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ravailla courageusement a cet accord, tant nr l'éloignement d'un certain favori de 'liilippe, qui, pour avancer ses injustes ambitions, reculait les bonnes destinées d'Espagne, qui dépendaient de la bonne inlcllience des princes qui !a gouvernaient ; oraroe encore en faisant goûter au roi Phii>pe l'affection désintéressée qu'il avait au ien et a la gloire de sa couronne.
« Ce fut lorsque le roi Ferdinand céda d4» >n gré a Philippe l'entière administration f Cnstille, choisissant de se retirer pour uelque temps a sa nouvelle conquête du >yaume de Niiples, après lui avoir clièreent recommandé de se servir de la fidélité des sages conseils de l'archevêque Ximeis, qu'il lui laissait comme un autre père comme le génie tutélaire de la félicité de >n Etal. Le parlement de Ferdinand fut entôl suivi de la mort de Philippe, qui eût té de grands désordres dans l'Espagne, si iroenès demeurant dans le vaisseau où le uibeurdu royaume l'avait embarqué, n'eût is le timen des affaires ; avant été élu par conseil royal seul gardien de l'Etat, de la ine et de l'infant Charles, qui fut depuis taries le Quint. Il eut d'entrée recours i armes pour autoriser sa conduite, et ur arrêter les nouveautés des grands du yaume, qui ne manquèrent pas de faire aler a celle occasion leurs mécontentefins. Mais il gagna par sa générosité un si ind avantage sur toutes les brouilleriesde tel, qu'il accoutuma ceux qui lu mépri» < ni auparavant à le craindre ; et les moins tables de raison apprirent a leurs dépens,
• force, que l épée du prince est toujours en toule main fjlale aux factieux.
« Il fut plus puissant à apaiser les troubles royaume que ceux de l'esprit de la reine mne, qui, agitée du plus violent amour e jamais femme noria à mari, depuis la rt de Philippe allait errante par les cain - ;nes ne marrhant que de nuit aux flamiijx, et n'habitant que d.ins les hameaux es métairie*, faisant partout porter avec
• le corps embaumé de son mari.pourqui i avait encore une jalousie si éperdue elle ne pouvait souffrir qu'aucune femme •prochAt, encore qu'il fût privé de vie. Ce
apportait de grandes incommodités a la duite publique, l'archevôquo Ximenès il obligé de la suivre souvent par la inagne, et s'accommoder par patience à
humeurs exlravaganlcs,qu'il n'aurait pu ncre par raison.
Cependant le roi Ferdinand revint d'Ie avec Gernnine de Foix, sa nouvelle use, et apporta a Ximenès, tant pour:
> m penser ses services que pour l'obliger s continuer, le bonnet rouge qu'il lui il obtenu du Pape Jules 11, avec la quequ'il y joignit de cardinal d'Espagne, 'inquisiteur général de Castille. Celte meritation de splendeur et de fortune i a sa vertu, ce que serveul le teint et r h Assure au dian.anl pour en accroître al ; el la chaleur aux pomm< s de sen- , l>our en éventer les douceurs. Il om-
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nioya d'un nouveau courage la puissance et l'autorité que ces nouvelles dignités lui avaient acquits a la manutention de l'Eglise el de l'Etat. Donc ayant appris les courses et les ravages des pirates d'Afrique, , qui venaient jusque dans les ports d Espagne enlever les vaisseaux, les hommes et les femmes ; et d'ailleurs brûlant du désir d'étendre devers ces contrées les bornes de la religion chrétienne : il porta la guerre en Afrique, nonobstant les contradictions de tous les grands du royaume, qui regardaient dans l'accroissement de la puissance souveveraine, l'affaiblissement de U leur; tint la main a l'exécution ; et pour décharger le peuple, fournit les montres et les vivres de l'armée six mois durant, de l'épargne de ses revenus: voire en la suite ayant reconnu d'imiignes lâchetés, des délais artificieux, des inexécutions affectées, qui produisaient de notables dommages au succès de celle guerre, il y alla lui-même eo personne à l'âge de soixante et dix ans, et convertit pas sa présence, les molles et les lAches procédures dus capitaines el des soldats, en des résolutions mâles et courageuses, dignes de la réputation et de la gloire que les armes d'Espagne avaient acquises en ces pays.
