ne fais en c-ela que suivre r e que mes prédécesseurs ont eu raison défaire. Que m* importe, dites-vous, ce qu*a fait Acace? AèandonneZ'le donc f pour montrer que vous

n*y prenez point d'intérêt. Nous ne deman-dons pas mieux. Ce nesi pas vous. Seigneur^ que nous excommunions^ c est Acace ; sépareZ' vous de lui, vous vous retirez aussi de son excommunication. Il se plaint ensuite de la persécution que l'empereur faisait soulfrir aux Catholiques, leur défendant k eux seuls le libre exercice de la religion, tandis qu'il le permettait k tontes sorlei< d*bérétiqu(>$. Quand ce seraii une erreur^ dit-il, il faudrait la souffrir comme tes autres ; si vous Vatta^ quex, il faut les cutaquer toutes.

Après cette tempête qui dura cinq ans , Symmaque gouverna le vaisseau de l'Eglise dans un calme dont il profita pour veiller aux besoins des fidèles. Ce saint Pape, apprenant toutes les violences que l'empereur Anastase exerçait contre les Catholiques d'Orient, écrivit aux évèques qui défendaient la foi orthodoxe , pour les exhorter k ne pas différer aux volontés injustes de ce prince. Il leur déclara qiiMl rejetait de sa communion ceux qui s'obstineraient h vouloir retenir dans les diptyquesde l'Ëglise le nom d'Acace, autrefois évêque de Constantinople, mort excommunié du Saint-Siège. Ces évèques avaient écrit k Symmaque, pour lui protester qu'ils recevaient la lettre du Pape saint Léon contre Eutychès et les décisions du concile de Ghalcédoine ; qu'ils anathématisaient Eutychès et ses sectateurs. DapA cette longue lettre, les Orientaux demandent kètre rétablis dans la communion du Pape : « Ne nous rejetez pas ,» disent-ils, « k cause que nous oommuniouons avec nos adversaires ; car ceux qui le font , ne le fout pas Br attachement k la vie, mais de peur de isser leurs trou()eaux en proie aux hérétiques. £t tous, soit ceux qui oommuniçiuent avAc eux en apparence, soit ceux qui s'en séparent, attendent après Dieu votre secours, et que vous rendiez k l'Orient la lumière que vous en avez originairement reçue. Le mal est si grand, que nous ne pouvons même aller chercher le remède, il faut que vous veniez k nous, m Enfin, pour montrer qu'ils sont Catholiques , ils finissent par l'exposi-' tion de leur doctrine , où ils condamnent nettement Nestorius et Eutychès , et reconnaissent en Jésus-Christ deux natures, la divine et rbumaine unies dans une seule personne. .

La lettre du Pape Symmaque aux Orientaux, dont nous avons déjk parlé, semble être la réponse k celle-ci , quoiqu'elle n'en fasse point mention. Le Pape les console, et les exhorte k demeurer fermes dans ce qui a été une fois décidé contre Eutycliès, et souffrir, s'il est besoin, pour la foi, l'exil et toutes sortes d'extrémités. Il veut qu'ils se séparent de la communion des eutychéens» et déclare qu'il n'y a aucun autre moyen de rentrer dans celle du Saint-Siège, î)ue de condamner ceux qp'ii a condamnés, c est-adire Eutychès , Dioscore^Timolhée, Pierre et Acace. Cette lettre du Paoe Svmmaque est datée du 8 octobre 512.

Ce Pape mourut le 19 juillet 5U , après être parvenu k une grande sainteté, malgré

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