‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 171 sur 457 · OOP · texte numérisé non relu

OOP

mérite du succès revient a d'Oral qui lui était bien supérieur en tous points. Duperron fut sacré évêquo d'Evreux h Rome, le 27 décembre 1595, parle cardinal de Joyeuse, archevêque de Toulouse, et il rrit possession de son siège le 8 juillet 1596. Ce diocèse souffrait de l'absence de son pasteur; le calvinisme y levait la tête. Duperron vint raffermir la foi des fidèles, et les édifier par ses éloquentes prédications. Les calvinistes se vengeaient de ses succès par des épigrammes auxquelles se prêtait la versatilité du prélat.

Le livre de Duplessis-Mornay surCKucharistie lui étant tombé sons la main, il y lit remarquer un grand nombre d'erreurs ; et, dans la conférence de Fontainebleau , il remporta une victoire éclatante sur ce célèbre adversaire. Henri IV, qui était absent, dit è Sully : « Eb bien, que vous en semble de votre Pape ? » faisant allusion a Duplessis-Mornay.i II me semble,» répondit Sully, « que llornay esl bien plus Pape que vous ne pensez; ne voyez -vous pas qu'il donne le chapeau rouge à M. d'Evreux ?» Toutefois Bu perron, au lieu du chapeau qu'il attendait, ne reçut cette fois, du Souverain Pontife, qu'un bref de félicilalion. Il ne fut pas aussi heureux dans sa lutte avec d'Aubigné. Il s'était pas dans ses moments d'inspiration; il resta court , ne put répondre aux objections de son adversaire, et demanda du temps pour réfléchir. En 1604, il obtint le ehapeau, objet de tous set vœux, et, l'année suivante, assista au conclave, où fut élu Paul V. Dans la capitale do monde chrétien, on admira la facilité, la souplesse de ses talents; il fut la lumière des congrégations de AuxilUs, que le nouveau Pontife avait continuées. Lorsqu'il fut revenu en France, il entreprit, a la *ollicilation du roi Henri IV, la réponse au roi de la Grande-Bretagne, Jacques I**. Henri le Grand l'envoya encore à Rome avec le ordinal de Joyeuse, pour terminer les différends qui existaient entre les Vénitiens et Paul V; ces différends furent bientôt aplanis. Ce Pontife était tellement séduit par la diction limpide et persuasive de Duperron, qu'il disait souvent : Prions Dieu qu'il inspire le cardinal Duperron; car il nous persuadera iout te qu'il vaudra. Transféré e l'archevêché de Reims, Duperron, après avoir visité son nouveau diocèse, revint a la cour, où il exerçait les fonctions de grand aumônier. Il prit la défense du livre de BeMarmin Sur la puissance du Pape, contre Terrât du parlement, qui l'avait condamné comme attentatoire à la souveraineté temporelle. Après la mort de Henri IV, en 1610, il assembla aussi è Paris les évêques ses sulTrnganis,et y condamna le livre de Ricber, syndic de Sorbonne, touchant la puissance ecclésiastique et politique. Aux étals généraux de 1614, il s'opposa a la signature du formulaire présenté par les députés du tiers état, formulaire énonçant qu'il n'est point de puissance en terre, quelle qu'elle soit, spirituelle et temporelle , qui ait droit sur le rouyaume de France, et qui puisse délier les sujets de la

fidélité et de robéi«sance. Les deux autres ordres s'étant rangés â l'avis de Duperron, rien ne fut statué sur cette question délicate. Retiré à la campagne, il s'y occupait de ses ouvrages , lorsque attaqué d'une rétention d'urine, il revint à Paris, où, après quelques jours de souffrances, il fut enlevé le S septembre 1618, à l'âge de 63 ans.

Ses principaux ouvrages sont : I. Tniti de la rhétorique française; cet ouvrage de sa jeunesse fut imprimé en 1657, h la suite du Tableau de Véloquence française , par le P. Charles ni Saint-Paul ; II. Réponse au roi delà Grande-Bretagne; III. Traité de l'Eucharistie contre Dupltssii-Mornay; IV. Réftistion de l'écrit de Daniel Tilenus, contre un Discours touchant les traditions apo$toli~

rs; Kvreux,1602, in-12, seconde édition ; Ambassades et négociations du eardhnl Duperron, recueillies par César de Lignr, son secrétaire ; elh'S ont été imprimées à Paris, 1623, in-folio; VI. Oraison funèbre it Ronsard, imprimée en tête des œuvres de Ronsard ; VII. Partie du \" et du iV fiwf it C Enéide, traduite en français; VIII. Ùettr odes d'Horace, traduites en vers; des Hymnes; V Ombre de ("amiral de Joyeuse: IX. Il a eu part au recueil intitulé : Les épitres d'Ovide traduites en prose française, par au

PERRON , OM PORTRS, DB LA BbOSSB, DB LlS-

g en dbs, HftoELiif et CoLLBTBT ; Paris, 1616 , 1618 et 1621, in-8*.

Toutes ses œuvres ont été recueillies an 3 vol. in-fol. ; Paris, 1622. Ils sont précédé de sa Vie. Christophe du Puy, prieur delà Chartreuse de Rome, a aussi recueilli les pensées diverses, traits d'érudition et d'histoire v etc., de Duperron, sous le titre de Perroniana, Isaac Vossius a fait imprimer ce recueil à la Haye , 1666. L'édition de Daillé, Rouen, 1669, in-12 (mais qui porte le nom de Cologne), est beaucoup plus correcte. Voy, d'Ossat, lib. i, ep. 26 et 28; lit*, il, ep. ki et 43 :— Fullioati, Vie du roraW Dollar min, ch. 11; db Tnou. Hi*t.;—StQ*u, Annales ; Mbnaob, Anti-Bailletti. I ; — Baillet, Vie de Bicher, I. n, r. 11.)

Voici quelques fragments lie son éloge par le P. Alby [16*41 :

« ... Depuis qu'il commença è entrer dans l'âge où les linéaments et les mouvement* du corps et de l'esprit commencent a se for* mer, on reconnut en lui les premiers rayons de celte grâce et de cet agrément qu'on j i vu reluire depuis; car on ne peut dire de

Juelle beauté du corps et de l'esprit il élut oué. Et comme ceux qui le voyaient s'en promettaient quelque chose de grand et surpassant la portée ordinaire des hommes; aussi toutes ses actions et les premières occupations de ses jeunes ans allaient beaucoup au delà de ce que son âge en devait faire espérer.

«... Il n'était è désirer en lui que le changement de la fausse religion dont il faisait profession au su d'un chacun, sur laque"' il prit tous les éclaircissements nécessaires depuis qu'il se fut appliqué, par un instinct particulier de Dieu, è l'élude de la tMotog»

Page 1