‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 190 sur 457 · IRA · texte numérisé non relu

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IMirut venu, envoya chercher au Vatican ia bénédiction que le Saint-Père a coutume d'envoyer aux cardinaux mourants; et deux heures avant sa mort, le malin du dimanche, il voulut réciter l'heure de Tierce, afin de remplir jusqu'à la On ce devoir du sacerdoce. Sa fin a donc été semblable à sa vio, c'esl-èdîre tout embaumée de paix, de confiance et de sainteté : sa mort a été la mort d'un prédestiné.

« Né le 10 décembre 1775, d'une famille de Gènes, où l'illustration est moindre encore que la piété, le cardinal Fransoni était enlrédaus le Sacré Collège le 2 oclobre 1826. Appelé aux honneurs de la pourpre nar le Pape Léon XII, si bon appréciateur du mérite, il gouvernait depuis de nombreuses années, en qualité de préfet, l'importante congrégation de la Propagande. Le fardeau était devenu toord pour ses épaules affaiblies par l'âge, oison extrême douceur eût dû peut-être trouver le stimulant de l'énergie; mais ses vertus étaient si hautes, sa boulé si louchante, il commandait tant do respect, tant de confiance, que son gouvernement n'en produisait pas moins de bons fruits et que sa mémoire sera toujours en bénédiction dans cet établissement.

• Plus favorisé des biens de ce monde que e cardinal Bianrhi, dont nous disions naguère la généreuse munificence, le cardinal Fransoni faisait de ses richesses le môme usnge, et laisse les mêmes regrets dans le cœur de beaucoup de pauvres familles qu'il soutenait, et de ses serviteurs dont, après «voir élé le père pendant qu'il vivait, il a voulu être le bienfaiteur et le soutien après sa mort. Ses dispositions testamentaires leur assurent pendant toute leur vie le payement intégral des gages qu'ils recevaient à son service. Si l'on veut retrouver encore ces traditions touchantes et chrétiennes qui finissent les maîtres aux serviteurs et qui font d'une maison entière une seule famille, c'est à home et dans le Sacré Collège qu'il faut les chercher. On ne saurait assez admirer des dispositions devenues si rares de nos jours, et pourtant si nécessaires pour rapprocher les classes qui souffrent de celles qui possèdent, les classes qui servent de celles à qui elles portent leurs services. Si tous les maîtres traitaient ainsi leurs servi- Murs, il nous semble qu'il s'élèverait dnns la société moins do plaintes et moins de rumeurs effrayantes, et qu'une partie du redoutable problème qui s'agite de noire Ct*m|« et qui ébranle si souvent l'édifice social recevrait la solution la plus tranquillisante el la plus chrétienne. > « On eût dit que le bon vieillard prévoyait depuis quelque temps que le terme de sa tougue carrière était enfin arrivé. C'est avec une sorte d'impatience qu'il attendait l'arrivée d'un frère qu'il chérissait et d un neveu qui état pour lui un fils et qui a été son héritier. Sa joie fut grande lorsque ces deux

un exile, »e saint archevêque de Turin, manquait à ce lit de mort et à ce dernier soupir. Heureuse famillo qui a pu donner en même temps à l'Eglise un évêque confesseur de la fdi et un cardinal modèle de toutes les vertus 1 Peut-être ce nom si cherauSaiul-Siégo ne manquera-t-il pas longtemps au Sacré Collège, et le chapeau si dignement poriô pendant un quart de siècle par Mgr Jacques- Philippe Fransoni, passera- t-il sur la tête de Mgr Louis Fransoni, son digne frère et son émule. C'est le voeu que forment bien des cœurs, et, s'il faut en croire le bruit public, c'est un vœu auquel Pie IX désire vivement pouvoir donner satisfaction.

« Celle mort a fait éclater dans toute la ville et sortir de toutes les bouches un concert de louanges et de regrets; chacun parlait des aimables qualités dn cardinal qu'on vient do perdre, de ses vertus, de son commerce si sûr et si bienveillant, do cet air de modestie et de graudeur, de l'humble simplicité unie à tant do noblesse, qui faisaient île sa figure si grave, si recueillie et pourtant si douce, un des plus admirables portraits de Phommo d'Eglise et parfait Chrétien. On rappelait sa piété si tendre pour la sainte Eucharistie, qu'il allait adorer chaque jour, malgré les occupations do sa charge, malgré l'intempérie des saisons, malgré la faiblesse de sa santé, dans ce sanctuaire si cher à tous les amants de Jésus, qui couronne le sommet du Quirinal et orne le voisinage du palais apostolique par l'exposition uon interrompue de la divine hostie. On eût dit que son cœur tout entier étail attaché à ce lieu béni. Ce cœur était aussi singulièrement dévoué à Marie, et ce fut pour lui une grande joie de recevoir du S.iinlPôre,

3uelques mois avant sa mort, la commission e poser la première pierre de la colonne monumentale que la dévotion du monde élève à la gtoirede l'Immaculée Conception, en face du palais de la Propagande , et du haut de laquelle la slatue de la Reine des cieux semble protéger d'une façon spéciale ce berceau de l'apostolat catholique.

