‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 50 sur 457 · BAU · texte numérisé non relu

BAU

nue Je Ségovie, fait, en 1496, par Alexandre VI, prêtre-cardinal du titre de Sainte- Agathe, mourut en 1500.

BAR'f HOLO.VIEI (Henri) de Suze, Français, archevêque d'Embrun, fut fait cardinal eu 1261 par Urbain IV. 11 mourut en 1271.

BASLEIDEN (François), archevêque de Besançon, en 1498 — Il fut nommé cardinal et remplit les fonclious de ministre du roi d'Espagne.

BASSADONA (Pierre), était procurateur de Saint-Marc, a Venise, quand il fui nommé cardinal par le Pape Clément X, lo 12 juin 1673; il mourut à Home le 6 octobre 1684. âsé de 68 ans.

BASSO (Jérôme), né è Savone, ér#.ît fi s d'une sœur du Pape Sixte IV. — Il fut promu a l'évêché de Recanati par son oncle, qui le créa cardiual en 1477. Il devint dans la suite évêque de Sabine, et fut le protecteur des £cns de lettres, dont plusieurs recevaient de lui des pensions. Diverses églises furenJ embellies, et celle de Notre-Dame de Loretta achevée par sa libéralité. Ce cardinal mourut à Rome, et le Pape Jules II, son cousin germain, lui fil élever un tombeau dans l'église de Sainte-Marie del Popolo. (Voy. Ciacomius; — Auberï, Bût.

an cardinaux.)

BATHOR1 (André), cousin de Sigismond, qui lui céda sa principauté de Transylvanie, fut nommé rardinal, en 1584, par le Pape Grégoire XIII. — Ayant perdu, en 1599, une grande bataille contre le prince de Valochie, et fuyant, avec quelques cavaliers, par des chemins étroits, où l'on ne pouvait passer qu'un à un, il fut arrêté par des paysans, qui lui coupèrent la tête, et la portèrent au prince de Valachie; il n'avait que 53 ans. On imputa sa mort aux impériaux ; ce qui est certain, c'est qu'après la défaite de ce prince, l'empereur, ignorant, ou teifcuant d'ignorer sa mort, se plaignit de ce cardinal, dans des lettres très-violentes au Pape Clément VIII, l'accusant d'intelligence avec les Turcs, et priant Sa Sainteté de l'excommunier, et de le priver du chapeau.

(Voy. Lettre du cardinal dOssat, du 13 j'an- «i>r 1600.)

BATMYAN (Joseph a), né à Vienne en Autriche, en 1727, archevêque de Slrigonie (liran), fut fait cardinal eu 1778 par Pie VI. Il mourut en 1799.

BAUDOUIN, Français, religieux do l'ordre de Ciieaux, puis archevêque de Pise, créé cardiuMl-prêlre, en 1130, par le Pape Innocent U, mourut en 1146.

BAUME (Pierre de la), né à Bresse, était fils du Gui de la Baume, comte de Monlrevel, et de Jeanne do Longuy. — Il lut d'abord chanoine de Saint-Jean cl comte de Lyon, abbé de Saint-Claude, de Notre-Dame de Pignerol, de Saint-Just, de Suze, du Muuslier-Saint-Jean , puis prince du S.iinl- Empire et évêque de Tarse. Le duc de Savoie l'envoya au concile de Latran, où il éclat. En 1523, il prit posses

deux fuis, le chassèrent de la ville. E i 1539, élevé au cardinalat fiai- Paul 111, il fui nommé, eu 1542, à l'archevêché de Besançon. Il ne jouit pas longtemps du celte dignité, étant mort le 4 mai 1544 ; il fut inhumé dan» I église de Saint-Just.

