‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 57 sur 457 · BEL S · texte numérisé non relu

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songer a donner h l'Eglise un chef capable de remplacer celui que venait de perdre lo momie chrétien dans la personne d'IIippoly to Ahlobrnndin, qui avait pris le nom de Clément VU1. Il faut convenir que ce fut un ;rrand Pope par ses qualités personnelles el w les actions mémorables de son pontilicai. I en est quatre, entre au" res, qu'on ne peut ni contester, el qui su'lisent pour rendre sa mémoire immortelle. Ln première est la réconciliation de Henri IV, qu'où ajustement appelé le fils de ses prières el de ses larmes ; la deuxième, lo réunion de Forrare au domaine ecclésiastique par le moyen du même monarque, dont le nom seul désarma tous les protecteurs de César d'Esté; la troisième, la paix de Vervins, concluo par sa médiation, entre les rois de France et d'Espagne, qu'il Unit à la défense de l'Eglise; et enfin la quatrième, le Jubilé universel, le plus fameux qui 'fut jamais par la multitude des pèlerins, qu'on fait monter jusqu'à trois cent raille, par le grand nombre de Turcs etd'héréliques qui, frappés de la majesté de la religion, en reconnurent la vérité, et par les charitables profusions du Pontife, qui lui méritèrent les applaudissements el les éloges de toute la lerro.

Les cardinaux, 'au nombre de soixante, assemblés pour élire un digne successeur :i Clément, se partagèrent, comme il arrivo d'ordinaire; onze jetèrent d'abord les yeux sur Bellarmin; il eut de la joie de voir lu plus grand nombre se déclarer pour Baroniiis, le plus lidèle el le plus constant de ses amis.

En effet, il s'en fallut peu que la tiare pontificale ne lût plocéo sur la tôle de ce pieux el savant cardinal, qui avait assez fait d'honneur a l'Eglise par ses Annales, pour en mériter la suprême dignité. Le Sacré Collégn pencha longtemps du son côté. Il eut jusqu'à Ircnlc-ilenx suffrages, el il est probable que son mérite eût emporté le reste si l'Espagne lui avait été aussi favorable que la France. Les vœux de tout le concteve tournèrent enfin vers Alexandre de Médicis, qui no trouva nul obstacle de la part des deux monarchies, lesquelles, en qualité de légal du Saint-Siège, il avait pacifiées, en 15(J8, au Imité de V ervins. Il fut élu le 1*' avril 1603, el couronné le jour de Pûques sous le nom de Léon XI , mais la pompe de son couronnement fut bientôt changée en celle de ses funérailles. Il ne fui pas un mois entier sur le itôuo de saint Pierre; et, dans ce peu de temps, il montia tant de grandeur d'âme el de vrai piété, qu'il mérita d'être regretté par Henri IV comme son ami, par lo peuple comme son père, par les gens do lettres comme leur protecteur, el par toute l'Eglise comme celui sous la conduite duquel elfe ne promettait que des triomphes.

A peine I eut-on pleuré, qu'il fallut rentrer au conclave pour une nouvelle élection. Baronius el Bellarmin, dont les cœurs étaient si unis, el qui faisaient des vœux l'un pour l'autre, eurent longtemps des voix; Bellarmin en eut plus en ce conclave que Baro-

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nins; mais on peut dire qu'il n'en étail pas «tons k* Sucré Collège qui fussent plus «lignes de l.i papauté que ces deux grands liouiines, et qui craignissent le plus d'en être charges. Toutefois, en parlant du snuTcrain pontificat auquel Barnnitts pensa ôlro élevé, on no p« ul taire les dispositions de cœur où il su trouvait a l'égard de celte dignilé suprême.

Ce serait quclquo chose d'assez grand et d'assez rare en benucoup d'autres de la regarder avec indifférence ; il est certain qoo le serviteur de Dieu ne s'en mil guère en peine, comme il le témoigna h un intime nrni qui lui disait : « Aide toi, lo ciel t'aidera. »

«Ne fallût-il,» répondit Bellarmio,« que lever de terre un brin de paille pour être Pape, je ne daignerais pas me baisser pour le lever. * On ne le vit jamais, dans celte vu*, ménager les officiers des couronnas, ni se désister d'une bonne action par la rrninte de s'attirer leur exclusion. Menacé un jour de celle do l'Espagne par le duc de Lcmos. il lui fit entendre avec uno sainte fermeté, qu'il était nevou de Marcel II, que ne firent pas trembler de plus fortes menaces laites parle ministre d'un empereur; « qu'il était résolu d'aller son chemin comme lui, et que ce qu'on voulail lui faire craindre, é tait ce qu'il désirait. »

Il ne fallait que le voir dans le conclave pour être convaincu de son extrême indifférence sur le chapitre de son élévation. Pendant que tout y était en mouvement par los différents intérêts des cours, et les diverses passions dos prétendants, Bollarmin était aussi tranquille dans sa cellule, qu'il l'aurait été dans celle du noviciat de Saint- André. Là, exempt de toute ambition, impénétrable a l'intrigue, inaccessible aux sollicitations, nui présents des têtes couronnées, qu'il respecta constamment, sans en être l'esclave ; il vaquait à Dieu, comme avait tait les exercices de saint Ignace, persévérant plusieurs heures en prières, demandant continuellement au Seigneur, qu'il envoyât celui qu'il avait destiné pour le bien de son Eglise, et lo conjurant d'éloigner du lui cette charge épouvantable qu'il ne se sentait pas capable de soutenir.

