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après nous.» Léon XII, successeur de Pie lion, le 16 juin 1846. Le nouveau Pontife, VU. Tenait de mourir le 10 février 1829. qui prit le nom de Pie IX,, en mémoire de Comme grand pénitencier, Castiglioni avait Pie VII, évêque d'Imola comme lui, et sous rrcu les derniers soupirs des deux Pontifes, lequel il était entré dans le sacerdoce, Jl fui élu Pape le 31 . mars 1829. {Voy. le écrivait aussitôt à ses trois frères : « Il a IHcl. de* Papei.) plu à Dieu qui exalte et qui humilie, de PIE IX (Jeak-Mamb MASTAI FERRET- m'éleverde mon insignifiance à la dignité Tl), «le la noble famille des comtes Maslaï, la plus sublime de la terre. Que sa volonté est né a Sinigaglia, ville du 7,000 Ames, sur soit faite! je sens l'immensité de ce fardeau l'Adriatique, dans la légation dUrbin-et- et la faiblesse de mes moyens. Priez pour Pesaro, le 13 mai 1792. — Les premières mot. Si la ville voulait ïaire quelque déannées de sa jeunesse se passèrent dans le monslralion publique à cette occasion, je monde où lo faisaient remarquer sa nais- vous prie de faire en sorte que la totalité »ance. ses talents, ses manières élégantes de la somme destinée à cet objet soit apet distinguées. Destiné à la carrière des pliquée à des objets jugés utiles à la ville armes, il entra dans les gardes-nobles. Sur- par l'administration. Quant à vous-mêmes, vinrent des accidents nerveux qui firent mes cbers frères, je vous embrasse de tout bientAt craindre qu'il ne tombât dans l'é- mon cœur en Jésus-Christ. Ne vous enorpilepsie. Les médecins n'espéraient point gueillissez pas, mais prenez plu lOt en pitié de guérison. Pie VII, touché de l'état du votre frère qui vous donne sa bénédiction jeune homme, l'engagea a faire le pèlerinage apostolique.» Pie IX est le 255* successeur de LorHle et à implorer l'assistance delà de saint Pierre, La cérémonie de la prise de sainte Vierge. Maslaï Ferrelti se rendit à possession eut lieu le 8 novembre 1846. ce conseil. Sa guérison fut complète. Fidèle «D'après les anciens usages, les prélats au veau qu'il avait fait, il voulut se consacrer composant le tribunal de Ta Rote devaient au service des autels. Ses études ecclésias- figurer a cheval dans le cortège ; mais Pie tiques terminées et ordonné prêtre, « l'abbé IX a voulu réduire le cérémonial à la forme Mfsfaï prit la direction de l'hospice Tata suivie par Pie VII : au lieu de se rendre à Giovanni s on nomme ainsi une maison cheval à la basilique de Saint-Jean do Laqu'avail fondée, pour faire vivre et élever Iran, les membres du Sacré Collège s'/ chrétiennement de petits et pauvres orphe- rendront en voiture. La cérémonie ne perdra lins, un vieillard chrétien, maçon de son rien pour cela de sa |K>rnpe; plus conforme métier, dénué de toutes ressources, mais à l'esprit des temps modernes, elle n'en riche des trésors de la charité Le jeune sera que plus grave et plus imposante, prêtre, touché de ce dévouement, lui Vers les deux heures, le Pape est arrivé associa le sien ; il consacra son temps, son sur la place de Saint-Jean de Latran. Le travail, son argent, tout ce qu'il avait, a prince Orsini, sénateur de Rome, accompacette œuvre de piété et de bienfaisance.lt gné des conservateurs, des principaux a fait ainsi son apprentissage auprès des magistrats du Capitole, de toutes les perouvriers, des pauvres et des orphelins ; il l'a sonnes de leur suite et d'un bataillon de la continué par I apostolat. » (M. Bbetornsau.) milice urbaine, attendait Sa Saintolé à MgrMuzi avant été envoyé vicaire aposlo- l'oratoire de l'archiconfrériedu Très-Sainllique au Chili, l'abbé Maslaï l'accompagna Sacrement, près d«.*la Scata «ancra, où avait en qualité de théologien. Il a donc eu l'a- été dressé un portique richement décoré, vantage de toucher aux limites presque Le grand écuyer a ouvert la portière delà extrêmes de l'Eglise qu'il devait être appelé à voilure du Pape et le prince-sénateur, au gouverner. Des différends, ne lardèrent pas nom du peuple romain, a exprimé à Sa Saina s'élever entre les envoyés du S.iinl-Siége telé,. dans un dfteours latin, l'hommage et le gouvernement chilien, Le jeune tbéo- d'obéissance et de fidélité. A quelques pas logien se fit remarquer par sa capacité et de là, le vénérable chapitre de Saint-Jean par son courage. Pour le récompenser, le de Latran est Venu a la rencontre du Pape; Pape Léon XII le nomma prélat, chanoine la chaîne qui ferme l'entrée du grand escade Sainte-Marie in Via lata, puis président lier de la basilique s'est abaissée; le Saintdu grand hospice Saint- Michel , a Ripa Père est descendu de voiture et s'est avancé Grande, un des plus beaux établissements jusqu'à la grille du grand portique. Là le de ce genre qu'il y ait au monde. Le 21 mai cardinal Barberini, archiprôtre de la hasi- 1827, Léon XII le promut a l'évêché de liquet lui a présenté la croix qu'il a respec- Spolèle, que Mgr Maslaï occupa cinq ans, tueusement baisée à genoux, tandis que le et où il se fit chérir de ses diocésains. Trans- clergé chantait l'antienne : Ecce sactrdos féré en 1833 sur le siège d'Imola, il fut, le magnu$.
ledécerubre lSVO.proclamé cardinal du titre Le Sacré Collège, lo corps diplomatique, des Saints-Pierre et Marcellki. Il avait alors plusieurs membres de la noblesse romaino 48 ans. Telle était sa réputation de vertu, étaient déjà réunis sous le portique, autour de talent et de sainteté, que le peuple lui- du trône qui avait été élevé près de la Portémfme le désignait comme le futur Pontife. Sainte. Dès que le Pape y a été assis, le car- Grégoire XVI venait de mourir en 1846. dinal-arcbiprêtre a'est avancé, a fait une in- A près une vacance du Saint-Siège de seize clination profonde, a harangué le Saint-Père jours et deux jours de conclave, l'élection et lui a présenté les clefs de la basilique, du cardinal Maslaï fut enlevée paj acclama- qu'un prélat portail à côté de rui » dans UU.
