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WT7 XIM DES CARDINAUX. XIM
23 précédent. Il regrette le mauvais étal de dThui je tuit »f<rmt< dam «n Aroii tarcovhnJ. Jm
la santé du cardinal et le remercie de l'éner- uni ta prétexte au cdice, le catqueà labarreiie* frère
gie et de l'activité qu'il a déployées pour général, éréque et cardinal. Mu tenu a tu allier le
lout aplanir, de sorte qu'à son arrivée au* diadème à la cape, quand je gouvernait rEtpagne.
cune affaire importante ne lui resterait plus . ,„
k ii t.,; « Avec une taille mince et élancée, Xinie-
nez était doué d'une constitution lorto et vigoureuse. 11 avnit la figure allongée, le nez aquilin, les narines ouvertes, les yeux moyens, plutôt enfoncés que proéminents, et perçants malgré le voile humide qui semblait souvent en ternir l'éclat... Son tombeau ayant été ouvert en 15V5, on remarqua
à régler; il lui annonce qu'il se propose de se rendre avec sa suite a Sanlander, où tout était préparé pour recevoir la cour, que le cardinal avec I infant et le grand conseil devra attendre à Aranda qu'un lieu soit fixé pour leur entrevue. » Sentant sa fin prochain», Xi menés voulut réviser son testament qu'il mil fait quelques années auparavant avec
l'iulorisalion du Saint-Siège. L'université ^V.e so" crât,e éla.u sans suture, ot on at- J'Alcala était toujours son principal héritier: !.rlb,tf a cetl? particularité ses violents maux las legs considérables étaient réservés aux du r,ê,e,s V" !e Jeia»enl parfois dans une uonaslères, aux hôpitaux créés par lui, de Pror,)n,,e mélancolie. Il s expliquait nctteorles sommes destinées à doter des tilles mePl ? en Pwu de mots M,,s s'écarter ja- >au»res, è racheter des prisonniers, à em- 018,5 de son s,,Jel \ ll. donnait plus qu'il ne >ellir 1ns églises. Le le fourrures à cause nonastère d'Aguilera . u , .■;
;randconseil, et partit pour Roa, se dirigeant 'élude un temps considérable, avml souvent ur Valladolid où devait se trouver le roi ues entretiens scientifiques avec les savants t où étaient convoquées les certes. A peine ut-il arrivé dans cette dernière ville que nu agonie commença. Entouré de ses seriieur.% il leur parlait avec une grande luciité d'esprit de la vanité des choses hunaines» de la miséricorde de Dieu. Il iraploait le pardon de ses fautes, déclarant que on intention avait toujours été de ne faire »rl a personne, d'agir selon l'équité, sans •révention ni d'amitié ni de haine ; il r**çut »ec joie les consolations de l'Eglise. Quelues lioures auparavant il avait commencé à icter une lettre au roi pour lui recommaner son université d'Alcala et les établisselents qu'il avait fondés, mais sa main, glaéo par la mon, ne put la signer. Il rendit è neu sa grande âme en prononçant oies du psaume xxx, 2 :
oeraci, le 9 novembre 1517, . .
ée de son âge, après avoir gouverné l'E agne vingt-deux ans sous les rois Ferdi and, Isabelle, Jeanne, Philippe et Charles. Ainsi tinit Ximenès, ministre austère, potique habile dans ses rapports avec les uissances voisines, administrateur ferme, isle, éclairé, plein d'égards pour les droits e la noblesse, plein de bienveillance pour i peuple; protecteur zélé de tous les ta- •nts. de toutes les entreprises utiles, il xitribua puissamment, par la fondation de université d'Alcala, au progrès des lumières 1 de la civilisation. Il avait un courage à »uie épreuve, une connaissance profonde ss hommes et des choses de l'Espagne, ïsprit le plus vaste, le dévouement le plus 'ai a ses maîtres. Son corps fut inhumé ins l'église de Saint-lldefonse d'Alcala, i'il avnit fondée. Sur son tombeau de arbre on lisait cette inscription :
>u<Ji«Jeraia mu*i> Francisons grande Ivcrum,
Condor in eiiguo noue ego sarcoplugo.
xieiiaun jurai tacco, galeamque galero
F rater, dux, praesul, cardinciiixiue paier. ua viriuie tnea junrium est diadewa cucullo,
Cura inilii regnauii paruil ilcsperia.
les prisonniers, a em- ma'5 de son s,,Jel ; ll d°nnait Pjus qu'il ne
17 octobre, enveloppé Promettait, ne parlait qu'après avoir réflé-
du froid, il quitta le chi quelque temps et ne plaisantait que ra-
» aven l'infant et I»» rement dans un cercle d'amis. Il consacrait*
— . . ' l 'Al lifta •■ ii lAmna nnn<ii.M..t.ln «....Il
qui l'entouraient, et prenait plaisir a assister aux thèses ««t aux argumentations des étudiants. » (Ibid.)
