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& Bade Passionei, le même qui, 5 Ulrechl avait triomphé de tous leurs efforts.
Il était heureux pour les cantons catholiques qu'on traitât dans leur pays des moyens de mettre la dernière main a la paix de l'Europe. Le traité d'Araw ne leur avait pas été favorable. Pour désarmer leurs adversaires, il avait fallu leur faire desconcessions; et, dans l'accord qui en avait été passé, on avait été contraint d'admettre des articles hautement improuvés par le Pape. Passionei profila de la nouvelle conjoncture pour rendre meHIcure la position faito aux Catholiques en Suisse.
Malgré les efforts des protestants, tous les articles du traité de Ryswick furent maintenus, et parle 15* article du traité de Bade, Joseph-Clément, archevêque de Cologne, et Maxiroilien-Einmanuel, l'un et l'autre princes de la maison de Bavière, étaient pleinement rétablis dans tous les droits de leurs électorals. Les intérêts des Catholiques, habitant des pays cédés aux protestants, étaient sauvegardés. Néanmoins Clément XI voyait avec peine qu'on eût pris le traité de Weslpbalie, qui lui paraissait défectueux en plusieurs points, pour fondement et pour modèle de celui qu'on venait de conclure à Bade. Il n'approuvait pas non plus qu'on eût inséré dans ce dernier quelques articles déjà réglés à Ulrechtet è Rastadt, parce qu'il les jugeait peu convenables au bien de l'Eglise. Il ne croyait pas moins préjudiciable aux intérêts de la religion en Allemagne, qu'on eût assuré la qualité d'électeur au duc de Hanovre, et cédé è quelques autres protestants diverses contrées catholiques, où la religion pouvait souffrir sous leur domination. Enfin il improuvait fort qu'en accordant le royaume de Sicile è Viclor-Amédée, duc de Savoie, on eût agi en cela avec la même liberté que si le domaine direct sur les Doux-Sici!es n'était pas un fief du patrimoine de Saint-Pierre. Il eût voulu au moins qu'on en tût fait mention.
Pour obvier, autant qu'il était en lui, è ces inconvénients, le Saint-Père donna ordre è son nonce en Suisse de faire à ces différents égards des protestations de sa part. Le nonce pouvait s'y trouver embarrassé parce qu'il n'y avait au congrès de Bade aucune puissanco médiatrice h laquelle on pût recourir pour donner satisfaction aux uns et aux autres, et pour empêcher que des droits n'y fussent lésés. Mais l'habile Passionei n'était pas homme è manquer de ressources. Comme il s'était également trouvé au congrès d'Utreclil, il y avait été témoin d'un semblable embarras survenu après lu conclusion du traité, et il profila des exemples qu'il y avait vus. C'était d'aller fairo ses protestations par-devant les magistrats du lieu où le congrès venait de se tenir. A Bade, il était encore à temps, parce que les plénipotentiaires ne s'étaient pas encore retirés. D'abord il alla faire ses protestations dans leurs mains, et, immédiatement après, il alla les renouveler par-devant le sénat do la république de Lucertie. Il protesta en
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particulier contre tout ce qui pouvait s'être fait de préjudiciable au bien de l'Eglise et aux droits du Saint-Siège, tant dans les traités d'Utrecht et de Rastadt, que dans la passiQcation d'Araw.
Profilant encore de la conjoncture , il fit quelques autres démarches* qui furent couronnées de succès. Les biens d'une abbaye considérable en Allemagne avaient été saisis par un prince prolestant qui en avait chassé l'abbé, après lui avoir enlevé tous ses droits, et séquestré tous ses revenus. Passionei obtint un rescrit de l'empereur qui rendait le monastère à l'abbé, et tous les biens au monastère. Il rendit le mémo service è quelques églises de Trêves et de Liège, qui gémissaient sous une semblable oppression. Pour étendre les conquêtes de la foi, il entreprit, selon les ordres de Sa Sa inlelé. do convertir loute la famille des ducs de Brunswick et de Lunebourg. Clément XI leur en écrivit les lettres les plus fortes et les plus ♦ouchantes. Henriette-Christine, l'une des filles d'Anloine-Ulric , princesse accomplie, embrassa la religion catholique. Le duc, son père, en permit le libre exercice datis tous les lieux de sa dépendance. Depuis quatre ans, pressé par le Pape et plus encore |>ar sa conscience, le prince détestait dans son cœur des erreurs qu'il avait sucées avec le lait. Mais, après de longues et mûres réflexions, il se rendit enfin aux sollicitations de la grâce, et se fit Catholique. La joie qu'il ressentit de son retour è l'Eglise fut si vive ,ou plutôt, comme il s'en expliquait lui-même, la crainte qu'il eut depuis de se perdre pour l'éternité fut si grande, que depuis le moment de sa conversion il ne cessait dédire dans lestrans-
Krls de sa joie, qu'il ne manquait à son nheur que de mourir bientôt. Dieu l'exauça. Peu de jours après, il mourut dans les plus grands sentiments de religion. Clément XI fit son éloge en présence de tout le Sacré Collège. Il dit plusieurs jours la Messe pour le repos do son âme, et il lui fit faire un magnifique service dans l'église de la Propagande.
