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sévères, qu'on transportât hors do R»me, ni statues, ni bustes, ni bas-reliefs, ni tableaux des grands maîtres.
Il bâtit ou répara des églisos dans toutes les parties du monde catholique. Les seules statues des douze apôtres, qu'il plaça dans l'église do Saint-Jean de Lalran, lui coûtèrent, avec leurs piédestaux et les colonnes qui les assortissent , au delà do soixante et dix mille écus d'or. On ne sait à combien montaient les sommes qu'il a employées à rétablir dans son premier état le Panthéon des anciens Romains, que l'injure des temps avait fort endommagé. C'était le seul monument de la puissance romaine que les fréquents saccagements des Barbares, eussent épargné, et que la durée des siècles eût conservé en sou entier. Il s'agissait de lui rendre ce premier lustre qo il avait du temps d'Asrippa. Nul Pape n'avait osé l'entreprendre. Clément XI l'exécuta. Il en IH renouveler tes dorures, repolir les marbres, réparer les bas-reliefs, rafraîchir les peintures. Sur les ruines du maître -autel bâti par Boniface IV, il en éleva un autre d'uno grande beauté. Devant cette mémo église, appelée aujourd'hui la Rotonde, était une place qui en déshonorait l'entrée. Pour tout ornement, il lui restait un brssin presque sans eau. Le Pape n'examina pas ce qu'il en coûterait pour en faire une place en harmonie avec le lieu où ello était située. En la dégageant de tout ce oui l'obstruait, il la rendit plus vaste et plus régulière. Les eaux; qu'il y conduisit formèrent une fontaine, qui de tous côtés les rend à pleins tuyaux, et il la surmonta d'un obélisque qui en fait le plus bel ornement. Le palais du Vatican ressemble seul à une ville par la prodigieuse multitude et l'étendue de ses bâtiments. Inhabité depuis longtemps, il n'avait plus été soigné avec la même attention ; la charpente avait souffert en quelques endroits; les eaux pluviales avaient pénétré dans plusieurs appartements. L'humidité en avait gâté les peintures. Les murailles mêmes, malgré leur épaisseur, avaient été si ébranlées par les Irem. bleiuents de terre, qu'il s'y était fait de larges ouvertures. Les dehors avaient été encore moins bien entretenus. La dépense à faire pour réparer ces immenses édifices avait de quoi effrayer. Clément XI n'hésita pas. Dès qu'il en eut compris la nécessité, il mit la main à l'œuvre. Depuis le vestibule d'entrée jusqu'à l'extrémité des jar- Jins, portiques, galeries, salles, jets d'eau, (oDlaiucs, vergers, promenades, tout fut rétabli dans son premier état. Le célèbre Charles Marotte fut chargé de retoucher les peintures de Raphaël. Cmthées à fresque sur le mur, elles avaient, par l'humidité, perdu une partie de leur éclat. Il trouva le secret de dessécher les murs. Par ce moyen il rendit aux couleurs leur vivacité première. La chapelle Sixtine et la bibliothèque Apostolique fuient portées à hur perfection. Le palais de Monte Cavallo, situé en bon air sur le mont Quiriual, et depuis
habité par les Papes, no fut pas non plus oublié.
Dans la seule ville de Romo, combien de magnifiques édifices n'a-l-il pas construits pour assurer un asile à In vertu et pour contenir le vice par la crainte du châtiment ? Dans l'enceinte de cette capitale et sur les bords du Tibre s'élèvent, à côté l'un de l'autre, deux bâtiments capables eux seuls d'inspirer à quiconque les voit la haule idée qu'on doit concevoir de ce grand Pape.
L'un est l'hôpital de Saint-Michel, l'autre la maison des Incorrigibles. Dans lo premier la pauvreté trouve un soulagement toujours présent dans ses besoins, dans le second la jeunesse trouve un frein à son libertinage.
Ce ne sont pas les seuls que dans Romo même Clément XI ait consacrés à ta charité. Son zèle était ingénieux à imaginer les moyens de s'eroploror au salut des âmes; souvent ce même zèle se manifestait en lui par ses libéralités. Il souhaitait qu'à Rome il y eût une maison où les prêtres et les elercs que leurs affaires y attirent de tous les pays, pussent à leurs frais se nourrir à une même table, vivre sous un même toit, retirés du commerce du monde. C'était le moyen de los contenir dans l'esprit de h*ur état. Sur l'assurance qu'il eut d<*s architectes, qu'avec 27 mille écus romains on pourrait leur procurer on logement convenable, te Pape no ba'ança pas à donner cette somme. La maison su fit; il la pourvut d'une bibliothèque composée de livres choisis. La communauté se forma d'elle-même, et l'union lut d'autant
{dus parfaite entre les ecclésiastiques, quo eur séjour y était volontaire. Il éleva encore un édifice destiné à servir de retraite aux jeunes filles, et appelé la Maison de Saint-Clément, Il agrandit celle de l'Enfant- Jésus, où les jeunes personnes sont pareil* meut formées à la vertu. Il joignit des jardins à l'hôpital de Sainte-Marthe. Ses soins furent les mêmes pour l'hôpital des Ethiopiens et pour celui que le saint Pape Pio V affecta aux Arméniens. Il fil de nouvelles maisons pour recovoir ceux des prêtres et des clercs de cette même nation, que les besoins de leurs églises n'attiraient que trop souvent à Rome pour y réclamer la protection du Saint-Siège. Quant aux évêques de Mésopotamie et aux religieux Maronites do Saint-Antoine qui, chassés de leur pays pour cause de religion, allaient si fréquemment se réfugier auprès des Papes, il leur assigna dans Rome des domiciles permanents, établis à ses frais, et y attacha des revenus.
Le bien public demandait qu'il pourvût au transport et à la sûreté des grains. Celui des deux ports de Rome qui joint re tombeau des Césars, et appelé Ripetta, n'était presque plus praticable. La pente eu était si rapide et le terrain si glissant, quo des hommes chargés n'y pouvaient passer sans danger. Clément XI ne consulta que la facilité du commerce et la cointnmJité des habitants. Il employa soixante mille écus romains à lo