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à espérer, à aimer. Aussi, en parcourant vos villes et vos campagnes, combien n'avonsnous pas été touché du concert unanime de votre pieuse allégresse!... Pourrions-nous jamais oublier ces signes éclatants de respect et de piété filiale, ces acclamations si vives, et, pour tout dire enfin, cette ivresse religieuse digne des beaux jours de l'Eglise ? Ce ravissant souvenir, toujours présent à notre esprit, se mêlera désormais à nos actions de gril ces, et nous fera répéter avec le grand Apôtre : Béni toit le Dieu qui nous a comblé en notre Sauveur de toute» tortet de bénédictiont'pour le ciel l (Ephes. i, 3.)
c Oui, nos très chers frères, laissez-nous acquitter celte dette de notre cœur, nonseulement en présence de Dieu qui vous connaît, mais aussi pour l'édification de ceux qui ne vous connaissent pas ; Ihs touchantes manifestations de votre dévouement, de votre zèle à seconder nos efforts, l'attachement dont vous nous avez donné des marques si nombreuses, sans que nous ayons fait fléchir à votre égard les règlos de la sévérité évangélique, les aumônes dont vous nous avez fait dépositaire en faveur de tant d'établissemeiits précieux , les preuves non équivoques de bon vouloir et d'estime que nous avons reçues, il y a si peu de temps, des notabilités de la province, tout enfin nous porte à croire que nous aurions pu continuer à faire un peu de bien, et par là même nous trouver heureux au milieu de vous.
« Et maintenant que nous avons rendu ce solennel témoignage à votre piété, que nous vous avons associés à nos pensées les plus intimes, nul de vous ne pourra croire que nous ayons pris de nous-même la résolution de vous quitter. Ah I s'il on était ainsi, l'amertume que nous cause celte prochaine séparation nous ferait expier douloureuse-' ment une démarche inspirée par des vues trop humaines. Comment, en effet, nos très-chers frères , nous eût-il été possible d'abandonner l'œuvre de pacification , si heureusement commencée, au moment d'en recueillir les fruits précieux? Comment aurions-nous pu, dans la crainte de quelques difficultés passagères, exposer ce beau diocèse aux incertitudes de l'avenir? Non, vous nous connaissez trop bien pour admettre une supposition si injurieuse à noire caractère. Mais la Piovidence a ses desseins; elle suscite des événements qui sont audessus de nos prévisions, comme ils sont indépendants de notre volonté. Dans le champ de l'Eglise , ce n'est pas toujours celui qui a semé qui moissonne, dit le Sauveur, et c'est par l'effet de l'une de ces dispositions particulières, que nous allons nous-même recueillir, dans un autre diocèse, une ample moisson de foi, de piété et de bonnes œuvres, préparée par les travaux et les vertus de deux illustres pontifes qui ont occupé successivement le siège de Bordeaux. » Installé, le 2 juillet 1837, sur son nouveau siège, Monseigneur, qui a sitôt acquis une expérience consommée des
bES CARDINAUX.
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hommes et des choses, qui réunit en lui la maturité de la vieillesse è toute l'activité d'une jeunesse encore florissante, donne ses premiers soins à son clergé , organise des conférences , en règle la marche, imprime un nouvel élan à 1 œuvre des retraites en faveur des vétérans du sacerdoce, publie des Mandements sur des points de doctrine et de discipline. Jl embrasse des détails infinis , qui tous se rattachent a un système qu'on peut résumer en deux mots : réveiller 1 esprit catholique, et, par l'esprit catholique, régénérer la société. Ecoutez Mgr Donnet exposant , dans sa première Lettre pastorale aux fidèles de Bordeaux, l'idée qu'il s'est faite de l'esprit épiscopal : « Un cœur d'évéque n'est-il pas un cœur de charité? Et l'évèque de nos âmes, le divin Rédempteur, n'étail-il pas l'amour éternel habitant
