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«aient leurs frîrres contre l'ennemi commun. Dans (notes les académies protestantes, no oublia lotit autre adversaire, on n'y eut plus en tête que Betlarmîii. et on se persuada qu'il serait aisé de vaineie tous les autres '(si l'oti |K>uvail Tenir à bout de celui-ci. L^s plus zélés firent des vœux pour olilenir du Ciel qu'il suscitât une multitude de docteurs qui, se servant de la logique cniome d'une fronde, ce sont les propres termes de Pis- • ator, jetassent avec adresse la pierre aiguë df la parole de Dieu au front de ce nouveau Tioiiath. et le renversassent par terre. (Pisc ator, Praef. in lib. De instil. contra ltell ) Les plus babdesse mirent en devoir de lui •aire la guerre. C'est par les instances de David Parée qu'on éiig<a en Angleterre un collège tout exprès sous le titre de Collège antibellarminien. Outre la nouvelle leçon de controverse qui fut créée à Oxforl Elisabeth en fonda une autre à Cambridge, destinée uniquement à combattre Bellartuiu. Cette princesse n'épargna rien pour ôter tout crédit aux livres du savant Jésuite, et comme elle vil par expérience que ce qu'imaginait sa politique pour les décrier ne faisait qu'exciter la curiosité de ses sujets, elle publia un édit par lequel elle en défendit la lecture a tout autre qu'aux maîtres auxquels elle avait confié le soin de les réfuter, e'.lo condamna môme nu dernier supplice ceux qui se trouveraient détenteurs do quelques exemplaires. Cette prohibition augmenta le débit, ce qui fit dire à un libraire de Londres tout hérétique qu'il était : « Ce Jésuite seul, en parlant de BeUartuin, m'a plus fait gagner que tous nos théologiens et prédicants tous ensemble. .
Celle avidité de lire ces snvanles expositions de la foi n'était pas stérile : on y reconnaissait la vraie croyance, on y voyait lu impostures des ministres, ou était honteux de s'être laissé séduire par de si mauvais guides; on était ramené à la vérité
Sue le grand homme montrait avec tant 'évidence et qu'on trouvait altérée, dé!lgurée dans les explications artilicieuses données dans les écoles protestantes. On désertait le parti pour se rejeter dens Ift sein de l'Eglise. Des troupes de luthériens el de calvinistes, ayant quelquefois & leur tôle leurs ministres heureusement convertis, venaient se jeter aux pieds des nonces apostoliques pou* y abjurer leurs erreurs. C'est le témoignage qu'eu rendit Aîbcrgati au retour de la nonciature de Cologne.
Guillaume, duc de Bavière, témoin des changements qui se firent a'ors en Allemagne et qui furent le fruit de ces Controverses, eu écrivit a l'auteur avec des transports du joie : « Je vous porte une sainte envie,» lui mandait ce pieux prime, • quand je. vois les nombreuses conquêtes que vous faites en ces contrées à la gloire de l'Eglise. Ah I si vous saviez combien vous avez engendré d'enfants spirituels à Jésus-Chrisl I «Pour avoir part au mérite d'un homme dont les autres opéraient ces merveilles, il enlre-
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prit lui même d'en faire une version allemande.
Un tel succès déconcerta les chefs de la Réforme, et tandis quo les plus savants et les plus modérés d'entre eux essayèrent en vain de mettre au jour ilo nouvelles réponses qui retinssent les esprits ébranlés, H y en eut d'autres moins habiles et beaucoup plus passionnés qui, désespérés do no pouvoir rien gagner par leurs réfutations frivoles, recoururent à la calomnie comme au seul moyeu qui leur restât, espérant qu'en décriant la personne de Bellanuiu, ils parviendraient à décrédiler ses ouvrages.
