‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 259 sur 457 · MU · texte numérisé non relu

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vanta à l'avic lo 25 décembre. Sa mémoire «lea vénération dans l'Eglise. On lui attribue les ouvrages suivants: 1. De perfection monarhorutn , II. De vanstatc mttndt ; lil.fr rôtit monustins: IV. Semumw in Enngtiia. Pierre /e Vénérable l'ait un bel ck^e de ses vertus. On peut voir aussi ce au'ci) dit Mini Bernard dans ses lettres et dans son llistoria regalit monasterii Sancli Martini de Campit, hb. m, p. 156 et suiv.

MATTHIEU , créé prêtre-cardinal , du litre do Saint Pierre es liens, par le Pape Honoré 11, en 1125, suivit le parti de l'Antipape Anaclel contre le Pape Innocent II.

MATTHIEU, arcbinrètre de Se in to-Ma rie- Majeure, Tut nommé cardinal, en 1150, par le Pape Eugène 111, qui créa vingt-quatre cardinaux pendant un régne de 8 ans.

MATTHIEU, Français, fui créé, en 1178, prètre-cardinal du litre de Saint-Marcel par Aleiandrelll, Pape de 1159 a 1181, et qui, pmdafii on pontifical de 22 ans, créa cinquante eerdinaui en cinq promotions.

MATTHIEU, chanoine régulier de Seint- Frtdien de Lucques, fut, dans la môme promotion de 1178, nommé, par le Pape Alexandre III , diacre-cardinal du titre de Sainte-Marie la Neuve.

MATTHIEU fut créé, en 1200, diacrecardinal du titre de Saint-Théodore par luuocent Ul, Pape de 1198 à 1216, et qui, pendant jon règne, créa trente et un cardinaux suivant les uns, et quarante-deux suivant les autres. Mort en 1206.

MATTHIEU CaROZMAN , Allemand , évèque de Brixen, créé cardinal en 1350, par le Pane Clément VI qui en nomma vingt huit de 13*2 a 1352, n.-fusa le chapeau, et ne porta point te titre de cardinal.

MATTHIEU DE KROKOV, que des biographes font naître à Cracovie, naquit au '■M trau deKrokov, en Poœérauie. Moréri, dans wn Dictionnaire l'appelle Matthieu de CRACOVIE, et, dons son Tableau des car» dinaux, il l'appelle Matthieu C1ACOMANI.

Sorti île son pays, il alla étudier à Prague, oo tu *?nt (M il enseigna lui-même la théologie avec éclat. Il se rendit ensuite è Paris, puis a Heidelberg, enseignant toujours. Là il -s'attacha à la cour de Robert 111, électeur palatin, qui monta l'an 1*00 sur le trône impérial. Nomme chancelier de l'empire»

en 1405, évèque de Worms, il fut enenvoyé par ce prince à Rome, en quade sou ambassadeur. Grégoire XU, qui jjBeéeia, le créa cardinal-prètre du litre de fteint-Cyriaque dans sa seconde promotion de 1408. Moreri lui attribue : 1. ExporH to m Contient* caniicorum; JnEccletiatlen; M. In D. MattAœi Etangelium; III. in Epiitolam D. Pauii ad Homanos. M. Weis donne *?"» ouvrage précédents, qui sont conservés t«T»« la bibliothèque Pauline de Leipzig, à m autre Matthieu, dit aussi Matthieu de Sracovie, «t il assigne au cardinal les oureges au i vanta ; I. Sermo de emendatione *r>rwtmtt cieri, discours pronoiicéau synode ■*» fTague en 1384; II. Liber de tqnalorc R»man<r , B&le, 1551 ; III. /'• célébra-

tione Meta?, rire ronfiietue rotinnit et couidentité 4e tvmendo vcl nlmtincndo corpore Chritti, Memmingen, l»9», in-4*{ IV. Ra~ tionnle divivorum operum : Dialogue patrie et fil ii de prédestinations, et quod Deus omnia bene fecerit ; Libri vu de cbntraclibus; Epittolœ ad diverses ; Sernwnes et collatisnet. Ton s ces ouvrages , toujours d'après M. Weiss (Mien ali), Biogr.)% sont conservés parmi les manuscrits de la bibliothèque impériale à Vienne.

