DES CARDIN UJX. FOR
états furent de nouveau 'assemblés pour aviser aux moyens de délivrer le roi.
Mais, comme il arrive souvent dans les malheurs publics, où il faut a tout prix aux peuples des victimes, coupables ou non, les députés présentèrent au Dauphin Charles, déclaré régent pendant la captivité de sou père, une liste de vingt des plus fidèles serviteurs du roi, è la 101e desquels était Pierre de la Forest, et dont ils exigeaient le renvoi. Le Dauphin, jeune prince qui réalisa les heureuses espérances qu'il avait fait concevoir, temporisa aussi longtemps qu'il lui fut possible, mais il se vit obligé de céder. Si Pierre, victime de l'envie, avait perdu la dignité de chancelier, peu de temps auparavant il avait été élevé au cardinalat par le Pape Innocent VI,
3ui en même temps lui avait conféré le litre e légat en Sicile. Il se rendit à Bordeaux auprès du roi Jean, qui y avait été emmené par le Prince Notr, avant que celui-ci l'envoyât en Angleterre. Le cardinal de la Forest passa lui-même en Angleterre, pour travailler plus efficacement à la délivrance du roi. Après être resté longtemps a Londres, il revint en France, et, en 1359, fut rétabli dans ses honneurs et dignités, en môme temps que les autres victimes des circonstances. Pour mettre le comble à la réhabilitation, le Dauphin voulut que l'arriéré de leurs émoluments leur fût restitué, comme s'ils n'avaient jamais cessé d'exercer leurs charges. Toutefois le cardinal de la Forest, instruit que ses envieux ourdissaient contre lui de nouvelles trames, se relira auprès de la cour pontificale, et choisit sa demeure à Villeneuve, près d'Avignon, où il mourut de la peste le 28 juin 1361, Agé de 57 ans. (Voy. Frizon, GaUia purvurata ;— le Courvaisier, Hist. des évéquei au Mans; — do Rreuil, Antiquités de Paris; — Sainte- Marthe, G allia Christiana; — Froissant; — Aubbry; — Dx'CHBNE, Mit. des cardinaux français; — le P. Anselme.)
FORGATZ (François), Transylvain, archevêque de Strigonie, créé cardinal en 1607 par le Pape Paul V, mourut en 1615.
FORNARI. — Nous empruntons à l'Ami de la religion l'article suivant publié è l'occasion de la mort de S. Em. le cardinal Fornari.
« On nous écrit de Rome, è la date du 18 juin, que le Sacré Collège vient de faire une perte nouvelle et bien douloureuse dans Son Em. le cardinal Raphaël Fornari. Cet éminent prélat est mort jeudi dernier 15 juin 1854, jour de la Fête-Dieu, è neuf heures du matin. Une indisposition légère dont il était atteint depuis quelques jours était bien loin de faire craindre le coup terrible qui vient de priver l'Eglise d'un cardinal aussi dislingue par ses connaissances et son zèle. Il a été enlevé par le second accès d'un fièvre pernicieuse.
■ La mort du cardinal Lambruschini ayant occasionné quelques mutations dans les préfectures des congrégations, on croyait
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généralement que la charge de grand pénitencier étant réservée au cardinal Fornari, et voila que la mort le frappe avant qu'il ait
fui occuper celte place importante, où ses umières lui auraient permis de rendre encore de si grands services à la religion.
« Les dépouilles mortelles de S. E. le cardinal Fornari ont été transportées le 18 à l'église de Sainte Marie in Vallicel!*, où le lendemain ont eu lieu les obsèques solennelles en présence de tous les cardinaux. Sa Sainteté fut reçue par son S. E. le cardinal Mattei , évêque de Fraseati ; précédée du Sacré Collège, de la magistrature, et suivie de Mgr le majordome, de l'auditeur de chambre et des évêques et archevêques assistant au trône pontifical; elle vénéra le saint Sacrement, puis alla s'agenouiller au pied du mattre-autel. La Messe de Requiem fut alors célébrée par S. E. le cardinal Ferretti, en sa qualité de camerlingue du Sacré Collège. Nous n'avons pas besoin de parler de la juste douleur et des regrets unanimes u'une perte aussi imprévue a causés au cœur u Saint-Père, au Sacré Collège et à toute la ville de Rome.
« Celle perte ne sera pas moins sentie h Bruxelles et h Paris, qui ont possédé cet homme éminent pendant les longues années de ses nonciatures , et ont profilé de son zèle et de ses rares qualités.