On a souvent mis ce grand ministre en par&lièle avec Richelieu ; ils offrent en effet des points de comparaison. L'un et l'autre, princes de l'Eglise, ont été les arbitres des destinées do leurs pays ; mais Ximenès ne dut qu'à son mérite son élévation : Richelieu y fut porté par sa naissance. Tous les deux ils allèrent a Rome dans leur jeunesse, l'un pour y recevoir une mitre, f*autre n'en rapportait qu'une bulle pour la première prébende. Le prélat français, plein d'ardeur et de génie, ayant l'esprit et le
il commençait à être connu et pouvait prétendre aux dignités, lorsqu'il va a'eufermer dans un monastère de Franciscains. Richelieu quitta aussi son diocèse au bout de quelques années, mais ce fut pour aller briller aux états généraux, puis à la cour. II sait plaire au tout-puissant Coocini, qui disposait de lout, et a la reine régente, Marie de Médicis. N immé aumônier de la jeune reine Anne d Autriche, il est bientôt secrétaire d'Etat pour la guerre et l'intérieur. Ximenès, confesseur d Isabelle et consulté sur toutes les affaires publiques, conserva pour sa bienfaitrice un respect et un attachement inaltérable*. Quand le duc de Luynes eut succédé au cré.Jit de Concini, l'évèque de Luçon, fidèle à la reine mère, la suivit dans son exil de Blois, et si plus tard [16WJ elle alla mourir sur la terre étrangère, ce ne fut pas la faute de Richelieu. C^st a la reconnaissance de celte princesse qu'il dut le cardinalat, comme Ximenès y fut élevé par les recommandations de Ferdinand. Revêtu de la pourpre, l'ambiteux évequa de Luçon entre au conseil par la protection de la rciue,
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presque malgré Louis XII! qui avait contre iui une répugnance invincible; bientôt il se Tait nommer premier ministre. Il fallut un ordre du Pape pour foire accepter è l'humble Franciscain la dignité d'archevêque et de grand chancelier. Mnis, une fois investi de "autorité, comme Richelieu il la gardera pendant tout le reste de sa vie, non pas toutefois sans avoir eu l'un et l'autre è soutenir de rudes assauts. En vain Ferdinand pressera l'archevêque de Tolède de résigner le siège primalial en faveur de l'archevêque de Sarngossc , Alphonse d'Aragon, son fils naturel; en vain les grands mettront tout en œuvre pour le renverser, Ximenès repoussera toutos les attaques pour conserver un pouvoir qui lui pèse, mais qu'il veut garder dans l'intérêt public.
Richelieu est en bulle à non moins d'orages. La journée des dupet [11 novembre 1C30] faillit le voir renversé. Averti à temps, il court trouver le roi a Versailles, reprend tout son pouvoir et fait subir à ses ennemis le sort qu'il» lui destinaient. Dos deux Marillnc, le garde des sceaux est exilé, le maréchal condamné à mort; Bnssompierre est enfermé a la Bastille pour n'eu sortir qu'après la mort du cardinal. Plus tard Montmorency, Cinq-Mars et de Thou ont la tête tranchée. Il est juste d'observer que de telles sévérités servirent le pouvoir royal et la tranquillité publique. Mnis Richelieu était implacable et en servant l'Etat il servait sa haine. Ce sentiment était étranger a Ximenès, qui pardonna à ceux qui travaillèrent à sa ruine et jamais ne tira vengeance d'une in ure personnelle. Sur son lit de mort il vil la puissance de l'Espagne près d'atteindre son plus haut point de développement sous le sceptre d'un jeune prince, héritier d'ailleurs de la maison d'Autriche. Richelieu laissa la France tranquille, puissante et respectée ; il avait préparé le règne glorieux de Louis XIV. Après la mort d'Isabelle, les souverains de l'Espagne conservèrent le pouvoir è l'archevêque de Tolède, moins par affection que parce qu'ils sentaient la nécessité de sa présence aux affaires. De même Louis XIII, qui n'aimait pas son ministre, eut le bon esprit de le conserver et le mérite de sentir que celte main puissante était indispensable au repos et è la gloire du royaume, il ne cessa d'entourer de considération et d'égards le grand cardinal, qui mourut en quelque soile enlre ses bras. Charles, au contraire, après son arrivée en Caslille, chercha & se dérober à une entrevue avec son vieux ministre et se préparait h le disgrûcier quand la mort vint prévenir cette injustice. Les deux cardinaux moururent en Chrétiens fervents, pardonnant à leurs ennemis. « Je n'ai jamais eu d'autres ennemis que ceux de l'Etat, » disait l'évêque de Luçod à celte heure solennelle. Sa oernière prière, In manus tuas, Domine, commendo $piritum meum, exprime le même sentiment que celle de Ximenès, In te, Doruine, tperoxi. Chacun tremblait devant Ri. chelicu, dont la mort excita une joie uni.
