AIL
A IGREFF.UILLE (Guillaume), dit le Jeune, était neveu du précédent , et , comme lui , issu d'une famille noble du Limousin , de laquelle sont sortis les Papes Clément VI et orégoire XI. — Ses manières distinguées , et surtout ses connaissances dans le droit civil et canonique le firent considérer à la cour de Rome. Le Pape Urbain V, en considération de l'oncle, dont il faisait grand cas, honora aussi de la pourpre lo neveu , Ih 12 mai 1367, bien qu'il ne fût âgé que de 28 ans. Il s'attacha ensuite au parti du Pape Clément Vil, auquel il rendit de grands services, futJégal en Allemagne, et mourut a Avignon le 13 janvier 1401- [Vou. Frizoiv, Gali. pur pur.; — Bosquet, in Urbano V; — Ariol-l Wiox, in Vgno vitœ, liv. n,c.9, el«\)
AIG REFEUILLE (Faïdit), frère et neveu des précédents, évêque du Rhodez, puis d'Avignon, fui créé cardinal par l'anti-pano Clément VII, en 1383.— Il mourut en 1388.
AILLV (Pierre d), né à Compiègne en 1350, était fils d'un boucher, mais qui prit grand soin de son éducation. — Il acheva tes éludes h Paris, où il avait été reçu boursier au collège de Navarre, en 1372. Reçu docteur dans l'université de cette ville, en 1380, il fut pourvu d'un canonicat à Noron, la même année. Il enseigna la philosophie et la théologie, et devenu grand maître du collège de Navarre, il fut choisi en 1387 par l'université pour poursuivre h Avignon, de* vaut le Pape Clément Vil, la condamnation de quelques propositions trop hardies que le Dominicain Jean de Monteson avait avancées sur la conception de la sainte Vierge, elsur plusieurs outres points. L'université eut tant a se lounr de son zèle, qu'a son retour il en fut élu chancelier. Le roi Charles VI voulut l'avoir pour confesseur et pour aumônier la môme année 1389. Il fui nommé archidiacre de Cambrai, puis trésorier de la Sainte-Chapelle de Paris, en 1394 ; l'année suivante, évêque du Puy en Volai, el enfin évèque de Cambrai eu 1396. Il se démit alors de la chancellerie de l'Université de Paris en faveur du célèbre Gerson. Le roi l'employa en diverses négociations , notamment à l'occasion du schisme qui divisait l'Eglise, el l'envoya è Rome et a Avigoon, où il parla avec une liberté chrétienne. En 1405, il prêcha h Gènes sur le mystère de la Trinité, dont la fêle fut alors instituée par Pierre de Lune, nommé Benoit XIII, el déposé au concile de Constance. On le nomma, avec tes cardinaux des Lîrsins , d'Aquilée cl de Florence, pour rechercher les causes des hérésies de leur temps, et pour proposer ensuite les remèdes propres à en arrêter les progrès. Le cardinal d'Ailly mourut à Avignon , où il était légal do Martin V, en 1420. Son corps lui porlé 5 Cambrai et enterré dans la cathédrale. On l'appelail V Aigle des docteurs de la France et le destructeur des hérésies.
Ihèqueau collège de Navarre. On plaça celle
épitaphe sur son tombeau :
.Murs rapiiil Pet ni m ; pelram siibitl pulref corpus ;
Sed petrain Clirislum spiritus ipse peiii. Quisquis ades, precibus fer opain, semper queme-
I Ht cil (0.
Quod prêter moret omnia morte caduiu.
Nnmquid ainor regum, quid opes, quidgloria durent, Atpicis ; hxc aderani lune mihi, n.mc abeum.
Il a laissé des manuscrits qui témoignent de sou savoir el de l'étendue de ses connaissances. Le plus considérable est celui qui traite de la réfurim? de l'Eglise ; il s'y élève contre le grand nombre des ordres mendiants, contre le luxe des dignitaires ecclésiastique* , contre les excommunications et la multiplicité des fêles. Il pensait quels puissance *piriiuellepeul,en certains cas, disposer des trônes. Mais ce prélat réformateur paya tribut aux erreurs de son siècle. Il était un d**s adeptes de l'astrologie judiciaire. Dans les traités intitulés : Concordantia attronomiœ cum theologia, et concordant ia astronomie cum historxa, Vienne, U90; Venise, 1594, in-4»; il fait coïncider les résolutions des empires avec les conjonctions des grandes planètes, et il prétend que le déluge, ia naissance de Jésus-Christ, et les miracles, ont pu être prédits par l'astronomie. Ses Traités et ses Sermons ont été imprimés a Vienne en 1490; sa Vie du pape Célestin V, a Paris , eu 1539 , et ses Météores b Strasbourg, 1504. ( Voir Froissart, I. iv ; Ju vénal des Ursins. m Caroto VI; — Mon strelet, //»'•/.; — Tritheim, Detcript. eccles.; — Duboulat, Uisl. de l'université de Paris ; — Dupin, Bibl. des aut. ecclit.) Oo trouve l'énuméralion des OEuvrns d'Ailly dans celtes de Gerson , dans V Histoire du collège du Navarre, par Laonoi , el dans la Bibliothèque nouvelle des manuscrits de Monlfaucon. (Voy. In Notice sur le cardinal d'Ailly, par M. Dinaux.)
Voici son éloge par le P. Alhy (1644) : a L'honneur n'est qu'un accident de la vertu, et plutôt une enseigne pour la montrer, el pour la faire suivre, qu'un prix de ses victoires, et qu'un juste .salaire pour la récompenser ; ce qui a rendu de tout temps les vertueux el les sages aussi braves à mépriser ces livrées de pompe , et ces accessoires du vrai mérite qu'ils ont été retenus à rechercher un bien, qui ne pouvait être ni le but de leurs intentions, ni la mesure de leurs devoirs. Outre que les dignités que la faveur humaine distribue, étant souvent le partage des indignes, comme de ceux qui les ont méritées; il semble que les bous souffrent quasi moins d'injure d en être reculés, que d'être comparés avec les méchants. Si faut-il encore avouer que la vertu lire cet avantage de la pari qu'elle prend en celte distribution , que les honneurs qu'elle reeoil rendeul quelque témoignage h ceux qui la veulent chercher
Jean Gerson, qui lui succéda comme chan- ,do ce qu'elle vaut, el adoucissent l'amer- ;elier de l'université de Paris, el de Clé- . tume qui se trouve en sa recherche, par aiaogis, avaient été ses disciples. l'espérance qu'ils font prendre, d'enlrer par
Le cardinal, en mouruut, laissa sa biblio- l'imitation des vertueux dans le commerce