‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 270 sur 457 · NOB · texte numérisé non relu

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et de iervcur les devoirs d'un bon ecclésiastique, qull devint l'exemple du Sacré Col* lége. Le Pape Paul IV disait que le cardinal NobiL était, ou un esprit sans corps, ou un ange incarné. Il mourut le 15 févrierli559, âgé de 18 ans. Content de l'abbaye de Spire! e, il ne voulut jamais d'autre bénéfice. Quoique mort si jeune, il avait fait plusieurs panégyriques de Snints, dont on a In recueil, et un petit traité De gloria emtetti.

Voici son éloge historique par le P. Alby 11644J.

« Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'on a remarqué, que comme les plus belles fleurs des parterres sont le plus tôt passées ; que les lis n'ont qu'un jour, les roses qu'un malin ; et que plusieurs même gèlent en bouton : aussi les plus grands hommes que les siècles portent, meurent souvent jeunes, et en la plus verte vigueur de leurs jours. Ce qui peut arriver de ce que comme une grosso mèche use plutôt le flambeau, la grandeur de leur esprit aceable leur corps : ou que Dieu même, de ces belles roses dont le public s'était promis de faire des bouquets, et des couronnes d'ornement pour sa gloire,

1>rend plaisir d'en faire une conserve pour 'immortalité.

« Ce fut aussi le sujet du discours et des regrets que le monde fil sur la courte vie du cardinal Robert de Hobili, un qui la nature et la grâce semblaient avoir caché des trésors de belles espérances ; voyant tant d'excellentes qualités, tant de vertus et d'espérances consommées en un âge si florissant, no laisser rien au public qui los avait admirées au point de leur beauté, que le regret de les avoir perdues ; et on jeuue homme, qui méritait Yivre des siècles, être sitôt enlevé d'entre les hommes, après une montre de vertus si avantageuse h l'Eglise, si illustre, et si précieuse pour l'exemple du monde chrétien.

t La naissance et l'extraction qu'il tenait d'un cavalier de mérite de la ville de Moulnulcian, et d'uue nièce du Pape Jules III, lors séant a Rome, le mirent bienlôt en possession de tout ce que It nature peut donner, et la fortune promettre de grand a ceux de sa condition. Car il fut fait cardinal en l'Age seulement de 13 ans, auquel un nombre de belles vertus, quoique tendres, parlaient si avantageusement pour lui, qu'elles imposèrent silence à l'envie, et convertirent tous les murmures en publiques acclamations pour une élection en laquolle le mérite avait prévenu et vaincu la faveur.

a Les qualités acquises qu'il ajouta aux dons de la nature, parurent dans son premier Age avec une telle pompo de lumières qu'il n y eut personne qui ne se promit un grand jour d'une aube m belle et si riante aux yeux de tout le monde. Il était beau comme un ange, d'une taille haute au-dessus des communes, d'un aspect ravissant , et d'un maintien composé d'une majesté gratieuso , d'autant plus aimable qu elle était plus naïve, et presque inimitable a tous les w lilices : et comme les grâces de son corps

donnaient un grand lustre à celles qui étaient répandues dans son âme ; et qui se produi. saientdans ses mœurs; aussi, par un juste retour, ses vertus rehaussent grandement toutes les autres belles parties qui étaient en lui.

« Ses premiers instincts le rendirent si familier a?ec la vertu, et si ployable aux mouvements de la dévotion , qu'il semblait ' qu'il en fût imbu de nature? Il avait, tout petit qu'il était, bâti et orné des autels, devant lesquels il faisait ses menues dévotions, et pratiquait force cérémouies de sa façon, avec le chant, la lumière et l'encens. Et comme sa piété n'avait pas suivi la mesure du temps ; son savoir aussi, et ses connaissances acquises avancèrent tellement sur le terme commun des esprits, qu'il fit voir des fruits excellents dans la première saison des fleurs. En l'âge seulement de dit ans il apprit en quelque perfection lalanguo latine et la grecque, et se trouva capable de prononcer une harangue latino de sa composition devant le Pape Jules, et les cardinaux qui la trouvèrent si forte de raisonnement dans une bouche si teudre et si élevée de pensées dans un âge si bas qu'ils crurent donner moins à la flatterie qu'à la vérité, de la louer magnifiquement, et d'un essai d'esprit qui surpassaii les efforts ordinaires ne se promettre rien moiusque des miracles.

o Et pour le reste des habitudes morales qui perfectionnent la volonté et achèvent l'homme, il semblait qu'il eût refu gratuitement, ce qui est le prix commun des travaux et de l'usage de la vie. La prudence même qui est des derniers fruits de l'âge, su recueillit si mûr aux premières actions qui le montrèrent au public, que le Pape qui avait de grandes affections pour lui, n'eut point à craindre de reproches d'avoir suivi son inclination en l'ornant de la pourpre, dont tout le monde le jugeait digne. On ouït le grand cardinal Polus, le nommer l'honneur naissant du Sacré Collège, et comme l'aube de la gloire et plusieurs autres publier hautement, qu'il fallait une telle vertu pour relever l'éclat et la beauté de la pourpre romaine.