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verselle. La mort de Ximenès fat suivis d'un deuil public. Le ministre de Louis XIII mourut le k décembre 1642, dans sa 58* année; Ximenès à cet âge n'était rien encore: il gouverna l'Espagne pendant vingt-deux ans, et le premier régna dix-huit ans sur I» France. L'un et l'autre se firent remarquer par un génie aussi vaste que leur activité était infatigable ; ils y joignaient une fermeté que rien ne pou vail ébranler, t Je n'entreprends jamais rien,» disait Richelieu,! sans y avoir bien réfléchi. Mais, ma résolution prise, je vais droit au but ; je renverse tout, je fauche tout, et je rouvre tout de ma soutane rouge. » Dans son testament politique, il signala encore le courage, l'intrépidité, comme la qualité la plus indispensable a un homme politique. Une différence dans la position de ces deux grands hommes, c'est qoe Ximenès avait pour maîtres des princes habiles eux-mêmes dans l'art du gouvernement, et sachant tenir les rênes d une main ferme, tandis que Richelieu servait un roi n'ayant que de bons instincts, il est vrai, mais faible et tremblant devant son ministre dont il n'était guère que le servile instrument. Richelieu était donc mettre absolu, tandis que Ximenès avait À compter, tantôt avec le roi d'Aragon, tantôt avec les roi* Philippe et Charles et leur entourage. Il fallait à celui-ci plus que de la fermeté; il avait à ménager une foule d'intérêts sans avoir la même puissance que le cardinal français, qui disposait a son gré de toutes lei charges ecclésiastiques, civiles et militaires. Néanmoins, malgré ces causes qui exigeaient plus d'habileté dans le ministre espagnol, il semble que son nom soit effacé par celui de Richelieu. Serait-ce parce que Richelieu fut parmi ses contemporains le seul grand politique (car Mazarin n'est pas h mettre en première ligne pour la hauteur des vues); taudis que la génération de Ximenès avait à lui opposer d'autres cardinaux ministres ui jetèrent plus ou moins d'éclat, en Fronce 'Amboise, Mendoza et Granvelle daus les Etals espagnols , Wolsey en Angleterre, Béalounn en Ecosse ? Le but commun des deux ministres fut d'accroître le pouvoir royal; et ils poursuivirent ce but par le même moyen, l'abaissement de la noblesse. Mais il est juste de remarquer que Xiwenes est venu le premier, que les événement avaient marché, et que Richelieu a pu pro» ûter des leçons de son devancier. « Egalement attentifs h ne laisser impunie aucune révolte de la noblesse, à protéger le peujJ» contre l'oppression et la violence des grands, Ximenès, dans ces circonstances, se montrait plutôt l'ami du peuple, et Richelieu l'bomow de la cour : » ce qui explique l'impopularité de l'un et l'affection publique dont l'autre était l'objet. Ils avaient, chacun de leor côté, le désir d'élever leur pairie au premier rang des puissances de l'Europe, et il* y parvinrent par des moyens qui diffèrent soc vent dans I un et dans l'autre. S'appliq»er au maintien deia justice, raviver le crédit, introduire un ordre plus sévère dans l«w
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finances, par une surveillance active sur les Domptables et par la suppression des dépenses inutiles, veiller aux intérêts des coonios, imprimer une forte impulsion au •omroerce et à l'industrie, développer la nnrine..., voilà ce qu'ils surent faire égnlenent; mais tandis que Ximenès ne connut imais d'autre justice que celle des tribuhuj ordinaires, on vit Richelieu créer pour es crimes politiques des commissions ou hambres placées sous la dépendance de la our; des abus criants et immoraux, tels ue la vénalité des charges et d'autres en- >re que Ximenès n'aurait pas soufferts un eul jour, Richelieu les laissait subsister uand il les jugeait utiles au bien du >yanme; en un mot, peu scrupuleux sur le loix des moyens, il lui arriva plus d'une is de sacriûer sa conscience à la raison Etait et on sait qu'il aimait à tourner en Vision les hommes d'une morale élroite et éticuleuse. » (Ibid.)
