‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 172 sur 457 · DUP DES C · texte numérisé non relu

DUP DES C

scolastiqne , et particulièrement de la Somme de saint Thomas : ce qui l'engagea comme insensiblement A lire les Pères et particulièrement saint Augustin, où cet esprit subtil et pénétrant, et qui avait une grande sympathie pour ce regard avec celui de cet eicellent auteur, ne fut pas longtemps appliqué qu'il n'y découvrit bientôt la vérité de l'erreur dont il avait été déçu. Voire il se rendit dès lors si savant aux controverses de la religion cl si aguerri dans les combats d'esprit qu'il entreprit et qu'il soutint en diverses conférences, qu'il ne se peut dire combien de personnes do mérite et de qualité s'en trouvèrent éclaircies el retirées «Je Terreur; combien l'insolence des hérétiques, el nommément des ministres, à qui il ût sentir en plusieurs rencontres la force el la vigueur de son bras, s'en trouva raballue, quel avantage de gloire en revint à l'Eglise pour de si nobles et éclatantes victoires, et quel surcroît de nom et de réputation à ce nouveau David et à ce brave combattant.

■ Sur ces entrefaites étant arrivée la mort de Ronsard, le père, l'ornement et la gloire de la poésie française, et le grand ennemi des nouvelles erreurs; et tous les hommes les plus savants d'alors s'étant résolus de rendre è sa mémoire quelque partie de l'honneur qu'il avait mérité, le sieur Duperron

3ui n'avait alors autre titre que de lecteur e la chambre du roi, fut prié d'uo commun accord de lui faire une oraison funèbre; en laquelle, comme il rendit è relui qui avait rempli toute l'Europe de son nom, les plus dignes et les plus précieux devoirs que son esprit et sa langue lui pouvaient consacrer; aussi remporta-l-il do celte action des applaudissements si éclatants, que de longtemps plus digne, ni plus favorable audience, ni tant de louanges ne furent données à bomme qui ait fait rien de pareil.

m II eut depuis souventes fois l'honneur d'être ouï du roi , dont l'humeur portée aux choses de la religion ne lui pouvanl donner de trêve è dresser des congrégations, l'avait fait entrer avec quelques autres rares esprits du temps dans celles du bois de Vie- Saine, qu'on appelait des Hiéronymites, où chacun d'eux faisant certains discours spirituels oe Ihéoiogiques à leur tour, il mérita souvent pour les rares pièces d'éloquence el de doctrine qu'il y débita, d'avoir pour org&ue de ses louanges la propre bouche de son prince.

m La ville de Chartres étant prise, où

>J avait suivi le conseil, avant eu un artère piqué par une saignée qui lui fut faite, la gangrène se mit à son bras avec telle violence, qu'on n'en putjamais arrêter le cours, jusqu'à ce qu'elle lui eût monté tout auprès «le l'épaule, en sorte que les ferrements furent apportés pour le lui couper ; el eût-on passé outre , si par une spéciale grâce de Dieu il ne se fût trouyé en étal de guérison, à l'heure qu'on en désespérait le phjs, et la violence du mal ne se fût arrêtée, lorsqu'on pensait n'y avoir plus do remède.

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« Etant ainsi délivré de cette maladie, et se trouvant au siéra de Rouen, où le conseil et monseigneur Te cardinal do Bourbon avaient été mandés, il eul là premièrement l'honneur d'approcher de relui pour le salut duquel Dieu l'avait fait naître, et des mains, el de la faveur de qui il voulait qu'il reçût tout son bien et tout son bonheur. Car encore que ce prince eût quelque répugnance en son cœur, ou pour mieux dire quelquo crainte de rencontrer ce personnage qui avait la réputation d'avoir vaincu et réduit tant d'hommes savanls : toutefois comme la courtoisie surmontait en lui toutes choses, quand il l'eut vu, il ne se peut dire quel accueil, et quelles caresses il lui Ht, et comme aussitôt il se montra désireux de l'enlretonir jusqu'à passer avec lui les nuits entières pour sou instruction. A laquelle no servit pas peu la célèbre conférence qu'il eul à liantes (où la cour, le siège de Rouen étant levé, faisait son séjour principal) avec quatorze ministres, envoyés au roi par ceux de la religion prétendue réformée avec leurs députés de toutes les provinces du royaume; sur lesquels il gagna de si grands avantages, que tout le parti en reçut une extrême confusion ; el outre que l'un des combattants y demeura pour prix de la victoire, des personnes de grande qualité y renoncèrent à l'erreur qu'ils avaient vu si mai détendue, sans plusieurs autres qui en furent ébranlés, et depuis instruits, el ramenés par lui à la foi de l'Ejlise.