MAUR, évèqne d'Amelia en Ornhrie, créé, par le Pape Innocent III, un 1206, prôtre-iardinal et légal d'Allemagne, mourut en 1225.

MAURY (Jean Siffbbin) naquit le 26 juin 1746, a Valréas, petite ville du Comt.it- Venaissin, dans les domaines du Saint-Siège par conséquent. — Son père était cordonnier, mais en même temps un de cas artisans du midi è la répartie prompte, à la verve pittoresque et intarissable. L'enfance du jeune Maury annonça en lui l'héritier du ces heureux dons; du moins, une foule d'anecdotes plus ou moins authentique* attestent que dès lors il possédait cette hardiesse, ce bonheur de réparties, qui Je servirent si puissamment plus lard. Il y joignait une prodigieuse mémoire, une vive intelligence, apte à tout comprendre, à tout embrasser. On ne dit pas qu'aucun autre signe particulier de vocation sacerdoiale ait décidé son entrée au petit séminaire de Valréas d'abord, puis au grand séminaire d'Avignon. Seulemeut, au sein de cette société féodale, .qui tout à l'heure allait crouler, mais qui se tenait encore renfermée dans ses préjugés de caste comme dans une forteresse inexpugnable, c'était encore dans l'Eglise que le talent pouvait le plus facilement se faire sa place, et peut-être l'influence de celte situation des choses ne fut-elle pas étrangère à la détermination de Maury. Le coté tout humain, qui semble dominer mé'iie la partie la plus brillante de sa carrière, donnerait au moins lieu de le penser.

Quoi qu'il en soit, h Valréas comme a Avignon, il répondit, par des succès éclatants, aux sacrifices que ses éludes prélevaient sur lu travail paternel ; la rapidité du ses progrès, son érudition précoce, sa sagacité prolande, la supériorité et l'étendue de son intelligence, éveillèrent les plus brillantes espérances dans son cœur, et dans celui du ses parents. Aussi à peine avait-il terminé ses études, qu'il cherchait un théâtre plus favorable à son génie naissant, et saisissait l'occasion d'une éducation particulière pour se rendre à Paris. Il n'avait pas encore atteint aa 20* année. A ce premier voyage so rapporte une anecdote trop singulière pour être parfaitement vraie. Sur le cocho d AuxerreàParis il se serait rencontré avec deui jeunes gens, qui, nés comme lui de parents pauvres, allaient, aussi comme .ni, demander è la capitale gloire et Torlune; l'un se destinait à la médecine, l'autre, au barreau. Pour charmer les uuuua; de .a roule, ou

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causa, on se fit des confidences ; les imaginnlions s'échauffèrent ; on ût nssntit d'espérances et de projets d'avenir. M 'i, s'écria ledccteur endroit, je serai nvocal général. — El moi, dit le disciple d'E<cnlai»e, médecin du roi. — El moi, répartie Maury, je prêcherai h la cour, et je serai évôqu • et académicien. On ajoute même: et cardinal. Le premier des trois voyageurs, nommé Treillnrd, fut en effet député aux états généraux, a la Convention, aux Cinq-cents, enfin ministre ; le second, Portai , devint médecin du roi, et Maury, devant la pourpre future duquel ses -leux interlocuteurs s'étaient découverts, manqua encore moins eux brillantes perspectives de l'horoscope enfanté par ces trois jeunes ambitions.

A peine h Paris, il déploya toutes les ressources de sa jeunesse intrigante pour s'assurer l'avenir qu'il s'était promis. Etudes sérieuses dans le silence du cabinet, fréquentation des salons littéraires et philosophiques do l'époque, concours académiques, chaire chrétienne, il ne négligeait micuti moyen de solliciter la renommée.