« Le cardinal Fornari est né h Rome le 23 janvier 1788, et, par conséquent, il était dans sa soixante-septième année. Sorti des derniers rangs de la société, il dut à son seul mérite, a sa piété, à sa science, aux services rendus dans l'enseignement de la ecience sacrée, son avancement el les honneurs qui ont couronné sa vie. Créé cardinal m petto dans le consistoire du 21 décembre 1846, il ne fol préconisé que dans celui du 30 décembre 1850. »
« Depuis son entrée dans le Sacré Collège.» dit l'Cfafeers ,« il aimait à s'occuper des causes françaises ; et presque toujours, dans les diverses congrégations dont il était membre, la confiance de ses collègues lui confiait le rapport des affaires qui concernaient nos Eglises. Au moment où la mort vint si inopinément l'enlever, il étudiait une cause a laquelle il portait un intérêt spécial, que nous aurons bientôt occasion de faire connaître è nos lecteurs, et dont il devait être le rapporteur devant la sacrée congrégation des Evêques et des Réguliers, le 16 juin. Ainsi il est vrai de dire que la mort l'a surpria occupé de nos intérêts religieux, et c'est ce qui doit augmenter nos regrets. La société de Saint-Vincent de Paul lui devra aussi un tribut particulier de larmes et de prières. On sait avec quelle affection il avait accepté le protectorat de celle charitable et u ile institution, et avec quel zèle il remplissait les devoirs que ce titre lui imposait.
■ Il y a un mois, le Sacré Collège comptait trots de ses membres les plus distingués arrivés au cardinalat par la nonciature de Paris. Il ne reste plus aujourd'hui que le
NAIRE FOS fcs
vénérable doyen du sénat des princes île l'Eglise, l'éminentissime cardinal Maoohi •
FORTIGUERRA (Nicolas) prit naissance )!
Pistoie, en Toscane, où sa famille était des plus considérables. Les Papes Eugène IV h Nicolas V le chargèrent de différentes mis. sinus, dont il s'acquitta avec intelligence. — Le Pape Pie II, son parent, et fils de Victoria Fortiguerra, voulut l'avoir auprès de lui, et lui donna l'évéché de Tbéano. Depuis, il l'envoya, avec le caraclère de léwl, è Naples, pour traiter avec Ferdinand d'Aragon des condi lions sous lesquelles ce prince recevrait l'investiture du royaume de Naples. Fortiguerra s'acquitta de sa légation avec sa capacité accoutumée, fit rendre Bé névent el Terracine au Saint-Siège, et conclut le mariage d'Antoine Piccolomini,ne?eu du Pape, avec une nièce de Ferdinand, à laquelle ce prince donna pour dot ledocbé de Molli et le comté de Cellano. On ajoute que, dans cette occasion, l'évêuue de Théano eut assez d'adresse pour faire transcrire divers titres qui prouvaient que ce royaume était tributaire de l'Eglise. Il reçul le chapeau de cardinal en U60. Quelque temps après, il fut mis à la tête des troupes pontificales» afin de s'opposer aux entreprises des ennemis du Saint - Siège. Les Malatestétaient alors au comble de leur puissance. Cette famille s'était établie en souveraine, et régnait sur Rimini et sur une partie de la Romagne. Elle poursuivait encore le cours de ses agrandissements, aux dépens du patrimoine de saint Pierre. Le cardinal Fortiguerra lui enleva Fano, diverses autres places dans la Romagne et dans la Marche d'Ancône, et l'obligea à venir demander la paix. Après la mort de Pie 11, Paul II envoya encore le cardinal contre François et Déïphobe, fils d'Everse, comte d'Aoguillara, autre ennemi dë l'Eglise. Il fut aussi heureux dans cette expédition qu'il l'avait été dans les autres. Il prit dix ou douze places en moins de quinze jours, chassa Deïpuobe après avoir fait prisonnier son frère François, et eut l'avantage dedonner la paixaui sujets du Saint-Siège. Sa modération el sa prudence contribuaient plus à ses victoires que ses armes. Il n'était pas seulement homme d'Etat et homme de guerre; généreux protecteur des lettres qu'il aimait, il employa une partie de ses richesses à fonder des collèges et d'autres établissements d'instruclion el de piété. En 1W1, il fit partie du conclave où fut élu Sixte IV, et mourut sous le règne de ce Pontife, è Viterbe, le 21 dé* cemhre 1*73,- dans la cinquante-cinquième année de son ôge. {Voy. Pik II , Comment. Mb. tel u ; — Panoclpbb, Collcnutio, lib. »i; — - Victobblli; — Ciacokics, Vitaet gestoRo. manorum Pontificum et cardinalium; — Aubkrt, Hiit de$ cardinaux.)
