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arracher un rire à ses frivoles admirateurs, peu lui importait la vérité. Après avoir achevé ses éludes o Rome, nu collège de la Propagande, Charles-Thomas embrassa la carrière ecclésiastique, et se fil remarquer par ses lumières et par son dévouement au Saint- Siège. Sacré, le 5 décembre 1701, patriarche d'Autioche par Clément XI, il fut envoyé aui Indes et à la Chine, en qualité de légat apostolique pour y régler les différends qui existaient entre les missionnaires. Au surplusses biographes sont loin d'ôlro d'accord sur les instructions dont il était muni, comme sur les procédés do sa mission, qui sont couverts d'épaisses ténèbres, chacun de ceux qui furent engagés dans celle triste affaire, mettant la raison de son coté. Le prélat se rendit en Espagne, pour. y attendre un bâtiment français chargé de le transporter aux Indes. La guerre de la succession n'ayant pas permis d'approcher de Cadix, le patriarche gagna Ténériffe. Monté sur le Maurepas, il débarqua à Pondichéri le 6 novembre 1703, Les JésuiJcs allèrent le recevoir sur le rivage, et le conduisirent processionuellement dans la ville. Pendant tout le temps de son séjour parmi eux, ils l'entourèrent de soins et de prévenances, pourvoyante tous ses besoins. Le légal ayant cru reconnaître, dans les rites pratiqués par les Clirélieus de l'Inde, des restes de leurs anciennes superstitions, les proscrivit par un décret publié le 11 juillet
1704. Le même jour il s embarquait pour Manille. Arrivé en Chine au mois d'avril
1705, il commença par réunir a Canton les ehefs des missions, et leur déclara que fe but de son voyage était d'épurer le eu île catholique a la Chine. Malgré leurs observalions sur les dangers d'adopter légèrement une pareille mesure, il défendit de placer dans les églises un tableau avec celle inscription, Adorez te ciel, et de pratiquer le culte que les Chinois rendent à leurs ancêtres, à Confucius et aux planètes. Les Jésuites, alors puissants à la Chine, où leurs talents les faisaient .regarder comme des hommes supérieurs, lui obtinrent la permission de se rendre à Pékin, où il reçut des honneurs extraordinaires. Le légat tut bien accueilli d'abord, mais quand il eut déclaré à l'empereur que la doctrine et le culte des Chinois ne s'accordaient pas avec la religion chrétienne, les procédés du prince changèrent à l'égard du légal qui s'en prit aux Jésuites; ceux-ci, avec assez de traisemblance, attribuaient le changement au peu de connaissance qu'avait le légal des usages du Céleste-Empire ; ils trouvaient qu'il avait brusqué l'empereur. Quoi qu'il en soit, le patriarche reçut l'ordre de quitter Pékin. Le 25Janvier 1707, il publia 6 Nankin un Mandement par lequel il interdisait aux nouveaux Clirélieus la pratique des anciennes cérémonies, et enjoignait aux missionnaires de se conformer à celle instruction. L'ompereur irrité donna l'ordre d'arrêter le patriarche et de leconduiro à Macao, où il fut iucarcéré. Les Jésuites et le légat s'accusèrent réciproquement auprès du Pope Clomenl XI qui
donna raison à son légat et le créa cardinal- Après trois uns de captivité, muni des sacrements de l'Eucharistie et de l'extrêmeonction, qui lui furent administrés par le P. Carre, un de ceux qui lui avaient apporté le chapeau de cardinal, il mourut saintement le 8 juin 1710, à l'âge de 12 ans. Le Souverain Pontife lui-même honora la mémoire du cardinal de Tournonen prononçant son éloge dans le consistoire du U août 1711, et ordonna que son corps fftl transporté a Kome. Le prélat Mezzabarba, vicaire apostolique en Chine, fit placer les restes du cardinal dans une caisse qui fut embarquée dam le même bâtiment sur lequel il retournait en Europe. Il avait soin, dans tous les ports de relâche, qu'elle fût transportée avec lui à terre, où il la faisait garder : précaution qui ne fut pas inutile; car le bâ liment saute en l'air à Rio-Janeiro, le feu ayant pris aux poudres. Le corps du cardinal, après être resté quelque temps à Lisbonne et à Gêne>, arriva enfin à Bips, le 16 mai 1723. Sur le soir, il fut placé dons un carrossedu cardinal Sacripante, préfet delà Propagande, et porté au collège de celle congrégation à Rome, où il fut inhumé le 27 septembre suivant. On trouve, dans les Lettres édifiantes, les Jft* moires du P. Thomas, vice-provincial des Jésuites en Chine, sur la mission du cardinal de Tournon. Ces .Mémoires ne sont pas défavorables aux Jésuites, et rejettent le blême sur le légat, dool les mémoires ont aussi été publiés en italien par les soins du cardinal Prtssionei, Rome, 1762, 8 vol. in-8\ Celle légation donna lieu à bien d'autres ouvra* g«îs, écrits tant eu français qu'eu italien. L'oraison funèbre du cardinal do Tournon fut prononcée dans l'académie des Arcades, à Rome, dont il avait été un des premiers membres.
TRAUTMANSDORF-WElSEMHEftG (Mi* bik THADDEI ne), né à Grœtz en 1761, archevêque d'Olmuiz, fut fait cardinal, en 1816» par Pie VII. 11 mourut en 1819.
TRAUTSON (Jean-Joseph, comte de), né le 27 juillet 170i, était lilsde Léopold Douai, prince de Trautson. Destiné à l'Eglise, il fut envoyé à Rome pour y faire ses études. — De retour dans sa patrie, il fut nommé chanoine à Sollzbourg, à Passau, h Breslau, ei pourvu de deux abbayes en commende. En 1750, désigné par l'impératrice Marie-Thérèse, et confirmé par le Pape Benoit XIV, comme coadj uteur de l'archevêque de Vienne, il succéda, l'année suivante, au titulaire, le cardinal Rollonitsch. Dès lors Marie-Tliérèse le prit pour son conseiller intime, el il devint un des personnages les plus influents delà cour. Le l" janvier 1752, il adressa aoi ecclésiastiques de son diocèse une lettre pa»* (orale où il se plaignait de l'ignorance dans laquelle le clergé entretenait les fidèles, '<> lieu de leur expliquer les vérités foodameo* taies de la religion. « Vous ne leurparlex, » disait-il, « que des indulgences, que de prétendus miracles, que de pèlerinage*, que d'images opérant des guérisons miraculeuses, que de confréries, * etc. Celle instruc-
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lion, diversement interprétée, fut, en général, mal Accueillie : lant il est vrai qu'il faut y regarder a deux fois, quand on veut introduire des innovations. Celle tentative malheureuse eût dû éclairer Joseph II qui, quelques années plus tard, voulut continuer I œuvre de l'archevêque , et entreprendre , sur une plus grande échelle, des réformes qu'il fut obligé d'abandonner. Investi du pouvoir le plus étendu sur l'instruction publique dans son diocèse, Trautson voulut que les Jésuites, seuls chargés de l'enseignement, le partageassent désormais avec les autres religieux. Il se concerta avec l'évêqne de Bamberg et de Wurlzhourg pour demander que le nombre des jours de fêtes fût diminué. D'après l'avis des deux prélats, Marie-Thérèse écrivit, en 1753, au Souverain Pomife, pour lui représenter que le grand nombre des jours fériés ne pouvait
Sue favoriser l'oisiveté. Benoît XIV se renit au désir qui lui était exprimé, en restreignant ce nombre j et, le 4 février 1754, l'archevêque publia une instruction pastorale sur les fôles supprimées et sur la manière de célébrer celles qui étaient conservées. La faveur de celui-ci grandissait toujours. Chargé de la direction du CoUegium Theresianum, école préparatoire pour les jeu ics nobles destinés au métier di s armes, il en changea les règlements, et l'organisa sur de nouvelles bases. Il ne lui manquait plus que le cardinalat. A la demande de Marie Thérèse, Benoit XIV le lui conféra en avril 175G. Le nouveau prince de l'Eglise ne jouit pas longtemps de cette dignité. Frappé d'apoplexie le 19 décembre, il mourut le 10 mars
TREJO-PA NI AQD A (Gabriel), Espagno., archidiacre de Calatrava, créé, en 1615, p.ir le Pape Paul V, prêtre-cardinal du liire de Saint-Barlhôleray en l'Ile, puis de Saint-Pancrace, archevêque do Salerne et de Malag-i, mourut eu 1630.
TRÉMOILLE (Jbaw delà), second fils de Louis, seigneur de la Trémoille, comte de Guines et de Benon, vicomte do Tiiouars, prince de Talmont, etc., mort en 1V83, et de Marguerite d'Amboise, sœur do Françoise d'Amboise, dm liesse de Bretagne, fut archevêque d'Auch en 1490, évéque de Poitiers en 1505, créé cardinal par le Pape Jules 111 le 4 janvier 1507, mourut en juin de la même année, et fut inhumé dans l'église collégiale de Notre-Dame de Thouars. — Il était Te frère de L -mis 11 de la Trémoille qui périt frappé d'une balle au cœur à la bataille de Pavie en 1525, le même qui avait fait prisonnier le duc d'Orléans à la bataillo do Saint-Aubin du Cormier en 1488. Le duc d'Orléans étant parvenu au tione sous le nom de Louis XII, on cherchait è l'irriter contre l'intrépide général. • Un roi de France ,» répondit le prince, « ne veng«pas les querelles du duc d'Orléans ; si la Trémoille n bien servi son maître contre moi, il me servira de même contre ceux qui seraient tentés de troubler l'Etat. »
, TREMOILLE (Joseph-François), de la