‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 141 sur 457 · J79 CON · texte numérisé non relu

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suivrait aveuglément lo parti de l'antipape Oclavien, qu'il faisait nommer Victor IV ; niais l'archevêque de Mayence, ayant refusé de reconnaître en donner, se vit exposé aux ressentiments de l'empereur, cl fui contraint de quitter l'Allemagne. Il alla trouver le Pape Alexandre III è Tours, où ce pontifo tenait alors un concile. Frédéric, instruit de celle fuite, plaça Christian de Buch, sur le siège de Mayence, en 1163, tandis que le Pontifo faisait entrer Conrad dans le Sacré Collège. Christian mourut en 1183. Conrad retourna alors gouverner son diocèse. Depuis, s'étaiit croisé pour la guerre sa iule, il fit le voyage d'Orient, el sacra Léon , roi d'Arménie. Il mourut vers 1200, au retour d'une légation en Hongrie. On lui attribua une Chronique de Mayence, imprimée À BAIe, eu 1569. C'est h tort, puisque le Chronicon rerum Mogunlinarum va ne 11M) à If 50, époque où était mort le cardinal. Celle Chronique est d'un autre Conrad, connu sous le nom de Conradus episcopus. — (V»y. l'abbé dUrspbrq, m Chrvn.; — Ughf.lu, Italia Macra; — Gaspard Brcschius, De episcop.

(ierman.; — Baronius; — Canisius)

CONRAD, ahbé de Clteaux, était Allemand comme le précédent, et fils d'Fginon, comte de Furslemberg.— Il entra, comme religieux de l'ordre de Ctleaux,dans l'abbaye (te Viljers.enBrabanl. S'y élanlfnil remarquer par sa piété et par son savoir, il média d'en êlre élu abbé. Suivant quelques-uns, avant de se clotlrer, il aurait été doyn de Saint- Lambert de Liège, el employé dans diverses affaires. En 1214, il fut élu abbé de Clairvaux, puis, eu 1217, deClleaux, el enfin, en 1219, le Pape Honoré III le nomma cardinal, évéque de Porlo. Deux ans après il l'envoya, avec le caractère de légat , en France, à l'occasion des troubles suscités par les Albigeois. Le cardinal, après avoir, eu 1223, assisté aux funérailles du roi Philippe-Auguste, passa en Allemagne, où il fit des informations contre les assassins de saint Angelberl, archevêque de Cologne, el où il publia, pour la réforme du clergé, des ordonnances qui nous ont été conservées dans le recueil des conciles, et dans les 4nnalet du Bzovius. Ce prélat, qui se trouvait è Rome en 1227, lorsque mourut Honoré III, repoussa énergiquement la tiare que les cardinaux voulaient lui conférer. Grégoire IX, qui fut élevé è la papauté, l'envoya, comme légat, en Orient; il mourut peu de temps après, le 1" octobre de la même année 1227. Son corps fut rapporté à Clairvaux, où Ton voyait son tombeau en marbre, avec, son épilaphe en vers el en prose.

Quelques-uns lui attribuent un Traité des erreurs des albigeois. — [Voy. Hrnaiqugz. 1. 1, Fasc; — Manhiquez^cno/oo ; — Jongklim, in purpur. S. Bern.;— Caisahics; — Guillaurae de Pi tlaubens; — Rigoru ; — Arnoul Wion ; Charles de Viscu; — Acbeuy; — Sainte-Marthe.)

CONSALVI (Hercule) naquit en 1757 à Toscanclla, ville des Etats de l'Eglise, au nord de Civilo Vcçchia. Son goûl pour les