« La connaissance de ses dispositions testamentaires a encore augmenté cette réputation si pure, cette mémoire si vénérée. C'est le toslament d'un véritable évêque et d'un prince de l'Eglise. Aucuno main profane ne doit approcher de ses restes mortels, pas même pour les embaumer Ils doivent être revêtus de ses ornemenls les plus riches; et il doit, le bâton pastoral en main, la mitre sur la têleel comme prêt à célébrer poniifioalement, attendre la venue du souverain prêtre et du divin pasteur de I Kglise, Son plus riche anneau, estimé 20,000 frM sera envoyé à Notre-Dame-de-Lorette, et le plus beau de ses rochets donné à l'église des Sacra menti nés du Quirinal. Une somme équivalente, et supérieure même aux honoraires que depuis trois ans seulement l'économat de la Propagande l'avait forcé de recevoir

narents arrivèrent enfin, il y a une quinzaine comme préfet de cette congrégation, est res-

de jours. La Providence lui ménageait cette tituéeà cet établissement, «lin que la réooni-

suprême consolation. Un autre frère, hélas! pense de ses longs services lui vienne de

bicTuns. des Cabdihaux. 30

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Dieu seul cl non pas des hommes; l'archevêque de Turin, son frère bien-aimé, reçoit une pension mensuelle, comme adoucissement à ses peines et aux besoins de l'exil. L'avenir des prêtres et des officiers de sa maison est convenablement assuré par sa munificence, et ses serviteurs toucheront, pendant le reslede leur vie, les mêmes gegps mensuels qu'ils recevaient de son vivant. Ce qui reste en dehors do ses legs, dont l'ira-

Îiorlance absorbe la majeure partie de sa ortune, revient à l'un de ses neveux qu'il fait son héritier; mais de celte fortune patrimoniale, dont il attribue une si large part aux églises , aux pauvros, à ses amis qui ont presque tous un souvenir de lui, il retranche encore une maison acquise pendant l'occupation française è Rome, et qu'il ordonne de rendre & la communauté religieuse qui en fut dépouillée, ne voulant pas laisser à sa famille un bien d'origine ecclésiastique, quelque légitime qu'en fût devenue la possession. Celte expression de sa dernière volonté respire, en un mot, les sentiments les plus dignes d'un prince de l'Eglise, et elle met le sceau le plus pur a cette vie si chrétiennement et si charitablement dépensée.

• C'est à Saint-Laurent in Lucina , litre cardinalice qu'il avait depuis quelques mois comme premier cardinal de l'ordre des prêtres, que ses obsèques ont été célébrées dans Ja matinée du jeudi 2* avril. Le Saint-Père y a assisté avec le Sacré Collège, la prélature et une foule de fidèles. C'était un dernier hommage è cette sainte et douce figure de cardinal, dont la mémoire vivra dans le respect et dans l'affectueuse vénération de toute la Ville éternelle et dans la reconnaissance de tout le clergé soumis à la juridiction de la Propagande. Celte juridiction s'étend sur les trois quarts du globe et elle constitue l'une des charges les plus importantes de l'Eglise catholique. Non-seulement les pays des missions lointaines ol les terres non encore civilisées sont de son ressort; mais la plus grande partie de l'Amérique, l'Angleterre, la Hollande et bien d'autres contrées. »

FRANZONE (jacocks), Génois, nommé, en 1660, par le Pape Alexandre VU, prêtrecardinal du litre de Sainte-Marie in Ara cœli, puis légat de Ferrare, évêque de Camerino, sous-doyen du Sacré Collège, mourut en

