‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 301 sur 457 · RAG · texte numérisé non relu

RAG

coour religieux le goût des vérités graves et sérieuses de la religion.

« Je prie Dieu» » écrivait Fénelon au P. Quinni ,« qu'il vous remplisse de son « esprit de simplicité et de force, afin que « vous ne suiviez ni vofro goût naturel, ni « votre curiosité pour la science, ni le plai- « sir de l'esprit, ni celui de la société avec « les personnes savantes, mais l'enfance de a la crèche et la folie de la croix : Nos stulti « proplcr Christum, vos autem prudentes in « Christo. (I Cor. iv, 10.)

« N'allez pas augmenter le nombre de ces < esprits pénétrants et curieux que ta science t enfle; mais nourrissez-vous dos paroles c Us ta foi, pour apprendre aux hommes è « se renoncer et a être pauvres d'esprit... « Quittons tout ce qui n est que curiosité, • qu'ornement d'esprit. Depuis que la Pro- « vidence m'a imposé des devoirs sacrés, en « me plaçant an rang des premiers pasteurs

« de I Eglise, j'ai renoncé à ces douces dis* « tractions qui firent autrefois les délices de

qu

« ma jeunesse ; et je me permets à peine de

« parcourir quelque ouvrage de littérature, c lorsqu'il tombe nous ma main. »

« Le cardinal Quirini ajoute que, lorsqu'il eut lu cclto lettre de Fénelon. il prit avec lui-môme l'engagement d'être fidèle aux sages inspirations qu'elle renfermait, de les adopter comme une règle invariable dans le choix de ses études, et de se défendre de cet esprit de curiosité, de cet extrême ardeur pour les sciences humaines, dont l'attrait trop vif l'avait peut-être séduit et n'avait pas échappé à la pénétration de Fénelon : il croyait même, en publiant cette lettre de l'archevêque de Cambrai, rendre service à tous ceux qui ne savent pas assez se prémunir contre une passion si séduisante, ni observer colle modération si nécessaire pour diriger les penchants tes plu* estimables. ■

QU1ROGA (Gaspard), Espagnol, érôque de Cuença , puis archevêque de Tolède, grand chancelier de Caslille, el grand inquisiteur, créé en 1578. par le Pape Grégoire XIII, prêtre-cardinal du titre do Sainte-Balbine, mourut en 153'».

RABASTEINS (Pilfort db), né au château de Saint-Géri,dans le diocèse d'Alby, sorlnil de l'illustre maison do Knbasleins.— D'abord religieux bénédictin, abbé de Lombez en 1310, puis évêqne de Pamiers , il essuya dans celle ville bien des tracasseries do la pari des chanoines. Il en triompha enfin grâce h son esprit de conciliation. Peu de temps après il fut élevé sur le siège épiscopal de Léon en Espagne, et, en 1318, sur celui do Rieux, dont il fui le premier prélat. Le P»wpo Jean XXII, son compatriote el son ami, le créa cardinal en 1320. Rabasleins mourut peu après en 1321, avec la réputation d'un prélat irréprochable, aussi pieux que savant. On le choisissait comme arbitre pour terminer les différends qui s'élevaient dans son pays.

RABÀUD fut, en 1138, dans la quatrième promotion du Pape Innocent 11, nommé cardinal, puis évêque de Modène.

RADZEV1LL (Georges de), Polonais, coadjuteur de Vilnn, nommé, par le Pnpo Grégoire XIII, en 1583, prêtre-cardinal du litro de Saint-Xiste, évôquo de Cracovie, mourut en 1600.

RADZIEJOWSKI (Michel), était fils de Jérôme Radziejow>ki, slarosie (IV), deLomzen, et depuis vice-chancelier do Pologne, et d'une fitle du comte do Tornow, qui mourut en accouchant de lui, le 3 décembre 16^5. — Il jicrdil aussi son père à l'âge de 9 ans. La reine Marie-Louise de Gonzague prit soin de son éducation, l'envoya étudier à Paris au collège (l'Harcourt, el le fit voyager dans les pays étrangers en fournissant à ses dépenses. Le maréchal Sobieski, son parent, devenu roi sous le nom de Jean III, le nom-

ma a l'évêché de Warmie en 1679, el lui donna la charge de vice-chancelier du royaume. En 1686, il lui obtint du Pape Innocent XI un ehapeau de cardinal. Ce prince le nomma enfin archevêque de Gnesne, cl par la lo fit monter à ta primatic du royaume. Après la mort de Jean III, lo cardinal-primat convoqua les étals pour qu'on procédât h l'élection. Il fit tout ce qu'il pat pour empêcher In division des esprits, et cependant ils se partagèrent ontre le prince de Conti, qui eut plus de voix, el l'électeur de Saxe. Celui-ci so fit couronner sans la participation du primai, qui, préférant le repos de sa patrie a l'honneur de sa dignité méprisée, consentit enfin a reconnaître le roi Auguste. Ce monarque, après avoir manqué à bien des engagements qu'il avait signés lors de son couronnement, el avoir attaqué mal a propos le roi de Suède, Charlos XII, en Livonit attira dans la Pologne ce jounc conquérant, résolu à ne point poser les armes, qu'il n'eût détrôné son ennemi. Le cardinal primai vit échouer tous ses efforts pour rétablir la paix dans sa pairie. Les alfa ires so troublèrent de plus en plus. La cour du Home parut mécontente du primat, qui avait fait bien des concessions au roi de Suède, dons l'espérance do l'amener à des pensées de paix. On procéda a une nouvelle élection, el le comte Leczinski, qui fut élu, prit le nom de Stanislas. Lo cardinal Radziojowski, retiré à Danlzig, y mourui, le 13 octobre 1705, dans sa 60' onnée, avec la réputation d'uu préiat honorable et d'un bon citoyen.