J375 PIE ACTIONNAIRE PIE |yu
bassin (for. Sa Sainteté a tendo ta main pmir tombé à genoux : 1e Pape', debout sur ton les recevoir, et ensuite les a rendues nu trône, la tiare en tête, les bras étendus, était même prélat. Les cardinnux-évêques pnriani bien en réalité le Pontife pacificateur sutla chape et la mitre blnnches, les cardinaux- pendu enhre te ciel et la terre : il a béni prêtres la chasuble, et les cardinaux-diacres Rome et le monde, et eette bénédiction •«• la dalmatique de la même couleur, se sont lennelle, reçue dans un profond recoorile» rangés, ainsi que les évêques et les prélat», nient, a élé suivie de non relies et piastres autour du trône dn Pape, pendant que fo acclamations mêlées aux fanfares militaires, chapitrée! le clergé de Saint-Jean de La Iran au son des cloches, au bruit de seize pièces étaient admis au baisement du pied. fie canon rangées ^ur ta pelouse de Sainte- Après l'adoration , le Pape est entré dans Croix de Jérusalem. On évakw à ptat de la* basilique par la porte majeure, où le S0,O00, le nombre des étrangers qui sont doyen du Sacré Collège est venu tut présen- arrivés à Home a oette occasion, de tantes ter l'encens et l'eau bénite. I«a procession les parties des Etats pontificsui ei dei Buts sVst avancée dans l'intérieur de l'église ; le roistns. (Ibid.) Les manifestations de la joie Pape était porté sur son trône, placé sous le publique avaient pris un tel développeraer* baldaquin , comme dans les grandes sotan- que ta gouvernement pontifical jugea ds son nités. Le chœur de la chapelle pontificale a devoir de chercher « y mettre on terme. Cm entonné le Te Deum. Arrivé devant l'autel circulaire, envoyée aux diverses autorités de Martin V , où le Saint-Sacrement était des provinces , recommandait d'arrêter, en exposé, Pie IX est descendu de sou trône, démonstrations dispendieuses, et qui dis* s'est mis h genoux sur le prie-Dieu et a trayaient de feurs travaux les populations, adoré quelque temps le Seigneur , tandis Les traits de Pie IX sont pleins d'an im»que le chœur chantait 1e verset Te ergo çu«- tion et de noblesse; ils rappellent la grârt sutnut. La procession remise en marche s'est de Pie VI. Sa tarife est moyenne, si voit arrêtée une seconde fois devant la tribune sonore; son gestes un charme et unedboù [reposent les têtes de sajnl Pierre et de tinction toute particulière. Sa personne cornsaint Paul. Après avoir vénéré ces insignes mande la confiance et inspire te res|*ec'. reliques, le Saint-Père est allé s'asseoir sur Bien que son organisation physique paraisw le trône pontifical , ou centre ue l'abside de débita, sa santé habituellement saiisfaisMile, la basilique. Les cardinaux se sont avaneés donne lieu d'espérer qu'elle suffira soi trapar rang d'ancienneté, pour la cérémonie vaui pénibles de sa haute mission. Sa paroi* de l'obédience, et, au moment où ils lui ont ast élégante et du meilleur goût , qoeiqua baisé fa main, le Pape a déposé dans leur toujours simple. BMe s'élève facilement t mitre eotr'ouverte deux médailles que ta l'éloquence. C'est ta gentilhomme , cfcst le trésorier , s genoux près du trône, présen- monarque qui oese laisse pas arrêter à des tait a Sa Sainteté. L'obédience terminée , ta effets oratoires, qui est sûr 4e sesauditesn, Piipe est allé de son trône à l'autel papal ; il qui laisse tomber des avis peter nef s énonré* y a déposé l'offrande d'usage renfermée dans avec on à-propos, un esprit, une grâce et ona une bourse brodée en or. La munificence aflabtfhé parfaites, , et qui trouve d »utesij'tos de Pie IX s'est montrée en crtte ci remis- sûrement ta chemin des cœurs qu'il nVn'air tance: il a fait don h l'église d'une somme de heu chercher, etqu'il est lui-môme simple deSMOO fr. etd'un calice en or massif. Après et convaincu. (AWot.) Quelques traite le feront celle offrande, le visage tourné vers ta peu- mieux connaître.
pie et la tête découverte, if a donné la bé- Un habitant des Monti, quartier voisiadii
nédietion apostolique, puis il est remonté Quirioat, n'avait pour tout rooyea d'erff
sur le trône portatif: c'est alors qu'il -a pris tence qu'une mauvaise charrette et un «*e-
pour la première fois la tiare. If a été ainsi val qai\ venait de perdre. Il eut taoes»é«
porté processionnellcment, précédé de la d'aller au Quirrnal exposer «on infortune
prélature, des évêques , des patriarches et demander font simplement un des ©beaux
des cardinaux , jusqu'au grand balcon de la des écuries du tape , un de ces ehevsax de
principale façade de la basilique. En ce rebut qui no travaÎNetrt (dus. Il reocontfi
moment , l'aspect de l'auguste Pontife , ap- sur l'escalier ta secrétaire de Sa Sainteté, qui
paraissant pour la première fois avec la se chargea de présenter la requête. Le Pape
triple couronne sur la tête, a électrisé l'im- trouva l'idée exeettonte, et fil donner uo
mense multitude qui couvrait au loin la obevat à ce pauvre homme avec 20 éces
place de Saint-Jean , les larges avenues de pour remonter ses affaires. H fallait voif
Suinte-Croix de Jérusalem , jusqu'au mur joie de ce malheureux 1 d'enceinte de la ville. L'enthousiasme popu- Lorsque Pie l\ était sur le siège à Jmoli,
taire a éclaté arec un élan qu'il est iœpos- il lui arrivait souvent de donner jusqu'à m
srble de rendre. dernier sou. Un jour qu'il ne lui refait p»s
Ces vives acclamations de tout un peuple la moindre pièce de monnaie* une psurre
ivre de joie, cette masse de tant de milliers femme se présente et lui demande l'aumône.
d'hommes agitant des mouchoirs ou des Ne sachant plus que fui donner, ta
drapeaux de toutes les fenêtres, de toutes évêque aperçoit on couvert d'argent sur une
les tribunes élevées sur la place, de tous les table : « Prenez-le, » dït-H à cette psu"'
côtés de cette immense enceinte, avaient femme, » artes 1e mettre au mont-de-piété we
quelque chose d'électrique; puis toutes ces ta retirerai quand j'aurai de l'argent.»
voix ont fait silence, tout es peuple est Depuis qae ta cardinal est devenu Pap«i
PIB
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an habitant «le Pl«e lui légua en mourant one somme de 6,000 écus. Le Saint-Père accepta le legs f mais défendit que la somme lui fût envoyée a Rome : il voulut la déposer dans la- ville du défunt. 3,000 écus furent affectés au soulagement des indigents de Pise ; les 3,000 autres furent destinés à composer des dots pour les jeunes filles pauvres.
La police de Rome avait arrêté nn homme qui distribuait clandestinement des oxern-
flaires d'un pamphlet intitulé: Histoire de ie /X\ Pape intrus, ennemi de la religion, chef de lajeyne Italie . Dès qu'il eut connaissance de celte arrestation , le Souverain Pontife fit amener le coupable en sa présence, et, après l'avoir interrogé a vec bonté, il loi dit: «T.omme votre faute n 'Atteint que moi, je vous pardonne. • Cet homme, louché d'une telle générosité, fondit en larmes , et se jetant aux pieds du Saint-Père, il offrit de lui dire le nom des auteurs du pamphlet. Le Pape; ne voulut rien entendre: «Que leur faute, s*éeria-t-il , reste ensevelie dans le silence , et puisse le repentir pénétrer dans leur cœur 1 »
Quelques exaltés faisaient circuler une caricature représentant Pie IX sous la forme d'une tortue; on l'apporte au Pape: « Vraiment, dit-il, je voudrais l'avoir faite, eelle caricature ; oui, j'avance lentement, mais j'arance toujours ; je suis tortue, mais point écrivisse. »
Un enfant de 12 ans avait une mère âgée, infirme et dans la misère; il écrivit directement au Pape pour lui dire qu'il avait besoin de in paoli, destinés à acheter divers objets indispensables à sa mère; il ajouta qu il passerait le lendemain chez Sa Sainteté pour prendre les 37 paoli, si ello voulait bien le permettre. Pie IX, qui ouvre luimême ses lettres, donna l'ordre qu'on amenât devant lui reniant , s'il se présentait. Admis devant 9a Sainteté, l'enfant exposa de nouveap l'objet de sa demande. Pie IX lui donne nne pièce d'or. « Obi mais, Très- Sarnt-Père, dit l'enfant, cela ne fait que 20 paoli, et.il m'en faut encore 17.» I.e Saint-Père lira de sa bourse une nouvelle
frièee d'or, la remit a l'enfant qui ajouta en e remerciant : « C'est 3 paoli de trop , et je n'ai pas de quoi vous rendre. » Le Pape se prit a rire de la naïveté de l'enfant , et lui dit de les garder; puis il le fit suivre pour s'assorer a il faisait bien les emplettes auxquelles cet argent était destiné. Touché do son exactitude ef de sa sincérité , Pie IX lu fit venir le lendemain, lui témoigna sa satisfaction , et lui aunonça qu'il se chargeait désormais de son éducation et de sou avenir. « Merci, Très-Saint-Père, » dit l'enfant , « maie je ne puis accepter ; c'est moi qui fais le lit et la cuisine de ma mère, et je ne saurait- far quitter. » Le Pape, plus ému encore, lui dit : m Kh bien ! puisque vous êtes si pauvres, ta mère et toi , je me charge de toai les deux.*
a désigné le jeudi de chaque semaine pour une audience publique. Quarante-huit personnes des dernières conditions sont aJmises sans distinction aucune. Chacun lui porte ses plaintes , lui indique les abus, lui peint sa position, et chacun sort satisfait;
L'équité domine toutes les pensées, toutes les parolns, toutes les actions de ce saint Pontife. Un employé du ministère se plai-
fjnii au Pape d'un passe-droit qu'on lui avait ait. On alléguait son incapacité pour lui refuser la place qu'il attendait depuis vingt ans. Le Pape ne répondit rien , mais il fit formuler trois questions très-difficiles ayant rapport à l'administration dans laquelle était cet employé , et il les lui donna a résoudre. Celui-ci se lira de l'épreuvè à merveille. Lu- Pape fit appeler le cardinal qui avait fait le passe-droit, et lui dit : « Excellence, l'homme
3 ni peut faire un tel travail est très-capable e remplir l'emploi que vous lui refusez. Daus deux jours je veux qu'il soit installé h celte place , et qu'à l'avenir il n'y ail plus rien de semblable.» Le cardinal s inclina et disparut; l'homme eut la place, et justice fut faite.