FOSCARO iPiebbe) , évêque de Padoue, était de Venise, et très-probablement fils de François Foscaro , élu doge de Venise en 1*23, après Thomas Mocenigo , et déposé i cause de son grand âge en 14-57. — Ses fils voulurent s'opposer à sa destitution, et s'at-
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tirèrent des affaires fâcheuses. Pierre se relira 4 Rome , où le Pape Paul II le fit en secret cardinal ; mais, après la mort de ce Pontife, arrivée subitement peu de temps après en 1471, les cardinaux refusèrent de le reconnaître. Celte disgrâce l'aflligea extrêmement Le Pape Sixte IV, louché de la fausse position de Pierre Foscaro, qui était traité avec tanl de rigueur, le reçut dais le Sacré Collège en 1477. Il flt partie *tu conclave ou fut éln Innocent VII, et mourut a Rome en juillet 1485. {Voy. Ciaconius et Okuturb , Vitœ Pont i fie um, etc.; — Pobtbiubi, I. ix;
— Albert, llisl. du card.)
FOSCO (Awgblote), Romain de nation, et évèque deCava, au royaume de Naples , aujourd'hui dans la principauté eiléneure, se concilia l'estime de Martin V, qui lui donna l'évêché de. Cava. Il fut également aimé d'Eugène IV qui l'éleva au cardinalat le 19 septembre 1431. Platine et quelques historiens l'accusent d'une extrême avarice. Garimberl rapporte qu'il allait, pondant la nuit, dérober les brides des chevaux, dans les écuries voisines de son palais, et qu'il fut une fois maltraité par un palefrenier qui le surprit dans cet exercice peu édiliant. Mais c'est une accusation sans preuves, et qui n'a rien de vraisemblable. Antonel Franco, jeune homme de 24 ans, fils de sa nourrice, H qu'il élevait dans sa maison , l'assassina le 12 septembre 1444. {Voy. Saiîit-Autosik, Ut. 20, c. 12 | 22 Cucomus;— OxurHRK ;
— GiftlMBEBT; — AUBBBT.)
FRANCI0TT1 (Ma*c-Antoihe), Lucquois, i réé en 1634, par le Pape Urbain VIII, prêlrecardioal du titre de Saint-Clément, puis de Sainte-Marie de la Paix, évèque de Lucques, mourut en 1666
FRANCHE M BERG. — Nous lisons dans VAmi dê la religion du XI novembre 1823 :
« Dans un moment où l'attention publique se porte sur les affaires des Catholiques des Pays-Bas, on verra avec plusd'intérôt une notice sur uu illustre prélat de celte Eglise voisine. Son long pontificat , son zèle , ses traverses, son courage loul lui donne droil aux éloges et au souvenir des amis de la religion. Victime de deux révolutions , le cardinal de Franckemberg se montra digne du haut rang qu'il occupait dans l'Eglise, et son nom, mêlé dans l'histoire de nos désastres, s'associe 4 ceux des plus respectables ornements de notre clergé. Enfin , ce qui se liasse aujourd'hui en Belgique appelle la curiosité sur des événements analogue*, et on retrouve aujourd'hui, parmi les évêques el le clergé de ce pays, l'op|H>silion qu'excitèrent, il y a quarante aus, des mesures imprudentes.
