‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 18 sur 457 · ALB DICTIONNAIRE · texte numérisé non relu

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les rendirent contagieuses. Le Sacré Collée perdit alors les cardinaux Astalli et de la Trémoille. Le premier élail doyen du Sacré Collège : le second se trouvait, depuis ijuinze à seize ans, chargé des affaire» de France auprès du Saint-Siège. Sa douceur ••t se droiture le firent universellement regretter. La mort fit quelque ravage dans le palnisdu Pape. Entre autres, Lancisi,son médecin, homme très-habile dans son ar(t et connu par de beaux ouvrages, fut eml*»rté en peu de jours. En mourant, il laissa ans pauvres cent mille éctis, dont Benoit XIII fit bâtir un magnique hôpital. Clément XI perdit beaucoup en perdant Laucisi.

Mais il parut beaucoup plus inquiet sur le grand nombre de personnes qui mouraient chaque jour, que sur le risque qu'il courait lui-môme de mourir. Il mit en mouvement tous les médecins de Rome pour iraagioer les moyens de couper pied à la contagion, et craignant que les plus pauvres ne périssent faute de secours, il alla au-devant de leurs besoins.

Marseille se trouva peu après affligée de la peste. Un vaisseau, venu d'Alexandrie, et chargé de peaux du Levant, y apporta la contagion. Sa cargaison était destinée pour l'Italie. Le vaisseau fil voile en effet pour Naplcs; mais au moment où il allait entrer au port, il s'éleva une tempête qui le poussa au large, et l'obligea de rclâchi r à Marseille. La Provence, le Comtal et quelques villes du Languedoc furent bientôt infectés du poison qu'il avait appoilé. A cette nouvelle, le Pape ordonna une procession générale, h laquelle il assista, pour demander à Dieu la cessation d'un si grand fléau. Il arma plusieurs vaisseaux pour courir les côtes d'Italie et empêcher la communication par mer. De mille en mille il plaça des corps de garde, tant sur les bords de fa Méditerranée que sur l'Adriatique, pour prévenir toute descente dans ses Etats. Jl établit aux portes de Rome un lazaret, où tout ce qui venait des pays suspects était parfumé. Instruit de la disette qu'on commençait à souffrir dans Marseille, où le mal était dans toute sa force, il y envoya deux mille charges de blé qu'il adressa è 1'évêquo, digne héros de la cbnrité, par le mépris qu'il faisait de la mort, et par le courage avec lequel il allait par les rues, dans les nôpjtaux et dans les maisons particulières administrer les sacrements aux pestiférés. Avignon se trouvait à peu près dans le même étal. Clément XI y envoya mille charges de blé, avec ordre de lui faire savoir s'il en fallait davantage.

Dès lors ce Pontife redoubla d'aclivilé; on eût dU qu'il ne voulait t ien laisser d'imparfait après lui. Les Grecs tenaient un concile pour corriger les abus qui s'élaieut introduits surtout en Russie. Il leur envoya de l'argent pour ceux des prélats qui n'auraient pas les moyens de subvenir à la dépenso de leurs voyages. En France le jansénisme fomentait toujours les divisions fur la doctrine. Clément XI fit partir Mas-

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sei. depuis cardinal, pour traiter è Parii des moyens de fléchir ou de réduire les réfraciaires. Le roi de Pologne avait permis le libre exercice de la religion catholique dans la Lusace. Afin d'empêcher que dans la suite on ne se relâchât sur cet article, il n'est point d'instances que le P«pe ne fit pour obtenir un édit qui le rendit irrévocable. Désirant vivement que le tribunal d§ la monarchie demeurât aboli en Sicile, et que Commachio fût enfin restitué au Saint- Siège, il envoya à Vienne, pour terminer ces deux grandes affaires , son neveu , Alexandre Al ha ni, depuis cardinal, et l'un des hommes de son siècle les plus remarquables par leur esprit. Afin de lui en faciliter le succès, il se hâta de faire cardinal le Jésuite Cienfuegos que l'empereur désirait beaucoup voir revêtu de la pourpre. Mais pour ne pas indisposer le roi d'Espagne par uno telle promotion , il y joignit celle de Charles Borgia, patriarche des Indes, que ce prince souhaitait également voir élevé à la même dignité.