BAUME (Claude de la), abbé de Charlieu, de Saint-Claude, etc., fils de Claude de la Biume, baron du Monl-Sainl-Sorlin, et do Guillemeitt! d'igny, sa seconde femme, fut, eu 1543 et h l'ilge de seize ans, nomniô par !e Pape Paul III, coadjuteur de P<errc de la Baume, son oncle, archevêque de Besançon. — Dans le même temps, les chanoines, qui ignoraient cotte circonstance, élisaient François Bonnalol, abbé de Luxeuil. Celle élection amena un différend qui fut réglé en cour do Rome. Ce prélat s'o, posa avec zèle aux erreurs de Calvin, et parriut à les éloufTer entièrement dans le co.nté de» Bourgogne. Il fit recevoir le concile do Trente à Besançon, et accorda une protection éclairée aux g'iis de lettres. En 1578, le Pape Grégoire XIII le décora de la pourpre romaine. Le rardinal de la Baume mourut, le 14 juin 1584, à Ai bois, comme il se préparait a aller prendre possession de la vice-royauté de Naples.

BAUSSET (I.ouis-François db) naquit à P.mdichéry lu 3 décembre 1748. Amené trèsjeune encoro, en Franco, il fit ses premières éludes au collège de la Flèche, et les termina à Paris. — Après qu'il fui sorli du séminaire de Sainl-Sulpice, il eut occasion île connaître M. de Boisgelin , nommé en 1770 è l'archevêché d'Aix. Ces deux hommes distingués étaient faits pour se comprendre cl pour s'estimer. M. du Boisgelin prit pour grand vicaire le jeune abbé de Bausset. Sous un guide si éclairé, si actif et si ami du travail, celui-ci, plein d'ailleurs d'excellentes dispositions, eut bientôt acquis l'intelligence des affaires, la connaissance des hommes, une maturité au-dessus de son âge. Il eul occasion d'eu donner des preuves dans une circonstance qui se présenta bientôt. De fâcheuses dissensions, regrettables partout, mais surtout dans le ministère ecclésiastique, avaient éclaté entre un des su (Traçants, M. de Caylus, évêque de Digne, et son chapitre. La mésintelligence avait pris des proportions telles, que tout rapprochement semblait impossible. On détermina M. de Caylus à quitter momentanément l'administration de son diocèse, et h remettre ses pouvoirs à M. de Bausset. C'était en 1778. Ce dernier ne se fut pas plutôt mis à l'œuvre que toutes les difficultés disparurent. Ceux qui semblaient si rebelles et si intraitables, devenus de faibles agneaux, écoutaient avec soumission la voix d'un ecclésiastique conciliant, quoique ferme et digne. L'ordre fut rétabli comme par enchantement. M. de Bausset resta plusieurs années h Digne, ou qualité de grand vicaire. En 1784, il fut appelé a l'évêché d'Alais, en Languedoc, diocèse difficile, où

paru! avec «ciaw eu uio, u jn n jiuaaes- *-«■ uimvm,

sion de l'évêché de Genève, et s'y opposa les prolesianls étaient nombreui. Ce prélat,

avec zèle a la fureur des hérétiques, qui, qui n'avait d'autre ambition que collo du Dicrio*i«. drs Cardinaux. 11