C'esi Richelieu qui, pour abaisser la main d'Autriche» appela dans l'empire et solda jstave-Adolple, qui, après la mort de ce i protestant, y ralluma la guerre relieuse; c'est lui qui excita les puritains nlre le malheureux Charles 1" d'Anglerre; lui qui fil soulever la Catalogne con- ) son roi Philippe IV; qui tenta de détaer de la cause catholique l'électeur Maxilien rte Ravière : politique ég'ùsio, pour |uelle tous les moyens étaient bons et que droituredeXimenès aurait repoussée avec rreor. Ce n'est pas lui qui se fût allié avec sectes f TOleslante* contre les Catholiques, Luther avait eu prêché jdus tôt sa prélene Réforme. Los deux ministres poursuivit aussi le même but en cherchant à établir nité religieuse dans les Etals qu'ils gou- •naient. Ximenès ne transigea point avec Maures de Grenade; Richelieu se contn d'abattre les calvinistes comme parti it-que, mais leur laissa la liberté reliuse. Les temps n'étaient plus les mômes; s d'un siècle s'était écoulé depuis Xinès. Les mœurs publiques, les opinions .lient modifiées. Pareilles transitions aient déjà vues en Allemagne; en France ne, Henri IV en avait donné l'exemple irhelieu. Les deux cardinaux parurent si chacun à la lôte d'une armée, l un pour quérir Oran, repaire de pirates musul- )> [1509], l'autre pour conduire avec sa ieur ordinaire le siège de la Rochelle, U vard de l'hérésie [1628]. Mais tandis
Ximenès se montre à ses soldats rei de ses habits pontificaux et monté sur
mule, Richelieu parait tièrement sur cheval de bataille, le ensque en tôle et £e au côté. Du reste, à ^'exemple de la se Isabelle, il s'inléresse à la moralité des nts el appelle les Jésuites pour donner mission à son armée. Ajoutons encore la prise de la Rochelle valut à Richelieu ^connaissance de son souverain, tandis la conquête d'Oran ne Gt qu'accroître la ise défiance de Ferdinand pour son mie.
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Ximenès et Richelieu eurent l'un et l'autre un ami dévoué, un confident intime.
L'aller ego de Ximenès était François Ruyz, le compagnon fidèle d'une grande partie de sa vie, qu'il fit évôque d'Avila, qu'il nomma son exécuteur testamentaire, el à qui il confia le soin de sa sépulture et la publication de la Polyglotte. Le conseiller, le confident de Rirhelieu , était le P. Joseph , Leclerc du Tremblay, qui, après avoir servi dans l'armée avec distinction , s'était fuit Capucin. Il entreprit des missions en diverses provinces de France , et parvint aux premières dignités de sou ordre. Tenu en grande estime auprès du Suint-Siége et à la cour, c'est lui qui parvint à faire rappeler Richelieu de son exil à Avignon.
Depuis lors le ministre ne s'en sépara plus'; il le fil entrer au conseil d'Etat, et souvent se trouva bien, même dans les affaires les plus difficiles, d'avoirprisl'avisdu P.Joseph. Dans les derniers moments de son ami, en 1G38, Richelieu le soigna lui-même, el à sa mort il s'écria: « J'ai perdu mon bras droit.» Il avait voulu lefairenommercardinal.Lescourtisans appelaient le P. Joseph Véminence grise , parce u'il garda toujours à la cour même el jusque ans les camps son habit de religieux.-r.es deux grands ministres accordèrent une égale protection aux lettres et aux sciences. Ximenès avait fondé l'université d'Ascala sur la plus grande échelle. Richelieu institua l'Académie, construisit le collège du Plessis, et répara la Sorbonne. L'un et l'autre répandirent de bons livres; recueillirent des manuscrits précieux ; ils recherchaient l'entretien des savants. M.iis, ce qu'on ne peut pas dire de l'archevêque de Tolède , Richelieu estimait el protégeait aussi la littérature légère, et s'occupait de questions frivoles : ce qui n'élait pas trop la mission d'un cardinal. — Voici, sur sa manière de vivre, quelques détails empruntés aux contemporains : t II se metlait au lit à onze heures. Après avoir dormi trois à quatre heures, il se faisait apporter les dépêches, et minutait ou dictait les réponses. Vers six heures il se rendormait, puis se levait à huil. Lorsqu'il avait dit sa prière, les secrétaires venaient prendre les minutes. 11 s'habillait ensuite, recevait les ministres, avec lesquels il s'occupait jusqu'à dix nu onze heures, et allait à la Messe. Si la saison le permettait, il faisait une promenade dans les jardins, en donnant des audiences.... Après le dîner, il s'entretenait une heure ou deux avec ses familiers et des.gens de lettres. Le reste du jour était employé au travail, ou à des conférences avec les ambassadeurs et des grands. Le soir, il faisait une seconde promenade en donnant encore des audiences.