lettres et pour la musique nu lui fil négliger la théologie el la jurisprudence, études qui conduisent aux hautes fonction* ecclésiastiques. — Il était auditeur de rote, en 1798, alors qu'une armée française, commandée par Berthier, s'approchait de Rome. Il fut alors chargé de surveiller, dans celle ville , les partisans des Français. Quand Berlhier eut occupé Rome, les adversaires politiques de Consalvi le firent arrêter, pais exiler. Le cardinal Chiaramonti le prit pour secrétaire; el peu après son exnlialion sur le Sninl-Siégc, sous le nom de Pie VII, en 1800, il conféra ta pourpre a Consalvi qu'il nomma secrétaire d'Etat, e'est-h-dire premier ministre. En 1802, le concordat ayant été conclu enlre le premier consul et le cardinal Caprara, représentant le Souverain Pontife, le cardinal Consalvi fut envoyé h Paris pnnr ralifiertous les arrangements. Ces dent princes de l'Eglise furent également fêlés partout. On admirait leur esprit, leurs manières nobles et distinguées, leurs qua'ilés a la fois solides el brillantes. En 1806 le cardinal Consalvi résigna ses fondions de secrétaire d'Etat, et eut pour successeur le cardinal Casnni-de-Snrzane. A la chute de Napoléon 1", Pie VII, étant retourné de Fontainebleau a Rome, chargea Consalvi de le représenter au congrès do Vienm*, el d'y revendiquer de l'Aulriche la possession <J« Marches et des Légations. Elles furent restituées au Saint-Siège. En 1816, le même cardinal contresigna le Motu proprio, en vertu duquel le Souverain Pontife accordait une nouvelle constitution aux Elnts de l'Eglise. Depuis il dirigea, en ministre siiptrieur, les affaires spirituelles et le« aflairrs temporelles de la cour de Rome. L'homme de génie qui avait visité avec tant de fruit Paris, Londres, Vienne, n'ignorait pas quels étaient les changements demandés, exigés par le cours des événements. S'il connaissait les intérêts de l'Europe, il connaissait aussi ceux des Elats romains, el il s'attacha à y faire refleurir l'agricullure, les arts et le commerce. Il fil élever, réparer desarvs. creuser des canaux, continuer les embellissements commencés à Rome par les Français de 1809 à 1814. Piu VII, qui savait l'apprécier, pouvait se reposer sur lui des soins 'to l'administration. Ferme, plein de droiture, infatigable, le cardinal Consalvi avait toutes les qualités qui fini les grands hommes d'Etal, et il ne lui a manqué peut-être qu'un plus grand théâtre pour s'élever andessus de Rii helieu, auquel il était supérieur sous plus d'uu rapport. Habile negnciateur, il n'échoua que contre Nap"lcnn; au congrès de Vienne, en 1815, il sut nl>Mir jusqu'au droil, pour les nonces, depiéc*Mer' dans les cérémonies, loos les ambassadeurs, même protestants ou schématiques, cl de haranguer les souverains au nom du rorp< diplomatique, « Croirait-on, »dil M. Artaud « qu'un des amis les plus tendres de Cous*1" fûl le roi d'Angleterre, Georges I V T II l'«'»'| connu à Londres; ils s'écrivaient sou™»1 sur le ton de la familiarité, et de I» P<u$

sincère amitié. Lorsque Lawrence fui envoyé À Rome pour y faire le portrait du Pape Pie VII. il avait l'ordre spécial de rapporter aussi Je portrait du cardinal Consalvi. La délicatesse du roi voulut même un jour être agréable a celui-ci ; et, en effet, elle alla jusqu'à donner à ce prince l'idée de faire fabriquer, dans les Indes, une étoffe de couleur pourpre de la plus grande magnificence, et de l'envoyer a son ami. Celle étoffe, peutêtre la plus belle qu'on eût vue eu Italie depuis les anciens Romains, est apportéo secrètement chez le cardinal. Un valet de chambre empressé fuît incontinent tailler les habits, et, le jour de la première cérémonie, on en revêt le cardinal qui, naturellement préoccupé, y apporte peu d'attention. Mais lorsque Son Eminence parait au milieu de ses collègues, un murmure d'applaudissements et d'admiration se fait entendre. On l'entouré, l'éclat comme surnaturel de celte pourpre était tel que le cardinal, mécontent de son valet de chambre et de luimême, sort à l'instant, pour aller prendre ses habits ordinaires. Il ne voulut plus reparaître avec ceux qui avaient tant blessé sa modestie, et que son caractère de politesse, son bon sens et son esprit i liste lui défendaient de reprendre jamais. » [Biographie Michnud.) Une maladie, causée par I excès du travail, le conduisit au tombeau, après d'atroces souffrances, le 2\ janvier 1824.

Le cardinal Consalvi eut une grande part à l'élection de Pie VII, comme a tous les •des de son gouvernement. Nous ne pouvons donc mieux compléter celte notice qu'en traçant, d'après M. Artaud, une esquisse du pontificat de Pie VIL D'ailleurs l'histoire de ce pontifical est réellement celle de tous les cardinaux de cette époque, puisqu'ils furent, comme le Saint-Père, transportés en France.

