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» août, 1653, in-»'. XVI. Remontrance adressée au roi sur la remise des places marilimes de la France entre les mains des Anglais, 1658, in *°. XVII. Le plus considérable de ses ouvrages sont ses Mémoires qui furent publiés pour la première lois en 1717. En 1731 on les a réimprimés avec ceux de Mine de Nemours, a Amsterdam, » vo!.
in-12; c'est une belle édition. En 1751, il y en a eu une autre, qui ne lui est pas inférieure, en » petits volumes in-12. On y a joint les pièces suivantes : I. Procès-verbal de la conférence faite A Ruel, etc. IL Lettre présentée au Sacré Collège de la part du cardinal de Rets pendant sa prison (elle est en latin). III. Le courrier burlesque de ta guerre de Paris, etc. IV. Sermon de saint Louis, prononcé par M. J.-F.-P. de Gondi, à Paris te jour dudil saint Louis, Vannée 16»8. V. La conjuration de Jean- Louis, comte de Fiesque; ouvrage que de Retz composa n'ayant encore que dix-sept ans. VI. Avis à M. le cardinal Mazarin sur les affaires de M. le cardinal de Retz, Ces Mémoires ont été réimprimés dans la Nouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France de MU. Michaud et Poujoulal, Paris, 1836-37, en 2 livraisons, formant un volume grand in-8' a deux colonnes.
Il no sera pas hors de propos de rapporter ici quelques fragments sur le célèbre cardinal.
« Puis-je oublier celui que je vois partout dans le récit de nos malheurs? Cet homme si fidèle aux particuliers, si redoutable à l'Etat, d'un caractère si haut qu'on ne pouvait ni l'estimer, ni le craindre, ni l'aimer ni le baïr à demi ; ferme génie, que nous avons vu, en ébranlant l'univers, s'attirer une dignité qu'à la fin il voulut quitter comme trop chèrement achetée, ainsi qu'il eut le courage de le reconnaître dans le lieu le plus éminent de la chrétienté et enfin comme peu capable de contenter ses désirs, tant il connut son erreur et le vide des grandeurs humaines I Mais pendant qu'il voulait acquérir ce qu'il devait un jour mépriser, il remua tout par de secrets et puissants ressorts; et, après que tous les partis furent abattus, il sembla encore se soutenir seul, et seul encore menacer le parti victorieux de ses tristes et intrépides regards. La religion s'intéresse dans ses infortunes; la ville royale s'émeut et Rome même menace. Quoi doncl*n'esl-ce pas assez que nous soyons attaqués au dedans et au dehors par toutes les puissances temporelles? Faut-il que la religion se mêle dans nos malheurs et qu'elle semble nous opposer de près et de loin une autorité sacrée ?» (Bossu et, Oraisons funèbres.)
« Paul de Gondi, cardinal de Retz, a beaucoup d'élévation, d'étendue d'esprit, et plus d'ostentation que de vraie grandeur. Il a une mémoire extraordinaire, plus de forco que de politesse dans ses paroles, l'humeur facile.de la docilité et de la faiblesse A souffrir les plaintes et les reproches de sesambj
peu de piété, quelques apparences de religion.
c II paraît ambitieux sans l'être ; la vanité et ceux oui l'ont conduit lui ont fait entreprendre de grandes choses, presque toutes opposées à sa profession; il a suscité les plus grands désordres de l'Etat sans avoir un desseiu formé de s'en prévaloir; et bien loin du se déclarer ennemi du cardinal Mozarin pour occuper sa place, il n'a pensé qu'à lui paraître redoutable et à se flatter de la fausse vanité de lui être opposé. Il a su néanmoins profiter avec habileté des malheurs publics pour se faire cardinal ; il a souffert sa prison avec fermeté et n'a dû sa liberté qu'à sa hardiesse. La paresse l'a soutenu avec gloire durant plusieurs années dans l'obscurité d'une vie errante et cachée. Il a conservé l'archevêché de Paris contre la puissance du cardinal Maznrin ; mais après la mort de ce ministre il s'en est démis sans connaître ce qu'il faisait et sans prendre cette conjoncture pour ménager les intérêts de ses amis et les siens propres; il est entré dans divers conclaves et sa conduite a toujours augmenté sa réputation.
■Sa pente naturelle est l'oisiveté, il travaille néanmoins avec activité dans les affaires qui le pressent, et il se repose avecnonchalence quand elles sont finies. Il a une grande présence d'esprit et sait lelloment tourner à son nvantage les occasions que la fortune lui offre, qu'il semble qu'il les ail prévues et désirées. Il aime à raconter, il veut éblouir indifféremment tous ceux qui ('écoutent par des aventures extraordinaires, et souvent son imagination lui fournit plus que sa mémoire.