Îarmi les hommes; et , comme lo dit saint ean, n'avons-nous pas tout reçu de sa plénitude? {Joan. i, 16.) La mission qu'il nous a donnée dans la personne de ses premiers apôtres n'est-elle pas une mission toute d'amour? N'est-ce pas au nom de l'amour qu'il leur recommande l'observation de ses préceptes ? Si vous m' aime x, leur dit-il, gardez mes commandements. {Joan. xiv, 15.) Et quels commandements ? Le commandement que je vous donne est de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. (Joan. xm, Sk.) Aussi le disciple de Jésus, celui qui , la veille de sa mort, avait reposé sur son cœur, et qui depuis gouverna si longtemps l'église d*Ephèse, n'avait plus, sur la On de ses jours, d'aulte parole à faire entendre a l'heureuse famille dont il était le père, que celle-ci : Mes enfants, aimex-vous les uns les autres. El nous aussi, nos bien-aimés, nous vous la répéterons sous toutes les formes celle parole , et nous désirons virement vous en faire sentir les consolants effets dans tout le cours de notre ministère. Votre évôque se doil lout a tous; il tâchera de se faire lout à tous. » Dans la môme Lettre
ftnstorale, il apprécie en ces termes son ilustre prédécesseur : «Ce qui formait le trait principal du caractère de Mgr de Chcverus, c'étail une douceur inaltérable, une patience à toute épreuve , ou , pour mieux rendre notre pensée, c'était la modération, cette vertu lout évangélique , empruntée
Sar la sagesse humaineàla morale du Dieuouveur; la modération, si compatible avec l'énergie, et par laquelle il savait, chose difficile, gouverner en conciliant, et garder la mesure jusque dans le bien. » Ecoulez encore l'archevêque «le Bordeaux annonçant la visite de son diocèse, a Nous irons vers vous, N. T. C. F., avec loute l'activité du zèle dont nous sommes animé pour votre sanctification. Mais nous n'oublierons pas que la prudence, la mansuétude et la chanté doivent être nos compagnes inséparables. Nous nous rappellerons qu'il est des obstacles et des difficultés dont la douceur et la patience peuvent seuls triompher, des maux et des plaies qui ne peuvent se guérir du se cicatriser qu'avec J le temps; nous
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nous dirons a nous-même qu'appelé a recueillir l'héritage d'un demi-siècle de pré. ventions contre l'Eglise, d'égarements et d'erreurs, il ne faut m nous étonner ni nous plaindre de la pesanteur du fardeau qu'il a plu an Seigneur de nous imposer, mais plutôt le porter avec courage et sans murmure, après l'avoir accepté en esprit de résignalion à sa volonté sainte.
« Nous souhaitons être connu de toutes nos brebis, leur faire entendre notre voit, et, s'il est possible, les appeler chacune par leur nom; rechercher celles qui sont perdues, relever celles qui sont tombées, guérir celles qui sont blessées , encourager celles qui sont faibles , sauver tout le troupeau et le faire reposer sans crainte dans l'abondance de toutes sortes de biens.
« N'évilez pas notre rencontre, ne fuyex pas notre présence, vous qui ne partagez pas nos convictions religieuses. Tout eu vous appelant nos frères séparés, vous n'en êtes pas moins nos frères bien-aimés. Ne craignez ni de nous aborder, ni de chercher auprès de nous des consolations dans le malheur, des éclaircissements dans le doute, des soulagements dans l'infortune. Nous aurons toujours pour vous des entrailles de père; nos bras seront toujours ouverts pour vous recevoir. Vous n'avez jamais refusé à nos saints prédécesseurs le tribut de vos égards, de voire respect, de votre affection ; soyez-en mille fois bénis l »
Voulez-vous savoir comment l'archevêque de Bordeaux se repose des longues visites qu'il entreprend, chaque année, dans quelques parties de son vaste diocèse? Un homme du monde va vous l'apprendre : « Ayant eu la curiosité d'épier loutes ses démarches, j'arrivai, »dit-il, « h sept heures du matins la porte de l'archevêché; mais Monseigneur en était déjà sorti ; il fallut aller le rejoindre à l'hôpital Saint-André, où il célébrait l* Messe, adressant aux convalescents et « ceux des malades qui avaient nu se rendre à la chapelle une touchante allocution, dis* tribuanlè quatre-vingts d'entre eux la sainte communion, donnant a cinquante le sacrement de la confirmation; puis, se rendant auprès des malades qui n'avaient pu quitter leurs lils, il parcourait onze salles, annonçait dans dans chacune la divine parole et administrait la confirmation aux malade qui s'y étaient préparés. J 'étais profondément ému de ce spectacle qui, me dit-on, était pourtant une chose tout ordinaire, puisque cette visite è l'hôpital revient presque tous les mois. Cependant le prélat, au lieu de reprendre la route de son palais comme on eût dû s'y attendre après une visite aussi fatigante, se transporte successivement à l'hospice des vieillards, au dépôt de mendicité et à l'hôpital militaire ; je m'y rends h sa suite, el dans chacun de ces asil<* du malheur ou de la souffrance, je vois « renouveler à peu près tout ee qui s'était passé è l'hôpital Saint-André ; je dois ajouter qu% partout l'arrivée du prélat dilate le* cœurs, et fait épanouir les physionomie*