L'hérésie eut beau frémir d'une pareille conversion. Elle s'épuisa eu efforts auprès du lils du duc de Brunswick pour faire révoquer la liberté que son père avait accordée à ses sujets d'embrasser la foi orthodoxe. Les prolestants rorauôrent surtout à Brunswick et à Volffenbulul, pour engager les peuples à se roidir conlre une pareille concession. Mais Clément XI n'en devint que plus ardent à la maintenir en vigueur. Il recourut à l'impératrice Elisabeth, nièce du duc Antoine-Ulric, et, par le moyen de cette princesse, il obtint du jeune duc que les volontés de son père seraient fidèlement exécutées, il fit plus : pour montrer aux protestants que, loin d'inlimider sou zèle, leùrs continuels assauts ne faisaient que le ranimer, il suivait avec plus de chaleur encore qu'auparavant le parti qu'il avait pris «le travailler à la conversion d'une seconde ûlle de ce même duc Autoine-Ulric Celle-ci
s'appelait Dorothée-Eléonore, prjncesse de Sciiwsrzenberg. L'exemple de sa sœur i'avnii déjà ébranlée, la conversion de son père avait encore Tait sur son esprit de plus fortes impressions : néanmoins elle délibérait toujours. Mais, vaincue par les peines que lui causait son indétermination, elle ne résistait plus que faiblement , lorsque Clémonl XI la conjura de lui exposer tous ses doutas. Elle les lui développa avec la plus entière confiance, et elle fut si salUfaite du la solidité avec laquelle il les dissipa que, condamnant elle même tousses délais, elle ne balança plus et se fit Catholique. En renonçant a ses erreurs, elle renonça aussi à tout le faste des grandeurs humaines et à l'attrait de tous les plaisirs. Elle mena une vie exemplaire, et ue fut pas moins utile à la religion par 6es exemples que par son crédit.
Le roi de Prusse 01 difficulté d'exécuter, en ce qui le concernait, ceux des articles qu'on venait de décider en faveur de la religion catholique dans les traités d'Utrcchl, ue Hasladt et de BaJe. La Gueldre venait de lui être cédée. Quaud il en avait été question à Ulrechl , il avait été^ stipulé entre Louis XIV et lui, que celui-ci n'en jouirait qu'aux mêmes conditions qu'elle avait été accordée à Charles II, roi d'Espagne, lorsque la Flandre espagnole appartenait tout entière a ce prince. Il avait été arrêté entre eux qu'on n'y donnerait les magistratures qu'à des juges catholiques; et ce même article avait été ratifié à Bade par toutes les villes, places et autres lieux que la France abandonnait à ses ennemis. Sans celle condition, la tiueldre n'aurait jamais été donnée au roi de Prusse. Pour l'obtenir, il signa tout ce qu'on voulut. Mais, dès qu'il s'en lut mis en possession, il commença par y former un conseil d Eiat, ou tribunal souverain, qu'il composa de trois hérétiques et d'un seul Catholique qu'il leur donna pour adjoint. Il établit pareillement un protestant pour procureur fiscal dans le conseil de justice. Il y donna la première place de conseiller d'épéo à celui de ses généraux luthériens qui commandait ses troupes. Enfin tous ses actes soulevèrent contre lui toute la Gueldre. Le Saint-Père écrivit à ceux des principaux qui formaient les Etats et les différents ordres de la province, d'invoquer les traités et de revendiquer les droits do l'Eglise. Us le firent, chassèrent de tous les tribunaux ceux que le roi de Prusse y avait placés contre les conventions, et leur substituèrent des Catholiques indépendants et zélés.
Le rot de Prusse chercha à prendre sa revanche dans un pays où il était plus maître. Par un décret de la cour de Berlin, il fit enjoindre à tous les prêtres et à tous les Catholiques de ses Etats héréditaires qu'ils eussent k «'employer eux-mêmes auprès de l'empereur et des autres princes orthodoxes, pour les porter à abolir tous lus articles qui, dans les traités de Ryswick et de Rasladt, avaient été dressés en laveur de la religion romaine, et, supposé qu'ils négligeassent en ce point d'exécuter ses ordres, ou qu'ils ne les exé-
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entassent que faiblement , on leur déclarait que nul des contrevenant* ne serait exempt des peines doit ils étaient menacés par le même décret. Clément XI s'adressa à Louis XIV et à l'empereur. II les pria d'engager le roi de Prusse à exécuter les traités qu'ils avaient garantis. L'un et l'autre parurent surpris de la chaleur avec laquelle ce prince en poursuivait l'abrogation. Ils le prièrent de s'y conformer; et, sentant ce que signifiait une telle prière, non-seulement il laissa en paix les Catholiques de ses Etats, mais encore, sur la première plainte de Sa Sainteté, il se désista de sa prétention de faire visiter leurs maisons religiouses par des ministres protestants.