| • Jean-Henri-Ferdicandde Franckemherg et Schellendorf naquit le 18 septembre 1726 , à liiogau , en Silésie, d'une famille ancienne. Il fil ses éludes chez les Jésuites, et profila des leçons qu'il recul de ces nabi les maître*. Il fut fait de bonne heure ebanoinede Breslau *|ui était son diocèse, ut fut envoyé 4 Rome,
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au collège germanique pour y suivre les cours de théologie et de droit canon. Ordonné prêtre, le 10 août 1749, il prêcha , la veille de la Toussaint, devant Benoit XIV et le Sacré Collège, el fut reçu, Tanné suivante, docteur en droit canon. Le jeune abbé se distinguait dès lors par sa régularité el par l'exacte observance des devoirs de son état. Ses premiers travaux dans le ministère furent 4 Goritz Où le Pape venait d'ériger un archevêché ; mais l'air de ce pays étant contraire 4 sa santé , Il fut nommé en 1754, chanoine de la collégiale de Toussaints , 4 Prague, et l'année suivante doyen de l'Eglise deSaint'Cême et Damien, a Bruntzlau, en Silésie. Marie-Thérèse, dont il était sujet, le nomma , en 1759, 4 l'archevêché de Matines, vacant par la mort do cardinal d'Alsace. M. de Franckemberg fut préconisé è Rome le 27 mai , el sacré è Vienne par Carohevêque, depuia cardinal Migazzi. L'impératrice lui conféra le litrede conseillerd'Eiat et la grand'eroix de l'ordre de Saint- Etienne.
« Le nouveau prélat se rendit de suite dans son diocèse, et fit son entrée à Malines le 27 septembre. Il officia dans sa métropole le jour de la Toussaint el prêcha en français, et depuis il prêcha souvent dans la même langue tant 4 Malines qu'a Bruxelles et 4 Louvain. Il y a aussi de lui des discours latins adressés 4 son clergé ; plusieurs de ces discours ont été imprimés. Modèle de son troupeau, il se levait 4 cinq heures du matin, célébrait chaque jour les saints mystères et joignait la méditation 4 dé fréquentes prières. Econome pour lui-même, il était généreux pour les autres. Ses règlements pour son diocèse, ses exhortations a ses séminaristes et à son clergé, ses instructions réitérées au peuple, son assiduité aux Offices publics, tout chez lui annonçait autant de zèle que de piété. Le 1" juin 1778 Pie VI le déclara cardinal, et Joseph 11 lui donna la barrette 4 Vienne, le 20 décembre.
c Jusqu'en 1780 , son administration fut aussi rahne qu'heureuse , mais la mort de l'archiduc Charles, gouverneur des Pays- Bas, ensuite celle de Marie-Thérèse lui préparèrent des sujets de chagrin. Joseph, qui succédait 4 sa mère, laissa bientôt percer ses vues de réforme el rendit sur les matières ecclésiastiques une foule d'édits et d'ordonnances aussi contraires au bien de la religion qu'au repos de l'Etat. Ces édits et ordonnances furent l'objet de fréquentes réclamations et représentations de la part du cardinal. 11 présenta lui-même 4 Joseph, alors dans les Pays-Bas , un Mémoire , et en envoya beaucoup d'autres sur les édits en faveur des protestants , sur ceux qui regardaient les religieuses , le mariage, le séminaire, etc. Mandé 4 Vienne pour rendre compte de sa conduite, il se rendit, en 1787, aux ordres de son souverain et obtint au bout de quelques mois de retourner dans son diocèse. On se flattait que Joseph céderait enfin 4 l'opinion qui se manifestait hautement contre ses édits, et il avait paru, en elfet, disposé à les abandonner. Maia cet
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esprit araenl se roui il ensuite contre les obstacles; de nouveaux décrets ordonnèrent l'ouverture du séminaire général. Le cardinal refusa d'y envoyer ses théologiens ; le k janvier 1788 il porte un jugement doctrinal sur cet établissement. On lui défend de faire enseigner la théologie dans son séminaire particulier. Mandé au palais de Lacken, on l'accuse de désobéissance, et il n'a i>as de peine à repousser ce reproche. Le SI juillet 1788» il fait un décret pour recommander la soumission k l'Eglise et au prince ; en même temps il adresse de nouvelles représentations au gouvernement et réclame les droits de l'Eglise et des évéques sur l'enseignement.
« L'empereur, de plus en plus mécontent, ordonne au cardinal de se rendre a Louvain, et d'y rester pour s'assurer de l'orthodoxie des professeurs. Le cardinal hésite quelque temps ; mais enfin, pressé par les lettres menarantesdu ministre, il se rend,- le 8 mars 1789, à Louvain, où il loge dans l'abbaye de Saiule-Gerlrude. Le 10, commence l'examen des professeurs qui avaient eu ordre de répondre aux questions du prélat, tant sur la doctrine que sur leurs livres classiques. L'archevêque s'était adjoint deux théologiens, Van Rymeoan, chanoine et archidiacre, et Duvivier, son secrétaire. Les questions proposées portaient sur la doctrine que l'on savait être enseignée a Vienne , a Pavie , et ailleurs dans les nombreux établissements.