RAGGI (OcTimx), né à Gènes, d'nno famille noble, so lit considérer à h cour de Rome, où il fut protonolaire apostolique

(M) Noble polonai*. >"v«li d'un grand fief.

<l~î> RAM DICTIOP

en 1616, puis clerc de chambro en 1622. — "l'rb.iin Vlllle revêtit delà pourpre le 16 décembre 1641, el le nomma évêque d'Aléria en Corse. Raggi alla vistrr sonévêcbé, cl mourut h Rome le 31 décembre 1643.

RAGGI (Lalhekt), de la même famille que le précédent, évêque de Catane, on Sicile, trésorier général de la sainte Eglise, intendant général des galères de l'Etal ecclésiastique, fait cardinal en 1647, pnr le Pape Innocent X, mourut en ianvier 1687, âgé de 75 ans.

RAGDENEL (Gullacme), dit de Montforl, no à Dinan en Bretagne, était fils de Raoul Raguenel, seigneur de la Rocbc-Bernard, et d'Elisabetli de Lohéar. Evêque de Sainl- M.nfo en 1423, il se mit, l'année suivante, è Ja téie des troupes de Bretagne, et, marchant contre les Anglais, il les obligea à so retirer de devant le monl Saint-Michel, qu'ils assiégeaient. — Créé cardinal en 1430 par le Pope Martin V, il passa à Rome ; et, comme il se rendait secrètement au concile do Bâte, contre la volonté du Pontife, il mourut Mibitement à Sienne le 27 septembre 1432.

RA1M0ND NONNAT (Sâi*T), naquit en Catalogne, en 1204, au bourg de Porlel, dans le diorèse d'Urgel. Sou père était de la hoïjIc famille des Sarrois, depuis appelés Segebs, alliée aux célèbres maisons de Foix el de Cardonno. — Sa mère mourut, étant enceinte de sept mois, et les médecins assuraient que l'enfant éluil mort aussi. Pendant qu'on délibérait, un des parents tira un poignard, elen fendit lecoié gauche de la défunte; on vit aussitôt paraître l'enfant plein de vie. Il fut à l'instant baptisé, nommé Raimond, par Raimond, comte de Cardonne, allié de la maison des Sarrois, et surnommé Konnat, c'est-à-dire en langage catidan, gui n'est pas né, parce qu'il no vint pas au monde par les voies ordinaires. Devenu grand, il voulut enlr<*r dans l'ordre de la Mi roi, dont saint Pierre Nolasque, qui en était fondateur, lui donna l'habit dans la ville de Barcelone. Envoyé ensuite à Alge. pour racheter les Chrétiens captifs, il s'y distingua tellement par ses actes de chanté, cpie le Pape Grégoire IX le fit cardinal du titre de Suint EusUche en 1237, et l'appela ii Rome pour se servir de ses conseils. R.iîniond se mit en chemin pour obéir à Sf' Suintelé; mais, entré dans la maison dû « oiuic de Cardonne, qui était à deux journées do Barcelone, il y fut attaqué tl'uno tiévio qui Penlova lo 31 août 1240, âgé de #6 ans. Binolt XIII, tenu pour Papo par la France et l'Espagne, le mit au nombre des saints; ce qui fut ratifié par le concile de Constance. Urbain VIII ordonna sa fêle par un bref du 9 mai 1626 ; Alexandre VII fit mettre le nom du saint dans l# Martyrologe romain le 7 ai ûi 1657, et Innocent XI porta un décret le 10 mars 1681, pour insérer son office dans le bréviaire romain.

RAM (Domimqi e), né à Alcanilz, pelilo ville d'Aragon, après avoir étudié avec succès et rempli ditrérentes fondions, fut inv-'>li, en 1411, dclévêché de Huesca, après

NAIRE RAN

Jean de Tauslo de l'ordre de la Merci. — La mort de Martin, frère puîné de Jean I, lequel Martin s'était fait roi au préjudice de ses nièces, amena une vive contestation entre les divers prétendants à la couropne d'Aragon. Les états, assemhlés à Alcognilz, nommèrent neuf arbitres pour décider ce différend. L'évôque de Huesca fut un des principaux ; el lorsque Fprdinand, dit le Juste, infant de Castille, eut été préféré à ses concurrents, to même prélat fut député afin de lui en porter la nouvelle. Envoyé ensuite en Italie, il fut gouverneur de Sicile, après avoir été pourvu do l'évêchéde Lérida. Fait cardinal en 1426 par le Pape Martin V, il eut plus tard l'archevêché de Tarragone et l'évêché de Porto, co qui le plaçait dans l'ordre des six cardinaui-évêques. Alphonse V le rappela en Aragon , pour l'assister de ses conseils pendant la tiuerre qu'il soutenait contre la Castille. Ram le porta h la paix, conclut une trêve de cinq ans, et retourna a Rome où il mourut en 1445, .tçé d'environ cent ans.

RAMPI30 (HekriJ, dit de Sainf-AIioio, fils de François Rampino, s'appliqua avec tant de persévérance à la théologie et à l'étude de la jurisprudence canonique, qu'il y devint très-habile, et fut nommé prehevêque de Milan. Dans une grande cherté de vivres, il vendit toute sa vaisselle d'or et d'argent et ses meumes les plus précieux, pour subvenir aux besoins de son peuple. Elevé, en 1446, è la dignité de cardinal par le Pape Eugène IV, il en jouit peu, étant mort lo 4 juillet 1450, Agé de soixante ans. Pendant sa dernière maladie, comme on le pressait de faire son testament, il répondit qu'il était fait el déclara avoir donné tout son bien » l'Eglise, ne pouvant avoir d'héritier plus illustre que Jésus-Christ qui prend la qualité d'Epoux de l'Eglise.