SSI RAU

faire le bien, linl b y rester, et refusa, •n 1788, l'évêché de Grenoble. Il lit partie des deux Assemblées des notables en 1787 et 1788. L'assemblée constituante ayant en 1790, supprimé son évêché avec beaucoup d'autres, il réclama, mais inutilement. Il quitta la France à la fin de 1791, puis y rentra l'année d'après. Survinrent lus mauvais jours, et le règne de la Terreur. M. do Bausset fut arrêté et jeté en prison , où il resta oublié pendant la tourmente. Rendu à la liberté après le 9 thermidor et la chute de Robespierre, il î-o retira h la campagne, près de Longjumenu, « liez une do ses parentes , Mme do Bassompierre. De lè, il faisait h Paris quelques rares excursions pour voir ses amis, au nombre desquels était M. Emery, le télèbresupériour de Sainl-Sulpice. C'est de concert a\ec ce respectable ecclésiastique qu'il publia, en 1797, V Exposé des principes sur le serment de liberté et d'égalité, et sur la déclaration exigée des ministres du culte par la loi du 7 vendémiaire nn IV. M. de Bausset fut un des premiers à accéder à la demande faite, en 1801, par Pie VII, aux évêques de France de se démettre de leurs sièges. Après la mort du cardinal deBoisgelin, en 1804, M. de Bausset adressa à son ami un dernier adieu dans une Notice historique, qui respire une douce sensibilité. Mais ses principaux litres littéraires sont ses Histoires de Fénélon et de Bossuet, qu'il avait entreprises pour faire diversion a une maladie cruelle, la goutte, dont il était atteint depuis longtemps déjà, et qui le fit souffrir presque tout lo reste de sa vie. L'Histoire de Fénelon parut en 1808, en 3 vol. in -8*. portés à k dans l'édition de 1817. L'Htsioire de Bossuet lut publiée en 1814 (4 vol.iu-8*;. Ces Histoires eurent un grand succès; elles ont été souvent réimprimées. Bien que quelques critiques les trouvent fades et sans couleur, il faut convenir qu'elles sont écrites avec beaucoup de pureté et de correction; qu'elles méritaient enfin l'accueil qu'elles otit reçu. Elle offrent, en effet, beaucoup d'intérêt : et peut-on, d'ailleurs, n'être pas intéressé, quand il s'agit de ces deux gloires de la France, qui ont rencontré un historien digne d'oui, de ces deux prélats qui, s'ils eussent vécu de nos jours, n'eussent point manqué au cardinalat? On a souvent mis en parallèle ces deux Pères de l'Eglise, qui n'avaient d'autre point de comparaison que d'égales vertus avec de grands talents, mais des talents opposés. Fénelon Tait revivro dans ses écrits la pureté, la délicatesse, la perfection grecque. Bossuet, dans son originalité puissante, a élève au-dessus des règles, se lait un jeu de tes enfreindre. On pourrait trouver dans l'antiquité, et chez les modernes, des hommes supérieurs a placer auprès de Fénelon; il n'y a qu'un aigle do Menu*.

Dans ces deux Histoires, il est une expression qui revient souvent sous la plninc de M. de Bausset, c'est celle a Eglise gallicane. Il n'y a pas une Eglise gallicane, comme il y a une Eglise anglicane, dont la reine Vi»

BAV 552

toria e*l la souveraine pontife, comme il y a une Eglise russe, prussienne, ou suédoise. La France, comme les autres Etats catholiques, est une fraction de l'Elise catholique, apostolique et romaine, qui est une, dont lu centre est à Homo, et dont le chef visible est le Souverain Pontife, vicaire de Jésus- Chriil. Dans les Etals non-catholiques, la puissance spirituelle et la puissance temporelle sont réunies sur la même tête. Lo souverain est à la fois chef île l'Etat, et souverain pontife. Dans les Etals catholiques, au conlrairo , ces deux puissances sont distinctes, tellement, que l'autorité spirituelle est indépendante du pouvoir temporel. Celui-ci, il est vrai, n'a pas toujours respecté cette indépendance, mais l'Eg.ise l'a toujours maintenue contre toutes b-s attaques. Quant a l'expression d'Eglise gallicane, elle devrait être bannie de la langue française.

M. de Bausset était chanoine de Stinl- Denis, lorsque après l'établissement de l'Université impér nlo, il fut nommé par Nip«lénn P\ en 1810, conseiller titulaire, et, en février 1815, créé, par Louis XVIII, président du conseil de l'instruction pub ique; mais les événements des Cenl-Jours l'empêchèrent d'exercer ces fonctions. Au retour des Bourbons, il fut fait pair de France, et reçut, en 1817, lo chapeau de cardinal. L'année précédente, il ava l été admis a l'Académie française; mais il n'assistait presque jamais aux séances : ses iufhroiiés ne le lut permettaient pas. Elles le forcèrent également a interrompre un grand travail qu'il avait entrepris sur l'histoire du cardinal do Fleury. Dans les derniers temps de sa vie, sa distraction fut de composer des notice) historiques sur «les personnages qu'il avait connus : une Notice historique sur l'abbé Legris Duval, laquelle fut publiée en tête des sermons de ce prêtre vénéré: une Notice historique sur le cardinal de Taleyrand- Périgord, aussi imprimée, 1822. in-8': uuu autre notice sur le duc de Richelieu, qui fut lue, par M. de Pastorel, à la chambre des pairs, le 8juin 1822. Une grande conformité de mœurs, une profonde sympathie de caractères unissaient étroitement le fondateur d'Odessa et le cardinal de Bausset, qui voyait dispnr-ittre tous ses amis. Pressentant sa lin

f>rochaine, il se prépara h la mort avec la érveur d'un vrai Chrétien; et, après avoir reçu tous les sacrements avec une parfaite connaissance, il s'éleignil lu 21 juin 182V.