. « L'examen dura jusqu'au 10 juin, que le cardinal, après avoir entendu ses assesseurs, déclara sommairement que la doctrine des professeurs n'était pas orthodoxe. L'abbé Van Uymeuan chargé d'examiner les livres classiques, nota comme pernicieux ceux de Motoperger et de Péhcm. L'abbé Duvivier rédigea la déclaration de l'archevêque; elle est datée du 26 juin , et prononçait que la doctrine des professeurs était répréhensible sur plusieurs points et non orthodoxe. Une copie de cette déclaration, faite furtivement, fut envoyée èSainl-Dren par les soins du se* crélaire de l'ôvêque d'Aovers, et elle fut imprimée à la diligence de deux professeurs de Louvain, O'hearo et Cypers. Le gouvernement crut a tort que le cardinal était pour quelque chose dans cette publication; il fut mandé à Bruxelles, et n'ayant pu s'y rendre à cause de sa santé, il envoya sou secrétaire, l'abbé Duvivier, qui fut arrêté et gardé jusqu'en décembre suivant. L'archevêque et 1 évêque d'Anvers se tinrent cachés. Le gouverneur, comte de Tranlmansdorf , avait écrit au premier les lettres les plus dures et les plus menaçantes.
m Joseph 11 ayant, par des décrets rigoureux, supprime et aboli tous les droits et privilèges ues Brabançons, un mécontentement général éclata dans les Pays-Bas. Le 2fc octobre, les patriotes publièrent à Hooystrale leur manifeste; ils remportèrent uu avantage sur les Autrichiens a Turuhaut : ceux-ci se retirèrent. Les autres prirent le gouvernement du pays : on institua uu cou-
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grès; les édils de Joseph furent abolis; on rétablit l'ancien ordre de l'administration des évêques; les exilés de Louvain retinrent, et, le 1" mars 1790, on reprit le cours des études de celle université.
« Après une Messe solennelle célébrée par le cardinal-archevêque dans l'église de Saint-Pierre, on arrêta le rétablissement des monastères. Pie VI avait écrit, le 13 janvier, au cardinal et aux autres évêques du pars, pour leur annoncer que l'empereur était disposé £ satisfaire aux réclamations des Belges, et ces prélats lui répondirent le 8 mars. Le 22 février précédent, Joseph II étant mort au milieu des troubles excités par son imprudence , son frère Léopold lai succéda.
« Pendant l'interrègne, il se tint à Ma- II nés une congrégation des archiprélres pour le rétablissement de la discipline. On publie une nouvelle édition de la déclaration du cardinal sur l'enseignement de Louvain; celte édition est accompagnée de l'approbation du Pape, des actes d]adhésion de plusieurs évêques et universités , et d'autres pièces; le tout précédé d'un avertissement de l'éditeur, l'abbé Duvivier, et d]un Mandement du cardinal, en date du 19 juin 1790. Les évêques dont les adhésions se trouveol dans le recueil, sont ccut d'Anvers, de Gand , deTournay, de Namur et d'Vpres; la vicaire apostolique de Bois-le-Duc adbéri aussi. Le 31 août , le cardinal consacra solennellement la nouvelle église de l'abbeye de Vlierbeck, près Louvain.
« Léopold ayant promis d'administrer lej Pays-Bas comme l'avait fait Marie-Thérèse, ces provinces se soumirent à lui en décembre 1790, et le cardinal entonna a ce sujet le Te Oeum dans l'église du Sainle-Gudule, s Bruxelles. Le 24 de ce mois, il rendit un décret pour le rétablissement de la discipline- Léopold réroqua les édils de son frère, et fui reconnu; mais ce prince mourut l'année suivante. De nouveaux orages et de plus grandes calamités devaient fondre bientôt sur cette, contrée si agitée. L'archevêque s'appliquait avec zèle a réparer les maux
au avaient produits les troubles passés, ous ne parlerons d'une Lettre pastorale publiée sous son nom , en date du 9 août 1791, que pour dire qu'elle lui élail fausse* ment attribuée. Le 26 août suivant , une Lettre pastorale plus véritable exhorta les tidèles à entrer dans la confrérie de l'Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement , et les prémunit contre les efforts de l'incrédulité- Le 13 septembre 1792 , le prélat invita ses diocésains à accueillir les prêtres chassés de France, et chargea un chanoine de Laon, l'abbé Daiitheny, de la distribution dus secours. Le 16 octobre , il condamna le li"* intitulé : Extraits de morale tirée de plusituri écrivains tris estimés.