Les premiers actes de Pie IX sont des actes de clémence. Il acquitte de ses deniers les dettes de tous les prisonniers détenus au Capitole, et consacre à celle œuvre de charitable libéralité les économies qu'il so propose de faire dans son service personnel. Plus de douze mille écus romains sont répartis à titre de dots entre des jeunes filles pauvres. Il encourage les collectes en faveur des amnistiés nécessiteux. H prononce un généreux pardon pour tous les condamnés ou inculpés politiques. Des milliers de prisonniers sont rendus à la liberté. Ancôno est déclaré port franc; les subsistances sonf assurées, la justice énergiipiemenl rendue. Peu soucieux des traditions du passé, et n'écoutant que les inspirations de son esprit supérieur et de sa conscience, Pie IX étend aux pères de famille israéliles les privilèges concédés en certains cas aux pères de famille catholiques , et il prescrit que, dam tous les cas , les Juifs nécessiteux soient assimilés aux Catholiques pour les secours distribués par les caisses publiques de bienfaisance. Sa sollicitude embrasse toutes les parties de l'administration publique. Pour remédier au déficit toujours croissant du trésor, il statue que chaque couvent, pendant trois années consécutives, paverait dix scudi, et chaque curé; un scudo. En même temps, il s'impose des habitudes sévères d'économie. Il a commencé par la réforme de sa table; il a dit à son majordome : «Quand j'étais évêque, je dépensais un écu par jour; lorsque je fus fait cardinal» je dépensais un écu et demi ; maintenant que je suis Pape , vous ne dépenserai pas deux écus. » Il a supprimé toutes les dépenses de luxe. Des quatre-vingts chevaux qui composaient l'écurie pontificale, il en a l'ait vendre cinquante. Puis est venu le tour du jardinier
Pie IX est bon , gracieux , affable envers en chef, personnage important, et ayant un tous, avec le pauvre comme avec le riche. Il carrosse ; le Pape lui demanda : • Combien
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coûte l'entretien dea jardina ponlifionui? — Saint-Père, a répondu le jardinier, 35,000 écus.— C'esl beaucoup trop, dit le Pape, vous n'aurez plus que 10,000 écus, et tous n'aurez plus de carrosse. »)
Toutes les pensions que n'avaient pas méritées d'importants services ont été supprimées. Au moyen de ces réductions, Pie IX a pu améliorer ses Qnances, et, sans recourir i de nouveaux impôts, réduire les charges qui pesaient sur les populations. Des réformes salutaires sont introduites dans l'instruction publique et dans l'administration de la justice. L'agriculture n*a pas été perdue de vue dans les améliorations apportées nar Pie IX. Il a imposé aux propriétaires l'obligation de livrer è la culture les terres en friche, afin de subvenir aux besoins des classes pauvres. Non content de cette mesure, il a publié un décret pour que toute la vallée comprise entre Ostie et Porto d'Anzo, et appartenant à l'Etat, fût exploitée en grand pour la culture du riz ; la moitié de la récolte devait être vendue au .profil du trésor public, et l'autre moitié donnée aux pauvres. L'exécution a immédiatement commencé, et des travaux ont été entrepris pour amener dans les rizières les eaux du Némi, devant servir à l'irrigation. En même temps , Sa Sainteté a dignement récompensé un agronome distingué qui avait Tait aux environs de Rome, dnns la campagne deCervatri, des essais précieux pour améliorer la culturo du riz, ce froment d'une partie de l'Italie. Elle a multiplié, en outre, les associations agricoles, qui tendent par leurs travaux a augmenter et a améliorer les produits essentiels à l'alimentation du peuple. Les travaux publics ont reçu également une heureuse impulsion. Le déboisement des montagnes, dont les dangers avaient été inutilement signalés à diverses reprises, préoccupait la haute intelligence de Pie IX ; une commission a été nommée pour remédier à ces déboisements qui sont devenus une cause de désastres pour les Etats romains. La situation des tleuves et des rivières, dans les Etais de l'Eglise, n'est pas moins déplorable que celle des montagnes. Aucun travail n'a été fait, depuis plus de quinze ans, pour maintenir leur lit et les empêcher de se répandre dans la campagne. Quantaux bois de l'Etal, ils ne sont ni surveillés ni exploités : les belles forêts de Terracine et de Fajola, sur les confins du royaume de Naples, sont littéralement au pillage, et les mal lai leurs y détruisent, sans profit, les plus belles richesses du pays. Pie IX a donné des ordres pour qu'on étudie sérieusement les moyeus d'organiser sans relard la direction des eaux et forêts. Quoi encore? Poursuivant la carrière de régénération que la Providence lui a conûée, Pie IX ne dédaigne pas les questions d'hygiène. Sous l'inlluence des premiers jours de son règne, les rues de Rome deviennent plus propres, les maisons d'infirmés sont mieux déposées, les campagnes sont assainies et cultivées avec plus de soin et de courage ; déjà mémo la mendicité sur la
voie pubtiquo est moins fréquenta. Toutes ces améliorations tendent è faire diminuer, dans un avenir prochain, les maladies les dus communes à Rome, telles que les affectons scrofuleuses, le rachitisme, les fièvres ntermiltenles ; car la plupart de ces maladies sont occasionnées par la mauvaise alimentation des classes pauvres, cl par les miasmes méphitiques qui se dégageut des marais Pontins, et que le vent pousse quel* quefois sur Rome. Enfin, le mouvement industriel et commercial des Etals romains tend chaque jour, grâce è la sollicitude de Pie IX, à s'équilibrer avec celui des gouvernements les plus éclairés de l'Europe. Les chemins de fer, anathématisés par Grégoire XVI, ont reçu une impulsion telle que, «l'une mer à l'autre, et de la frontière lombarde à la frontière de Naples, l'accélération d»s moyens matériels va répondre à celle de la pensée. Le Saint-Siège est sur le point dd conclure un traité de commerce avec la Porte- Ottomaue; chose toute simple pou. un autre gouvernement, mais qui, de la pari du chef de l'Eglise catholique, révèle un esprit supérieur aux traditions du passé. Le personnel administratif el judiciaire a été épuré; des hommes de couscience el de progrès ont remplacé, dans une foule de services, les hommes de cupidité vénale el d'intolérance
3 ni soulevaient la haine publique. Les caisse* 'épargne se multiplient: le droit de pétition existe, et il est écouté. Partout les pins sages réformes poursuivent les abus. Pie IX a décidé qu'à l'avenir les fonctionnaires qui, par leurs fonctions mêmes, avaient le droit d'être nommés cardinaux après un certain temps, perdraient celle prérogative, aûn que le Sacre Collège pût être composé d'hommes capables sous le rapport politique comme sous le rapport religieux, tlbid.) Les (ignés suivantes ont élé adressées, en 18M>» p»r un voyageur, au SteV/e, journal peu suspect de partialité religieuse : « Je ne saurais vous dire combien la vie est agréable è Rome en ce momeut : la concorde, la sécurité, la confiance daus l'avenir y font le bonheur dv tout le monde. Vous n'entendez plus parler de crimes ni de désordres. L'exemple du souverain', la crainte de lui déplaire, oui gagné lous les cœurs el amélioré toutes les classes du peuple. De vous dire combien le Pape est bon, juste, bienveillant, éclairé, ce serait chose impossible; aucun peuplant peut-être jamais eu le bonheur d'êlregou* vernéavec tant d'amour, de sagesse, a»ee une sollicitude aussi paternelle. Aussi, u vénéralion el la reconnaissance pour le Pontife sont-ils è leur comble. »
De jour ou de nuit il sort en simple bat>u de prêtre, el va visiter les institutions pieuse* et charitables, montrant autant de douceur que de fermeté, autant d'intelligence que de zèle. Les abus qu'il découvre sont réprime-*- Pie IX s'était rendu de nuit dans un couvent, peu renommé pour sa régularité. Il sonne; le portier vient ouvrir en grondant : sans w faire connaître, le Pu pe le prie d'appel** I» supérieur pour des affaires importâmes. M*>>
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ealul-ci ordonne d'inviter l'importun visiteur a revenir *a une heure plus convenable, a Allez lui apprendre, dit I inconnu, que le prêtre Mastaî désire lui parler. » Le Pape, introduit, s'excuse d'un ion gracieux d'être venu è pareille heure, et demande que tous les frère» se réunissent pour recevoir sa bénédiction. Les moines arrivent; mais il en manquait six , qui étaient allés se promener parce qu'il faisait chaud. La raison ne parut pas satisfaisante à l'auguste visiteur, et le lendemain les six moines furent envoyés dans des lieux de pénitence. Une autre F <is, i] se rend dans une des plus misérables habitation* de Rome, qui sert d'abri à une malheureuse famille appelée Baldini, composée d'une pauvre veuve, de deux filles de 14 à 18 ans, et de deux petits garçons. Il voulait s'assurer par lui-même de la vérité des rap* ports qu'un lui avait faits, certifiés par les uns, niés par les autres, notamment par io président de la société de bienfaisance. L'exposé «les faits n'était que trop vrai ; l'auguste visiteur examina les lieux, et aperçut dans no des coins de la chambre une des jeunes filles qui, troublée, demanda en pleurant lequel des deux était le Pape. Les deux sœurs se jetèrent a ses pieds; qunut à la pauvre vpuv*, le bonheur inattendu de recevoir chez elle le Souverain Pontife, et l'espérance plus vive que jamais qui renaissait dans son cœur ue pouvoir soulager la misère de ses enfants, la lireiit tomber en syncope. Le Pape a laissé une somme d'argent è celte malheureuse famille, et a pourvu à ce qu'à l'avenir de uouveaux secours lut parvinssent sûre* nient.
