‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 266 sur 457 · M MGR DICTI · texte numérisé non relu

M MGR DICTI

1839, el sacré le 3 août de la môme anné \ Il (ut évôque ce qu'il avail élé dans les degrés successifs de la hiérarchie, un modèle des vertus ecclésiastiques. Ses visites pastorales se faisaient de la manière la plus exacte et la plus complète, rien n'échappait à sa vigilanct pastorale.

Pendaiil les courtes années qu'il administra le diocèse, il établit l'admirable association de la Propagation de la foi, en 1840, et la société si utile de Saint-François-Régis. Il enrichit sa cathédrale de tableaux et dx>rnemenls, sans co upler deux belles cloches dont il fil l'acquisition. Nous n'avons pas besoin de rappeler des œuvres sublimes de charité et de bienfaisance : on n'ignore pat tout ce que son cœur lui inspire.

Nommé è l'archevêché de Tours en 1842, il s'y concilia tous les suffrages , et c'est aux acclamations de la France entière, qu'il lut promu au cardinalat en 1833. Après la mort si lamentable de Mgr Sibour, une dépêche télégraphique vint offrir l'archevêché de Paris au pieux cardinal , qui étail'en ce moment à Rome pour une mission particulière. Nous savons qu'il opposa de vives résistances, el qu'il fallut un désir formellement exprimé par le Souverain-Pontife, pour vaincre une répugnance dont il présenta encore les motifs au moment do son retour à Paris.

Après avoir publié pour sa prise de possession , un Mandement admirable d'onction, de touchante simplicité, du tendresse paslorale et de charité, Mgr Morlol fut installé en présence d'une foule innombrable, le samedi 18 avril 1857.

On doit remercier la Providence du choix 'qu'elle a fait de ce vertueux prélat pour un siège aussi important. La rare prudence, ia charité sans bornes , l'activité infatigable et toutes tes vertus du saint cordioal, rendrait son épiscopat, sans doute, un des plus utiles et des plus glorieux à l'Eglise de Paris.

MOKONE (Jkab), né à Milan, était fils de Jérôme Morone, chancelier des derniers ducs de Milan, el l'un des plus habiles négociateurs de son temps. — Ce chancelier accompagnait le connétable de Bourbon, quand celui-ci fut tué sous les murs de Rome, cl il fut un des principaux médiateurs du traité qui rendit a la liberté le Pape Clément VII, le 31 octobre 1527. En récompense de ce service, le Pontife nomma Jean Morone à l'évêchéde Modène. En 1512, Paul III envoya cet évêquo nonce en Allemagne. Morone s'acquitta si bien de la mission qu'il avait reçue, que Ferdinand, roi des Romains, depuis empereur après Chartes V, son frère, et les autres princes, tant ecclésiastiques que séculiers, qui se trouvaient h la diète, souscrivirent à la convocation du concile. Morone fut récompensé par un chapeau de cardinal en juin de la même année 1542, nommé légat à Bologne et président au concile général indiqué è Trente. Jules III l'envoyas une diète, de l'empire, convoquée è Augsbourg. Paul IV, élu le 23 mai de ia même année, fit arrêter le cardinal Morone qui faisait partie du con-

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clave auquel ce Pontife devait la tiare. Mais Pie IV lui rendit une éclalante justice; il l'envoya même, en qualité de légat, pour présider au concile de Trente, qui fut heureusement terminé le vendredi 3 décembre 1563. Ainsi ce cardinal eut la gloire de présider à l'ouverture el à la clôture du dernier concile général, de co cé'èpro concile, qui dura plusde dix-huit ans. Après la mort de Pie IV, saint Charles donna sa voix au cardinal Morone, qu'il jugeait digue de la tiare, et qui déjà avait eu vingt-huit voix dans un précédent conclave. Djiis toutes les occasions, le cardinal Morone remplit exemplairement tous les devoirs d'un bon prélat, el prit un soin particulier de son dior.èse de Modène. Il couronna par une pieuse mort les actions de sa glorieuse vie. Envoyé, en qualité de légat, par Grégoire XIII, à Gènes, puis en Allemagne, il mourut, après son retour, a Rome le premier décembre 1580, dans la 72' année de son âge. Son corps fut inhumé dans le chœur de l'église, dite la Minerve. Ses neveux, Jérôme, comte de Pont-Coron, et Horace Morone, évêque de Sulri, lui firent élever un tombeau, avec une épilaphe, qu'on voit dans la même église*

MOROSINI (Pierre), l'un des plus habiles jurisconsultes de son temps, travailla avec succès h la compilation du sixième volume des Décrétâtes ; il a laissé d'autres ouvrages de droit, qu'on trouve manuscrits dans les bibliothèques. — Fait cardinal, en 1408, par le Pape Grégoire XII, il se trouva depuis au concile de Constance, el fut envoyé par Martin V, en qualité de légat, dans le royaume de Naples, où il couronna la reine Jeanne 11. Ce cardinal, employé utilement dans l'aulres circonstances, mourut h Gallicano, château dans le diorèse de Palestrine. le 11 août 1424. Son corps, transporté a Rome, fut inhumé dans l'église de Sainte-Mai W»

MOROSINI (Jean-François), né, en 1537, de l'illustre famille vénitienne de ce nom, suivit d'abord la carrière diplomatique. — Après avoir été ambassadeur de la république en Savoie, en Pologne, en Espagne, en France, il fut envoyé pour remplir les mômes fonctions auprès du sultan À mural III, à Constants nople, où il fil paraître une grande fermeté. Des Vénitiens ayant Iraité cruellement quelques Turcs a Corfou, le grand seigneur résolut de les venger. Le grand visic menaça même Morosini de lui faire couper la tête. Celui-ci répondit vigoureusement, et l'en défia, ajoutant que sa patrie saurait bien en tirer vengeance. Néanmoins, il mit tout en œuyre pour calmer le sultan, el il j réussit, en promettant que le podestat, qui avait loléré l'outrage dont on se plaignait, serait puni. Morosini, de retour a Venis»*, ' se fit prêtre, et fut pourvu de l'évêcbé de Brescia. Sixte V, voulant utiliser un homme de ce mérite et de ce caractère, l'envoya, avec le litre de nonce, en France, et, pendant sa nonciature, le créa cardinal, en 1588. par une promotion spéciale : le même jour

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