‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 108 sur 457 · BOU 58S · texte numérisé non relu

BOU 58S

entrée fi Madrid, le Cardinal fut privé de l'archevêché do Séville et renvoyé dans «on diocèse de Tolède, où il resta en disgrâce jusqu'à l'insurrection militaire de 1820. Il reparut alors sur la scène politique : nommé président de la junte provisoire de gouvernement, il publia une lettre pastorale préconisant la révolution qui s'opérait. Heureusement les esprits n'étaient pas mûrs en Espagne pour ces changements; l'armée française qu'y envoya Louis XVIII ne rencontra pas de résistance; au contraire, les populations accueillaient, comme des libérateurs, les Français qui venaient rétablir Ferdinand dans toute la plénitude de son autorité. Le cardinal de Bourbon monrut. fort à propos pour lui, le 19 mars 182.). avant la rentrée de Ferdinand à Madrid. Ce prélat inoffensif, plein de piété, de bonnes intentions, n'eut peut-être d'autre tort que celui de se laisser entraîner hors do sa sphère.

BOURCHIER. Les historiens anghis l'appellent Borlieur (Thomas), frère de Henri, comte d'Essex, favori d'Edouard IV, roi d'Angleterre, étudia dans l'université d'Oxford, et en devint chancelier. — Depuis il eut le doyenné de Saint-Martin de Londres, puis l'évêché de Wigorne,d'où, en 1443, il passa h celui d'Eiy, près de Cambridge, et, en 1454, à l'archevêché deCanlorbéry. C'est en celle qualité qu'il couronna Edouard IV, Richard III el Henri VII, rois d'Angleterre, et qu'il célébra divers conciles provinciaux à Londres en 1461, 1463, 1472, 1473, 1474 et 1475. Il montra contre les sectateurs de Wiclef un zèle très-ardent, que le Pape Paul II récompensa, en 1467, par le chapeau de cardinal. Il mourut a Cantorbéry, le 30 mars 1486, après cinquante et une années d'éniscopal. (Voy. Goodwin, Depratul. Angl. — Viroilius Pol. Mit. Angl., 1. xxir.)

BOUKDEILLE (Elib de), entra dans l'ordre de Saint-François où il se fit remarquer par sa piété, par son savoir et par son talent pour la chaire. — En 1447, l'Eglise de Périgueux ayant perdu Béranger d'Arpajon, son prélat, élut EliedeBourdeille, quoiqu'il ne fût que dans la 24* année de son Age. Le Pape Nicolas V approuva cette électioo, que le roi Charles VII avait agréée, et accorda dispense d'âge au nouveau prélat, qui n|eul rien de plus à cœur que de travaillera l'instruction de son troupeau, à l'embellissement des églises, et à remplir tous les devoirs de son ministère. Eu 1467, il se trouva à l'assemblée générale des états du royaume, convoquée à Tours, el il s'y fil tellement estimer, qu'on l'éieva sur le siège métropolitain de celle ville que Gérard de Crussol lui céda, en 1468. Depuis, lo rot Louis XI ayant fait arrêter le cardinal la Balueayec Guillaume de Haraucourt, évêque de Ver* dun, Elie de Bourdeille s'en plaignit comme d'un atlenlat contre les droits du clergé. Voyant que ses plaintes étaient méprisées, il publia un monitoirc contre les infracteurs des immunités ecclésiastiques, menaçant d'excommunier ceux qui se permctlraieot

Dit A

des entreprises contre le clergé. Le parlement, à son tour, Iraita ce zèle d'attentat. Onsommace prélat de révoquor ses censures; et sur le refus qu'il en lit, on mit le séquestre sur ses revenus, et on l'ajourna en îtersonne. Mais le roi termina celte affaire lui-même, non sans conserver un ressentiment secret contre Bourdeille qui avait aussi écrit contre sa pragmatique. Le zèlo du prélat ne déplut pas à Ta cour do Rome, le Pape Sixte IV le récompensa, le 15 novembre 1483, en lui envoyant le chapeau de cardinal qu'il reçut avec une iudilférence extrême. Quelque temps après, s'étant retiré à la campagne, il y mourut en odeur de sainteté, h Artanes, près do Tours, le 5 uillet 1484. Elie de Bourdeille a écrit sur eanne d'Arc un traité qui se trouve manuscrit è la suite du procès de justification de cette héroïne ou plutôt de cette sainte. (Foy. Ftison, Gall. purp.; — Sainte Mabtbe, Gall. Christ.; — Aubert, Hisl. des card.; — Seisskl, Hitt. de Louis XII.)