Pendant que Clément XI avait à régler les affaires des quatre parties du mondn, il s'acquittait ponctuellement des devoirs de civilité introduits par l'usage. Le roi d Espagne venait d'épouser Elisabeth, princesse de Parme. Violente-Béatrix de Bavière, veuve de Ferdinand , grand-duc de Toscane, traversait en même temps les E als pontificaux pour se rendre à Loreite, où elle allait par dévotion, et un fils venait de naître à Jean, roi de Portugal. Le Papo envoya à Parme le cardinal Gozzadini en qualité de légat n tatere, pour complimenter la nouvelle reine sur son avéuemetit à la couro-ino d'Espagne, et, parmi les présents dont il le chargea, il mil la rose d'or, qu'il avait, selon la coutume, solennellement bénite celle année-là. Il lit partir àlassei, l'un de ses camériers d'honneur, pour aller saluer la grande-duchesse à son entrée dans les Etals du Saint-Siège, et pour lui offrir quelques présents. Enfin, il lit travailler avec célérité à de riches langes qu'il destinait au prince nou.ve.iu-né en Portugal, et donna mission à Firrao, depuis cardinal, d'aller les lui présenter à Lisbonne.
Il apprend que Vartank, roi de libéiie asiatique, avait été emmené en Perse, où il était détenu dans une espèce de captivité. Quoique ee prince fdl enveloppé dans le schisme des Grecs géorgiens , il avait des qualités qui l'avaient toujours rendu estimable aux yeux de Clément XI. Il vivait éloigné de ces vices grossiers qui dégradent d'ordinaire les princes do l'Asie, et il avait toujours été si favorable aux Catholiques
Jiu'ils le regardaient comme leur père. Les irecs srhismiliques en avaient conçu du dépit. Ils le desservirent, par des trahisons secrètes, auprès du roi de Perse, et il se trouvait à Ispahan, sans avoir la liberté d'en sortir. Le Pape crut servir la religion, en rendant service à un roi qui l'avait toujours protégée. Il s'y crut d'autant plus obligé, que Vartank lui-même venait de lui envoyer Solkem Sabam, religieux de Saint-Basile et son propre parent pour implorer sa médiation.
Clément XI engagea donc Louis XIV, qui avait de l'ascendant sur l'esprit du roi de Perse, à intercéder pour Vartank, et à lui obtenir la liberté. Il informa en même temps le roi captif des mesures qu'il prenait pour arriver à sa délivrance, et il lui offrit toutes les sommes qui lui seraient nécessaires pour
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se radoter, s'il ne lui était pas possible de ( obtenir autrement. Vartank n'en eut pas bosoin. Les bons offices de Louis XIV lui procureront sur-le-champ la liberté. Dès qu'elle lui fut rendue, Vartank dépécha vers le Pape pour l'assurer de sa reconnaissance; il tint parole et protégea toute sa vie le catholicisme dans ses Etals. En Perse même la religion y gagna : car le roi voyant combien Louis XI V s intéressait en toute occasion à ce qui pouvait faire plaisir à Clément XI, et voulant obliger le roi de France, déclara qu'il laissait liberté entière aux missionnaires. Le même Pontife apprend encore qu'à Précop, m Servie, il y avait nombre d esclaves catholiques, qu on abandonnait à la misère dans leur vieillesse et dans leurs maladies. Après les avoir, pendant la sauté et les forces de l'âge, exercés aux plus rudes (m vaux, on lt*s laissait vivre et mourir sans secours, lorsqu'on n'en pouvait plus tirer aucun service. Renvoyés sans salaire, et chassés do la maison de leurs maîtres, ils étaient dans un état à n'oser se montrer ; ou si, pour mendier, ils demeuraient nuit et jour exposés aux intempéries, souffrant de la nudité et de la faim, ils ne recevaient souvent sur leur religion que des insultes. Il n'en fallait pas tant à Clément XI pour le porter a soulager leur misère et à prévenir les dangers de la séduction. Il imagina de fonder à Précop un hôpital où ils pussent être reçus et entretenus le reste de leurs jours, lorsque leurs maîtres les auraient ainsi jetés sur le pavé. Dans cette vue, il y envoya une somme d'argent pour élever des constructions d'une graudeur convenable.