Enfin, a la grande satisfaction du Pontife, Philippe V reçut à Madrid le nonce Aldovramîi, avec plein pouvoir du reprendre les fonctions de sa nonciature. Ce prince tourna en même temps ses armes contre les Maures. Depuis vingt-sept ans, ils tenaient en Afrique la ville de Ceuta continuellement assiégée. Il envoya une flotte avec des troupes qui les défirent et les contraignirent de lever le siège. On croyait les Maures abaltus, lorqu'un mois après, en janvier 1721, ils revinrent, plus nombreux, fondre sur le camp des Espagnols. Leur déroute fut complète. Le roi d Espagne écrivit tu Pape de sa propre main pour l'informer de cette victoire, et lui envoya quelques-uns des étendards pris par ses troupes sur les infidèles. Clément XI en rendit de solennelles actioos de grâces è Dieu par un discours latin qu'il prononça dans la chapelle, en présence du Sacré Collège cl de la principale noblesse.

.Ce fut la dernière action publique de sa vie. Depuis plus de vingt ans, il succombait sous le poids des travaux, et le moment approchait où il allait en recevoir la récompense. Son courage se soutenait toujours; mais il était visible que le mal empirait, et qu'il ne pouvait plus allor loin. Il le sentait ai bien lui-m^mc que, dans le dernier consistoire, il dit aux cardinaux qu'il était averti que dans peu il devait comparaître devant le tribunal de Dieu, pour y rendre compte de son administration. C'est dans les mômes sentiments qu'il se dépouilla d'une petite bibliothèque où il allait quelquefois se délasser; qu'il en fit transporter tous les livres chez ses ne veut, et qu'aux heures où il avait coutume de s'y retirer, il alla se renfermer tous les jours avec son confesseur pour traiter s«tul h seul avec lui des affaires de sa conscience II eu vint jusqu'à prier le cardinal Aonibal Albani, sou neveu, de lui préparer un tombeau des plus modestes dans l'église de Saint Pierre; il traça lui*

même son épitaphc, défendant qu'on lui en fil aucune autre, et il la dicta à son ncrcu dans les termes suivants :

Cleniciis XI. PonUf. Max.

Iliijus sarrosniiol.T Bisilicc Olim Vicarius Et poslea caiiouicus, Sibi vivens poni jussil.

Obiil itie Anno salu'.ia...

Scdil in pontifical»...

Orale pro eo.

Le lundi 17 mars, il dit sa Messo, selon sa coutume. Il donna audience .\ ceux qui se présentèrent. Vers midi , n'ayant plus personne à écouler, il rentra dans ses appartements, et en passant dans une des salles où il y avait du feu , il s'y arrêta pour se chauffer. C'est là qu'on le trouva tout frissonnant. Il se mil au lit sans rien prendre. Les médecins appelés lui trouvèrent de la lièvre; mais ils jugèrent que sa maladie ne serait ni longue ni considérable. Celle-ci ne pronostiquait rien de plus fâcheux que les précédentes. Il élail encore d'un âge qui laissait beaucoup d'espoir , surtout dans un pays où il est assez ordinaire qu'on conserve'une bonne santé jusque dans une extrême vieillesse. La (lèvre diminua en effet ; sa tète redevint libre; et, voyant en lui tous les avant-coureurs d'une prochaine guérison , ses neveux crurent f dans la nuit, pouvoir aller prendre quelque repos.

Le lendemain, sa situation changea tout à coup. Dès la pointe du jour, le mal , qui élail caché, se manifesta avec tant de violenco, qu'en peu d'heures In maladie fut jugée mortelle. Inutilement les cardinaux Albani et Paulucci Tirent assembler les médecins. Témoins de leurs embarras et du peu de confiance qu'ils avaient dan* leurs remèdes, les deux cardinaux conclurent que le péril était pressant, et ils ne son^enut plus qu'à en faire avertir le malade.