BAVIÈRE (Philippe Guillaume, duc de), évêque de Katisbonne, créé cardinal en 1596 par Je Pape Clément VIII, mourut en 1598.

BAVIÈRE (François-Guillaume de), comte do Wartemberg et de S haunbourg, né le Ie' mars 1593, lui créé comte du Saint-Empire, pour en porter le tilro tant que subsisterait la branche de Wilte.lmine. — Il lut évêque d'OsnaUrutk, de Miinlen, «le Verden et du Ralisbonne. Elevé à la pourpre, eu 1660, par lo Pape Alexandre VII, il mourut le 1" décembre 1661.

BEA

BEA

BAYANE (Alphojse-Hi bert »• Laitier ,

duc de), né a Valence, en Daupbiué, le 30 octobre 1739, d'une ancienne famille, fut , dès son enfance, destine a l'état ecclésiastique. En 1777, il fut nommé auditeur de Rote è la cour de Rome. Ces fonctions sont souvent comme un degré pour arriver au cardinalat; elles y conduisirent, en effet, M. de Bayane, quoiqu'un peu tard, puisqu'il ne fut nommé que le 9 août 1802 ; encore n*a<îcepta-t-il qu'après avoir obtenu l'agrément de Louis XVIII, qui résidait alors eu Courlande. Chargé, par le Souverain Pontife, d'une mission a Paris, il revint dans sa patrie» qu'avaient traversée, pendant sa longue absence, bien des révolutions et bien des gouvernements. Il fut bien accueilli du gouvernement impérial, qui le combla de distinctions. 11 fut môme nommé sénateur en

Leslet. Hist. d'Ecosse, 1. ix ei x; — Dbmpster, Martyr ol. (FEcoss*; — Paul Jove; — - Rucbana*; — Spondk, Annal.; — Sammarth, Gall. Christ., totn. II;— Aubbry.)

BEAUFORT (Henri), était fils de Jean, duc de Lancaslre, et frère du roi d'Angleterre, Henri IV. — Après avoir étudié dnns les universités d'Oxford et d'Aix-la-Chapelle, il obtint, en 1397, l'évéebé de Lincoln, et, en HOb, celui de Winchester. Il fut ensuite employé dans les affaires les plus importantes; fut chancelier d'Ang'eterre et ambassadeur en France. En 1*17, il entreprit le voyage de la Terre-Sainte ; et, passant à Coostance où se trouvait assemblé un concile général, il y prit un granl ascendant, et parvint a porsuader aux prélats de donner un chef è l'Eglise. En effet, ils élurent Martin V qui, en 1426, donna le chapeau de cardinal à l'évôque de Winchester. De retour

Après la restauration des Bourbons, quoi- en Angleterre, ce prélat fit mettre en liberté

que Louis XVIII l'eût fait entrer dans la chambre des pairs, il resta eu France pendant les Cent-Jours,et assista è la Messe célébrée au Cbarnp-de-Mai par M. de Barrai, archevêque de Tours. Le roi Louis XYfll, rentré à Paris, en juillet 1815, ne punit point le cardinal de cette espèce de défection; au contraire, il l'appela de nouveau a. la chambre des pairs. Lors du procès du

Jacques 1", roi d'Ecosse, qui y était retenu prisonnier; il s'opposa aussi aux projets du roi Henri V qui, pour entretenir la guerre contre la France, voulait lever de nouveaux décimes sur le clergé. Le roi fut obligé de renoncer à cette entreprise ; mais le cardinal, pour faire voir que ce n'était pas son intérêt propre qui le faisait agir, fit présent au roi de 20,000 livres sterling. Quelque temps

maréchal Ney, qui eut lieu peu après, il so après, le Pape Martin V envoya ce cardinal

récusa avec les autres pairs ecclésiastiques, en qualité de légat en Allemagne, où il Ht

