BAR DES CAR DINAI' X
3îi
plus vils de la cuisine, lui fil plutôt choisir de se tenir caché sous le boisseau de l'humilité, que do se produire surle chandelier de ces hautes dignités, qui portont quelque éclat dans de plus grands périls de la vertu et de la conscience.
« Pendant néanmoins qu'il cherche si fort l'ombre el le couvert de l'humilité, et que ses laborieuses études avec les fervents exercices de toutes les vertus partagent mutuellement son cieur et son esprit, semant partout des charités et des exemples pour moissonner des mérites ; il se trouve dans peu de temps portét>comme pardegrés.dans un grand jour qu'il no cherchait pas. Son bon père le B. Philippe, deux ans devant son trépas, tant par humilité comme pourse mieux préparer a mourir, demanda au Saint-Père Clément VIII, lors séant, qu'il lui plût d'agréer que le P. César fût subrogé à sa place au gouvernement de la sainte famille qu'il avait établie. Ce que non-seulement le Pape lui accorda, mais encore, pour témoignage de )a bonne opinion qu'il avait de la vertu et de la suffisance de celui qui lui était présenté, voulût qu'il gouvernât sa conscience el qu'il outl ses confessions. Et sans s'arrêter là, le pourvut, après quelque temps, du premier office de prélature vacant en sa cour; et lui commanda de l'accepter, nonobstant ses chaudes supplications, ses protestations et ses larmes , qui n'avancèrènt autre chose auprès du Saint-Père, que de le faire juger autant digne d'être élevé aux plus hauts degrés de l'honneur, qu'il s'estimait plus indigne de ceux qui étaient incomparablement surpassés de son mérite.
m En effet, le Saint-Père s'élant résolu de là s quelque temps a une nouvelle création âe cardinaux, il n'oublia point d'y appeler Baronius, dans l'opinion qu'il avait que la vertu de ce grand homme , posée eu son beau jour, dorerait de ses lumières la pourpre dont elle serait honorée. Baronius, plus étonné de cette nouvelle que si lo tonnerre fût venu balayer ta terre sous ses pieds, ne sachant quel conseil prenJre, se résolut d'abord à la fuite ; mais étant mieux conseillé de ses amis, il se porta en diligence devers le Saint-Père avec quelque opinion de pouvoir vaincre sa résolution par la force de ses raisons. Il se jeta donc à ses pieds , et, après les avoir baisés el arrosés de ses larmes , lâcha de fléchir par raison son esprit, eide le divertir du dessein qu'il avait tait de lui. Mais il ne fit autre qu'attirer, par tous les témoignages de l'aversion qu'il avait de cette dignité , l'exprès commandement du Pape de l'accepter, avec une menace foudroyante d'excommunication, s'il y apportait plus de résistance. Aussi n'en fallait-il pas moins pour vaincre une vertu qui oe craint que Dieu, el qui ne plie que soos les lois de son empire.
«Il commença, dès qu'il fut cardinal , à être tourmenté d'une nouvelle appréhension, que l'honneur qui l'allailcomme poursuivant arec des couronnes en main, ne lui parût sur la tôle la tiare du aouveraiu pontificat,
sous laquelle les Vertus et les Puissances mômes du ciel trembleraient. Dont il s'o- Dligea par un vœu fort particulier, se chargeant de toutes sortes d'exécrations, si jamais il faisait chose en sa vie à dessein d'arriver à celte dignité. Vœu qu'il observa aven tant do sévérité, que non-seulement il ne fit jamais rion dans celte visée pour pratiquer los suffrages des cardinaux , ou les bonne? grâces des princes; voiro en. toutes les occasions où il eût eu sujet d'appréhender de se préparer des obstacles a celte dignité, il méprisa constamment toutes ces considéralions, pour maintenir les droits légitimes et l'autorité de l'Eglise contre les prétentions des princes el des Etals séculiers. Et eeux aussi qui ont rédigé par écrit ce qui se passa aux promotions de Léon XI et de Paul V, n'ont pas oublié de remarquer combien celte noble et désintéressée liberté, dont il avait toujours (ait profession, apporta d'empêchement a son élection ; et comme encore, nonobstant les violentes oppositions de deux qui redoutaient sa franche et généreuse humeur, il était pour emporter lo po ilificat, pour peu qu'il eût voulu aider b l'affection de ceux qui l'y portaient par leurs vœux, comme singulièrement digne et capable de celte dignité souveraine.