Le cumul des places est aboli. Pie IX a dune suivi la véritable ligne de conduite qui mène au bien, puisque, cette ligne à peine tracée, il a pu voir les coryphées du libéralisme, Rinzi, l'Ame du mouvement de Riraini, elGaletli, qui avait lutté avec tant d'énergie pour l'affranchissement des Romains, venir se jeter avec émotion è ses pieds, et s'atteler è son cher de triomphe. C'est ainsi qu'on a vu également le plus grand nombre des amnistiés politiques écrire en quittant leurs fers : Je jure de verser mon sang pour Pie IX. [Pour les commencements de ce règne, Voy. la brochure intitulée : Notice biographique de N. S. P. le Pape Pie IX, par M. H. B»bioiseav, Paris, 1817, chez Sagnier et Bray; nous en avons extrait ce qui précède.)
Tant d'améliorations accomplies, et tant d'autres qui étaient en projet, ont été arrêtées par l'hydre révolutionnaire. Tant de mansuétude, de vertus, d'intentions droites et pures n'ont pas empêché une bande de forcenés , de prétendus républicains de su ruer, en 18'*8, sur ce grand et saint pontife, qui fut contraint d'aller chercher un refuge è Gaële sur le territoire napolitain. N'accusons pas les Romains de cet attentat. A une époque où fermentaient en Kurope toutes les mauvaises passions, il fut le crime de bandits, accourus de tous les points, et qui s'étaient donné rendez-vous à Rome, où il» esjtératenl ne pas trouver de résistance à
IDINAUX. , PIE tSSi
leurs projets qui n'eussent été que ridicules, s'ils n avaient été si sanguinaires et si désastreux. Il a fallu que Cépée de la France all/U balayer celle ignoble tourbe de factieux. Ils se sentaient forts derrière les monuments de Rome, f|ue les Français craignaient d'endommager. Si les Romains ont été étrangers aux tristes faits de 1848, qui sont venus comprimer l'essor généreux pris par Pie IX, on peut leur reprocher d'avoir manqué de courage, do n'avoir pas défendu un souverain qui leur avait donné tant de preuves de sa magnanimité et de sa clémence. En 1849, Pie IX est rentré dans sa capitale. C'est une honte, pour ceux qui s'appellent encore les Romains, de ne pas savoir se défendre, ni défendre leur glorieux souverain, et d'être obligés d'appeler les Français pour faire chez eux la police.
En avril 1851 nous avons en l'honneur d'être admis auprès de Sa Sainteté, l'auguste Pape Pie IX. On nous permettra de citer quelques lignes d'un ouvrage où nous avons parlé de celte faveur inestimable :
« Arrivé au Vatican à l'heure fixée pour l'audience, je montai l'escalier de l'aile habitée par le Saint-Père, dont les appartements sont au second étage et ont vue sur la place de Saint-Pierre. Je traversai sept ou huit salons magnifiquement meublés et remplis do suisses, de gardes-nobles et d o prélats. Toutes ces antichambres sont beaucoup plus riches que le cabinet où se trouve le Pape. Chaque porte est double et est occupée par un factionnaire à épaulettes d'or, qui a l'épée nue. J'attendis quatre è cinq heures dans la dernière antichambre, parce que tous les ministres qui arrivaient les uns après les autres, passaient les premiers et restaient longtemps. Je n'eus point la moindre envie de me plaindre; car je pensais que le Pape devait être encore plus fatigué que moi, et que d'ailleurs c'était la pour lui une lûclie à recommencer lous les jours. Je me disais cependant que les audiences de Noire-Seigneur Jésus-Christ, quoique bien plus précieuses que celles de son Vicabe, coûtent beaucoup moins de peine. Enfin, Mgr Borromeo m'in-» troduisit après m'avoir instruit du cérémonial usité, qui consiste en trois génuflexions, l'une i la porte de la chambre où est le Pape, l'autre à moilié chemin entre la porte et son trône, la troisième enfin quand on arrive près de lui. Je voulais, suivant l'usage, lui baiser le pied ; mais il m'en empêcha, mo tendit la main et me fit relever. J'allais entamer In conversation en italien, lorsque Pie IX prit lui-même la parole dans notre langue, qu'il parle avec une grande facilité. Il eut la bonté de me faire des questions sur l'Orient. Il daigna ensuite iudulgencier dans ma maiu les chapelets que j'avais apartés de Jérusalem, et il m'accorda les faveurs spirituelles que je lui demandai. Je lo quittai pénétré de sa bonté, do l'élévation de son esprit, do la majesté douce qui rayonne sur son visage. » (Quatre années en Orient et en Italie, ou Constunlinople, Jérusalem et Rome, en 18V8, 49, 50 et 51. Paris, 1854, in 8", chez Vivè*.)
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L'histoire du pontificat de Pie IX se continue tonales jours ; celui qui voudra l'écrire trouvera un secours précieux dans les corresponJancesde Rome du journal VUniver».
Nous nous rappelons entre autres un article du 10 janvier 1856 où étaient résumés les principaux événements de 1855, savoir : les fêtes relatives à la définition do (Immaculée Conception, le concordat autrichien, l'amélioration rfe l'armée et des finances pontificales, les progrès de l'Eglise en Amérique, l'espérance fondée de l'extinction du schisme portugais de Goa, les ébranlements des schismes orientaux par suite de la guerre d'Orient, l'amélioration de notre position en Terre-Sainte, les cardinaux étrangers appeléa Rome pour les affaires de l'Eglise universelle. Que de- grands événements dans une seule année I On comprend que nous tremblions a In pensée d'en faire une histoire suivie. Contentons-nous de citer un article plus récent dans lequel le même journal fait connaître quelques-uns des derniers actes du saint Pontife.