M. de Bayane, de mœurs simples et douces, publier la croisade contre les hérétiques de

n'était pas un homme politique. Il vivait Bohème, qu'il alla attaquer en 1429. Cette

très-retiré. Il est mort a Paris, le 26 août entreprise n'ayant pas réussi, il retourna en

1818. Pendant qu'il habitait Home, il publia, Angleterre, où il employa l'argent que le

en italien, une brochure où il attribuait la Pape lui avait envoyé, à faire des levées de

de quelques contrées de l'Italie troupes qu'il joignit aux armées que les An

nui eihalaisons de la terre; pour s'en garantir, il conseillait do n'habiter que des lieux dont le voisinage lût pavé.

BKATOUN (David), né en H94, de la famille des comtes de Fife, une des plus nobles de l'Ecosse, lit ses éludes à Paris. — Le roi d'Ecosse, Jacques V, l'envoya, en 153V, en qualité d'ambassadeurauprèsdeFrançois 1",

Ïui le nomma è l'évéché de Mirepuix, et, en 538, le fit nommer cardinal par le Pape Paul III. Bealoun fut depuis légal en Ecosse, où il succéda au chancelier Jacques Bealoun, son oncle, sur le siège archiépiscopal de Saint-Andrews. C'est lui qui avait négocié le mariage de Jacques V, d'abord aveu Marguerite de France, tille de François!", en 1533. puis avec Marie de Lorraine, en 1538. Il fut l'un des plus zélés antagonistes de la réforme en Ecosse. Chaucelier de Jacques V, aprè* la mort de ce prince, en 1542, il le fut encore de la jeune el infortunée Marie Stuarl, et exerça sous soo nom l'autorité avec beaucoup de rigueur. Mais il eut a lutter contre des difficultés dont il ne put triompher. Son zèle pour la défense de la foi orthodoxe, ou ses différends avec le comte de L»«»ley furent cause de sa mort. Il fut assassiné un malin, eu 1546, eu sortant du lit, el sou corps fut pendu, avec les babils de ordinal, a une fenêtre de son palais. 'Voy. diacre de Chartres et de Poiliers, puis c ha -

gluis entretenaient contre la France. Cette conduite affligea vivement le Pape, oui en témoigna loul son chagrin. En 1431, le cardinal Beau fort conduisit en France le jeune Henri VI, son pelil-neveu, et le couronna, au mois de novembre, dans l'église de Notre- Dame de Paris, au milieu d'une imposante cérémonie, aûn de donner a la France une haute idée de la puissance anglaise. Il travailla ensuite, mais sans succès, à réconcilier les ducs de Bourgogne et de Bedford, que leurs intérêts avaient profondément divisés. Ce prélat violent est accusé d'avoir fait assassiner son neveu, le duc de G I orester. Shakespear fait allusion à ce crime dans sa tragédie de Uenri VI (acte 111, scène m). Il y décrit, avec son énergique originalité, les remords et les derniers moments de la vie de BeauforL Une autre tache à la mémoire de ce prélat, c'est d'avoir été membre du tribunal qui condamna au feu l'héroïque Jeanne d'Arc. Sur la On de sa vie, il s'était retiré à Winchester, où il fonda un hôpital, et où il mourut en 1»V7. (Voy. Th. Walsinsh am, in Henrie. V; — Mosstrllkt, tom. Il; — Goowis, De epise. Wington.;— Aubery, Jjfisf. des tard.; — Jbhhofe, Hist. (TAngl., etc.)

