‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 241 sur 457 · IN AIRE LAC U · texte numérisé non relu

IN AIRE LAC U

et, en 1824, transféré a l'archevetliéde Reims, devenu vacant, et dont il prit possession le 24 août de la même année. Qiielqnes jours après, le 16 septembre, mourait Louis XVHI, et celui que le prélat avait suivi exilé, éiait roi de France sou» le nom de Charles X; et Charles X allait être sacré par le prêtre fugitif, devenu archevêque de Reims. On se rappelle les magnificences de ce sacre, à la suite duquel l'archevêque fut nommé commandeur de l'ordre du Sainl-Ksprit.*ll ne lai manquait plus que le cardinalat, qui lui fut décerné par le Pape Léon XII danslecoosistoire du 13 mars 1826. Le22avril, le nouveau cardinal prêta le serment accoutumé entre les mains du roi, qui lui remit la barrette avec les cérémonies ordinaires; on peut lire dans les journaux du temps le discours de remerclmcnt du récipiendaire.

Après la mort de Léon XII en 1829, le cardinal de Latil se rendit è Rome pour Hiercer son droit de suffrage; il entra dans le conclave où Pie VIII fut élu le 31 mars. Ce Ponlife lui donna le chapeau avec le cérémonial ordinaire. Retourné dans son diocèse, le cardinal de Latil fut en bulle aux attaques de l'opposition qui voulait uDchan* gement de dynastie. Ou l'accusait d'être un des chefs de ce que, en termes d'argot du libéralisme, on appelait alors la camarilla, le parti prêtre, tandis qu'il était devenu tout à fait étranger à la politique. Il était fort tranquille à Reims, quand parurent les il* taies ordonnances de juillet 18J0, qui précipitaient du Irôno le malheureux Charles X. Le enrdinal de Latil n'hésita pasàquilUf ses honneurs pour le suivre encore une fois dans l'exil. Il l'accompagna en Angleterre, en Ecosse, en Bohême, à Gorii. Après la mort de ce prince, en 1836, il se rendit a Romo. Le climat ne lui paraissait pas favorable, et sa sauté déclinait ; il retourna a Goritz, qu'il quitta dans l'été da 1M9» pour aller prendre les eaux de Saint-Gerrais, en Savoie. Rentré en Freinte, cl tombé malade a Gémenos, petite ville du département des Bouches-dii-Rhône, il y mourut le 1" décembre 1839, dans Us sentiments de la piété la plus édifiante. 11 était dans sa 7^ innée. Son corps, transporté à Reims, j fa' inhumé dans l'églisi; métropolitaine. Au service funèbre, célébré à cette occasion, l'abbé Herblot, grand vicaire, prononça un discours, quia été imprimé.

LAURIA (François-LaubentRrancati de .

né, en 1611, è Lauria, ville de la Basilicate, dans le royaume de N;q»les, est plus connu sous le nom de sa patrie que sous et lui ^e sa famillo. — Entré dans l'ordre des Mineurs conventuels, il devint professeur eu théologie et consulleur du Sainl-Ollice. C'était un des plus éminents théologiens qui aient existé. Nul n'a écrit sur la idéologie avec plus de netteté et d'érudition. Le Pape Clément IX, dont il était intima ami, «lorsque le Ponlife n'était que cardinal, avait résolu de l'élever à la môme dignité. Le P. L*"* ria alla voir le Pape Clémeul IX, apiô> >ou exaltation, mais longtemps après le» autres.