• De Ifi il arriva encore que l'un des principaux, el plus particuliers serviteurs du roi, qui s'était trouvé h la dispute, ayant reconnu l'avantage que notre cause ou avait reçu, (oui persuadé qu'il fût que l'on pouvait faire son salut parmi nous, dont il avait auparavant douté, ne manqua point d imprimer ce sentiment dans l'esprit du roi, de telle façon qu'il résolut par son avis, d'assembler quelques-uns des principaux prélats de son royaume, et particulièrement d'y appeler celui dont nous faisons mention : lequel étant de condition laïque, celui-là même proposa au roi de lui faire avoir un évêohé afin qu'il y pûl avoir rang-; el pour ce lui fut donné celui dTEvreux. El ensuite se trouvant avec les autres prélats h Saint- Denis, où le roi les avait as>emblés pour y résoudre uno affaire de telle importance, il éclaircit si nettement l'esprit du roi des points qui l'avaient empêché si longtemps d'embrasser la foi de ses pères, qu'il prit la résolution de quitter l'erreur, en laquelle il avait été nourri : dont la joie en fut si générale et si commune, qu'il n'y avait celui do quelquo condition et qualité qu'il fût, au moins des Catholiques, qui n'estimât voir en cejour la naissance du repos et du salul public.

« El il arriva que comme il fallut aller en faire la solennité avec loules les marque* de grandeur el de dignité qui accompagnont nos rois lorsqu'il se fait quelque action pareille, notre nouveau prélat étant au côté do Sa Majesté, lui dit, en menant lo premier pas dedans l'égliseloute résonnaule de laiu-

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bours, de trompettes et de clairons, et toute présenté I occasion de la conversion de plu-

éclatante de la pompe et de la magnificence sieurs personnes de mérite et de qualité

du lieu et de la noblesse parée, ei habillée, considérable, il y raqua de toutes les forces

comme la digniié d'une telle journée le re- de son esprit, et nonobstant les contestations

quérait : Qunnd Alexandre <5i>f) eut défait de ceux du parti contraire, les acquit aVE-

Darius, et qu'entrant dans «on camp, il rit glise. Voire, pour rendre son triomphe plus

ses tente» magnifique», $et meubles somptueux entier, se résolut de monter en chaire, où il

et tout le glorieux appareil des roi» de Perse, prêcha les principaux points controversés

ee/o, dit-il, c'est régner. Ce que le roi enlen- delà religion, et où assista par plusieurs

danl montra de l'agréer, et de s'en sentir jours le roi et toute la cour, arec une telle

vivement louché. aflluence de toutes autres sortes de persnn-

■ Il semblait ne pouvoir rien manquer à nés, qu'il fallait aller ou envoyer dès huit

la gloire de cette action, sinon que comme heures du soir du jour précédent pour y

il avait si dignement travaillé a ramener le retenir place. El il ne rendit pas de moin-

roi dans le giron de l'Eglise, il eût aussi dres combats de la plume que de la langue

l'honneur do l'y foire recevoir par celui qui contre les partisans de la nouvelle erreur, qui

en est le chef: a quoi un grand seigneur de avaient violemment attaqué par leurs écrits

la cour, et un grand cardinal ayant été em- l'Eglise romaine et l'Eucharistie, auxquels

ployés comme par ambassade extraordinaire, il répondit par des livres remplis d'une rare

n'avaient pas eu le bonheur de réussir. Il et incomparable érudition : qui furent sui-

fut donc envoyé vers Sa Sainteté, et reçu vis de quelques nouveaux combats qu'il eii-

par tous les chemins avec toutes sortes d'hon- Irepril de vive voix, en de très-i m portantes

neur et de bons iraiternents : la renommée occasions auxquels il acquit des avantages