« On vient d'ouvrir, » dit l'Univers du 20 avril 1856, '» h Ponte-Sisto, l'établissement fondé par Pie IX pour servir d'infirmerie aux pauvres prêtres malades, et la maison de retraite aux prêtres âgés ou infirmes. Nous avons, il y a quelques mois, retracé longuement les origines et les vicissitudes do celle œuvre, dont le but, néanmoins si utile el si précieux, n'était plus atteint depuis longtemps. Il appartenait au cœur si généreux el si compatissant de Pie IX de faire renaître et de développer une pensée si éminemment charitable et apostolique.
Grare & l'initiative du Saint-Père, et au concours empressé du clergé de Rome, tous les prêtres à quelque nation qu'ils appartiennent, que la maladie viendra saisir dans la capitale du monde chrétien, trouveront les soins convenables à leur état, et tous les membres du clergé romain auront un asile pour leur vieillesse el leur pauvreté". Après dix ans de séjour dans la ville sainle, les prêtres de lous les autres pays aurout le môme droil. C'est donc un hôpital el une maison de retraite catholique que Pie IX vient de fonder, et il a droit à la reconnaissance du clergé du monde entier. Cette reconnaissance ne lui manquera point.
« L'hospice ecclésiastique de Ponte-Sïsto et le séminaire Pie sont deux monuments qui tiendront dans l'histoire du pontifical de Pie IX une grande place. L'un forme des
Ïrêtres instruits et vertueux ; l'autre assure la maladie et à la vieillesse des prêtres les soins el le repos qui leur sont nécessaires.
«A l'hôpital de Ponte-Sisto se. rattache l'apostolat des campagnes de Romo. La même commission est chargée de ces deux œuvres, et la dernière obtient tout le succès que nous avions espéré. On a pu voir, pendant la saison des travaux, tous les services qu'elle ost appelée à rendre. Près d'une quinzaine de chapelles ont été ouvertes et régulièrement desservies par les prôlres zélés, séculiers ou religieux, qui ont em-
brassé ce pénihfe ministère. Nous avnns lu le règlement que leur a tracé Son Kmincnce le cardinal-vicaire. Rien n'est plu? édifiant. On ne peut avoir l'idée des difficultés et des fatigues de cet apostolat, quand on ne connaît pas le pays qui doit en être le théâtre et les âmes qui doivent en être l'objet. L'insalubrité de la campagne romaine n'est ignorée de personne, la chaleur y devient tropicale pendant les mois de juillet el d'août. Les travailleurs qui viennent y faire la moisson et les autres travaux agricoles soûl d'une ignorance el d'une grossièreté comparables à ce que l'on trouve dans les pars de mission les plus abandonnés. Il faut un grand zèle du salut des âmes pour se dévouer à un ministère de ce genre,' el qui sans avoir l'éclat humain des missions lointaines, en a presque toutes les aspérités et toules les fatigues. Rien de cela n'a rebuté les prêtres courageux qui ont embrassé ce pénible apostolat. Aussi Dieu bénit lenrs travaux, et le fruit de leurs prédications devient de plus en plus abondant. Ce champ stérila et inculte, fécondé par leurs sueurs, promet une moisson riche, et qui sera la meilleure et la plus douce des récompenses.
« Pendant que la munificence du Saint- Père ouvre cet hôtel des invalides du clergé, on peut admirer dans la salle d'eiposilion publique de la place du Peuple, des tableaux 'qu'il a fait exécuter par les premiers artistes de Rome pour l'église qu'il a fait construire à Sinigaglia, sa patrie. Cet édifice, d'un beau style grec, est achevé; il n'atiend plus que ces toiles pour compléter sa décoration. On sait qu'outre celle église, élevée è grands frais, Pie IX a îbndé dans sa ville natale un lycée public où l'instruction est donnée sur une grande échelle, el gratuitement à toute la jeunesse de In ville et delà province. Ce sont les RR. PP. Jésuites que la confiance du Saint-Père a chargés delà direction de ce magnifique établissement, richement doté, et qui fera vivre, dans les générations les plus reculées de Sinigaglia, le nom du plus illustre de ses enfants.
« A propos de celle eiposition de tableaux, nous voulons dire un mot d'une autre eipo* si lion que nous avons admirée dans les derniers jours du mois de mai , et qui honore
f;randement deux de nos artistes. Nous vouons parter des copies des fameuses tapisseries de Raphaël, exécutées par MM. Sublet et Soulncroix, pour l'église de l'université catholique de Dublin. Ces dix grandes pages d'art chrétien que tout le monde connaît ont été reproduites par nos jeunes compatriotes avec une fidélité ot une intelligence des plus remarquables. Nous pouvons eo dire autaul des douze figures d'apôtres, d'après Raphaël, destinées à être placées entre les tableaux reproduisant les tapisseries. Nous espérons que le R. P. Newmau, qui avait commandé lui-même ce travail, eD aura été satisfait, el si les conditions de la lumière sout aussi favorables à Dublin qu'a Rome, la nouvelle église de l'univerlé irlandaise uourra se vauter d'avoir uue Irès-bel'e
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reproduction des chefs-d'œuvre du grand peintre d'Crbino. C'est le jugement qu'en ont porté a Rome les hommes les plus compétents.
c Ces vingt-deux tableaux sur toite ont été peints par un procédé qui est le secret des jeunes artistes et qui donne les plus grandes facilités pour peindre vite et à bon marché. L'huile en est exclue, et cependant la solidité est la même. On croirait voir des fresques, et c'est ce qui rend cette sorte de peinture éminemment propre a la décoration des églises. »
Nous avons cru devoir être moins bref sur le saint Pontife qui gouverne l'Eglise, que sur ses prédécesseurs. Personne ne se
I plaindra des répétitions quand il s'agit des ouanges de Pie IX. D'ailleurs il n'y a pas même répétition; car notre notice, si incomplète, ne peut suppléer celle du Dict. de» Pape».
PIERI (Pierre-Maris) , Siennois, fut créé cardinal en 173* par Clément XII , Pape de 1730 a 17*0, et qui nomma trente-quatre cardinaux.
PIERRE, surnommé Damien, du nom de son frère, né è Ravenne vers la fin du x* siècle, avait gardé les pourceaux dans sa jeunesse. — Son frère, archidiacre de Ravenne, se chargea de son éduçation et lui servit de
fière. Dne fois ses études laites, Pierre quitta e monde et se relira au monastère de Fout- Avellana, en Orobrie, dont les moines s'appelaient ermites, parce qu'ils vivaient dans une grande retraite, quoiqu'en commun, sous un abbé. Il fut appelé par Gui, abbé de Pompose, pour réformer son monastère, et, <ieux ans après, retourna è Avellana. Devenu prieur, puis abbé de ce monastère qui, entre ses mains, parvint à une grande splendeur, il en établit d'autres où la même règle était observée. Sa réputation s'étendit au loin, il rendit de grands services aux Papes Grégoire VI. Clément H, Léou IX, Victor II et Etienne IX; ce dernier le créa en 1057 cardinal-évêque d'Oslie. II eut aussi comme en commande l'évêché d'Eugubio, et continua de prendre parrNfux affaires du Saint- Siège. Envoyé en 1059*|>ar le Pape Nicolas II, en qualité de légat h Milan, il y réforma le clergé de cette église, où la simonie s'exerçait publiquement. Bienlôl après, il prit la résolution de quitter ses évêchés et ses emplois, et les remit entre les mains d'Alexandre Il pour rentrer dans son ermitage comme simple religieux. Il en sortit néanmoins plusieurs fois pour remplir différentes missions importantes; mais il vécut toujours, mémo au milieu des cours, dans uneTanstère pauvreté. Il mourut à Faëuza en 1073. Cet homme distingué mit tout en .a^iivre pour faire revivre au moins une ombre de la discipline ancienne, dans un siècle corrompu,' et pour mettre des bornes aux désordres du clergé et des moines de son temps. Il était versé dans la discipline ecclésiastique, et parlait avec une entière liberté. Ses écrits pe manquent point d'agrément. Ils ont été publiés par Constantin Cajélan eu
JhcTiOM.t. dbs Cardinaux.
3 vol. au commencement du xvn* siècle. Ils ont depuis été réimprimés à Lyon. 1623, et è Paris, 1663, en * volumes dont le I" contient huit livres de Lettre»; le II*, ses Sermon*; le III', ses Opuscule»; et le IV*. des prièn s, des hymnes at des proses qui lui sont attribuées. 11 est honoré du culte des saints.