L'Eloge funèbre du Dauphin, celui du roi Stanislas, premiers essais d'une plume

encore novice, étaient bientôt suivis de » ^..«Tirn^^i'pneofe lit l'Eloge de Charles V, roi de France, et du q«»e ce WfV^Mff*^ 1 Discours sur les avantages do la paix, qui UH-il en se frappant le front, ne lui obtenaient que les félicitations de Ainsi, du haut de la chaire clirêmnr.e. l'Académie, puis de l'éloge do Fénelon, Maury voyait autre chose que d<'S lai es a auquel la Harpe seul parvenait a ravir la 5a,iver; môme à cette hauteur, son repru palme. En même temps, il recevait les s'abaissait sur la terre pour y c]>ePer ordres a Meaux, où le cardinal de Luynes, g|0-,r„ humaine, un fauteuil académique, émerveillé de ses réponses, le faisait asseoir danger, lui aussi se lais»»

parmi les examinateurs; puis, il obtenait Ql,0i,<f 1 ' k« " s pour lacolene Se monter dans les chaires les plus célèbres aller h de I^^SUnÏÏil ta «*• de la capitale. L'Académie qui'ayail reruar- |£lJî^PÏl,,î,ifi,,?f "ii* ^ £S v*ii* qué son éloge de Fénelon, te désignait pour frages ; \ I voila « «• f 1 j e des terus prononcer devant elle le panégyrique de fv»nP6'£»,^ saint Louis; en 1775, il portail la parole oui huma ne 0.. allé gjjf JJJ m devint l'assemblée du clergé de France, lui 'V nîfi va \ " spérer par m

,,our le panégyrique, de sai m Augustin ; en r *» .M* , qu pouvait Jtt

Maury se jui;e ainsi lui-même dans son Estai sur Véloquence de la chaire ; « Ou ne (ml sanctifier la pnilosophie, > dit-il; • on sécularisa, pour ainsi dire, la religion ; on s'fîforça de traiter philosophiquement leMuj« u chrétiens, et rhrélienneroent les sujets philosophiques, en les ralliant, on én les sn»pendant le mieux qu'on put à l'étendard de la religion, n

« Malheureux que nous étions.» s'écruift-il sur la fin de sa vie, ■ nous en étiow venus an point de ne plus oser prononcer le nom de Noire-Seigneur Jésus-Christ •

« C'est dommage, > disait le roi martyr, au sortir d'un de i es serinons, où la morale, la po'itique, l'économie sociale, l'ailministration avaient usurpé la place des vérités religieuses, « c'est dommage; si l'abbé Maory nous avait parlé un peu de religion, il nous aurait parlé de tout. » Voilà pourquoi ans doute, en 1800, à son retour de MonUfiascone, il livrait au feu de nombreux caheri et sermons, et disait à son neveu, qni a efforça il d'en disputer quelques débris m fl. .urnes : « Ne vois-tu pas que je trahi e pour ma gloire? D'ailleurs, s il v a que^ot chose de bon dans ces sermons, ignores-»

.... . jpttllO i ■-Fjait;, o,

accordé au héros de la chanté la >tatue que Maury réclamait pour lui. « Ce panégyrique,» dit un éditeur de l'£«ai sur l'éloquence de la chaire, • a été lu, relu a Rome, dans des assemblées, où affluaient à l'envi des cardinaux, des prélats, des géoéraux d ordre, entre autres celui de Saint-Lazare, qui s'y rendait accompagné de l'élite aes enfants de

sacerdotal ; certes . ce n esl pas iu« s comme il le reprocho à Bourda loue, <w volonlairemenl sacrifié une p»rue »w*|' cès oratoires aux intérêts de M™*^, lolique: et la est le secrel de sa M»

Son Essai sur l'éloquent de la J plus conaidé.abl« de ses «J^Jj^é.