Puis il rentrait , et ne s'occupait plus d'affaires d'Klal, mais de musique, d« lectures ou de libres entretiens, disant qu'avant de dormir, il ne fallait s'occuper de choses ni trop gaies ni trop tristes. U ne disait guère la Messe qu'aux jours de grandes têtes ; mais il se confessai l toutes les semaines, et se faisait dunner la communion le dimanche, dans sa
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chambre f par son chapelain , aussitôt qu'il était éveillé; puis il se recouchait pour se lever h l'heure accoutumée. Le Pape l'avait dispensé de dire l'Office canonial aux différentes heures , mais il y suppléait par une formule de prières plus courtes et approuvée par le Saint-Siège. 11 aimait les | rédicn leurs on renom , les appelait dans sa chambre, Pt les faisait prêcher pour lui seul , afin de pouvoir entendre des choses ifui lui convinssent. Il témoignait toujours un vif repentir de ses péchés.... » {Mémoires relatifs à l'histoire de France , tome X , 2' série, pag. 100. Collection Pelitot, Paris, 1819-1821.)
Nous n'avons pas à repousser les accusations calomnieuses portées contre ses mœurs, et qui se réfutent d'elles-mêmes. Mois sous le rapport religieux cl moral , qu'il y a loin des habitudes du cardinal fran-
Ïois, à l'austérité du Franciscain espagnol I fuel fui vive, quelle piété ardente dans celuici; quel mépris des grandeurs 1 il ne les conservait que pardévouement et par patriotisme. Richelieu ne pouvait vivre sanselles, et il les avait poursuivies ayee autant d'ardeur que l'autre en ,-ivail mis pour lAcher de s'y dérobpr. L'un et l'autre furent bienfaisants et généreux; mais la libéralité de Richelieu ne l'empêchait pas d'éclipser le roi par son faste ; Ximenès exerçait la sienne en su privant de tout pour lui-même, eu renonçant à toutes les jouissances de la vie. « Ximenès,»dit Arnao, «sut réunir en sa personne les vertus du moine le plus pieux, du prélat le plus zélé , de l'homme d Etat le plus accompli.... L'Espagne a vu alors l'époque la plus heureuse de son histoire. Puisse un autre Ximenès renaître au milieu du xiy siècle pour le salut de ma patrie I » L'Espagne aurait grand besoin que ce vœu se réalisât.
Xitnenès a eu. plusieurs historiens en espagnol; dans notre langue , Fléehier, Marsollier, 1693. L'abbé Richard a aussi publié: Parallèle du cardinal Ximenèe , premier ministre d'Espagne, et du cardinal de Richelieu, prea-ier ministre de France, Rotterdam, 1705. ouvrage qui a eu plusieurs éditions. De nos jours, le docteur Hefcle, professeur de thOologie è l'université de Tubingue, a encore donné : Le cardinal Ximenès et l'Eglise d'Espagne, etc...., ouvrage bien traduit par MM. Siî»>on et Crampon; Paris, Lyon, 1856, chez Pélagaud, un fui t vol. iu-8°.
Voici son éloge par le P. Alby [1641] : ■ Quand, pour décrier les désordres de la police et des charges publiques, on a dit que la vie privée , quelque morne et sobre qu'elle soit, a d'autant plus de part è la gloire, qu'elle De sert la vertu que par conscience et sans prétention-; et, parlant plus noblement et plus hautement, que ne fait la vie civile, qui se porte aux actions éminentes de s.on ressort, plus par gloire que par conscience; on n'a voulu parler que de la fausse vertu politique qui tient è l'intérêt, comme è sa raciuo , et qui prend quelque gloire volage oour sou objet et pour le but
de sa visée
Car on ne
II» Ktl
peut nier que, dans
la police humaine et dans Padminisiration civile, il n'y ait une vertu princes» et politique, qui soutient dans ses fondions des devoirs plus Apres et plus tendus que pis une des autres : qui fait les vrais hommes d'Etat , qui les oie à eux-mêmes pour lu donner au public, rendant la conduite de ses actions, comme celle du mouvement du ciel et des astres, proûlable a tout le snoode; à qui, malgré les outrages du temps et de l'ennui , le Ciel a promisses bénédictions, la postérité ses applaudissements, et fimmorlalilé ses couronnes.
« Or , entre ceux qui ont fait profession de cette vertu en quelque émioence, le siècle passé no nous a point fourni d'eteronle plus éclatant que celui du cardinal Ximeoèî, qui, dans les négociations du gouvernement, a rempli la réputation du ministre le plus accompli que l'Europe ait eu en ce tempsh dans l'étendue de ses Etals. Et quoique l'ennui ne l'ait pas épargné pendant qu'ils vécu, il a néanmoins mérité l'approbation de toute \h postérité : le temps , qui lave autant le fard que les taches de la vertu , rendant tous les Jours plus belle cl plus illustre l'image do sa vie.