Jl en plaça une autre sur des fonds assurés, et dont il aflecta les revenus à fournir à l'entretien des vieillards et des malades. Le roi de Pologne et l'empereur, à la sollicitation du Pontife, contribuèrent à celto booue œuvre.
Les Turcs armaient par terre et par mer [1715]. Ces préparatifs menaçaient les Vénitiens. Le Pape leur envoya une grosse somme destinée à pourvoir aux frais de la guerre. Les Vénitiens possédaient alors toute la Morée et quelques îles enclavées dans les Etals du Grand Seigneur. Achrael entreprit de les en chasser, et la plus heureuse exécution suivit de près cette entreprise. Au premier avis que le Pape avait eu de ce dessein, il avait envoyé ses galères aux Vénitiens. Il avait écrit aux rois d'Espagne, de Pologne, de Portugal, aux dignitaires du l'Eglise, pour en obtenir des secours contre les ennemis du nom chrétien.
La Uotte des infidèles, après avoir supris Me de 'fine, située dans l'Archipel, alla fondre sur la Morée. Eu moins d'un mois, les Turcs subjuguèrent toute la presqu'île. Ils prirent Corinlhe, Napoli di Romani, Coron et Modon, avec autant de facilité que si ces villes n'avaient pas eu de .citadelles nour se défendre. Ils s'emparèrent' des deux lies de Cérigo et d'Kgiue , les seules qui fusm.nl restées a Venise dans l'Archipel. Dans la cràf Die que Zanle, défendue par une bonne
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forteresse, ne fil une résistance qui retardât le progrès de leurs armes, les Turcs ne jugèrent pas à propos de l'insulter. Dans le même temps se montrèrent des pirates qui, sortis des cèles de l'Afrique el des Iles de l'Archipel, infestaient toute l'Adriatique et une partie de la Méditerranée. Non contents de faim, à la faveur de la nuit, de fréquentes descentes dans la Romagne , ils arboraient pendant le jour des pavillons non suspects, et, au moyen de cette ruse, abordant de tous côtés sans obstacle, ils enlevaient tout ce qui se rencontrait.
Pour garder les côtes de ses Etats, le Pape flt armer en course plusieurs bâtiments qui, è TarJeur avec laquelle ils donnèrent la chasse à ces écumeurs de mer, firent juger que, si les Turcs avaient trouvé ailleurs au tant deTÔsistance, ils n'y auraient pas fait tant de conquêtes. Le vice-roi de Naples et les peuples de la Pouille usèrent des mêmes précautions. De tous côtés ils équipèrent des bâtiments d'une moyenne grandeur, et les joignant à ceux du Pape, ils tinrent la mer sans que les Turcs osassent presque plusse montrer.
La guerre cependant ne finit pas là. Enflé de sa victoire, le sultan la croyait attachée désormais à son char , et il ordonna pour l'année suivante de nouveaux préparatifs. Le Pape fut d'autant plus affligé de ces conquêtes, que la foi lui paraissait plus en danger dans les pays que les infidèles venaient de subjuguer. Déjà les Catholiques d'Afsie se croyaieut perdus. Ils conjurèrent Clément XI de leur ménager quelque puissante protection contre les attaques dont ils se croyaient menacés.
Après le secours du Ciel, le Pape n'eu connaissait pas de plus efficace auprès du Grand Seigneur que le crédit de Louis XIV. 11 intéressa l'un et l'autre dans la cause de l'Eglise. II ouvrit d'abord un jubilé universel pour porter les fidèles à implorer la miséricorde de Dieu sur son Eglise. Ensuite il exposa à Louis XIV la crainte où étaient pour leur loi les Catholiques d'Asie, et il le conjura de s'employer à dissiper l'orage qui se formait sur leurs têtes. Ce prince chargea des Alleurs, son ambassadeur à la Porle.de recommander de sa part au Grand Seigneur les Eglises d'Asie. Achmet promit de ne pas les inquiéter. Clément XI lout envoya celle assurance, avec des secours d'argent qui les rendirent plus tranquilles.
Pour surcroît de malheur, les divisions intestines désolaient toujours la Sicile. Les ministres du duc de Savoie y soulensient lo Tribunal de la monarchie avec pins de hauteur encore* que n'avaient fait les Espagnols, qui les avaient précédés. L'Ile entière était en deuil par la multitude de ceuxqui étaient ou exilés, ou détenus dans les prisons. On comptait à Rome seulement quatre cent treize prêtres siciliens de ceux qui avaient élé dépouillés de leurs biens, el bannis de leur patrie. Malgré les secours qu'il envoyait de tous côtés pour aider les primas chrétiens à soutenir le poidi de la guerre
conlro les Turcs, il se irouva que les frais qu'il avait faits jusqu'à ce jour-là pour l'entretien des seuls exilés qui étaient à' Rome, excédaient la somme de deux cent mille écus romains.