qu'une libre excursion dans les «JJ^

rendait accompagné de l'élite aes enranls de raires, une «""•^J^ÎÏooium* dd

saint Vincent Je Paul. Aussi plusieurs années "^«Fr* | »" ««?«; Yrluè X et c^J

anrès; le célèbre et savant enrdi, al. Borgia bonheur, plutôt qu un ira m. |e5jlfé

e au- I dans l'habitude de répondre, lors- sur a matière ;.l ^ . '{-««"^^^

qu'on vantait en sa présence quelques pré- du» leurs u«ip 'ffi*™^1^ ,'ra. V*

riiesteurs fameux : Vu bene ços , ma non r, P™**]**™" cet ouvrage eeu«* «»

è cft' un panegyrisla, ed i il mio cardinale, donne lui-même wt ou*",& jestiuért»

loraiort Si sanVincenzo. Pie VI.ce grand el suite de notes,qui n ilaieui pa d* „

pfeux F utile, si justement vénéré par l'E- public, et qu 'une Wiuon pu^

KlSseîvouluienlendrela lecture de ce panégy- aveu, l a seule for^ ^«^JJÙJ^.^

Fiqué, et il l'honora de ses illustres suffrages.* Son neveu deson cOlé prétendquet*

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n'était qu'une pierre d'attente pour un édifice bien autrement majestueux : « Tout était prêt, » dit-il ; ■ déjà même son livre, ébauché a grands traits , était en entier tracé dans sa tête, et le temps seul lui a manqué pour le transcrire, h l'aide de celte mémoire a laquelle rien n'échappait de ce qui une fois avait été confié à sa ganle. J'ai ce dépôt sous les yeux, je lis, et je relis sans cesse ces écrits si chers à mon cœur. Je voudrais rapprocher et réunir ces memlrres épars ; trop heureux s'il m'était donné d'acquitter ainsi la dette de la reconnaissance, et d'offrir au public une production éminemment utile. Mais varns efforts t je ne puis qu'entrevoir la Itimirre, et j'erre inutilement dans ce dédale, où les jalons, plantés de distance en dislance pour guider le vol du génie créateur, ne sont ni assez nombreux, ni assez saillants pour diriger nng pas incertains, en indiquant l'issue qu il «'était préparée d'avance. »

Tons ces travaux, portés sur les ailes d'une ambition intrigante, le conduisaient h la fois à la gloire et à la fortune. Le panégyrique de saint Louis lui avait obtenu l'abbaye de la Frénade, au diocèse de Saintes. Bientôt le célèbre abbé de Bois m ont le choisit pour son collaborateur dans la rédaction des Lettres secrètes sur l étal actuel du clergé ci de la religion en France, et le désigna pour lui succéder au prieuré de Lions, en Pi.ardie, beau bénéfice de 20,000 livres de rente. Il avait espéré sans doute recueillir en«v»re un autre héritage à la morl de son bienfaiteur ; car un jour qu'il questionnait cet académicien malade, sur les plus intimes détails de sa vie, l'abbé du Boismont lui dit en souriant : « L'abbé , vous prenez ma mesure. • Mais il obtint le fauteuil un an avant la mort de l'abbé de Boismont. A celte occasion, il prononça l'éloge de son prédécesseur, Lcfranc de Pomp'guon; mais son discours fut pâle et exagéré, moins toutefois que celui du duc de Nivernais qui lui répondit.

Nous n'avons pas parlé des calomnies qui, a cette époque, cherchèrent dos scandales dans sa vie privée. Par un maintien hardi, des regards immodestes, des propos pou mesurés et une pétulance en quelque sorte io'l:taire, il put prêter quelque vraisemblance à ces odieuses accusations. Mais c'est déjà bien assez pour sa mémoire d'avoir transporté dans un ministère sacré des vues et dus intrigues tout humaines, et de s'être lié, lui, le prêtre et futur champion d'uno religion sainte, avec cette tourbe de beaux esprit» qui la buttaient en brèche avec plus ou moins de pin Osophieet de littérature.

