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sole, il ie rassure; il lui proteslo qu'il veut être le père de ses enfants, qu'il se chargo de la dot de ses filles, et qu'il prend sur lui le soin de leur trouver a chacune un parti sorlable à leur rang, ce qu'il fit dans la suite avec la libéralité d'un grand seigneur et avec une bonté de père. Ayant ramené la confiance dans le cœur du malhoureux, il entendit luimême sa confession, il lui fit administrer les derniers sacrements en sa présence et le laissa, plein de paix elde joie,expircr entre les mains de sa famille.
Tel était le cœur lendro et magnifique do Bellarmin. Ce n'est pas seulement à Capoue qu'il faisait couler la source de ses miséricordes; il les répandait avec une abondance proportionnée dans l'Ile do Procida et à Turin, quand il y eut quelque bénéfice ; à Rome même dans la paroisse de Sainte-Marie du Chemin, qui était l'église de son litre, et enfin dans tous les lieux où il avait quelque relation. Celle sainte prodigalité, qui épuisait ses finances, obligeait de temps en temps l'intendant de sa maison à lui représenter que ses revenus no suffisaient pas à sa charité : « Ils ne sont pas è moi, » répondait-il, « ils sont aux pauvres; c'est une restitution que je leur fais; donnez toujours, et vous aurez toujours de quoi donner. »
Quand il s'agissait de quelque contestation entre les juges ecclésiastiques et les ofilricrs du Itoi Catholique, si l'affaire était douteuse, il s'en remettait au jugement des personnes désintéressées dont on convenait do part et d'aulro : si elle était sûre, avant d'entrer eu des procédures, il mettait ses raisons dans un jour qui obligeait les parlies adverses a se désister de leurs prétentions ; et il arriva plus d'une fois à celui que Philippe III avait chargé de maintenir les juridictions du royaume, de dire hautement qu'il voulait être du côlé du cardinal, persuadé que la justice en était toujours. Le cardinal se la faisait lui-même tout lo premier de la meilleure foi du monde; et comme il soutenait «vue vigueur les droits de son église contre toutes les entreprises séculières aussi abandonnait-il sans résistance coux qu.ï son église avait usurpés sur lus puissances temporelles. Mais il n'y eut point d'autorité de la terro qui lo pûl empêcher de rentrer en possession de qualro lerres considérables, dont quelques personnes de marque avaient joui longtemps, les ayant injustement démembréos de sa métropole. Toutefois il y procéda avec des ménagements si pleins de douceur et de prudence, que ces seigneurs voyant ses titres furent obligés d'avouer qu'il avait fait son devoir; que de leur part ils n'avaient pas droit de so plaindre, pourvu qu'ils no perdissent pas l'a.uilié de lour archevêque.
Il était depuis trois ans à Capouo, lorsque Clément Vlil mourut; il lui fallut retourner a Rmne, pour l'élection de celui qui devait succédera ce Ponlife. C'esl alors qu'il sentit !a tendresse qu'il avait pour son Eglise, au moment où il se vit dans la nécessité de la quitter; sachant d'ailleurs, par des vues plus
DES CARDÏNAIX