PIERRE, dit Guillaume* créé cardinal par le Pape Alexandre II, en 1062, chancelier et bibliothécaire de l'Eglise, continua les Vie» de» Pape» composées par Anastase, depuis Nicolas 1" jusqu'à Pascal II.
PIERRE-FRANÇOIS, prêtre, fut fait cardinal du titre de Saint-Marcel par Calixte II, en 1119; il fut légat en France sous le Pape Honoré II.
PIERRE fut créé cardinal-prélre du titra de Saint-Sixte par Calixte 11, Pape de 1119 è 112*.
PIERRE CARIACENE de Garisando, Bolonais, fut créé en 1125 par le Pape Honorius II, cardinal du titre de Saint-Sylvestre et de Saint-Martin aux Monts.
PIERRE fut nommé en 1127 par le Pape Honorius II, dans la troisième promotion, cardinal du litre de Saiote-Anastasie.
PIERRE, fait diacre-cardinal du titra de Saint-Adrien par Honorius II, en 1127, fut légat en France sous ce tnêaie Pontife.
PIERRE, religieux du Mont-Cassin, fut créé cardinal en 1130 par le Pape Innocent II.
PIERRE fut, en 1U0, nommé diacre-cardinal du titre de Sainte-Marie in Porticu; il était le 42- de la création d'Innocent II.
PIERRE fut/en 11*0, nommé par le Pape Innocent II cardinal de Sainte -Pudenlione.
« PIERRE fut créé, en 11*0, par Innocent H, cardinal du litre de Sainte-Susanne.
PIERRE fut le *1« cardinal créé par le Pape Innocent 11, cinquième promotion, en 11*0.
PIERRE, créé en 11*2 cardinal-évéque d'Albano, par le Pape Innocent 11, était frère de ce Pontife.
PIERRE fut, en 11**, créé par le Pape Luce 11, cardinal du litre de Sainte-Marie in Vin lata.
PIERRE, de Miso, nommé en 1158 par le Pape Adrien IV, diacre-cardinal du litre de Saint-Euslache, puis prêtre du titre de Saint- Laurent in Danuuo, fut légat en Hongrie.
PIERRE, prêtre-cardinal du titre de Sainte- Cécile en 1159, -sous Adrien IV, fui antipape sous le nom de Victor IV.
PIERRE, Bolonais, créé en 16** par le Pape Alexandre III, diacre-cardinal du litre de Sainte-Marie in Aquiro, puis prêtre du titre de Sainle-Susanne, fut légat en Sicile.
PIERRE, 57' évêque de Meaux, succéda vers 1172 a Elienne do la Chapelle. Reçu docteur dan-s l'Université de Paris, il s'éleva par degrés aux plus hautes dignités do l'Eglise. Archidiacre, puis abbé, il monta ensuite sur
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le siège de Meaux, et, eo 1173, fut créé cardinal par le Pape Alexandre III, qui l'estimait beaucoup, et qui le fit trois rois légat en Fraoce, la 1" en 1173, contre les Va udois;la 3* en 1177, pour établir la paix entre Henri, roi d'Angleterre, et Richard son fils,
Ïui avait épousé une fille du roi Louis le cnne; et enfin en 1178, contre les Albigeois. Quoique nommé au cardinalat, il retint pendant quelque temps l'évêché de Meaux ; ce qui donna lieu a Alexandre III de lui écrire en ces termes : « Plus tous êtes élevé en dignité, plus vous devez veiller sur votre conduite. Il faut qu*on trouve en vous beaucoup de choses à imiter, et rien a reprendre. Vous réservez encore l'évêché de Meaux et vous jouissez des revenus de cotte église, en sorte que vous entravez la liberté d'une élection nouvelle. Une pareille conduite ternit votre réputation et vous déshonore. On vous taxe d avarice. Je vous conseille, et vous enjoins même de vous désister, sans tarder, de cet évêché, » etc. Sur cette lettre, datée de Ferente le 8 septembre, Pierre Quitta Pévêcbé de Meaux, et on procéda à 1 élection de son successeur.
PIERRE, créé par Alexandre m en 1173, cardinal du titre de Sainte-Sabine; légat en Frnnce contre les Albigeois.
PIERRE, de Pavie, créé en 1178 par le Pape Alexandre 111, cardinal-évêque de Frascati. fut vicaire de la ville de Rome.
PIERRE, de Plaisance, nommé par le Pape Luce 111 en 1185, diacre-cardinal du titre de Saint-Nicolas m Car c ère, puis prêtre du titre de Sainte-Cécile, fut légat en Sicile. (Première promotion.)
PIERRE fut créé en 1188 par le Pape Clément III, prêtre-cardinal du titre de Saint- Clément.
PIERRE fut nommé dans la même promotion de 1188, faite par Clément III, diacre* cardinal, puis prôtredu titre de Sainl-Pierreès-Liens.
PIERRU-GALLOC1A, Romain, fut créé, dans la troisième promotion, cardinal-évêque do Porto par Clément 111, Pape de 1188 à
PIERRE DE MORRA, de Bénévent, créé par le Pape Innocent en 1205, diacre-cardinal du titre de Saint-Ange, légal en France et en Aragon, mourut en 1213.
PIERRB SAXON, d'Aniane, créé par le Pape Innocent 111 en 1206, prêfre-rardinal du litre de Sainte-Pudentiaue, fut légat en Allemagne.
PIERRE DE DOUAI, Flamand, <réé par le même Pape Innocent III en 1212, prêtrecardinal du titre de Saint-Laurent tn Damas o, puis légat en France, en Espagne, et évôquo île Sabine, mourut en 1221.
PIERRE, Romain, nommé en 1216 par le Pape Honoré III, diacre- cardinal du titre de Saint-George in Velabro, mourut en 1242.
PIERRE de Capoue, laineux docteur en théologie de la faculté de Paris, fait en 1220 par le Papo Honoré UI, prêtre-cardinal du titre de Sainte-Croix de Jérusalem, fut -ensuite patriarche d'Antioche.
PIERRE DE BAR, Français, abbé (TOgny, créé en 124*, par le Pape Innocent IV, wfitrfrcardinal du titre de Saint- Marcel, puis évêqae do Sabine et légat en Espagne, mourut eo
PIERRE DE TARENT AISE, Savoyard, archevêque de Lyon , nommé en 1273 par le Pape Grégoire X, cardinal-évêque d'Oslie, fut Pope sous le nom d'Innocent V.
PIERRE DE B ARC LIS, Français, religieux de Pordrede la Merci, créé'cardinal par Nicolas IV, Pape de 1288 à 1292, mourut eo 128».
^ PIERRE D'AQUILA , religieux du Mont- Cassin et archevêque de Bénévent, créé en 1294 par Célestin V, prêtre-cardinal du titra de Saint-Marcel, mourut en 1298.
PIERRE VALERIANO, fait en 1295 \*x Boniface VIII, diacre-cardinal du litre do Sainte-Marie la Neuve, légat h Bologne, Venise, en Lombardie, en Toscane, enOmbrie, vice-choncelier de l'Eglise, mourut en 130V.
PIERRE; Espagnol, évôque de Burgo*, créé en 1302 cardinal-évêque de Sabine par Boniface VIII, qui, dans son règne de 1294 a 1303, créa 18 cardinaux, moorut en
PIERRE DE LA CHAPELLE (db Capslla) naquit'à la Chapelle, dans la Marche Limousine, d'Etienne, chevalier et aeigneurdela C h a pel te. — Success ivementprévdtd 'Ey moutiers, au diocèse de Limoges, professeur en droit dans l'université d Orléans en 1278, il obtint, la même année, un cnnonicat de l'Eglise de Paris, où son mérite le fit distinguer. La cour, instruite de ses talents, l'envoya a Toulouse on 1288 pour y tenir oo parlement avec Bertrand, abbé de Moissac. Il en tint un autre à Paris, en 1290, avec Gilles Camelli, et, deux ans après, fut nommé à Pévêcbé do Carcassonne, après la mort de Pierre Pétri. Il y lit des ordonnances utiles pour rétablir la discipline dans son diocèse, et réforma les abus. Eo 1296, il assista au mariage de Constanre, Alla aînée de Roger Bernard, comte de Fofx, et de Marguerite de Béarn, qui épousa Jean de Levis de Mirepoix : celte cérémonie eut lieu dans la salle du chapitre des Cordeliers de Carcassonne. Après que Frédol, évêque Montpellier, eut cédé an roi de France, Philippe le Bel, les droits seigneuriaux qu'il avait sur celte ville, Pierre de la Chapelle fut choisi pour examiner les droits que prétendait avoir sur la même ville le roi de Majorque. C'est la même prélat qui, en 1295, avait réglé Veiéculiondu traité conclu entre Philippe le Bel, Charles, comte de Valois, son frère, Jacques, roi d'Aragon, et Jacques, (Ot de Majorque. Il gouvernait depuis six ans le diocèse de Carcassonne,qiiand Boniface VI 1 1 le transféra à l'évêché de Toulouse. Le Pape Clément V le créa cardinal en 1305, et lui donna l'ouVe d'inquisiteur général sur lus Templiers. Pierre mourut le 16 mai 1312.