Le Pontife lui en Ht un reproche obligeant ; et le P. Lauria s'excusa sur ce qu'if n'appartenait pas à un paurre religieux omme lui, de se présenter devant Sa Sainteté parroi la foule de ceux qui lui étaient supérieurs sous tous les rapports. Le Pape s'entretint familièrement avec lui, et lui dit en termes obligeants, qu'il ferait tort à leur amitié de ne pas croire qu'il le ferait cardinal; que c'était son intention bien arrêtée, et qu'il la réaliserait. Mais le P. Lauria lui répondit eu napolitain : Snnetistimo Padre, tu non sai ancora cosa e fesser Papa, io ti dico ehe tu non mi forai cardinale. Clément IX, étonné de ces paroles du P. Lauria, lui demanda comment il pouvait assurer si affirmativement qu'il no le ferait pas cardinal, puisquo cela dépendait de lui, Souverain Pontife, qui était bien matlre de le faire. Le P. Lauria lui repartit : Si ti te io dico tu non mi farai cardinale. 11 faut remarquer que les Papes, dans les premières promotions, quand ils ont un neveu, ne font de cardinaux que de concert avec lui, afin qu'il connaisse ceux a la tête desquels il doit être placé. Clément IX avait dressé la liste de ceux qu'il devait faire cardinaux ; et comme dans ces sortes de promotions on admet ordinairement un théologien distingué, il avait rois le P. Lauria sur sa liste, non-seufement comme son ami, mais comme un grand théologien connu par ses ouvrages, et par les emplois qu'il avait eus dans plusieurs congrégations. Mais il n'avait pas encore communiqué celte liste è son neveu qui était internonce en Flandre, au moment de sa création, et qui, après avoir traversé la France pour se rendre à Rome, était tombé malade en Piémont, où le duc de Savoie l'avait entouré des soins les plus affectueux. Enûn le neveu arriva auprès de son oncle qui l'attendait pour faire la promotion des cardinaux, et qui lui en montra la liste. Le neveu les approuva tous, a ( exception du P. Lauria. 11 ûlentendroàson oncle qu'il serait toujours temps de donner à ce Père cette marque d'amitié: qu'il valait mieux, dans la circonstance présente, obliger le duc de Savoie; qu'il s'était comme ungngé à faire donner le chapeau au P. Bona en reconnaissance des soins qui lui avaient été prodigués par le prince dans sa maladie. Le Pape Clément IX, ne voulant désobliger ni son neveu, ni le duc de Savoie, préféra le P. Bona, homme d'un trèsgrand mérite aussi, et digne de la pourpre, au P. Lauria qu'il remit à une autre promotion; mais il compta sans la mort, qui Io prévint. Il était réser'é à Innocent IX de faire cette justice. Ce Pontife créa cardinal le P. Lauria. dans la promotion du 1" septembre 1081. Le cardinal Lauria n'était pas <-n faveur auprès de l'Espagne, quoiqu'il lût né sujet de cette couronne, qui lui donna l'exclusion dans le conclave où fut élu Alexandre VIII. Autrement, il avait de grandes chances de parvenir au ponlilicat. Il avait eu quinze voix dans un des premiers scrulius. Il mourut à Rome le 1" décembre

DlCTIOM*. DES CiRIMMAUX.

, Agé de 83 ans, et fut inhumé au couvent des Saints-Apôtres, dont il était titulaire. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages, dont plusieurs sont restés manuscrits; les suivants ont été imprimés: I. Index atphabeticus rerum et locorum omnium memorabilium ad Annales cardinalis Baronii, 1 vol. in-fr": H. Epitome canonum, conciliorum generalium et provincialium , epistolarum, atcrelalium et conttitutionum Ponlificum utque ad Alexandri VU annum qunrtum, Rome 1659; Venisf, 1673; Cologne, 1685; III. Commentaires sur les quatre livres des Sentences, 8 vol. in-fol.; IV. De oratione christ iana ejusque speciebus in turonum orantiumgratiam, Rome, 1685. in-4*; V. Compendium aicolai de Lyra, VI. Vita harmonice composita juxta quatuor evangelistas ; VII. Un volume in-fol. contenant huit traités sur des sujets différents, et remplis d'une érudition très-variée. Mais le plus célèbre des ouvrages qu'ail composés le cardinal Lauria est son Traité latin de fa prédestination , de la réprobation, et des grâces actuelles : c'est un in-b*, imprimé d'abord a Rome en 1687 ou 1688, et réimprimé à Rouen, en 1705, avec toutes lesap-

Erobattons qui sont dans l'édition de Rome, 'auteur déclare dès sa préface qu'il n'a point d'autres opinions que celtes de saint Augustin, dont il dit que la doctrine a été adoptée et suivie par les Papes, par les conciles, par les Pères, par les anciens théologiens, et par les plus célèbres universités catholiques.

LAVAL DE MONTMORENCY (Louis-Joseph db) né au diocèse d'Angouléme en 17-2%, évôque de Metz, fut fait cardinal en 1789 par Pie VI. Il mourut en 1808.

LE JEUNE (JeauJ, évèque d'Amiens, puis de Térouane, né è Amiens, était fils de Robert Le Jeune, avocat, qui dut son éléva* lion aux services qu'il rendit au duc de Bourgogne, et eut le gouvernement d'Amiens et d'Arras. Jean, son ûls, élevé à la pourpre, en H39, par le Pape Eugène IV, dont il a écrit la vie, se trouva au concile de Florence et à l'élection de Nicolas V , après la mort d'Eugène IV. Envoyé par le même Nicolas, en qualité de légat a Ferrare, le cardinal le Jeune mourut àRouon en H51, de poison, suivant quelques-uns. (Koy. Faison , Galtia purpurata ; — Mohsthelet , Chronique; — Saiwte-Maiitue, GallUi Christiana; — Gazbt, Histoire ecclésiastique des Pays -Bas; — V alèse - André , Biblioth. Bcïg.; — Aubert.)

LEMOINE (Jear), né à Crécy, petite ville voisiue d'Abbeville, célèbre par la bataille de ce nom, sortait d'unu famille obscure, qui n'a point laissé de traces. — Il commença ses études dans son pays, et alla les terminer à Paris, où il fut reçu docteur en théologie. Le Pape Célestin V, qui connaissait ses talents, l'appela h Rome, et l'accueillit avec distinction. Nommé auditeur de Uote et chancelier de l'Eglise, Lemoiue fit un commentaire sur le sixième livre des Décrétâtes, travail qui fut goûté par tous les

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