de ses actions allait toujours devant lui, nonpareils h l'Eglise. Entre lesquels fut la

comme pour lui préparer les logis partout célèbre conférence tenue à Fontainebleau

cù il avait à passer. sur le plus éclatant théâtre du monde, et

« Dès qu'il fut arrivé à Rome, le Pape éclairée de la présence du roi, des princes,

dûment informé de ses louables conditions, officiers de la couronne, conseillers d'Klat

aussi bien que de ses actions plus recommandâmes, le voulut voir. Et, dès la première fois qu'il eut l'honneur de lui parler, et après qu'il lui eut représenté avec une parole pleine de force et d'efficace, le déplorable état où la France, et particulièrement l'Eglise avait été depuis cinq ans entiers, les misères qui y étaient avenues, et celles qui étaient pour y arriver encore, si sa bonté et sa providence paternelle n'y apportait le remède requis : au lieu que les autres qui y avaient éié envoyés, ou ne l'avaient point vu, ou l'avaient laissé arrêté dans sa résolution; il lui amollit le cœur, et l'attendrit de telle sorte qu'il lui fil sortir les larmes des yeux ; et

enfin après plusieurs vues, et plusieurs amis qui l'était venu voir, sans en faire diremontrances, nonobstant les contestations vanlage de démonstration et sans que poropiniâtres de ceux qui étaient ennemis du sonne en pût rien apercevoir, jusqu'à re parti de France, il obtint ce qu'il en désirait, qu'il vint trouver le roi peu de jours après et vainquit la passion par la raison. pour recevoir lo bonnet de ses mains, com-

• ... Le Pape ne manqua |K>int de lui faire roençant d'exprimer par les re merci met» Is,

et autres seigneurs de marque, où il rendit des essais prodigieux de suffisance, d'esprit et de mémoire, et où il vengea l'honneur et les vérilés persécutées de l'Eglise romaine, par la honte et par la confusion doses ennemis.

• La conférence de Fontainebleau achevée, le roi lui donna l'étal de grand aumônier et l'archevêché de Sens quand il viendrait a vaquer; et, sans s'arrêter la, lui obtint du Pape le chapeau de cardinal. De quoi les nouvelles étaient arrivées, et le courrier lui ayant élé envoyé en sa maison par Sa Majesté, avec des lettres qu'elle lui écrivait, il les reçut et les lut, dînant avec un de ses

entendre le désir qu'il avait que le roi voulût lui donner sa nomination pendant qu'il était à Rome. Hais lui, qui voulait achever celle aciion avec toutes les circonstances <tui y étaient requises, désire de revenir en France en la même condition, en laquelle il en était parti. Seulement y fut-il sacré par les mains du cardinal de Joyeuse, où Sa Sainteté lui fil l'bonne irde lui donner l'an-

les nobles sentiments de son âme.

« ... Son retour en Fiance fui bientôt suivi de la mort du roi Henri le Grand, prime non jamais assez chéri ni assez regretté, et dont la perle lui fut aussi sensible, qu'elle le devait être à un serviteur si fidèle et « affectionné, et tant obligé à la faveur d'un si digne et si bon maître. Si ne se laissa-l-il point vaincre 5 la douleur; mais plutôt il

neau épiscopal qu'il porta toujours depuis, redoubla les forces de son courage et de son comme un gage de l'affection de ce grand esprit pour s'opposer aux désordres et aux

Pontife.

« 11 ne se peut croire avec quelles caresses il fut reçu partout a son retour, et particulièrement du roi, et les témoignages qu'il lui rendit d'être satisfait de sa légation. Toute la France lui riait, et s'évertuait à lui rendre de nouveaux honneurs : mais lui ne travaillait qu'à avancer ceux de Dieu et de

malheurs, où la perle du ce grand prince semblait devoir attirer cet Elat. El il nVut pas les yeux moins ouverts a la conservalion de l'autorité du Saint-Siège, qui fui pour lors âpreinenl choquée par certains docteurs de Paris, tant aux disputes publiques, que par les livres imprimés sous uu spécieux prétexte qu'elle était au préjudice

la religion. Ainsi peu de temps après, s'élaol de celle des rois, et contre la diguité et U

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