BEAULI EU (Simon), naquit è Beaulieu, en Brie, d'une famille noble. — Il fut archi-

noino de Bourges e( de Saint-Martin de Tours. Le pape Martin IV, oui avait élô trésorier de Saiul-Marlin de Tours, conserva toujours beaucoup d'amitié pour Beau lieu, et lui donna, en 1281, l'itrehevèché de Bourges. Céles-tin V le (il cardinal en 1295. Le nouveau cardinal avait toujours rempli ses devoirs d'une manière exemplaire. 11 fut envoyé par le Pape Boniface VIII en France, comme légat, a I occasion des différends oui divisaienileroi Philippe le Bel.el Edouard I", roi d'Angleterre. Il avait pour co-légat Bersud de Goih ; mais, malgré leur zèle et leurs efforts, ils échouèrent dans leur mission. Le cardinal de Beaulieu mourut peu après, le 18 août 1297. {Voy. Faizoa, Gall. pur p.; — Ugbblli, liai. *ocr.. Ep. Prmntsl.; — Ariioul Wioh, Lig. Vitœ, lib. i, c. 44 ; — Aubrry , Hi$t. des tard. ; — Sammarth., Gall. Christ. ; — Ciaconius; — Onupbrb;— - Robert ; — Sponde, etc.)

BEC (Michel du), Français, doyen de Suint- Qucnlin, chanoine et archidiacre de Paris, rut lail cardinal en 1312 par Clément V. Il mourut en 1316.

BECCARIA (Tbesacrcs), de Padoue, abbé et général de Vordre de Vallombreuse , légat à Florence, mort en 1258, fut le seul cardinal créé |par Alexandre IV, Pape de 1254 hÀ 1261.

BFDMAR. — (Marquis de). — Voy. Cceva.

BKLLAGIO (Gui), cardinal du litre de Sninl-Chrysogon, était de Florence. — Le P.-ipe Innocent 11 le créa cardinal en décembre 1138. En 1143, il fut envoyé, comme légat du Saint-Siège, dans le royaume d'Aragon ; et, en 1147, Eugène 111 le nomma

Iiour accompagner le roi Louis le Jeune dans 'expédition de la Terre-Sainte, où il avait la qualité de légat. Il était de retour eu 1 153, el il mourut peu de temps après. (Voy. Baro*ils, A. C. 1147 el 1153; — Mariana, De rrhus Uispanis, lib. x, c. 18; — Aubery, Hist. des card. ; — Onuphrb; — Ciacokius, etc.)

BELLAUM1N. — La Fie de Bellarmin B été écrite par Frizon, Nancy, 1708,1 vol. in-4*de 550 pages. Nous en douuons ici une analyse étendue:

Monle-Pulciano, petite ville de Toscane»

située sur une agréable colline, vers le lac do Chiano, fut la pairie de ce grand cardinal. Quoique peu considérable, elle a produit, en divers temps, beaucoup d'hommes célèbres; de ce nombre, Angclo Bassi, si connu sous le nom d'Ange Politien, et célèbre surtout a Florence, pour y avoir enseigné longtemps les langues, et y avoir élevé les entants de Côme de Médicis surnommé le Grand. On y compte, en moins d'un siècle, quatre cardinaux, l'un desquels fut Marcel (ierv in, qui retint son même nom, quand il fut élu Souverain Ponlife, et à qui rien ne manqua qu'une longue vie pour être un dos plus grands Papes qui aient jamais gouverné l'Eglise; car il en est peu qui aient d'abord conçu de plus vastes cesseins pour le bien de la religion, et en qui

se soit trouvé tant de droilure, de sagesse et de courage pour les exécuter.

La Providence, par la disposition de laquelle il fut enlevé au monde chrétien dès le vingl-deuxième jour de son pontificat, lui avait destiné, dans la personne de Bellarmin, fils de Cynlhie Cervin, sa sœor, un neveu capable de eonsoler l'Eglise d'une si grande perte, par les services considérables qu'il lui devait rendre; il n'avait que treize sus, quand mourut Marcel II, son oncln t mais il avait déjà toutes les qualités qu'on peut appeler les premiers traits d'un homme parfait; il n'eut pas besoin d'attendre an âge plus avancé pour mûrir. Son père s'appelait Vincent Bellarmin, et sa mère, corume on vient de le dire, Cynthie Cervin, l'un et l'autre encore plus illustres par leurs vertus que par leur naissance, étroitement unis par les liens de la charité, aussi bien que