FREACV1LLE (Nicolas db), que les Italiens onl appelé, par corruption, Nicolas de Farinuta, descendait d'une ancienne famille de Normandie. Son père, du nom de Caignel, était seigneur de Preauvilie, hameau situé en Normandie, dans le pays de Caux, enlre Dieppe et Neufchâlel.— Nicolas, né vers 1250, entra dans l'ordre de Saint-Dominique, y enseigna la philosophie et la théologie, et, en 1295, fut appelé pour être coniesseur du roi Philippe (a Bel. Enguerrand de Marigny, son parent, ne contribua pas

Ïeu à ce choix, qui attira des ennemis à reauville. Vainement chercua-l-on à ren-

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die sa fidélité suspecte au roi; ses ennemis

forent confondus. Philippe le Bel était alors engagé dans une querelle violente avec le Pape Buniface VIII. Le confesseur du roi, au lieu de prendre comme c'était son devoir, la défense du Souverain Ponlife persécuté, ne s'attacha qu'à justifier la confiance qu'avait en lui le prince, par sa condoile envers Boniface, qui lui ordonna de compa* ratlre dans trois mois devant lui , pour être puni de tes forfait», ou pour se justifier, s'il lui était possible. Non-seulement Freauville n'obéit pas à cette injonction, mais dans les irois mois, c'est-à-dire, le 26 juin 1303, il adhéra à l'appel du roi au concile général. Les Flamands, exaspéré* par la tyrannie de Chêtillon, leur gouverneur, s étaient révoltés et avaient battu les Français àCourtrai; mais, en 1304, Philippe remporta sur eux la victoire décisive deMonsen-Puelle. Le Pape Benott XI ordonna alors à Freauville de se porter médiateur; et celui-ci obtint pour les Flamands une paix honorable. Apres la mort de Boniface VIII et celle de Benoît XI, la lutte entre la cour pontificale et la cour de France avait cessé. Philippe le Bel avait fait élever à la papauté un Français, Bertrand de Got, qui prit le nom de Clément V. Ce Ponlife, dans sa première promotion, créa Freauville cardinal le 15 décembre 1305, et aussitôt employa ce cardinal dans les plus importantes affaires, qu'il termina è l'égale satisfaction du Ponlife et du roi, quoiqu'ils eussent désintérêts fort opposés. Le cardinal joua aussi un rôle dans l'affaire des Templiers, trisle et mystérieuse affaire, restée enveloppée jusqu à nos jours des plus épaisses ténèbres, mais dans laquelle il est certain qu'une grande cruauté fut déployée! 1312]. En 1313, il fut revêtu du caractère de légat pour proposer en France la croisade ; assez de gens prirent la croix de ses mains svecleroiet les princes; mais celle entreprise ne fut pas suivie d'effet. Après sa légation, il assista au conclave où fut élu Jean XXII, qui ne l'estima pas moins que son prédécesseur; i( contribua puissamment à avancer la canonisation de saint Thomas d'Aquin, laquelle fut publiée le 18 juillet 1323, el mourut! Lyon le 14 février 1324. Son corps fut transporté à Rouen, dans la maison de son ordre, a laquelle il avait fait beaucoup de bien de son vivant, et qui se ressentit encore de sa libéralité après sa mort. Dans le xvi* siècle, son tombeau fut brisé par les calvinistes, et ses os dispersés. Il avait écrit des livres rituels, dont s'est servi Cortex dans son traité De cardinalatu. ( Voy. Ecbard, Scriptor+ierdinis Prœdic.)

FRÉDÉRIC-CASIMIR, fils du roi de Pologne, évêque de Cracovie- créé, on 1493, par Alexandre VI, diacre cardinal du titre de Sainle-Lucie, mourut en 1503.

FRÉDÉRIC CORSI, Romain, évêque de Tadi, créé, eu 15V4, par le Pape Paul 111, prêtre cardinal du litre de Saint-Pancrace, puis de Saiule-Prisque, évêque de Crémone , de

Palrslrine, d'Albano et de Porto, mourut on 1565.