Clément XI recul la nouvelle de sa mort en homme qui s y attendait. Il en marqua de la joie; il la regardait comme la lin de son exil. Il fil appeler son confesseur, et , après une confession générale de toute sa vie, il ordonna lui-même tout ce qu'il convenait de faire pour lui administrer le saint viatique. Puis, s'éianl recueilli pour se préparer a recevoir le corps adorable de Jésus- Christ, et étant resté quelque temps s*oi| comme absorbé en Dieu, il se fit revêtir de son rochet et de son cnmail. Il prit une élole, et il demanda avec empressement le saint viatique. Quand le sainl Sacrement entra dans sa chambre, se lenanl .sur son lit et sur son séant,joignant ses deux mains et inclinant profondément sa tête nue, il récita trois fois, el tout haut , la formule ordinaire de l'Egliso ]K>ur la confession de nos péchés. Puis, sélanl tenu quelques moments en sileuce dans rauéantissemeul devant son Dieu , il communia avec une dévotion angélique. .

Son action de grâces finie, il désira parler encore aux cardinaux Albani et Paulucci. C'étaient les deux cardinaux q*ù avaient le plus travaillé avec lui pendant son pontificat. Dès qu'il les vit, il leur demanda pardon de tout ce qui aurait pu leur déplaire en lui pendant tant d'années , où il craignait de leur avoir été trop importun. Il conjura surtout le second, qui était son premier ministre, d'être bien persuadé qu'il l'avait toujours estimé, aimé et houoré , et n'il mourait plein de reconnaissance a son gard. Aussitôt que le cardinal Albani avait entendu son oncle lui demander pardon è lui-même, attendri jusqu'au fond de l'âme, il s'était jeté à ses'pieds, implorant sa bénédiction, et il était encore à genoux, fondant en larmes, lorsque le Pape, le relevant et l'embrassant tendrement, lui dit : « Mon cher neveu , regardez moi bien attentivement, el considérez où aboutissent tons les faux honneurs de ce monde. Rien de grand que ce qui est grand aux yeux de Dieu. Tâchez de devenir un saint. » Charles Albani ayant demandé qu'il lui fût permis de conduire h ses pieds toute sa. famille, |»our recevoirsa bénédiction : « Vous me demandez,» lui dit l'oncle, • ce qucj'auraisdô vuus proposer de moi-même. » Il les bénit tous , et, en les bénissant, il leur annonça « que Dieu no les abandonnerait jamais, i II avait à Vienne un troisième neveu qu'il aimait beaucoup. Le cardinal Paulucci lui proposa do le rappelor.c N m,» répondit le Pape, « jo défends qu'on le fasse sans avoir pris sur cela de bons conseils, »

Ses forces l'abandonnaient. La nuit du 18 au 19 lui fut très-douloureuse. Mais il ne lui échappa aucune plainte. Sou unique préoccupation était do prier seul, ou de joindre sa prière à celle que faisaient continuellement les généraux d'ordre qui étaient autour de son lit. Quand ils lui rappelaient quelque endroit de l'Ecriture, de lui-même il achevait le verset qu'ils avaient commencé. Son confesseur lui ayant demandé tout haut s'il pardonnait à ses ennemis , rappelant toutes ses forces, il répondit : « Que, par la grâce du Seigneur, il n'avait jamais eu aucun ennemi dans son cœur; qu'il souhaitait du bien à tout le monde ; el que, s'il y en avait qui fussent coupables envers lui do quelque ingratitude ou de quelque auiiuosilé, il leur pardonnait de tout son cœur. •

Il demanda ensuite à faire sa profession de foi, et il désira que deux notaires apostoliques la reçussent. Il voulut aussi que le cardinal Albani y assistât en qualité de camerlingue de la sainte Eglise. Il essaya d'abord de lire la formule qu'il en avait autrefois dressée lui-même; mais s'apercevantque sa vue élail trop affaiblie, il recommanda au maître du sacré palais de la lire â voix haute, afin qu'il pût le suivre. 11 la prononça ainsi tout entière après lui. La prenant ensuite dans ses mains, il' s'efforça plusieurs lois de la signer, mais il n'en put jamais venir a bout. Sur cela , il

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demanda l'extrême-onction. qu'il reçut dans des sentiments qui attendrirent tous les spectateurs.