PIERRE, Français, abbé de Saînl-Sevtr Je
Rustnn . fui le 2V et dernier rnrdina par Clément V, Pape de 1305 h 131*.
PIERRE LE TESS1ER , Français, créé en 1320, par le Pape JeanXXIl, prêtre-cardinal du titre de Saint-Etienne in Calio monte t chancelier de l'Eglise, mourut en 1325.
PIERRE DE CORBERIA. — Voy. Nicolas.
PIERRE DE CHAPPES , Français, évêque de Chartres, fait en 1327, par le Pape Jean XXII, prêtre - cardinal du litre de Saint-Clémonl, mourut en 1336.
PIERRE DE MORTEMER, Français, évô* que d'Auierre, créé dans la même promotion par le Pape Jean XXII, prêtre-cardinal du titre de Saint-Etienne in Calio monté, mourut en 1335.
PIERRE ROGER, Français, abbé de Fé- «*amp, puis archevêque de Rouen, créé en IJ37, par le Pape Benoit XII, prêtre-cardinal du litre des Saints Nérée et Achillée, fut Pape sous le nom de Clément VI.
PIERRE CYRIACI, Français, fait en 13V2, par le Pape Clément VI , prêtre-cardinal du titre deSaint-Chysogon, puis légat en Italie, mourut en 1351.
PIERRE ROGER, Français, fait en 13i8, par le Pape Clément VI , son oncle, diacrecardinal du litre de Sainte-Marie la Neuve; fui Pane sous le nom de Grégoire XI.
PIERRE TORNAQC1NC1, Florentin, créé en 1362 par le Pape Urbain V, prêtre-carilinal du titre de Saint-Marcel , mourut en
PIERRE DE CHINAC, Français, créé par le Pape Urbain V, en 1368, prêtre-cardinal du titre de Saint-Laurent in Damaeo, mourut en 1370.
PIERRE DE VERUCHE, Français, créé en 1371 par le Pape Grégoire XI , diacrecardinal du titre de Saiitte-Marie in Via làta, mourut en 1403.
PIERRE DE BERNIER, Français, nommé en 1375, par le Pape Grégoire XI , prêtre* cardinal du litre de Saint-Laurent in Lucina,
PIERRE DE LUNE, Espagnol, fait en 1375, par Pape Grégoire XI, diacre-cardinal Ju titre de Sainte-Marie in Cosmedin , fut nilipape tous le nom de Benotl XIII.
PIERRE DE TARTARIS, Romain, abbé lu Mont Cassin, dit te Cardinal de Riéti, fut e 22* et dernier créé par Grégoire XI, Pape Je 1370 a 1378; il mourut en 1295.
PIERRE, Espagnol, évoque de Plaisance, ut Dominé, «a 1378. prêtre-cardinal par Irbaiu VI, Pape de 1378 à 1389, et qui créa •6 cardinaux. *
PIERRE DE SARUNAS , Français, areheéque d'Embrun , créé en 1378, par l'antiape Clément VII , prêtre-cardinal du litre e Sainte-Marie au delà du Tibre, et évêque e Sabine, mourut 1390.
PIERRE DE BARRIÈRE , Français, évôue d'Aulun, créé en 1378, par l'antipape Urnent VII, prêtre- cardinal du titre de lint-Marcellin et de Saint-Pierre, mourut i 1383.
PIERRE TOMACELLI, Napolitain créé par
DES CARDINAUX, créé
PIE
de Saint Georges in Velabro, puis prêtre du litre *Je Sainte- Anaslasie, fut Pape sous le nom deBoNiPACR IX.
PIERRE ROSEMRERG , Bohême, nommé par le Pape Urbain VI , en 1385 , prêtrecardinal ; n'aOcepia pas.
PIERRE DE LUXEMBOURG, né en 1369, était fils de Gui de Luxembourg , premier comto de Ligny, et de Mahaud de Cliâtillon. comtesse de Saint-Paul. — Du côté de son père, il sortait d'une maison qui a donné quatre empereurs à l'Allemagne ; d'ailleurs cou«in, au k* degré, deWenceslas, alors empereur, et roi de Bohême ; dont le frère Sigismond , roi de Hongrie, parvint depui* a l'empire. Après avoir achevé ses éludes dans l'université de Paris, il fui pourvu d'un canonicat dans l'église cathédrale de cette ville, puis de la dignité d'archidiacre en l'église de Chartres. Il n'avait que quinze ans
Suand le Pape Clément VU , opposé à rbaiti VI , le fit évéque de Metz en 138b, persuadé que sa sagesse et sa vertu suppléeraient a sa grande jeunesse. Il le manda ensuite à Avignon, où il le créa cardinal en 1386. Mais ce saint prélat mourut l'année suivante d'une maladie contractée par ses grandes austérités. Le Pape Clément VIII , successour d'Adrien VI, le déclara bienheureux en 1527.
Voici son éloge par le P. Alby [1644] : « S'il y a quelqu'un qui puisse naître heureux au monde, et, dès l'entrée qu'il fait dans la vie sortir en quelque façon des misères communes, ce n est pas à mon avis celui qui a été recueilli en sa naissance sur la pourpre ou dans les bras de la fortune dorée en l'aûluence de tous les biens, puisque l'on voit souvent que les enfants qui naissent avec le plus d avantages de la furlune, sont moins pourvus de ceux de l'esprit, el font de l'abondance des commodités que la nature leur a fait échoir en partage , la nourriture de leurs vicfes. Mais c'est sans doute plutôt celui qui , cuinme parle le divin Sage, a rencontré une bontie Ame, comme un terroir très-propre h porter les plantes célestes de toutes sortes de vertus ; et qui se trouve si avantageusement doué de bonnes inclinations naturelles , qu'on dirait que l'innocence est née avec lui, et qu'il tient des soins de la nature les vertus qu'un ne reçoit que des libéralités de la grâce. Ce qui a excellemment paru au B. cardinal Pierre de Luxembourg, pour avoir reçu des faveurs du Ciel, avec le préseut d'une belle el riche nature des dispositions si propres a tous les exercices de l'honnêteté, qu'il pouvait sembler à plusieurs n'avoir pas plus tôt reçu l'usage des sentiments et de la vie, que de la vertu.
« Il était issu de la très-illustre et trèsancienne tige de Luxembourg, qui a fourni quantité de rois à la Hongrie et à la Bohême, une reine î la France, quatre empereurs à l'Occident; plus glorieuse pour avoir plié du ses branches en la personne de ce cardinal, une couronue d'honneur a la sainteté et à la
iboiu VI. en 1381, diacre-cardinal du litre vertu hôroïquo , que pour avoir en divers
159i PIE DICTIO?
endroits ou monde peuplé les sceptres do la royauté.
■ Toule sa vie fut pleine de merveilles, et il fut miraculeux en l'Age même» où Ton se contente, s'il promet à ravenir la vertu qu'il ne peut pas encore montrer. Ce gui parut en un miracle que Dieu fil en faveur de l'amour qu'il avait pour les pauvres, en l'Age seulement de huit ans ; car, ayant élésurpns par le comte de Luxembourg , son père , comme il portait secrètement dans le pan de sa robe, à ceux qui mendiaient a la porte , une pièce de ebair cuite qu'il avait tirée de la marmite pour leur donner, et étant forcé de lui montrer sans délai ce qu'il portait ainsi caché, il fit voir celte chair, en plein hiver, par miracle, changée en belles roses, faisant conjecturer du printemps avancé de ces fleurs , combien abondante serait- la cueillette des fruits de la vertu , qu'il produirait en un âge plus mûr.