Ils s'avisèrent d'abord de débiter que lo fameux B min, par un coup de Providence extraordinaire, s'était enfin reconnu; que, touché de repentir d'avoir combattu la vérité évangélique, nom dont ils décorent leurs erreurs, non-seulement il avait mis bas les armes et désavoué ce qu'il avait écrit, mais qu ilenavail l'ail une rétractation publique; que d'ennemi de Calvin il en était devenu le sectateur, el que le Pape, dont il avait abandonné la cause, l'avait fait emprisonner à la vue de toute la ville de Rome pour réparer par ce châtiment le scandale oublie qu'avait causé sa désertion, et que le ressentiment du Pontife était allé jusqu'à le faire exécuter dans la prison par la main du bourreau. Celte belle invention se répandit dans les provinces où régnait h prétendue Réforme; elle y fui publiée comme, une vérité co stante; on la fil sonner ben haut dans les prêches, cl loul extravagante qu'elle élair, elle ne laissa pas d'avoir cours parmi le peuple; ou un fil des réjouissances publiques en Angleterre, elle passa* en Ecosse où elle fut reçue avec les mômes acclamations, comme elle y fut publiée avec la même impudence. Mais ce qui surprendra lout ce qu'il y a de personnes de bon sens et de probité dans le monde, c'est la noire el infAme calomnie qu'on fabriqua dans un libelle répandu à profusion en Allemagne, en Pologne, en Hollande, eu Aiiiloterre. Le litre du libelle était : Ln fidèle et véritable histoire de In mort désespérée de Robert Btllarmin, Jésuite. La plume se refuse à reproduire les calomnies infâmes, dégoûtantes, ridicules, articulées dans ce pauqihJel. Les protestants honnêtes en rougiraient eux-mêmes, et voilà ce qu'on jetait en pâture à do malheureuses populations l Comme on lisait eu Pologne ce libelle à un Juif récemment arrivé de Rome el connaissant Bellarmin, il répondit : « Si tous les Catholiques vivaient comme Bellarmin, il n'y aurait plus de Juifs au monde n'y ayant pas un de nous qui ne dût dès aujourd'hui se faire Chrétien. » Un hérétique avait déjà fait un aveu loul pareil; run et l'autre, racontés à Bellarmin, lui firent dire : « Voilà déjà deux témoignages pour nia canonisation, l'un d'un Juif, l'autre d'u i protestant; il ne m'en manque plus qu'un troisième qui soil d'un ïurc'ou d'un gentil. •
Le dernier effort des novateurs contre
Bellarmin, dont ils avaient , avec si pen de èucrès, attaqué l'ouvrage et la personne, fui d'essayer au moins de diminuer la gloiro de l'un et de l'autre, en publiant que les gros volumes qu'il avait donnés au public n'étaient pas de lui seul, nue c'était une vanité à lui de s'en être fait bonneur. que Joule la Société y avait rois la main, qu'elle v avait employé tout eu qu'elle avait d'habiles gens. C'est ce que Junius n'aurait pas débité, s'jl avait eu ou plus de bonne Toi, ou do meilleures informations ; car il est incontestable que c'est le fruit des travaux du s ul Dellormin. C'est une vérité si certaine que tout le collège romain en fut témoin, cl qu'on conserve encore nujourd hui, écrit do sa propre main , tout son ouvrage complet, excepté le 1" livre déchiré imprudemment par un particulier, qui ne s'en aperçut que quand il n'y eut plus do remède.
Il est étonnant de voir combien on fit jouer de ressorts pour décréditer les ouvrages de Bellarmin, on épiait les occasions de ses absences pour les attaquer. Ou prit le temps qu'il était a Paris, pour rendre b Rome ses Controverse» suspectes, et pour les faire mettre au catalogue des livres défendus. On prit celui qu'il était h R<>mo, pour faire condamner un certain traité, qu'il avait fait contre G. Bardai, Du pouvoir det Vape$. On se plaignait en Italie qu'il avait donné à ce pouvoir des bornes trop étroites : on prétendait en France qu'il les avait trop étendues. Mais il eut le bonheur, après s'être expliqué de ses sentiments, et en deçà et au delà des monts, de les faire agréer è la cour de Rome, et d'obtenir en celle Je France, qu'on y arrêtât les effets de la sentence qu'on y avait portée contre eux. Une congrégation du cardinaux , assemblée sous l'autorité du Souverain Pontife, fil effacer de la liste des livres interdits celui de Bellarmin, sans qu'il en fit aucune instance ; et À la première lettre que, appuyé des offices du nonce, il écrivit a la reine mère, Marie de Médius, alors régente du royaume, elle Gl assembler le conseil d'Etal, qui rendit un orrfit pour surseoir n la publication et à l'exécution de celui qu'avait porté le parlement, et cet auguste corps ne fui pas fâché de eu tempérament qui, sans blesser sou honneur, mettait h couvert celui de Bellarruin.
Ce fut un sujet analogue, où il s'agissait îles intérêts du Saint-Siège, qui lui Ut entreprendre l'ouvrage intitulé : De la translation de l'Empire. Ayant su du célèbre Jésuite Possevin, gu'un certain livre de Matthias Jllyricus, répandu eu Allemagne, y faisait des impressions peu favorables à I autorité du Vicaire do Jésus-Christ, qu'il était important do soutenir eu des temps où tous 4es efforts des hérétiques tendaient a séparer les membres du chef, le zèle de la maison de Dieu, qui l'animait toujours, ne lut permit [«as de balancer un moment sur le parti qu'il avait a prendre. Il écrivit trois livres directement opposés aux trois parties principales de celui que faisait courir lu docteur protosiant. Le premier était de la