« On vit alors le cardinal a la descente quo fit l'armée navale en Afrique, vèlu du long habit de son ordre, ayant devant soi une croix d'argent, portée par un cordelier de la taille presque d'un géant, monté sur une jument blanche, Cépée au côté ceint par dessus sa robo, accompagné d'un nombre d'ecclésiastiques : et n'élait personne a
?pii i n'inspirât une secrète ardeur, pour le aire voler au travers des périls, par celle montre de religion qui est un merveilleux instrument de toutes les grandes actions. Ensuite la fameuse ville d'Oran fut prise et saccagée; et le lendemain le cardinal reçu par les soldais en triomphe qui le saluèrent a cris de joie, el le proclamèrent dompteur des Barbara: tout le butin porté à ses pieds, donl une partie fut destinée pour aider aux frais de l'année, quelques pièces rares et de prix envoyées au roi Ferdinand, le reste distribué aux capitaines et aux soldats, a chacun selon son mérite : le cardinal ne réservant pour soi que ce qui est plus doux aux Ames généreuses, le plaisir de douner aux antres.
« L'éclat d'une si glorieuse fortune et le désespoir de la partager, acquirent au cardinal des envieux en Afrique el en Espagne, qui disaient ôlre une chose insupportable, que le grand capitaine (ainsi appelaiton Gousalve), ftl le moine a Valladolid, pendant qu'un moine faisait le capitaine vers Oran. Mais il eut toujours ce bonheur particulier de servir des maîtres qui, parmi tant d'injustes passions elde murmures sans fondement, lui conservèrent en leur protection, et crurent plutôt ce qu'il faisait pour eux, que ce qu'on leur disait de lui. Il revint en Espagne, pendant que l'armée qu'il avait laissée sous le commandement du Pierr2 de
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Navarre y continua ses progrès: el la première adioD qu'il fit, y étant arrivé, fut qu'il répara de ses biens, aux lieux qu'il jugea être nécessaire, le dommage que la guerre d'Afrique avait apporté aux villages du diocèse de Tolède, à cause du grand nombre de paysans qu'il en avait emmenés, ne trouvant rien de plus pressant que de se réconcilier avec la justice qui est l'unique défense des pauvres. Le roi Ferdinnnd pour honorer son arrivée fut quatre lieues audevant de lui, avec toute sa cour, comme il avait accoutumé de faire lorsqu'il venait de loin, et à la rencontre mit pied è terre et l'embrassa, obligeant tous les envieux de sa fortune à se plier, malgré eui, sous la vertu qu'il révérait.
« Et il ne se laissa pas pourtant tellement éblouir de ces grands honneurs, qu'il oubliât de redemander les sommes qu'il avait avancées en cette guerre; lesquelles il obtint enfin de la raison et de la justice, sans vouloir relâcher de son droit ; nonobstant les contestations du conseil du roi, et les noires pratiques de ses ennemis qui avaient entrepris en cette occasion chatouilleuse de le ruiner de faveur. Peu de temps après le Pape Jules II ayant envoyé ses nonces en Espagne prier Ferdinand de le secourir contre le concile de Pise, ou les cardinaux avaient élu un autre Pape; le cardinal Ximenès montra bien comment il était non moins détaché de l'intérêt que généreux, et reconnaissant envers ce Pape de qui il avait reçu l'honneur du chapeau, lui écrivant qu il lui ferait tenir à Rome quatre cent mille écus quand il voudrait, lèverait une armée a ses dépens, s'il en avait besoin, et la mènerait lui-même en Italie contre ses ennemis. Et néanmoins quelques années après le Pape Léon X, successeur de Jules, ayant entrepris le superbe bâtiment de Saint-Pierre de Rome, et a celle fin envoyé des bulles en Espagne pour y être fail quelque levée de deniers, le roi y consentant, le cardinal pour de bonnes raisons en empêcha l'exécution do toute sa puissance/ se montrant aussi brave et généreux à refuser comme b donner.