« Or, cette grande et extrême aversion, qui le rendait si dédaigneux et si constant à lutter môme contre les honneurs qui lo pourchassaient, provenait) en lui de sa profonde humilité, et du mépris qu'il faisait de soi-même, et de tout ce qui est hors de Dieu, et qui n'est pas Dieu. Ce qui lui faisait souvent dire qu'il n'était qu'un sac pourri recouvert de pourpre, et qui lui donnait des pensées si vives de sa mortalité , qu'il ne se passa jamais do jour qu'il ne fil les recommandations de son âme, à la façon que l'Rglise les ordonne pour ceux qui sont en l'agoni» et aux prises avec la mort, se tenant toujours, entre le temps et l'éternité, comme dans une place neutre et au milieu de la vie et de la mort; d'où il jugeait au vrai de la vanité des honneurs et de tout ce qui e.^t de spécieux au monde, comme l'on connatt.au départ des métaux, la bonté ou la bassesse de leur titre.
« Le Saint-Père lui avait assigné, depuis qu'il fut cardinal, un appartement en son palais du Vatican, meublé sortablement à sa nouvelle dignité. Mais lui , aux mœurs de qui les honneurs n'apportèrent jamais de changement, se bàlilgrosslèremenl une celle de planches de bois où il enferma son petit lit fait de deux tables, et d'un simple matelas de laine, supporté de deux tréteaux de fer, le chevet surmonté d'une croix aussi do fer , qui représentait la bière d'un mort plutôt qu'un lit : où, auparavant que de prendre un peu de repos, il se faisait .former a son valet le signe de la croix sur le front avec de l'eau bénite, ne souffrant jamais d'être aidé de lui a se vêtir ou à se dévêtir, quoiqu'il s'abaissât quelquefois, par un excès d humilité, a lo déchausser el à lui rendre d'autres services.
DICTIONS AIUE
« Sa vie était extrêmement austère , son sommeil court, ses abstinences longues, ses occupations t ressantes et tendues, ses, pénitences et ses mortifications continues ; sa pauvreté si grande dans un honnête revenu que le Pape lui avait donné, que non-seuleroenl il ne permit jamais aucun excès en sa personne, mais il manqua souvent des choses nécessaires. Il n'eut jamais, dans onze ans qu'il fut cardinal, que la première robe qu'il prit à sa promotion, et ne porta au dedans que des habillements de peaux partout rapiécés. Il usa toujours de ses biens comme de chose empruntée, et après en avoir échnrsemenl converti une partie à l'entretien de sa maison, il appliqua le reste au soulagement des pauvres monastères et des familles nécessiteuses de la ville, à l'orne* meut des églises, cl à la dotation d'un bon
Père, cl ensuite le» derniers sacrements pour se fortifier aux approches de la mort, lesquels il reçut avec toutes sortes de témoignages de la joie intérieure qui abondait dans son esprit, qui lui fit lâcher cette dernière parole, comme l'on commençait défaire les recommandations de son âme : Est-ce donc le temps, et le jour tant souhaité de thés joie» , mourons. Depuis , comme l'on voit un poussin, déjà mûr à sortir de la coque,
3ui s'efforce à rompre sa prison, pour jouir u jour, et de la liberté : ainsi vit-on celte belle âme toute mûre pour le ciel se pousser par élans hors du corps, comme forçant les liens, et la prison qui la retenaient, pour s'aller joindre au lieu tant désiré do son bienheureux repos : où elle arriva enfin chargée des mérites de ses vertus, et de ses glorieux travaux, le dernier du mois de
nombre de tilles, que la pauvreté tenait en juin de l'année 1607, de son âge la 69*. » péril de leur pureté. Et quoiqu'il semât partout à pleines mains ses libéralités, il
disait néanmoins qu'il ne pensait pas d'en retirer de mérite, parce qu'il ne le faisait pas tant par amour de la vertu que par une certaine inclination que sa bonne mère lui avait coulée daus l'âme, par son instruction et par ses bons exemples.