Sa présence d'esprit ne se démentit jamais. Il en profila jusqu'au bout pour s'entretenir avec les assistants qu'il édifhit. Sa mort fut semblable à sa vie, douce, tranquille, pleine de résignation aux rolontés du Seigneur, et de confiance en sa miséricorde. Il entra dans uno courte agonie, après laquelle il expira, le 19 mars 1721 , dans sa soixante et douzième ant.ée de son et la vingt et unième de son pontificat.

Animé d'une foi vive, Clément XI y puisait la force de soutenir .«es travaux. Ses honneurs lui pesaient/ Il en éprouvait le vide et le néant. Il n'y découvrait que «le continuels sujets d'affliction.* L'homme,» Jisait-il, « serait bien h plaindre s'd n'y avait l>ourlui un avenir. Quand est-ce, «ajoutaitil, « que j'irai jouir de Dieu ? » Cette pen«ée était si consolante pour lui, qu'on le royxil tout autre quand il s'y livrait.

H célébrait tous les jours le saint sacrifice u> la liesse. 11 récitait toujours son bréviaire h genoux. Deux fois le jour, il prenait quelque temps pour vaquer a la méditation. Pendant le repas, il se frisait lire ('Ecriture sainte. Si, dans la journée, il lui arrivait quelque mouvement de promptitude, quelque parole d'impatience, sur-lechamp la taule était réparée par une punilion qu'il s'infligeait. Ou il se blâmait luimême devant ceux qui en avaient été témuins,ou il reprenait son travail avec un air de douceur qui les charmait. Alexandre Albaui était allé à Vienne, et Masse! è Paris, presqu'en même temps. « Je les regrette l'un et l'autre, » disail-U, * parce que je les avais toujours avec moi, et qu'ils étaient accoutumés à mes défauts. Je crains de scandaliser ceux oui leur succèdont , parce qu'ils ne sont pas faits a mes manières. »

Nul ne fit plus que lui pour la décoration des églises. Quand il y priait, il en était lui-même un des principaux ornements. Il s'y tenait toujours dans une posture humiliée, dans une tnode.slie et un recueillement qui inspiraient la plus tendre dévotion. Il aimait les cérémonies de 1 Eglise; il les faisait avec autant de plaisir que de dignité» et voûtait qu'on Tût exact a les observer.

Sa charité envers le prochain ne connaissait point do bornes. Dans les calamités publiques, ses trésors ne suffisaient pas jKiur subvenir à ses largesses. A sa mort , on trouva que ,' dans Home seulement , il fai»ait subsister do ses aumônes secrètes plus de six cents familles. Les hôpitaux absorbaient souvent une grande partie de ses revenus. S'il apprenait (pie, dans les maisons particulières, il y eût quelquos malades peu favorisés de la fortune, des gens sages et discrets, sous ombre de leur faire dis visites d'honnêlelé , leur portail secrètement, de sa |>ari, lous les secours duui ils pouvaient avoir besoin. Sa charilé éclatait encore plus dans ceux qui se comportaient niai avec lui. Il disait que se venger eu leur

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faisant 'du Mon, c'était se venger d'une manière divine. C'est ainsi qu'il se vengea du cardinal Grimani, dont il avait tant à se plaindre. Comme ou le pressait un jmir de lui ôter le chapeau de cardinal, et qu'on alléguait que ce serait lui rendro service , en lui étant les moyens de nuire au Saint- Siège : « Non,,» repartil-il , «parla je m'ôlerais à moi-même les moyens de lui rend»» lo bien pour le mal. » Par les délais qu'il y apporta, il ne le dépouilla point de la uourpre.

Son zèle pour le salut des Ames lui fut toujours si h cœur que, nommé protecteur de l'Eglise d'Arménie lorsqu'il fut créé cardinal, il voulut, étant Pape, en retenir le titre et en faire les fonctions. Personne , en effet, n'était plus propre que lui a éclairer par ses lumières et è attirer par sa douceur. Quelle attention II apportai! dans lo choix de ceux qu'il envoyait en Orient 1 On assure que le seul Joseph de Cam llis , de l'Me do Chio, qu'il fit depuis évêque in parlibus, convertit à la foi catholique trois cent mille schismatiques, tant dansl'Hpiro et les montagnes Je la Chimère, que dans la Pologne , la Mœsio et la Transylvanie.