Les ministres de la Monarchie ne relâchaient rien pour cela do leur première rigueur. Ils fermèrent l'entrée en Sicile à tout ce qui aurait pu venir de Rome. Ils publièrent ensuite divers décrets en vertu desquels ils déclaraient nuls tous les rescrtts qui pourraient émaner du Saint-Siège, si préalablement ils n'étaient autorisés par les juges séculiers du Tribunal de la monarchie. Le Pape cassa tous ces décrets, et, malgré les plus grandes précautions des juges de la Monarchie, les Siciliens reçurent la censure qu'il en avait faite, et ils l'améliorent dans toute l'Ile. La persécution n'en devint que plus violente. Une négociation, entamée entre les deux puissances, n'eut aucun succès.
Après avoir achevé de rétablir le calme parmi les missionnaires de la Chine, Clément XI envoya des visiteurs dans l'Amérique pour s'iuformer des mœurs des ecclésiastiques, et de la manière dont s'observait la discipline de l'Eglise. Il coupa court ainsi à tons les abus. Rien n'échappait à ses recherches; son attention paraissait même dans les choses qui semblaient presser le moins. Quand Paul V eut fait agrandir l'église de Saint-Pierre de Rome, il fil déposer dans une chapelle de celle basilique le corps de saint Léon I, ce grand Pape qui, par la sainteté de ses mœurs, par la science des divines Ecritures et par lus actions de sa vie a si justement mérité le surnom de Grand. Mais, comme ce précieux dépôt s'y trouvait dans un lieu encore trop retiré et peu exposé à la vue des fidèles, Innocent X lui avait fait bâtir, dans la môme église du Vatican, une chapelle, nommée aujourd'hui de Saint-Léon, plus magnifique et mieux placée que la première. L'ouvrage était fini sous les précédents pontificats. Cependant aucun des prédécesseurs de Clément XI n'avait songé a enrichir cette nouvelle chapelle du trésor qui lui était destiné. Clément XI voulut s'acquitter de ce devoir, et il le remplit avec cet appareil de majesté qu'il savait si bien mêler aux principales cérémonies do l'Eglise. Après avoir Gxé la solennité de la translation du corps au jour même où l'Eglise fait l'office de sainl Léon, et qui est le jour de sa naissance, le Pape se rendit professionnellement dès la veille au lieu où Paul V l'avait fait déposer. Dans sa marche il était précédé de tous les cardinaux, de tous les prélats et des seigneurs romains qui, comme lui, tenaient chacun un cierge allumé à la main. Les paroles qu'on chantait avaient été composées à la louange du sainl, et la musique était des plus exquises. Rome entière assistait à celte augusta cérémonie. Arrivés en la présence du corps, les cardinaui Orsini, comme plus ancien, et Anoibal Albani, comme arehiprêtre de l'église de Saint-Pierre, ('élevèrent
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avec son cerceuil sur leurs épaules. Ils le portèrent ainsi jusqu'à la chapelle qui lui était destinée. Là ils le placèrent dans une urne magnifique qui lui avait été préparée sous l'autel, lui laissant les mômes habits pontiûcaux dans lesquels il avait été trouvé. On remarque que le corps exhalait une odeur des plus suaves. Peu de temps après, en deux ou trois consistoires tenus à peu do distance les uns des autres. Clément XI créa des cardinaux, au nombre desquels était Henri de Thiard de Bissy, qui lui était recommandé par Louis XIV, dans la dernière lettre que ce prince écrivit au Pontife. Lorsqu'il la fit partir pour Rome, Louis se sentait déjà atteint de la maladie dont il mourut. Il était alors dans la 77' année de son âge, et dans la 73* de son règne. Peu de moments avant de mourir, il témoigna aux cardinaux de Rohnn et de Bissy combien il aurait souhaité pouvoir, avant sa mort, porter le dernier coup au jansénisme dans ses Etats. Il leur exprima sa joie de mourir au sein de l'Eglise catholique, apostolique et romaine. Pour bien comprendre la grandeur de la perle que venait de faire en lui l'Eglise, on n'a qu'à jeter les yeux sur son éloge funèbre, que le Pape prononça en présence des cardinaux, et qu il ht imprimer. Oit y lit : « Que dans Louis le Grand il regrettait la plus vive lumière et le plus bel ornement de son siècle; un protecteur déclaré des beaux-arts; un défenseur de la verlu opprimée; un prince véritablement orthodoxe; un vrai fils aîné de l'Eglise ; un bienfaiteur des ouvriers évangéhques répandus jusqu'aux extrémités do la terre, un vengeur intrépide de la religion catholique. » Peui-on penser autrement, ajoutaitil, d'un religieux monarque qui, pendant toute sa vie, a été le fléau de i'hérésie, l'ennemi implacable des duels, la terreur de l'athéisme cl de l'impiété; d'un héros chrétien qni, à sa mort, par la constance et la fermeté de son âme, a vaincu tout le stoïcisme des philosophes païens?
