‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 17 sur 457 · IN AUX. ALB · texte numérisé non relu

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dans l'ordre, non-seulement tous ceux qui y seraient entrés par la voie des présents ou des promesses , mais encore tous ceux qui seraient entrés en quelque stipulation avec* les contractants. Il comprenait dans ce nombre ceux qui les auraient aidés de leurs conseils et de leurs secours-, ceux qui leur auraient donné leur appui ou leur assentiment, et il les déclarait soumis-h toutes les censures et à toutes les peines portées, tant par les sacrés canons que par leurs propres constitutions. Pour aller même au-devant de tout prétexte, il rejetait toute excuse qu'on aurait pu alléguer dans la suite, en se disant possesseur de bonne foi, et autorisé par l'nsege.

Les ouvriers évongéiiqnes souffraient de cruels traitements dans la Géorgie, et les fidèles n'en étaient pas non plus exempts. Les Arméniens schismatiques les opprimaient. Le mal se faisait surtout sentir h Tiflis, où te roi de Perse avait permis aux Capucins de s'établir, et où ils venaient de former une nombreuse communauté. Deux hommes influents semblaient y avoir juré la perle de la religion. Leur autorité sur lo peuple était si absolue, que le gouverneur do la province n'en eut pas assez pour h réprimer. Ils excitèrent publiquement l s schismatiques à la révolte contre les Catholiques, et se mirent à la tête des mutins. On pilla la maison des Capucins, on renversa une partie de leur église. O ) faillit faire mourir plusieurs fidèles sous le bâton, et quelques-uns furent bissés poor morts. It n'était plus possible aux propres de faire lesfonctions de leur ministère. Clément XI n'en fut pas plutôt informé, qu'il dépêcha1 vers lo roi de Perse pour implorer sa protection. A sa prière, le prince envoya ordre sur-le-champ qu'on punit les coupables, et le calme fut rétabli. Mais à peine la- cessalion du châtiment eut donné- au schisme le loisir de respirer, qu'il recommença ses hostilités avec tant d'acharnement, que la punition même ne fut plus capable de l'arrêter. Il ne discontinu» ses cruautés que lorsqu'il sb fut lassé de les exercer. Pour consoler Clément XI , le roi de Perse défendit qu'on ■ établit du nouveaux impôts sur los Catholiques. Il confirma tous les privilèges à eux accordés par les rois ses ancêtres. A «ou tour, pour lui en montrer sa reconnaissance, le Pontife engagea la république de Venise et le grand-duc de Toscane b joindre leurs re» meierments aux siens; et, a l'ombre dit leur crédit, la foi fut depuis plus tranquille' en Arménie.

Le Pontife tomba malade. La Qèvrc In prit avec des vomissements presque continuel*. Son asthme l'oppressait; il no pouvait- respirer. Il fut obligé de s'aliter. On ex<pesa- U> saint Sacrement dans toutes los églises pnnr obtenir le rétablissement de sa santé. La princesse do Dade, qui so trouvait à Kouie, se signala par l'intérêt qu'elle montra pour sa conservation. Sa piété l'avait attirée aux pieds des saints apôtres. Elle y fit une neuve uw pour demander lu guén»on du Pape,

et sollicita de pouroir communier de ta main. Dieu l'exauça : le Pape guérit, el il lui administra la communion.

Iltenlôt lo roi de Portugal fit part au Pontife d'heureuses nouvelles de, la Chine, venues de Coa et de Macao. Il lui mandait que

10 maître du Céleste Empire faisait toujours un très-grand ras des maximes du christianisme, et que jamais prinre n'avait, témoigné ni plu« d'estime ni plus de vénération pour Sa Sainteté. L'empereur en donna des preuves touchantes qu'il serait trop long d'exposer ici. Clément XI résolut donc de lui adresser une nouvelle ambassade, pour le remercier de la protection qu'il accordait dans ses Etats aux prédicaleurs de l'Evangile, et pour le prier de la leur continuer. Dans cette vue, après avoir ordonné des prières publiques, el pris l'avis des cardinaux de la rongrégalion de la Propagande,

11 choisit pour celle importante mission un prélat recommandable par son mérite et par sa piété. C'était Mezzabarba. Il le fit patriarche d'Alexandrie, visiteur apostolique pour toutes les Eglises d'Orient, el son légat a la- 1ère auprès de l'empereur de la Chine. Il lui associa vingt hommes choisis, partie entre les meilleurs prédicateurs, partie entre les

Iilus habiles maîtres en toute sorte d'arts li- ►éraux, et il lui ordonna de tenir la main à ce que ses décrets sur les cérémonies chinoises fussent religieusement exécutés.

