‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 215 sur 457 · GRA · texte numérisé non relu

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manuscrits dont une partie , acquise de ses héritiers. Tait aujourd'hui le fonds le plus riche de la bibliothèque de la ville. Les restes de ce grand homme n'ont point été è

I abri des outrages révolutionnaires. Son tombeau fut violé en 1793; le cercueil de plcmb et la pierre qui le renfermait , ont servi pendant plusieurs annés d'abreuvoir public. >• {Ibid.)

[Voy. Paul Jove, Hitl., 1. xlv; — de Thoo, Httl.t I. lxxxiv ; — Beubu , Episl., I. vi ; — Strada , Dt bello Belgico , dec. 1 , I. u ; — Chifflet, Ilitt. By*unt.; — Ughelli, llalia sacra, De tpitc. Sabin. (Granvelle avait été fait, en 1578, évêque do Sabine) ; — Petra- MELLARtLS, Nomencl. tard. ;— Sander, Elog. Bdg. ; — Saumarth-, Gailia Christ. f t. I ; — G asci, Hitt. ecclétiast. des Pays Bas; — Haveishs, De erectione nov. epiie. in Belgio ; — Roisot, Projet de la vie du cardinal de Granvelle, dans les Mémoires de littérature et d histoire, recueillis par Desmolets , «le l'Oratoire, t. IV, p. 1; Mémoires pour servir à l'histoire du cardinal de Granvelle , par le Bénédictin D. Prosper Levesqle. Ces derniers Mémoires, dit M. Weiss, peu agréa* bles à lire, contiennent beaucoup d'erreurs.)

Granvelle a laissé manuscrits, de précieux Mémoires sur les affaires de son temps, qui sont conservés a la bibliothèque de Besançon ; ils ont été publiés, en 1839 et années suivantes, par les soins du gouvernement français, sous le titre de papiers d'Etat du cardinal de Granvelle.

Voici son éloge par le P. Alby [16V4] :

« Comme l'on ne connaît point d'honneur dans le monde plus solide et plus élevé que celui qui se lire de la fidèle et légitime administration des charges do l'Eglise, aussi n'y a-l-il rien qui rende tant les ecclésiastiques honorables , que de bien user de semblables honneurs quand ils ornent leur ministère par l'honnêteté de leur vie, et en relèvent l'éclat par la splendeur de leurs vertus. Car on voit ensuite les honneurs du siècle les courtiser à l'envi, et toute la pomi>e des lumières qui les environne se recueillir en eux, comme les rayons au corps du soleil. À quoi put servir d'e'iemple, quand tous les autres manqueraient, le cardinal de Granvelle pour s'être rendu autant digne de toutes sortes de glorieux emplois et de charges honorables du siècle, qu'il avait su dignement s'acquitter de celles de l'Eglise.

1 1l était de la ville de Besançon, en Bourgogne, sorti d'une famille remplie d'honneur, dans laquelle il trouva de grands mérites et de belles actions réservées è son imitation. Son bel esprit se Ht voir avec tout ce que l'on pouvait attendre de lui aux premières années qu'il fut appliqué è l'étude des lettres , comme la rose promet en son bouton toutes ses beautés.

II avait l'entendement brillant, net et capable de toutes sortes de lumières et de connaissances, un jugement bien assis, une mémoire fldèfu à retenir tout ce qu'il lisait, et h le réciter de bonne grâce avec l'admiration des écoulants; ce qui lui donna l'a-

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vantage d'apprendre une grande quantité de langues dont il se servait et pouvait parler avec facilité. Car outre sa langue maternelle , qui était la française , il savait dans quelque perfection l'italienne, l'espagnole, la flamande , l'allemande, la grecque «t la latine. Il se montra encore fort curieut d'apprendre les secrets de l'histoire naturelle , les vertus des plantes et des minéraux, l'art spagyrique, la philosophie et lesautres sciences qui sont capables défaire un habile homme, se croyant d'autant moins homme, qu'il était moins savant , et qu'il avait son esprit en éclipse de quelque connaissance.

« Ainsi doué avantageusement de tant de bonnes qualités, il monta comme par degrès des plus basses jusqu'aux plus hautes dignités de l'Eglise, vivant avec tant d'honnêteté et de vertu dans tous les devoirs de sa profession , qu'à l'âge seulement de»îi ans (son mérite extraordinaire le dispensant des lois ordinaires du temps) il fut pourïu de l'évêchô d'Arms, de l'administration duquel il fut tiré à la cour de l'empereur Charles V, qui élail pour lors un flux et reflux de grandes affaires pour le service de l'Etat, et pour les nécessités publiques do l'Eglise. Incontinent que ce nouvel astre se leva et déploya ses clartés en cette grande cour, il attira h soi les yeux et l'admiration de tous les courtisans. La beauté et la majesté de son corps, la vigueur et la poliiesse de son esprit, sa langue gracieuse et diserte, son humeur douce, affanle et communie»tive, lui ouvrirent un large chemin à toutei les faveurs du prince, et à toutes sortes d'emplois qui pouvaient être déférés à on homme de sa perfection. A quoi servit encore le crédit que son père avait lors à \t cour comme conseiller d'Etat , auquel il (ut depuis associé en la plupart de? négocialions qu'il traita, tant pour la paix que pour la guerre, l'accompagnant même au concile de Trente en qualité d'ambassadeur de l'empereur, où il harangua cette grande assemblée, et la remplit de l'admiration de sa grave et vigoureuse éloquence.

« Il n'y eut depuis grande affaire dans'e ressort de l'Empire qui ne fut conûée à la conduite de ses conseils. Il passa ambassadeur devers François l", roi de France, et devers Henri VIII , roi d'Angleterre, pour trailer do la paix. Il se trouva aux expédition* des armées, aux sièges des places, aux diètes, aux assembléesdes Etats; pratiqua des alliances , apaisa des séditions , dompta des mutineries des peuples avec un si glorieoi succès, qu'il semblait qu'il tint à gages le bonheur pour le suivre en toutes ses entreprises. Mais il faut aussi avouer que la loree de son esprit et de sou éloquence, et la sincérité de ses actions et de ses intentions y prirent une grande part , l'évêque d'Arms étant en réputation d'homme sur qui l«s allèchements et les périls de la fortune ne pouvaient rien au préjudice de la raison et de la religion.

«r Ce fut aussi en faveur de la religion qu'il avait partout servie avec une grande

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