Clément et Louis étaient véritablement faits pour le trône; Louis XIV était monté sur le sien avant d'avoir l'âge de le connaître ; Clémenl XI avait mérité le sien avant de l'occuper. Le premier s'en montra digne, dès qu'il se connut : le second le mérita d'autant mieux qu'il s'en croyait ' moins digne. L'un eul le plus glorieux des règnes; il ou manqua à l'autre qu'un pontifical plus heureux. Mais si Louis Irouva sa gloire dans le plus grand succès Clément alla puiser la sienne jusque dans les plus grands malheurs. Ce qu'ils eurent de plus ressemblant dans la différence même des révolutions de la vie, c'est qu'ils furent toujours l'un et l'autre supérieurs aux événements.
Si quelque chose eût dû consoler Clément XI dans la douleur que lui causait la perte du grand roi, c'était l'espoir qu'rl conçut d'en rétablir un autre sur le trône d'Angleterre, et de reconquérir par là un trône à Jésus-Christ. Les mesures en avaient déjà été concertées avec Louis XIV, qui avait su
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gagner l'esprit de la reine Anne, et la disposer en faveur de Jacques III, son frère consanguin, connu sous le nom de chevalier de Sainl-George, et que la France avait recueilli lorsqu'on l'avait tiré de Londres, étant encore au berceau. Mais celte princesse élant venue à mourir avant d'avoir nu exécuter son projet, le duc de Hanovre lui avait succédé [1711], sous lo nom de George I. Les partisans de Jacques Sluart ne laissèrent pa.« de s'agiter en sa faveur. Ils paraissaient môme ne plus attendre que sa présence pour le mellre à leurlôte, lorsque i;iéutent XI leur envoya de grands secours d'argent, qu'il avait en partie tirés de son trésor, en partie obtenus de plusieurs princes catholiques. Il leur céda, en outre, toutes les sommes qui, depuis plusieurs années, lui étaient échues en Espagne par la vacance des bénéfices, et qu'il n'avait pas encore retirées. Le roi d'Espagne était dans les intérêts du prétendant à la couronne d'Angleterre. Il fournil voloutiers aux frais de rexpédilion. Jacques III se rendit en Ecosse. Il fut heureux dans le premier combat qu'il y livra; mois ses généraux ne surent pas profiler de la victoire. Peut-être même s'étaieifl-ils trop pressés de combattre. Avec un peu plus de patience ils auraient renforcé leur armée, qui grossissait chaque jour par le concours des mécontents. Quoi qu'il en soit de la véritable cause de leur insuccès, ils furent défaits dans un second combat. Jacques III, accablé par le nombre, fut obligé de céder. Il repassa en France; et le Pope eut bien à faire pour empêcher que les Catholiques ne devinssent victimes de celle expédition d'Ecosse ; il lut appuyé, en celte circonstance, par l'empereur , par les rois de Portugal et de Sicile.
Il eut beaucoup plus a travailler pour arrêter les progrès des Turcs. Yers le milieu du printemps [1716], ils mirent en mer cette même flotte qui, Tannée précédente, avait conquis la Morée, et ils vinrent surprendre Cor fou. Cetto lie se trouve placée dans une des plus belles positions qui soient au monde. Située b l'entrée du golfe Adriatique, elle a son aspect au midi sur la Calabre, à sa droite la mer de Venise, a sa gauche celle qui conduit aux lies de l'Archipel et è Couslantinople, et au nord, derrière elle, le continent de l'Epire dont elle n'est séparée que par un canal qui, dans toute sa longueur, n'est guère largo que do deux kilomètres. Au milieu de l'Ile, et sur ce même canal, du côté de l'Epire, est un port ou rade, bien défendu par deux citadelles bâties sur deux hauteurs. La ville se montre sur le bord de la mer entre ces deux citadelles. Elle est très-peuplée et pourvue des richesses de POrieut. Le sol de l'Ile est des plus fertiles, son climat très-dous, et sa situation en fait comme l'entrepôt de l'illyrie, de la Dalinatie et de la Macédoine, pour les échelles du Lovant. Les poêles l'ont rendue célèbre, sous le pom de l'Ile de Corcyre, par le séjour qu'y Ureut autrefois les ergonaulcs et Ulysse,
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par les magnifiques jardins d'Alcinous, ei par le temple qui y était dédié à Jupiter du temps des anciens Romains.