• RANGIER, (HAi\GlERVS)f né dans la diocèse do Reims vers 1035, étudia sous saint Bruno avec Eudes de Châlillon, chanoine de Reims, depuis cardinal, et Pape sous le nom d'Urbain II. — Avant renoncé au monde et s'élant retiré dans" l'abbaye de Marmouliers, près de Tours, fondée par saint Martin, il y serait mort sans doute dans l'obscuriié, sa"ns un différend qui s'éleva entre les religieux el l'archevêque de Tours. Bernard, nbi>é de ce monastère, ayant confiance dans le prieur Bernard Poncé el dans Rangier, tous les deux Rémois, les envoya à Rome, espérani qu'ayanl été, l'un tt I notre, condisciples du Pape, ils obtiendraient facilement ce qu'il sollicitait. Il ne se trompa po nt dans son allenle. La bulle expédiée, Bernard Ponce revint en France; le Saint- Père retint auprès de luiRangier, le nomma dans la suite cardinal, et. en 1090, archevê^ que de Reggio, en Calibre. En 1005. celui-c: accompagna en France Urbain 11. et assista au concile de Clermont, où fut résolue la première croisade,el où il fut déclaré que l'abbaye de Marmoutier relèverait immédiatement du Saint-Siège. Aorôs la clôture du concile, il assista lo Pontife dans !a consécration de

nu

l'église de Msrmoutier, puis retourna a Rfggio. En 1106, il se trouvait au concile «le Guaslaila avec lo Pape Pascal 11. L'abbé Dghel dit de lui : Vir magnœ exislimalionix, nomme d'une grande autorité. L'époque de sa mort est inconnue.

RANGONI (Hercile), (ils de Nicolas Rangoni, comte de Goriiguauo, dans la Marche- Trévisane. et de Blanche Beativoglio, appartenait a une des plus illustres familles de l'Italie. — Prolonolatre apostolique, puis premier- cnméi ior du Pape Léon X, il fut élevé en 1317 au cardinalat par ce Pontife, qui le pourvut successivement des évôchés d'Adria, de Cave, iJo M.tzara, et enfin de celui do Modône, sa patrie. Ce prélat fut arrêté, avec lo Papo Clément VII, par les impériaux, lorsqu'ils se rendirent maîtres de Rome, et enfermé prisonnier avec ce Pontife dans lo château Sainl-Ange, où il mourut peu après en 1527, étant encore fort jeune.

RAN1ER1 (Rodolphe-Jeas-Josepu). archiduc d'Autriche, né à Florence en 1788, archevêque d'Oimulz , fut fait cardinal par Pie VII en 1819. Il mourut en 1831.

RANUZZ1 (Ancelo), Bolonais, archevôquo de Damiette, puis évoque de Fano, nonce en Pologne, puis nonce extraordinaire en France, fut, pendant celte dernière nonciature, nommé, par le Pape Innocent XI, le 2 seplembre 1686, cardinal, puis archevêque du Bologne. Il mourut à Fano lo 27 septembre 1689.

RANUZZI (Vincent) , né a Bologne en 1726, évéque d'Ancône, fut fait cardinal par Pie VI eu 1765. Il mourut en 1800.

RAPACCIOLI (Fhançois-Alg.) , Romain, lait, eu 16'*3, par le Pape Urbain VUI, prêtre-cardinal du litre de Sainte-Marie in Fia tuta, puis de Sainte-Cécile, évéque de Terni, mourut en 1657.

RASPONI (Cksab), reçut le jour, en 1015, h Ravenne, d'une des premières familles de l'Italie. Comme il montrait les plus heureuses dispositions, sa mère, resiée veuve de bonne heure, lo conduisit à Rome, où il réalisa toutes les espérances qu'il avait, fait concevoir. — Urbain VIII ayant entendu parler de ce jeune prodige, à peiue âgé de ik ans, témoigna le désir de l'entendre. Celui-ci prononça, dans la chapelle du Vatican, en latin, puis en hébreu , le panégyrique du bienheureux Louis de Gonzague ; et le Pontife, charmé de sou savoir et des grâces de son éloculion, lui fil don duno abbaye. Il étendu ses études aux diverses branches des connaissances humaines, el fut pourvu d'un t-anonicat de S^ini-Jean de Latran, dont il devint archiviste. En 10»9, il entreprit le voyage de Paris pour (A lier de récoucilier le cardinal Fr. Burberin, son parent, avec lo Papo Innocent X, et il y réussit. Référendaire en Tune el en l'au'i .: signature, secrétaire de la Consulte, il eut une grande part aux négociations qu'amena l'insulte faite, en 1062, p a r les Corses au duc de Créqui , ambassadeur de France.

Pour le récompenser de. la capacité dont il

DES CARDINAUX. HAÏ Ui*

avaii fait preuve en 'celle circonstance, le

Pape Alexandre VU, dont il possédait depuis longtemps l'estime et la con(iance,.lc nuimii* cardinal in petto, lo U janvier 166V, mais no le déclara que le 15 février 1660, avec le titre de Saint-Jean Porte-Latine En 1668 le Pape Clément IX l'investit de la légation d'Utbin. Mais la mauvaise santé du cardinal Rasponi l'obligea à revenir à Roma ; toutefois sa démission no fut pas acceptée par le Pontife , qui espérait le voir se rétablir. Mais il ne lit plus que languir, el il expira, au milieu de vives douleurs, le 21 novembre 1075, dans la 61' année de son âge. Ce cardinal , dont la piété égalait le savoir , fut inhumé dans l'église do Sainl-Joan do •Latran, près de sa mère, a qui il y avait élevé un tombeau cinq ans auparavant. On a de ce prélat : De basilica et palriatchio Laleranensi libri iv, Rome, 1C56, in-loU fig., ouvrage curieux, pour lequel il s'est aidé des travaux d'iuuplire Panvin, do Vérone, el divers manuscrits; des Harangues ; un poëme : Princeps hicropoliticus, adressé à Urbain VIII, en remerclment de l'abbaye qu'il en avait nçue; le Journal de sou voyage en France; des Mémoires sur sa vie ; un Recueil de sentences tirées de l'Ecri* ture et des Pères, etc.