« Cependant le roi Ferdinand sentant déjà par les faiblesses d'une longue meladie, les assignations de la dernière heure, institua Charles, fils aîné de Philippe, gouverneur durant la vie de la reine sa mère, seule héritière de Casiille, et avec ce déclarant lo cardinal Ximenès récent, cl administrateur général des Esnagms, comme l'homme qu'il jugeait le (dus fidèle et le plus généreux pour la conduite de ses Etats. Sou administration dura l'espaee de deux années, pendant lesquelles il soutint avec lo faix de ce grand Etat, les partialités de Ferdinand, frère de Charles, les pratiques séditieuses des grands, les soulèvements et la mutinerie des peuples ; et dans une si notable révolution, où la mauvaise fortune du royaume jouait à le perdre, il rail les affaires dans la meilleure situation, où on les eût jamais Tues. A cet effet il tint toujours sur pied
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trente mill« hommes de guerre qu'il avait levés des villes et des bourgades d'Espagne, leur donnant autre solde que les franchises et les immunités, fit faire grand nombre de canons, dont il remplit les arsenaux en quatre divers endroits du royaume; rétablit les affaires de la marine, et mil en étal un grand nombre de vaisseaux de guerre, op-
f»osant avec tant d'adresse et de courage es forces publiques, aux révoltes des particuliers, qu'il fit en peu de temps, partout espérer les bons, craindre les méchants* et sentir à tous que le Ciel est toujours en amour et en armes pour les puissances qu'il a établie*.
« Après avoir appliqué le feu et le fer aux plaies les plus dangereuses de l'Etat, il tourna ses pensées à le décharger dsa humeurs peccantes qui opprimaient, sa vigueur, et à lui procurer un entier embonpoint. Il comraonça par les gouverneurs des villes, et par les officiers do justice qui malversaient en leurs charges, desquels il découvrit et châtia les corruptions ; fit une exacte recherche des rapines et des pécnlats commis aux finances ; régla les juridictions, les ordres militaires, le conseil d'Etat ; supprima bon nombre d'offices su-
Kerflus ; retrancha les pensions inutiles, et « dons excessifs du feu roi ; fit un fonds important d'épargne pour n'être jamais forcé en la nécessité de faire des levées violentes ; et avec ce mit à chef toutes sortes de grands et glorieux desseins ; calma tous les mouvements de l'Etat ; assura la Navarre sous la domination d'Espagne ; réduisit Malaca, Valladolid, Burgos, Léon h l'obéissance ; entretint de puissant» s garnisons sur la frontière ; assura les cotes de mer ; fil des courses sur l'Afrique ; envoya une armée navale contre Alger : délivra Pignon, Bugié, Mélillé de l'entreprise des Turcs, et ht de si grandes choses durant sou administration, qu'il contraignit l'envie de reconnaître, qu'il y a un degré de mérite si élevé, que sa fureur n'y ueut atteindre.
» Il lui arriva en ce temps une commission fâcheuse de la part du roi Charles qui t>t paraître son courage indomptable à nui autre qu'à la raison ; c'était d'éloigner de la personne de l'infant Ferdinand, le grand jrrieur de Caiatrava Gusman son gouverneur, et l'évôque d'Asturie, Osorio, son précepteur. A quoi le prince résista vi veinent, ajoutant de hautes menaces qu'il porta au cardinal s'il attentait d'exécuter sa. commission. Mais le cardinal, homme entier et courageux è. soutenir les intérêts de son maître, lui protesta qu'avant que le soleil du lendemain fût couché, quand toute l'Espagne s'y opposerait, le roi serait obéi, et lui obéirait le premier ; le fit incontinent suivre de ses troupe* au lieu où il se relira, lui empêcha toute communication, et congédia le lendemaiu ceux dont Charles jugeait l'éloigneinent nécessaire à son service. Sur quoi quelques grands du royaume lui ayant demandé hardiment
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réformalion, dans un discours qu'il prononça pour appuyer l'opinion de ses collèqu'il fltapparo:rdii pouvoir qu'il avait d'oser d'une autorité si absolue, il leur mon* Ira les troupes de sa garde ordinaire; puis prenant à la main le cordon de son ordre dont il était ceint, et le branlant des doigts, ajouta, qu'arec cela il mettrait à la raison, et châtierait les vassaaux superbes; et peu de temps après fit tirer quelques coupa de canon, et décharger une salve de mousqueleriepour réponse è leurs rodomontades.
« Tanld*' travaux, de traverses et de méconnaissance do l'honneur que le cardinal Brait arquis à l'Espagne, lu firent enfin soupirer après sa retraite, et presser instamment e roi Charles de renir jouir de la couronne. Il y vint avec la princesse Eléonore sa sœur, iprès avoir demandé au cardinal ses con- .eils, pour y être reçu et reconnu de .«es >eu|>les selon ses désirs et sa dignité. Le ardinal sortit avec toute la cour, et le con- <il pour lui aller au-devant. Mais faisant hemin il dîna è un village où il fut eropoio'iné d'un venin lent, qui succéda a un ii ire qu'il arail pris par les yeux en lisant no lettre de Flandre. Cela n'empêcha pas ourlant qu'il n'employât le peu de rie «nguis<ante qu'on lui laissa au service de Eial. Il donna aux rencontres des conseils »l il inires nu roi; et le mépris qu'on Ut de un de ses avis sur rassemblée des états snéraux, mil la cour en trouble, et tout E(at en péril.