Plus d'une f<»:s , il tenta de réunir l'Eglise grecque à l'Eglise latine, et les travaux qu'on a de lui prouvent combien il avait avancé dans son dessein. Il paraît, par les monuments qu'il en a laissés, que le plus grand obstacle è cette union si désirée, consiste e.n ce que les Grecs schismatiques d'Asie se trouvent presque tous sous la domination du Grand Seigneur. Comme c'est lui qui les intronise dans leurs sièges; qu'ils ne peuvent les occuper qu'en vertu d'un pouvoir par écrit qu'il leur donne; qu'il a coutume de les (axer, quand ils s'en niellent en possession; qu'il lés dépose aussi quand bon lui semble, ou quand quelque autre se présente pour le remplacer, au moyen d'une plus grosse somme; qu'il relire par là des revenus de tous les évoques titulaires qui sont dans ses Elats, et que la religion catholique ne saurait s'accommoder de pareilles transactions, on ne eonservo guère l'espoir d'arriver à une réunion.

Cependant, Clément XI ne désespéra jamais. Il assembla plusieurs évôques asiatiques, pour conférer avec eux des moyens d'y réussir. Il comprit qu'il fallait d'abord gagner les cœurs do toute la nation , persuadé qu'après cela il pourrait parvenir , par le crédit de Louis XIV, à fléchir le Grand Seigneur. Dans celte vue, que ne lit il pas |H>ur se concilier l'amour et la confiance de toulo la Grèce? Dès qu'il arrivait h Rome quelque Grec schismaliquc, il voulait en être averti, lo voir et lui parler. Si cet étranger se trouvait dans lo^ besoin, il y pourvoyait généreusement. S'il avait quelque affaire qui dépendit du Saiut-Siégo, le P »po la terminait sur-le-champ ; ses bons ollicos suivaient l'étranger jusque dans si patrie.

Il s'attacha aussi h la conversion des Juifs. Parmi les plus versés dans la langue hébraï-

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ne et dan» lu science des divines Ecritures» choi.vit dos docteurs catholiques qu'il chargea de leur faire des instructions. Lui-même se donna lu soin d'en instruire plusieurs, et il eut ta consolation de leur faire ouvrir les yeux à la lumière de l'Evangile. Comme il apprit un jour que, dans la maison des catéchumènes, il yen avait un dont les doutes suspendaient encore la résolution qu'il avait

Î irise de se faire Chrétien, il s'y transporta ui-même, et il acheva do les dissiper. Ce docteur converti se nommait Ange Visin.

Distingué entre tous les autres par sa vaste érudition, il était venu d'Alep à Rome en 1704. Le Pape le bapti«a avec sa femme et ses enfants; la reine de Pologne <t le grand duc de Toscane les tinrent sur les fonts baptismaux. C'est ce même homme que Clément oppoîa toujours depuis aux Juifs comme un adversaire qui ne les pressait pas moins par le poids de son exemple que par la force de ses raisons.

Pour s'attirer la confiance des peuples, et pouvoir par la les servir utilement dans la grande affaire de leur salul, il voulait qu'on fût exact a leur rendre justice. Il commença par faire des loisqui tranchaient toutes les lenteurs de la procédure. Il destitua quelques juges, dont les uns s'étaient laissé gagner par des sollicitations, les autres par des présents, et les contraignit de réparer les dommages qu'ils avaient occasionnés dans les causes qu'ils avaient mal jugées. Deux procureurs, par une secrète et criminelle collusion, avaient traîné uno affaire en longueur, il les bannit de ses Etats, après avoir imprimé a leur nom une tache d'infamie. Informé qu'un seigneur romain cherchait, par mille prétexte, a éluder un payement, auquel il avait été condamné au profit d'un pauvre artisan, il lui fil enjoindre dese rendre chez le gouverneur, avec défense d'en sortir qu'il n'eût payé la dette. En même temps il envoya ordre que, si dans Ja journée lu gentilhomme n'avait satisfait sou créancier, on vendit à l'encan se* équipages et ses chevaux. Son intégrité éjait si bien connue que, quoiqu'il fût du nombru des carrjinaux, juges d'un procès qu'avait à Home l'archevêque do Trêves avec les chanoines de son chapitre, cet électeur, de la maison de Lorraine, n'hésita pas de lui écrire qu'il lui en laissait la décision à lui seul. Il exigeait des juges qu'ils reçussent leurs justiciables avec des manières douces et polies qui inspirassent la con- Jianco; et, parce que l'un d'eux traita un jour avec dureté une pauvre veuve, après avoir longtemps balancé s'il ne le déjtouil- Inrait pas do sa charge, il prit le parti de no jamais l'avancer.