[>ar ceux do mariage, et conspirant ensem- )le è ne mellre des enfants au monde, que pour en faire des serviteurs de Jésus-Christ et des héritiers de son royaume. L'équité* la droiture, le zèle du bien public et la

tiiôlé de Vincent étaient si connus dans donle-Pulciano, qu'il ne put se défendre, tant qu'il vécut, d'en être le magistral perpétuel. La dévotion de Cynlhie s'accordait parfailement avec la vertu de son époux : pendant que celui-ci gouvernait la ville, celle-là réglait les ailnires de la maison, et, renfermée dans sa famille, y attirait les bénédictions du Ciel, par son assiduité a la prière, et jetait de bonne- heure dans le cœur de ses enfants les semences de piété qui devaient un jour porter des fruits si rares, sortout dans la personne de Bellarmin.

Robert-François- Komule Bellarmin vint au monde le 4 octobre 1542, jour où l'Eglise fait la féte de saint François d'Assise, dont il devait imiter les admirables vertus, et sons la protection duquel il voulut être tous les jours de sa vie. Son premier nom fut celui de Robert ; il le reçut du cardinal Robert Pucci, Florentin , auquel il fut glorieux, comme écrit un historien, d'avoir tenu Bellarmin sur les fonts du baptême. La Providence, lui donnant cet illustre parrain, sembla déjà vouloir marquer, parcelle circonstance, qu'elle le destinait aux dignités de l'Eglise. Il sembla effectivement être né, sinon pour les posséder, au moins pour les mériter par les traits de sainteté qui parurent en lui dès son enfance, et par l'inclination qu'il témoigna dès lors pour le sacré ministère. A peine avait-il 6 à 7 ans qu'il en savait déjà les cérémonies, qu'il dressait, pour s'y préparer, de petits autels, qu'il élevait des chaires pour y faire le prédicateur; ce qui lui arriva surtout un jour de là Passion, où le saint enfant parla si divinement do ce grand mystère de notre religion en présence de sa mère, que, surprise de ces présages extraordinaires , elle se crut plus que jamais obligée do les seconder par ses soins, et de coopérer, par une éducation toute sainte, aux desseins

que le Soigneur paraissait avoir sur son Ois.

il c'avait encore que dix ans, et déjà il était l'exemple et l'admiration des enfants de son âge, qui le regardaient comme un saint et le respectaient, en coite qualité, comme leur supérieur. Il n'airnait ni les jeux ni les plaisirs. La chasse cependant ne laissa pas de lui être agréable, parce qu'il la trouvait propre, en lui exerçant le corps, è donner a son âme, en pleine campagne, toute la liberté de s'entretenir avec son Créateur. La musique lui plaisait encore davantage, surtout la musique religieuse. Los ebants qui sont en usage dans l'Eglise, et que la dévotion des fidèles a consacrés, étaient singulièrement à sou goût; tout ce qui lui parlait d'un Dieu qu'il aimait, le remplissait de bonheur. Il n'eu éprouvait pas moins à parler de ce grand Dieu, dont il exposait les bontés avec une éloquence bien au-dessus de son âge. On ne pouvait comprendre d'où lui venait un talent, que nul maître n'avait encore pu lui enseigner.

Il lui arrivait assez souvent, lorsqu'il était dans une métairie de son père, de monter sur un chêne, qui lui servait de chaire, pour prêcher aux paysans d'alentour. Ces bonnes gens accouraient en foule à ce specloclo nouveau d'un siieune et si touchant prédicateur; et l'avidité avec laquelle ils recevaient de sa bouche la nourriture de l'âme, leur faisait oublier d'aller prendre celle du corps. — Bellarmin l'oubliait aussi pour vaquer à la lecture, à la prière, aux exercices de ^a vie intérieure; et, comme il les savait incompatibles avec les satisfactions des sens , il commença par s'en priver , dès qu'il fut capable de les prendre. 11 s'accoutuma de bonne heure au jeûne et â l'abstinence , qu'il observait avec autant d'exactitude que /es religieux les plus austères. Sjn courage et son amour de la pénitence le soutenant , malgré la faiblesse de son enfance, en ces pénibles exercices , l'oraison elle-même, au lieu de l'affaillir augmentait ses forces. Après un sommeil assez court, il se levait la nuit pour étudier et pour prier; la prière le disposait à l'élude , son esprit, élevé par ses communications avec Dieu , et dégagé des objets terrestres , devenant plus propre à concevoir aisément ce qu'on lui enseignait.