contractées par .a souffrance el le chagrin. Eoftn, dans les allocutions qu'il prononça, non-seulement dans chaque établissement, mais dans chacune des salles qu'il pnrcourut, Mgr eut le talent de traiter les mêmes sujets uns se répéter, d'énoncer les mêmes pensées eo les revêtant d'expressions toujours variées, toujours appropriées à l'âge, à la position, aux besoins de son auditoire. Simple témoin des travaux du prélat, je succombais à la fatigue el j'espérais que sa journée et la mienne au termineraient à la visite de l'hôpital militaire; mon illusion était grande. Monseigneur se rendit encore dans une institution de jeunes personnes où, sans paraître se ressentir de ses accablants travaux, il trouva dans son esprit et dans son cœur tout ce que la piété peut avoir de plus aimable el de plus onctueux. Enfin, Sa Grandeur, rencontrant sur sa route une maison religieuse, y entra et termina sans doute par cette visite une journée qui était une mission tout entière. Pour moi, ne pouvant être admisdans la communauté que visitait le prélat, je me retirai tout aussitôt, aimant mieux, je l'avoue, supposer les travaux de l'archevêque terminés que d'avoir è le suivre peut-être dans de nouvelles excursions, pour lesquelles il ne me restait plus ni force ni courage. »
Nous ne nous lassons point de citer cette parole qui découle toujours simple et naturelle, pleine de noblesse, d'onction et de dignité. C'était en 1838. Dans une Lettre pastorale, après avoir rappelé en quoi consiste la mission d'un évêque, le prélat ajoute :
• Mais nous ne saurions opérer l'œuvre attachée aux fonctions de ce divin sacerdoce, ai aux leçons de la morale n'étaient joints les enseignements de la foi, et, au besoin, la défense de nos dogmes consolateurs. Paître le troupeau de Jésus-Christ, veiller a ce qu'il ne se désaltère qu'a des sources pures, lui procurer de salutaires pâturages, soustraire les brebis et les agneaux aux dangers de la contagion, voilà le grand devoir de la charge pastorale. Vous nous laisserez donc, N. T. C. P., vous prémunir aujourd'hui contre les dangers toujours plus imminents, du déplorable iodifférenlisme qui, sous les dehors trompeurs de religiosité, comme on l'appelle, ne tend à rien moins qu'à anéantir toute doctrine et toute morale. Rendez-vous attentifs à ce qui se passe autour de vous, el vous ne tarderez pas à reconnaître que, sous les apparences de la paix, l'Eglise soutient encore les combats de la foi. Le glaive du persécuteur n'est plus levé sur la tête du croyant; nos temples et nos autels n'ont t>lus à craindre les coups du marteau sacrilège : dans le camp enuemi ne retentissent plus des cris de fureur et de mort : car lassé de combattre l'invincible foi , convaincu après tant d'essais que la religion trouve son triomphe dans tout ce que I homme s'était imaginé devoir être son tombeau, l'orgueil humain a rejeté les armea de la colère. Dès cet instant, la société s'est montrée avec des religieuses, el l'on a vu tomber de-
vant la pudeur et .e bon sens public les indécentes attaques et les sacrilèges clameurs de l'impiété, qui succombe enfin sous le poids des crimes qu'elle a enfantés. On a reconnu la nécessité d'une croyance religieuse comme fondement de la conduite et des mœurs ; la science et les arts ont demandé è la foi ses sublimes inspirations, et la foule, se montrant avide de vérité, s'est pressée nombreuse autour des chaires évangéliques. Ainsi la divine Providence, qui toujours laisse à l'homme sa liberté jusqu'à l'abus, sait-elle cependant le ramener, comme malgré lui, à proclamer l'invincible besoin el de religion et de foi.