RAUSCHER (Joseph -Otmar de) né à Vienne (Autriche) en 1797, archevêque de Celle ville, a été fait cardinal en 1855.

Ce vénérable prélat s'est longtemps distingué dans la carrière de renseignement : sou mérite, sous le rapport de la science et de'la vertu, l'a conduit aux hautes dignités qu'il occupe aujourd'hui. Nous ne saurions oublier sa belle et importante Lettre sur les heureuses conséquences de l'affranchissement do l'Eglise en Autriche. Il donne a cette question les plus riches développements historiques, h démontre les résultats précieux du concordat pour la religion et i'euipiro.

RAYMOND, créé en 1158 par le Pape Adrien IV, diacre-cardinal du titre de Saiute- Marie in Fia lata, fut légat en Espagne.

RAYMOND DE PONS, Français, évéque de Péiiguoux, cardinal en 1237, lut un des quinze cardinaux créés par Grégoire IX, Pape de 1227 à 1241.

RAYMOND DE GOCT DE VILLANDRAU, Français, créé en 1305 par le Pape Clément V, son oncle, diacre-cardinal du litre de Sainte-Marie la Neuvo et légat en Italie, mourut en 1310.

RAYMOND DE FARGIS, Français, fait, en 1310, par le Papo. Clément V, son oncle, diacre-cardinal du litre de Sainte-Marie la Neuve, mourut en 131V.

RAYMOND LK ROl'X, Français, créé en 1320, par le Pape Jean XXII, son parent, diacre-cardiual du litre de Saintc-Mar:e in L'osmtdin, puis prêtre du litre de Sainl- Chrysdgou, moiiiul en 13V2.

RAYMOND Dh MOiE VEROLE, Français é\éq<i<: d" Sainl-Papoul, créé en 1-.I27 pur bi

i U3 KKB DICTIONNAIRE

Pape Jean XXII, prêtre-cardinal du litre do Prosper

Saim Eu«èbe, mourut en 1335.

RAYMOND ALBERT, de Barcelone, général de l'orJro de I» Merci, vingt-neuvième et dernier cardinal créé par Jean XXII, Pape de 1316 h 1334, mourut en 1330.

RAYMOND DE TOLOSE, fils du comte de Montforl, Français, religioui de l'ordre de la Merci, septième et dernier cnrdin.d créé par Benott XU, Pape de 1334 à 1342, mourut en 1327.

RAYNAUD, des comtes deMarso, abbé du Mont-Cassin, <réé en 1140 par le Pape Innocent 11, prôlre-cordinal .lu titre de Saint- Marcellin, mourut en 1165.

RAYNAUD DE LA PORTE, Français, archevêque de Bourges, créé en 1320, par le Pape Jean XXII, prêtre-cardinal du titre des SS. Nérée et Acbillée, puis évêque d'Ostie, mourut en 1323.

RAYNAUD PISS1CÉLLI, Napolitain, archevêque de Naples, créé en 1456 par Calitle 111, prêtre-cardinal du litre de Sain'.e Cécile, mourut en 14.58.

RAYNER1US (Thiekht), évêque de Riéti, créé en 1298, par le Pape Boniface Vlll, prôtre-cardinal du litre de Sainle-Croit de Jérusalem, puis évêque de Paleslrine, mourut en 1306.

RAYN1CO, de Pavie, nommé en 1173, pa* " le Paue Alexandre 111, diacre-cardinal du titre de Saint-George in Velabro, puis prêtre du titre de Saint Jean et de Saint-Paul, fut' légat en Lombard ie.

HAYNIER, de Bourgogne, fut fuit diacrecardinal du lilro de Sainte-Marie la Neuve par Calixte II, Pape de 1119 è 1124.

RAYN1ER lut, en 1138, créé par le Pape Innocent H prêtre -cardinal du litre de Saiotu- Prisque.

HAYNIER fut nommé, en 1144, prôlrecard.nal du litre de Saint-Etienne in Catio monte par le Pape Céleslin 11.

HAYNIER, créé en 1178, par le Pape Alexandre 111, diacre-cardinal du dire de Saint-Adrien, mourut en 1182.

HAYNIER, dit le Petit, fut créé cardinal en 1185, par le Pape Luce 111.

HEB1BA (Scipion), né eu 1504 à Saint- Marc, bourg situé dans les montagnes près de Messine, en Sicile, étudia è Palerme, «>ù il fut pourvu d'une chapelle. — - Venu à Rome, il entra dans la maison du cardinal Caralfe, qui, avant ceint la tiare sous le nom Un Paul IV, le nomma à l'évéché de Motula dans la Pouille, le lit gouverneur de Rome, H cardinal eu 1555. L'année suivante ce Pontife l'envoya chargé d'une mission auprès de Philippe II, qui venait demonler sur le trône d'Espagne, à sou retour se servit de ses conseils et le nomma è l'archevêché m« Pise. Après la mort de Paul IV. Pie IV le fil arrêter sous prétexte qn'il avait eu part aux secrets des CaralTe, et il ne le mit en liberté qu'après l'avoir dépouillé ue l'arcbevêché de Pise, pour lequel il lui donna en échange l'évéché de Tropéa, dans la Ca labre, et le litre de patriarche do Cons- Untioople que le cardinal reroil à son neveu

Rcbiba. Le cardinal Rubiba, après avoir encore été inquisiteur de la foi sous Pie V, et évêque de Sabine sous Grégoire XIII, mourut en 1577, dans sa 73' année.