« Enfin le roi ayant lâché aux sollicitaon» et aux surprises que les haineux du rrdinal avaient dressées sur son esprit, il i écrivit une lettre par laquelle, après l'a- >ir parfumé de belles louanges, après uucoiip de tendres et de soumises reconlissances, et après mille protestations de <uloir toujours lui rendre les mêmes remets, que doit un enfant bien né aux ins et aux bienfaits de son père, il lui
accordait le repos qu'avaient mérilé ses longs et laborieux services, et quo demandait la caducité de son âge. Mais cette lettre le trouva dans le lit grièvement malade; et comme il n'est pas que les plus forts esprits en semblables accidents ne payent quelque tribut à la passion humaine, il fut troublé et frappé d'une perçante indignation de cet honnête congé. Et néanmoins après avoir dissipé celte agitation de son cœur par la vivacité de son courage, et par les préjugés qu'il avait souvent faits à son âme de no* constance du monde, et de la vanité de la cour, il assembla toutes les forces de son esprit pour achever chrétiennement et religieusement la dernier acte de sa vie. On le vil un long temps adorant et baisant avec honneur l'image du crucifix, mêlant ses larmes avec le sang de son Rédempteur, l'embrassant, et le mettant sur sa poitrine comme pour servir d'entre-deui entre ses péchés et la justice de Dieu. On l'ouït protestant des sincères intentions qu'il a 'ait toujours apportées au bien de l'Eia' ; et de n'avoir jamais employé la valeur d'un réal du revenu de ses bénéfices à l'avancement de ses parents. Et au bout, après avoir reçu le sacré viatique , redisant sourent ces paroles de Darid : Mon Dieu, f ai mis en vous mon espérance [Psal xxx, z), il congédia sa belle âme, et passa, comme il est a espérer do son excellente probité, a la rour triomphante des bienheureux. Ce fui le 9 novembre de l'an 1517, Agé de quatre-vingts ans, après aroir gourerné ringt-deux aïs l'Espagne sous les rois Ferdinand, Elisabeth, Jeanne, Philippe et Charles, et jeté par ses sages conseils les semences de toute cette grandeur, où la race d'Autriche est depuis montée.
[Voy. Alvarez Gombz; — Michel Gacdeb; — Hilar deCoste; — Tossinun; — Fr. de Gonzagib; — Marc de Lisbonne.)
YORK (Henki BBNotl STUART, dit le Car* tat d), était le petit-bis de Jacques II, qui -dit la coiiMiiue d'Angleterre en 1688, le du Prétendant , que Louis XIV appelait ques 111, et le frère puîné du prime a ries-Edouard, qui remplit le xvur siècle bruit de ses arentures, de ses succès et ses malheurs. Sa mère était la princesse ueska , petite-fille du grand Sobieski. — a Rome le 6 mars 1725, il y fut baptisé le Pape Benotl XIII. Il changea son nom Juc d'York en celui de cardinal d'York, nd le Pape Benoît XIV l'eut rerêlu de la rpre sacrée en 17 VI. Le noureau cardin'avait alors que M ans. Louis XV lui na bientôt les riches abbayes d'Ancbin e Saint-Araand, dans le diocèse de Caru- . Le cardinal d'York ne prit aucune pari
aux agitations qui remplirent la vie de son frère. Mais dès qu'il eut été informé de la mort de ce frère, arrivée * Florence en 1788, juste un siècle après que leur aïeul était descendu du trône de la Grande-Bretaçoe, il se regarda comme le souverain légitime de l'Angleterre , et il exigeait, dans sou intérieur, qu'on le qualifiât de Majesté. On rapporte qu'un des Qls de George III, royageant en Italie, manifesta le désir d'être présenté au cardinal, et qu'il ne fit aucune difficulté de se conformer â l'usage , en suivant chez le descendant de tant de rois, l'étiquette observée dans les cours. Le cardinal d'York mourut à Rome en 1807, dans la quatreviugl- deuxième année de Sun âge et la soisanlième de son cardinalat. En lui s'éteignait cette illustre maison , qui avait essuyé