«Quel cœur religieux n'a d'abord tressailli à la vue de ces triomphes nouveaux ds l'Eglise et à la pansée de ceux qu'un avenir
Ëlus prospère semblait lui promettre encore? t cependaut, N. T. C. F., ne serait-il point vrai de dire que saint Ambroise aurait exprimé notre passé et notre présent avec une troj) désolante vérité quand il s'écriait : « Il « est bien étrange que la paix dont jouit « présentement l'Eglise n'ait servi qu'à corc rompre el à pervertir les cœurs. Au mi- « lieu des dangers de la persécution, nous « étions ardents et généreux, et, maintenant « que le christianisme respire, nous lan- « guissons; nous n'avons plus a combattre « que nous-mêmes, et nous succombons.
< C'est l'oisiveté qui nous affaiblit, c'est la « prospérité qui nous perd, c'est le plaisir « qui nous enchante I » Oui, N. T .C. P., gardons-nous de nous livrer sans réserve aux illusions de l'espérance et de la joie. On
firoclame, il est vrai, les bienfaits du cathoicisme, mais on a peur de son influence; le besoin de son assistance se fait universellement sentir, mais on ne veut ni ses pratiques ni sa doclrinu. A quelques-unes de nos solennités, la foule remplit nos temples et applaudit à nos paroles ; mais le banquet divin est abandonné, et les tribunaux de la réconciliation délaissés; mais le jour consacré au Seigneur est publiquement profané, el l'autorité des lois ecclésiastiques presque universellement méconnue. Eh! qui ne le voit? Comment se dissimuler l'étendue de ce mal qui, sous les dehors séduisants d'une religiosité stérile, de vagues el insaisissables systèmes, impuissants à se formuler en croyances el en préceptes, rouge le cœur même de la société?
« Quelle est donc cotte puissance cachée, que tant de désastres nous montrent si habile à séduire les intelligences, et destinée peut-être à nous rendre témoins do l'accomplissement de cette prophétique menace : La plus amire de mes douleurs est au sein de la pais. {/sa. xxxvm, 17.)
« Deux puissances, la foi et la raison, se disputent le domaine des intelligences. Peu d'hommes se rendent témoignage de ces combats, el cependant tous y prennent part, alors même qu'ils n'ont point la conscience claire du but vers lequel ils sont entraînés, et des moyens qui peuvent assurer le triomphe. Des résultats de celte lutte dépend l'a-
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veuir, non d'une cité et même d'un peuple, mais de peuples nombreux.
- a La raison de l'homme, demeurant toujours unie a l'éternelle raison, devait dire tout i la fois et sa lumière et sa force; mais ce don précieux de la libéralité divine , l'homme Va profané, et il en corromptchaque jour ta sublime institution. Devenue fausse sagesse sous l'empire de l'orgueil, elle prétend découvrir les choses de Dieu sans la lumière de Dieu. Flambeau h demi éteinl, elle séduit par quelques lueurs incertaines, et n'éclaire que pour égarer. Puissance dégradée, elle n'agît que pour détruire ; aussi lés infortunés qui osent lui conûer exclusivement le sceptre de la science, jouets de l'esprit de ténèbres, n'ont plus pour croyance que des opinions, et pour morale, des désirs que rien ne peut satisfaire. — Ce n'est olus nar de légères attaques qu'elle cherche a arrêter la marche de I Eglise : elle a son symbole avoué, elle le proclame suffisant
Eour nous diriger dans la course rapide du erceau è la tombe; elle procède avec une apparence de bonne foi si grande, que certains hommes d'une intelligence même émînente et d'une probité incontestable, croyant rester dans le vrai , sont entraînés dans les erreurs les plus déplorables.
« Cependant, tout en proclamant leur indépendance de toute autre autorité que la sienne, ils consentiraient è proposer à la foi de s'unir a eux pour l'œuvre d une régénération sociale, mais h quelles conditions? Ils célébreront la gloire et la beauté de noire morale, et les inépuisables effusions de la charité, si nous consentons & simplifier, à humaniser la religion, et à la dépouiller de ce qu'elle a de merveilleux et de terrible. Hideux mélange de vérité et d'erreur, de vertu et de vice, de lumière et de ténèbres , de force et de faiblesse, qui retiendrait le nom de religion et eu prendrait la place, pour conduire tes hommes au bien sans alarmer leurs passions et sans troubler leurs plaisirs ; qui sertirait de frein à. la licence et au crime sans l'appareil des supplices que Dieu réserve aux méchants, et qui aurait enfin la vertu de nous rendre meilleurs sans recourir à aucune assistance surnaturelle, et sans lu secours de la grâce, de la prière et des sacrements 1
• Que les inventeurs de religions changent leurs croyances, qu'ils y ajoutent ou retranchent au gré de leurs caprices, il doit en Atre ainsi; mais l'œuvre du Dieu vivant partage son immutabilité. Or le Dieu vivant était hier ce qu'il est aujourd'hui, ce qu'il sera demain et dans tous les siècles.