Le 3 juillet 1800 Pie VII rentra à Rome, qu'avaient quittée les Français et les partisaos du dernier gouvernement, et il y fut accueilli avec transport. Napoléon, conquérant dp l'Egyplo et vainqueur & Marengo, était alors maître absolu en France, sous le litre de premier consul. Désirant renouer avec h Saint-Siège, il avait envoyé a Rome lo plénipotentiaire Cacault, homme droit, capable et rempli des meilleures intentions. Celoi-ci avait ordre d'exiger que le concordat fûlsigr.é en trois jours, si non de demander ses passe-ports. Il était difficile de faire on trois jours un concordat, sur lequel rien n'était préparé ; le ministre français proposa d'envoyer à Paris Consalvi ; pour lui, suivrait ses instructions, il se retira à Florence, laissant a Rome son secrétaire. Consalvi fut Lien accueilli à Paris ; on s'entendit de part et d'autre, et le concordat, signé d'abord, fut ratifié à Rome et à Paris les 16 août et 8 septembre 1801. Le cardinal Caprara fut nommé légal a latere pour lu rétablissement du culte en Fiance, et la publication du coocordal eut lieu le jour de Pâques ( 18 avril 1802). Mais elle fut suivie de la pu- Micjlion d'articles organiques uon concer-

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tés avec l« légat, qui protesta vivement. Cependant le premier consul faisait rendre au Sninl-Sié^e les provinces de Bënevenl et de Pontecorvo, toujours occupées parle roi de Naples, dans les Etals duquel elles sont enclavées. Il déclarait que, la grande maîtrise de Malle étant vacante par la démission du baron de Hômpesch, c'était au Souverain Pontife à nommer un successeur, et qu'il était prêt, lui, premier consul, à accepter la médiation du Saint-Siège entre la France et la Sardaigne. En échange de ces bons procédés, il demandait cinq chapeaux do cardinal, en attendant une autre faveur qui devait être sollicitée bientôt. Le cardinal Fesch ne tarda pas à aller remplacer comme ambassadeur à Rome l'honnête Cacault, qui se relira emportant l'estime et les regrets de la cour pontificale, et la diplomatie se mit en campagne pour la grando affiire du sacre. Taileyrand épuisa toutes ses ressources : « Il est des mesures, » écrivait-il à Caprara, « que la sagesse indique et que les circonstances commandent. » Quelque éîoignemenl qu'eût Pie VU a entreprendre ce douloureux voyage, il comprit qu'il était nécessaire, et se résigna. Le 2 novembre 1804, après avoir donné pleins pouvoirs au cardinal Consalvi pour le remplacer en son absence, il partit accompagné de six cardinaux, et arriva a Fontainebleau le 25. Le 9 décembre eut lieu à Notre-Dame la cérémonie du sacre. Le Pontife séjourna è Paris plus longtemps qu'il n'aurait voulu; il lui fui entin permis de reprendre lo chemin de ses Etals. Sa traversée delà France ne fut qu'une longue ovation. La bonne intelligence entre les deux souverains ne pouvait pas être de longue durée. Lors do la reprise des hostilités contre l'Autriche, la Russie et Naples, Napoléon Ht occuper militairement A'icêne. Aux plaintes de Pie VII il répondit qu'il avait pris celte mesure comme (ils ainô de l'Eglise, comme protecteur du Saint-Siège, « Si Sa Sainteté est souveraine de Rome, » ajoutait-il, « moi j'en suis l'empereur. » Il exigea ensuite qu'on expulsât des Etals pontificaux les Sardes, les Russes, les Anglais, les Suédois. La modération, la noble fermeté du Saint-Père éclatent dans ce bref adressé a Napolécn : ■ Voire Majesté veut que nous chassions de nos Etats tous les Russes, Anglais, Suédois, Sardes, et que nous fermions nos ports aux bâtiments de ces nations : elle veut que nous abandonnions notre position pacifique, et que nous entrions avec ces puissances en étal de guerre ouverte. Que Votre Majesté nous permette de lui répondre que, noii pas à cause de nos intérêts temporels, mais ft cause des devoirs essentiels, inséparables de notre caractère, nous nous trouvons dans l'impossibilité d'adhérer à celle demande. Veuillez bien la considérer sous lous les rapports qui nous regardent, et jugez vous-même s'il esl de votre religiou.de votre grandeur, de votre humanité, de nous contraindre à de telles mesures. Nous, vicaire de ce Verbe éternel « qui n'est pas lo Dieu de la dissen-

• sinn, mais le Dieu île h concorde ; qui est t venu au monde pour en chasser les inimitiés, et pourévangélisor lapaix,lantà ceux