« Il était déjà sur les marches de sa dernière année, quand, pressentant bien que sa mort n'était pas éloignée, il résolut de se retirer du palais dans la maison do l'Oratoire, comme la colombe (ainsi disait-il) dans l'arche de Noé, pour y mourir dans son nid et dans l'étroite profession des observances régulières, autant que sa condition le pourrait permettre. Il n'y fil pas long séjour, qu'il y fut atteint de la maladie qui devait le livrer a la mort. Ce qu'il se persuada avec beaucoup d'assurance dans le compte qu'il avait fait des années de sa vie, sur la révélation qu'il en avait eue depuis treize ans passés. Car il lui sembla, une nuit en dormant, qu'il lisait contre la paroi, écrit en chiffres noirs, le nombre LXIX. Sur quoi , •'étant éveillé ei ayant pensé que Dieu voulait possible lui marquer la durée de sa vie mortelle, il se rendormit en celte pensée, et vit comme auparavant, au mémo endroit, la môme écriture, mais plus lisible et relevée en grands cadeaux d'une exquise blancheur, qui ne le laissa plus douter que ce
ne fût la périodo déterminée du couis de sa avait fondée près de celle ville. — (Voy. les vie. Ce qu'il signifia assez clairement au auteurs cités après le suivant.)
TOMBEAU DU CATIDISAL BAROMI S.
Multos purpura purpurins tciiosi.h.
Ai me purpura ptirpurans graravil ; Multos purpura Cxsares creavii.
Non me purpura Cacmetn creavit; Vcrum reperii ame purpuralum, Orlii quam darel esse cardinalem.
0 quam sorduil esse purpuralumj!
0 quam viluil esse cardinalem !
Nunc me purpura (léserons icvavit, ' lllus purpura deserens molestai.
Non servi rc opibus, sibi imperare, Hoc est exsareum esse cardinalem Flammanti superos a more amare.
Hoc est purpurcuin esse cardinalem, Non scrvisii opibus, libi imperasli, Ignilo superos amasli amore :
llinc jam csruleo imperas olympo Cussar, pui pureusque cardinalis.
(Voy. Sponuh; — dk Coste; — Bellarmin : — PosjiKviN ; — Galomius ; —P. Amalarius. )
BARROSO (Pierre-Gomez), né à Tolède, d'une famille noble, s'attacha à la cour d'Alphonse XI, roi de Castille, qui le Qt con« seiller d'Etat. — Depuis, il lui donna, en 1315, l'évéché de Carlhagènc, et lui obtint le chapeau do cardinal, que le Pape Jean XXII lui donna en 1327. Gomez fut légat en Castille, puis en France, et mourut en 13*8 à Avignon, où il fut inhumé dans l'église des religieuses de Saint-Dominique, dite de Sainle-Praxède ou d'Espagne, qu'il
commencement et à la lin du dernier tome du ses Annales, qu'il acheva de composer dans la même année soixante-neuvième, durant laquelle 11 dil tous les jours la sainte JU nsse 4 dessein de prendre le viatique, pour n'être yoinl surpris du jour de son décès. Il s'éiail retiré à Fresca:i, par le conseil des médecins, Ipour essayer s'il pourrait amender dans'un si bon air; mais la fièvre, croissant de jour à autre, l'obligea de revenir à Rome,, pour expirer les derniers restas de sa vie entre les bras de ses chers Pères.
■ A son retour, son premier soin fut do de faire demander la bénédiction au Saiut-
IIARKOSO (Pierre Gomez), différent ou précédent, était archevêque de Séville, quand il fut fait cardinal par le Pape Grégoire XI. le 8 juin 1371. Il mourut à Avignon le 2 juillet 1374.— [Vou. Maria*a, Util., I. xvn ; -«-Adbkrt, Dist. des cardinaux; — Onuphrr ; — Ciacojous;— Baluze, VitœPap. Aven ; etc.)
BARTHELEMI, Français, fut créé , m 1220. par le Pape Honoré III, prêtre-cardinal du titre de S.dnte-Pudeutiano.
BARTHELEMI (Viteleschi), Italien, évêque de Monte-Fiasconc, lut créé cardinal du 4itre de Saint-Marc, en 14W, par l'antipape Félix V.
BARTHELEMI (Martuii), Espagnol, évô-
le.9
UAL