« Cependant la révolution française grandissait et menaçait les pays voisins. La guerre fut déclarée à l'empereur d'Autriche, dont les troupes furent battues le 6 novembre 1792, à Jemuiapes. Dumourie*
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vainqueur, entre la ik a Bruxelles, s'emparo de tous les Pays-Bas, ut prend des quartiers d'hiver sur la Meuse.el la Roer. A Louvain, il eihorte l'université à continuer ses Iravaux : « La liberté, » dit-il, « étant amie des études et des lettres. ■ Mais la liberté de •:e temps - la était encore plus amie des profanations et du pillage. L'église méiroj»olit?ine de Malines fut dépouillée et souillée par des excès du tout genre; l'église de Sainte - Gudule , & Bruxelles, ne fut pas moins horriblement profanée. Pendant quatre mois , des désordres , des violences et des sacrilèges honteux désolèrent un peuple religieux. On peut consulter, à cet égard, le Journal historique de Feller, et l'ouvrage de ShipI Sur l'étmi de la religion catholique dan» le Brabant. Une proclamalion mémo du général en chef, en date du fl mars 1703, attestait l'excès du mal; il permettait de dresser des plaintes contre les vexations commises, la profanation des églisos, l'enlèvement de l'argenterie et les abus des clubs. Le même Dumouriez, dans une lettre du 12 mars, adressée au président de la Convention , disait que les défaites des Français étaient dues aux excès de tout genre dont on s'était rendu coupable en Belgique. En effet , le prince Charles battit les Français, le 18 mars , à Nervinde ; six jours «près , ils évacuèrent Bruxelles et Malines , et au commencement d'avril ils sortirent des Pays-Bas. Le 8 avril , le cardinal de Franckemberg ordonna les prières de quarante heures pour les profanations commises. Il avait été principalement en hutte à l'an iniad version des patriotes : on saisit les bîens de l'abbaye d'AlHgheim unio h son siège , et on avait essayé de l'arrêter ; mais il s'était caché.
• Dans l'intervalle du repos dont jouirent les Pays-Bas , l'empereur François II vint visiter ces provinces. Il fui inauguré à Bruxelles, et rétablit l'université de Louvain dans tous ses droits et privilèges; mais bientôt une nouvelle invasion des Français vint |iorter la terreur dans ce pays. Pichegru et Jourdan y entrèrent avec deux grande* armées , et battirent les troupes autrichiennes. Le 29 juin 179* , l'archevêque quitta Malines et se retira a Utreoht, d'où , au mois de janvier suivant, il alla se cacher à Amsterdam. Cependant , peu après, les temps paraissant moins fâcheux, le prélat revint dans son diocèse ; depuis le * septembre, il habita Wilrc, sur le canal de Louvain, et ensuite son séminaire archiépiscopal; car ses palais à Malines et è Bruxelles avaient été envahis, ainsi que tous les biens de l'archevêché, et sa bibliothèque avait été pillée. On lui avait promis au dédommagement de la perle de ses revenus, une pension de 6.000 fr., qui ne lui fut jamais payée. Le 30septembre, la Convention déclara les provinces belges réunies a la France. On proclama les droils de l'homme, on abolit tous les signes extérieurs de religion ; on remplaça le dimanche par la décade. Toutefois, dans un moment où on es-
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pérait quelque adoucissement , le cardinal de Franckemberg, qui ne voulait pas se séparer de son troupeau , Ht, le 2fc janvier 1796, la promesse de fidélité è la république. Bientôt le Directoire acheva de porter la persécution dans ce pays, mit en vente les biens ecclésiastiques, supprima les monastères , détruisit les églises , déporta les prêtres ; la terreur devint générale.