Parvenu au sommet des honneurs littéraires, possesseur d'un riche prieuré, le fila du cordonnier de Valréas traçait des préambules pour les écrits de MM. dcBrienne et de Lamoignon, lorsque sonna pour la France l'heure des tempêtes, ut pour Maury l'heure des grandes luttes et de la gloire. C'était en 1789. Le bailliage de Péronne , où était situé le prieuré de Lions, l'envoya

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député ou ciergé aux étals généraux.

Dans cette mêlée d'abord confuse,

on vit bientôt se dessiner deux camps; l'un nombreux, ardent, exalté par les opinions et les idées nouvelles, appelant sans cesse une ruine après une autre ruine; l'autre essayant d'arrêter enfin le torrent, mais ne pouvant opposer 5 la supériorité du nombre el de la force, que l'intrépidité fie la raison et du bon droit. C'était d'un côté l'attaque, de l'autre la résistance, autant du moins que le comportaient les idées de réforme universellement admises. Il était glorieux , sans doute, dans ces circonstances, de se placer à la tête de la résistance; ta était le vrai; la étaient aussi le danger et la difficulté. Maury sut le comprendre et eut le courage de son rôle. Son regard pénétrant lûi avait montré la vérité, et au-dessus de la vérité cet idéal de gloire qu'il rêvait depuis l'enfance. La vérité soufa n'eût pas snfli peut-être ; mais la vérité et la gloire l'ont séduit; dès lors il ne s'est plus appartenu ; les ardeurs de la lutte l'ont exalté; la contradiction a fait coque la persuasion n'eût pu faire ; il a grandi en courage, il a grandi en talent î il est arrivé presque au génie et à l'héroïsme.

Ainsi quelques années plus tard, les lieutenants de l'Alexandre moderne, séduits au mirage de la gloire et d'un regard du mettre, rivalisèrent presque avec son génie par leur vaillance et leurs exploits. Mais vint le jour où ils se rassasièrent d'une gloire sons trêve et aspirèrent à jouir enfin de leurs lauriers; alors on vit tomber leur énergie, et l'heure où ils désespérèrent do la fortune du grand homme, fui aussi pour beaucoup l'heure de la défection. Telle esl l'infirmité de la gloire humaine à maintenir les âmes è la même élévation : ne nous étonnons donc pas quVIle n'ait pu soutenir Maury au rang où il s'était placé. Lui surtout, un prêtre, un défenseur de la société religieuse el des intérêts les plus sacrés, ne pouvait être à la hauteur de sa mission, qu'à la condition de s'appuyer sur le fondement solide do la fui et de la vertu, et uon sur le sable mouvant des mobiles humains. Mais n'anticipons pas sur les événements.

Après le H juillet, Maury apprenant que son nom était inscrit sur les listes de proscription de la faction d'Orléans, s'était laissé aller à la crainte et avait pris la fuite. Arrêté à Péronne el réclamé par l'assemblée, il était revenu y prendre sa place, en .se disant : ■ Je périrai dans la révolution, ou, eu la combattant, j'obtiendrai le cuapeau de cardinal. » El il tenait parole.

Pompeux et véhément , d'une éloquence toujours prête, d'uno érudition immense, amassée un peu partout, d'une mémoire prodigieuse, qui donnait à ses discours écrits l'éclat de l'improvisation, Maury avait encore , avec une imperturbable confiance en lui-même, l'accent, le geste, la regard, le front hardi de l'orateur. Sa voix magnifique, servie jwir une poitrine d'acier, dominait les orages parlementaires} sou audace, sa pré-