• qui sont ('•loignésqu'à ceuxqui sontvoisins • [ce sont les expressions rte l'A poire), pouvons-nous dévier do renseignement de noire divin Maître ? Comment contredire la mission b laquelle nous avons été destiné? Ce n'est pas notre volonté, c'est celle do Dieu, dont nous occupons la place sur la terre, qui nous prescrit le devoir de la paix envers tous, sans distinction de Catholique» rt d'hérétiques, de voisin* ou d'éloignés, de ceux donlnous attendons le bien, de ceux dont nous attendons le mal.... Votre Majesté établit qu'elle est l'empereur de Rome; nous répondons avec la franchise apostolique que 1k Souverain Pontife est tel, depuis un si grand nombre de siècles, qu'aucun prince régnant ne possède une puissance aussi ancienne; que le Pontife devenu encore souverain de Rome no reconnaît et n'a jamais reconnu dans ses Etats une puissance supérieure à la sienne; qu'aucun empereur n'a aucun droit sur Rome. Vous êtes immensément grand; mais vous avez été sacré, couronné empereur des Français, et non de Rome. Il n'existe pas d'empereur à Rome, il n'en peut pas exister, si on ne dépouille le Souverain Pontife du domaine absolu et de

l'empire qu'il et erce seul h Rome • Los

événements se succédaient vile alors. Naples est envahie par une armée française. Fesch rappelé et remplacé par Alijuier, notifie, avant son départ, à Consalvi l'avènement de Joseph an trône de Naples. Le nouveau roi sollicitait a Paris l'autorisation de s'emparer des provinces pontificales de Bénévent et de Pontecorvo. L'empereur les accorda en toute propriété a deux do ses serviteurs, la première à Tulleyrand, la seconde à Bernadette.

C'est alors que Pie VII dit à Alquier : « Nous voyons dans les lettres de Sa Majesté qu'on ne nous regardera plus comme souverain si nous n'accédons a uu systè ne fédératif en Italie, et si nous ne consentons a être compris dans l'enclave de l'empire. On inculpe à tort le cardinal Cotisai vi. Il parait qu'on croit à Paris que nous avons la faiblesse denous laisser diriger parsa volonté, et que nous ne suivons que ses inspirations. Nous donnerons au cardinal Causal vi un successeur, et notre opinion ne variera pas. • Consalvi fut remplacé par le cardinal Casoni. Pie VII disait encore au môme ambassadeur ; « Sa Majesté peut, quand elle le voudra, exécuter ses menaces, et nous enlever ce que nous possédons , nous sommes résigné à tout, et prôt à nous retirer dans un couvent, ou dans les catacombes de Rome, à l'exemple des premiers successeurs de saint Pierre. * Napoléon employait tous les moyens pour vaincre ce qu'il appelait l'obsliuation du Saint-Père | ilne dédaignait même pas les voies détournées. Dans une dépêche adressée au vice* roi d'Italie, chargé de la transmettre à Pie VU, il disait au prince Eugène : « Mon (ils, ''ai vu que le Pape me menace. Sa Sainteté

croirait-elle que Ici droits du trône sont moins sacrés aux yeux de Dieu que ceux de la tiare? Il y avait des rois avant qu'il y eût des Papes.... Ils veulent me dénoncer a la chrétienté : cette ridicule pensée no peut appartenir qu'à une profonde ignorante du siècle où nous sommes. Le Pape qui se porterait à une telle démarche, cesserait d'être Pape a mes yeux.... Je sépareras mon peuple de toute communication avec Rome, et j'établirais une telle police qu'on ne verrait plus circuler ces pièces mystérieuses.... Que veut faire Pie VII en me dénonçant a la chrétienté ? Mettre mon Irône en interdit, m'eteommunier I ... La Paj>e actuel s'est donné la peine de venir à mon couronnement h Paris; j'ai reconnus cette démarche un saint prélat; mais il voulait que je lui rendisse les légations : je n'ai pu, m voulu le faire.... Pourquoi le Pape est-il sur la terre plus que Jésus-Clirisl? Peut-être le temps n'est pas loin, ou je ne reconnaîtrai le Pape que comme évêque de