RECANATI (Juste), né a Camenno en 1789. Capucin, a été fait cardinal en 1853 par Pie IX.

RENAULD DE CHARTRES, 73« archevêque do Reims, assista ou concile de Constance, fut le premier ambassadeur envoyé en signe d'obédience, au Pape Marlin V, par Charles VII. — Il sacra ce monarque, en 1420, fut nommé cardinal par le Pape Eugène IV, en 1438, et chancelier do France •n 1439. Il mourut en 1444.

REGNAULT, de Chartres , Français, archevêque de Reims et chancelier de France, créé en 1439, par le Pape Eugène IV, prêtrecardinal du litre de Saint-Etienne in Cœlio monte, mourot en 1445. C est probablement le mémo que le précédent.

REISACH (Charles), ne à Rolh en 1800, ex-archevêque de Munich, a été fait cardinal en 1855. Son Eminence réside à Rome. * REMOL1N1 (François), né a Lérida, en Catalogne, de parenis obscurs, s'avança a la '.our de Rome. — Auditeur de Rôle, il fut pourvu de l'archevêché de Sorrento, au royaume de Naples, nuis de celui de Paterme. Ce prélat fut ;aussi un des commissaires chargés d'instruire le procès de Savonarole. Le célèbre Dominicain, nommé en 1488 prieur du couvent de Saint-Marc à Florence, avait tonné dans la chaire contre les désordres des grands et des princes do l'Eglise et appelé h la liberté le peuple asservi par les Médicis. Proûlant de l'arrivée en Italie de Charles Vlll, les Florentins secouèrent le joug, et Sovonarolc, devenu l'idole du peuple, lut le véritable chef de la nouvelle république [1494]. Mais poursuivi el anaihématisé par le Pape Alexandre VI, parles partisans des Médicis cl par les moines des ordres rivaux ; privé d'ailleurs de l'appui de Charles VIII, forcé de retourner en France, il sévit accusé de toutes sortes de méfaits, fut conduit en prison par ordre des administrateurs de Florence, appliqué à laque?- . lion, condamné comme hérétique, et périt sur le bûcher en 1498. Rcmoiini fut récompensé par la pourpre que lui décerna en 1503 Alexandre VI. Gouverneur de Naples sous !e pontificat de Jules 11. ce cardinal fit encore partie du conclave où fut élu Léon X, en 1513, el mourut le 5 février 1518.

REP1NDON ou REP1NGTON (Philippe), Anglais, était chanoine régulier à Lcicesler, lorsqu'il fut élevé à la dignité d'abbé, puis de docteur et de chancelier de l'université d Oxford. Il servit utilement I Eglise contre les partisans de Wiclef, et fut récompensé par l'évéché de Lincoln en 1405. et par le cardinalat qu<s le Pape Grégoire XII lui coiffera en 1408. 0:i ignore l'époque précise de sa mort.

REZZOMCO (Charles), Vénitien, fut créé cardinal rn 1737 par Clément XII, Pape de 1730 à 1740, et qui nomma Ircntç-qualro

cardinaux.

ItiS Rl\ DES CARMNAl X.

RRZZONICO (CniBtBs), Vénitien aussi, né i 172V, évôque de Porlo el camerlingue,

en 1725i., évôque

fut créé cardinal en 1758 par Clément XIII; il mourut on 1799.

REZZONICO (Jean-Baptiste). Vénitien, né en 1740, fut fait cardinal en 1770 par Clément XIV; il mourut en 1783.

MARIO (Pierre), né h Savone, dans l'Etat de Gènes, alla trouv* r dès l'âge de douze ansr à Sienne le P. François de la Rovèrc, son oncle maternel, qui enseignait la théologie aux religieux do Saint-François, dont il portait l'habit. — Riario ayant été reçu dans le môme ordre, étudia a Venise, a Padoue, h Bologne, à Sienne, ù Pérouse et à Ferrarcet fut professeur à Venise, puis provincial de la province de- Rome. Son oncle., après son exaltation sous le nom de Sixte IV, le nomma cardinal en 1471, patriarche do

Homme de bien , d'une droiture qui n'a jamais fléchi, d'une expérience, consommée, il a été grandement regretté. — Il avait gouverné, sous le Pape Léon XII, la province de Forli, avec une grande sagesse. Plus tard, on retrouva ces mômes qualités dans le gouvernement des provinces de Pisaro et Urbino, que Grégoire XVI lui avait confiées.

Pour lui donner une récompense éclatanlo doses services, le môme Pontife le nomma camerlingue de l'Eglise romaine, cl aithichancelier de l'université. En celte qualité, il prépara tout pour le conclave qui eut lieu après la mort de Grégoire XVI; il prit les rênes du gouvernement, et lit frapper la monnaie à ses armes, ainsi qu'il est dans le droit du camerlingue. Etant devonu le premier cardinal-diacre, ce fut lui qui aunonça au peuple l'élection de Sa Sainteté

le nomma cardinal en 15m, patriarche do nonca au peuple I élection d(

Conslantinople , et lui conféra en divers Pie IX, au balcon du Quirinal.

temps les archevêchés do Sévillc et do Flo- Les obsèques du cardinal Riario ont eu

rence avec d'autres bénéfices considérables, lieu dans la basilique des Douze Autres.

lie. Le cardinal ne jouit pas long- i,re des plu

ces grandeurs, il mourut à Home iége.

onliments les plus chrétiens, le 3 RlARlO

►74, avant d'avoir accompli sa 29* isio, arch

Il égala la magnificence des rois flans son train, dans sa dépense, dans les fêles qu'il donnait. Sixte IV, qui l'aimait à l'excès, le nomma en 1473 légat do l'Ombrie, puis de toute l'iialie. Le cardinal ne jouit pas temps de dans les se janvier 1474 année.

