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jévéritô de ieur» Etats et de leurs personnes î en quoi ils furent appuyés, par quel-
3ues mauvais esprits imbus de l'opinion u lemps, tant de l'ordre des ecclésiastiques que des autres, auxquels il s'opposa avec telle force de courage, de doctrine et d'esprit, tantôt aux disputes publiques; tantôt recourant à l'autorité de ceux qui avaient l'administration en main, qu'il arrêta pour un temps la violence du mal. jusqu'à ce qu'en voyant la durée et l'opiniâtreté, et les inconvénients nui étaient pour en avenir, il eut recours a I assemblée d'un concile provincial qu'il fit tenir à la vue, et contre le gré des ennemis du Saint-Siège et par lequel, comme par un remède de feu, il brûla tellement les racines du mal, qu'il n'en demeura que de la noirceur sur le front des auteurs.
• . ..La dernière action célèbre avec laquelle il termina et couronna sa vie glorieuse, fut celle de l'assemblée de Rouen, en laquelle il fut appelé parle roi et messieurs de son conseil ; où il ne se peut dire combien il témoigna d'ôtre grand matiro à mener et à conduire les esprits, et où, o l'imitation du cygne, dont la voix se rend plus douce, plus il est proche de sa tin , il rendit la sienne si résonnante et si puissante aux harangues ou'il prononça â l'entrée et à l'issuo des états, qu'il ne fut pas jusqu'à ceux avec qui il avait eu plus de débats par le passé, qui n'en fussent charmés et qui no coules fassent que jamais tant de science, tant d'éloquence, tant d'esprit cl tant de jugement ne se rencontrèrent en une môme per sonne, jusqu'à dire que c'était l'ornement et la merveille du siècle, le parangon et l'exemplaire de toutes sortes de rares et excellentes perfections.
<« De Rouen il revint en une sienne maison de plaisance, qu'il avait choisie comme le dernier séjour et la retraite finale de ses muses et de sn vieillesse : où il acheva cet ouvrage admirable de la réponse au roi. de la Grande-Bretagne, et travailla à d'autres compositions et à l'impression de ses œuvres immortelles le reste de l'hiver et une grande partie de l'été suivant, avec tant de contention de corps et d'esprit, qu'il lui en vint une cruelle, suppression d'urine qui arrêta le cours de ses Iravaui et de sa vie. Etant allé à Paris pour s'y faire traiter, cl pour y consulter de son mal avec les médecins, ils en firent un très-mauvais jugement, encore qu'ils ne lui en montrassent rien. Mais lui, comme averti de plus haut, jugea qu'il fallait recourir aux remèdes souverains qui «ont ceux du salut. Dont se remettant du tout sur eux pour ce qui était de sa vie, sans s'en soucier autrement que pour n'être point vu défaillir à lui-même, ni résister à leurs conseils ; il se convertit entièrement au soin des choses de l'autre vie, oubliant tellement tout ce qui était do celle-ci, et celles-là même qu'il avait eues en plus grande afleclion, qu'il ne lui arriva pas d'en tenir le moindro propos ; el non pas même de ses écrits, pour lesquels il avait tant de
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fois méprisé sa vie, son repos et sa santé.
» Il voulut, dès le troisième jour, se munir du remède des remèdes , qu'il prit presque (nus les jours de sa maladie , toujours lîré du lit a terre. En quoi il sembla que In providence de Dieu, voulant que celui qui nvait eu tant de soin et tant de passion a inspirer, et à faire embrasser aux autres la créance de ce divin mystère, pour lequel il avait fait des volumes entiers, ait été récompensé dès cette vie de In plus digne récompense qui s'y en pouvait recevoir, qui est d'une foi et d'une dévotion non commun© à l'endroit de ce mystère , et qui lui servit comme d'échelle et de degré pour monter a la demeure bienheureuse des cieux.
« Sa maladie dura par l'espace ne quatorze jours entiers, sans que l'opiniâtreté du mal so pût jamais vaincre , quelques remèdes violents et puissants qu'on y apportât , et qui furent tels que peut-être n'en fut-il jamais appliqué davantage, ni avec plus d'ordre et de diligence pour aucun mal pareil , chacun s'évertuant a contribuer en ce qui était de son pouvoir pour sauver uno si précieuse vie. Il passa tout le reste du lemps en exercices de piété , ou en devis familiers avec ses plus particuliers amis, avec la même douceur d'esprit et de mœurs qu'on lut avait toujours vue , sans montrer d'être touché d'aucun regret de la mort , qu'il regardait venir a lui sans s'étonner, disant seulement quelquefois : « Oh que c'est peu de chose que la vie de l'homme et les honneurs, et vanités du monde I » Comme quelqu'un le voulant consoler, lni eut dit aux premiers jours de son mal qu'on espérait qu'il recevrait bientôt sa guérison, il lui répondit : Je nesaissijeladésire. Lorsqu'on lui appliquait quelque remède violent, il avait ordinairement en la bouche ces paroles : Hie ure , hic teea, modo in œternwn porca* , el usait aussi souvent de celles-ci do saint Augustin : J gnose t quod meutn rst , agnotet quod tuum eit. Pardonne ce qui est mien, et reconnais cequi est tien.
« Lomme il eul reçu une visite de la part du roi pour lui témoigner le regret qu'il avait en sa perte, lors ce grand esprit , qui ne pouvait cesser de s'élever par-dessus luimême , et montrer partout quel il était, ayant déjà la langue toute bégayante et empêchée à cause du manquement de la nature qui commençait à défaillir en lui , s'éleva comme un aigle qui fait sn pointe dans le ciel pour revenir puis après fondre en la terre , en un discours si haut et avec des paroles si graves et si pressantes touchant ce qui était de la grandeur des monarchies, et des moyens par lesquels elles se formaient et se maintenaient; et que les principaux moyens en étaient le soin , et le service dû à celui qui les élève ot les abaisso comme il lui plaît , el oui tiont les cœurs des rois en sa main ; qu il n'y eul celui des assistants qui n'en tombât en admiration, et qui no dit que c'élail vraiment lors que le
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génie de la France rendait ses derniers oracles.
« ... Ainsi prit fin lo vie de celui qui, ayant rempli Je monde de l'estime de son nom , a roniblô l'Eglise, et particulièrement la France , do ia douleur do sa porte. Autant regretté par ses amis qu'il avait toujours été redouté par ses ennemis. 11 mourut le troisième jour de l'année 1618, de son âge laC3*. h Paris, d'où son corps fut porté à son église de Sens, où il est enterré. »
* ONBEAU DO CARDIHAL DCTERR0J>.