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sonce d'esprit, M constitution athlétique, semblaient défier les clameurs do la salle et las interruptions des tribunes. Le moindre incident lui devenait une arme ; soudain il avait saiai le point capital d'une question, ou le défaut de la cuirasse d*un adversaire» et alors nul ne possédait mieux l'art de prolonger une ironie aaière. « Aussi, » nous dit M. de Lacretelle, « semblait-il plus occupé du plaisir d'humilier ses adversaires, que du désir de les

vaincre. Il n'avait point cet accent de persuasion intime qui, môme dans les discessions sévères, remue les entrailles dis auditeurs. Il brillait hors de propos, et laissait s'écerver sa dialectique par des lieux communs élégamment traités. » D'ailleurs, malheur aux interrupteurs; le bis du cordonnier de Valréns a la répartie prompte et rude quoique passablement gauloise. Mirabeau, lui-même, passé maître en ce genre, ne s'en tira pas toujours à son avantage. < Je vais enfermer l'abbé Maury dans «n cercle vicieux , » disait-il un jour. — « Vous viendre* donc m 'embrasser, » répond l'autre aussitôt , et l'assemblée de rire è la confusion de l'agresseur.

Avec l'impétuosité d'un caractère ainsi armé pour ta lutte, Maury se trouva bientôt

«usa l 'aisedans la tribune quedans la chaire. h» la première fois qu'il l'entendit, Mirabeau reconnut un rival, et te crut obligé d'entrer en lice. Dès lors , ce fut un duel d'éloquence entre ces deux hommes, dont l'un, le-pai ricien, démolissait avec rage celte hiérarchie sociale, tout cet édifice religieux et politique, dont ses désordres l'avaient banni} dont l'autre, le plébéien, qui avait trouvé asile et gloire au sein de l'Eglise et des castes privilégiées, opposait iutrépideses efforts isolés è l'impétuosité du

torrent. Longtemps les juges du camp s en sont tenus a fa parole superbe de Mirabeau : « Quand l'abbé Maury a raison, je le bals; quand il a tort, nous nous battons. »

Maia maintenant que lu prestige de la victoire et des passions qui la donnaient éblouit moins les regards, maintenant que la postérité peut juger, pièces en main, ces étonnantes improvisations retrouvées par la prodigieuse mémoire de Maury, n'y auraitil pas lieu de revenir jusqu'à un certain point sur ce jugement T Au reste, I admettrait-on à la lettre, qu'il faudrait encore combler en partie la distanco que l'on semble mettre entre les deux rivaux. Car, au moins dort-on avouer, que, si Mirabeau sait soulever plus profondément toutes ces passions dont il avait emprunté les idées, la fougue et le langage, Maury eut presque toujours raison contre son noble et éloquent antagoniste. C'est lui qui exprima les rtées les plus justes, celles qui ont prévalu depuis, sur le droit de paix et de guerre, sur le droit des gens, l'inamovibilité de la mngist: attire, la souveraineté du peuple, les rapports des deux puissances, etc. C'est lui qui annonça avec une prévoyance prophétique que les novateurs tourneraient un jour contre la propriété en général, les arguments

employés contre la propriété ecclésiastique; lui, qui prophétisa la banqueroute des assignats, en jetant sur la tribune par on beau mouvement oratoire, deul billets de la banque de La*, cet papiers désastreux, disaitil , encore couverts des larmes et âu lony dt nos pères, semblables à des batins platéti iur des écueils, pour nous avertir d'un grand naufrage, ou nous en écarter. Les Mirabeau, dit-on, avaient voulu acheter 100,000 écus son silence sur les assignats, les Qnances, la pouvoir exécutif, lui laissaut la liberté da défendre le clergé; il repoussa énergiquemenl leurs offres, et resta constamment sur la brèche. Pendant deux ans, point de grands question qui ne le vit paraître à la tribune et toujours avec la même facilité et la même audace d'éloquence. Tous les jours repoussé, tous les jours sous les armes, nous dit Harmonie!, son ami, sans que la certitude d'être vaincu, le danger d être lapidé, les clameurs, les outrages d'une population effrénée, l'eussent jamais ébranlé, ni lassé, il souriait aux menaces du peuple, il répondait par un mot plaisant ou énergique aux invectives des tribunes et revenait a ses adversaires arec un sang-froid Imperturbable. L'ordre de ses discours, faits presque tous à ^'improviste, et qui duraient des heures entières, l'enchaînement de ses idées, la clarté de ses raisonnements, surtout son expression, juste, correcte, harmonieuse et toujours assurée, sans la moindre hésitation, rendaient comme impossible de se persuader que son éloquence ne fût pas préméditée, et, cependant, la promptitude avec laquelle il s'élançait à la tribune et saisissait l occasion de parler, forçait de croire qu'il parlait d'abondance. J'ai moi - même, plus d'une fois, été témoin qu'il dictait le lendemain ce qu'il avait prononcé la veille, en se plaignant que, dans ses souvenirs, sa tV