FREDOLI (Béuf.ngbr), d'une noble famille de Languedoc, noquit au château de Benne, dans le diocèse de Maguelone<, diocèse qui fait aujourd'hui partie de celui de Montpellier. — Profondément versé dans le droit civil et canonique, chanoine à Béziers d'abord, puis abbé de Saint-Aphrodise, il fut pl.icé en 1298 sur le siège épiscopat de Béziers. Il avait été chapelain du Pape Bouiface VIII, qui, la môme année 129g, l'employa avec Guillaume de Mondagot, archevêque d'Embrun, et Richard de Sienne, vice-chancelier de l'Eglise, à la compilation du VI* livre des Décrélales, dit le Sexte. On y vit une lettre du môme Pontife à Bôrenger Frédoli, qu'il instruit sur la procédure a suivre pour dégrader les clercs. Clément V donna, en 1305, dans sa première promotion, le chapeau de cardinal à cet évéque, dont les talents furent mis a profit dans l'administration des affaires. Son mérite était si bien reconnu qu'après la mort de Clément V, en 1316, il lut un de ceui qu'on mit sur les rangs pour occuper le trône pontifical. Il avait composé une espèce de dictionnaire de droit, tiré de la Somme de. Henri Suse, dit Ostiensit; et il dédia cet ouvrage, intitulé Repertorium juris, h Guillaume de Maudagol, qui lui en avait adressé un portant pour titre : De eiectionibue preelatorwn. Trilhème lui attribue un traité intitulé Ocultti ; un autre : De seitientia excommunicationii , etc. Bérenger Frédoli mourut è Avignon en juin 1323; son corps fut transporté b Béziers, où l'on voyait son mausolée dans l'Eglise cathédrale de Sainl- Nazaire.

FREDOLI (BtaEftGBn), surnommé le Jeune, neveu du précédent, évôque de Béziers en 1309, créé, en 1312, cardinal du titre des saints Néréeet Achillée, mourut en 1323, la môme année que son oncle. Guillaume Frédoli, soo frère, lui succéda au gouvernement de soo église, dans le mémo temps que son autre frère André Frédoli étoit évoque de Maguelnnc.

(Sur les Frédoli, consultez Ciaconius et OnuraiE, in Clémente V et Joanne XXII ;

— Bo*quet, in Clémente V ; — Frizon , Galliapurp.; — Uohrlli, ltalia eacra ; — Saints- Mistbe, GatliaChristiana ; - Aubbbt, Hiet. det eard.; — Catbl, Mémoire» du Languedoc;

— Trjthève, De teriptoribus eeeUiiasticis ;

— Baluzb, Vitœ Puparum Avenicnsium, 1. 1.[

FREGOSE (Paul), de l'illustre famille génoise de ce nom, était frère de Pierre Frégose, qui fut doge de Gènes de ikoQ à li58, et qui, après une lutto longtemps soutenue avec courage contre Alphonse d'Aragon et contre les Adornes , famille rivale de la sienne, se vit obligé de céder la seigneurie de sa patrie au roi de France Charles VIL

— Pierre, qui connaissait l'honneur volage et incoostaute des Génois, conseilla à sou frère d'embrasser l'état ecclésiastique. Jusque-là. Paul avait vécu d'une manière peu

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édifiante; il avait môme un fils naturel, qun les Italiens nommaient Frégotin, c'est-àdire petit Frégose, et qui, dans la suite, épousa une fille naturelle du duc de Milan. Il suivit le conseil de son frère, et s'éleva à l'archevôché de Gènes, que son frère, alors doge, lui fil obtenir en 1452, après la mort de Jacques Impériali. Quand les Français furent maîtres de Gènes, ils ne tinrent aucune de leurs promesses, et mécontentèrent In population. Paul Frégose organisa contre eux une sédition, et parvint à les chasser de la ville. Le 17 juillet 146!, ceux-ci revinrent en force pour reprendre Gènes. Mais l'archevêque se mil à la tôle des habitants, et remporta sur les Français une victoire complète. N'osant pas pour le moment s'emparer de la souveraineté, Paul établit comme doge Louis Frégose, qui avait déjà occupé celte dignité. Louis Frégose, homme sage, équitable et modéré, ne pouvait convenir aux fauteurs de troubles et aux meneurs. L'ambitieux Paul , de son côté, se lassait do sa position secondaire. Le 14- mai de l'année suivante, aidé des sédilieux, il chassa son cousin, et se mit è sa place. Celle violeuco indigna tellement les Génois que, deux semaines après, il se vil conlrninl de renoncer h la dignité qu'il s'était fuit donner, et Louis fut investi pour la troisième fois de la magistrature suprême. Mais Paul n'avait abdiqué que pur politique, et pour attendre une occasion plus favorable. En janvier 1463, il se met à la lôie d'une bande de forcenés, et trouve moyen de se rétablir au pouvoir. Il obtient du Pape Pie II des dispenses pour cumuler les fondions ecclésiastiques avec des fonctions politiques.

