‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 56 sur 457 · S UC · texte numérisé non relu

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sûres /juc celles de la nature, que c'était pour toujours qu'il allait s'en séparer. Elle lut était devenue très-chère par les fruits spirituels qu.'il en recueillait tous les jours et par le repos qu'il goûtait avec ello dans l'éloigneœent de la cour, qui lui paraissait une mer orageuse, où le moindre danger était do perdre a l'avenir touto sa tranquillité. Plein de celto idée, il monta en chaire pour fairo ses odieux à son peuple : « Je ne suis pas prophète, chers Qdèles, » leur dit-il, « mais je ne puis dissimuler les pressentiments que j'ai de ue vous revoir jamais ; cette parole, qui vous fait peine, m'en fait oncore plus qu'à vous; car je vous aime véritablement dans les entrailles de Jésus-Christ ; je serais inconsolable, si je n'espérais que vous profilerez des instructions que j'ai lâché de vous faire, et que vous travaillerez sérieusement à l'extirpation des vices qui m'ont obligé, do temps en temps, h me plaindre un peu de vous. Qui sait si le délai que vous avez apporté o suivre assez proniplemcnt les voies que je vous ai montrées, n'esl pas la véritable cause qui m'arrache d'entre vos bras? » Pendant qu'il parlait d'une manière si louchante, son auditoire fondait en larmes; tous se regardaient comme indignes d'un si saint prélat. Il fit tous ses efforts pour les consoler. A la sortie de la chaire, ils le reconduisirent au palais en faisant retentir l'église de leurs gémissements et de leurs soupirs.

C'est la veille do son départ qu'il leur fit ce triste adieu; mais co fui hien un autre spectacle le lendemain, qui fut le jour de celle cruelle séparation. Il arriva h I homme aposloliquo ce qui étail arrivé à l'apôtre saint Paul : celui-ci prêt à sortir de Milel, ayant assemblé les plus anciens du clergé de cette nouvelle Eglise, dont il élait le père en Jésus Christ, cl leur ayant déclaié qu il était sur le point de les quitter, pour ne les revoir jamais; ce fut parmi eux, dit l'historien sacré (Act. xx), un deuil inexprimable; cette parole imprévue les pénétra de la plus vive douleur; on se jeta au cou de Paul; un pleura sur lui , on l'accompagna jusqu'au vaisseau, qu'un coup de veut leur (il bientôt perdre de vue. Tcllo étail la douleur des habitants de Capoue, qui croyaient perdre un père. Dès le malin de son départ, le concours fut général à son palais. Hiches et pauvres se pressaient outour de lui : les uns voulaient lui baiser la robe, lus autres lui tube loucher leurs chapelets, et lous avoir sa dernière bénédiction. Pour les contenir, il la leur donna en élevant la voix et la main, et en les assurant qu'il n'allait être absent que de corps; qu'il leur laissait son cœur, et qu'en faveur des pauvres, il avait pris des dispositions pour que ses aumônes se continuassent à l'ordinaire. Puis il entra dans sa litière attendri lui-môme, et ne pouvant retenir ses larmes 8 la vue d'un peuple si oireeliouué, qui l'accompagna le plus loin qu'il put, el après l'avoir suivi des yeux, le suivit de cœur jusqu'à Rome.

A peine Bollarmiu fut il arrivé, qu'il fallut

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