C'est ce qui lui faisait dire qn<», dans la distribution des emplois, ce n'étaient pas .es hommes qu'il prétendait illustrer par les charges, mais que c'étaient les charges mômes qu'il prétendait honorer par le choix des hommes auxquelles il les conférait.

De 853 évoques titulaires qu'il choisit et qu'il donna à l'Elis • jmndaut vin^i et uu ans

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de pontificat il n'y en eut jamais aucun dont il eût a se plaindre, il y en eut plusieurs qui, après avoir mené une vie exemplaire, moururent en odeur de sainteté.

Proteclour éclairé de* beaux-arts, il attira à Home par ses largesses les plus habiles maîtres de l'Italie ; il s'attacha surtout à In recuerc.'ie de ce qu'il y avait do plus rare dans la littérature, et la bibliothèque Vaticano lui dut de précieux accroissements. EUu était déjà riche en manuscrits grecs et latins ; i. y joignit ce que les langues orientales pouvaient fournir de plus rare et de plus inconnu. Il l'augmenta de la bibliothèque particulière quo le Pape Pie II avait forraéo pour son usage, et de celle dont la maison Picro'otnini avait fait présent aux Théalins. Informé qu'il se trouvait eu Egypte et en Syrie une infinité d'anciens manuscrits, il y envoya trois savants Maronites, leur recommandant de n'épargner ni soins ni argent pour les lui procurer. Ces trois hommes étaient Abraham Massard, An lié Scandar et Elie-Joseph-Simon Asseman. Le premier avait terminé sa mission, et était do retour à Home en 1708, le second en 1717 et le troisième en 1721, année du la mort du Pape. Les deux premiers rapportèrent d'Egypte des manuscrits grec»; mais le troisième rapporta une bien plus riche moisson. 11 forma un catalogue de tous les manuscrits qu'il avait recueillis, et les disposa dans un ordre si méthodique, que ce seul travail passe encore aujourd'hui pour un chef-d'œuvre. Il y en avait d'écrits en langue syriaque, arabe, persane, turque, hébraïque, samaritaine, arménienne, éthiopienne, grecque, égyptienne, ibérienne et malabare. A ce travail Asseman en ajouta un aulro plus important encore. Il distingua les manuscrits qui avaient été copiés par des mains étrangères, de ceux qui étaient écrits de la main même des auteurs, et iljoignit aux originaux un précis historique de la vie des grands hommes qui (es avaient composés. Il enrichit de sa va u tes notes les endroits des ouvrages qui demandait quelque éclaircissement. Il indiqua ceux qui peuvent le plus servir à combattre les erreurs dos Orientaux , et à défendre Li foi orthodoxe. 11 rectifia les erreurs relatives à la géographie, a la chronologie, à l'histoire des lieux et des temps. Dans la partie de la bibliothèque du Vatican, oû fut placée cette rare collection, o i lit aujourd'hui colle inscription : Bibliothèque Orientale Clément ine-Vaticane.

Pour conserver à la ville de Rome tous ces superbes monuments que la plus reculée antiquité a comme consacrés à l'immortalité, riément XI eut soin de faire graver sur l'airain ceux que lasuiledes siècles commençait à endommager. Pour, em-

S lécher que les planches mêmes ne vinssent i s'égarer avec le temps, il les - fit toutes rassembler dans la bibliothèque des Albani, ses ueveux, où elles formaient, par le fini de la gravure, un des beaux monuments du siècle. H défendit, sous les peines les plut

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