En vain le Pontife lui donna-l-il les plus sages conseils pour régler sa conduite, pour gouverner un peuple dont il était doublement le père, et comme archevêque, et comme doge. Le nouveau dogo commença par récompenser ses fauteurs en leur abandonnant la ville comme au pillage, et en tolérant toute licence. Enfin il se rendit telloment insupportable par ses violences de loute nature, que les Génois, d'ailleurs peu constants, travaillèrent è secouer ce joug fâcheux, en appelaut François Sforce, duc de Milan. Quand, l'année suivante, ce prince se présenta avec une armée devant Gênes, les amis du doge furent les promiers à aller se réunir aux Milanais; Paul Frégose fut ainsi réduit à quitter la ville, sans coup férir. En attendant des circonstances , plus favorables, il se fit écumeur de mer sur , une flottille qu'il avait conservée, et exerça ce noble métier pendant lout le temps que dura l'occupation de Gines. par le duc de Milan. Mais l'occupation étrangère avait le privilège d'apaiser la rivalité acharnée des Adornes et des Frégoses, ces chefs opposés du parti populaire. En 1478, ils se réunirent de nouveau pour chasser l'ennemi commua et pour élire doge Prosper Adorne. Les Frégoses ne le laissèrent pas longtemps, et le remplacèrent sur le trône ducal par Baptiste Frégose, neveu de l'archevêque. Ce

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dernier n'était pas resté oisif ni étranger à toutes ces cabales et a ces révolutions. Grâce à l'intermédiaire de son ne?eu, il obtint, en 1480. du Pape Sixte IV, le chapeau de cardinel. L'année suivante, il était envoyé, avec le caractère de légal, sur une armée navale que les Génois, a la demande du Pontife, avaient équipéecontre les Turcs qui avaient pris Olranle, et qui l'abandonnèrent avant l'arrivée des Chrétiens. Après cette expédition, le cardinal Frégose, de retour à Gènes, n'eut rien de plus pressé que de s'occuper è supplanter son parent et son bienfaiteur; et il y parvint. Il était donc doge pour la troisième Ibis. Mais ses tyrannies et ses violences réunirent contre lui tous les partis, et il fut obligé d'abdiquer en 1488. Il fit charger de ses meubles les plus précieux deux vaisseaux dont l'un fit naufrage; et avec l'autre il se retira à Rome, d'où il ne cessa de solliciter los ennemis de sa patrie, pour qu'ils y changeassent le gouvernement; mais il ne jouit pas de cette révolution, qui n'arriva qu en 1499. Il était mort le 2 mars 1498, a Rome, où il fut inhumé dans l'église dis Douze-Apôtres. (V oy. Pie 11, in Comment.; — Foglietta, fclog., et flist gen. ; Guicbardin, I. i et ti, — Onupurb; — Aubert, Hist. des cardinaux.)

FREGOSE (Frédéric), né a Gènes, vers 1 480,étaitfils d'Auguste Frégose et deGentille do Montefeltro, et frère d'Oda vien, doge, puis gouverneur de Gênes. — Il fut élevé auprès de Gui Raldo, duc d'Urbin, son oncle maternel, qui lui fil donner, en 1507, l'archevêché de Salerne, par le Pape Jules II. Le roi d'Espagne, Ferdinand le Catholique, à qui appartenait le royaume de Naplei, ne voulut pas le reconnaître en cette qualité, è cause de rattachement à la France qu'avait montré Frédéric dans tes dernières guerres ; pour le dédommager, Jules 11 le nomma à I évêché de Gubbio, dans l'Etat ecclésiastique La cour d'Urbin était alors lo séjour et le rendez-vous d'un grand nombre de gens de lettres. Frédéric, qui y passa une partie do sa jeunesse, s'y lia avec plusieurs d'entre eux, et particulièrement avec Rembo, depuis cardinal. Quand ii eut quitté cette ville, il ne cessa d'entretenir avec eux une correspondance active. Les troubles de Gènes l'obligèrent, en 1510, a se réfugier à Rome ; il y passa d'heureux moments dans la so-' ciélédeses amisBcinbo et Sadolet. En 1519, son frère Octa vien fut élu doge de Gênes ; il retourna dans cette ville pour aider son frère de ses conseils, dans l'administration des affaires publiques. C'est lui que sa patrie envoya comme ambassadeur auprès de Pape Léon X. Si, auprès de son frère, ii montra des talents administratifs, à la lêlf des armées il déploya un courage et unt résolution qu'on ne devail pas attendre d'un homme d'église et d'un homme d'études.

Corlogoli, corsaire barbaresque tristement célèbre, ravageait avec vingt galères toute la côte de Gênes, près de laquelle il avait uiôuie culové tout récemment dix-huit na-

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