« L'archevêque avait nommé, entre autres, pour grands vicaires, l'abbé VanRymanan et l'abbé Lantsheere. L'un et l 'autre furent emmenés a Maubeuge, d'où ils ne revinrent que pour être obligés de se cacher. Un premier serment est demandé; il était ainsi conçu : Je reconnais que l universalité dm citoyens français est le souverain. Depuis on prescrivit le serment de haine è la royauté. Le clergé de la Belgique répugnait autant è l'un qu'à l'autre. Le 19 septembre 1797, le cardinal de Franckemberg écrit au commissaire du pouvoir exécutif qu'il ne peut promettre par serment de haïr une institution établie par Dieu môme; il proteste cependant de sa soumission et de celle de sou clergé envers la république, en tout ce qni n'est pas contraire è la loi divine. Le 21 octobre, de grand matin, on signifie au prélat un décret de déportation lancé contre lui h Paris le 10 : il est enlevé de sou séminaire , conduit è Bruxelles, et, après trois jours de détention , traîné avec uno escorte jusqu'à Emmerick, do l'autre côté du Rhin.
« Il s'y logea chez les religieux Trinitaires, oits Croisiers, ayant avec lui un seul frère servant. Dans cet asile , !e vénérable prélat s'occupait continuellement de son diocèse, alors en proie à une persécution ouverte. Les décrets de déportation pleuraient de toutes parts sur les prêtres fidèles; les uns étaient enlevés et conduits a la Guyane ou à l'Ile de Kliô , les autres étaient obligés de fuir ou de se cacher. Le Directoire avait juré d'étouffer la religion dans un pays où elle avait été longtemps si florissante. »
«Le séjour du cardinal à Rmmerick oflligeail encore ses ennemis. On obtint un ordre du roi de Prusse pour qu'il sortit de celle ville et de tous ses Etais. Le vénérable vieillard so retira, le 23 mai 1801, à Borcken, qui appartenait encore è l'archevêque de Cologne, évêque de Munster. Ce prince lui offrit lu château d'Aahui pour aa résidence. Le cardinal y exerçait ses fonctions, et y conféra les ordres tant à ses diocésains qu'aux sujets des autres diocèses qu'on lui adressait. C'est de là qu'il envoya, le 20 novembre 1801, sa démission de sou siège, conformément a la demande du P.ipe, et il exhorta les autres évéques à suivre cet exemple. Pie VU le nomma administrateur apostolique du diocèse jusqu'au moment du remplacement. Sou dernier acte est celui du k juillet 1802, par lequel l'abbé de Lantsheere, son grand vicaire, ordonue en son nom, è tout Te clergé de Malines, d'assister a l'installation de M. Koquelaure nouvel archevêque.
« Après la mort do l'archiduc Maximilien,
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le roi dePros*e envahit le paysde Munster. Le rardinal ne jugea pas à propos de rester a Horrken, après ce qu'il avait éprouvé à Emmerick. Il en partit te 30 août 1802, et 5e rendit è Breila, sur le territoire de la république hâta? e. Il y administrait la confirmation, conférait les ordres et donnait l'exemple de la piété et de la résignation. On lui en» ia encore cet asile, et quelques ennemis de la religion voulurent le forcer de fuir au loin : mais les magistrats de Rréda intercédèrent en sa faveur, et on laissa le vertueux prélat tranquille. Le cardinal Consalvi l'invita, au nom du Pane, à se rendre a Rome; M. de Franckeroberg s'en excusa sur son Age, qui ne lui permettait pas d'en- (reprendre un si long voyage. Il acceptait en même temps la pension de 3,000 francs de Hollande que lui offrait le Saint-Père. Dépouillé depuis longtemps de tou* ses cevenus, sa modération et l'esprit de pauvreté l'avaient seuls soutenu dans un si grand dénument. Le cardinal ne toucha que le premier quartier de cette pension ; le 8 juin 1804, après avo:r célébré la Uesse, suivant sa coutume, il fut frappé d'apoplexie, et mourut trois jours après, dans de vifs sentiments de piété. Le vicaire apostolique do Bréda, M. Van Dongen, dans la maison duquel il était mort, lui Qt rendre les honneurs funèbres, et on l'enterra dans l'église catholique de Rysbergen, à deux milles de Dréda. Des services furent célébrés pour lui à Bréda et a Molines, et on lui érigea dans son église métropolitaine un monument en marbre avec une inscription honorable.