« Il était de la famille des Cisnères, noble au pays de Villaizar, en Espagne , d'un bon et riche naturel et d'un génie brillant d'éclairs dans la molle pâte de son enfance, gui faisait déjà prendre des conjectures de sa future grandeur. Sou père, qui découvrait les richesses de cet esprit, s'efforça, nonobstant ses incommodités domestiques, de le faire élever dans les meilleures acadéiuit-s, premièrement à Alcala , où il acheva ses éludes de la grammaire et de l'éloquence, et puis à Salainnuque, où il apprit le drort civil et le canon, et commença incontinent après a l'enseigner lui-même en des lectures privées , pour soulager de son gain la dépense de son entrelien, et avoir moyen de monter en l'élude de la théologie et des saintes Lettres, qui donna les dernières façons n son esprit , et le rendit autant ca-
Eable de toutes sortes d'emplois dignes don omme bien né , qu'il fut rendu par «* sublimes connaissances plus capable « Dieu.
« La fortune qu'il entreprit de courtiser, dédaigneuse qu'elle est, et qui ne veut pot» qu'une âme lâche et découragée presuajv de la rechercher, lira de rudes épreuves m sa consiance , avant que de lui départir ses faveurs. 11 avait cru de rencontrer^"' la cour de Rome ce que l'Espagne lui codait dans le partage de sea honneurs, obtint congé de son père pour y aller; «»» les voleurs le dépouillèrent en ehewj J le réduisirent a une extrême uécessii*1 se produisit ensuite avec peu de succès' grand théâtre de Rome, la pauvreté, W fait d'ordinaire le contre-poids è l'éle»11 w des bons esprits, Payant attaché pour soulager ses incommodités à la chicane du 1 chambre, où il plaida quelque temp» l'° ceux de sa nation. Il ne rapporta de k>b
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son séjour à Rome qu'une huile d'expeclative, pour être pourvu de la première prébende qui vaquerait à s«n pays; de laquelle comme il se voulut servir, sur la contestalion d'un autre qui en avait été pourvu par l'archevêque de Tolède , il gagna pour an bénéfice la disgrâce de son prélat, avec une prison, de laquelle il fit pour lors une école de patience, comme il en fit depuis qu'il fut arrivé à la dignité d'archevêque de Tolède , le lieu de son trésor.
« Il ne se rebuta point pour avoir reçu un si rude traitement, lo courage sembla lui en croître, et tant d'épineux travaux qui entourent une glorieuse fortune, ne lut servirent que comme tes épines que (a nature a plantées pour faire haie à la rose, qui enflamment plus le désir de ceux qui la veulent cueillir. Son innocence et son droit trouvèrent enfin quelque faveur pour lui faire obtenir la liberté et la prébende conleslée. Il l'échangea néanmoins avec un tutre petit bénéfice du diocèse de Siguença, )ù il se retira, pour chercher dans ce chan- (Hment quelque passage à sa fortune. Sa étroite lui donna le loisir de vaquera Péude des langues orientales, ei lui fournit les sujets aux rencontres de faire tenir sot «prit en estime. Le cardinal Gonzalès Menloce , évéque de Siguença , fort entendu au noix des personnes capables, ayant reconnu m quelque occasion, qu'il n'était pas moins tomme de bien qu'habile homme, le nomma on grand vicaire, et lui confia tout le soin >e son diocèse ; et au même temps le comte e Cifuentea, l'administration de tout son ornai ne ; la fortune lui préparant en celte remière réconciliation qu'elle fit avec sa erlu, dans de petits maniements, l'apprenssage d'un plus grand et glorieux miuisiro.
m Cependant, ayant assez éprouvé au laogemeot de sa condition et dans l'acquit e cea négociations, que toute la fortune ue les hommes courtisent avec tant de Ira* su*, n'est qu'une image de bonheur, sans >rj»s et sans vérité effective, il se résolut 9 se rendre religieux en l'ordre de Saintrançois , è Tolède, où il s'achemina sans ilait ramassant toutes les prétentions qui raient jusqu'alors partagé son cœur, sous unique intention de servir fidèlement le onarque du ciel et de la terre, qui fait iloir tous les services qu'on lui rend à un ix d'immortalité. Il goûta fort peu de mps la tranquillité a laquelle il avait rendu n esprit. Les fréquentes conversations des •rsonnes les plus qualifiées de Tolède, de in et de l'autre sexe , attirées par l'odeur • sa vertu et par la réputation de sa sullince, le dérobaient tous les jours a son er repos, dont il délibéra de quitter Tôle • et alla chercher une plus retirée solide dans un monastère appelé Castanel, li au milieu d'un bois, où il demeura une née • uieuaut une vie angéliqoe q^ui se naotnmait toute en prières et dans I étude s saintes Lettres. Mais une plus haute évidence l'ayant donné ou bien commun
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de la religion et de l'Etat , afin qu'un soleil capable d éclairer tout un monde, ne demeurât point du tout caché ou ne fût que pour les yeux de peu do gens ; il fut appelé de sa solitude à la cour, par ta reine Elisabeth de Castille, pour lui confier les secrets de sa conscience ; et quelque temps après , sur l'étroite recommandation du cardinal do Mendoce mourant , nommé par elle à l'archevêché de Tolède, qui n'a pas moins de revenu que de dignité, étant la première charge de l'Etat , tant pour le temporel que pour le spirituel, et rapportant deux cent mille ducats de rente annuelle; et partant qui était un morceau capable d'affriander un appétit moins dégoûté que le sien.