« L'élévation pourtant de sa fortune ne lui haussa point le cœur ; il en parut plus humble et plus modéré ; et la couleur de la vertu qui lui couvrit dès lors exlraordinairement la visage, sembla faire honte à celle dosa robe. Mais s'il méprisa les vains bonneursquesa nouvelle dignité lui avait apportés, il rechercha la gloire sohded'êtreparlaiteinenl reconnaissant envers Dieu, et d'honorer de tout sou pouvoir sa dignité par ses vertus.

■ Or entre celles qui faisaient sut) train plus bonnorable, l'angéliquo pureté de ses mœurs, sa piété, son innocence, sa sobriété, sa douceur, sa simplicité éloignée d'ostentation se reudaient si visibles aux yeux d'un chacun, qu'il servait de loi et de censure à toute la cour de Rome. Il s'appliquait avec quelquo ardeur pour contenter le désir de son père , à apprendre les secrets de la philosophie : mais son étude plus chère était des saintes lettres, et des traités qui instruisaient a la conduite de la vie dévote ; comme

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tpn soin plus sérieux était d'exprimer en ses mœurs, ce qu'il avait lu dans les I ivres.

m Pareillement,, et quoi qu'il fat extrême* ment ennemi de cette pompeuse imitation de piété, qui ne cherche queues spectateurs, et qui se produit tout à la montre, sachant bien néanmoins que dans l'éminence de sa dignité l'édification du public faisait une partio do ses devoirs, et qu'il était obligé, selon sa condition, de donner quelque chose aux jeux du mondo, et de n'être pas seulement bon devant Dieu, mais aussi devant les hommes; il visitait souvent les lieux que la dévotion, ou la charité rendaient recommandâmes, et assistait avec respect et attention aux Offices divins, et à tous les autres exercices de piété, tendant ordinairement de sa pourpre le pied des autels aux prières publiques. Et le voyait-on principalement aux jours que la licence oisive du peuplo a dédiés aux spectacles , et aux passelemps, Taire le tour des églises qui sont hors des murailles de Rome, accompagné d'une troupe choisie de personnes dévotes et de jeuues ecclésiastiques qu'il avait gagnés à vivre de sa façon , descendre dans les grottes des martyrs, et aux lieux commodes et plus retirés monter en chaire, et discourir des louanges des saints, le visage coloré de l'ardeur d'un séraphin et avec des paroles qui sortaient de sa bouche toutes teintes de I affection de son cœur.

• Il semblait, certes, qu'il voulait allonger par artifice une vie que les dispositions de sa nature lui avait promise fort courte : car épargnant avec soin toutes les heures qu'ont accoutumé d'emporter les occupations vaines, et les superflues, il partageait tout son temps à la méditation et aux actions de la vertu, ne prenant de relâche qu'autant que la seule nécessité en exigeait de lui. Et comme il se semait obligé d'instruire non moins de parole que d'exemple sa famille, il l'assemblait souvent dans la chapelle de ton palais pour lfexhorter aux devoirs de la vertu chrétienne, quoique l'exhortation la plus puissante sortit de la bouche de ses vertus qui parlaient toujours à sa famille et à tout le monde.

« Comme il était extrêmement humble de cœur, et fort éloigné des sentiments de vanité qui ont coutume de naître avec les grandes fortunes , il méprisa fort tout ce vain attirail de luxe qui pare les palais des grands, voulant que la simplicité fût la livrée de son train, et l'ornement de son logis : voire il ne voulut jamais souffrir qu'on mit ni armoiries, ni devises, selon la coutume des autres cardinaux, aux tapisseries, aux couvertures, à la vaisselle, et aux autres meubles de sou servie», ou sur les portes de sa maison; ni qu'on tirât jamais son portrait en quelque façon que ce fût ; jugeant être chose indigne de faire parafe de l'image du corps dont les traits so défont et les couleurs meurent avec le temps; et d'avoir si peu de soiu de polir celle de l'âme, dont les ans ne verront jamais les beautés passées, ni les traits gâtés.

DINAUX. NOB HT*

« Il était si éloigné de caresser son corps, qu'il semblait qu'il eût juré d'en ruiner la santé et les forces, le flétrissant avec les jeunes et les longues abstinences, l'outrageant avec les cilices et les disciplines, cl le consommant dans les veilles laborieuses,

3u'il n'interrompait que d'un court, et bien ur repos qu'il prenait sur le pavé de sa chambre, couvert d'un lodier ou d'un ais, ou pour le plus d'un simple matelas; d'où il se levait tous les jours comme un phénix de son nid, pour recevoir dans son sein, le* rayons du ciel, et les pures ardeurs qui brûlaient sa chaste poitrine.