f;ueur était affaiblie, et sa chaleur éteinte. 1 n'y a, disait-il, que le feu et la verve de la tribune, qui puissent nous rendre éloquents.

Tantôt survenant a l'improvisle au milieu d'une discussion, comme dans l'affaire des chapitres de Strasbourg, il s'informait a l» hâte de la cause du tumulte, et s'élançait à la tribune, sans avoir pris seulement quelques instants pour réfléchir; tantôt bravant les égorgeurs arrivés d'Avignon, pour réclamer l'annexion du Conital-Venaissin :

Sous peine de mon , s'écria it-il , l'argument est en forme, et f avoue que la liberté de nos délibérations ne saurait être mieux constatés, et il pariait de In pour stigmatiser avec une égale énergie, et les pétitionnaires armés de piques, et les sophistes apologistes de la spoliation; tantôt il provoquait M i r beau à un duel de tribune, et, au jour donné, son regard, ses défis triomphants cherchaient eu vain son rival dons l'arène. On sonnait les deux magnifiques morceaux, que lui inspirèrent, dans le mêuie discours, une attaque contre Henri IV, et la présence de l'arubassadeur anglais aux séances. Mais où nous l'aimons mieux peut-Cire, c'est dansladis-

ruwon sur la constitution jcivile du clergé. Là, comme impressionné par le grandeur du sujet et I* gravité des circonstances, son langage devient plus imposent et plus solennel: « La solennité de cette discussion, » dit-il, « nous place devant vous dans une situation d'aatant plus périlleuse, qu'à l'infériorité ordinaire du nombre, ce combat vient encore ajouter l'inégalité particulière des arme*. Nos adversaires nous attaquent avec des principes philosophiques ; et ils nous invitent à leur opposer les moyens que la théologie nous fournil. Hélas 1 Messieurs, cette science divine aurait dû être toujours étrangère, sans doote, à celte tribune ; mais puisqu'elle y est interrogée aujourd'hui , vous pardonnerez du moins à la nécessité qui nous obligera 'de vous parler son langage. • Et il part de là pour leur prouver par l'histoire, les conciles, les canons, etc -, qu'ils ont excédé leur pouvoir. 11 ajoute qu'ils ont signalé leur incompétence, en préjugeant une question, celle du remaniement des évêcbés, dont la décision appartenait de droit au chef de l'Eglise , et en s'éloigna nt de la manière la plus choquante, de la marche généralement suivie en pareil cas. Les raisonnements par lesquels Maury établit cette proposition, sont claire et sans réplique, mais on veut y répondre par dos cm.

« Pardonnez, Messieurs,* s'écrie t-il, c si ma raison ne fléchit pas devant la logique des monmires. Je n'entends pas la langue que voos me parlez en tumulte, lorsque vous u 'articulez aucun mot. C'est ainsi qu'on arrête un opinant, je le sais bien; ce n'est pas ainsi qu'on le réfute. Si vous voulez me répondre, voici les assertions que je vous somme de combattre : vous n'êtes point un corps constituant. Si vous prétendez l'être, vous n'êtes plus un corps constitué. Si vous Tétiez, en effet, votre mission se bornerait à décréter une constitution, sans vous autoriser à exercer un pouvoir politique , sous peine de vous dénoncer aussitôt vous-mêmes à la nation, comme une assemblée de tyrans. (Nouveaux et pins violents murmures.) Je vous avertis que la conséquence naturelle de vos bruyantes et Indécentes clameurs, c'est que vous êtes réduits à la nécessité de nftnterrompre continuellement , parce qne vous sentez l'impossibilité de me répondre.