RIARIO ou GALEOTTO (Raphaël), naquit le 3 mai 1451, 5 Savono, de Violentina Riario, sœur du cardinal Pierre Riario.— Le Pa|>e Sixte IV le substitua è ce dernier, dont il lui (il porter le nom, cl le revôiit de la pourpre romaine en décembre 1477. Il lui conféra en divers temps les évôchésd'lmola, de Tréguier.d'Ossuna et de Cuença.el môme les archevêchés de Cosenza, de Salerne et l'évêché de Trente avec les abbayes du Mont-Cassin et de Cave. Il fut encore en faveur sous le pontificatd'Innnocenl VIII ; mais «nus celui d'Alexandre VI cette faveur tomba complètement. Comme il avait beaucoup contribué à l'élection de ce dernier, il espérait que ses services fixeraient la prospérité de ses cousins, fils de Jérême Riario, son oncle. Il se trompa, car Alexandre VI les déoouilla Jes principautés de Forli et d'Imola, et fit mêïue arrêter la princesse Catherine, liMir nière. Le caruinai se vil contraint de chercher un asile en France où il avait l'évêché de Tréguier. Depuis il fit parlio des conclaves où furent élus Pie III, Jules U el Léon X. Sous co dernier pontificat, impliqué dans la conjuration du cardinal Petrucci contre la vie do Léon X, il fut arrêté el enfermé au château Saint-Ange. Le Pontife, auquel il fit l'aveu de son crime, lui pardonna généreusement. Riario se relira b Naples où il mourut le 7 juillet 1521.

RIARIO (Alexa-sdbe). Holonais, patriarche d'Alexandrie, créé en 1578, par Pio V, prêtre-cardinal du litre do Sainte-Marie in Ara cœli, mourut « n 1585.

..lique

Le Pape s'y est rendu, et a- donné lui-même l'absoute. C'est une dernière preuve de bienveillance et d'égards qu'il s'est plu è donner à la mémoire d'un cardinal compté au nombre des plus grands ornements du Sacré Cul

, SFORZA (Sixte), né a Naples en . .hevêqne de Naples, fut fait cirdinal en 1846 par Grégoire XVI. Son Emiuence vil encore.

RICCI (Jean), né a Monlepulciaoo, obligé par les mauvais traitements d'une bellen ère à quitter son pays, se rendit è Rome, où il fut domestique du mailre-d'hôlel du c irdinal del Monte. — Son adresse et ses services le firent parvenir lui même à l'emploi de mattre-d'hôlel de ce cardinal , qui le donna au cardinal Farnèse, neveu de Paul III. Envoyé plusieurs fois en France et dans les Pays-Bas pour des affaires assez importantes qu'il négocia heureusement, il prit, à son retour, l'habit ecclésiastique. Paul III le fil clerc de la chambre et l'envoya différentes fois en Espagne et en Portugal. Le cardinal del Monte ayant ceint la tiare sous le nom do Jules III, conféra è Ricci l'archevêché de Siponte et la pourpre sacrée on novembre 1551. C'est h sa considération que le Pape Pie VI érigea l'église de Montepulciano en cathédrale cl qu'il en donna l'évêché à Spiuello Bencio. Le cardinal Ricci succéda è ce premier évôque et fonda dans la suite un collège pour ses compatriotes, h Pise, dont il était alors archevêque. Après la mort de saint Pie V, il réunit un bon nombre de voix pour la papauté et mourut à Roroo le 3 mai 1574, âgé d'environ 77 ans. Son corps fut inhumé è Saint- Pierro du Monl-d'Or, où l'on voit son épilaphe.

RICCI (Micdel-Ange), né à Rome en 1619. cultiva les mathématiques avec un grand succès. Son traité De maximii et minimitim est une preuve. Il s'allacha ensuite è la théologie avec la même ardeur. Après ivoir

RIARIO SFORZA (Tbomas) élait le der- passé par différents emplois, avoir été long nier cardinal de la création du Pape Pie VII. teoips secrétaire de la congrégaliou des In

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diligences el des reliques, cnnsulteur du Saint-Office, ii fut, en 1681, élevé h la dignité de cardinal par 1b Pape Innocent XI ; jl mourut Ia 12 mai 1683, âgé de 61 ans. Il avait mérité U s éloges de plusieurs hommes célèbres, de Gassendi, de Slusius, du cardinal Pallavicini, de Fabrelii, etc. On a une lettre de ce savant cardinal dans le tome I" du recueil intitulé : Leltere memorabili.

RICCI (François), Romain, gouverneur de Rome, lut fait cardinal par le Pape Benoit XIV.