Rome Je ne craindrai pas de réunir les

Eglises gallicane, italienne, allemande, polonaise, dans un concile, pour faire mes affaires sons Pape....» Eulin il donna l'ordre a ses troupes d'occuper Rouie, et, le î février 1808, le générai Miollis un prit possession ; le cardinal D<>ria, pro secrétaire d'Etat, est renvoyé de Rome et remplacé par la cardinal Gabrielli, qui bientôt après cède sa place au cardinal P.icea. Les violences se succédaient : Pie VU se détermine enfin à faire allicher la bulle d'excommunication du 10 juin 1809, ouvrage du barnabile FoDtana, depuis cardinal. Bientôt le pontife est enlevé par le général Radel, qui le conduit à la Chartreuse de Florence. Li. il est séparé du cardinal Pacca, qui avait été enlevé de Rome dans la même voilure. « Le voyage du Pontife jusqu'à Alexandrie dura sept jours, du 9 ou 1& juillet. C'était l'officier Mariotti qui commandait l'escorte d'Alexandrie; Pie VU fut entraîné jusqu'à Grenoble, où il revit le cardinal Pacca : enfin on donna l'ordre de ramener le Pape «a Italie, et de le conduire à Savone. Là, il fat reçu dans la maison du chef de la famille Sanlou, et il y passa quatre jours; lu cinquième l'évêque rtçul ordre de sortir Je son palais, pour que les appartements toisent à la disposition du Pape. On n'assigna au Saint-Père pour son usage qu'une chambre et une petite antichambre; du reste, on le laissa inviter qui il voulut à une tabla somptueuse. » (Biographie universelle.) pendant Napoléon, vainqueur de la cinquième coalition, était combattu de ddrérentes pensées. Il fil appeler le respectable Euiery, supérieur de Saini-Sulpice, afin «1° le consulter sur les moyens à prendre pour sortir de ses embarras avec le Sainl-Sié^- Pendant l'entretien, on annonco les rois J 1 Bavière, de Wurtemberg et du HoMaiiJe, briguant l'honneur d'uim audience. ■ Qu'ils attendent » , dit l'empereur, et il ajout* : « Restez, M. Eiuery. » L'eutretien fut long; mais Napoléon ue décida rien. En accordant

DICTIONNAUU:

la paix a l'Autriche, il lui avait enlevé les provinces illyrienues, el avait stipulé son mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise, fillo de l'empereur François. Après des pourparlers avec les cardinaux romains et français, qui tous avaient été appelés a Paris, le mariage y fut célébré le 2 avril 1810. Os cardinaux, au nombre de vingt-six, assistèrent à la cérémonie du mariage civil, a Saint-Cloud, le T'avril; treize ne parurent point a la cérémonie religieuse, au Louvre; ils furent disgraciés, el exilés dans différentes villes autour de Paris. La violence ne cessait pas d'être exercée contre le prisonnier de Savono. Il lui était interdit de communiquer avec aucune Eglise do l'empire, avec aucun sujet de l'empereur; on lui écrivait qu'il n'était plus l'organe de l'Eglise catholique ; on le menaçait de la déposition. Comrao il continuait de refuser les bulles aux évéques nommés. Napoléon imagina de convoquer un comité ecclésiastique pour chercher les moyens de suppléer a l'institution canonique. Ce comité, composé des cardinaux Fesch, Maury, Caselli, de l'archevêque de Malines, des évôques de Nantes, d'Evreux, de Trêves, de Verceil, de l'abbé Ëmery el du P. Fontana, se réunit plusieurs fois; diverses propositions furent faites, mais sans résultat. Ûne séance extraordinaire, a laquelle furent appelés les personnage* importants de l'empire se tint en mars 1811* sous la présidence de l'empereur lui-même. Etnery en eut tous les honneurs; mais aucune résolution n'y fut prise, pas plus que dans le concile qui s'ouvrit quelques mois après. Sur ces entrefaites niourul Einery, le seul homme peut-être que Napoléon entourât vraiment de son estime et de son respect. On négociait toujours avec Savone. Des prélals y furent plusieurs fois envoyés; ils parvinrent à arracher des concessions; mais ce u'était pas assez, el le 0 juin on lui signifia de se préparer à venir en France. « Il tomba malade au mont Cenis, et il y reçut le viatique; on voulut qu'il continuât le voyage. Pendant tout ce trajet, il ne sortit pas de voilure, et, quand il dut prendre de la nourriture, on la lui porta dans le carrosse, qu'on enfermait à clef dans les remises du la pu*te des villes les moins peuplées : sans paraître se souvenir qu'on infligeait de si cruels traitements a un vieillard, sujet, comme nous tous, aux inlirmités humaines. Le Pontife entra, le 20 juin au matin, à Fontainebleau, sans savoir où il était. Pie VII, accablé par une fièvre continue, étail arrivé déguisé: on lui permit enfin de repreudro les habits de sa dignité. » (Jbid.) Survinrent les désastres de Russie ; le grand homme, abandonné de la Providence, était revenu à Paria.

Il attendit le commencement de l'année 1813, pour avoir un prétexte d'unvoyer complimenter le Pontife. Des rapporta s'établirent ; on cooviul de reprendre les négociations. La postérité ne pourra pas croire .qu'on évôque français, i'évéque do Nantes Dictioss. obs Cardinaux.

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