« Votre comité ecclésiastique, » dit plus loin l'orateur, « ne cesse pourtant d'exciter la fermentation la plus dangereuse dans toutes les parties de l'empire, en correspondant, sans mission, avec les bénéficier*, avec le corps ecclésiastique, avec la municipalité, avec les départements. C'est lui qui ose leur transmettre des ordres que vous n'avez pas le droit de donner. C'est lui qui, par l'organe d'un chef de bureau, qu'il appelle fastueuse m eut son président, a écrit au corps législatif : osez tout contre le clergé, vous serez

Attendez donc que l'accusation soit entière; car je n'ai pas encore tout dit, et il faut tout dire aujourd'hui, pour n'y plus revenir. Je veut tirer enûn de vous la justice que me promet l'opinion publique, en révélant à cette assemblée l'esprit dont vous êtes animés. C'est votre comité ecclésiastique, Messieurs, qui a usurpé le pouvoir exécutif, et qui s'est faii modestement roi de France, en préjugeant à son profil !a vacance du trône, pour toute In partie des décrets qui nous concernent. C'est lui qui a écrit dans toutes nos provinces des lettres aussi fastueuses que barbares, dans lesquelles, manquant aux lois les plus communes de la décence, il a adopté les formules les plus hautaines des chancelleries allemandes. C'esl lui qui s'est érigé en mandataire de l'assemblée nationale, et qui s'est chargé de faire exécuter vos décrets sans vos ordres; qui a prévenu la réponse du Saint-Siège, que vous semhliez attendre avec tant de modération ; lui qui a provoqué les persécutions et les soulèvements populaires nui vous sont dénoncés ; lui qui s'est emparé de toutes les autorités, qui a aggravé la rigueur de vos décrets, en enjoignant aux municipalités de fermer les églises des chapitres, d'interdire aux chanoines l'habit cauonique, l'entrée du chœur, et les fonctions de la prière publique I qu'il parle donc maintenant, ce comité, et qu'il nous dise en vertu de quel droit il a donné de pareils ordres : qu'il nous dise quel est le décret qui l'a institué pouvoir exécutif, et qui l'a autorisé a renouveler les horreurs des Huns, des Visigotbs et des Vandales, ei condamnant à la solitude d'un vaste désert, ces sanctuaires d'où les lévites sont bannis comme des criminels d'Btat, et autour desquels les peuples consternés viennent observer, avec une religieuse terreur, les ravages qui attestent votre terrible puissance, connue ou va voir, après un orage, les débris d'une enceinte abandonnée, qui vieut d'être frappée de la foudre.

« Je bénirai à jamais. Messieurs, le jour où il m'a été enfin permis de soulager mon Ame do poids d'une ei accablante douleur, en vous dénonçant ces entreprises, ces abus d'autorité, excès de rigueur ajoutés à taut d'autres rigueurs, ce luxe de persécution

2ui a dicté ces paroles sur lesquelles la huino liguée de la multitude de ses victimes, et après avoir épui>é toutes les vengeances, semble euoore implorer au loin contre nous de nouveaux oppresseurs, en promettant impunité et protection à tous ses complices : etc* t9ut comité le clergé, vous «ares soutenus. 9

Ici se trouve le morceau le plus remarquable peut-être qui oit jamais illustré les dHcuasions de la tribune. Ce n'est plus un orateur qui harangue; c'est uu athlète qui, s 'étant élancé au milieu l'ardue, plein de confiance en ses forces, appelle hautement celui

soutenus. (Cris et tumulte.) Vous avez beau qni naguère le détiait. La lui le est engagée;

m'iuler rompre, vous ne perdrez pas un mot tous les reg;mts hvnt tixés sur 4e* deux coiu-

de ma censure. Vous demandez à répondre, battants.

vous avez en effet besoin d'une apologie. • Il me semble dans ce moment, Mc*-

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