La flotte des Turcs entra dans le canal en 1716. Elle le parcourut dans toute sa longueur, sans s arrêter devant tes citadelles, et elle mouilla sur les ancres, de sorte qu'elle occupait toute la largeur du canal, et qu'elle en barrait l'entrée du côté de la mer Adriatique. La perte de la Morée n'avait pas assez instruit les Vénitiens. Il est bien vrai qu'ils avaient de bonnes garnisons dans les deux citadelles de Corfou ; mais leur flotte était encore à Venise, presque entièrement dépourvue de troupes. Il ue fut pas difficile aux Turcs de faire leur descente dans l'Ile. Ils y débarquèrent quarante mille hommes, du canon, aes vivres, et ils se disposèrent k faire un siège dans les formes.
Le Pane n'avait pas tant attendu a procurer par lui-même aux Vénitiens, et à solliciter dans les différentes cours catholiques les secours dont ils avaient besoin contre les ennemis du nom chrétien. Il nvait.formé pour la campagne présente un plan qui rendit l'empereur mata-o de toute la Hongrie, cl il avait pris des mesures qui conservèrent Corfou aux Vénitiens.
Son plan était que, tandis que les Turcs agiraient par mer contre les Vénitiens, l'empereur les attaquât par terre dans la Hongrie. Par là il formait une diversion qui, en partageant leurs forces, pouvait faire échouer tous leurs desseins; et, en les prenant au dépourvu en Hongrie, pour rendre service è ses alliés, l'empereur pouvait reconquérir celte contrée. La cour de Vienne avaitgoûté ce plan dès que le Pape le lui avait proposé!: mais, n'ayant fait qu'une paix mal assurée avec le roi d'Espagne, elle craignait que, tandis qu'elle serait occupéu eu Hongrio contre les Turcs, les Espagnols ne profitassent de celte conjoncture pour attaquer les possessions impériales de l'Italie. L'empereurdélibérait encore sur In parti qu'rl prendrait. Le Pape en écrivit au roi d Espagne, qui lui promit de ne rien entreprendre contre l'empereur, tandis qu'il serait en guerre contre les infidèles. Sur cette assurance que le Pape donna à l'empereur, ce prince n'hésita pas è agir contre les Turcs.
Quant aux secours donnés par ie Pape aux Vénitiens, ils consistaient en argent et en vaisseaux. Il donna d'abord trois cent mille écus romains, pour cire employés è «voir des bâtiments de transport. Il y ajouta cinq cent mille florins, dont une partie élait destinée pour l'arruée do Hongrie, et il accorda outre cela à l'empereur les décimes de tous les biens ecclésiastiques situés dans l'empire. Il équipa sept galères el quatre vaisseaux de guerre. Il eu fréta quelques autres qu'il fit parlir pour Malte, et qu'il joignit a ceux de la religion. Il en reçut douze du roi de Portugal six de ligne el s'\ inférieurs; six du roi d'Espagne avec ci galères ; trois galères du grand -duc de T , cane; deux de la république de Gênes; il
reçut du due de Parme deux mille hommes de pied, qui partiront pour la Dalmalie.
Cette flotte auxiliaire ne se trouva prête et réunie en un corps qu'au commencement d'août. C'eslaJors qu'elle mil à la toile pour Corfou. Celle des Vénitiens v élait arrivée depuis quelque temps. Elle mouillait à l'autre extrémité du canal» faisant face à In flotte ottomane. Le siège se poursuivait tonjours par terre avec vigueur, lorsque les Turcs furent avertis du secours qui venait par mer aux Vénitiens. Ils appareillèrent sur-le-champ, levèrent les ancres avec précipitation, et, laissant leurs troupes de terre dans l'Ile, ils pu firent le tour et gagnèrent Iq large. Les Vénitiens, au lieu de chercher * couper les Turcs, firent la faute d'enfiler le canal et de se mettre à leur suite. Ceux-ci leur échappèrent facilement. Les amiraux de la flotte auxiliaire firent une autre faute. Ils se mirent aussi à la poursuite des Turcs, sans laisser au moins quelques vaisseaux devant Corfou, pour tomber sur les troupes de terre que les Turcs y avaient laissées, au cas qu'elle* vinssent a lever le siège et à traverser le canal pour regagner le continent. L'événement ne servit qu'a les en convaincre; car pendant que les flottes catholiques poursuivaient la flotte ottomane, les assiégeants ayant appris la défaite de leur armée en Hongrie, en prirent une telle épouvante, qu'ils laissèrent leurs tentes et leurs chevaux devant Corfou ; qu'après trois mois de siège ils Vt levèrent avec précipitation, et qu'ils regagnèrent l'Kpiresur de légers bâtiments, sans y trouver la moindre opposition dans le canal. Le général de Self ulembourg, qui commandaildans Corfou, s'y couvrit de gloire.