BOURDIN (Maurice), antipape sous le nom de Grégoire VIII, né dans le Limousin, était moine au monaslère d'Userchc. Bernard, archevêque de Tolède, le tira, en 1095, de ce monastère. — 11 le fit d'abord son archidiacre, puis évêque de Coïmbre. Bourdin fit le voyage de Jérusalem, vers 1108, et Ce

h Coustanlinoplc, où il se fit aimer des grands et de l'empereur Alexis. Après trots ans consaciés è ce voyage, il revint en Portugal, où saint Géraud, archevêque de Braga, étant mort, il fut élu pour lui succéder, eo 1110. Pour faire confirmer sa translation et recevoir le pallium, il alla à Rome, où le Pape Pascal II lui accorda l'un et l'autre, en récompense de ses services. Bourdin soutint vigoureusement la dignité de son siège contre Bernard, archevêque de Tolède, qui voulait l'assujettir à sa nouvelle primatie, confirmée par le Pape Pascal, et qui se prévalait, contre lui, de son autorité de légat en Espagne. Bourdin alla a Rome, en 1115, implorer le secours du Pape qui, après avoir plusieurs fois averti Bernard de cesser ses vexations, lui déclara enfin qu'il lui retirait sa légation sur la province de Braga, afin que Bernard pût exercer librement sa juridiction. Bourdin demeura longtemps en Italie a la poursuite de cette affaire; et le Pape Pascal, appréciant sa capacité, le Ut son légat pour traiter de la paix avec l'empereur Henri V, que Maurice, eo sa qualité de légat, couronna en l'absence du Pape. Mais le Pontife, indigné d'un tel abus de pouvoir, excommunia Bourdin au concjle do Bénévent, en JII7. Celui-ci demeura doncauprèsde l'ompereur, qui, se trouvant offensé que Jean de Gaëte, successeur de Pascal, sous le nom de Gélase II, en 1118, se fût fait sacrer sans son consentement, fit élire Pape Bourdin, sous le nom de Grégoire VIII, le 4 mars 1118. Bourdin resta a Rome tout le reste de l'année; et, le jour de la Pentecôte, il couronna, cette foi» comme Pape, l'empereur fleuri V. L'intrus envova des bulles

de tous côtés; il fut reconnu en quelques localités ; en Allemagne, par Herman, évôquo d'Augsbourg; en Angleterre, par d'autres, qui tenaient Gélase pour antipape.

Calixte 11 qui, en 1119, succéda à Gélase II, tint un concile & Reiras, où il excommunia Bourdin et l'empereur Henri V. L'année suivante, il passa en Italie, où tout le peuple de Rome, témoignant la joie la plus vive de son retour, sortit enfouie au-devant de lui pour le recevoir. Bourdin, ne se croyant plus en sûreté dans Cftlle ville, s'enfuit à Sutri, et s'enferma dans la forteresse, attendant que Pierre de Léon lui amenât des secours. Mais, en 1121, Calixte II envoya a Sutri une armée nombreuse, commandée par Jean de Crème, cardinal de Saint-Chrysogone, et la suivit de près. Les habitants de Sutri, voyant battre leurs murailles, prirent l'antipape Bourdin et le livrèrent aux soldats de Calixte. Ceux-ci, après l'avoir accablé d'injures, le firent entrer dans Rome, monté sur un chameau, è rebours, tenant la queue au lieu do la bride, et ayant sur le dos une peau de mouton toute sanglante: voulant, par cette dérision, représenter le Pape vêtu d'une chape écarlate, et monté sur un grand coursier. Le peuple de Rome anrait rois en pièces Bourdin, si le Pape ne l'eût délivré de ses mains et envoyé au monaslère de la Cave, pour qu'il y fil pénitence. L'année suivante, il le fit conduire h Janula, d'où son successeur Honorius le tira, pour l'enfermer h Fumone, près d'Alatri. Il y acheva ses jours. Telle fut la fin de Bourdin, triste victime de son ambition. Il ne manquait pas de talents, et il avait porté trois ans le litre de Pape. (Foy. Flburt, Hist. ecclis. liv. lxiv, n. 33; liv. txvi, n. 41 et 19; liv. lxvh, n.8, 16 et 23.)

BOXA DORS (Jean-Thomas de); né a Barcelone, en 1703, fut fait cardinal par Pie VI, en 1775. Il mourut en 1780.

BOZZUTI. — Voy. Asîhbal.

BRAGADIN ( Marc-Antoini ), Vénitien, évêque de Cénéda, puis de Vicence, créé en 1641, par le Pape Urbain VIII, prêtrecardinal du titre de Saint-Marc, mourut en

BRAGOSE ou DE BIAGOLE (Guillaume), né au diocèse de Mende, en Gôvaudan, était savant dans la jurisprudence civile et canonique, qu'il nrofessa assez longtemps à Toulouse. — Il fut ensuite nommé à l'évêché de Vabres, puis créé cardinal par le Pape Innocent VI, le 17 septembre 1361, et enfin grand-pénitencier de l'Eglise. Il accompagna depuis le Papo Urbain V a Rome, il y mourut le 11 novembre 1367. On lui attribut» quelques ouvrages, qui no sont pas venus jusqu'à nous. {Voy. Oncphrb, in UrbanoV;— Bosquet, in innocent. VI et Urbano V; — Frison, Gall. purp.;— Aubert, Hist. des cardinaux;— Sammarth., Gall. Christ.)

BKANCAC10 (Lasdolphe ), était d'une famille ancienne et illustre de Naples. — Elle s'était attachée |aux rois Charles I" et Charles II. et c'est à la recommandation de ce dernier aue le Pape Célestin V donna, en

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