DICTIONNAIRE ODE
teté, de me dégager en même temps des liens que j'aurais contractés par là ; enfin de déposer le grand prieuré de Malle, dont j'ai été investi par des bulles, déclarant à l'avance que ma renonciation au cardinalat est pour toujours, quand même, pour quelque cause que je ne saurais«prévoir, je ne resterais point dans la Compagnie de Jésus, ma volonté ferme étant de me réduire à la condition de simple particulier) si je ne puis être religieux.
« Pour obtenir de Votre Sainteté, dans les formes voulues, l'acceptation de ma double renonciation, j'ai consigné la présente avec ma procuration à Monsigoor Ignace Cadolini, secrétaire de la sacrée congrégation de la Propagande, lequel, en celle a flaire, agira en mon nom et me remplacera de la manière qui lui sera prescrite par Votre Sainteté.
« En m'ucconlatit la grâce que j'implore, Votre Sainleté rendra le calme & mon esprit et mettra le comble a tous les b'ienfails qu'elle a toujours versés sur moi a pleines mains. La reconnaissance respectueuse que je professe pour Votre Sainteté est inaltérable, et, dans ma retraite, j'adresserai tous les jours des vœux fervents au Père des miséricordes, au Dieu de qui procède toule consolation, pour qu'il conserve
consacrer nou-sculement toutes mes fa* cultés, mais mon sang et ma vie même, c Je baise les pieds de Votre Sainteté, d je lui demande sa bénédiction apostolique. « Rome, le 21 novembre 1838.
« De Votre Sainteté, le très-hmmble, le très-dévoué et le très-obligé serviteur
« Charles, cardinal ODESCALCHI.»
« On luteusuile le mandat par lequel le ordinal donnaittous ses pouvoirs à M.Cadolioi.
« L'avocat consislorial présenta ladeœande du cardiual, et supplia le Saint-Père d'y avoir égard ; et le maître des cérémonies demanda aux protonotaires présents de dresser l'acte de démission. Tous se retirèrent alors, excepté les cardinr.ux, el le Saint-Père demanda à ceux-ci leur avis, suivant la formule accoutumée : « Que vous en semble?» Les cardinaux donnèrent successivement leurs suffrages, et lousayanl élé d'avis d'admettre la renonciation du cardiual, SaSaioteié la prononça par un décret solennel, dégageant le cardinal de ses serments et de ses liens comme évêque de Sabine. Il créa aussitôt un cardinal à la place du démissionnaire, mais le réserva in petto.
« Alors ûoil le consistoire. Le Saint Père se relira dans ses appartements. M. Cadolini s'élanl trouvé sur son passage, le Saint- Père lui annonça qu'il avait admis la cession du cardinalat, et le prélat, à genoux, remercia Sa Sainteté, et lui présenta le chapeau de M. Odescalchi sur un bassin d'argent. H baisa les pieds de Sa Sainleté qui le bénit.'
Le cardiual Odescalchi (Charles), était né û Rome, eu 1785. Il avait élé revêtu
UH OLE DES Ci
de la pourpre par Pie VII en 1823.
ODESCALCO. — Voy. Emu.
ODON ou EUDES DE CHATEAUROUX, né au diocèse de Bourges, chanoine et clian* celieT de l'Eglise de Paris, créé cardinal à Lyon, par le Pape Innocent IV, en 1244, accompagna le roi saint Louis dans son voyage d'oulre-mer, en qualité de iégat du Saint- Siège, et, à son retour, mourut à Orviète le 25 janvier 1273. On a de lui deux volumes d'homélies.
OLE A MO ou DEULARJIS (Barthélémy) , né à PacJoue, entra, jeune encore, parmi les religieui de Saint-François. — Elevé ensuite sur le siège épiscopalde Florence, il mérita le chapeau de cardinal , que le Pape Boniface IX lui donna en 1389. Ce Pontife utilisa souvent la capacité d'Oléaris, et l'envoya en qualité de légal dans le royaume de Naples, où il mourut à Gaète, le lè avril 1396.