Le prince Eugène de Savoie se signala aussi en Hongrie, où il commandait l'armée impériale. Il parait que les Turcs s'attendaient è y être attaqués, car ils y avaient envoyé une armée formidable. Le prince Kugène l'attaqua et la défit en bataille rangée. Il n'en resta que re qui put se sauver par la fuite. Eugène demeura mattre du champ de bataille, du trésor, des chariots, des bagages. Il prit dans celte seule journée 180 pièces de canon.
L'empereur dépécha d'abord un courrier au Pape pour lui faire pari de cette victoire. Ensuite il lui écrivit de sa main pour le remercier des sages conseils el des puissants «ecours qu'il en avait reçus. Pour gn^e de sa reconnaissance, il lui envoya quatre des drapeaux pris sur les Turcs. C'était le jour de Noire-Dame des Neiges que celle grande «elion s'était passée en Hongrie, et cesl lu j»ur de l'Assomption qu'on en apprit la nouvelle a Rome. Saint Etienne, premier du nom, avait mis, du temps de son règn<\ la Hongrie sous la protection de la sainle Vierge. Clément XI choisit dans le mois de septembre suivant le jour où on célèbre la t -ic de ce saint pour aller rendre à Dieu de s emelles actions do grâces dans l égîise de Sainie-Marle-Majeure. Il y fil solennelletuent apporter deux des drapeaux que lui Dictions, des Cardinal*.
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avait envoyés lVmpereiir. Il fit présent des deux autres à la chapelle de LoreKe. C'est le cardinal de Schrortemback, ministre de l'empereur a Rome, qui les lui avait présentés. Une circonstance, qui parut singulière, contribua à rendre encore plus grand le concours >d ans l'égliso do Sainte-Marie Majeure : c'est que le jour même où le siège de Corfou fui levé, le Pape avait institué dans cette même église des prières publiques pour la levée de ce siège. Il s'y / rendit donc avec toute sa cour, el il y dit In Messe, pour rapporter à Dieu tous les honneurs de la victoire.
Il eut bientôt occasion de lui rendre de nouvelles actions de grâces. Pour profiler dn la déroule des Turcs, le prince Eugène,' après avoir recueilli leurs dépouilles, alla mettre le siège devant Témeswar, place forio par sa situation et par les ouvrages dont ello était défendue. Dans sa retraite, une parlio de l'armée des Turcs s'y était renfermée, et en avait par là considérablement augmente ta garnison. Elle était d'ailleurs bien pour-, vue de munitions de guerre el de boudin. Les assiégés s'y défendirent pendant trois mois avec opiniâtreté. Mais après s'être épuisés dans de fréquentes sorties, où ils avaient perdu beaucoup de monde, ils demandèrent a capituler, el ils rendirent à l'empereur une place frontière qu'on n'avait pu reprend rusur eux depuis 16i ans qu'ils l'avaient conquise sur les Chrétiens. La prise de celto place répandit l'épouvante dans tout le banal de Témeswar. Les villes d'une moindre importance se rendirent toutes à discrétion, et ouvrirent leurs portes au vainqueur.
L'empereur envoya à Rome le comte do Lamberg, pour en porter la nouvelle au Pape. Clément XI voulut donner au prince Eugène les plus grandes marques d'honneur que le Saint-Siège ait coutume de déférer aux héros, vainqueurs des infidèles. Il lui envoya Yestoc el la toque qu'il avait bénits cette année-là. Vestoc esl une épée, et la toque une espèce de casque. Le hasard fit que ce présent arriva à l'armée de Hongrie le même jour qu'elle entra victorieuse dans Témeswar. On commença par y ériger un autel. On y célébra le saint sacrifice qui depuis tant d'années y avait été interrompu, et, à l'issue de la Messe, au milieu des fanfares des trompettes, du bruit des tambours, d'une salve générale de tout le canon de l'armée, le prince alla prendre à l'autel elâ genoux, selon l'usage, des mains de l'officiant, l'estoc el la loque que le Pape lui avait envoyés.
Les travaux de Clément XI avaient bien altéré sa sanlé : les intempéries de la saison contribuèrent à l'altérer davantage. Les pluies furent si abondantes en Italie, et les eaux croupirent en tant d'endroits aux environs de Rome, qu'elles y produisirent des maladies dont on mourait en peu de jours. L'inondation fut si considérable dans (a Romagne, que le Pô y rompit encore ses digues entre Bologne el Eertare ; et que, portant la désolation dans les campagnes voi-