■ Une notice ou éloge nécrologique fut publiée dans le même temps. Nous en avons extrait ce qu'elle contenait do plus intéressant, mais nous avons suivi principalement le docteur Van de Velde,qui a fait des recherches si curieuses sur l'histoire ecclésiastique des Pays-Bas. Les trois volumes de sa Synopsis mon uni en forum nous ont été fort utiles, et nous avons été obligé de nous borner aux faits principaux. Nous avons abrégé surtout la partie des éloges, quoiqu'ils fussent dus a si juste titre a un prélat si pieux, si zélé, si courageux dans ses traverses, si ferme dans sa foi, si prudent dans toute ta conduite. On pourrait dire de lui ce qu'on a dit de Pie VI, que, successivement en butte aux tracasseries d'un prince inquiet et aux persécutions ouvertes des révolutionnaires, il fut toujours un modèle de résignation, de sagesse et de constance. Puissent ces glorieux exemples encourager ceux qui sont placés aujourd'hui à la tete du clergé dans le même pays, et leur inspirer la conduite qu'ils ont a tenir dans des circonstances non moins diflici les 1 »
FRANÇOIS DE APTIS, né è Lodi en Italie, évêque de Florence, créé en 1356, par le Pane Innocent VI, cardinal du titre de Saint-Marc, mourut en 1361.
FRANÇOIS PRIGUANl.dit aussi Uurirotti, archevêquede Pise, créé, eu 1378, parle Pape Urbain VI, ion oncle, prêtre-cardinal du li-
SAIRE FRA 93e
Ire de Saint-Eusèbe, et évêque de Palestine, mourut en 1395.
FRANÇOIS CASTAGNOLA , Napolitain , créé, en 1385. par le Pape Urbain VI, diacre-cardinal, mourut en 1385.
FRANÇOIS DE ROVERK, prêtre-cardinal du titre de Saint-Clément, fut un des deui cardinaux créés par Clément VIII, antipape de U24 h 1429.
FRANÇOIS, Français, évêque de Genêt», fut nommé en 1W0, par l'antipape Félii V, prétre cardinai du titre de Saint-Marcel.
FRANÇOIS SODERINI, Florentin, évêque de Volterra, créé en 1503, par Alexandre VI, prêtre-cardinal du litre de Saiote-Susann*, évê jue de Saintes et d'Ostie, doyen du Sacré Collège, mourut en 1524.
FRANÇOIS SPRATS, Espagnol, évêque de Léon, fait en 1503, par Alexandre VI. prêtre-cardinal du titre de Sainl-Bacche et de Saint-Serge, mourut en 1504.
FRANÇOIS LORIS, Espagnol, évêque d'EIvas, créé, en 1503, par le même Pape Alexandre VI, diacre-cardinal du titre de Sainte Marte-la-Neuve, mourut en 1505.
FRÀNGIPANI (Napoleo*), dit Oasni. Romain, chanoine de Paris, fut fait cardinal, en 1288, par Nicolas IV. Il mourut en 1294.
FRANSONI. — Nous empruntons è ï(J»iter$ du * mai 1856 l'article suivant qui contient les détails les plus intéressants sur le cardinal Fransoni :
« S. E. le cardinal Jacques-Philippe Fransoniest mort dans la matinée du 20 avril. Notre correspondant de Rome nous envoie sur la vie de ce prince de l'Eglise les détails suivants :
■ Quoique son âge avancé et ses infirmités dussent faire prévoir sa fin prochaine, on peut dire néanmoins qu'elle a été plus prompte qu'on ne s'j attendait. Le samedi 12 avril, se trouvant un peu plus fort qne les jours précédeuts, il avait voulu aller 1 Sainte-Agnès hors des murs, pour y f»'rf> une surprise au Saini-Père et lui exprimer, avec ses sentiments de joie, sa reconnaissance pour la faveur qu'il avait accordée le malin aux élèves de la Propagande, en leur distribuant la sainte communion. Dans l<* jours qui ont précédé sa mort, il s'était rendu, selon son ancienne et édifiante coutume, a l'église des Sacramenlines du Quinnal. pour y adorer Noire-Seigneur dans l'eiposi lion perpétuelle qui s y fait delà sainte Eucharistie. Deux ou trois jours d'une innammation de poitrine ont suffi pour éteindre ce reste de vie, dont l'intelligence la plus lucide et la résignation la plus admirable ont éclairé les derniers soupirs. Le 1» au soir,commeon le voyait faiblir sensiblement, on crut qu'il ne passerait pas la nuit; mais le doux vieillard eut comme une prescience de sa dernière, heure, et annonça qu'il verrait encore commencer la journée du lendemain. Toutefois, il fit veuirprès de son lit toutes les personnes de sa maison, leur demanda pardon, se recommanda * leurs prières et leur donna sa bénédiction. C'est lui-même qui, lorsque lo moment lui
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