Aussi ne fallut-il que très-peu de temps pour lui apprendre la grammaire parfaitement ; il passa aussitôt à l'éloquence et & la poésie, ou la facilité de son esprit ne lui Qt trouver que des fleurs; il en répandit à pleines mains sur le tombeau du cardinal Robert Nobili, qu'une mort précipitée venait d'enlever à sa patrie, composant en l'boooeur de ce cardinal une églogue funèbre, qui parut plutôt l'ouvrage d un maître que celui d'un enfant. Il y parla d'uno manière si fine et si tendre des aimables quoliiés du cardinal que Rome avait presque aussitôt perdu qu'admiré, qu'il lira les larmes des yeux de l'illustre assemblée , qui la lui euleudil prononcer; il eu lit une autre

UNAUX. BfcL S38

si spirituelle & l'abbé Nobili, frère du défunt, qu'elle eût calmé sa douleur, si elle eût pu l'être. Son coup d'essai en vers fut un petit poëme en l'honneur de la virginité, où il fit voir en même temps la (inosse de son esprit, et le tendre amour qu'il avait pour une vertu si chère à la plus pure des vierges, qu'il avait toujours regardée comme sa mère et sa protectrice. Il n'avait encore que seize ans qu'il était maître en fait do poésie ; son inclination naturelle à la lecture des poètes, surtout de Virgile, son rare génie, son bon goût l'y avaient déjà rendu si habile, qu'il y aurait excellé snns contredit, s'il n'en avait sacrifié le plaisir à des études plus importantes, qui ne l'empèchèr rent pas cependant, dans les moments do ses récréations permises, de laisser couler encore de sa veine quelques vers, qui ont mérité les éloges des connaisseurs. Telln est l'ode qui commence par ces mots : Spiritut celsi dominalor axis , aussi bien que l'hymne : PaUr superni lumini$ , qu'il fit sur In Madeleine, et qu'on trouve dans le bréviaire réformé par l'ordre de Clément VIII. C'est ce Pape qui la lui fit composer, à Fiascali, où il prenait Quelques heures do relâche avec lui et le cardinal Sylvius , leur ayant proposé â l'un et à l'autre une espèce de défi, pour voir lequel des deux réussirait le mieux en l'honneur de la sainte, dont probablement la fêle se célébrait eo

tour-là. C'était une récréation digne du 'ontife et de6 doux cardinaux qu'il honorait de sa confiance, et avec lesquels il se délassait, en hommo d'esprit, du ses pénibles travaux.

Nous passons sous silence un poëme héroïque, qu'il (it sur les oppositions apportées par sa famille à son entrée en religion : ouvrage digne de son esprit et de sou zèle, quo sa rare modestie, ou son respect pour ses parents lui ût jeter au feu, de peur qu'on ne rendit public, un jour, ce qu'il avait fait en secret pour s'animer à suivre la vocation de Dieu.

Avant de se résoudre à y obéir, il s'appliqua sérieusement à la connaître, il rentra souvent en lui-même, pour y examiner la situation de son propre cœur, ses inclinations , ses mouvements intérieurs : ce sont comme des voix secrètes , par lesquelles le Saint-Esprit fait ordinairement entendre aux âmes ses saintes volontés.

11 n'y remarqua jamais qu'une grande aversion du monde et qu'un amour extrême pour l'Eglise; il vit l'une et l'autre de ces dispositions tracées jusque dans les amusements de son enfance, qui n'avaient jamais eu rien do profane. Ayaut toujours senti comme une espèce de maiu secrète qui l'éloignail des vains divertissements du siècle, il concluait de là qu'il n'était pas fait pour le monde; que Dieu le voulait à lui, elle destinait au sacré ministère : mais il était encore incertain sur le choix de l'étal ecclésiastique, ou de l'état religieux. Pour s'éclairer sur cette importante affaire , il cher* cha la solitude, dans l'espérance que le

Page 1