« Il est faux dans la plupart de ses qualités, et ce qui a le plus contribué à sa réputation est de savoir donner un beau jour à ses défauts. Il est insensible à la haine et à l'amitié, quelque soin qu'il ait pris de paraître occupé de l'une ou de l'autre. Il est incapable d'envie et d'avarice, soit par vertu, s»il par inapplication. Il a plus emprunté de ses amis qu'un particulier ne pouvait espérer de pouvoir leur rendre. Il a senti de la vanité à trouver tant de crédit et à entreprendre de s'acquitter ; Il n'a point de goût ni de délicatesse; il s'amuse a tout et ne se plall à rien ; il évite avec adresse de laisser pénétrer qu'il n'a qu'une légère connaissance de toutes choses. La retraite qu'il vient de faire est la plus éclatante et la plus fausse action de sa vie; c'est un sacrifice qu'il faitè son orgueil sous prétexte de dévotion ; il quitte la cour où il ne peut s'attacher, et il s'éloigne du monde qui s'éloigne du lui. » (la Rochefoucauld.)
« On a de la peine à comprendre comment un homme qui passa sa vie à cabaler n'eut jamais de véritable objet. 11 aimait l'intrigue pour intriguer : esprit hardi, délié, vaste et un peu romanesque, sachant tirer parti de l'autorité que son état lui donnait sur le peuple, et faisant servir la religion à sa politique; cnerchaul quelquefois à se faire un mérite de ce qu'il ne devait qu'au hozard, cl ajus-
DICTIONNAÎRE GON m
tant souvent après coup les moyens aux événements.
« Il fit la guerre au roi •> mais le personnage de rebelle était ce qui le dallait le plus dans sa rébellion; magnifique, M esprit, turbulent, ayant plus de saillies qun de suite, plus de chimères que de vues, déplacé dans une monarchie et n'ayant pas
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ce qu'il fallait pour être républicain, parca qu'il n'était ni sujet fidèle ni bon citoyen; aussi vain, plus hardi et moins honnête homme que Cicéron , enfin plus d'esprit, moins grand et moins méchant que Catilina.
«Ses Mémoires sont très-agréables a lire; mais conçoit-on qu'un homme ait le courage, ou plutôt la folie, de dire de lui même plus de mal que n'en eût pu dire son plus grand ennemi? Ce qui est étonnant, c'est que ce même homme, sur la fin de sa vie, n'était plus rien de tout cela, et qu'il devint doux, paisible, sans intrigue, et l'autour de tous les honnêtes gens de son temps, comme si toute son ambition d'autrefois n'avait été qu'une débauche d'esprit, et des tours de jeunesse dont on se corrige avant l'âge; ce qui prouve bien qu'en effet il n'y avait en lui aucune passion réelle. Après avoir vécu avec une magnificence extrême, et avoir fait pour plus de quatre millions de dettes, tout fut payé, soit de son vivant, soit après *a mort. » (Le président Hérault.)
On so repose de la turtmJence du cardinal de Retz, en lisant ces quelques lignes d'un autre cardinal, sur l'instituteur du premier :
« A la tête de ces protecteurs de l'humanité souffrante, je vois un homme qui a reçu du ciel le don de Pélocution, et la sensibilité la plus profonde; éloquent à force d'âme et de vertu, fécond en pensées du cœur, H par lè même également sublime et populaire dans ses discours, doué du plus rare courage d'esprit, de la conception des grandes entreprises et de la patience des plus petiis détails, d'une imagination bardie et d on jugement sage, d'une prudence consommé»
pour discerner Pà-propos des moment» opportuns, saisir le point de maturité m»
projets utiles, et s attacher aux établissements durables; enfin d'un zèle ardent et inébranlable, d'un attrait de persuasion qui rallie toutes les opinions à ses sentiment*. et du talent plus heureux encore el plus rare, d'embraser les cœurs du feu divin dont u est consumé lui-même. Cet homme aoime tout, propose les bonoea œuvres, discute les moyens, indique les ressources, écarte les obstacles, correspond a la fois avec le gouvernement, avec les riches , avec les malheureux. Son regard embrasse toutes les provinces; il veille sans cesse pour la patrie; il est présent à loules les calamités; il atteint tous les malheurs par sa bienfaisance ; il transporte tous ses auditeurs au milieu des désastres publics ; il les entraîne dans ce tourbillon de charité qui l'environne, les pénètre de terreur, les fait fondra en larmes, les oppresse do sanKlots, leur Ota