Mezzabarba prit sa route pour Lisbonne, accompagné de tous ceux que le Pape lui avait associés. Il fut reçu du roi de Portugal avec tous les honneurs qui convenaient à sa dignité. Ce prince l'embarqua sur ses vaisseaux avec ceux de sa suite. Il les défraya tous pendant le voyage. Us mirent à la voile le 25 mars 1719. Après avoir louché aux Indes, ils se rembarquèrent pour la Chine, où ils arrivèrent après neuf mois d'une heureuse navigaliou. Le légal lut reçu do l'em»

fiereur de la Chine sur la fin de décembre de a même année, avec les plus grandes marques de distinction. Après avoir pris de ses mains les lettres du Pape, lui avoir plusieurs fois demandé des nouvelles de sa santé, et lui avoir fait déférer tous les honneurs qu'on rend à la Chine en pareille occasion, l'empereur le fit manger avec lui à sa table. Il lui présenta lui-même à boire, et enjoignit h ses mandarins d'envoyer dans le môme temps du son meilleur vin à ceux de la suil6 qui , selon l'usage, étaient restés à l'entrée du palais. S'aperccvanl pendant le repas que, par un jour froid, le légat ue portait, suivant la coutume du pays, que des habits de soie , el craignant que sa sanlé n'en souffrit, il fit apporter un de ses propres manteaux fourré de zibeline. Il lui en lit présent, et voulut qu'il s'en couvrit à l'heure même. Sur l'article des cérémonies chinoises, l'empereur se montra toujours ferme è soutenir qu'elles sont purement civiles, qu'eihs n'ont rien de religieux; et, quoique le légat pût faire dans ta suite , il ne put persuader le prince. Celui-oi cependant conliuua toujours de proléger l'Eglise

A LA tM

dans ses Etats, el c'est tout ce qu'on en put obtenir. Après un assez long séjour en C'une, le légat repassa en Europe, el revint è Rome sous le pontificat d'Innocent XIII.

Quand il était parti d'Italie, il vaquait dix places dans le Sacré Collège. Clément XI le* remplit. Du nombre de ces dix cardinaux il y en eut trois qu'il honora de la pourpre de' son pur mouvement quoiqu'ils appartinssent aux trois principales couronnes. C'étaient François de Mailly, le Flamand Thomas de Bossu, el l'Espagnol Louis Belluga. Le Pape dit en plein consistoire , qu'en leur conférant une si haute dignité, il avait prétendu récompenser leur zèle pour le soutien de la foi.

Louis Belluga montra combien il en était digne par lo refus qu'il en fit. Sa résistanco alla si loin, qu'il fallu! que tout le Sacré Collège s'interposât pour la vaincre; encore ne put-il y réussir. Ce saint homme s'était engagé par vœu de ne jamais accepter le chapeau de cardinal. Il parut comme frappé de la foudre, lorsqu'on lui apprit qu'il venait de lui être conféré à son insu. Il persista trois mois entiers à déclarer qu'en conscience il ne pouvait se rendre è ce qu'on désirait de lui. Sa profonde humilité lui fil d'abord objecter son insuffisance. Il recourut ensuite à la promesse qu'il avait faite à Dieu. Mais plus il fit d'efforts pour lâcher de se soustraire aux honneurs qu'on venait de lui décerner,

fil us le Pape se crut obligé de l'astreindre a es accepter. Il lui en fil un commandement exprès, en le dispensant de son vœu; et le nouveau cardinal se soumit [1720].

Eu quelques cours de l'Europe, on ne pensait pas aussi avantageusement du cardinal Alberoni. Le roi d'Espagne venait de le dépouiller du premier ministère, de le renvoyer de Madrid, en lui ordonnant de sortir sans délai de toute l'étendue de ses Etats. Il le déféra au Pape. Il forma contre lui différentes plaintes, et quelques puissances se joignirent à ce prince pour prier le Pape de les approfondir. Clément XI ne voulait ni punir un innocent, ni laisser un coupable impuni. Il commit Camille Cibo, sou auditeur, pour en connaître. Il établit une congrégation de seize cardinaux pour discuter tous les chefs d'accusation, avec défense néanmoins de rien statuer a son insu. Lo cardinal Alberoni venait d'aborder à Gènes. Le Pape pria le doge du lo faire arrêter. On le rctiid en effet quelques jours. Peu après le sénat lui rendit la liberté. Le cardinal se relira eu Lombard ie, où il se tint caché jusqu'à la mort de Clément XI el d'où il ne cessait de répandre des écrits

Cour sa justification. Ses adversaires en puliaient aussi contre lui. Ceux-ci étant venus à se calmer, l'affaire n'eut pas de suites, et elle parut entièrement assoupie sous le pontificat suivant.

Rome fut affligée par de nouvelles maladies qui semblaient s'attaquer aux plus nobles tôles. C'étaient des pleurésies, dont ou mourait presque aussitôt qu'on en était atteint. 11 s'y mêla des fièvres inalig'ies, qui

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