C'est le sentiment qu'il avait au fond du rafur, et dont il s'ouvrit à plusieurs cardinaux, qui prenaient beaucoup plus de pari que lui-même a la disposition de presque (nul le conclave en sa faveur. Il les supplia de détourner ailleurs les suffrages. Tout grave et tout réservé qu'il était en ces conjonctures, il ne laissait pas quelquefois de plaisanter avec ses amis : • Gardez-vous bien de me choisir,» leur disait-il, « vous vous en repentiriez ; tout faible et tout usé que vous me voyez, je suis encore pour vivre longtemps ; je suis d'une famille, où l'on va jusqu'à l'extrême vieillesse. » Il répondit plus sérieusement a un de ses amis, qui lit tomber entre ses mains une relation du conclave, qui venait de Unir; car, y ayant lu que ses manières qu'on trouvait un peu simples, avaient empêché qu'il ne fût Pape,

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il prit la plume avec sa tranquillité ordinaire, et écrivit en marge : Félix timpl icitas qnce me n tanto onere liberavit. « Heureuse simplicité qui m'a délivré d'un fa-deau si pesant I » On ne dit que la vérité, en affirmant qu'il craignit plus d'en être chargé, que d'autres no le désirent, el qu'il y sentait des répugnances, qui allaient jusqu'à une espèce d'horreur. CVt le lermo dont il se sert lui-même, en répondant h une lettre obligeante d'un prélat d'au delà des monts, qui, dans lo temps du second conc'avo, lui avait écrit qu'il ne doutait pas qu'il n'y fut élu : « Je regarde, » lui dit-il en répondant a celte letirc.t comme une marqun de l'amitié dont m'bonoro Votre Seigneurie, la pensée ou le désir qu'elle a eu de mon élévation au souverain pontificat : car c'est la coutume de ceux qui aiment de so persti.idor aisément que ce qu'ils souhaitent à leurs amis, leur arrivera. Mais je la supplie de croire que non-seulement je n'ai jamais désiré ce poste éminent, mais que j'en ai toujours eu une espèce d'horreur. Aussi ai-jc prié Dieu de tout mon cœur que, connaissant mon insuffisance, il ne souffre pas que je monte à ce degré d'houneur si périlleux. »

Sos alarmes n'étaient pas mal fondées; quoique plein d'un profond mépris pour lui-môme, il ne pouvait s'empêcher, non plus qu'autrefnis saint Jérôme, en une semblable rencontre, d'enlondro co qu'on disait publiquement de son savoir et de sa vertu ; et, bien qu'il ne reconnût rien de pareil en lui, il n'était pas maître des pensées des aulrcs qui le croyaient digne de la papauté. Des cardinaux a qui il ne lui était pas permis de fermer la bouche, lui en parlaient ouvertement; tout le monde le souhaitait; il était sûr de '.a bonne volonté des princes, et surtout de celle de Henri le Grand, qui parlait hautement de son mérite, qui ne faisait point de différence enire désirer d'avoir un saint Pape, et souhaiter l'élection de Bellarmin, et qui, en présence de toute sa cour, exhorta les cardinaux français parlant pour Borne, après la mort de Clément, ae concourir à sa nomination avec tout le zèle qu'ils devaient avoir pour l'Eglise. L'éloge et les *œux d'un si grand roi faisaient trop d'éclat pour être tout a fait ignorés du cardinal. Il ne pouvait s'aveugler sur ce qui s'était passé dans les premiers scrutins du précédent conclave; il y en eut quatorze au premier scrutin qui lui donnèrent leurs suffrages, et il paraît que tout le reste était è lui ; si des raisons que nous n'avons pas a approfondir, n'avaient fait jeter les yeux sur un autre. Quoi qu'il en soit, le seul parti qu'eût à prendre alors son humilité, était de craindre el de prier; ce fui ià sa constante préoccupation jusqu'à l'élection du nouveau Pape, qui le lira d'inquiétude pour toujours, prévoyant bien que, quand il survivrait à celui-ci, son Age très-a*ancô le mettrait hors de danger de, lui succéder.

Le Pontife, élu le 17 mai 1C05, fut donc le

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