« Quelque temps après, son père l'envoya ii l'université de Paris pour l'y faire élever aux études des bonnes leitres, dans l'opinion qu'il avait que jamais la plume ne fit déshonneur à l'épée . voire qu'il est souvent advenu que là où l'épée se trouvait courte, la plume a fait la juste mesure d'une belle fortune. Le jeune homme y apprit cependant la piélé avec les lettres , et s'y destina à bon escient k la suite de la dévotion , entreprenant au surplus de rigoureuses âprelés pour mater et capliver son tendre corps. En quoi il était pour commettre de grands excès , s'il n'eût été redressé par la sage conduito d'un grand serviteur de Dieu, nommé Philippe de Mazières, qui, de chancelier du royaume de Chypre, ennuyé eljlassé de la vie tumultueuse qu'il avait menée au monde, s'était lié aux lois d'une vie solitaire; il modéra par ses avis les excessives austérités où le portaient les premières ardeurs d'une jeune dévolion qui avait beaucoup de feu et peu de lumière.
« Il était bien si fort adonné è tous les exercices de la piélé, que ses parents entrèrent en appréhension qu'il ne prit le parti d'un cloître, ce qui n'était nullement de leur dessein, ni de leur goût : dont ils s'avisèrent de l'attacher à des bénéfices ecclésiastiques, le faisant soudainement pourvoir d'une channiuie, qui se trouvait alors vacante, en l'Eglise cathédrale de Notre- Dame de Paris ; à quoi il s'accorda volontiers, et s'en estima grandement honoré, quelque petit que fût le bénéfice, eu égard ou rang, que sa naissance lui avait acquis au monde, et aux biens qu'elle lui gardait dans les partages de sa maison. Mais lui ne regardait simplement qu'à l'honneur qu'il avait d'être député au service de Dieu et de ses autels, et do pouvoir en vertu de sa profession mettre à l'emploi ses dévotes volontés, et approprier à l'avenir ses actions, comme son état, au Maître et ou Scigueur souverain de sa vie.
« La belle renommée de ses vertus s'élant épandue jusqu'à Avignon, où le Pape schismatique qui prit le nom de Clément VII,
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s'était relire. Urbain VI, légitime Pontife de l'Eglise demeurant dans Rome ; il fut pourvu du propre mouvement do Clément, de i'évôché de Metz, nonobstant son bi* âge, qui n'était alors que de quinze à $«114 ans. Mais on ne lient jamais compte de l'âge de la vertu, quand elle a prévenu le temps. Et il en donna une nouvelle preuve, en la courageuse résistance qu'il apporta à l'élection qui avait été faite de lui, dans les retranchements où il se tint de soo incapacité et de ses faiblesses, jusqu'à souffrir un commandement, et une déclaration absolue de la volonté du roi, qui adhérait alors au parti de Clément. En suite de la* quelle il plia craintivement' les épaules sous une si pesante charge, et lâcha de s'en acquitter avec des soins et des fotignes qui surpassaient son âge et ses forces. Car, ayant ramassé quelques prêtres, des plus pieux et des plus Agés de son diocèse, il commença aveo le sliflVagant qui lui avait été donné, de faire ses visites; épandant partout les semences de la piété, eiterminant de tout son pouvoir la racine des vice», et des désordres publics, et emplissant des merveilles de ses beaux-exemptes les yeut et les cœurs de ses diocésains, qui, à voir les saintes ardeurs de son zèle, l'eussent tantôt pris pour quelque séraphin descendu du ciel parmi eux, si ces flammes charitables qui échauffaient les autres, ne l'eussent point consumé lui-même.
« Il mettait peine que les églises fussent proprement ornées et bien servies : dont il fil une liste des plus pauvres, eux réparations desquelles il voulut que le tiers de son revenu fût employé; l'autre tiers étant destiné aux personnes nécessiteuses do diocèse ; et le reste pour lo maigre entretien do sa personne et de sa famille. Et comme il versait toutes les douceurs de son cœur sur le prochain, il gardait d'extrêmes ri* gueurs pour soi-même ; châtiant son rorns fort sévèrement avec la discipline, particulièrement après ses confessions, pour satisfaire à la justice punissante de Dieu : encore que d'ordinaire il portât un rude cilice.qui meurtrisait tout son pauvre corps, avec udi grosse ceinture de crin de cheval à nœuds, de laquelle il se serrait si fort, que de fois elle entrait dans la chair, et le sang en découlait en abondance; chargeant ainsi son corps innocent des sanglantes livrées de I» pénitence, et le punissant pour les crimes qu'il n'avait pas faits.
« Pendant le peu de temps qu'il séjourna en son évéché, il s'acquit singulièrement la bienveillance du ciel, les respects, et l'admiration de ses diocésains, la gloire el la réputation de sainteté partout.
». « Le Pape Clément tout glorieux de digne choix qu'il avait fait d'une personne à pleine de vrais et solides mérites, et désireux d'en orner sa cour, lui manda de I* venir trouver en Avignon, où peu aopsra* vaut l'empereur Charles IV, de Luxembourg, son parent, lui avait rendu l'honneur de sa visite, et où il fut reçu do tous avec !e*
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témoignages d'une joie publique, el spécialement du Pape qui lui fll toutes sortes de caresses el de bon accueil, le créant le lenlemain de son arrivée diacre -cardinal du titre de Saint-Georges au Voilo d'or en présence des cardinaux de son parti, et des seigneurs de sa cour, qui concevaient tous dè grandes espérances de ce jeune prélat, et applaudissaient de cœur à sa promotion, comme autant, ou nlus due au mérite de sa vertu, que de sa naissance.
■ Il n'y avait que lui seul uni parût triste parmi les réjouissances publiques qui en furent faites, craignant extrêmement que l'éclat spécieux de cette dignité ne l'attirât à quelque péril de la vertu et de la conscience. Donc il prescrivit dès lors de trèsrigoureuses règles à ses sens, et les arma à l*épreuve des plus puissants appâts de la vanité, et des voluptés ses plus mortelles ennemies. El sans mentir on peut dire ds lui, que dans laffluence des biens, el des commodités que la grandeur de sa condition lui pouvait fournir à souhait, il était comme unebienen la maison de son maître, vivotant presque seulement avec du pain et de l'eau, el se couchant après sur le pavé couvert d'une simple natte de joncs, où il vaquait à l'or.iison la plus grande partie de la nuit; laissant son lit mollet, et de parade vije, encore que le lendemain il parût qu'il y eût couché; cachant par un saint Artifice sa vertu à la connaissance des hommes, il avait l'applaudissement du graud théâtre des anges.
« Il est bien vrai que toutes les vertus éclataienta merveille dans la vie, et dans les déportemenls Je ce bienheureux cardinal, qui en un âge si peu avancé paraissait è tous comme un original achevé de perfection : niais les (rails les plus doux, comme les plus ravissants, élaient pris des exemples de sa charité bienfaisante envers les pauvres, pour lesquels il ne se contentait pas de satisfaire au vœu qu'il avait fait,» de leur donner la tierce partie de ses revenus, mais en outre après avoir pourvu au petit ordinaire de sa table, et aux nécessites de sa famille, il voulait que le surplus leur fût secrètement distribué. Il éparguail encore pour eux sur la dépense de ses habits, n'ayant jamais qu'un vêtement de la plus simple étoffe, qu'il portait toujours tant qu'il fût entièrement usé. Et il lui est quelquefois arrivé de se déguiser sous quelque vil el vieux manteau, au temps auquel il avait aperçu ses serviteurs le plus occupés, ut de jeter de l'argent des fenêtres les plus h notées du logis, h ceux qui mendiaient par les rues ; semant a profit dans le ciel, ce qu'il jetait libéralement dans les maius des pauvres.
m Et sa vertu n'avait point le front si tendre aux pointes de la vanité, qu'elle ne le durcit aux occasions, où elle devsit faite de ses actions, des exemples aux autres, lie qu'il craignait le plus, comme le faible de ao il cœur, qui est néanmoins l'essai de loijs les bous courages, c'est le plaisir qu'i: