‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 36 sur 457 · ARM · texte numérisé non relu

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aux empk>is vils ou précieux qu'il* rencontre»! dans l'usage des hommes ; de même» il arrive quasi ordinairement que les hommes venant au monde y portent, dès leur naissance, quelque destin de leur fortune, et les suffrages de la nature, pour y être rangés dans leur ordre, et pour être avancés ou reculés en la distribution des places de l'honneur, s'il n'intervient point d'autre cause plus forte qui change ce dessein.

■ Ce qui fait qu'il y a moins s s'étonner si Georges, cardinal de la maison d'Armagnac, alliée à celle de Foizet aux rois de Navarre, oncle de Henri le Grand, qui est le plus éminect de ses litres, a obtenu dans l'Eglise les emplois les plus relevés et les plus hautes dignités de celles qui sont au-dessous de la souveraine, poisqu il avait même ajouté aux mérites d'une si haute extraction et à la beauté de son naturel, tous les agréments

3ue peuvent donner à un jeune homme, qui o'it se produire en un beau jour, les vertus

morales et les | olitiques. Et il ne lui fut pas un petit avantage d'avoir pour guide et pour directeur de ses premiers mouvements au bien le cardinal d'Amboise, qui, par l'exemple de sa vie plutôt que par l'éclat de sa pourpré, lui ûl concevoir un généreux dessein de se donner à l'Eglise, pour appuyer les autels que l'hérésie avait ébranlés ; afin qu'il pût, sur le déclin de sa race, soutenir ta religion penchante, aux lieux où ses aïeux avaient servi de bases et do colonnes à l'Etat.

« 11 fut d'abord pourvu de l'évêché de •Rhodez en Ruuergue , et se persuadant que les grands ne sauraient mieux décréJiler le vice que par leur bonne croyable avec quelle ardeur il embrassa l'exercice des bonnes œuvres qui attirèrent après eltes, comme il arrive d'ordinaire, l'amour des sages et l'admiration des peuples. Et parce que ce diocèse était trop petit pour ; enfermer ses soins et son zèle, il fut nommé par le roi a l'archevêché de Toulouse; et quelque temps après pourvu de celui d'Avignon, où la contagion subtile de l'hérésie ayant pénétré du voisinage, et fait déjà du dégât en quelques endroit*, il s'opposa au conrad du mal avec tant de force d'esprit

Su'il en ûl relâcher la violence: et peut-on ire atec vérité qu'il a été non moins par l'ardeur de son zèle que par sa puissaute autorité, le chérubin tutélaire de cette province.

« 11 commença en son premier diocèse le glorieux desseui qu'il continua le reste de ses jours, de ramasser les plus précieux restes de l'antiquité, je veux dire les écrits des meilleurs auteurs qui étaient inconnus ao commun du monde pour les sauver de l'oubli et les défendre de la puissance du temps qui calcine les colonnes de marbre ot les statues de bronze. Ce qu'il entreprit avec tant de courage, qu'il entretenait dans sa mai<on des hommes savants, pour remettre en leur naturel les belles productions d'esprit des premiers écrivains dont le lustre tv'ait été déteint, et envoyait en divers en-

droits recueillir les lambeaux des livresque l'on n'avait pas pu sauver entièrement du naufrage des bonnes choses. De sorte qu'on peut dire de lui ce qui a été dit d'un grand empereur, qu'il avait fait sortir delà pourriture des tombeaux les âmes des anciens auteurs, sans user de charme ni de magie; qu'il les avait plus honorés que s'il leur avait dressé des statues, et avait plus obligé le public, que s'il eût fait réparer les vieux amphithéâtres, ou s'il en eût lait bâtir de nouveaux ; ayant établi des trésors publics de toutes sortes de sciences.

« El bien que notre prélat n'eût pas de richesses égales à cet empereur, pour fournir à une si grande et si glorieuse dépense; il eut assez de pouvoir sur l'esprit du roi François 1'*, pour lui inspirer le même dessein : et ce prince qui ne prisait pas moin» les hommes savants que les bons soldats, en envoya par tous les endroits de l'Europe, d'où on lui faisait espérer qu'il pourrait recouvrer quelques livres de ceux que l'on n'avait jamais vus en France; à quoi ce prélat travailla fort soigneusement a Venise et à Rome, où il recueillit avec plus de soin les pièces restantes d'un historien ou d'un philosophe, que les ûgures d'un consul ou d'un empereur.

• Le roi, qui le chérissait â l'égal de l'estimo qu'il faisait de sa prudence et de son esprit, l'avait envoyé ambassadeur en Italie, où il s'acquitta de sa négociation, avec tant de satisfaction du Pape et des Vénitiens, pour sa façon de traiter, sans se détacher des intentious du roi, ni des intérêts de la France, qu'en suite de cette ambassade, il

vie, il n'est pas - fut fait cardinal ; et son élection fut scelléo des acclamations d'autant de bouches qu'il y avait de Catholiques en France. Aussi n'y en avait-il point qui ne lui désirât des bien» ot des dignités pour voir l'hérésie abatlue sous le poids de son autorité, comme on l'avait souvent vu ployer sous la force de ses raisons ; et lorsqu'il fallait opposer quelque puissant contre-tenant a cette faction qui a si funesleroent partagé la France, ou jetait les yeux sur le cardinal d'Armagnac, comme sur l'homme du royaume, entre les mains de qui il y avait d'autant moins do péril pour la cause de la religion, qu'il se montrait le plus courageux, lé plus désintéressé et le mieux intentionné qu'on eût pu désirer.

« Quand le colloque de Poissy fut résolu contre ses avis, après son retour d'Italie en Fiance; comme les ministres avaient débauché l'e$pril des plus considérables du royaume, oui n'allaient quu d'tne aile au service de la religion, il voulut assister à ce colloque, pour éventer les artifices des hérétiques et fortifier la résolution de ceux qui branlaient en leur créance ; et ne pouvant le faire réussir à aucun notable avantage pour le parti légitime do l'Eglise, pour le moins empêcher que le mal ift> montât jusqu'au point que ses ennemis couverts et déclarés, s'étaient proposé.

• Il avait été prié par le cardinal Charles

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de Bourbon, archevêque de Rouen et légat d'Avignon, de venir prendre une pari au gouvernement de celte légation, h quoi il s'accorda, et fut appelé le cardinal collégat,

Siii n'est pas on petit honneur à cette vil'e, 'avoir eu pour légals quatre princes de sang royal, deux de Bourbon, un de Foix et un d'Armagnac. Et comme les Papes ont soumis avec cette confiance leurs sujets aux princes français, ils ont dooué occasion a nos rois de ne faire point de différence de leurs sujets et des Avignonnais.

Quand le cardinal d'Armagnac fut en possession de sa légation, les terres du Saint- Siège furent en défense contre l'invasion des hérétiques voisins , et l'autorité de ce nouveau légat servit de retranchement aux villages les plus découverts. Aussi prit-il un soin particulier des règlements de la police, et travailla nommément a l'établissement de la Rote, aûn que. voulant faire d'Avignon une seconde Rome, il o'j eût h dire que le séjour des Papes. Il gagna incontinent l'ad» rmration des peuples voisins, et le ccaur de ceux oui lui étaient sujets: car c'était le prélat le plus affable, le plus courtois et le plus obligeant que l'on eût jamais vu en celle charge, de sorte qu'il fut appelé par lo commun le bon cardinal. Et bien qu'il ne se soit jamais rebuté d'aucune œuvre de charité, il se fit particulièrement considérer pour tes libéralités qu'il exerça envers les religieux, et pour la guerre sainte qu'il déclara aux nécessités du peuple, se persuadant qu'il serait assez riche s'il possédait les affections du public. El afin que ses bienfaits continuassent après sa mort, il fonda en Avignon le couvent des Pères Minimes, de qui II voulut être le singulier

Erotecteur i il augmenta le revenu des Pères élestins de Gentily, et usa de même largesse envers les pénitentes de Saint-Georges, établissant des ports pour celles qui avaient fait naufrage du plus précieux de lous les biens.

« Après qu'il se fut acquis tes litres de père du peuple, de protecteur des religieux, de tuteur des pauvres, de conservateur du l'Etat en sa légation, et de défenseur de la religion, il mourut dans Avignon l'an 1585 de son Age l'octanle cinquième : et toute la ville fut autant remplie de larmes et de deuil, que si chaque maison en particulier eût eu & faire des funérailles : el l'on voit encore aujourd'hui des vieillards qui vont

Rleurer sur son tombeau dans l'église de olre-Dame de Doms. Il a été le dernier des princes français qui ont gouverné cette légation dans la bonne intelligence des Papes et des rois. Et ce n'a pas élé peu de gloire è la ville d'Avignon d'avoir servi de boucle à l'union du Vatican et du Louvre. »

ARMAGNAC (Jeau t»\ fut nommé par Clémeni VII à l'archevêché dAuch en 1391, et, en U01, le roi Charles VI le fit conseiller d'Etat. — Depuis, il suivit le parti de Pierre de Lune, dit Bmoit XIII. C est pour cela que le Pape Innocent VII voulut le faire dé-

AIRE Att* m

poser; mais il n'en put jamais venir à bout. Ciaconius prétend qu'il fut mis au nombre des cardinaux par le même Benoti en 1409, et qu'il mourut peu après. — (Foy. Sammarth, Galt. chritt., tom. I, p. 112.)

ARMELLINO (François), naquit à Pérou se de parents peu honorables. — On dit que «on père s'enrichit aux dépens de ses créanciers , qu'il .paya par la fuite ; et qu'Armellino alla s^élablir a Rome, où il commença par solliciter des procès, et par faire d'autres trafics de cette nature. Comme il était très-intelligent pour la roallote, il sut se faire connaître du Pape Léon X, à lui il donnait souvent les moyens de trouver e l'argent. Ce Pontife, satisfait de ses services, I adopta dans la l'n mille des Médicis» la créa cardinal en juillet 15if ,lui donna le gouvernement de la Marche,le fit intendant des finances el lui permit de traiter avec le cardinal Cibo, pour 1 office dè camerlingue de l'Eglise. Celte élévation surprenante lui fit des envieux et des ennemis; son nom fut en exécration parmi le peuple de Rome, qu'il nveit chargé do toutes sortes de subsides. Il craignit de se voir exposé b sa fureur, sous le pontificat d'Adrien VI , successeur do Léon X. On assure même que, dans un consistoire, où il était question de trouver des fonds pour subvenir aux nécessités de l'Eglise, le cardinal Pompée Colonna dit hardiment qu'il ne fallait que faire écoreber Armellino, et exiger un quatrain de tous ceux qui seraient bien aises de voir sa peauj que l'argent qu'on en tirerait ferait un»» sommo assez considérable pour fournir a toutes les dépenses nécessaires. Mais le cardinal Médias soutint Armellino; et. ayant depuis été élevé au pontificat sous le nom de Clément VII, ir lui donna l'archevêché de Tarante, et d'autres bénéfices considérables. Il fut ensuite assiégé avec ce Pape dans le château Saint-Ange, el mourut de chagrin d'avoir perdu lous les biens qu'il avait à Rome, lorsque cette ville fut sac* «âgée par les impériaux. Le Pape profils de celte mort , qui lui laissait plus dn six cent mille livres, en terres, dont il se servit pour payer sa rançon. Car le cardinal Armellino mourut avant d'avoir fait son leslament, en oct. 1527.— (Voy. Onipubb; Garimbbrt; Victorkl, in Lto- *tX;— Paul Jovb, in Vita Adriani VI; —

UoHELL! ; — AOBBRT, elC.)

ARNAUD, dit de Canteloup, était ainsi nommé d'un village du diocèse de Bordeaux.— Quelques-uns disent que son nom de famille était Frigier ou Frangier. Bertrand de Goth, archevêque de Bordeaux, ayant élé élevé à la papauté en 1305,- sous le nom de Clément V, le choisit pour remplir son siège archiépiscopal, et, quelque temps après, il le fil cardinal el camerlingue du I Eglise. On dit qu'ils étaient parents. Arnaud donna de grands biens è l'église de Bordeaux, et mourut en 1310, à Avignou, où il résidait auprès du Pape.

ARNAUD dit lk cardinal d'Aux, naquit à Aux, près de Condom. - Le Pape Clé-

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