RICHARD, fils de Richard,* vicomte de Milhaud, et de Rixinde, fil J e do Déranger I, vicomte de Narbonne, embrassa l'étal monastique dans l'abbaye de S:iint- Victor de Marseille, à l'exemple de Bernard, son frère, qui en devint abbé, et à qui il succéda immédiatement eu 1079. — Richard eut une grande part aux faveurs de Grégoire VII, dont il fut chéri pour ses belles qualités. C'est ce Pontife, ou, selon la Nouvelle G nuit chrétienne, Alexandre II, son prédécesseur, qui le fit cardinal à cause de son mérite, quoiqu'il fût jeune encore. En 1078, envoyé en Espagne comme légal par Grégoire Vil, il y tint un concile à Burgo«, dans lequi I, h fa prière d'Alphonse, roi de Cas'.iMe, et de la reine Confiance, on abrogea los anciens rils el offices gothiques pour leur substituer les rils el offices romains. Richard ne jouit pas de la même faveur sous Victor III, successeur de Grégoire VII. Ce Pontife, offensé de ce que Richard prenait le parti de Hugues archevêque de Lyon, contre lequel il avait de juste sujets de plainte , l'excommunia dans un concile qu il tint à Bénévcnt en 1087. Mais Victor III étant mort quelques mois après ce concile, Richard, rentré en grâco avec le Saint Siège, lui resta constantment attaché depuis. En 1106, il fut élu, d"uno voix unanime, pour remplacer Bertraud, archevêque de Narbonne, déposé de son siège. Pascal II confirma cette élection peu de temps avant d'entreprendre son voyage en Fiance, où il arriva sur la fin do 1106. Richard occupa l'archevêché de Narbonne plus de 1% ans, et mourut le 15 février 1121. Il avait eu de grands démêlés avec Airaeri II, vicomlo de Narbonne, donl les gens lui tirent subir d'indignes traitements. On en voit le détail dans uue relation apologétique qu'il écrivit pour en instruire la postérité. Elle est imprimée dans l'Appendice du VI' vol. de la Gaule chrétienne, et parmi les pièces justificatives de VUitloire du Languedoc, do D. Vaisselle.

R CHAKD, abbé du Monl-Cassin, créé, en 1252, par le Pape Innocent IV, prêtre-cardinal .lu litre do Sainl -Cyriaque, mourut en 120.1.

RICHELIEU (A rmasd-Jean du Pi.essis, duc de) naquit le 5 septembre 1585, à Paris, suivant 1rs uns, et, suivant les autres, au chAleau de Richelieu, en Poilou.dc François du Plessis, capitaine des gardes de Henri IV, et de Suzanne de la Porle. — A cinq ans il perdil son père. Ses éludes aux collèges dv Navarre el do Lisieux furent brillantes.

RIC lUf

Il se destinait a ia carrière des armes, quand son frère aîné Alphonse, nommé évêque d* Luçon , se 01 Charlnux. On persuada è Armand, alors âgé de 22 an?, de conserver ce siège dans la famille. Il accepta résolument , porta dans l'élude de la théologie l'ardeur qu'il mettait en toutes choses, el obtint du Pape Paul V dispense d'âge pour ce siège, donl ii fui sacré étêque à Kome le 17 avril 1607. Le jeune pasteur s'occupa de la conversion des hérétiques, de l'instruction du clergé, de la réforme des abus. Ses prédications édifiaient son diocèse et b c«.ijp. Tout entier aux fonctions de son ministère, il fut nommé, en 161V, par le clergé du Poitou, aux dentiers états généraux de la monarchie. C'est lui qui, le 23 février 1615, fut chargé do prononcer en présence du roi le discours do clôture de cette assemblée. C'-Ue harangue a été imprimée. Les flatteries q Vil y adresse à la réine mère, Marie do Médicis, furent récompensées par la cli.irge- de grau I aumônier de celle princesse. 11 se lit remarquer a la cour, sul plaire à la récente et au maréchal d^ncre qui alors disposait de tout, mais dont le règne louchait à sa fin. En 1616, Marie de Médicis le fit nommer secrétaire d'Etal pour la guerre el l'intérieur, avec préséance sur les autres ministres. L'année suivante, il suivit à Blois la reine mère, alors en disgrâce, mais sans se brouiller avec Louis XIII, el fut ensuite relégué à Avignon, où il s'occupa de divers écrits Ihéologiques. Chargé de "négocier un accommodement entre la mère et le ti.'s, il réussit dans celle mission délicate, fit conclure les traités d'Angoulême (1620) el d'Angers (1621), et reçul en récompense le cardinalat que le Pape Grégoire XV lui déféra ou 1622. ■ Cette pourpre, » disait-il k;la reine mère, « donl je suis redevable è Votre Majesté, me fera toujours souvenir du vœu solennel que j'ai fait de répandre mon sang pour votre service. • Mais le cardinal avait à servir des intérêts opposés, et la mère lui sacrifiée. Le faible Louis XIU venait de perdre son favori, lo duc do Luynes, emporté par une lièvro pourprée. Le (crédit de la reine- mère se releva. Elle fut admise au conseil ; mais ce n'était rien pour elle, lanl que l'entrée en serait refusée au cardinal. Le roi ressentait pour lui une répugnance iuvintibta. « Je le connais mieux que vous, » madame, disaitil, « c'est uu homme d'une ambition démesurée. »

Enfin les obstacles furent surmontés, cl Richelieu obtint l'entrée au conseil, mais avec voix consultative seulement. Au comble de ses vœux, il s'excusa sur sa faib'e san'é, se lil pi n r, el accepta sur l'ordre formel du roi. Quand il se sentit suffisamment ancré, il ne vit plus d'inconvénient à se demeure de Pévèché de Luçon, que précédemment toutes les instances du tout-puissant maréchal d'Ancre n'avaient pu lui arracher. Dès les premières séances, on comprit qu'on avail uu maître. En 162V, il se fil nommer premier ministre. Lo surintendant la Vieuville, qui lui portait ombrage, f-n rontraiul