« Mais Ximenès, appréhendant comme il faut de monter sur ce pinacle du temple, et de prendre la surintendance des têtes et du salut de tant de mortels, quitta, sans faire bruit, la cour, et s'enfuit à pied dans un couvent écarté de son ordre; d'où il ne sortit que forcé par un exprès commandement du Pape, et avec protestation de no jamais consentir qu'il y eût un seul maravédis de pension sur ce bénéfice, dans lequel il voulait entrer non comme marchand, mais comme pasteur ; non pour engraisser ses parents, ou les oiseaux et les chiens, mais pour avoir moy*»n de soulager toutes les nécessités des peuples, sans retenir autre chose pour soi que la peine et le fardeau de son ministère.
« Ce fut sur celte haute prélature qu'il parut avec toutes les dimensions de se< grandes vertus ; ne retenant de bassesse que ce que l'humilité lui suggérait pour son mépris, et la charité pour le soulagement de toutes les misères. Sa maison, sa famille, sa table, son vêlement, sou ameublement tenait de l'austère pauvreté de sa profession. Il faisait ses visites à pied, sans suite, sans train, ou pour tout, monlé sur un âne. Il prenait lui-même la peine de recoudre et rappiécer ses habits, ce qu'il pratiqua même étant cardinal, dont dn trouva après ss mort, dans une cassette de laquello lui seul tenait la clef, un dé a coudre, des aiguilles et quelques pièces de l'étoffe de sa robe. Et pour ce grand revenu de la primace d'Espagne, il ne l'employait qu'en œuvres de piété et a l'assistance des pauvres, qu'il appelait les seigneurs propriétaires de ses revenus, a qui il croyait de dérober tout ce qu'il appliquait à la splendeur de son entretien. Il déféra néanmoins quelque chose aux avis qu'il reçut du Pape, sur la plainte que lui en avaient faite les évêques d'Espagne, et, sans offenser la modeatie et l'humilité de sa profession, maintint dans quelque lustre la dignité de sa prélature
« Sa faveur, pour être moins avantageuse aux intérêts des particuliers qu'au bien du public, rendit sa vertu criminelle, et tourna la cause de sa gloire en occasion d'ennui. Les religieux de son ordre, qu'il tenait par son autorité dans l'étroite observance de la discipline, sans leur procurer aucun avantage, furent les premiers qui attaquèrent ,
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par des injures scandaleuse!, sa réputation. (Tn f* ère môme, qu'il avait Tait religieux dans l'ordre, fut si passionnément forcené pour n'avoir pu tirer de son crédit ce que son ambition s'en était promis, que le trouvant un jour seul et malade dedans le lit, il lâcha, dans sa rage, de l'étrangler. Le général, encore de I ordre, se porta contre lui d'une passion si aveugle, qu i! vint de Rome en Espagne, pour accuser son innocence aux lieux où elle était publique ; jusqu'à blâmer , avec beaucoup de hardiesse , la reine, de ce qu'elle souffrait dans son conseil et dans la première dignité du royaume, un homme autant indigne pour ses vices qu'Incapable pour son ignorance, des bon» neurs qu'elle lui avait faits. Mais la patience de Ximenès éluda ces malicieuses impostures, et sa vertu trop reconnue convertit en louanges les blâmes qui lui furent donnés.