« Hais ce fut principalement lorsqu'il vaqua aux exercices spirituels de saint Ignace, que ces divines flammes s'éprirent plus vivement en son cœur; auquel temps il forma le dessein de faire une entière retraite du monde, et d'appendre sa pourpre qui lui pesait sur les épaules, aux branches de la croix. De quoi ayant communiqué avec son confesseur, homme prudent, et avec les supérieurs de la Compagnie, où il demandait d'être reçu. Après plusieurs pressantes sollicitations, et les prières les plus soomises que ses dévotes volontés lui suggéraient, il acquiesça enfin pour beaucoup de considérations avec lesquelles on satisfit son esprit, de se tenir dans l'étal et la condition, en laquello la providence de Dieu l'avait mis, où la réputation de sa dignité devait rendre sa vertu plus utile et plus agissante, cl le A fond de sa pourpre hausser l'éclat de ses exemples.

« Il ne laissa pas pourtant de faire un renoncement aussi parfait du monde que s'il l'eut (oui à fait quitté, honorant sa profession par le mérite de toutes les vertus religieuses, auxquelles il tâcha depuis de former ses mœurs selon les règles et l'institut de la Compagnie , pour laquelle il conserva jusqu'à la mort de tendres affections, et laquelle il voulut de son vivant établir à Montpulcian, ville de sa naissance, ayant donné sa propre maison pour servir aux fonctions d un collège. Il lâcha même après la mort de son oncle, le Pape Jules, de se défaire de tous les bénéfices qu'il lui avait donnés, lesquels il remit entre les mains du Papa Paul IV avec résolution do se contenter du simple plat de cardinal : de quoi le Pape le loua, et voulut qu'il les retint, l'en jugeant d'autant plus digue, qu'il oraignait plus d'en mésuser.

« Ainsi détaché entièrement des affections de l'intérêt et de soi-même; ue tenant qu'à Dieu, hors duquel il ne tenait qu'un vide, et qu'une faible image de bonheur; et sou* piraut sans cesse après ces hautes et ravissantes félicités qui donnaient le feu à ses désirs, il tomba en une lente et longue lièvre de six mois, qui acheva de flétrir son corps, et diminua tellement ses forces qu'il fut réduit à un état immobile de tout son corps ; obligé par son extrême faiblesse, et par les poignantes douleurs qui le tourmentaient en changeant de place, de se tenir durant quatre vingts jours tourné sur un côté;

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4'où U contracta deux ulcères malin? et ardent*, dans lesquels sa patience comme un encens jeté dans les braises, exhala tant de douceurs do résignations, qu'il til bien voir

S iue c'était dans la faiblesse que paraissait la brce invincible de l'amour, et que parmi les plus cuisantes peines il jetait plus de rayons et plus de flammes.

« Jamais on ne l'ouït se plaindre de son mal ;jamais il ne lui échappa aucun cri, qui témoignât la moindre impatience ou faiblesse de cœur; toujours doux et muet comme le poisson dans la mer de ses amertumes ; toujours fort d'esprit parmi les plus cruelles atteintes de la douleur comme une enclume qui s'endurcit aux coups; toujours élevé de cœur et de pensée a Dieu 1 objet de son amour, et la couronne de toutes ses peinos, comme un aigle qui vole d'autant plus haut que le vent est fort.

« Ce fut un spectacle ravissant de voir la douceur et la sérénité du visage avec lequel Il semblait sourire a la mort ; à laquelle il s'était jugé le premier; protestant qu'il n'eut jamais cru de cueillir , comme il faisait des fleurs dans son sein, et du miol dans la gueule de cette lionne. Il consola tous les siens, les exhortant de s'attacher h la suite et & l'amour de celui qui ne quitte jamais que ceux qui veulent. S'adressa à •pieu avec une admirable confiance, lui disant : Seigneur, fai accompli vot commandementt; et comme présentant la tète au grand juge de nos vies pour recevoir la couronne de justice, haussa les yeux amoureusement vers le ciel qui tenait son cœur et tes désirs en attente. Mais les baissant incontinent après, et ramassant son visage et ton corps, la main portée sur la poitrine en signe de repentance, il implora ou fond de son âme la miséricorde de Dieu, sans laquelle notre espérance s'élève en présomption , et nos justices s'approchent des crimes. Voire pour corriger ces paroles de confiance qui étaient échappées à son cœur, ou pour sceller sa bouche et sa vie par la recommandation d'une vertu qui lui avait toujours été singulièrement chère, il crin par trois fois : Humilité! Humilité ! Humilité! et sur l'air de cette voix et avec ce mot, comme avec le mot du guet du ciel, sa belle âme sortit de celte vie, et passa heureusement en l'autre, le 17 de janvier Jde l'année 1559, de son âge la dix-septième: son chaste corps fut enterré en l'église de Saint-Pierre inMontorio, et avec lui les plus chères espérances de la cour, et de l'Eglise romaine. Les regrets de ce trépa* retentirent par toute l'Italie, elles plaintes furent partout aigres contre cette grande ennemie des nommes ; un chacun croyant qu'elle ne devait plus épargner persoune, après avoir trompé la plus bellefespérancedu monde. »

TOMBEAU 00 CARDIXAL OB KOBILI.

Jesu Chrislo resurrectionis, El saluiis auctori.

Boberio Mobili Politiano S. R. E. diac. card., qui sut annos nains, ob cgregiani viriuiis indolem a Julie III, Pont. max. rjus magno avun-

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