D!CTION>AinE

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de résigner, et enfermé «a château d'Amboise. Arrivé au souverain pouvoir, il se proposa trois grandes entreprises, qu'il ne perdit jamais de vue, et qu il sut mettre à exécution : réduire à l'impuissance le parti calviniste en France, terrasser de 6a main déferles grands, dont l'orgueil et l'esprit factieux étaient une source incessanie de troubles, abaisser In maison d'Autriche, dont la puissance était alors menaçante pour la France et pour l'Europe. Portant ses premiers coups contre les protestants, il leur repriten 1626, l'Ile deRé; puis traita pour un moment avec eux, dédaignant les libelles qui l'appelaient le Pontife de$ calviniste», le Cardinal de la Rochelle, le Patriarche des athé*$x afin de terminer une affaire restée pendante depuis le temps d'Henri IV. Il replace sous la domination d'un canton calviniste de la Suisse In Valleline, que lui disputait l'Espagne catholique. Cependant des orages s'amassaient contre le cardinal, l'imbécile Gaston d'Orléans, poussé par des meneurs, ourdissait des trames. Les deux Vendôme, le maréchal d'Ornano sont emprisonnés. Ce dernier, en mourant en prison, échappa à l'édiafaud. Le comte de Cbalais promet au frère du roi «le le délivrer du cardinal;livré è des commissaires, comme coupable d'avoir conspiré contre le roi, il

Eénl sur l'échafaud en 1626. Richelieu était ien servi par ses espions; il avait en outre l'avantage d'avoir un confident sûr, un ami dévoué dans le P. Joseph, homme de bonne famille, qui, après avoir servi dans l'armée avec distinction, s'était fait Capucin en 1599. C'était un autre lui-même, qu'il chargeait des missions les plus délicates. Richelieu le soigna lui-môme dans sa dernière maladie, 1638, et, en apprenant sa mort, s'écria : « J'ai perdu mon bras droit. • Il avait voulu le faire nommer cardinal. En butte a tant d'attaques, le premier ministre feignit d'être dégoûté du pouvoir, et fil entendre qu'il voulait se retirer. On attache alors à sa personne une garde imposante, organisée comme celle du roi. Soixante mousquetaires veillaient chaque jour a son palsis. Comme il parlait tonjours de son désir de prendre sa retraite, lo roi lui écrivit de sa propre main. « N'apprôbendez pas les calomnies ; on ne s'en saurait garantir à ma cour. Je connais bien les esprits; je vous ai toujours averti de ceux qui tous portaient envie; et je ne connaîtrai jamais qu'aucun ail quelque pensée contre vous,quejenevousledise...Assurez-vousque je ne vous abandonnerai jamais. La reine, ma mère, vous en promet autant Assurez-vous que je ne changerai jamais, e t que, quiconque vous attaquera, vous m'aurez [»our second. » En môme temps , Gaston signait un humble aveu de ses fautes, et promettait d'ôtre soumis.

Le cardinal, après avoir fait ses préparatifs, voulut en finir avec les prolestants en France. Un 1628, il va attaquer la Rochelle, soutenue par de grandes forces de terre el de mer ; nouvel Alexandre, il ferme le port par un môle gigantesque de près de seize cents

Dicnona. dbs Cardinaux.

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mètres de longueur, et force celte ville à capituler. L'année suivante , après avoir assuré au duc de Nevers le duché de Manloue, en forçant le Pas de Suze, il anéantit les restes du parti protestant en Languedoc, où Nîmes, Castres, Uzôs virent raser leurs fortifications.

Hontauban tomba la dernière. Quand le consistoire do cette ville vint lui présenter ses hommages, il le reçut avec affabilité, l'avertissant toutefois qu'il l'accueillait, non pas comme un corps ecclésiastique, mais comme une réunion de gens do lettres; il ajoutait qu'à ce titre, ils seraient toujours les bienveous. La paix d'Alais élait conclue; aux termes de l'édit de Nîmes, les protestants cessaient d'avoir des places de sûreté; le libre exercice du culte leur était maintenu; mais ils n'avaient plus d'existence politique Ainsi était abattu un parti qui troublait l'Etal depuis 70 ans. En décembre 1629, Richelieu, déclaré lieutenant général delà les monts, prend Pignerol, secourt une seconde fois Casai, assiégé par le marquis de Spinola , et s'empare des Etais du duc de Savoie. Il marchait à la tête des troupes l'épée à la main. La cour était à Lyon, où le roi tomba malade. Sa mère, la reine Anne d'Autriche, tous les courtisans profilent de cette circonstance pour arracher au roi la promesse du renvoi de son ministre : il donne l'assurance qu'il le renverra après la fin de la guerre d'Italie, et après son retour à Paris. D'un autre côté, les gronda délibéraient sur les moyens à prendre pour se défaire du cardinal. Le maréchal de Ma ri Mac s'offrait pour l'assassiner; le duc de Guise opinait pour l'exil, et le maréchal de Bassompierre, pour une prison perpétuelle. La cour était de retour à Paris. On regardait le cardinal comme un homme perdu; son palais élait devenu désert; 11 devait aller coucher à Pontoise, pour se retirer au Havre, qu'il avait choisi pour Je lieu de sa retraite. Le roi était parti à sa maison de chasse de Versailles, afin de se dérober aux adieux du ministre. Celui-ci vole à Versailles, et, par la force de ses raisons, reprend sur l'esprit du roi un ascendant qu'il ne perdra plus. Cette journée (11 novembre 1630) fut appeléo la Journée de» dupe». Le garde des sceaux de Marillac est envoyé dans l'exil, où il mourut ; son frère, le maréchal, est arrêté à la tête de ses troupes en Italie, et bientôt condamné à mort, comme coupable de concussion ; Bassompierre est enfermé à la Bastille, pour n'en sortir qu'après la mort du cardinal.

Cependant celui-ci se préparait à combattre l'Autriche. Prenant part dans ce but à la guerre de Trente ans, il s'unit au roi de Suède Gustave-Adolphe , qui élait alors [1630] a la tête du parti prolestant en Allemagne, le seconda de tout son pouvoir dans ses étions contre l'Autriche, et, quand ce prince eut été tué à la bataille de Lutzen en 1632, il solda les troupes de Bernard de Weimar, qui l'avait remplacé dans le commanJemenl; puis, combattant ouvertement

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