« Depuis, il employa tous les talents de son esprit et toute la puissance que la faveur des princes et sa dignité lui donnaient, à des desseins honorables et profitables au public. Il commença par la rétormaiion des religieux conventuels de son ordre, qu'il réduisit, nonobstant la séditieuse résistance de plusieurs couvents à la règle de l'observance; du peuple qu'il voyait oppressé d'un rude subside qui avait été imposé à l'occasion de la guerre des Maures, et duquel par -'es avis le roi le déchargea : ce qui lui acquit l'estime et In bienveillance de tous, qui disaient publiquement qu'il n'entrait jamais dans leconseil que pour y soulager le peuple. Il ajouta à la qualité de père du peuple celle de restaurateur des bonnes lettres, qui semblaient être bannies d'Espagne par le désordre des guerres passées, fondant et dotant richement l'université d'Alcala, et faisant comprendre à ceux qui taxaient son épargne qu'il ne se souciait des biensqu'auiant qu'ils pouvaient être à la vertu des instruments de Bien faire.
• Il était passé à Grenade è l'occasion de la nouvelle conquête Je ce royaume faite sur les Maures, pour aviser à sa conservation et disposer toutes choses à l'arrivée des rois Ferdinand et Elisabeth : mais cependant eet esprit de flammes, toujours agissant pour égaler les triomphes de la religion è ceux de l'Etat, répandit les incroyables ardeurs de son zèle sur ces Ma u risques avec tant de succès qu'en un seul jour (ensuite des amiables conférences qu'il pratiqua, tant avec eux comme avec leurs morabik-s et alfaquins), il en convertit trois mille h la foi chrétienne, et les baptisa par aspersion, qui furent suivis d'un nombre inestimable de peuples mécréants qui abjurèrent l'Alcoran et furent les glorieuses dépouilles remportées sur les démons, qu'il consacra aux autels du Pieu des années. U ne se peut expliquer les travaux de l'esprit et du corps, et les périls qu'il essuya durant son administration, les artifices dont il se servit, les largesses et les grandes dépenses qu'il lit, pour dompter ou adoucir Ja trempe de ces
esprits farouches et intraitables tonte antre conduite qu'à la sienne. Et il suffit de dire qu'il obligea les roisà le remercier par lettres et è confesser qu'il avait déjà surmonté par son mérite ce qu'ils lui avaient donné par leurs libéralités.
« Toutes choses heureusement établies an royaume de Grenade,)'! revint en Espagne pour y saluer la princesse Jeanne, fille et héritière de Ferdinand et d'Elisabeth : ensemble Philippe d'Autriche son mari, Ois de l'empereur Maximillien, qui y étaient nouvellement arrivés : et, en passant, visiter le superbe bâtiment de son collège d'Alcala pour qui il avait de grandes affections. Auquel temps il entreprit de faire travailler à ses dépens, dans la même ville, ces admirables Bibles en plusieurs langues, qui sont les trésors de toutes les bibliothèques du monde; dont la dépense fut comme immense par l'espace de quinze années qu'on travailla à celle œuvre : outre le prix des copies correctes qu'il y employa; sept exemplaires hébreux lui ayant coûté quatre mille écus : et un nombre de manuscrits latins el grecs anciens de huit cents ans, se montant à des sommes encore plus grandes. Mais il ne crut jamais avoir mieux employé son revenu qu'à dresse»- un monument honorable à la parole de Dieu et relever In recommandation de l'Ecriture sainte, qui est (comme parlent les saints), la muraille de diamant de l'Eglise, farinât de la religion et la cité det vertus. Et il ne fut pas encore content, qu'il n'eût a la gloire des lettres, ennobli el orné la ville qui en étail le domicile d'immunités el de grands privilèges, ménageant accorlcmenl l'occasion des couches de l'héritière d'Espagne et de la naissance de Ferdinand, son second (ils, en faveur de laquelle il obtint pourAlcala exemption des tailles el de toutes sortes d'impositions. Dont les habitants de celle ville gardent encore aujourd'hui, en mémoire de celle grâce, le berceau et les lances de ce prince : sans pouvoir oublier le nom de Ximenès, qui a si afTcctionnément relevé les avantages et appuyé les intérêts de leur ville.
« Jl arriva après à la reine Elisabeth de mourir el d'aller échanger son sceptre, qui était un roseau du temps, avec la succession de l'éternité. Elle avait laissé l'archevêque Ximenès (pour témoignage de l'estime qu'elle faisait de sa verio) exécuteur de son testament : Jeanne sa tille héritière, et Ferdinand son mari, qui n'était que roi d'Aragon, administrateur général du royaume deCaslille. Ce qui apprêta quelque sujet de division enlre Ferdinand el Philippe son gendre, qui faisait difficulté de lui accorder l'administration, et avait dessein, avec l'appui de l'amitié el des armes de Franco, de le chasser de la Cosliile. Mais Ximenès, là-dessus négociant prudemment el secrètement avec le roi de France Louis XII le mariage de sa nièce, Germaine de Foy, avec Ferdinand, obligea Philippe pour se voir abandonné du côté d'où il espérait son assistance, a s'accommoder avec son beau-père. Ximenè»
MCTIOXNAIHE