■ Aussi, N. T. C. F. , u'avons-nous pas de nouvelle doctrine à vous prêcher, cl l'E-
Êlise veut qu'aujourd'hui, comme à son erceau, nous vous apprenions è garder toutes les vérités dont Jésus-Christ daigna instruire les apôtres, chargés d'en perpétuer l'enseignement. Fermez donc l'oreille 1» tout .incouimudeiuenl de doctrine; et, si vous entendez dire que les enseignements de la foi catholique ont vieilli» et que de
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nouveaux besoins demandent de nouvelles croyances, ne vous laissez point alarmer ni séduire. Au temps de saint Auguslin'il était aussi des hommes qui disaient : te christianisme passe ; et le savant apologiste du christianisme, qui avait foi a la parole du Maître, leur répondait : Cest vous qui pas» ses. Quatorze siècles ae sont écoulé» depuis la réponse du grand docteur, et l'Eglise demeure.
« Les sectes vieillissent, parce qu'il eit de leur destinée de mourir; mais l'Eglise do Jésus-Christ ne vieillit point, parce qu'elle doit toujours vivre. Divine dans son cher, divine dans sa hiérarchie, divine dans son gouvernement et dans ses lois, la société des fidèles ni se trouble, ni ne s'altère, ni nos» décompose comme les sociétés humaines, qui portent dans leur sein toutes les passions, et avec elles le germe fatal d'une dissolution plus ou moins prochaine. Autour d'elle tout change : de nouvelles opinions produites par de nouveaux systèmes, de nouvelles habitudes enfantées par rie nouveaux besoins , concourent à rendre insaisissables la face des eboses humaines. Une enear nouvelle chasse une erreur plus ancienne, ou se grandit des ruines qu elle a créées; mais 1 Eglise, toujours sainte, toujours visible, toujours infaillible, offre constamment au monde la grande et sublime image de son unité et de l'invariabilité de son en* seignement. Tout périt autour de nous, englouti dans les eaux d'une mer toujours agitée; une barque seule, celle de Pierre, si frêle eu apparence, poursuit sa course, assurée qu'elle est d'arriver au port. — L'erreur peut obtenir des triomphes passagers, mais elle ne saurait dominer te monde; sa gloire s'en va comme les passions et les illusions qui la produisent. « Si quelqu'un,» dit saint Jean Chrysoslome, ■ ose attaquer « l'Eglise, il tombera à ses pieds, épuisé et « sans force : c'est comme s'il déclarait la « guerre au ciel même. Si vous combinez « contre un homme, vous serez vaincu .ou « vainqueur; mais si vous combattez contre « l'Eglise, il n'y pas d'alternative, vousse- « rez vaincu. L Eglise est plus forte quels « terre entière; que dis-je?elle.esi plus forte • que le ciel même. Le eiet et la terre pum seront, mais mes paroles ne passeront point. « [Matth. xxiv, 35.) Or, c'est celte parole qui « est le garant de sa perpétuelle durée. '» — Ne vous laissez donc pas aller à ce vent des opinions qui ne respecte aucune base assise , aucuu principe admis. Le principe, le fondement a été posé ; personne ne p?»f en poser d'autre ; et ce fondement, c'est Jésus-Christ. (/ Cor. m, il.) Elevons sur cediviu fondement l'édifice du temps et de l'éternité. Restons là attachés comme lecepde la vigne l'est à la racine ; car dans celle union seule est l'espoir du salut. Usez des biens de ce monde comme n'en usant pas : qu'ils n'absorbent point toutes les puissances de votre Ame; des biens plus riches el plus durables nous attendent au terme du pèlerinage. Quoi qu'il en coûte, il faut la»