OLESNIKI (Sbig*&e), est un des plus grands hommes que la Pologne ail produits. — Issu d'une noble et ancienne famille, et secrétaire du roi Ladislas Jagellon, il suivit en celle qualité ce prince dans ses expéditions militaires, où il fut assez heureux pour lui sauver la vie, en renversant d'un tronçon de lance un cavalier ennemi qui venait droit à ce prince. Le roi l'aurait fait chevalier surle-champ, s'il n'eût reconnu dans son intrépide secrétaire plus de penchant pour l'état ecclésiastique que pour celui des armes ; il l'envoya donc peu après à Rome, avec deux autres seigneurs polonais, pour faire, en son nom, acte d'obédience au Pape Jean XXIII. 11 le dépécha ensuite, avec un autre seigneur, vers l'empereur Sigismond, pour signifier à ce prince que lui Ladislas et le duc de Lithuanie, appelaient d'une sentence arbitrale qu'il avait rendue contre eux en faveur des chevaliers teutoniques. L'empereur, indigné de cet appel, voulait faire noyer ces deux ambassadeurs; mais les remontrances de son conseil l'arrêtèrent : il se contenta de les maltraiter de paroles, et les renvoya sans réponse. Il fut encore ambassadeur auprès des chevaliers teutoniques, et une seconde fois auprès du même empereur, auquel il outil le concours du roi Ladislas pour ramener lesHussitesà leur devoir. Au retour de ces missions, il fui élu évêqui.' de Cracovie, et Ladislas se servit de lui pour aller régler les limilesde la Prusse et de IaSamogilie. Il l'envoya ensuite comme ambassadeur auprès du duc de Lithuanie, à la cour duquel il avait déjà paru en la même qualité. Le duc pensait à faire ériger en royaume ses Etals; les Polonais étuionl opposés à ce dessein : leur roi, nui avait été autrefois duc deLilhuauie, n'était cependant pas éloigné de donner son assentiment à ce projet. La décision de celle affaire fut renvoyée aux étals do Pologne, où Pévêque do Cracovie parla avec lant de force conlre cette proposition, qu'il fut décidé qu'on s'y opposerait, et on le députa vers Vitold, duc de Lilhuauie, pour essayer de le détourner «Je sa résolution. La ré(K>nso de ce prince lut trop ambiguë pour satisfaire les Polo-
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nais; ils se consultèrent et renvoyèrent l'évêque de Cracovie pour lui offrir leur couronue; Ladislas, leur roi et cousin de Vitold, étant Irop âgé pour qu'on pût espérer qu'il la gardât encore longtemps. Le duc , craignaol qu'il n'y eûl quelque piège sous une telle offre, la déclina, content de se fuira reconnaître roi de Lithuanie, titre que lui offrait l'empereur Sigismond. Dans une autre entrevue, l'évoque de Cracovie obtint que le duc s'aboucherait avec Ladislas dans un lieu où ils se rendraient sous prétexte d'une chasse. Les Polonais, craignant que le grand âge de leur roi n'affaiblît son esprit au point de le faire condescendre aux ambitieux desseins du duc, le prièrent de mener avec lui les principaux de son conseil et surtout l*é*> vêque de Cracovie. Le duc, qui connaissait l'ascendant de ce prélat sur l'esprit du roi Ladislas et sur celui des Polonais, mit tout en œuvre pour le gagner. Honneurs, sou» missions, prières, menaces, rien ne put l'ébranler. Il répondit constamment qu'il préférail le bien de sa patrie à la faveur et aux trésors de tous les monarques , et qu'il élail prêt à perdre non-seulement son évêché, mais même la vie. plutôt que de manquer à ce qu'il croyait être son devoir. La mort de Vitold, arrivée peu après , en 1W0, mil le prélat à l'abri des funestes résolutions que ce duc avait prises contre lui. Le roi envoya aussitôt l'évéque de Cracovie eu Pologne, de peur qu'il ne s'opposâq à son dessein de placer Slruigillon sur le trône de la Lithuanie, au lieu de la réunir à la Pologne. A son départ, la veuve du duc le pria d'emporter avec lui les Irésors laissés par Vitold, pour en user pendant sa vie» et les distribuer, après sa mort, aux églises de son diocèse. Il refusa généreusement celle riche dépouille. L'ingrat Slruigillon, revêtu de la dignité de duc de Lithuanie, retint le roi Ladislas, son frère, comme prisonnier à Vilna, capitale du duché, sous prétexte que la Podolie, qui en dépend, prétendait ne reconnaître d autre souverain que le roi de Pologne. L'évéque de Cracovie s'étant mis à la tôle des principaux seigneurs, vola au secours de son maître ; mais il apprit en chemin que Ladislas était en liberté. Ce prince, pour punir l'ingratitude do son frère, envoya en Lithuanie sept de ses conseillers, qui déposèrent Slruigillon et lui substituèrent Sigismond , frère de Vitold, à qui l'évéque de Cracovie , chef de la dépulation, remit l'épée en main ; par là le duc de Lithuanie redevint homme-lige du roi de Po- r logne. Si ce prélat eut lant de fermeté et de . zèle pour le service de son prince, il n'en eut pas moins lorsqu'il fallut s'opposer à lui pour les intérêts de l'Eglise. Koribut , chef des hérétiques de Bohême, lesquels, après la mort de Ziska V Aveugle, leur général, se taisaient nommer les Orphelins, Koribut étant venu , avec quelques autres dis parti, trouver Ladislas à Cracovie, l'évéque* v lit aussilêl cesser l'Office divin, et le roi fui obligé de donner congé aux Bohèmes, qui ue parlireut qu'en se répandant en im-